- Speaker #0
Bienvenue, bonjour à tous, bienvenue sur Big Manager. Alors, le Big Manager qu'on met en avant aujourd'hui, c'est un monument du rap belge. 20 ans de carrière, c'est plus une célébration. Azaia, a.k.a. Mr. Hot Track, on va parler de ses débuts, le métier d'ingé son, Africa is a vibe. On va parler de ses anecdotes, on va parler de plagiat. On va parler du business derrière, son nouveau projet d'école. N'oubliez pas de vous abonner. Merci à tous pour les commentaires. Bigmanaja.podcast sur tous les réseaux. Comme je dis toujours, Bigmanaja c'est pour vous, par vous, ensemble. Azaia, bienvenue sur Bigmanaja.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Je suis très content de t'avoir parce que déjà tu as un monument dans le rap belge, dans la musique belge en général. Et comme on en parlait, 20 ans de carrière, c'est pas n'importe quoi.
- Speaker #1
J'ai eu du mal à réaliser quand même 20 ans.
- Speaker #0
Je pense que ça doit se fêter. Je pense que 20 ans, il y a des gens qui... Déjà avoir une carrière c'est compliqué quand tu traverses le temps et moi le but de l'épisode c'est qu'à la fin les gens comprennent en fait pourquoi 20 ans c'est important, pourquoi ça doit se célébrer. De toute façon on va voir tout ton histoire, histoire les époques que tu as traversé les artistes que tu as rencontré pour que à la fin de l'épisode tout le monde dans les commentaires demande la date et avant la fin d'année voilà 2005 2025 let's go du coup raconte un peu à quel moment tu t'es décidé de rentrer dans la musique
- Speaker #1
En fait, la musique est vraiment un accident. Un bel accident. Parce qu'en fait, j'ai commencé la musique de la manière la plus traditionnelle, ça veut dire l'église. Donc moi, là-bas, je suis un basketeur. Mon premier rêve, c'était de jouer en NBA. J'étais vraiment à fond dans le basket. En mode H24, c'est les gens qui jouent dehors, à la qualité de temps. J'étais vraiment ce gars-là sous la pluie, qu'il fasse froid. J'étais là pour jouer au basket. Et... Pour certaines raisons familiales, j'avais compris à un moment que le basket ne se fera pas en fait. Et en fait, tout doucement, je commençais un peu à rentrer dans la musique via l'église. Parce que voilà, j'étais fasciné surtout par l'instrument, le piano. Je voulais apprendre le piano. Et en fait, on avait la chance d'avoir un piano à la maison parce que mon cousin était électricien. Il réparait l'électroménager des gens. et dans ce qu'il devait réparer il y avait un clavier un grand clavier donc dès qu'il l'a réparé le gars l'a pas payé donc on a gardé le piano et voilà comment j'ai commencé le piano donc du coup gospel ouais gospel
- Speaker #0
Comment est-ce que tu passes de la musique gospel au, on va dire, à ce qu'on appelle la musique mondaine ? Parce qu'au final, on sait qu'il y a beaucoup d'a priori. Je pense que tu as participé à un projet gospel d'abord.
- Speaker #1
J'ai fait un projet gospel. Que je nie beaucoup.
- Speaker #0
Que tu quoi ?
- Speaker #1
Que je nie beaucoup.
- Speaker #0
Du coup, comment est-ce que tu... Comment est-ce que c'est perçu, le switch ?
- Speaker #1
Comment c'est perçu ? Bien sûr, dans le milieu gospel, enfin le milieu chrétien, pas le milieu gospel, mais le milieu chrétien, francophone, est bien sûr fermé, parce qu'au-delà de la musique, il y a des raisons spirituelles. Mais j'ai envie de dire, j'aime bien le dire, j'ai vraiment grandi musicalement comme un carré.
- Speaker #0
Ok, ouais.
- Speaker #1
Tu vois, quand tu regardes les carreries, ah ouais, Whitney Houston, elle chante à l'église, puis elle est sortie, elle fait naturellement du R'n'B pour venir. Moi, c'est vraiment... Le parcours est vraiment pareil. Donc, ça veut dire que je commence à l'église, j'apprends mes premiers accords, je rentre dans la chorale, j'écris mes premières compositions pour la chorale.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Après, de là, j'ai des amis qui rappent.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois, donc je deviens le beatmaker, entre guillemets, du groupe. D'ailleurs, shout-out Nouvelle Alliance. Tu vois ? sauf une nouvelle alliance et donc là voilà du rap je commence à faire des instru rap ok slash R&B je me fais repérer pour mes prods parce que mes prods commencent un peu à tourner et là j'ai une première artiste qui vient chez moi on aime bien tes prods et tout ah mais j'ai un contact en France signature France et voilà mais ça c'est du coup les gens qui te repèrent c'est pas des gens du gospel c'est genre mais des gens qui Merci. côtoyer l'église.
- Speaker #0
Ok, ok, ok.
- Speaker #1
C'est des personnes qui côtoyaient l'église. Et d'ailleurs, en fait, la première artiste qui m'a emmené en France, elle s'appelle Pris. Je ne sais pas si tu te rappelles de Pris à l'époque, qui avait fait numéro 10 dans ma ville. Elle avait repris le son de Booba. Oui,
- Speaker #0
oui, oui. En fait,
- Speaker #1
si tu veux, à ce moment-là, je travaillais au Foot Locker.
- Speaker #0
OK, ouais.
- Speaker #1
Et son mari, ou je ne sais pas, ex-mari.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je ne sais pas. Mais bref, il travaillait au Foot Locker de Liège.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Il a été transféré dans mon Foot Locker pour un jour. C'est là qu'on a connecté. On m'a dit, écoute, ma femme a des trucs qui se passent pour elle en France avec DJ Kost. Et elle m'a dit, regarde, elle a besoin de démos. Tu ne veux pas travailler avec ma femme. Donc, j'ai travaillé avec elle. On a fait d'autres démos. Mes prods sont arrivés en France. Et finalement, ils m'ont signé en édition.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Tu vois, c'est comme ça que mon...
- Speaker #0
Que ton parcours a commencé. Et c'est là que tu as commencé à placer... C'est à ce moment-là directement que tu commences à placer avec les artistes français ?
- Speaker #1
Oui, directement. C'est à ce moment-là.
- Speaker #0
Et tu décides en parallèle de faire des études d'un Gesson ?
- Speaker #1
En fait oui, disons dans mon parcours musical, à un moment donné, un Gesson ça veut dire commencer avec mon groupe de rap. Ok d'accord. Donc j'avais un grand frère qui s'appelait Claude, qui avait son petit studio à la maison parce que lui était informaticien. Donc, c'est lui qui m'a fait comprendre c'était quoi une carte son, une carte graphique, etc. Et voilà, il se débrouillait avec ses petits moyens, mais c'est vraiment lui qui m'a introduit, en fait, dans ce monde technique, on va dire en général, parce qu'il faisait aussi de la vidéo, il faisait du graphisme et tout ça. Et voilà, avec ses petites bases, il m'a un peu transféré le truc. Et moi, je me suis dit, c'est quoi, je vais aller apprendre de mon côté aussi proprement, tu vois, le métier d'ingé son. Donc, au départ, j'ai fait une formation qui s'appelait Synthèque, ici à Bruxelles. C'était genre... deux semaines et il t'apprenait vraiment les bases vraiment les bases de comment ça fonctionne c'est quoi un EQ, c'est quoi un compresseur c'est quoi une carte son une table de mixage et tout c'est vraiment les bases et après quand la SAE a ouvert en 2011
- Speaker #0
2001 je crois 2001 je faisais partie des premiers élèves inscrits à la SA d'ailleurs j'ai vu qu'ils ont fermé en Belgique et donc là pour quelle raison tu décides est-ce que c'est parce que tu avais la volonté de voir mixer tes propres prods ou quand tu as senti des limites dans tes compositions que tu t'es dit en vérité je vais me lancer en ingé son parce qu'il y a des gens par exemple des beatmakers qui ne vont pas forcément faire parce que toi à la base ta volonté C'est ça. produire. Est-ce que derrière, tu te dis déjà en vérité, c'est peut-être une situation précaire, il faut que je trouve une autre manière de faire de l'argent ?
- Speaker #1
Non, il n'y a même pas d'argent. Parce que je suis juste un perfectionniste. Je suis un perfectionniste et j'ai envie de dire, est-ce qu'on peut dire curieux, mais disons en fait, si je me lance dans un sujet, je veux tout savoir du sujet. Tu vois, sans forcément calculer, est-ce qu'il y a moyen de se faire de l'argent ? Après que je réfléchis, qu'est-ce que je peux faire avec ces connaissances que j'ai acquises ? Moi, en fait, je suis vraiment curieux. Par exemple, quand j'ai commencé le piano, je demande au gars de l'église, est-ce que tu ne veux pas m'aider ? Il me dit, va prendre les cours de solfège. Je regarde les cours de solfège. Tu sais bien, arrivé dans les maisons de Noir, tu vas dire, il y avait fait un petit solfège !
- Speaker #0
C'est quoi ça ?
- Speaker #1
C'est quoi ça ? Alors j'ai même pas posé la question en fait. J'ai directement été acheter des livres de solfège. Et j'ai appris par moi-même. Après, jusqu'à aujourd'hui je sais pas lire, mais vraiment les bases du solfège, tu mets une partition, ça va me prendre peut-être 15 minutes pour décoder le truc, mais je sais lire une partition. Et ça je l'ai appris vraiment de moi-même. J'avais 16-17 ans à l'époque.
- Speaker #0
Et quand tu signes en France, tu as quel âge ?
- Speaker #1
Quand je signe, j'ai 23. 23 ou 24, je crois.
- Speaker #0
Est-ce que tu considérais ça comme un... Aujourd'hui, est-ce que tu considérais le deal que tu as eu comme un bon deal ?
- Speaker #1
C'était un premier deal. En vue de qui j'étais à l'époque. Parce qu'il faut comprendre comment fonctionnent les deals. Il faut avoir, comme Dimitri le disait bien,
- Speaker #0
des leverage.
- Speaker #1
J'ai kiffé. Ça, c'est le mot-clé. Ça a carré. Leverage. Shout-out Dimitri. Et en fait, à l'époque, j'ai juste du talent, en fait. Mais je n'ai pas forcément de gros placements en France. On ne me connaît pas. Tu vois, OK, je suis bon, mais voilà. Tu vois, ça ne garantit pas un prochain hit sur Fun Radio, dans les charts français, tu vois. Donc, ils m'ont vraiment signé par... Sur le talent.
- Speaker #0
Le potentiel.
- Speaker #1
Le potentiel, tu vois. Donc j'ai reçu 13 000 euros pour 5 ans.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Qui était pas mal, tu vois. Pour l'époque, on est en 2006 ou 2007. Ok. Tu vois, c'était pas mal.
- Speaker #0
Ok. C'est quel placement où tu t'es dit, le premier truc où tu t'es dit ?
- Speaker #1
Honnêtement, le premier placement...
- Speaker #0
Qui t'a fait plaisir ?
- Speaker #1
J'hésite entre Vita ou Chouin. alors je vais dire plutôt Vita mais je vais t'expliquer après je le mets à part tu vois mais je veux dire la France c'est particulier tu vois c'est vraiment particulier comme marché techniquement et humainement donc Je retiens en fait les placements où j'ai été bien traité.
- Speaker #0
Ok, d'accord.
