- Speaker #0
Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode de Belly Care, l'espace des ventres sensibles. Moi c'est Mélissa, je suis la co-fondatrice de Belly Care et aujourd'hui j'avais envie de vous emmener dans les coulisses de notre aventure entrepreneuriale. Derrière nos plats cuisinés, il y a surtout deux fondateurs avec de grandes ambitions. Si vous me connaissez déjà un peu grâce à notre compte Instagram, vous connaissez certainement un peu moins mon associé Rémi. Pourtant son parcours est loin d'être ordinaire. d'adolescent un peu paumé dans sa voie professionnelle à aujourd'hui entrepreneur. ingénieur, diététicien. Alors aujourd'hui on va revenir sur son parcours ses déclics, ses doutes et le chemin qu'il a pavé pour créer Bellicare Salut Rémi !
- Speaker #1
Salut Melissa !
- Speaker #0
Comment ça va aujourd'hui ?
- Speaker #1
Bah super et toi ?
- Speaker #0
Super merci je suis ravie qu'on fasse enfin cette entrevue ensemble. Rémi est-ce que à 15 ans T'aurais imaginé devenir chef d'entreprise ?
- Speaker #1
Pas du tout. À 15 ans, je ne savais pas du tout ce que je voulais faire. Moi, quand j'étais collège-lycée, ma seule envie, c'était de jouer aux jeux vidéo avec mes copains et de faire du sport. Je ne faisais que ça.
- Speaker #0
Et est-ce que je peux nous raconter un peu plus sur justement où est-ce que tu as grandi ? Et oui, tes ambitions, tes centres d'intérêt quand tu étais plus jeune ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai grandi dans les Ardennes. C'est une région qui est juste à la frontière de la Belgique, juste à côté de Charleville-Mézières, pour ceux qui connaissent. J'ai grandi dans un petit village de campagne. Charleville, c'était un peu la grande ville alentour. J'ai fait mon collège à Nouvion-sur-Meuse. encore un tout petit bled vraiment paumé au milieu des champs et des vaches. Je suis vivi d'un lycée à Charleville-Mézières, ou encore une fois, collège comme lycée. Je ne me suis jamais trop posé la question de ce que je voulais faire plus tard, ni de ce que j'aimais vraiment. Les études, ce n'était pas trop mon truc. Je bossais le strict minimum, et la plupart de mon temps libre, c'était pour jouer au jeu judo avec mes copains, ou faire du sport, parce que je m'en fous de sport, j'adore ça. Et les études, ce n'était absolument pas mon sujet principal à l'époque.
- Speaker #0
Et tu faisais quoi comme sport à l'époque ?
- Speaker #1
Je passais par un petit peu de tout. J'ai fait beaucoup de tennis quand j'étais petit. j'ai vite changé pour faire des sports de combat où j'en ai fait 8 ans. En parallèle, je faisais du skate. J'étais tout le temps dehors, tout sauf dans mon bureau en train de réviser. C'était plutôt ça mon quotidien quand j'étais plus jeune. On peut dire que ça a bien changé.
- Speaker #0
Une idée que ça ne t'intéressait pas puisque ça l'école. Justement, qu'est-ce que tu avais prévu en post-bac à la base ?
