Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Belly Care, l'espace des ventres sensibles, le podcast qui libère la parole autour des troubles digestifs en donnant le micro aux patients, soignants et toutes celles et ceux qui œuvrent pour améliorer la prise en charge de la santé digestive. Moi c'est Mélissa Bertin, je suis diététicienne, ingénieure agroalimentaire et cofondatrice de Belly Care. Et depuis 4 ans maintenant, nous œuvrons avec Rémi, mon associé, pour rendre plus simple et accessible l'alimentation digestive tout en démocratisant la science autour de la santé. des troubles digestifs. Si tu écoutes ce podcast aujourd'hui, c'est peut-être que toi aussi, tu vis avec un syndrome de l'intestin irritable, une maladie inflammatoire chronique de l'intestin, une maladie celiaque ou une ou plusieurs intolérances alimentaires qui peuvent te pourrir la vie. Et peut-être que tout simplement, tu cherches à mieux comprendre ta digestion. Ici, on parle de digestion sans tabou, avec de la science rendue accessible, des partages authentiques et des conseils concrets pour mieux comprendre ton corps et mieux vivre avec un ventre sensible. Avant de recevoir des patients des médecins, des diététiciennes, des chercheurs ou encore des pharmaciens, j'avais envie de prendre le temps de partager mon histoire et mon parcours et comment j'ai transformé un ventre sensible à aujourd'hui une aventure entrepreneuriale. Parce qu'au fond, si Belly Care existe aujourd'hui, ce n'est pas parce que j'avais juste envie de créer une entreprise, c'est parce qu'il y a une réelle mission et une ambition de rendre accessible l'alimentation digeste. Alors avant Belly Care, j'ai eu une vie. Pour te donner un peu de contexte, moi j'ai grandi à l'étranger. Je suis née à Istanbul, j'ai grandi au Caire. ensuite à Dubaï et je suis arrivée en France à l'aube de mes 16 ans. Et toute mon enfance, j'ai toujours adoré manger, surtout des choses sucrées. Petite, j'étais bercée par les bonbons et les sodas, il n'y avait vraiment aucune limite et mes dents de lait avaient déjà pourri. Je pense que j'ai fait au moins 6 à 7 extractions de dents avant mes 7 ans. Et cette fréquentation haute du dentiste m'a donné l'envie de me lancer dans le soin, de devenir dentiste. parce que je me suis dit que c'était un super beau métier de pouvoir améliorer le sourire des gens parce que ça impacte tellement la confiance en soi. Et j'étais animée aussi par la santé, la science, mais au final, ce qui me drive vraiment, c'était d'avoir un impact sur l'autre, de pouvoir améliorer la vie de quelqu'un grâce à la science. Mais en creusant au lycée, je me suis rendue compte que ça me tenait vraiment à cœur, le soin, mais c'était peut-être pas le métier de dentiste qui m'attirait. Parce que depuis toute ma vie, j'ai toujours été complexée par mon corps. Je me suis toujours trouvée grosse, même... En tant que petite fille de 5 ans, je voyais que j'avais un peu de cibide. Et ces complexes m'ont menée à m'intéresser davantage à la nutrition, au sport, à l'activité physique. J'ai pu enchaîner des régimes. Je me renseignais énormément sur comment faire des recettes saines à partir de l'adolescence, quand je pouvais prendre en main davantage mon alimentation. Et quand je suis arrivée à Paris, j'ai découvert une nouvelle liberté de cuisiner moi-même, d'aller à la salle de sport. Mais avec tous ces centres d'intérêt, j'ai un peu perdu mon intérêt pour l'école. Et donc, mon avenir de dentiste devenait de plus en plus... compliqué à envisager, mais j'ai découvert une nouvelle passion, la nutrition. Et j'ai appris que c'était un vrai métier. Qu'on pouvait aider les gens, manger, et parler de nourriture toute la journée, en devenant diététicien. Donc je me suis concentrée sur ça pendant mon lycée. Et en m'intéressant à la nutrition, j'ai décidé de varier aussi ma façon de manger. De tester plein de différents aliments. Sauf qu'en voulant tellement bien faire, j'ai fini par faire des énormes crises d'hyperphagie, mais que sur des aliments bons pour la santé. Que ce soit des amandes, des noix de cajou, des pruneaux, des dates, plein de choses qui sont très bonnes pour la santé. Mais quand on en mange en excès, je vous promets que ça peut donner très très mal au ventre. Et quand j'ai commencé mon cursus en diététique, j'ai découvert plein d'autres familles d'aliments que je n'avais pas du tout dans mon alimentation. Que ce soit les produits laitiers, les fruits secs, certaines légumineuses, d'autres types de céréales. Donc j'étais en pleine découverte alimentaire. Mais le vrai sujet, c'est que je ne savais pas vraiment gérer mes émotions. Donc je finissais par toujours manger en excès. Et le fait de toujours manger en excès, je pense que j'ai un peu brusqué mon intestin. Et c'est à partir de ce moment-là où j'ai commencé à avoir des grosses douleurs digestives. Parce qu'à force de vouloir varier mon alimentation, mais toujours dans l'excès, je pense que je l'ai un peu fait mal. Et j'ai commencé, en plus d'avoir ce stress de me dire « J'ai envie d'être diététicienne, c'est mon rêve et j'ai besoin de ce diplôme pour le faire » , j'avais énormément de tensions pour réussir. Et de fil en aiguille, je me suis aperçue que vraiment tous les jours, j'avais mal au ventre. J'avais une barre de douleur au réveil, j'avais des ballonnements à parfois vouloir exploser, et je me suis dit que c'était pas normal de ne pas se souvenir de la dernière fois où je n'avais pas eu mal au ventre. Et de fil en aiguille, grâce à mes cours, j'ai découvert que j'étais peut-être pas la seule à avoir mal au ventre tous les jours, parce que j'ai aperçu dans un de mes livres de cours un petit passage sur ce qu'on appelle le syndrome de l'intestin irritable, ou colopathie fonctionnelle. Il y avait vraiment quelques lignes dessus dans mon livre de cours, et c'était assez bref. Juste de dire que c'est une douleur fonctionnelle de l'intestin, il s'agit de manger équilibré. trois fois par jour, dans le calme, un peu des conseils bateau finalement. Mais je vais commencer à devenir vraiment obsédée. Je recherchais mes symptômes tous les jours, même si j'étais dans un parcours de santé. Les personnes qui