- Speaker #1
Tu vois. Parce que quand j'ai bossé avec Vita, on a travaillé sur deux albums. On m'a respecté comme un beatmaker, comme un producteur.
- Speaker #0
Ok, ok.
- Speaker #1
On m'a payé correctement. On m'a mis dans des hôtels. On m'a bien fait manger. Et en fait, j'ai vraiment vécu l'expérience. d'un réalisateur, producteur, avec Vita.
- Speaker #0
Parce que là, tu n'as pas juste fait la prod, tu as aussi pu driver le morceau et réaliser. Exactement,
- Speaker #1
tu vois. Et puis, elle était facile à travailler avec. C'est pour ça, en fait, que souvent dans mes interviews, je cite cette période avec Vita.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois. Donc, ma relation avec le label, avec la maison de disques, avec le producteur, avec l'éditeur, avec l'artiste, en fait, ça s'est vraiment bien passé. Et on va dire que Vita est une artiste qui... qui est sur un bon réseau. Quand je dis réseau, elle a de la rotation en radio, elle fait des concerts, etc. Donc quand ta sasem tombe, tu dis OK.
- Speaker #0
En plus, j'ai vu que tu avais fait un contenu, une vidéo où tu montrais, tu as été transparent sur les droits et ce que tu touches en sasem. Et que c'est important aussi, parfois pour les compositeurs, Parfois, parce que j'avais vu une interview aussi d'un autre compositeur qui disait, parfois même si tu ne prends pas, c'est important que tous les beatmakers se fassent payer, on en reparlera du coup, même par rapport au prix, mais parfois se dire, vas-y je prends moins là-dessus, mais c'est une personne... qui tourne, qui fait des concerts. Par exemple, je ne sais pas, imaginons que tu places pour une vita ou un pokora, ça va.
- Speaker #1
Ça va.
- Speaker #0
Et c'est aussi important que les gens aient une vision à long terme. Parce que, au final, les droits, c'est longtemps, c'est à vie. C'est important de ne pas uniquement vouloir sauter sur le mec-là, il est en vogue. Vas-y, il a un bon petit buzz TikTok. Et Et puis après au final, dans deux ans, tu touches que deux euros et puis voilà. Et du coup, tu vois.
- Speaker #1
Tu veux rentrer dans le livre du sujet ?
- Speaker #0
On y va !
- Speaker #1
Ah là là ! Bon, comme je disais, la France, c'est vraiment particulier, surtout quand tu viens en tant que Belge.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu vois. Et ce qu'il faut savoir, en fait, c'est que... Et je le disais justement dans une de mes petites capsules que je fais sur mon Instagram, que quand tu rentres déjà dans ce game... Il est important de comprendre que tu es un entrepreneur et que tu viens faire du business. Avant de se dire, c'est quoi la musique, j'aime bien tel artiste, j'aime bien, et puis tu te rends compte que tu n'es pas super bien payé. Parce que l'attitude surtout des beatmakers, c'est que quand ils approchent l'artiste, ils l'approchent d'abord en tant que fan de sa musique. Alors que non, je viens t'offrir un service, il est payant, et voilà, en plus j'aime bien ta musique, c'est un plus. Mais on est là pour faire des affaires, en fait. Faire un business. Maintenant, ce qui se passe, c'est qu'en tant que beatmaker belge, ce qui se passe, c'est qu'on envoie souvent pas mal de prods par email ou par DM, regarde mes prods, etc. Quand je dis, en fait, que la France, et franchement, je vais tirer dans le tas, la France est un pays particulier parce qu'il y a énormément de plagiat. Il y a énormément de plagiat, il y a énormément de manque d'honnêteté. Parce que je me suis fait, par exemple, plagier deux fois en France.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Deux fois. En tout cas, il y a deux sons hyper connus. Et la première fois, en fait, que ça m'est arrivé, c'est qu'on avait reproduit une de mes prods, et c'était Coeur de Guerrier. Coeur de Guerrier, c'était même pas buzzé. C'était Youssoupha, Corneille et Bigali.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est Bigali qui s'appelle le fanman de la France. Oui, oui, oui, Bigali, ouais,
- Speaker #0
ouais.
- Speaker #1
Et en fait, je tombe des nuits, j'entends le son. Tu vois, on me l'envoie le lien, on me dit mais c'est ta prod et tout. Et tu vois, le pire, c'est qu'à l'époque, moi, comme j'avais, parenthèse, mes premiers placements, j'essayais de les faire au state. Tu vois, au state, en fait, quand tu fais des prods et que tu vas voir les maisons de disques, tu viens avec déjà des top lines sur le refrain. Et en fait, dans le cœur de guerrier, ils avaient tout repris. Et la prod et la top line du refrain. Donc c'était flagrant, en fait. C'était flagrant. Donc on va le voir, les gars ont dit... Ah oui, mais tac, tac, on ne te retrouvait pas. Donc, on a refait de l'autre côté. Je dis, mais comment ça, vous ne me retrouviez pas ? Tu vois, bref, on s'est arrangé. Tu vois, ok. La deuxième prod, c'était toi.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois. Et le truc, en fait, c'est que la prod originale, parce qu'elle était tellement lunaire.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
On l'avait, je l'avais envoyé à mon éditeur. Qui lui l'a envoyé. envoyé un gars qui l'a fait tourner en fait dans tout Paris ok parce qu'il faut comprendre je crois qu'il est sorti en quelle année 2018 ouais c'est possible la prod je l'ai fait en 2016 ok ouais la prod originale ouais ouais tu vois je l'ai fait en 2016 et même pour la petite histoire Là, on va rentrer dans les anecdotes. À la base, je l'avais fait pour Gradur. OK. Et il n'a jamais entendu cette prod. Lui-même ne l'a jamais entendu. Mais à la base, mon éditeur m'appelle, shout-out Benjamin Ifrah. Il m'appelle, il me dit, il me faut des prods pour Gradur. Et tu vas même comprendre la prod, comment elle est structurée. Rappelle-toi Gradur à l'époque. C'était vraiment celui qui visait... de la trappe, tu vois, mais il avait ce côté afro.
- Speaker #0
Ouais, ouais,
- Speaker #1
ouais. Et à l'époque, moi, j'étais fan de ce que MHD faisait. J'étais vraiment fan de ce que MHD faisait et je trouvais que c'était du génie. Mais j'avais un problème avec le nom Afro-Trappe.
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
Tu vois ? Je me disais, ouais, mais juste musicalement, ce n'est pas de l'Afro-Trappe. Et en fait, quand je pensais à Gradur, je trouvais que le mot Afro-Trappe lui allait mieux. C'est pour ça que quand tu regardes Chouin, La prod commence de l'afro et va vers la trap. Et je trouvais que ça allait mieux à Gradur. Je fais la prod. Et moi, à ce moment-là, mon studio tournait trop bien. Je fais dormir la prod. Je fais dormir la prod. Benjamin qui m'appelle, t'as les prods pour la durée ? Je dis, ouais, je l'ai, mais il faut que je finisse. Moi, je suis là, je fais des sous avec mes clients. Encore les Français, tu vois. Et puis, je ne vais pas être bien traité. Alors moi, je fais dormir. Je fais plus d'argent avec mon studio que avec les prods, à ce moment-là. Finalement j'écoute cette prod, je sais pas si tu te rappelles, j'avais fait un doublon pour Mike Sabre. J'avais fait un doublon pour cette prod pour Mike Sabre. Et Mike Sabre était là, ah ouais ça tue, je vais sortir, je vais tout tuer avec cette prod là. Et finalement lui-même je sais pas ce qu'il a fait avec cette prod, il l'a fait traîner. Je fais écouter la prod à John Skripi, John Skripi il veut sauter dessus, il me dit non, donne, Puis je dis non, la prod elle a un vrai potentiel, il faut que je la finisse et que je l'envoie en France. J'appelle Dolpha. Dolpha, s'il te plaît, finis-moi cette prod.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Dolpha, avec son génie, il amène la prod à un certain level.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Bam, il a fait écouter à son entourage Damso qui m'appelle de nulle part J'ai jamais parlé avec Damso Oh, Dolpha m'a fait écouter la prod et tout S'il te plaît, garde-la moi Je dois faire un truc avec Falip ou pas En fait, les choses commençaient déjà pour lui Mais moi, j'étais pas trop au courant Parce que pour moi, Damso, Dolpha, c'était leur business Moi, je conseillais juste Dolpha Sur comment gérer les choses
- Speaker #0
Et puis,
- Speaker #1
j'avais compris que Dolpha Il faisait écouter la prod dans son entourage Je me suis dit, ok, la prod commence à trop tourner C'est quoi, je l'envoie en France Merci. On la voit en France, j'envoie à Ben qui la donne à ses gars. Allez, la prod se finit dans tous les emails.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Dis-toi, en fait, de ce que je sais, c'est que 5 producteurs ont refait la prod.
- Speaker #0
5 diff... Il y a eu 5 reprods.
- Speaker #1
Reprods de la...
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois. Et en fait, pour la petite histoire, je vais pas trop cramer les noms.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais un des producteurs, en fait, qui avait fait... qui avait refait la prod... Il avait passé à Carice. Et en fait, la prod, le morceau de choix original a été enregistré sur cette prod-là.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Maintenant, de ce que j'ai compris, c'est que Carice et l'équipe de Carice et le gars se sont biffés un moment. Et c'est comme ça qu'elle a été refaite par Double X. Tu vois. Maintenant, en fait, Double X, quand ils ont refait la prod, ils ont changé certaines choses, qui fait que Techniquement, en fait, sur les... Comment tu parles de plagiat, tu peux pas vraiment les attaquer. Mais quand la prod, quand Chouin est sortie, moi j'écoute la prod, je dis... Non, c'est pas possible qu'on ait eu la même idée. Ouais,
- Speaker #0
ouais, ouais.
- Speaker #1
Tu vois. Dolpha qui m'appelle, il me dit « Azaya, ils nous ont plagiés » . Et je lui dis « En tout cas, je sais que la prod a tourné et je sais qu'ils ont sûrement dû l'entendre, mais là, comme elle est là, ils ne sont pas attaquables en fait, parce qu'ils ont changé assez de trucs. Parce que tu ne peux pas attaquer sur le rythme, tu ne peux attaquer que sur la mélodie. Ils avaient changé assez de trucs dans la mélodie pour que ce ne soit pas attaquable. Et moi, tu sais, je regarde le truc. Et Dolpha il est furax, il est jeune producteur, c'est normal, il a travaillé sur le truc. Il est furax, il dit à Zaya on doit faire quelque chose. Moi j'ai dit écoute, laisse-moi réfléchir, laisse-moi réfléchir. Bam bam bam, à un moment donné, et moi je suivais déjà Double X sur Instagram à l'époque. Mais je les suivais parce que j'aimais bien ce qu'ils faisaient. Tu vois je trouvais que c'était, j'aimais bien le concept et tout. Et à un moment donné, il y a One Shot, tu te souviens de One Shot ?
- Speaker #0
Ouais
- Speaker #1
Donc moi et lui on suivait Double X. Et OneShot met un post sur un commentaire de Tron, et dit non, prod incroyable, etc. Et c'est moi avec la haine, je réponds. C'est quand même marrant qu'elle ressemble vachement à tel son. Parce que finalement notre son, notre prod était sorti. Tu vois, sur un autre projet, mais bien un après.
- Speaker #0
Ok, mais quel artiste ?