- Speaker #1
En post-bac, je n'avais rien prévu de particulier parce qu'en fait, vu que je ne me posais pas vraiment la question de ce que je voulais faire plus tard, j'avançais un petit peu dans mon lycée sans... trop savoir exactement ce que je voulais faire, je vagabondais un petit peu, de m'être un petit peu reposé comme ça, jouer un mauvais tour, puisque j'ai redoublé ma terminale, et c'est à ce moment-là où je me suis dit tiens, c'est un petit peu con, j'ai tous mes copains qui partent, je me retrouve tout seul, parce que je suis le seul à avoir redoublé, parce que finalement j'avais vraiment vraiment rien fait pour avoir mon bac, et c'est sur cette deuxième année où là je me suis dit tiens, va peut-être falloir commencer à travailler, parce que c'est pas normal de pas avoir réussi là où... où tout le monde est passé du premier coup. Et c'est là où je me suis plus posé, je me suis demandé qu'est-ce que je voulais vraiment faire. Et vu que je faisais énormément de sport, je me suis dit tiens, aller travailler dans le sport, ça peut être sympa. Du coup, avec mes parents, on a regardé, on a trouvé une fac de sport hyper bien réputée à Louvain-la-Neuve en Belgique. Quand j'ai obtenu mon bac sur la deuxième tentative, je suis parti directement en Belgique. Et ça m'a déplu tout de suite. Je me suis rendu compte que j'adorais faire du sport pour moi. les sports que j'aimais, mais pas du tout. Plein d'autres sports où on t'imposait de faire du handball, du foot, du basket, de la course, de la natation. Je suis nul dans tout le reste et moi, j'aime bien faire ce que j'aime bien faire. Et quand on me force à faire autre chose, je n'aime pas. Et du coup, je suis mauvais, je ne m'investis pas et je me suis rendu compte que travailler dans le sport, pas du tout. Étant donné que ça ne m'a pas plu, je me suis retrouvé à faire une année un peu vide. Et vu que je faisais quand même beaucoup de sport, j'avais beaucoup de temps à côté pour, on va dire, un peu prendre soin de moi vu que j'avais que ça à faire. très clairement. Et du coup, j'ai commencé à apprendre à cuisiner, à bien manger, à regarder des tutos, à m'intéresser à ça. Et je me suis dit tiens, la nutrition, c'est hyper cool. En plus, je vois des résultats de fou quand je fais du sport parce que forcément, ça va de pair. Et je me suis dit, pourquoi pas ? Plutôt que d'aller dans le sport, aller dans la nutrition. Et là, bingo, ça m'a plu tout de suite. J'ai postulé pour un BTS diététique à Reims, donc complètement à l'autre bout de la Belgique. Et je suis tombé sur des profs, mais quand je dis incroyable... vraiment, ils étaient géniaux. Ils m'ont redonné goût aux études, ils m'ont donné envie de travailler, ils m'ont donné envie d'apprendre. J'ai trouvé que la diététique, c'était passionnant. Et en fait, c'est de là où je me suis dit, j'ai envie d'aller plus loin. Je me suis découvert presque une passion pour réviser, à l'inverse d'il y a quelques années. Et je me suis dit, tu n'es pas si bête que ça, finalement. Continue. Et j'ai postulé pour une école d'ingénieurs qui est unie la salle à Beauvais. Et à ma grande surprise, j'ai été pris. Et c'est là où je suis rentré en école d'ingénieurs en nutrition santé, alors qu'il y a trois ans... j'étais le paumé qui ne savait pas ce qu'il voulait faire de sa vie.
- Speaker #0
Et ça, c'est quand même assez ouf. Et même, est-ce que plus jeune, la nutrition, par exemple dans ta famille, c'est quelque chose dont vous parlez ou pas du tout ? Tes parents cuisinent ou pas plus que ça ?
- Speaker #1
Non, pas plus que ça. Mes parents ont toujours globalement bien mangé, mais ce n'est pas non plus des défauts de la cuisine. Donc, mes parents ont toujours fait ce qu'il fallait pour qu'on mange bien. Mais ce n'était pas, on va dire, le sujet principal. à la maison. C'est vraiment après, quand je suis arrivé au BTS diététique, où en plus on avait des cours de cuisine, où on apprenait à cuisiner toutes les techniques de cuisson, comment les adapter à des régimes, que là je me suis vraiment pris au jeu et pour le coup j'ai vraiment pris à bras le cœur l'alimentation.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui t'a donné envie justement de poursuivre en école d'ingénieur ?
- Speaker #1
Je pense que ça vient beaucoup des profs qui arrivaient à transmettre énormément ce que eux enseignaient. J'avais une prof qui était docteur en pharmacie qui... adoraient ce qu'elle faisait et j'ai trouvé ça trop cool d'aller dans le pourquoi du comment, pourquoi telle pathologie provoque ça, comment avec l'alimentation ça aide la personne, comment tout s'agence en fait de comprendre vraiment le pourquoi du comment et de me dire j'ai la possibilité d'approfondir tout ça. En étant en école d'ingénieur, je vais aller plus loin sur le scientifique, je vais aller plus loin sur le concret, je vais aller plus loin sur les produits, ça va m'ouvrir plus de portes parce que j'adore la diététique mais je ne me voyais pas resté entre guillemets diététicien dans le sens où je voulais aller plus loin voire plus large, voire plus de choses c'est vraiment le côté scientifique en premier qui m'a donné envie d'aller plus loin t'avais quand même continué le sport pendant ton BTS et en école d'ingé aussi ? Ouais, j'ai jamais arrêté. Moi, le sport, c'est ce qui m'aide à, on va dire, tenir dans le temps, c'est-à-dire que c'est mon exutoire du soir, je vais à la salle ou je vais mettre les gants et puis ça me défoule et ça me permet de me mettre dans ma bulle, d'avoir mon petit moment et de rentrer, d'être fatigué, bien dormir, bien manger. Et puis c'est le cercle vertueux qui fait qu'on a toujours envie de mieux faire et moi, c'est ça qui fait qu'au quotidien, ça va parce que c'est vraiment le petit moment de défouloir où t'as ta bulle le soir.