font des études de santé, ils deviennent tous un peu hypochondriaques parce qu'on a tellement d'éveils sur comment fonctionne le corps, comprendre l'anatomie, la physiologie, qu'on se pose dix mille questions parce qu'on nous ouvre un nouveau monde. Et à force, je me suis dit, bon, c'est peut-être le symptôme de l'intestin irritable. J'ai commencé à lire énormément. sur le sujet et de l'été de ma première année à ma deuxième année j'ai commencé vraiment à consulter énormément de médecins notamment généralistes à faire des analyses et en parlant tous les jours en disant à ma famille que j'avais mal au ventre il se lassait un petit peu il disait oui bon bah c'est juste que tu es stressé il faut consulter si c'est vraiment grave parce que dans ma famille, il faut savoir qu'on a toujours été axé performance. Il n'y a pas de raison que si on se couche tard, on ne se lève pas tôt le lendemain matin. Il n'y a pas de raison si on a mangé un repas copieux le midi qu'on ne mange pas le soir. Et parfois, ça peut avoir beaucoup d'avantages, notamment dans la performance scolaire ou professionnelle. Mais en fin de compte, on n'est pas toujours très aligné. À force de ne pas écouter son corps, on lui fait du mal aussi. Et ça fait qu'on puisse prendre du poids, avoir des douleurs chroniques. Et donc quand j'ai consulté, les médecins généralistes sont arrivés à la même conclusion que j'avais moi-même tiré de mes livres de cours. Madame, votre intestin, il est irrité. Il y a même un jour où je pensais que c'était vraiment plus gras, je me posais des questions si j'avais pas un problème au foie. Donc j'avais jeûné pendant une journée entière pour pouvoir faire une échographie et revoir le médecin l'après-midi même. Même lui était déçu de m'apprendre qu'il n'y avait rien. Et je pense que c'est ça qui est dur, c'est qu'à force de se dire qu'on n'a rien... que c'est le stress, qu'il faut juste manger équilibré. J'ai magasiné moi-même le fait que c'était pas si grave, qu'il n'y avait pas vraiment de solution, qu'il fallait un peu vivre avec. On m'a prescrit des médicaments que j'ai trouvés un peu inutiles, qui m'ont pas trop soulagée. J'ai testé du charbon actif, j'ai testé des probiotiques, j'ai testé des huiles essentielles, mais pas vraiment de solution concrète. Et au final, je me suis rendue à l'évidence que c'était peut-être ça ma vie maintenant, c'était d'avoir un mal au ventre tous les jours. Mais en deuxième année d'études, vu que j'avais un diagnostic qui avait été posé, je me suis... pleinement investi de cette problématique. En fait, c'est pas normal que tout le monde ait un système digestif, mais personne ne comprend justement comment est-ce qu'ils ont mal au ventre, quand ils ont mal au ventre, qu'est-ce qui fait mal, est-ce que c'est l'estomac, est-ce que c'est le pancréas, est-ce que c'est le foie, est-ce que c'est l'intestin ? Et j'ai décidé de creuser énormément sur ce sujet, j'ai même créé un site internet qui, à l'époque, s'appelait Intestano, pour justement renseigner monsieur et madame tout le monde sur le système digestif et comment il fonctionne. Parce que, encore aujourd'hui, tout le monde mange, mais personne ne sait vraiment pourquoi, comment, de quelle façon il faudrait manger, et on vit tous dans un véhicule qui s'appelle le corps humain, qui est extraordinaire, qui a plein de pouvoirs, mais on ne sait pas forcément comment il fonctionne, ni comment vraiment en prendre soin correctement, parce que ça, c'est quelque chose qu'on n'apprend pas vraiment à l'école. Et avec tous les conseils bateaux que j'ai pu recevoir, du type manger équilibré, alors qu'un médecin lui-même ne sait pas forcément comment faire une enquête pour savoir si je mange équilibré ou pas, je trouvais ça pas hyper utile, et c'est pas de leur faute, c'est pas leur métier. mais en tant que patient, on se retrouve un peu seul face à nos maux, face à nos problématiques, et tous les jours on a ce sujet dès le réveil, j'ai mal au ventre. Et pour certains ça peut être j'ai besoin de courir aux toilettes, ou je m'évanouis aux toilettes tellement je suis constipée. Il y a tellement de formes différentes d'intestins irritables, moi aujourd'hui j'estime que j'ai beaucoup de chance d'avoir eu une forme assez légère, mais c'est quand même une place mentale énorme que ça occupe dans une vie. Et même autour de ses proches, quand on revient de chez le médecin et qu'on dit il n'y a rien, limite ils sont déçus. et la douleur n'est pas vraiment prise en compte. Parce qu'à force de me dire que c'est le stress, moi-même je me suis dit que c'était pas possible de vivre autrement qu'avec des douleurs quotidiennes. Donc non seulement on a mal au vent tous les jours, mais en plus on n'est pas considéré et on n'a pas vraiment de solution. Donc il y a vraiment un parcours d'errance total. dans le syndrome de l'intestin irritable. Donc si tu ne connaissais pas vraiment le syndrome de l'intestin irritable, c'est caractérisé par le fait d'avoir des douleurs quasi quotidiennes, au moins une fois par semaine, associées avec un soulagement à la défécation. Donc le fait d'aller aux toilettes, ça soulage les douleurs. On peut avoir une prédominance soit de diarrhée, soit de constipation, et associé à ça, des ballonnements, des fatulences, des gaz plus importants. Mais c'est un syndrome, donc ça regroupe plein de symptômes différents. Et en plus, chez chaque patient, ça ne se manifeste pas forcément de la même façon, et ça prend... pas forcément la même place. Et ce qui est compliqué quand on souffre d'un syndrome, c'est qu'il n'y a pas vraiment solution taille unique pour tout le monde. Pour certaines personnes, l'alimentation va plus jouer que d'autres. Pour d'autres, ça sera le sommeil. Pour certains, ça sera l'activité physique. Ça sera la gestion des émotions au global. Mais c'est vraiment un tout. Et moi, personnellement, ça m'a obligée à me pencher sur comment je me sens à l'intérieur. Il y a eu une passe dans ma vie où je pensais avoir trouvé la solution. J'avais fait une cure de probiotiques parce que je partais en stage. de 5 semaines dans les Vosges, dans un hôpital. Et je me suis dit, c'est parfait, c'est un cadre défini où je vais pouvoir