- Speaker #1
Tenny. Et le morceau s'appelait Viens danser. Mais là, on vous expliquera le morceau à sauter des plateformes. Mais si, il y a encore des archives. Allez voir Tenny Viens danser. C'était la prod originale en fait. Que tout le monde avait plagié. Ça ressemble quand même vachement à Tenny Viens danser et tout. Et je mets juste ça. Moi je me dis, Furax il va répondre. Aucune réponse. Aucune réponse.
- Speaker #0
Le double X là tu parles. Double X,
- Speaker #1
aucune réponse. Le lendemain sur Facebook. Sacha qui m'envoie un message.
- Speaker #0
Le fameux Sacha. Blouska,
- Speaker #1
il m'envoie un message. Azaya, c'est pas toi qui as produit Tini vient danser et tout. Parce qu'en fait, lui s'était rendu compte que la prod... qu'ils avaient refaites ressemblaient à Tenny Viens Danser. Mais ils n'ont pas copié de Tenny Viens Danser.
- Speaker #0
Ils l'ont copié de l'arri-prod.
- Speaker #1
Alors comment il dit, mais comment ça se fait qu'on a copié une prod qui ressemble exactement à une autre prod ? Et donc en fait, ils ont tous compris que l'original que tout le monde avait copié, c'était nous. Et c'est comme ça qu'on a gagné le processus, entre guillemets, l'arrangement. Parce qu'en fait, la chance qu'on a eue, c'est que le gars qui nous a plagiés, nous a recopiés à l'identique.
- Speaker #0
Ah oui, ok, il s'est pas foulé. Ah ouais,
- Speaker #1
il s'est vraiment pas foulé. Et le truc, en fait, c'est que comme Dolpha, il est trop technique, il y a des choses que Dolpha fait qu'il n'y a que Dolpha. En fait, tu vois, tu dis, ah ouais, ils ont essayé, ils ont raté, mais en fait...
- Speaker #0
Il y avait l'intention.
- Speaker #1
L'énergie de la prod était là, tu vois. Si tu comprenais le concept, voilà, tu comprenais qu'il fallait passer de l'afro à la trap, tu vois. Mais entre guillemets, c'est nous qui avons lancé ce mouvement-là, en fait. Et finalement, ça a été trois ans de galère.
- Speaker #0
Trois ans. Et quand vous arrangez, est-ce qu'il y a une compensation financière sur ce qui a été généré avant ?
- Speaker #1
Il y a eu un arrangement qui n'a pas été réellement tenu, mais il y a eu une compensation financière. Et plus, il y avait d'autres trucs qui devaient être faits qui n'ont jamais été faits, mais allez-y.
- Speaker #0
Ah ok. Pour moi, c'est reconnu. Mais du coup, les crédits, c'est Dolpha, toi, Double X ?
- Speaker #1
On est 15. On est 15, en gros on est à 5% sur le morceau. Et en fait, quand je bosse avec quelqu'un, j'aime bien qu'il soit rémunéré. J'ai donné de la faim une plus grande part que moi surtout. Légèrement si on parle. en milli il a un pourcentage en plus et j'ai tenu à ce qu'il ait un pourcentage en plus pour la compensation donc moi j'ai crois 5,25 lui a 5,75 mais les 5,25 là bien parce
- Speaker #0
que c'est pas n'importe quoi mais du coup quelle entrée en matière donc toi, on revient un peu en arrière Indie Studio c'est le studio que tu crées en tant qu'ingé son. Et là, ta volonté, c'est juste de faire découvrir des artistes ? C'est quoi l'idée derrière, le concept de base ?
- Speaker #1
Alors, le concept de base, c'est que je reviens des Etats-Unis.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Avec la compréhension ou la déception de comprendre que rentrer dans le game américain était compliqué. En tant que beatmaker.
- Speaker #0
Ok. Qu'est-ce qui était compliqué ?
- Speaker #1
Parce que c'est une mafia en fait.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu vois. Là où il y a beaucoup d'argent, il faut savoir que rentrer, passer les portes de... de certains labels, de certains artistes, c'est ultra compliqué.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois. Ou un long chemin.
- Speaker #0
Ok, ouais.
- Speaker #1
Et en fait, il faut savoir que... Je commence la production et il faut comprendre le contexte bruxellois à l'époque. C'est pas sexy de produire à Bruxelles. Et c'était pas sexy de produire en France non plus, en fait. On dit toujours que les Belges sont un peu plus qu'un riz dans notre approche du beatmaking et de la vision de la musique. On le voit très bien avec Hamza, avec Damso, tu vois. On a un swag un peu plus anglophone. Normal, on a les néerlandophones à côté. On est à côté des germanophones. Donc tu vois, on a Ce petit swag en plus, tu vois. Et donc, en fait, produire pour la FF, on kiffe à Millet, tu vois, les Français et tout, on respecte ce qu'ils font. Mais c'est pas le truc le plus sexy pour nous, notre vision de la musique. Donc, nous, tous les producteurs, tous les beatmakers de l'époque, on a tous commencé à essayer à produire au state. Que ce soit Street Fab, que ce soit les Waku, que ce soit les Bionics, on a tous tenté. On a commencé par les states, en fait. Et donc, moi, de 2003, à 2008 avant la naissance de mon fils j'étais tout le temps en state je me souviens je prenais le billet à l'époque il était à 319 en plus j'avais un pied-à-terre là-bas j'avais un gars qui crèchait là-bas c'était vraiment à un moment donné j'arrive après-demain je prends mon billet, je monte je reste une semaine à New York, deux semaines on démarche, on démarche, on démarche et c'est là que j'apprends le game ok Merci. C'est là que j'apprends en fait C'est quoi réellement être un producteur Tu vois Les parts, les droits d'auteur Etc etc Mais j'apprends surtout comment on rentre dans le game Et j'apprends surtout comment une industrie fonctionne Parce que la Baustate c'est vraiment Tu comprends ce truc là C'est une industrie C'est un business Ah la passion et tout je suis un producteur On est 350 millions ici frère
- Speaker #0
Et on fait tous de la musique Et c'est quoi ta d'être... Ta grosse leçon, genre quand t'es rentré, tu t'es dit en fait, il y a ça que je dois changer ou que je dois adapter ou que je n'ai pas.
- Speaker #1
J'ai compris d'abord le gouffre culturel.
- Speaker #0
Ok, ouais.
- Speaker #1
Tu vois, parce que peut-être les jeunes beatmakers ne vont pas comprendre ce que je vais dire, parce qu'eux, ils sont vraiment nés dans le hip-hop.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Nous on a appris le hip-hop. Donc il y avait des petits trucs dans nos prods qui nous trahissaient par rapport au son qu'il y avait à l'époque aux stages. C'est qu'on va venir en pensant que le beat va passer. J'ai fait un beat new-yorkais. Et un vrai new-yorkais va dire, tu vois ce petit détail-là, un new-yorkais n'aurait jamais fait. Et quand on est arrivé dans les maisons de disques en fait, et en réunion, c'est ça qu'on nous disait. On disait, ah c'est presque. C'est pas ça. Par exemple, mon frère était un fan de Deep Set. Et je rappelle, ça c'est vraiment un meeting qui a été clé même pour moi parce que j'y étais pas. Donc lui il avait rencontré les gars qui s'occupaient des deepsets et tout, et il a produit pour Jay Rider. Oui, oui, oui,
- Speaker #0
je m'en souviens.
- Speaker #1
Et je rappelle, il revient et tout, il me raconte la réunion. Et en fait pendant la réunion, le gars il écoutait ses prods, et en fait chaque fois il regardait mon frère. Et il demandait, tu viens d'où ? Et puis il dit, ouais mais je viens de Bruxelles et tout. Il dit, ah ok, Et il lui reposait à chaque fois la question. Parce qu'il voulait comprendre comment un gars de Bruxelles, un Africain, tu vois, Congolais, qui est quitté le Congo, arrive à Bruxelles, fait des prods spécifiques de New York. Il ne captait pas le truc. Il me dit, mais pourquoi tu ne joues pas un truc africain ? Pourquoi tu refais ? Pourquoi tu nous refais nous, en fait ? Il avait pas dit comme ça, mais nous, c'est ce qu'on a compris. Et moi-même, avec mon parcours à l'époque, j'avais compris, mais c'est vrai, on est stupide d'aller aux Etats-Unis et leur revendre leurs propres produits. T'imagines un Chinois qui arrive au Congo et qui nous revend de la sébène. Ouais,
- Speaker #0
ouais. Oui, ouais, non, effectivement. Tu vends nous tes trucs, en fait. Oui, oui,
- Speaker #1
oui. Parce que nous, on est black, parce que nous, on est... Dans notre délit, on se dit, on va monter, on est black aussi. La même chose, ouais, c'est pas... Non, il dit, non, oui, je sais que t'es black, mais je vois très bien que t'es africain.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Pourquoi tu veux jouer l'américain en fait ? Et surtout les blacks là-bas, souvent ils le prennent mal. Et c'est souvent ça qu'on ne comprend pas en fait. Avec la nouvelle génération ça va. Mais à l'époque, tu vois quand nous on venait, ils étaient là en mode ouais c'est les européens qui viennent jouer les américains. Et quand tu comprends maintenant le contexte de l'époque, eux ils sont déjà là en fight avec les blancs parce qu'ils ont dit ouais les blancs ils sont en train de voler notre culture, maintenant il y a les européens qui viennent, qui essaient de prendre aussi une part dans notre truc, tu vois. En fait ça... Le game leur filait des mains en fait. Et nous on ne comprenait pas ça. Nous on venait notamment, on aime bien ce que vous faites, on veut vous vendre des prods et tout. Ils disaient, bon ok, t'es bon, mais il y a ça qui te trahit. Et moi c'est, à un moment donné, je travaillais, enfin je travaillais, j'étais en contact avec l'équipe d'Alice Akiz.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et le gars en fait, et je le remercierai toujours, je dirais Green, tu vois comment il s'appelle. À un moment on est en studio et on est en train d'écouter parce qu'on est plusieurs beatmakers. Donc il y a son gars, il y a moi et il y a deux autres beatmakers. En fait, on passait en stage chez lui pour voir si on était digne de travailler avec un de ses kids. Et en fait, ils avaient un artiste qui s'appelle Jermaine. qui est adhérent à Alicia Keys, et ils étaient en train de travailler sur lui en fait. Et donc, en prouvant qu'on savait faire un hit pour lui,
- Speaker #0
ils allaient monter d'un étage.
- Speaker #1
Et donc, on est trois entités de producteurs, chacun joue ses prods, et à un moment, tu vois, il est là, en fait, tu vois, il est vraiment, donc ça c'est, imagine, moi je suis dos, tu vois, il écoute mes prods, et à un moment il me dit, mais vraiment en anglais, tu vois, il dit, gars, je pense pas que... tu vas réussir ici aux Etats-Unis.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et moi, je suis en mode, est-ce que je comprends bien ? Parce que nous, en tant qu'Européens, on est tout tact. Mais là, vraiment, le New Yorkais, il dit, je pense pas que tu vas percer ici aux Etats-Unis. Il dit, tes mélodies sont bien, but your drums are whack.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
tes drums sont whack tu vois et moi ça me traumatise tu vois et tu vois les deux autres là les deux autres ils me regardent en mode ils disent non tes drums sont trop whack franchement Melody ça va mais tes drums sont trop whack et ici tu vois si tu viens pas avec ce grit tu vois faut que ça tape en fait je suis revenu choqué de ça c'est pour ça que mais aujourd'hui mes drums tu compenses tu vas m'entendre en fait ça a été la meilleure leçon et en fait c'est là que j'ai compris en fait que la musique est avant tout culturelle. Tu vois, c'est une perception des choses. On ne pourra jamais être plus américain que les Américains. Il y a des détails, en fait, dans les prods qu'on ne comprendra jamais. C'est pour ça que souvent, les beatmakers, quand ils veulent percer au state, je leur dis, le meilleur truc que tu peux faire, c'est prendre tes bagages et aller là-bas.