- Speaker #0
Nous,
- Speaker #1
on s'est rencontrés en école d'ingénieur à Beauvais. Est-ce que tu te souviens de notre première rencontre ? Je pense que ça devait être en soirée. Forcément, à l'occasion d'une petite chouille à l'école. Et vu qu'on était diète, c'est forcément un sujet de discussion qu'on avait, qui a fait qu'on a commencé à se parler. Puis on s'est tout de suite bien entendus. Et puis de fil en aiguille, on a commencé à faire des projets d'école ensemble, etc. Soirée ensemble, des repas ensemble et tout ça. On avait le même groupe de potes, donc c'était hyper facile. De fil en aiguille, on est passé du copain-copain au professionnel, on a On a décidé d'aller plus loin sur Bellicay, à se dire, vas-y, on travaille ensemble.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y avait un moment où tu avais un peu ce côté lycéen paumé qui disait peut-être que je ne vais pas y arriver ou que je ne suis pas à la hauteur ? Ou est-ce que justement, ça a été plus vite parce que tu as monté vraiment le niveau post-bac finalement ?
- Speaker #1
Non, ça a été plus fluide parce que j'aimais ce que je faisais. Quand tu aimes bien ce que tu fais, ce n'est pas dur. Parce que tu as envie d'apprendre, tu as envie de travailler, ce n'est pas une corvée. Forcément, il y a des cours chiants, tu dois y passer. Mais quand tu aimes bien ce que tu fais, pour moi... C'est pas dur parce que t'as envie. C'est pas obligatoire, t'es pas contraint, t'es pas forcé. Du coup, ça te change la manière que t'as de voir certaines corvées que t'aurais vues avant. Là, tu te dis, en fait, ça fait partie du jeu, faut le faire. Et à côté, t'as 95% des choses que t'aimes bien. Donc en fait, ça passe tout seul.
- Speaker #0
Et je pense que ça nous fait une belle transition vers l'entrepreneuriat où il y a pas mal de choses difficiles finalement. Et Bellicare, c'est né d'un projet d'école. Comment est-ce que cette idée est arrivée pour toi de ton vécu ?
- Speaker #1
Ouais. À la base, c'est toi qui as apporté le sujet. Tu nous as dit qu'on allait travailler ensemble parce qu'on est diète. Donc c'est cool, vas-y, go, on y va. Et tu as dit que tu avais déjà un truc en tête. Parce que moi, j'ai l'intestin irritable. Et tu avais déjà un truc en tête de faire des repas adaptés pour les personnes qui ont ces problématiques. Et moi, à l'époque, je ne connaissais pas plus que ça. Parce que même si je suis diète, on n'en parlait pas de fou. Et je me suis dit que c'était cool, vas-y, on fait ça. À la base, pour moi, c'était un projet d'école qui me semblait sympa. Je n'ai pas trop réfléchi. Je me suis dit, vas-y, on y va, ça peut être cool. Donc, on a commencé à taffer sur le sujet. Et plus on avançait, plus je trouvais ça sympa. Et les profs, quand on a présenté ça, ont dit, réfléchissez, parce qu'il y a peut-être un truc à faire. Vraiment, c'est chouette. Donc, on s'est dit, c'est cool, il y a peut-être un truc à faire, effectivement. En parallèle, on était apprentis. Moi, je travaillais dans une société de dispositifs médicaux. J'étais sur le marketing international. et Je ne peux pas dire que ça se passait mal parce que ce n'était pas le cas, mais je n'étais pas le plus épanoui dans cet apprentissage-là. Ça se passait bien, mais je ne me voyais pas continuer sur cette voie-là plus tard. Et à côté, en parallèle, on a commencé à porter Bellicare dans le cadre académique, mais... au niveau étudiant entrepreneur. Donc, on a fait des concours, on a commencé à montrer le projet. Et il y avait un réel engouement qui commençait à se créer autour de ça. Donc, il y avait le contraste de professionnellement parlant, ce n'est pas vraiment ce que je veux faire, versus Bellicare qui commence à me plaire de plus en plus. Il y a de l'engouement. Et je me suis dit, en fait, c'est le moment ou jamais. Dès qu'on est diplômé, on prend Bellicare et on le fait à fond.