faire ma cure de probiotiques tranquillement. Pendant ces 5 semaines, justement, je me suis dit, waouh, c'est fou, j'ai vraiment plus de douleurs, tout va bien. Je pense que cette cure, elle marche vraiment. Les probiotiques, ils sont très, très efficaces. Mais plusieurs années plus tard, j'ai décidé de retester les mêmes probiotiques et là, aucun effet. Je me suis dit, c'est bizarre, ça avait quand même bien marché la dernière fois. En y réfléchissant, je me suis rendue compte que pendant ces 5 semaines de stage dans les Vosges, c'était 5 semaines où j'étais en stage de 8h à 16h, donc un rythme plutôt cool, il faisait beau, tous les jours je me promenais, 30 minutes à 1h de marche, je cuisinais moi-même, je faisais mes courses, je mangeais ce qui moi me faisait plaisir, je prenais le temps aussi de tester des choses et ça m'apportait du bonheur. Je faisais un stage aussi qui me plaisait, qui m'intéressait et en plus qui me poussait à être plus à l'écoute de moi parce que c'était un stage. en obésité, en diabétologie, où justement on éduquait les patients à être plus à l'écoute de leurs sensations de faim et de satiété. J'ai en plus rencontré une autre fille de mon âge, qui aujourd'hui est devenue ma meilleure amie et même ma témoin de mariage. Donc tout un contexte hyper positif. Et en plus, c'était la première fois de ma vie où je quittais le cocon familial pour vivre toute seule. Donc j'ai pu découvrir une autre liberté de gérer sa vie toute seule. Avec le recul, et vraiment ça m'a pris plusieurs années à m'en rendre compte, c'était pas du tout les probiotiques qui me faisaient du bien. c'était le fait d'avoir... une activité physique régulière, de bien dormir, d'avoir un rythme de travail qui me convenait, de ne pas avoir le stress de prendre les transports parisiens tous les jours. Et en plus, du contact social qui me faisait plaisir, que ce soit avec la copine que je m'étais faite là-bas, avec mes tutrices de stage. Tout cet environnement-là a contribué au fait que je n'ai plus mal au ventre pendant cette période. Et c'est là où ça m'a fait vachement réfléchir à comment est-ce qu'on peut mieux prendre en charge le syndrome de l'intestin irritable. Pareil, je suis partie en vacances à Munich, chez une de mes amies. où tous les jours, on mangeait pas forcément hyper équilibré, mais on marchait. On marchait 20 000 pas par jour parce qu'on faisait du tourisme. Même en soirée, on buvait des bières, on mangeait gras. Mais pourtant, j'avais pas autant mal au ventre parce que j'étais aussi dans un contexte plus sympathique, moins de stress et plus de choses agréables au quotidien. Donc l'intestin irritable, c'est pas forcément un problème de diarrhée ou un problème d'avoir mal au ventre. C'est vraiment un problème de régulation de l'axe intestin-cerveau. Le cerveau va renvoyer des signaux à notre intestin. Et parfois, quand on est triste, quand on est stressé, notre cerveau, il va dire « Ah bah c'est un problème, c'est un danger évident » . Il va envoyer le message à notre intestin qui va lui aussi stresser. Et quand on a beaucoup de réseaux, justement, de neurones à cet endroit-là, ça peut nous donner mal au ventre. Je veux vivre toutes ces émotions négatives, là où les émotions positives vont apaiser notre système nerveux et apaiser aussi cet axe de communication intestin-cerveau. Mais maintenant, c'est bien tout ça, mais on ne peut pas toujours vivre dans l'apaisement total. éloigné, coupé de la vie du quotidien. Parfois, on a un métier stressant, on a un mode de vie aussi à tenir. Mais c'est aussi le fait de minimiser sa douleur qui peut nous impacter. Par exemple, moi, j'ai failli passer à côté de quelque chose d'assez grave. Pour te remettre dans le contexte, on est en 2019, je suis dans une période où je n'ai pas trouvé d'alternance, donc je me retrouve à faire une année sabbatique forcée, donc j'en profite. pour faire des voyages humanitaires, pour faire des choses un peu sympas. Mais globalement, je suis en pleine remise en question dans ma vie. Et pendant cette période-là, j'ai quand même un peu des troubles digestifs. Et je me rappelle, je suis rentrée d'un voyage humanitaire au Maroc et je commençais à avoir un peu des douleurs, etc. J'ai consulté parce que je pensais que c'était plutôt gynécologique où là, on ne m'a rien trouvé. On m'a donné juste un antibio pour au cas où une infection urinaire. Et plusieurs semaines après, je sentais les douleurs qui s'accumulaient. Et je me rappelle, le jour de la Saint-Valentin, j'ai voulu organiser un repas en amoureux avec mon chéri. Et j'ai marché jusqu'au commerce de proximité. de ma ville et je me rappelle arriver dans le magasin Picard et sentir que j'avais la tête légère, j'avais un peu mal au ventre mais vraiment j'avais un sentiment que j'étais en train de vaciller, il fallait que je m'accroche à quelque chose. Je me sentais pas bien. En sortant du magasin, je suis allée à la boucherie et pareil je me sentais pas bien, j'avais mal au ventre donc je me suis assise vraiment plein milieu de la rue et je me suis dit bah c'est pas normal mais bon c'est mon intestin irritable, je sais qu'une des conséquences de l'intestin irritable c'est le fait d'être fatigué donc c'est sûrement ça. Et là je fais mon repas en amoureux et je sens quand même une grosse fatigue. de manière générale. Quelques jours plus tard, je pars en week-end, et le vendredi, avant de prendre la route, je me dis, bah, j'ai mal au ventre. Ma mère, elle voit que j'ai mal au ventre, elle me dit, bah, prends de l'eau de mélisse, ça c'est la solution magique de ma maman. Prends de l'eau de mélisse, ça ira mieux, t'es sûre que tu veux partir en week-end ? J'ai dit, oui, oui, bah, de toute façon, c'est l'intestin irritable, parce que, avec le temps, j'avais emmagasiné que l'intestin irritable, il n'y a pas de pilule magique, il faut juste vivre avec cette douleur quotidienne. Donc, ça sert à rien de consulter, parce que, de toute façon, on va me dire que c'est ça, que c'est peut-être le stress, alors que, bon. J'avais pas spécialement d'événements stressants. Et là, je pars en week-end, et toute la nuit, une horreur. J'ai mal au ventre, impossible de me soulager, j'essaye