- Speaker #0
Et aller vivre là-bas, ouais.
- Speaker #1
Mais n'essaye pas de faire l'américain d'ici. Il y a toujours des détails qui vont t'échapper, en fait. Nous, par exemple, quand tu regardes par rapport à la France, on est à côté de la France. Même si, on va dire, il y a un nouveau délire à Paris, il suffit de trois heures pour qu'il arrive à Bruxelles. tu vois ce que je veux dire Marseille c'est un peu plus loin tu vois mais j'ai envie de dire il faut être proche de la culture pour avoir un impact sur la culture il faut vivre dedans il faut t'imprégner il faut être dedans tu vois et le fait moi de faire des allers-retours c'était pas bénéfique donc quand je reviens je reviens à Indy Studio je comprends en fait que ma carrière au States est over tant que je ne suis pas là-bas ok donc je me dis je dois compenser ouais et c'est là en fait que je me dis ok comment est-ce que je gagne de l'argent À Bruxelles, c'était ça la première question. Et pas je vais faire un studio pour des artistes. Ma première question, c'est comment est-ce que je vis de la musique en Belgique ? Et en faisant... Tout ce petit parcours là, pour la petite histoire, après ma déception de vouloir devenir basketeur, j'ai fait de l'économie. Donc mon parcours scolaire c'est que j'ai fait de l'économie et en fait je voulais faire Solvay. Et j'étais trop nul en maths, donc j'avais compris que Solvay c'était mort. Je fais des études de marketing, je travaille au Foot Locker, et en fait, si tu veux, ce parcours-là était parfait pour moi. Parce qu'au Foot Locker, j'ai appris à comment gérer une entreprise, mais vraiment comment gérer... Foot Locker, c'est... Pour moi, c'est mon université. Pas quand tu es vendeur. Il faut monter assistant manager. Quand tu montes assistant manager ou manager, là, tu apprécies... Parce que tu apprends vraiment la philosophie de l'entreprise. Tu apprends vraiment la philosophie de l'entreprise. Et ça, pour moi, il y a deux entreprises... Je ne vais pas faire d'appui pour les autres entreprises, mais il y a deux entreprises en Belgique qui le font super bien. C'est Fudokia et Vandenborg. Tu vois ? Quand tu passes à un certain stade... Tu apprends vraiment des trucs qui peuvent te servir si tu veux devenir entrepreneur. Et donc, je sors du footlocker et j'ai tout ce bagage, j'ai le marketing, je suis ingé son, je suis beatmaker. Il y a le truc avec Pris qui se passe en même temps. Et donc, je me dis, comment est-ce que j'organise tout ça pour qu'à la fin du mois, j'ai 1500 euros. Pourquoi 1500 euros ? Parce que c'était mon dernier salaire au footlocker.
- Speaker #0
Ok, donc ça c'est ton barème. Pour maintenir la même vie que j'ai.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est en quelle année ça ?
- Speaker #1
2003. C'était bien à l'époque. Les gens ne se rendent pas compte, un deux appartements à l'époque, c'était 550. Tu vois, c'était 550.
- Speaker #0
Dans quelle époque on vit ?
- Speaker #1
Frère.
- Speaker #0
Aujourd'hui, à 550, tu n'as même pas une chambre coloc.
- Speaker #1
Tu n'as même pas une chambre coloc. Mais en fait, j'avais ce barème de 1500 euros. Je me disais, mon dernier salaire, je dois le compenser.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et c'est comme ça que je commence à réfléchir, Et je me dis, tu sais quoi, d'un côté, je vais faire du beatmaking en France, ça tombe bien, via Pris, tu vois. Et de l'autre côté, pour avoir un truc plus régulier, je vais ouvrir un studio et enregistrer des artistes à bas prix. Pour, voilà, tu vois, la combinaison des deux, aller faire que... Et ça m'a pris trois ans.
- Speaker #0
Trois ans ?
- Speaker #1
Ouais, pour arriver à ces 1500 euros régulièrement.
- Speaker #0
Ok, et comment est-ce que... Parce que bon, à cette époque-là, on n'a pas encore réellement les réseaux qui sont... C'est du bouche à oreille.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et c'est le studio...
- Speaker #1
Non, c'était dans ma chambre.
- Speaker #0
Ah, dans ta chambre ! Mais t'étais venu dans ma chambre ! Oui,
- Speaker #1
on se pliait dans ma chambre la première fois qu'ils ont ramené c'était dans ma chambre dans mon appartement à 550 euros
- Speaker #0
et donc ok parce que alors du coup ça va je comprends parce que tu te dis vas-y je fais tu fais venir les gens dans ta chambre, financièrement tu te sens encore à l'aise et puis une fois que tu atteins on va dire ton rythme de croisière quand j'atteins plus ou moins 800 euros par mois ouais qui commence à voir trop de gens chez moi la maison là je prends une salle local ok j'arrive à isr ok d'accord et à ce moment là tu as déjà rencontré des qui ceux qui vient à ce moment là dans ta chambre il
- Speaker #1
ya ben et féline bibi avec les rangs 10 x franck lucas ouais tu vois prophétie Donc je découvre Gandhi, tu vois, les débuts de Gandhi. Il avait déjà un buzz, il y avait déjà Folland qui tournait, etc. Je rencontre Stroma, parce qu'il fait la compilation avec mon frère.
- Speaker #0
Donc pour remettre en contexte, ton frère, c'est TNT.
- Speaker #1
Soul Stars Music, à l'époque, tu vois.
- Speaker #0
Je crois que c'est la première compilation. de beatmaker je pense ?
- Speaker #1
Fait par des beats, en tout cas oui, tenu par des beatmakers.
- Speaker #0
Parce qu'il y avait Stroma, il y avait Gandhi, il y avait... Pessmaker à l'époque, et Echa.
- Speaker #1
Il y avait Sixx, il y avait... Convoke je crois qui était aussi dessus.
- Speaker #0
C'était un long projet en plus.
- Speaker #1
Je sais pas si Sylla était dessus. Mais en tout cas pour moi c'est une compil que Bruxelles, en tout cas que le rap belge...
- Speaker #0
Ouais, je pense que c'est la première.
- Speaker #1
...qui a marqué. Mais en marqué je dirais c'est Dantaru. Les compiles d'Antaru.
- Speaker #0
Ok, ouais,
- Speaker #1
ouais. Peut-être que, comme t'es légèrement plus jeune que... Mais d'Antaru étaient les premières compiles qui avaient vraiment fait du bruit ici à Bruxelles. Mais je veux dire, ce projet était particulier dans sa présentation, dans comment il a été amené et surtout dans le format. Parce que c'était vraiment, je crois qu'il y avait genre 30, 40 morceaux. Ouais, c'était un long projet. Et c'était chaque fois 1 minute 30.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu vois, donc c'était vraiment, ça passait vite, quoi, Et justement, mon frère avait eu l'idée quand il est revenu des Etats-Unis aussi.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois, parce qu'aux Etats-Unis, on te demande toujours qu'est-ce que t'as fait ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et si t'as rien fait, tu vois, parce qu'il veut d'abord écouter ce que tu fais. Et de là, en fait, tu vois, et en fait, il a fait cette compile-là comme un CV.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Pour dire, ben voilà ce que je fais. Voilà ce que je sais faire. Et tout. Et c'est aussi une belle manière de s'introduire aux artistes de Bruxelles, en fait.
- Speaker #0
Ok. Parce que vous deux, à la base, votre ambition, c'est...
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est là-bas.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ok. Et... A quel moment tu... Donc là, tu gardes Indy Studio, vous êtes à Isère, tu es seul ?
- Speaker #1
Non, et là, j'embarque Passiflo avec moi.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Passiflo qui est mon partenaire avec qui on a géré le studio au départ. Lui, c'était un jeune ingé son. Lui, il apprenait pour l'église. Pour être ingénieur dans son église. Et il fait la SAE aussi. Il doit faire un stage. Il vient le faire chez moi. Et là, boum, on s'accroche. Et on ne se lâche plus, en fait. Et on monte le studio à deux.
- Speaker #0
OK. Et à quel moment tu décides de te lancer dans la production ?
- Speaker #1
Ça se fait naturellement. Donc, il y a des artistes qui viennent. Et donc, il faut savoir que Romano est le grand frère de Passiflo.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Donc, Romano vient au studio.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je me prends une claque.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
comment on les baille, on s'accroche, tu vois. Au départ, on fait une espèce de coup-prod, et puis lui, il ne voulait plus être dans la production, il voulait être artiste pleinement. Donc, il vient sur notre label, donc on commence avec Romano. De là, Kevin, Mingi, par exemple, qui était mon deuxième artiste, est un copain qui vient accompagner un client, qui chante un refrain hasardeux, tu vois, sur un... Un rap d'un de ses potes. Je kiffe ce qu'il fait. Je le rappelle. Il s'avère qu'il connaissait Passive via l'église, etc. Et en fait, pratiquement, je veux dire, les artistes avec qui j'ai bossé sont...
- Speaker #0
pratiquement des anciens clients ok studio ok tu vois d'accord donc j'ai toujours un peu repéré ce qu'ils faisaient via toi quand ils venaient aussi c'est qui tes modèles de production dans le sens où toi on va dire tu as T'as une vision assez américaine, de base. Et donc, voilà, t'as un gestion, tu commences à composer. D'abord, quelles sont tes influences en tant que beatmaker ?
- Speaker #1
Beatmaker ? Rodney Jerkin, c'est le premier.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Darcha, c'est vraiment... Parce qu'on a le même parcours.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Il y a des gens qui viennent de l'église. Donc, rien que sur le parcours, on est similaires. Mais dans les sonorités, comme il... Comme il est R'n'B, il y a beaucoup de trucs que je comprends mélodiquement. Donc il y a des trucs où on a les mêmes influences, on aime les mêmes choses. Et j'aimais bien juste les structures de ses prods. Et puis à cette époque-là, lui il a eu un run de 1997 à 2003. Il passe de Brandy à Michael Jackson, à Tony Braxton, à Destiny Child, au dernier album de Michael Jackson, Invincible. Et en fait, comme je grandis dans cette période-là,
- Speaker #0
j'apprends le piano dans cette période là le gars au top c'est René Jarkins en fait est-ce que on va faire la distinction entre un beatmaker et un producteur
- Speaker #1
Et ça, je comprends cette tête.
- Speaker #0
C'est là-bas ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok. Et pourquoi est-ce que, par exemple, est-ce qu'ici, tu n'avais pas l'ambition de se dire, vu que tu comprends maintenant le modèle américain, de qu'est-ce qu'un producteur, genre, on va dire, vraiment un peu la casquette que tu avais avec Vita, qu'est-ce qui t'a empêché de vouloir mettre ça en place ici ?
- Speaker #1
L'argent.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
L'argent, la situation du pays.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
La mentalité du pays, tu vois, et juste en fait la culture aussi du pays.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu entends par la mentalité du pays ?