- Speaker #0
Est-ce que, justement, à un moment, tu t'es dit, ah non, c'est complètement fou ou c'est hors de ma portée ou non, je ne vais pas faire ça tout de suite après parce que je pourrais sécuriser un CDI confort dans la boîte où je suis, par exemple.
- Speaker #1
Je n'ai pas pensé à ça. Je me suis dit, on a un truc en or dans les mains, on le fait maintenant ou on ne le fera jamais. Du coup, je ne voulais pas qu'on rate le coche. Je me suis dit, on est jeune, on a l'énergie, on vient d'être diplômé, on est apprenti, on a de la chance, on peut avoir le chômage pendant deux ans. On va bénéficier et profiter de tout ça pour essayer. Ça marche tant mieux, ça ne marche pas, on aura essayé. Mais au moins, on l'aura tenté à fond et on n'aura pas de regrets.
- Speaker #0
Une vraie attitude de guerrier.
- Speaker #1
Ça, je n'en sais rien, mais c'est ce que je me disais sur le moment de faux conteste. parce que ce serait con de ne pas essayer.
- Speaker #0
Et justement, tu disais que l'intestin irritable, c'était un sujet sur lequel tu n'étais pas plus informé que ça. Comment ça se fait, tu penses, aujourd'hui, que les diététiciens ne soient pas forcément formés, enfin surtout à notre époque, parce qu'on commence à dater aussi un petit peu ?
- Speaker #1
Parce que je pense qu'on n'en parle pas assez. C'est des pathologies où on n'entend pas parler. Les associations de patients sont encore relativement petites. Même au BTS, par exemple, il y a une association de patients qui s'appelle la PSY, qui est l'Association des souffrants de l'intestin irritable. J'en ai... pas du tout entendu parler dans mes études de diététique. L'avdiag, qui est la même chose pour le gluten, on n'entendait pas parler non plus. Donc je pense qu'il y a d'une part le fait qu'on n'en entend pas parler, d'autre part que les médecins eux-mêmes ne sont pas forcément les plus armés pour parler de ces pathologies-là, même les autres professionnels de santé de manière générale. Les informations sont hyper divergentes et ça reste un sujet qui est hyper tabou. On n'a pas envie de parler à ses proches de « j'ai mal au bide, j'ai des flatulences, j'ai des gaz, je suis fatigué » . « Pourquoi t'es fatigué ? Parce que j'ai été constipé toute la nuit et je suis flingué » . On n'a pas envie de parler de ça. Encore, quand on est un homme, on se dit que c'est des sujets peut-être un peu plus libés. pour nous mais je me mets à la place d'une femme où on n'a pas envie de parler de ça. On couple ça au fait que il y a les règles, il y a l'endométriose, il y a plein d'autres problèmes autour. Déjà ça se confond, on en parle moins, c'est limite normal. Donc en fait c'est pas mis sur le devant comme quoi c'est une pathologie réelle.
- Speaker #0
Tu parlais des hommes où la parole est un peu plus libérée, c'est plus simple de dire à ton pote « ah ouais, j'ai posé ma pêche » , etc. Mais il y a quand même des hommes qui sont assez pudiques sur ce sujet. Toi aussi, tu as une histoire un peu personnelle avec les troubles digestifs dans la famille. Est-ce que tu veux nous en dire un peu plus sur comment ça a pu développer ta sensibilité sur ces sujets-là ?