d'aller à la selle, ça ne marche pas. J'essaye de trouver une position pour m'endormir, une position fétale, et rien n'y fait. J'ai une douleur qui ne s'arrête pas. Et le lendemain, j'essaye de manger, mais j'ai pas faim. Et je me dis, bon, c'est peut-être plus que juste mon intestin irritable. Et là... On va aux urgences avec mon copain, on fait des tests aussi pour voir est-ce que c'est une infection urinaire, est-ce que c'est autre chose. Et au final, aux urgences, après avoir attendu une longue journée, là, on me dit, vous avez une appendicite, on vous opère demain. Donc j'aurais pu passer à côté de quelque chose de hyper grave parce que j'avais tellement emmagasiné. le fait que le syndrome de l'intestin irritable, c'est une douleur avec laquelle il faut vivre. Et je pense qu'on est nombreux dans ce cas à souffrir du ventre et à se dire que c'est normal, que c'est pas grave et que je vais encore une fois ne pas être écoutée ou on ne va pas m'apporter de solution. Et parfois, les soignants eux-mêmes sont démunis face à ce qu'on vit, donc n'ont pas de solution à nous apporter. Et ça peut être hyper pesant au quotidien de se dire, c'est juste ça ma vie maintenant. J'aurai mal au ventre pendant le reste de ma vie. Mais je me rends compte aujourd'hui que c'est pas forcément une fatalité parce que aujourd'hui, moi j'ai... quasi plus de crise digestive, mais ce qui fait vraiment la différence, c'est le fait d'être en équilibre avec soi, et d'avoir un équilibre de vie au global, et d'être alignée dans son quotidien, d'avoir un métier qui nous plaît, de faire des études qui nous plaisent, d'avoir des relations qui nous satisfont. d'avoir aussi une activité physique régulière, de manger des choses qui nous font plaisir. Et c'est tout un ensemble de choses, mais ça prend beaucoup de temps, au final, à mettre en place. Et je pense qu'il ne faut jamais abandonner, ne pas s'attendre à trouver un jour une pilule magique, mais de vraiment prendre le temps de se recentrer sur soi, sur son intestin, et être un peu nombriliste, au final. On a le droit. Quand on a des problèmes qui nous prennent aux tripes comme ça, c'est vraiment important de s'accorder ce temps-là. Et parfois, je me dis que c'est vraiment un message de notre corps qui nous dit, en fait, il faut que tu t'écoutes. Et aujourd'hui, je pense que mon intestin irritable, est devenue une boussole. Parce que je sais que si je ne fais pas cette activité physique, je vais avoir mal au ventre. Si je ne dors pas assez, je vais avoir mal au ventre. Mon intestin, quotidiennement, me rappelle de prendre soin de moi. Et pour moi, c'est ça le message que je reçois de cette pathologie qui a pu être un peu un enfer, mais qui m'a aussi ouvert ma voie. Donc tout ça, c'est bien beau. Mais comment on passe de justement souffrir tous les jours du ventre à vouloir créer une entreprise dans ce domaine ? Pour te donner un peu de contexte, moi quand j'ai fait mes études de diététique, j'avais l'ambition justement d'ouvrir mon cabinet diététique et d'accueillir des patients, de les aider. Mais c'est vrai que la diététique est un peu vue comme la personne qui t'aide à perdre du poids. Sauf qu'une diététicienne, ça peut faire tellement plus. On est tellement formé sur les pathologies à l'hôpital, que ce soit la dénutrition, les problèmes intestinaux, les maladies inflammatoires comme la maladie de Crohn. crône, la rectocolite hémorragique, adapter l'alimentation sans gluten, agir sur les troubles digestifs concrètement, et même faire de la prévention de manière globale. Et pendant mes études, j'ai vraiment été éveillée à ce côté sensibilisation, prévention, comment est-ce qu'on peut éduquer la population avant d'avoir des problèmes. On a du mal à anticiper les problématiques, on se retrouve un peu pied au mur face à des problématiques, notamment quand on est en situation d'obésité, c'est qu'on a pas eu justement l'information, l'éducation ou le soin nécessaire en amont pour prévenir une prise de poids excessive. Même quand on se retrouve face à des problématiques de diabète ou hypertension, on se rend compte souvent trop tard, une fois qu'on est déjà dans la problématique que maintenant il faut se soigner par des médicaments et on axe très peu sur l'hygiène de vie. Et moi je me suis dit c'est quand même faux d'avoir autant de connaissances en nutrition, en santé et de ne rien faire en termes de santé publique ou en tout cas de ne pas faire assez, même s'il y a beaucoup de choses qui sont entreprises, que ce soit par le gouvernement, même par les sociétés privée. Mais moi, je me suis dit, j'ai envie d'agir sur ça, j'ai envie d'améliorer la santé des gens parce que je pense qu'on n'est juste pas au courant. Parce que moi, toute ma vie, je n'avais aucune conscience de qu'est-ce que c'est qu'une alimentation équilibrée, c'est quoi un aliment gras, c'est quoi un aliment protéiné, etc. Vraiment, je partais de zéro toute mon enfance, mon adolescence, même mes parents ils pensaient bien faire en nous donnant du Nutella tous les jours parce qu'on a dit à ma mère, bah c'est des noisettes, c'est bon pour la santé. Or, pas du tout, c'est vraiment du gras et du sucre et ponctuellement pour se faire... plaisir c'est très bien, mais c'est pas au quotidien, je pense que je n'aurais jamais eu les dents pourries avec des caries à extraire à l'âge de 7 ans si on avait su justement que les bonbons pouvaient avoir cette effets-là ? Et comment est-ce qu'on peut passer des messages de santé ? Donc ça, c'est vraiment une thématique qui, moi, m'anime profondément parce que je pense qu'on peut changer la vie des gens grâce à l'alimentation. Et je me suis dit, en tant que diététicienne, on va recevoir des personnes dans nos cabinets qui ont déjà une problématique à traiter, que ce soit de la perte de poids, que ce soit des troubles du comportement alimentaire ou rien d'autre. Ça peut être des personnes qui sont référées par leur médecin, etc. Et je me suis dit, notre impact avec un patient à la fois est beaucoup trop limité. Comment est-ce qu'on peut avoir vraiment plus d'impact, parler à plus de monde et changer les choses de... de l'intérieur. Et justement, moi j'avais hésité au moment du