- Speaker #1
Je vais dire la mentalité du pays parce que ce serait réducteur. Mais je vais dire la mentalité du rap game en Belgique, tu vois. A la base les gens font de la musique par passion, il n'y a pas d'argent. Donc commencer à demander aux gars, est-ce que tu peux payer ? Même d'ailleurs quand j'ai commencé mon studio, c'était très compliqué de faire comprendre qu'il fallait payer à l'heure les gens. Il fallait payer 3-4 heures. Les gens ont dû apprendre parce qu'ils avaient l'habitude d'aller enregistrer gratuit chez un pote. C'était vraiment ça la mentalité de Bruxelles en fait. Parce qu'il faut comprendre, et c'est pour ça que... Souvent quand on parle d'Azaya, Azaya OG, c'est lui la base des petits studios ici. Les gens ne comprennent pas ce que ça implique réellement. J'ai dû batailler pendant des années, parce qu'il y avait déjà des studios qui faisaient payer. Les studios existaient, je n'ai pas inventé le studio. Mais dans le milieu urbain, c'était particulier parce que les gens, c'était un pote qui avait un studio. Et donc si tu avais la chance d'avoir un pote pour enregistrer chez lui, ben voilà, t'enregistrais. mais il n'y avait pas vraiment de studio commercial où tu pouvais aller de manière j'ai mon argent, je viens en fait les gens ne faisaient pas ça parce que il n'y avait pas trop de gens qui voulaient travailler avec des rappeurs parce qu'il y avait déjà des amis qui avaient invité des gens mais finalement ils se sont fait cambrioler les gens n'étaient pas friands de laisser des gens des rappeurs venir chez eux et en fait j'ai été un peu je n'ai pas été le premier il y avait d'abord le SimSim Oui. Tu vois ? Mais on va dire qu'il a vraiment ouvert ses portes de manière vraiment ouverte à tout le monde. Je suis le premier. Et c'est pour ça que tout le monde venait chez moi. Et la deuxième chose, c'est que je n'étais pas mauvais comme ingé son à l'époque. Donc le rapport qualité-prix était pas mal. Bouche à oreille, il y a un gars là, XL Azaya, il a un appartement et tout. Il fait du bon travail. Et en fait, je ne faisais pas de pub, il n'y avait pas de réseau. Et en fait... Ma maison était très très vite remplie en fait. Au point où t'imagines, à la maison, j'avais mes clients et Pasi avait ses clients. Chez moi à la maison.
- Speaker #0
Ah oui ok.
- Speaker #1
Donc déjà en fait on était deux dans ma chambre et il avait ses gars et j'avais mes gars. Et donc du coup, vous on passe à une autre salle et on grandit, on grandit. Mais tu vois c'était vraiment cette... cette mentalité business. Pour revenir à ta question, dans le sens où quand je te parle de mentalité, c'est qu'il fallait d'abord enseigner, en même temps qu'on travaille la musique, il fallait aussi enseigner le business aux artistes. Et ça, ça a été compliqué de faire les deux en même temps.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu penses que les artistes belges comprennent mieux le business ? Ou au moins une meilleure compréhension du business ?
- Speaker #1
Une meilleure compréhension, c'est sûr. Et avec toutes les informations qu'on peut avoir sur le net, je pense qu'ils ont un aperçu parce que tu peux entendre et aussi comprendre donc j'entends ce que tu dis mais pour moi tu comprends dans la pratique des choses et pour moi les artistes n'ont pas encore été dans certaines situations pour réellement comprendre les implications d'une certaine notion par exemple mais tu penses pas que c'est aussi
- Speaker #0
par manque d'industrie en Belgique ? Parce qu'il y a une industrie en France, je pense. Les Pays-Bas, l'Allemagne, en fait, tous, sauf la Belgique, francophones, on va dire. Parce qu'encore, les néerlandophones sont liés avec les Pays-Bas. Mais ils ont quand même, on va dire, cette réflexion, en tout cas, un peu business et industrie. Et comment est-ce que tu peux... Parce que ça fait 20 ans que t'es là au final. Comment est-ce que tu peux expliquer qu'il y ait encore ce grand problème de l'industrie en Belgique, selon toi ?
- Speaker #1
Tu me demandes de tirer sur des gens.
- Speaker #0
Sans dire de... Mais je veux dire, tu vois, par exemple, parce qu'on a quand même, on va dire, on commence à avoir, on va dire, un roster de personnalités compétentes dans différents domaines. Pourquoi est-ce que, par exemple, selon toi, quelle serait une des...
- Speaker #1
Je suis en train de réfléchir à la manière la plus diplomatique de dire ces... En fait, regarde. Pourquoi est-ce que l'EDM fonctionne bien en Belgique ? Pourquoi est-ce qu'il y a Tomorrowland en Belgique ? Pourquoi est-ce que ça fonctionne ? On va dire là, le premier truc c'est que c'est culturel. Je veux dire quand, si je dois prendre... Attention, je n'ai pas envie de tomber dans des cancels et dans des polémiques. Mais on va dire, je vais prendre, comprenez-moi bien, je vais prendre un Belge, un Blanc.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
De pure souche.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Qui grandit ici. C'est quoi sa culture ? Ben, il va grandir, tu vois. les musiques de sa culture sont peut-être... Il y a une petite influence rock qui vient du UK. Mais en vrai, c'est l'EDM.
- Speaker #0
Oui, la musique électronique et tout ça.
- Speaker #1
C'est sa première musique qu'il va écouter à la maison ou avec de la musique française. Donc, il va grandir avec cet élément-là. Il va arriver à l'école. Il va rencontrer un Italien, un Arabe et un Congrès. Il va être ouvert à d'autres...
- Speaker #0
culture musicale,
- Speaker #1
tu vois. Soit tu vas les adopter, soit tu vas pas les adopter. Quand lui, il grandit, et qu'il a de l'argent, et qu'il y a un festival, il y a un festival EDM, il y a un festival rock, il y a un festival musique africaine, il va aller naturellement vers...
- Speaker #0
Ce qu'il connaît, quoi. Sa culture. Et en fait,
- Speaker #1
il y a plus de gens comme ça en Belgique qu'il y en a d'autres. C'est tout.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est simple.
- Speaker #0
Ok. Tu vois ?
- Speaker #1
Ouais. Maintenant, le truc, c'est que pour notre industrie, il faut juste plus de gens comme nous. Parce que c'est une question de chiffres.
- Speaker #0
Ok, ouais.
- Speaker #1
C'est une question, il n'y a pas assez de personnes qui sont prêtes à consommer ce produit-là.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois ? Pour qu'il y ait une réelle industrie. qui tournent vraiment c'est pour ça que quand tu vas dans des labels ici en Belgique, quand tu regardes les budgets qu'ils octroient à l'hip-hop, ils sont ridicules pourquoi ? parce que l'argent qui revient est justement un reflet de ce que la population belge est prête à payer pour ça c'est pour ça qu'il y a beaucoup de choses que les gens veulent expliquer de manière musicale non, par moments il se dit qu'il n'y a juste pas assez de gars comme vous qui sont prêts à payer pour ce truc-là en fait tu vois quand tu regardes par exemple c'est quoi encore le festival qui cartonne ici en Belgique, Hip Hop ? Les Ardentes avant les Ardentes ils étaient pas Hip Hop ?
- Speaker #0
ouais ouais Mais du coup,
- Speaker #1
ils ont vu le shift, tu vois, et boum, là ils se sont dit, tu sais quoi, on va switcher en mode hip-hop, tu vois. Mais le public ardent n'est pas un public 100% belge, ils viennent partout.
- Speaker #0
Ça devient un festival international.
- Speaker #1
C'est un festival international, il y a beaucoup de gens de France, il y a beaucoup de gens de... On a un bon coin stratégique aux différents pays, ce micro. Il y a plusieurs pays qui viennent aux ardentes, tu vois. Mais si c'était par exemple 100% belge, là on se dirait, ok, là il y a 80 000, 100 000 personnes qui sont là pour acheter du hip-hop, donc produisez des albums.
- Speaker #0
Et ça, c'est ce que tu as compris en produisant Kevin Minguet et Romano ?
- Speaker #1
C'est ce que j'ai compris déjà en revenant d'Estate. Et c'est ce que j'ai compris en produisant effectivement mes artistes. Et c'est pour ça qu'on les pitchait en France dès le départ.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois ? On créait le buzz avec la Belgique et on les pitchait en France. Parce que là, en France, il y a beaucoup de gens ou assez de gens pour acheter ce genre de produit-là.
- Speaker #0
Ok. Et à ce moment-là, tu continues à combiner la production et le taf alimentaire de studio. Et si, par exemple, je te demande quels sont les... On va dire trois ou cinq personnes que tu as vues passer dans ton studio et tu t'es dit lui là il y a quelque chose Sans forcément te dire je vais bosser avec lui parce qu'au final tu as... Mais là où tu t'es dit je sens qu'il y a un truc et pourquoi ?
- Speaker #1
Le plus évident était Shai
- Speaker #0
Shai ok, pourquoi ?
- Speaker #1
Le plus évident était... Attends je vais d'abord essayer de repasser Parce que pour moi le plus évident était Shai Les moins évidents mais que je savais qu'il allait y avoir un truc, déjà Romano mon artiste. J'étais persuadé qu'il allait y avoir un truc et déjà avant sa mort il y avait déjà des trucs qui se passaient. Parce qu'il y avait déjà des français qui étaient venus pour lui. Frèche. Je pensais juste qu'il ne faisait pas la bonne musique au moment où je travaillais avec lui. Je pensais juste que ce n'était pas la bonne musique, mais le personnage était Genstar.
- Speaker #0
Mais c'est quoi la musique qu'il faisait à l'époque ?
- Speaker #1
Comme il dit souvent, il était fort influencé par 50 Cent. Après, je sentais qu'il voulait réussir.
- Speaker #0
À un moment,
- Speaker #1
il allait faire de l'afro, un morceau pro, un morceau comme ça, et puis un morceau... Tu vois qu'il frappait là où ça pouvait marcher, mais il n'y avait pas d'identité artistique. Il avait un morceau, La Quenta, qui était un hit justement et qui passait sur NRJ en Belgique. Mais tu ne bâtis pas une carrière sur un morceau comme La Quenta. Ça c'est un morceau qui vient un peu plus tard dans ta carrière, quand tu l'as déjà bien installé. Tu fais, tu crois, je vais vous faire un délire, La Quenta. Mais lui commençait avec ça. J'avais compris qu'il y avait juste ce problème artistique, mais la personne était déjà une star. Tu vois, il vient avec ses frères, ils ont une dégueuille, tout ça, tu vois, déjà barraqué à l'époque, tu vois, et c'était, tu sentais, ok, là, il y a une petite énergie, tu vois, déjà, rien que le visuel, ça le faisait,
- Speaker #0
tu vois.
- Speaker #1
Il y avait lui, après, Stroma, j'ai compris qu'il était particulier. J'avais pas compris qu'il allait devenir ce qu'il est aujourd'hui. Mais j'avais compris que lui, il était vraiment à part. Et c'était à votre session où vous l'avez ramené au studio. J'avais compris qu'il était particulier. Je me suis dit, lui, il est pas comme nous. Tu vois ? Ce que j'ai vu dans un deuxième temps, mais que je croyais pas forcément qu'ils allaient marcher parce que ça demandait un shift musical. Donc, il y avait Damso. Damso, j'avais compris qu'il avait du talent, mais la musique qu'il faisait à l'époque, je n'y croyais pas. Hamza, j'avais compris qu'il était particulier, mais la musique qu'il faisait quand il venait chez moi, je n'y croyais pas. Mais lui était particulier. Tu remarques des personnalités, des potentiels, mais tu comprends que le produit qu'il propose n'est pas encore le bon. Il suffit juste de shifter. La particularité avec Shai, pourquoi je te dis que Shai était évident ? Parce que... Shy j'ai été convaincu sur un audio.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Shy je l'avais même pas vu.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc je t'explique le contexte. Il y a Prinsley qui est en train de travailler avec Olivier, tu vois, ils sont en train de travailler sur Shy.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et en fait ils font un remix de BMF.