- Speaker #1
Moi, j'ai mon père qui a été diagnostiqué d'une allergie au blé, donc il a un petit peu plus de 50 ans. Et en fait, pendant peut-être 3-4 ans, il a été sujet à des symptômes digestifs. plus plus, on va dire. Il faut savoir qu'à côté, il a une sarcoïdose, il a d'autres pathologies plutôt auto-immunes autour, donc ça s'est vraiment tourné autour de la gastro-entérologie, où il a fait toutes les batteries d'examen possibles et imaginables, où tout est toujours revenu nickel. Pour le coup, en plus, il a des bons bilans de santé, enfin, il est en bonne santé générale, il n'a pas de problème, donc, on ne sait pas, en fait, il n'y a rien, quoi, il n'y a rien du tout. Sauf que de temps en temps, il avait des malaises, il vomissait, ma mère qui est infirmière devait l'emmener à l'hôpital pour qu'il soit perfuser, que la douleur a été insupportable. Jusqu'au jour où ma mère m'appelle un matin et me dit « Ton père a eu un accident de la route, il a fait un malaise au volant de son camion, parce qu'il est chauffeur routier. » Et là, on s'est dit « Merde, il y a peut-être quelque chose de plus profond, on va falloir peut-être aller voir d'autres professionnels, dans le sens où niveau gastro-entérologue, il n'y a rien, visiblement. Ce n'est pas la faute des gastros, les examens sont négatifs, il n'y a rien, donc il faut aller voir ailleurs. » Et en fait, c'est en allant voir un allergologue où on s'est rendu compte qu'il avait une allergie au blé. L'allergie au blé, elle a un peu... peu vicieuse parce que pendant des années il peut ne rien avoir. Il y a un moment où on arrive à un seuil où le corps est dit non stop là je peux plus, où il déclenche des douleurs, des malaises, des vomissements et ce qui a provoqué justement son malaise vagal au volant et son accident qui aurait pu être dramatique. Aujourd'hui il n'a rien eu malgré le fait... fait qu'il se soit retrouvé sur le côté gauche de la route de gauche. Il a quand même fait un 33 tonnes qui a traversé toute la chaussée. C'est pas rien. Mais en fait, l'alimentation, ça peut être hyper dramatique et on s'en rend pas compte.
- Speaker #0
Et je pense aussi, quand on a plus de 50 ans, on a déjà des habitudes alimentaires qui sont quand même bien ancrées. Et on le voit même avec des patients lambda. Changer ses habitudes, ça peut être compliqué. Comment ça s'est passé justement pour tes parents d'ajuster l'alimentation de ton papa ?
- Speaker #1
C'était compliqué parce qu'ils n'ont pas une alimentation non plus hyper variée. Il est assez compliqué quand même sur ce qu'il aime bien manger ou pas. Il ne cuisine pas plus que ça. Ils sont toujours débrouillés comme ça. Et quand on se rend compte que du jour au lendemain, on doit supprimer un certain temps tout ce qui est blé, donc viennoiserie, pain fin. tous les trucs qu'on adore manger en fait, c'est compliqué parce qu'on a l'impression de se priver de tout plaisir, très clairement mon père est chauffeur routier donc il commence à 3h du matin, pour manger c'est galère, faut s'organiser, faut voilà lui son petit plaisir dans le camion c'est grignoter et manger un petit gâteau, il va s'arrêter sur une aire d'autoroute et prendre un petit croissant c'est le réconfort et du coup ça c'est un réconfort qu'on lui a retiré et dire bah faut que tu fasses gaffe, faut que tu manges du pain au machin, un truc mûche C'est pas forcément bon, c'est pas un plaisir, c'est limite plus un calvaire et une contrainte qu'autre chose. Donc déjà tu retiens le côté plaisir, plus tu manges plus ce que tu veux, plus des fois c'est pas forcément très bon. Franchement c'est compliqué quoi, surtout quand t'arrives à un certain âge et que tu dois modifier tes habitudes alimentaires que t'as eu pendant presque 40 ans. C'est un sacré changement de vie quand même.
- Speaker #0
Ouais et puis surtout le métier de chauffeur routier c'est quand même pénible. au bout d'un moment, surtout quand on arrive plus en fin de carrière, ça peut commencer à devenir long, donc en plus si on enlève tous les petits plaisirs comme ça,
- Speaker #1
c'est pas évident à gérer et puis à côté on rajoute le côté médicaments parce qu'on rajoute des corticaux pour le côté auto-humain. Parce que du coup, il y a des effets un peu indésirables. Il a développé des douleurs articulaires, de la fat, il limite presque plus faim. Tu as plus faim et en plus, tu peux moins manger ce que tu aimes. Donc, tu as un peu le double impact un peu vicieux. Il y a l'impact, mais aussi le côté médicamenteux derrière. Et en plus, on te dit dans le protocole, tu as une dose plus haute et puis petit à petit, tu la réduis pour trouver que. Mais à chaque fois que tu réduis tes doses, soit tu as des effets indésirables, soit tu as des effets indésirables. Donc, en fait, c'est un peu un cercle vicieux. C'est sûr. Et comment il s'adapte pour des moments plus...
- Speaker #0
conviviaux quand vous faites des repas de famille ou à Noël ?