bac à soit m'orienter vers la diététique et la nutrition humaine pour devenir diététicienne nutritionniste, ou bien aller plutôt dans la voie de la technologie alimentaire et l'agroalimentaire parce que je commençais à regarder vraiment beaucoup de documentaires sur l'agroindustrie, sur comment on met de la merde justement dans les produits, et je me suis dit mais en vrai, l'agroindustrie est là pour nous. faciliter la vie. Donc si l'agro-industrie pouvait proposer des produits de bonne qualité et meilleurs pour la santé, on aurait peut-être beaucoup moins de problèmes, parce qu'aujourd'hui on a quand même une société où on est tout le temps dans le mouvement, dans l'action, et on peine à trouver le temps de cuisiner, de faire ses courses, d'aller à la cueillette, et on a aussi des modes de vie de plus en plus urbanisés, où on prend moins le temps pour ces choses très simples de la vie. Donc je me suis dit, ça serait pertinent de pouvoir changer les choses de l'intérieur. Donc je me suis intéressée à l'agro-industrie, et je me suis dit, J'ai envie de... pousser mes études, surtout là j'arrivais en fin de cursus de diététique et je me suis dit bah là tel quel, je me vois pas me lancer dans une carrière dans la diététique en sachant que je pourrais faire plus, autant continuer mes études maintenant que de les reprendre à 40 ans parce que ça sera peut-être plus facile de rester dans le bain maintenant. Donc j'ai décidé de chercher une alternance dans le domaine pour pouvoir poursuivre mes études en école d'ingénieur en alimentation. et santé. Donc j'ai trouvé une école à Beauvais qui proposait ce cursus d'ingénieur alimentation et santé, donc ça mêle vraiment l'agroalimentaire avec des aspects bénéfices santé. Je me suis dit, ça colle parfaitement à mes ambitions de vouloir améliorer la qualité des produits de l'intérieur, en proposant des produits... plus sain, meilleur pour les gens. J'ai décidé de poursuivre mes études dans cette voie. Après un an où j'avais pas réussi à trouver d'alternance, où je me suis beaucoup remise en question, je me suis dit que c'était quand même la voie que j'avais envie de suivre. J'ai trouvé une alternance dans une pâtisserie industrielle, plutôt dans le domaine de la qualité et de la production alimentaire. Dans des macarons, c'était une super... Une expérience où j'ai appris énormément de choses sur l'industrie et j'ai pu rencontrer justement les hommes et les femmes qui oeuvrent chaque jour pour nourrir la planète et je trouve ça super beau comme métier. Aujourd'hui c'est sous-valorisé, même les personnes qui oeuvrent tous les jours pour que justement on ne tombe pas malade à cause de ce qu'on mange et ce qu'on achète dans les supermarchés, qu'on ne finisse pas avec des infections alimentaires. Puis même c'est un vivier d'emploi qui est quand même... conséquents, notamment en France. Et vraiment, beaucoup de personnes qui font bien leur travail, qui cherchent justement à sortir les additifs, à sortir les conservateurs controversés, apporter de la naturalité dans l'agroalimentaire, faire évoluer les pratiques. Et je trouvais ça super intéressant. J'ai passé trois ans à fréquenter cette usine en alternance et j'ai énormément appris et je suis tellement reconnaissante d'avoir pu vivre cette expérience-là, d'avoir un autre... de prisme aussi de l'agroalimentaire, parce qu'en tant que diététicienne, on est confronté plus au côté consommateur, où on se dit que les industriels ce sont les grands méchants loups, et aujourd'hui je suis ravie d'être passée aussi de l'autre côté et de me dire on peut bien faire les choses, tout le monde n'est pas dans le même panier on fait pas tous de la merde finalement dans le secteur alimentaire, et on pense qu'on peut toujours s'améliorer. Donc dans ce cadre de mon apprentissage, je me suis dit que c'était hyper intéressant, mais j'avais perdu vraiment ce côté santé-nutrition. Et il faut savoir, moi quand je suis allée en études de tététique, on nous proposait des sujets chaque trimestre pour faire une petite étude bibliographique on va dire. J'étais tombée sur un sujet le régime faible en FODMAP dans la prise en charge de l'intestin irritable. Donc je me suis dit, mais ce sujet, il est pour moi, je connaissais pas du tout. Donc si tu connais pas, les FODMAP, pour faire très simple, ce sont des petits sucres qu'on retrouve dans plein d'aliments bons pour la santé comme les... pommes, le blé, le lait, les poireaux, les oignons, l'ail, donc vraiment plein d'aliments très bons pour la santé, surtout des aliments végétaux, des fruits, des légumes, des céréales, et ces petits sucres-là, parfois on a du mal à les digérer, et ces sucres servent à nourrir les bactéries qu'on retrouve dans notre gros intestin, qui est un peu la déchetterie du corps, et ces bactéries, elles vont se nourrir de ces petits sucres. et elles vont les digérer à notre place. Mais les bactéries, quand elles vont digérer ces petits sucres, elles vont produire des gaz, c'est ce qu'on appelle la fermentation. Et ces gaz vont se retrouver au niveau de notre colon, et ça c'est tout à fait physiologique, c'est 100% normal. Donc d'avoir des ballonnements, c'est pas du tout quelque chose de néfaste, de mauvais pour la santé, c'est limite un signe de bonne santé parce que ça veut dire que nos bactéries sont en vie et elles peuvent prendre soin de nous. Ce qui peut être très compliqué, c'est quand on a un intestin très très sensible, j'en parlais tout à l'heure de l'axe... intestin-cerfo, quand on est assujetti à beaucoup de stress ou juste on a un réseau de neurones qui est très très développé au niveau de l'intestin, des phénomènes qui sont assez bénins, on va dire, comme le fait de ballonner, peuvent devenir très très douloureux parce qu'en fait on a des gaz, on a aussi de l'eau qui va venir dans notre colon parce qu'en fait, dès qu'on met du sucre dans notre lumière intestinale, ça fait un appel d'eau. Donc on a de l'air, on a le gaz produit par nos bactéries. on a de l'eau qui est emmenée dans le tube de l'intestin, et en plus de ça, on a les sels et tous les autres déchets de notre corps qui se retrouvent au niveau du côlon, donc ça fait pas mal de monde à ce