- Speaker #0
Ok ouais.
- Speaker #1
Tu vois à l'époque.
- Speaker #0
Ouais ouais.
- Speaker #1
Et ils m'envoient l'audio. Prinsley m'envoie l'audio. J'écoute le truc, c'est super bien fait. En plus, à l'époque, je ne sais pas si tu te rappelles, on faisait des reprises des chansons américaines, on le faisait en français. C'était souvent raté.
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Mais là, c'était trop bien fait. Les mots étaient bien choisis, il y avait toujours l'énergie de Rick Ross, mais le français n'était pas ringard. Tu vois, on faisait bêtement les trucs, tu vois. Et je dis, ça le fait. Mais tu sentais juste que la fille, elle n'avait pas trop d'heures de studio en elle, tu vois. Tu sentais que c'était encore débutant, amateur. Mais en fait, l'attitude était déjà là. Tu sentais déjà vraiment la même voix que Shai, comme maintenant, mais c'était amateur. Puis je me dis, il y a un truc en fait dans ce qu'elle fait. Romano qui me rappelle derrière. Il me dit, regarde, j'ai des heures au studio. Parce que chaque artiste avait ses heures, sa journée au studio. Il me dit, je vais donner mes heures à Shai.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois ? Parce qu'on y croit vraiment, tu vois. Voilà, on va faire des démos et tout. Et moi, il ne m'avait pas dit à l'époque, mais Booba était apparemment déjà derrière. Ouais. En tout cas, il y avait la possibilité d'envoyer un truc à Booba.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
ouais. Mais ça, je ne le savais pas à ce moment-là. Et donc, ils arrivent et tout. Et moi, je leur dis juste, écoute, tu peux lui donner tes heures. Mais moi, je n'ai juste pas m'impliquer. Je ne vais pas venir tous les lundis, mardis, soir, enregistrer une... artistes qui débutent j'ai déjà fait ce taff avec vous vous faites le avec les personnes que vous croyez tu vois et puis un soir je me dis tu sais quoi je vais quand même voir ce qu'ils font au studio parce que pas si ils m'ont envoyé des messages non c'est chaud Azaya tu dois quand même passer je dis tu sais quoi je vais passer j'arrive et tout Au studio, c'était à la pyramide. Je rentre et là, je la vois.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Il me dit, ok, en plus, elle est jolie. Ouais. Je me dis, bon, ok, je m'assois et tout, je regarde et tout. Et je vois et tout. Et je vois vraiment qu'il y a ce côté galère en studio. Quelle galère. Et tu vois, moi, ce truc-là du studio, pour moi, en tant que producteur, tu dois la voir. Je ne vais pas galérer, surtout que je suis un gestion, je ne vais pas galérer cinq heures à te faire poser un couplet.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais elle était au début, tu vois, c'était vraiment le premier texte de Shai, tu vois. Ouais. Mais quand elle posait... Le rendu final était carré. Puis je me dis, bon, il y a peut-être ce problème-là de trucs à régler, mais encore, je ne veux pas m'insérer dans le business parce que c'est l'histoire de Prinsley, son frère Olivier, et Romano, et Gandhi aussi étaient dans le truc. Je dis, écoute, gérez votre truc, vous avez besoin d'un conseil, moi je vous donne la force et tout. J'ai déjà aidé avec mon studio, mais je ne veux pas m'impliquer. Et en fait, ce qui m'a convaincu, c'est qu'après le studio, on a commencé à parler. Je ne parlais pas vraiment avec elle, mais la conversation, le truc. Et j'entendais parler. Et là, j'ai vu une star.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois, l'attitude, c'est vraiment rien à battre. Tu vois, des dingueries, tu vois. Et là, on dit, bon, on est quand même 4 mecs, 5 mecs, grands, balèzes. Et là, tiens tête, en fait, tu vois. Et je dis, ouais, ça, c'est une restaure. C'est évident pour moi. Et après, bon, je ne sais pas ce qui s'est passé dans leur groupe, là, et tout. Il y a eu, je ne sais pas s'il y a eu bif ou embrouille. Mais là, je recommence à travailler avec Dolpha. Tu vois. Et là, c'était dans mon autre studio en ville, à Deaubrocker. Et là, elle était vraiment aux commandes. Et là, en fait, elle m'a vraiment convaincu parce qu'elle m'a montré que c'était une petite chef d'entreprise, en fait. C'est vraiment une petite chef d'entreprise et qu'elle sait ce qu'elle veut. Et c'est ce que j'aime bien. Et c'est ce que je dis toujours aux artistes. C'est bien de savoir ce que vous voulez, mais il faut savoir surtout ce que vous voulez pas. et elle était au courant de ce qu'elle ne voulait pas et ça j'avais kiffé c'est un truc que je kiffais vraiment chez elle et voilà elle a fait son parcours et
- Speaker #0
Big Up franchement je suis fier d'elle et tu ne t'es jamais dit parce qu'au final tu aurais pu musicalement aussi matcher avec ce qu'elle fait ou c'était trop pour toi ?
- Speaker #1
Il y a eu une discussion à un moment, mais je n'ai pas révélé pourquoi on a décidé de ne pas y aller.
- Speaker #0
Mais il y a eu une possibilité quoi ?
- Speaker #1
Il y a eu une possibilité, on en a parlé. C'était court, c'était juste un bref appel et ça ne pouvait pas se faire. Mais elle savait que je la soutenais, elle se rappelle la conversation. Écoute, moi je te soutiens, c'est juste qu'on ne peut pas le faire à cause de ça. et voilà je lui ai souhaité le best et elle a compris de son côté et en parlant de personnages atypiques tu fais partie d'une des rares personnes qui connait le visage de Cochra
- Speaker #0
comment est-ce que un mec qui est constamment masqué rentre te contacte, rentre en studio parce que si je comprends bien les premières sessions, il arrive masqué. Et il enregistre masqué. Comment est-ce que toi, tu... tu vis...
- Speaker #1
Honnêtement, bon, ça, ça va être un tips pour les ingé-sons et les beatmakers. Quand une personne vous contacte et demande un service, il demande d'abord le service. Donc, ça veut dire venir enregistrer. et avoir un bon rendu au final. Donc je ne me soucie que de ça au départ. Si tu décides de venir en slip, si tu décides de venir masqué, entre guillemets, voilà, c'est le caprice de l'artiste. À ce moment-là, je pouvais dire, écoute, ça va être compliqué d'enregistrer, écoute, pour cette complication, je te demande 15 euros en plus par heure parce que je dois mettre tel truc. Oui,
- Speaker #0
parce que du coup, le rendu vocal n'est pas le même. En fait,
- Speaker #1
lui, il a... Pourquoi ça me matchait avec KRA ? Parce que si tu te rappelles à Simonis, la cabine était séparée, c'était une pièce à part. Donc en fait, quand il allait dans la cabine, il pouvait totalement enlever son masque, parce qu'il n'y avait personne qui rentrait dans ce truc. Moi, j'étais dans une autre pièce, donc moi-même, je ne le voyais pas en fait. Donc en fait, il pouvait rentrer, fermer la porte à clé, enlever son masque, râper, remettre son masque et re-rentrer. Donc en fait, dans cette configuration du studio, ça matchait pour lui. Donc c'était une coïncidence qui tombait bien en fait. Les pièces le permettaient, c'était vraiment deux pièces séparées.
- Speaker #0
Ok, ok, ok.
- Speaker #1
Et après, ça a quand même duré deux semaines ce petit jeu-là. Ah ?
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
Et à la fin, il enlève ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ok. Et, parce que je sais que tu...
- Speaker #1
Mais tu sais quoi ?
- Speaker #0
Vas-y.
- Speaker #1
J'ai kiffé qu'il ait fait ça.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que je comprends pourquoi il protège la personne qui a sous le masque.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est un vrai type. C'est un vrai type.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est un vrai type. C'est vraiment un gars que je kiffe fort, fort.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu vois, aujourd'hui, on peut s'appeler pour... autre chose que de la musique tu vois et pour te dire même il y a beaucoup de choses où je lui demande conseil dans le business puisque tu vois autant que moi comme j'ai une démarche d'indépendant de réussir de manière indépendante lui il a déjà réussi de manière indépendante tu vois Donc il y a beaucoup de trucs que je lui demande, en conseil, comment t'as fait ça, c'était quoi dans ta tête, il y a beaucoup de tips qu'il me donne et qu'on peut partager. Et après il y a même d'autres tips de la vie de tous les jours, on parle de la vie de tous les jours.
- Speaker #0
Et pourquoi est-ce que tu tiens autant à l'indépendance ?
- Speaker #1
Et ça encore une fois de manière logique, tout nous ramène aux Etats-Unis.
- Speaker #0
Ouais ouais.
- Speaker #1
Les États-Unis, 350 millions d'habitants. Tu signes en maison de disque, même si tu te fais carotte, si tu réussis, tu as un très bon chèque. La France est un plus petit pays, la Belgique est un plus petit pays. Tu signes en maison de disque, il faut vraiment faire des gros chiffres pour avoir de l'argent. Tu as plus de chances d'avoir un peu plus d'argent en indépendant qu'en signant dans une maison de disque et faire moyen. donc en fait si tu suis en maison de disques Ici en Europe, on va dire en France et en Belgique, t'as intérêt à être Gims. Ou Stroma, ou Vita. T'as vraiment intérêt à être en haut de l'échelle.
- Speaker #0
Dans le top 10 pour vraiment faire de l'argent. En fait,
- Speaker #1
quand tu regardes, il y a combien d'artistes qui sont signés ? 40,
- Speaker #0
50 ?
- Speaker #1
Il y en a combien vraiment en haut de l'échelle ?
- Speaker #0
Pas beaucoup.
- Speaker #1
Tu vois ? Tu vois, on parle d'Ariana Kamara, Niska, Nioh, Games, Vita, Booba, Booba indépendant.
- Speaker #0
Ah oui, j'avoue.
- Speaker #1
Or. Est-ce que Karis, on le met même dedans ?
- Speaker #0
Qui ça ?
- Speaker #1
Karis.
- Speaker #0
Non, c'est pas Amso.
- Speaker #1
Non ? Mais qui d'autre ? Damso.
- Speaker #0
Ouais. Mais non, il est indépendant.
- Speaker #1
Il est indépendant, donc out.
- Speaker #0
Nick Feu ? A l'époque, oui, mais encore, je crois qu'il est vite tombé indépendant. Relson, je sais pas, ouais.
- Speaker #1
Ah non, Relson, il a eu un très bon run, il y a deux, trois ans. Ouais, ouais, ouais. Un très, très bon run, il a fait une grande tournée. Vald aussi,
- Speaker #0
ouais.
- Speaker #1
Vald, il est pas indépendant ?
- Speaker #0
Maintenant,
- Speaker #1
je pense, mais... Et Vald, il a vraiment...