- Speaker #1
Quelles sont un peu les voies de secours ? Soit il se prive et ça le fait chier. Sinon, il fait une petite entorse et il sait qu'il va avoir un peu mal. Il est conscient qu'il va avoir mal aux ventes, mais au moins il se fait un peu plaisir et en quantité un peu plus raisonnée. Ou alors, on avait trouvé des alternatives sans gluten. On avait commandé une fois, par exemple, c'est une société qui s'appelle Sodam. Il fait des pâtisseries surgelées qui en plus sont très bonnes. On avait commandé ça pour un anniversaire parce que c'était l'occasion de faire un petit peu plaisir. Pouvoir manger sans gluten. Après, dans le cadre de l'allergie, c'est un peu différent d'une intolérance qui va être plutôt constante ou de la maladie celiaque. C'est-à-dire qu'avec le traitement, il arrive plus ou moins à trouver les seuils qui lui déclenchent des douleurs. Donc avec le temps, on a aussi appris à gérer les quantités. Peut-être qu'une baguette entière, bon, c'est sûr que ce n'est pas possible. Mais peut-être qu'un quart de baguette, ça va passer. Donc ça permet de faire un petit peu des sandwiches ou voilà. Croissant le week-end, ce n'est pas ça qui va lui flinguer le ventre s'il fait attention le restant de la semaine. Donc on a réussi plutôt sur la durée à trouver un entre-deux qui lui permet de profiter. un minimum sans pour autant que ce soit trop délétère. Donc c'est plus un équilibre d'organisation et de plaisir sur la globalité.
- Speaker #0
Je pense que souvent on sous-estime la place du plaisir dans l'alimentation alors que c'est quand même fondamental si on prend zéro plaisir, on ne va jamais tenir une habitude sur la durée.
- Speaker #1
Il y a des gens, je prends l'exemple des sportifs par exemple, quand ils ont un objectif ils peuvent manger la même chose hyper fade, c'est Pas un souci, il y en a, ils adorent manger pour le côté fonctionnel, c'est pas un problème. Par exemple, moi, et je pense que toi, c'est pareil, t'adores manger quand c'est bon aussi. Y'a besoin des deux, y'a besoin du côté, ben, ça me fait du bien, c'est sain, mais c'est bon. Moi, manger fade, ou voilà, ça m'intéresse pas, j'ai envie que ce soit goûtu, j'ai envie que ce soit bon, que ça me fasse plaisir, moi ça fait partie de ça aussi. Et mon père, c'est pareil. Lui, lui dire, tu manges sans gluten, sain, mais c'est fadasse parce que tu peux plus rien manger. Non, il fonctionne pas comme ça non plus.
- Speaker #0
Ouais, c'est sûr, et puis... C'est la vie. Je pense que c'est important aussi de remettre un peu de contexte sur la maladie celiaque. C'est une maladie auto-immune où l'éviction de gluten est indispensable. obligatoire à vie,
- Speaker #1
on ne peut pas faire d'entorse là où l'allergie au blé effectivement c'est plus souple donc si quelqu'un vous dit qu'il ou elle a la maladie celiaque ne proposez jamais de gluten là c'est zéro,
- Speaker #0
là pour le coup c'est vraiment il n'y a pas de tolérance possible parce que là dans la maladie celiaque on a vraiment une destruction des parois intestinales donc c'est délétère, là où l'allergie au blé comme tu dis Rémi, c'est plus que ça va être désagréable pour ton papa mais Pour l'instant, ça va.
- Speaker #1
Quand il a vraiment eu le diagnostic, on lui a fait aussi tester nos plats qui sont certifiés sans gluten pour éviter justement de prendre des risques inconsidérés. Il venait d'avoir un accident de la route, on s'est dit là non, il n'y a pas de risque possible. Nous, tout est sans gluten, certifié, analysé. Je l'ai presque forcé à manger ça le temps d'avoir d'autres résultats pour qu'il ait une solution sûre où il ne va pas nous reclaquer un accident de la route deux semaines après. C'est aussi pour ça qu'on a fait ça, c'est le côté sécurité avant tout, où on est intransigeant sur ça.
- Speaker #0
Justement au moment de la... l'accident, quand ta maman t'a appelé, est-ce que c'est quelque chose qui a davantage renforcé ton envie, justement, de développer Bellicare ?