niveau-là. Et si on a un intestin hypersensible et qu'on ballonne énormément, c'est très très douloureux. Il faut aussi savoir que si on a des sels qui stagnent, parce qu'on est constipé de façon chronique, parce que juste on a un transit un peu lent, on a beaucoup de sels qui s'accumulent, et ça prend beaucoup de temps. de place et si on mange énormément de fruits et légumes disons, qui vont tous fermenter au niveau de l'intestin ça peut être plus contre-productif que de manger très peu de fibres parce que tout va s'accumuler au niveau de l'intestin ça va être très très douloureux et on galère. Donc quand on a un intestin irritable ça peut favoriser justement les symptômes, ça va favoriser les ballonnements, les flatulences, même la constipation ou la diarrhée selon notre type de syndrome de l'intestin irritable. Manger des fruits et légumes, bizarrement ça peut nous desservir. Ou en tout cas ne pas manger les bons. Donc ça, les FODMAP, c'est un acronyme en anglais qui veut dire Fermentable Oligo-Di-Monosaccharides and Polyols. Donc c'est vraiment des sucres fermentissibles qu'on retrouve dans l'alimentation. Donc ils ne sont pas mauvais pour la santé, c'est juste quand on a un intestin un peu sensible, ça peut être problématique. Et justement, ce régime faible en FODMAP, il a été établi par des chercheurs australiens il y a maintenant une vingtaine d'années, qui ont identifié que chez des patients qui présentent un intestin irritable, réduire son apport en FODMAP, ça peut vraiment soulager les symptômes et permettre de mieux vivre. au quotidien. Et ça, il faut savoir que c'est un sujet qu'on n'aborde pas du tout dans les études de diététique. En fait, si je n'avais pas eu ce petit papier de recherche qui est un peu en bonus de notre cursus, je n'en aurais jamais entendu parler dans le cadre de mes études. Et même, justement, j'étais dans ce fameux stage dans les Vosges quand j'écrivais ce papier. J'en ai parlé avec mes maîtres de stage et elles, elles ne savaient pas du tout de quoi je parlais. Donc c'est quand même assez grave et ça montre que, surtout dans la nutrition, il faut énormément se renseigner parce que les choses changent, les choses évoluent, surtout dans le domaine de la science de manière générale. on a de plus en plus d'études, de plus en plus de preuves démontrées dans la santé. Donc la prise en charge des patients, il y a 10 ans et aujourd'hui, ne va pas du tout être la même. Donc il faut vraiment savoir s'actualiser. Bref, parenthèse sur les phones, va fermer. Donc moi, pendant mes études, j'avais fait un papier de recherche et j'ai appris justement que c'était un régime utile, que dans le cadre des recherches, en fait, en Australie, ils ont démontré que pour 75% des patients, il y avait une amélioration quand même de la qualité de vie. Donc c'est-à-dire que les gens, ils vont... pas annulé des plans parce qu'ils sont en PLS dans leur lit avec leurs troubles digestifs. Ça veut dire qu'ils peuvent être plus... au travail parce que justement ils ne sont pas préoccupés par leurs intestins. Ça a vraiment beaucoup de répercussions. sur la vie personnelle, au-delà de juste être une condition médicale, on oublie souvent qu'un malade n'est pas juste une maladie. Un malade, c'est aussi une vie tout autour qui est impactée, que ce soit l'intestin irritable, que ce soit des cancers, que ce soit peu importe, en fait, une maladie impacte toutes les sphères de la vie personnelle comme professionnelle. Donc c'est vraiment à prendre en compte en 360, notamment quand on est soignant, que notre patient, il souffre pas que de ses symptômes de la pathologie, mais il souffre aussi de tout ce qu'il y a autour. Et je pense qu'aujourd'hui, j'ai pu aussi le vivre, même à un moindre degré, parce que clairement, mon intestin irritable n'était pas hyper vénère. comparé à certains patients que j'ai pu recevoir. Voilà, justement, à ce moment-là, donc on est en 2018, je pense, 2017 même. où je fais ce papier de recherche, où je me rends compte qu'en fait, il y a une prise en charge qui est scientifiquement démontrée, mais qu'on n'applique pas du tout, et qu'on n'apprend pas du tout à l'école, et pour moi, c'est un non-sens total. Et vu que j'étais vraiment dans une phase où je m'intéressais énormément à ça, j'avais mon petit blog intestinote, etc., j'avais gardé en fait ce régime pauvre informat dans un coin de ma tête, où je me suis dit, mais il y a vraiment un truc à faire. Donc ça, je l'ai gardé, je l'ai mis dans une boîte dans mon cerveau, et je l'ai mis de côté. Et en 2020, en pleine période de Covid, j'étais en chômage partiel avec mon alternance, on avait des cours à distance, mais en fait on était dans des cours hyper généralistes je me disais que je me faisais un peu chier, que justement, j'avais fait une année sabbatique un peu forcée parce qu'en me disant, je vais attendre de trouver mon alternance, je vais reprendre mes études, et tout ça pour un but plus loin qui était de vraiment... pouvoir impacter la santé publique grâce à l'agroalimentaire et l'alimentation. Mais à ce moment-là, les cours étaient hyper abstraits, c'était des cours très généralistes, je faisais beaucoup de statistiques, d'informatique, enfin voilà, des choses un peu de science de l'ingénieur, on va dire, qui sont importantes évidemment, mais où moi je perdais un peu le sens, en plus avec tout le contexte Covid, de se sentir un peu impuissante. Je me suis dit, mais en fait la santé, la nutrition, ça me manque et j'ai envie de retrouver un lien avec ça. Et je me suis dit, en fait c'est le bon moment de me former au régime faible en FODMAP. J'ai trouvé une formation en ligne française qui traitait de l'intestin irritable où il y avait une partie en e-learning et une partie en présentiel. Donc je me suis mise à bosser dessus et j'ai appris plein de choses. En fait, je suis tombée des nues à quel point ce qu'on apprenait en cours n'était pas du tout ce qu'il faudrait faire pour des patients qui ont un intestin irritable. Parce que nous, par exemple, en diététique, on apprend que si un patient est constipé, il faut manger plus de fruits et légumes, augmenter son apport en fibres. manger que des céréales complètes. Et là, dans