- Speaker #0
Je pense qu'il a... Quand il a eu son truc désaccordé et tout ça, il a eu quand même un bon run.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais on parle de carrière là maintenant. Ouais, ouais, ouais. Je t'enlève. Ouais, ouais, non, j'avoue. Je t'enlève pas. Il a eu un bon run, mais en carrière, non.
- Speaker #0
Ok. Tu vois ? tu vois ?
- Speaker #1
sur combien et en fait eux ils touchent vraiment de l'argent tu peux mettre MHD autant il était aussi un très très bon run mais ils sont très très très peu ils sont très très peu donc moi si c'est pour avoir je vais pas manquer de respect aux artistes mais par exemple si je dois avoir une carrière comme Keblak je préfère être en indépendance 100% et être signé Merci. Il ferait beaucoup plus d'argent s'il était indépendant. NASA, pareil. Tous ces artistes-là qui font beaucoup de showcases. Tous ces artistes-là qui ne sont pas encore capables de faire une tournée. Si je ne peux pas faire une tournée, je suis indépendant. Si signer en maison de disque, je ne me mets même pas à ce rang où je fais des tournées. je préfère être indépendant je fais plus d'argent ok même si je fais que 10 000 ou 15 000 CD mais c'est et c'est le cas de Cochra ouais ok ouais tu vois c'est le cas de Cochra ok tu vois ou je t'assure ou par exemple quand j'ai compris en fait son écosystème il me payait parfois mieux que les gars de Maison Disque ok
- Speaker #0
ouais
- Speaker #1
Parce que le cash, il le sent. Il est là.
- Speaker #0
Ça rentre dans sa poche directe.
- Speaker #1
Exactement. Même un, il n'a pas fait disque d'or. Ce n'est pas grave, frère. Tu sais, quand il gagne au moins pleinement tout l'argent sur son truc-là. Ce n'est pas grave s'il ne fait pas disque d'or. Parce qu'après, c'est marrant, mais un artiste comme lui fait une tournée où il remplit exactement des 800, 1000, 1500. Ses fins sont là, en fait. Et je préfère de loin une carrière comme ça qu'une carrière... entre, tu vois, t'es en maison de disque mais ça décolle pas vraiment les radios te jouent pas et puis quand tu connais tous les bâtons les roues qu'on te met, tu vois, je préfère avoir une carrière et ça c'est un point de vue économique tu te rappelles, quand j'ai commencé le studio, qu'est-ce que je voulais ? de ma musique. Donc en fait, je vais toujours aborder la musique de manière à comment est-ce qu'il y a plus d'argent dans ma poche. C'est ça, constamment la question.
- Speaker #0
Le plus important, ouais.
- Speaker #1
Tu vois ce que je veux dire. Après, il y a le kiff musical, après le truc. Mais le premier truc, c'est d'abord quel argent rentre dans ma poche.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu vois. Et c'est pour ça qu'encore, je conseille, voyez-vous comme des entrepreneurs. qui fait de la musique comme des musiciens qui veulent changer le monde musical, tu ne vas rien changer.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, donc, on arrive, on est dans la 20e année. track de ta carrière parce qu'au final même si c'est très cohérent par rapport à ton discours c'est ok t'es pas on va dire la personne dont on parle tout le temps bling bling bling mais au final tu tiens ton truc tout le monde sait qui tu es aujourd'hui qu'est-ce que tu fais ? parce que je sais que tu as maintenant on va rajouter une nouvelle casquette DJ, je sais que tu es aussi un artiste qui est en collaboration avec FL Studio. Comment ça s'est fait ? Parce qu'au final, c'est un peu le rêve de tout beatmaker, se dire moi aussi je veux travailler avec un partenariat. Et en quoi ça consiste ?
- Speaker #1
En fait, dans mon ascension du studio... Donc quand je commence Indie Studio dans ma chambre, je n'anticipe vraiment pas que mon studio va devenir une référence à Bruxelles. J'anticipe vraiment pas. Moi je vise les 1500, mais en fait je... Je ne me dis pas en fait que 1500 va faire venir beaucoup de gens. Parce que ces 1500 sont donnés par plusieurs personnes. Pas par une personne, c'est pas un gros client qui me sort 1500 tous les mois en fait. Non, c'est plusieurs petites personnes en fait, qui n'arrêtent pas de parler de moi. Et qui finalement font que ces 1500 deviennent 2000, des 2000 deviennent 2005, et puis 3000. Et puis finalement, ça devient trop, je commence à avoir un émoi épassé. Épassé aussi chez lui. Ça augmente. Finalement, on prend un troisième ingé son, un quatrième, un cinquième. À un moment, on se retrouve à six ingés son.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et là, en fait, le studio devient bordélique.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Tu vois, on a trop de trucs. Avec trop de personnes qui viennent, on a aussi d'autres problèmes qui viennent.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Tu vois, comme on enregistre tout Bruxelles.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
On enregistre des rappeurs. On enregistre des mecs de la rue, on enregistre des mecs en corporate, il y a des bagarres générales au studio, il y a des ta-ta, tu vois, il y a des... Ah oui non, si je dois te raconter les anecdotes, on a eu des trucs de fous au studio. Des gens qui sont venus avec des armes, tu vois, des gens qui sont venus cacher de la weed, à un moment la brigade canine qui arrive, tu vois. Et en fait moi j'anticipe pas ça parce que tu vois, je suis focalisé sur l'argent. Mais en fait, le... Ma réputation devient un peu bordélique, etc. Et à un moment donné, je me dis je suis quand même dans l'économie. Moi, je veux quand même avoir une entreprise propre. C'est comme ça que je bazar de le nom Indie Studio. Je mets Table Rase et je crée UnTrack Studio qui devient maintenant une vitrine beaucoup plus professionnelle. Et c'est là que je crée mon entreprise, numéro TVA, etc. tu vois, siège social, et je commence à faire les choses de manière propre. Et là, du coup, je dois maintenant étendre mon business. Et donc, je suis en train de regarder, en tant que label, comment étendre le truc. J'ai mes artistes qui me ramènent des streams à Ausha, c'est pas extraordinaire, mais j'ai mes artistes, j'ai mon studio, mon produit phare, mon cash cow, qui me ramène tout mon cash et qui finance un peu tout le reste. Et je commence à réfléchir à ce que je peux faire à côté, en fait. Et en fait, heureusement que j'ai... Dans cette industrie, j'ai quand même des personnes à qui je peux parler, qui donnent quand même pas mal de bons conseils. Et en fait, le tips de FL est venu de Ozan. C'était une discussion toute bête avec Ozan. Et à un moment, il me dit, mais tu sais que FL, c'est un truc belge en fait. Parce qu'à l'époque, je pense qu'ils étaient à Tournai. Maintenant, ils sont à Genk, le siège social. Et puis il me dit, ouais, voilà, mais tu vois, ce serait par exemple intéressant de les contacter, tu vois, et de demander un sponsoring, tu vois, je sais pas. En fait, il balançait des idées en ligne. Et puis moi, je dis, ah ouais, c'est pas mal. Et moi, en fait, quand il me disait ça, je pensais que lui, il l'avait fait.
- Speaker #0
Ok, ouais.
- Speaker #1
Et donc, je me rappelle, il quitte le studio, j'envoie un mail direct à Eiffel, tu vois. Et à ce moment-là, c'est bien parce qu'on venait de faire le track avec Wiz Khalifa.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Produit par Hamza, Adolfa et moi qui interviens dans la prod. Tu vois, de...
- Speaker #0
Non, Bass. Bass et J. Cole.
- Speaker #1
Bass et J. Cole.
- Speaker #0
ok euh Money just got bailed, one thing like that.
- Speaker #1
Donc produit par Hamza, Dolpha, tu vois. Et on venait de faire ça, et moi j'avais fait des trucs à côté avec Wiz Khalifa, et Dolpha aussi avait fait des trucs avec Wiz Khalifa, donc j'envoie un espèce de gros mail en disant, regardez, on a fait ça, des belges, tu vois, qui ont fait ça et tout, et puis moi je travaille en France, j'ai fait ça, il me renvoie un mail direct. Il me dit on veut vous sponsoriser en fait. Et moi la base... Je le fais pour mes beatmakers, donc Belfa qui était le grand gars FL. Et moi je travaillais sur l'FL et Logique, tu vois à ce moment-là. Je ne vais pas mentir, je n'étais pas un gars totalement FL, tu vois, je bossais sur même plusieurs plateformes en fait, en vrai. Et donc ils nous ont envoyé le truc. Et on a commencé tout bêtement à sponsoriser. En fait, le deal était simple. Ils pouvaient utiliser ce qu'on faisait pour promouvoir leur programme en disant « et non, on devait parler d'Eiffel sur les réseaux » . C'était un deal qui n'était pas plus compliqué que ça. Il n'y avait pas eu d'argent, de grosses signatures. Parce qu'Eiffel était... Il faut savoir que c'était il y a dix ans, le deal. J'en parle que maintenant, mais c'était il y a dix ans,
- Speaker #0
le deal. En fait,
- Speaker #1
j'ai signé depuis dix ans chez Eiffel. Mais je commence seulement... à le dire maintenant tu vois et donc voilà, on a travaillé en collaboration et ce qui est fort c'est que c'est vraiment une entreprise qui est vraiment à l'écoute du compo de ses clients ils sont réactifs de dingue c'est ce que j'aime trop Eiffel franchement c'est une bonne compagnie avec qui collaborer et donc là voilà on a un partenariat un peu plus proche on est en train de créer une banque de son Merci. avec eux un drum kit un drum kit tu vois Soya Lafuy il va sortir on va l'annoncer prochainement je ne sais pas quand l'émission sort peut-être que ça sera déjà sorti mais en tout cas si vous allez sur FL et que vous tapez FL Cloud tu vois leur service de banque son en ligne qui est dans le programme si vous tapez HOTRACK H O T R A K il y a une banque de son que j'ai créé pour eux Tu vois ? qui est dans le style à ma piano.
- Speaker #0
Ok, et du coup à ma piano c'est bien. Africa is a vibe. Comme on le voit sur la casquette, il y a du merch. C'est aussi ta déa musicale. C'est quel est... Parce que je sais que tu as un gros projet, très ambitieux justement par rapport à ça. C'est quoi le... L'envie derrière tout ça, le shift, parce que du coup, toute cette conversation est très axée sur l'Amérique. Et puis tout d'un coup, c'est un 360 et on se dit en fait, on va se tourner vers l'Afrique.
- Speaker #1
En fait, bon, déjà, mon parcours personnel, je suis né à Likassi, au Congo. A l'époque, ça s'appelle Zaire. Je n'ai dans des... Contrairement à pas mal de congolais, je n'ai dans de très bonnes conditions là-bas. Mon père a un super taf. Et je ne vais pas mentir, je connais vraiment la belle vie là-bas. Directement, mes premiers souvenirs, c'est la piscine... les 2-3 voitures qu'il y a dans le garage papa et maman mon frère on va à l'école belge une très bonne éducation pratiquement comme si j'étais ici oui et on quitte le Congo au premier pillage en 91 moi j'étais déjà venu un peu avant mais on est retourné là on quitte réellement le Congo c'est en 91 pour les français. On quitte totalement le Congo pour venir s'installer ici. Donc je découvre la Belgique. Et voilà. Et en fait, le truc, c'est qu'à un moment, mon père, qui travaillait là-bas, demande à moi et mon frère si on veut retourner. En fait, il avait vraiment demandé pour la forme parce qu'il était persuadé qu'on allait dire non, on veut rester en Belgique. Mon frère dit ouais, on reste en Belgique. Moi, je dis non, on retourne. Et mon père, il disait, bon, OK, je ne m'attendais pas surtout de toi, tu vois. Mais il dit non, moi, je veux retourner au Congo. Belgique, c'est bien, tu vois, c'est bien. Pour moi, en fait, la Belgique, c'était bien pour venir en vacances.