- Speaker #1
Ouais, parce que moi, je pense qu'il y a des événements qu'on peut comprendre à 100% que quand ça nous arrive. On peut imaginer ce que la personne vit, on peut imaginer ce qu'elle ressent, mais tant qu'on ne le vit pas à titre perso... On ne peut pas se rendre à 100% compte de ce que la personne qu'on a en face de nous vit. Pour avoir vécu le côté où j'ai failli perdre mon père à cause d'un accident de la route, à cause d'un truc bête qu'est l'alimentation, c'est un truc que tout le monde fait, tout le monde mange, tout le monde mange du gluten, on se rend compte que ça peut aller beaucoup plus. plus loin, on ne pourrait l'imaginer. À aucun moment, je me suis dit, pourtant je suis diète, à aucun moment, je me suis dit, c'est une gluten qui fait que mon père a un accident de la route. À aucun moment, on n'y a pensé. Et quand ça arrive, on se dit ouais, non, là, par contre, c'est chaud, il faut faire gaffe. Il faut vraiment faire gaffe. Et après coup, une fois que c'est arrivé, on presque en psychote, on regarde de tout. Il m'appelait pour analyser certains paquets, pour que je lui dise oui, c'est bon ou pas. Et même moi, dont c'est le métier, j'étais là en mode, ouais, tu peux. Mais quand je raccrochais, j'étais en mode, ça se trouve, j'ai mal regardé, ça se trouve, j'ai loupé un truc. Enfin voilà, on se met un peu à p... psychotée, parce que quand on sait que ça peut aller loin, ça fait flipper.
- Speaker #0
Surtout quand on touche à la santé des gens, on ne veut pas rigoler avec ça, surtout quand ça peut avoir des effets traumatiques.
- Speaker #1
Et encore, là, c'est une allergie. Je pense par exemple aux parents qui ont des enfants qui ont la maladie celiaque et qui doivent aller à l'école ou qui vont en colonie de vacances, ou même qui doivent préparer tous les jours les repas pour leurs enfants. Ça doit être un stress de fou furieux. De devoir tout le temps faire gaffe à 100%, ça doit être hyper stressant.
- Speaker #0
Surtout qu'un enfant, tu lui proposes des bonbons, il va dire oui. Tout si pour lui, il Merci. Scientist Pack, c'est... aussi important.
- Speaker #1
C'est compliqué. Les gens qui nous appellent quand ils nous demandent pour nos plats, c'est ce qu'ils nous disent. C'est un stress de fou parce qu'à tout moment, je ne sais pas ce que mange mon enfant quand il est en colonie, je ne sais pas ce que les profs vont lui donner, je ne sais pas ce qu'à la cantine ils vont lui servir. Ils ne peuvent pas vérifier et contrôler ce qu'il y a qui est compliqué aussi. Oui,
- Speaker #0
on ne peut pas être partout.
- Speaker #1
Ça fait aussi lien avec la pertinence de ce que propose Béliquerre. Ça fait 4 ans qu'on est à temps plein dans l'entrepreneuriat. Puisqu'on a créé Béliquerre, est-ce qu'il y a des moments où tu t'es dit c'est trop compliqué ? peut-être arrêter. Non, pas au début, mais c'est compliqué tout le temps, faut pas le cacher, quand tu montes une boîte et que tu crées tout de A à Z, tout en soi est compliqué, parce que tu dois tout faire, en plus nous on est que deux, on a globalement le même parcours, faire un produit, on sait faire, mais après on a dû aller dans notre propre cuisine pour cuisiner tout nous-mêmes, faire le commercial, appeler les clients, créer une chaîne logistique de A à Z, s'assurer que nos produits soient bien sans gluten, donc en plus sur des choses qui sont très peu démocratisées, on doit en plus tout chercher, tout tester. Tout faire, c'est vraiment, on est entre nous et nous, et on doit tout faire. À côté, c'est un kit de fou, parce qu'on fait ce qu'on veut, et à chaque fois qu'on y arrive, on est hyper content. Mais malgré tout, t'as un stress sous-jacent de toujours devoir bien faire, surtout qu'on est sur des produits qui permettent à des gens qui ont mal d'aller mieux. Donc en plus, il faut bien faire ça pour qu'on soit sûr de vraiment apporter du bien à des gens qui vont mal. Il y a aussi ce côté-là qui est à prendre en compte, malgré tout, dans l'alimentaire.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te donne cette force de continuer, même quand on est dans des temps durs ?