ma formation sur les FODMAP, j'ai appris qu'il ne faut vraiment pas du tout faire ça. En fait, il faut vraiment adapter. En plus, si on n'a pas l'habitude de manger des fibres et qu'on en met plein d'un coup, en fait, ça peut faire super mal au ventre pour tout le monde. Donc vraiment, j'ai appris... plein de différentes choses, plein de nouvelles choses où je me suis dit, mais ce qu'on apprend à l'école, c'est juste pas du tout adapté. Et quand je suis retournée dans ma petite campagne normande pour reprendre mon alternance l'été, je me suis dit, maintenant, je me suis formée, j'ai appris plein de choses, je vais mettre en place. J'ai téléchargé l'application de la Monash, donc si tu connais pas la Monash, c'est l'université de référence sur l'intestin irritable. Ils font beaucoup de recherches fondamentales et scientifiques sur FODMAP et ils ont une application où ils mettent tous les grammages qui passent ou... pas quand on suit un régime faible en FODMAP. Donc j'ai téléchargé cette application là et je me suis dit bon bah là je retourne vivre dans mon appartement toute seule je vais mettre en place le régime faible en FODMAP. J'ai dû vraiment m'organiser en plus je travaillais en horaires décalées je travaillais du matin donc l'après midi j'avais le temps d'aller faire mes courses mais en fait j'habitais vraiment dans une petite ville de 4000 habitants donc il n'y avait pas de magasins bio il n'y avait pas de magasins spécialisés donc trouver des aliments sans gluten trouver des choses adaptées en fait c'était hyper dur donc il fallait que je me rende à Rouen donc la grosse ville la plus propre. proche ou sinon à Dieppe ou autre. En fait, j'avais facilement 30 bornes à faire avant de trouver des magasins qui vendaient des choses précises comme tout ce qui est sans gluten parce que justement dans le cadre du régime faible en FODMAP, on préconise de choisir des aliments sans gluten parce que le blé est riche en FODMAP et juste manger sans gluten c'est plus simple. Voilà, si on veut manger des pâtes, c'est plus simple de manger des pâtes sans gluten parce que ça sera adapté. C'est pas forcément que le gluten est néfaste pour des personnes qui souffrent d'un intestin irritable. Donc voilà, au bout de deux jours, j'ai abandonné ce protocole, et je me suis dit, mais c'est hyper casse-tête. Le temps de trouver des recettes adaptées, de regarder la liste des aliments sur l'application, de l'amonnage, ensuite de tout peser chez soi, de tout cuisiner soi-même, je me suis dit mais pourquoi y'a pas des barres de céréales ? Comme on trouve des barres de céréales sans gluten, des biscuits sans gluten, pourquoi ça n'existe pas pour les FODMAP ? Parce que... Au final, le syndrome de l'intestin irritable, ça impacte environ 10% de la population française. La maladie celiaque, donc le fait d'avoir besoin de manger sans gluten, ça impacte vraiment 1% de la population, même si c'est très grave et je ne minimise pas du tout. Mais je me dis, il y a quand même beaucoup plus de la population proportionnellement qui pourrait manger faible lymphodma. Donc pourquoi il n'y a rien ? Parce que moi, je suis diététicienne, je me suis formée à ce régime. Moi, je galère... à mettre en place. Et monsieur, madame, tout le monde, comment est-ce qu'ils peuvent s'y retrouver en mettant en place une alimentation faible en FODMAP si moi-même, je n'y arrive pas en tant que professionnel de santé ? Donc c'est là où l'idée commençait à naître de me dire pourquoi il n'y a pas de solution vraiment clé en main. Et, coup de bol, je pense que la vie, elle est bien faite. En quatrième année d'école d'ingénieur, on a eu un projet de développer un aliment à bénéfice santé. Et vraiment, on avait carte blanche. En plus, on avait une cuisine pilote à l'école pour développer l'aliment de notre choix. Et c'est à ce moment-là C'est à ce moment là que nos chemins se croisent d'autant plus avec Rémi. Donc Rémi était mon camarade de classe à l'époque, donc mon pote on peut dire. Et justement lui aussi il est diététicien de formation et il m'a dit « Hey ça te dit qu'on travaille ensemble sur un sujet vraiment porté nutrition ? » Je lui ai dit « Écoute j'ai déjà une idée toute faite, on va faire des plats cuisinés faibles en FODMAP pour les personnes qui souffrent du syndrome de l'intestin irritable. » Alors il m'a regardé... un peu avec le regard vide en me disant bon bah j'y connais rien mais vas-y je suis chaud on y va. Donc là pendant trois mois on a développé des recettes en fait une journée de menu faible en FODMAP petit déjeuner, déjeuner, dîner, entrée plat dessert etc. On a tout cuisiné en fait dans la cuisine de l'école, on a fait aussi des tests de vieillissement. C'était vraiment dans l'optique de pouvoir proposer des plats nomades des choses à emporter en low FODMAP donc ça serait vraiment une première sur le marché français pendant voilà ce projet d'école, à la fin de l'année on devait justement présenter notre oral de fin d'année à nos profs et justement nos profs étaient hyper emballés par le projet et en fait moi j'ai vraiment pris la thématique à bras le corps, je me suis dit vas-y, on fait un logo, on donne un nom de marque, Bellicare c'est un peu sorti comme ça, j'étais dans ma petite chambre étudiante à brainstormer et je me suis dit ok, bon bah bleu et jaune ça vous convient, Bellicare vous en pensez quoi l'ami du bidou, on met ça en logo donc vraiment on a poussé le truc loin et quand on a fait notre présentation de fin d'année, on avait présenté Bellicare comme étant vraiment une solution qu'on pourrait trouver en ligne donc en e-commerce livré partout en France à domicile, dans les grandes surfaces, voire même à l'étranger, en restauration collective. Vraiment, on avait une vision très très tôt de tout ça. Après, moi, j'étais vraiment dans l'optique de juste faire un petit projet d'école. Et là, nos profs nous ont dit « Mais peut-être que vous tenez quelque chose. Est-ce que vous savez ce qui existe sur le marché ? Peut-être que vous pouvez vous renseigner. » Et moi, je me suis dit « Non, là, on a rendu notre dossier. C'est bon, on va clôturer l'affaire. » Sauf que Rémi, il m'a dit « Moi, ça me peut très bien de