- Speaker #1
C'est de voir que les gens vont... mieux. Quand les gens nous appellent, vous m'avez changé la vie, grâce à vous, ma petite fille peut partir en colonie de vacances, dès que t'as un coup de blues et que t'as ça, tu te dis je le fais pas pour rien, c'est vachement cool. C'est hyper gratifiant de te dire à deux et en partant de zéro, on arrive à faire un truc aussi cool. Entre guillemets, on n'est pas une boîte qui fait des millions, c'est pas le but aujourd'hui, c'est pas ça qu'on veut. On vient en aide à des gens qui sont dans le besoin, et c'est ça qui est hyper gratifiant. Autre que la satisfaction de personnel, de dire « bon bah ouais, je monte ma boîte, c'est cool, j'en fais ce que je veux aussi » , mais vraiment de voir que les gens vont mieux, et qu'on aide des personnes qui souffrent, c'est trop gratifiant.
- Speaker #0
Aujourd'hui, chez Bellicare, c'est toi vraiment l'interface avec les clients. Est-ce que tu peux nous dire un retour client qui t'a vraiment touché ?
- Speaker #1
Ah, il y en a plein. J'ai eu une dame au téléphone une fois qui m'a dit « mais vos plats, ils sont trop bons » . et j'ai dit bah c'est cool, merci beaucoup pour le retour, c'est super, elle dit non mais vraiment ça fait des années que je mangeais plus et là je retrouve un truc que je peux manger sans avoir mal aux ventes et en plus c'est bon c'est le but, merci beaucoup, ça fait plaisir et ce qui me touche aussi c'est quand j'ai des mamans qui m'appellent pour leurs jeunes enfants parce qu'on a beaucoup d'adultes, c'est vrai on a 90% de nos clients, c'est sûr que c'est des adultes mais quand ça touche les enfants je trouve ça encore plus poignant parce que quand elle dit bah merci grâce à vous ma fille peut partir au ski bah on dirait pas que à cause de l'alimentaire la petite fille ne peut pas partir en vacances vacances. Donc ça veut dire qu'on lui permet de bien manger et en plus d'aller en classe de neige. Qu'est-ce que tu demandes de plus ? C'est trop bien.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, comment est-ce que tu envisages la suite de Bellicare ? Où est-ce que tu nous vois dans 5 ans ?
- Speaker #1
Dans 5 ans, je nous vois partout. J'ai envie que Bellicare soit la référence de l'alimentation digestive. C'est bien l'intestin irritable, j'ai la maladie celiaque. Ok, je pense à eux parce que leurs plats sont trop bons. Ils ont une gamme qui va être de plus en plus grande. Même les fondateurs, ils sont... Ils sont sympas, j'ai envie qu'on soit vus aussi comme des personnes accessibles. Même si on grossit, qu'on soit toujours là pour les gens, à pouvoir répondre au téléphone, à pouvoir échanger avec eux. Pas juste être derrière un ordi et que tout soit entre guillemets autogéré. J'ai envie qu'on soit toujours un peu l'interface des gens. Qu'on puisse échanger avec eux, avoir leurs problématiques, leurs retours pour toujours faire mieux. C'est vraiment être des bons produits partout, qui sont bons, qui sont sympas, qui sortent du côté médical. Et en plus de dire, ces deux petits jeunes-là, ils sont sympas et j'ai envie d'aller discuter avec eux. Si le médical, c'est déjà bien assez triste comme ça, j'ai envie qu'on sorte un peu de cette image.
- Speaker #0
Si tu pouvais revenir voir le Rémi d'il y a 15 ans... ans, qu'est-ce que tu lui dirais ? Je ne change pas grand-chose parce que si tu changerais quelque chose, tu ne serais peut-être pas là.
- Speaker #1
J'ai fait ce que je voulais quand j'étais au collège-lycée, j'ai trouvé ma voie après et puis chemin faisant, j'ai trouvé de plus en plus ce que je voulais faire. Donc si toi aussi tu es un peu paubé sur ce que tu veux faire, trouve ce qui te plaît et puis c'est sûrement ça qui va t'amener dans ton côté professionnel et où tu t'amuseras. Ce n'est pas parce que tout de suite tu ne sais pas ce que tu veux que c'est foutu. Un moment, il faut trouver, c'est sûr.
- Speaker #0
mais tourne-toi vers ce que t'aimes bien faire et puis sûrement ça aidera je pense c'est une très belle conclusion merci Rémi pour cet échange hyper riche et merci à toi d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout si ça t'a plu n'hésite pas à nous laisser 5 étoiles sur ta plateforme d'écoute et de le partager au plaisir d'avoir de tes nouvelles à bientôt pour le prochain épisode de Bellicare l'espace des ventes ressentibles