travailler dessus. Peut-être qu'on pourrait se renseigner. » Et là, on s'est dit « Ok, on se donne notre dernière année d'études. pour un peu sonder le truc. On finit nos alternances et après, on voit. Donc là, on a commencé à vraiment se rapprocher des écosystèmes entrepreneuriaux des Hauts-de-France parce qu'on était basé à Beauvais à l'époque. On a intégré le réseau d'étudiants entrepreneurs, on s'est rapprochés d'incubateurs et on s'est dit « Ok, on va se plancher plus sur le business model, comment est-ce qu'on peut construire vraiment une entreprise autour de ça ? Est-ce qu'il y a vraiment un besoin ? » On a commencé à rencontrer des personnes qui souffrent de troubles digestifs, d'intestins irritables et même d'autres pathologies. Le constat était réel, c'est que les gens galèrent à mettre en place Le régime faible en FODMAP, beaucoup de personnes souffrent du ventre. Il y a une solution, mais elle est peu accessible. Et ce n'est pas le fait que l'information ne soit pas disponible, mais c'est surtout qu'il y a énormément d'informations. On trouve vraiment à boire et à manger, que ce soit sur Internet, les réseaux sociaux, dans la presse. J'ai déjà vu le régime faible en FODMAP pour perdre du poids. Ce n'est pas du tout le concept. Et même beaucoup de personnes se lancent seules dans cette aventure-là et abandonnent en cours de route parce qu'ils se restreignent trop. Et au final, ils galèrent à réintroduire les aliments et à vraiment trouver une alimentation qui... Et variés, équilibrés, et ils perdent tout le plaisir à manger. Donc c'est pas du tout fun. Tout le but de manger, c'est de prendre du plaisir et de vivre. Donc, on s'est dit que le plat cuisiné faible en FODMAP, vraiment, il y a quelque chose à faire. Et ça n'existe pas trop en France. Pendant un an et demi, après nos études, on s'est lancé sur comment est-ce qu'on peut matérialiser cette idée-là. Aujourd'hui, ça fait deux ans qu'on a commercialisé les premiers plats faibles en FODMAP en France. Mais ce qu'on avait un peu sous-estimé, c'est que le FODMAP, aujourd'hui, c'est encore trop niche. Les personnes ne savent pas. pas encore comment se diriger jusque là. Il y a vraiment tout un parcours entre le moment où on sait qu'on a un intestin irritable, où on sait qu'il faut suivre une alimentation particulière, où on va consulter peut-être une diététicienne, un gastro-entérologue. On a des conseils. Le parcours peut être très très long. Dès le départ, on s'est dit avec Rémi que notre but, c'est pas juste de vendre des plats cuisinés, c'est surtout de pouvoir libérer la parole autour des troubles digestifs, parce qu'aujourd'hui, ça concerne tellement de monde. que c'est une aberration de ne pas en parler. J'ai eu cette volonté de sensibiliser, faire de la prévention. Au final, c'était ça. Mon moteur, c'est de pouvoir aider les gens de façon hyper large. Et là, ça fait deux ans qu'on se concentrait vraiment sur le produit où justement, on a tout mis en place nous-mêmes. On fabriquait nous-mêmes. On était au four et au moulin avec Rémi. On avait un petit laboratoire à Beauvais. On produisait tous nos plats. On préparait les colis. On a fait les recettes. On a été un peu opérateur pendant tout ce temps-là. Et aujourd'hui, on a justement un partenaire qui est en mesure de fabriquer du sans gluten, du low-food map. avec nos recettes, donc c'est hyper gratifiant. On peut livrer partout en France, en Belgique, au Luxembourg. Et maintenant, je peux me recentrer vraiment sur comment est-ce qu'on diffuse ce message, qu'on n'est pas seul avec ces troubles digestifs, qu'il y en a plein qui ont mal aux bides et juste qu'on n'en parle pas, que ça ne soit plus un sujet tabou. Et c'est pour ça que je me suis dit que c'est le moment parfait de lancer un podcast, qu'on soit concerné par l'intestin irritable, qu'on mange sans gluten, qu'on ait d'autres problématiques, que ce soit après une opération, qu'on ait mal au ventre. qu'on ait subi des chocs émotionnels qui ont perturbé notre digestion, qu'on puisse vraiment proposer un espace pour en parler, pour avoir des informations fiables, scientifiquement démontrées pour ne pas proposer n'importe quoi et y voir un peu plus clair dans ce monde des troubles digestifs et de la nutrition et d'apporter vraiment notre savoir-faire en tant que cofondateur de Bellicare, diététicien, ingénieur agroalimentaire, pour vraiment debunker ce qu'on peut voir aujourd'hui. en ligne. Le but, c'est vraiment de libérer la parole autour des troubles digestifs, d'apporter un espace, un safe space pour parler de ces mots de vente sans tabou, sans gêne parce qu'au final, on est tous concernés et j'aimerais bien vous rappeler que tout le monde va à la selle, tout le monde pète, tout le monde ballonne, tout le monde a ces problématiques qui sont profondément humaines donc je pense que ça ne devrait plus être un tabou et qu'on devrait ouvrir la parole et plus on en parle, plus on pourra avoir des solutions adaptées. qui répondent vraiment à nos problématiques du quotidien. C'est important de pouvoir poser des mots sur ces mots pour avancer dans la vie. Et c'est vraiment l'ambition de ce podcast et aussi de Belly Care. Ce n'est pas juste de vendre des plats, c'est d'offrir. cet espace-là aux personnes qui en ont besoin. Alors je vous remercie d'avoir écouté ce premier épisode de Belly Care, l'espace des ventres sensibles. J'espère que cette histoire vous aura permis de mieux comprendre pourquoi Belly Care existe aujourd'hui. Et dans les prochains épisodes, je vais recevoir autant des patients, des médecins, des diététiciennes, des pharmaciens et d'autres entrepreneurs qui s'engagent pour cette cause des ventres sensibles. Et on pourra continuer à explorer ensemble le monde de la digestion. Et si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à lui laisser 5 étoiles sur votre... plateforme d'écoute préférée et c'est ce qui permettra à notre podcast de toucher le maximum de personnes et d'en faire du bruit. Si vous connaissez quelqu'un qui pourrait se reconnaître dans ces problématiques, n'hésitez pas à lui partager et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode de Belly Care, l'espace des ventres sensibles.