- Speaker #0
OK, ouais.
- Speaker #1
Parce que c'est clair qu'il y avait un peu plus de technologie, il y avait plus de trucs. Mais mon cœur a toujours été africain, en fait. J'ai toujours... On voulu retourner vivre là-bas. Et la Belgique, c'était cool. Pour moi, c'est un peu... La Belgique, c'est un peu comme nous, on voit l'esthète. Tu vas, tu prends des trucs, et puis tu rentres. C'est comme ça que je voyais la Belgique. Finalement, mon père décide de ne pas vouloir nous séparer. Mon frère et moi. Finalement, c'est comme ça qu'on reste ici. Et moi, j'ai cette... rage, tu vois, de... De vouloir rentrer. De vouloir rentrer en me disant je dois faire un truc là-bas, en fait.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et le projet Africa is a Vibe est un peu né au States.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Tu te rappelles, en fait, tu vois tous ces meetings. Tu vois qu'il y a aussi beaucoup de rencontres humaines. Il y a plein de trucs que tu te rends compte. Ou surtout, en fait, quand tu vois comment les Noirs américains voient l'Africain, en fait.
- Speaker #0
Oui, OK, je vois.
- Speaker #1
En fait, tu ne le vois pas comme « my brother, my big » . Je dis « ah, en fait, c'est… ok, ok, je suis africain alors » . Tu vois ?
- Speaker #0
Et donc de là, tu te dis…
- Speaker #1
Parce que nous, on voit la couleur, on se dit… Oui, mais la culture n'est pas la même. Mais en fait, eux, ils te font comprendre que… Ah non, non, tu vois, on se check, mais…
- Speaker #0
On a des seins. Toi,
- Speaker #1
t'es africain, tu vois ? Et surtout, je me rappelle, j'étais à un barbershop, ils me posaient des questions, tu vois. Comme j'ai envie de dire, on nous pose souvent ici des questions, tu vois, est-ce que vous avez des avions ? Qu'est-ce que vous faites ? Et en fait, ça m'avait vexé, en fait, la question de Noir Américain, en fait. Je dis, mais les gars, il y a Google, quand même,
- Speaker #0
tu vois.
- Speaker #1
Tu vois, c'est pas un national géographique, tu vois. Parce qu'eux, ils se posent vraiment la question, mais... Parce qu'ils ont jamais... En fait, il faut te dire, les médias font un super travail de ne pas montrer un aéroport. Donc, en fait, pourquoi dans leur tête...
- Speaker #0
Y'a pas d'aéroport. Y'a pas d'aéroport, en fait.
- Speaker #1
Parce que quand c'est l'Afrique, c'est toujours le village et tout. Donc ils se disent, mais...
- Speaker #0
Vous faites comment ?
- Speaker #1
Comment vous faites, en fait ? Ils ont jamais vu un aéroport. Par exemple, l'aéroport de Nigeria. À l'époque, ils voyaient pas, tu vois. Et donc, ce côté-là m'a un peu vexé. Et j'ai rencontré un Ghanéen qui a grandi là-bas. Il s'appelle Lord Africana.
- Speaker #0
Tu vois,
- Speaker #1
et justement... C'est lui qui m'a vraiment fait comprendre le nord-américain dans sa profondeur, parce qu'on avait le même langage. Il était africain, j'étais africain. Et lui, en fait, il a fait un peu le truc comme nous. Donc nous, on a grandi ici en Belgique. Lui, il a grandi au States. Il est là-bas depuis ses six ans. Donc il m'a dit, écoute, les noirs américains, ils sont comme ça. Ils sont comme ça. Même moi qui est là, tu vois, depuis, Il disait, ouais, toi le Ghanéen, l'Africain, tu vois. Alors que non, je suis avec eux depuis, tu vois. Et quand il m'a confirmé ça... Je suis revenu, j'ai réfléchi à un projet et ce que je voulais réellement faire en fait en Afrique. Et j'ai commencé en fait à me poser la question de comment avoir un impact sur l'Afrique. Et en parallèle, ce qui m'a aidé, c'est que j'étais en train d'élever mes trois petits-enfants.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Tu vois, enfin, nos trois petits-enfants étaient en train de grandir.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et en fait, il y a, comme tu dis, bientôt.
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Il y a un âge, en fait, où quand la réflexion de l'enfant commence à se développer, c'est là que tu comprends, en fait, la puissance de l'éducation.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et qui remet beaucoup de choses en compte dans ta personne. Parce qu'en fait là tu dois maintenant prendre ce qu'il y a dans ta tête et le faire comprendre dans une autre personne. Tu vois ce que je veux dire ? Tu dois prendre ce qu'il y a dans ta tête, tout ce que tu as appris. être sûr d'abord de ce que tu as dans ta tête tu valides, donc tu dois te reposer la question, qu'est-ce que je pense des gays, qu'est-ce que je pense de la foi qu'est-ce que je pense de l'argent comment est-ce que je vois les femmes comment est-ce que je vois, en fait tu te reposes toutes les questions tu repasses ta vie au peigne fin parce que là maintenant tu dois le donner à quelqu'un d'autre tu dois le transmettre, ouais et en fait je me suis rendu compte qu'il y avait des questions dans ma tête qui n'étaient pas réellement Claire. Claire, tu vois. Que je pensais pour t'entraîner. Ouais, ça, je sais que. Puis j'en suis rendu compte qu'en fait, qu'est-ce que tu penses réellement de ça ? Et tu commences à mettre des clartés. Et en fait, j'ai jamais lu autant de livres depuis que j'ai mis mes enfants.
- Speaker #0
je suis jamais autant auto-éduqué depuis que j'ai mes enfants parce que je savais que je devais leur transmettre quelque chose et ça c'est du coup c'est de là que vient je vais aussi le présenter t'as un projet de monter une école ouais
- Speaker #1
et c'est de là que vient l'éducation c'est pour ça que dans le projet Africa is a Vibe le projet de base c'est de créer une école une école d'art on va dire une école d'art musique, cinéma qui comprend les médias mais principalement autour de l'art et tu voudrais la baser où ? ça on dit pas encore mais ça sera en Afrique c'est entre le Congo Merci beaucoup. Le Nigeria, Côte d'Ivoire et Sénégal. On est en train de regarder.
- Speaker #0
Regarder le meilleur endroit. Et ça,
- Speaker #1
du coup... Parce qu'en fait, on en veut plusieurs. Et on est en train encore d'étudier le côté stratégique, de le mettre dans un pays ou un autre.
- Speaker #0
Et comment est-ce que tu montes un projet pareil ? Genre, je suppose que... Parce que j'ai vu sur le site, tu présentes un peu le projet. ceux qui veulent participer, que ce soit privé ou business et tout ça. Tu sais quoi ? Pour les 20 ans, on va monter l'anniversaire des 20 ans de carrière de Hot Track et tous les dons seront regressés au projet Africa is a Vibe.
- Speaker #1
Laisse organiser ça ! Non t'as tué,
- Speaker #0
je kiff l'idée. Franchement, je pense que si maintenant t'as effectivement, parce que je sais que tu as le projet du livre, t'as un projet d'école et tout ça, si effectivement... Parce que pour moi, tu fais partie d'un monument du rap belge, tu vois, et je pense qu'avec les différentes étapes et périodes que tu as traversées, les artistes, les mille personnes qui sont passées, face cam, ne soyez pas ingrats. Quelqu'un qui a un projet comme ça pour nous, pour les enfants, pour le futur, venez, on le célèbre, et tout l'argent, on l'envoie pour le projet. ouais ça tue voilà c'était mon petit voilà ouais je kiffe les défenseurs donc en tout cas voilà s'il vous plaît ne me décevez pas 2025 célébrons au moins ça mais juste une dernière petite question du coup ouais l'aspect de technique, comment est-ce que tu... Parce que bon, c'est pas monter un studio que tu veux faire. Parce que là, c'est quand même un... C'est hyper ambitieux.
- Speaker #1
Quand tu fais 20 ans dans ce game, tu t'imagines que tu croises beaucoup de gens. Ouais. Et tu rencontres des personnes stratégiques, intéressantes, tu rencontres aussi des millionnaires. Tu rencontres des gens qui sont prêts à investir dans un projet qui est bien réfléchi.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et effectivement, moi, le projet de l'école, je l'annonce maintenant, mais il a commencé il y a dix ans.
- Speaker #0
OK, ouais.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et que tu regardes la faisabilité et surtout la crédibilité, en fait, de moi à le faire.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et entre guillemets, c'est juste l'extension de Hot Track Studio. C'est tout ce que j'ai expérimenté et a fonctionné peut-être à une petite échelle. Tu vois ? Que je me dis, OK, bon, là, maintenant, ce produit-là, je le maîtrise. Je peux l'amener à une plus grande échelle. OK. Ce produit-là, je le maîtrise. Je veux l'amener à une plus grande échelle. Et justement, le dernier produit que j'ai développé, c'était mes masterclass. On n'a pas fait des tonnes de pubs. Parce qu'en tant que professeur de musique, moi-même, je devais être sûr d'abord que ma connaissance était déjà testée. Donc, je savais de quoi je parlais. Que mes élèves arrivent d'abord à un résultat pour dire « Mais regardez, tel, il sort de mon école. Tel, il sort de mon école. Tel, il sort de mon école. » Et aujourd'hui, on a eu 60 élèves. jusqu'à ce jour tu vois il y en a vraiment 4, 5 dont je suis vraiment fier et qui ont leur studio aujourd'hui,
- Speaker #0
qui ont leur client et que ça tourne donc du coup là maintenant tu as un peu le blueprint c'est comme un artiste en développement maintenant qu'il a atteint ce seuil tu dis j'ai besoin de fond pour pouvoir prendre ça et le manier exponentiel c'est là que tu rencontres au fur et à mesure en musique tu rencontres toujours des personnes tu sais jamais Ouais,
- Speaker #1
Tu ne sais jamais avec qui tu crois. Tu dis, je ne savais pas que ton compte était à ce point. Tu vois ce que je veux dire ? J'ai rencontré des personnes que je ne m'attendais vraiment pas. J'ai pu avoir des discussions intéressantes. Et en fait, quand tu parles d'un... Justement, ce projet, il est très ambitieux. C'est un projet où on parle en millions. Je ne vais pas mentir, c'est un projet où on parle en millions. Et en fait, quand tu discutes avec des millionnaires, ils ont un discours très, très, très simple. ils ne demandent pas la lune en fait ils disent mais tu vois en fait si tu demandes une telle somme ça veut dire que déjà de ton côté tu dois pouvoir faire telle somme si tu demandes telle somme de ton côté tu dois voilà et en fait on a j'ai eu une grosse discussion qui a duré un bon petit dîner tu vois dans un bon petit restaurant privé ici à Bruxelles où en fait ils m'ont expliqué mais ils m'ont dit pour ce que tu fais là maintenant on peut te donner autant. Mais si tu veux telle somme, toi tu dois faire ça.
- Speaker #0
Ok. Et là, tu travailles.
- Speaker #1
Depuis 6 ans, c'est comme ça que je développe d'abord mon label, mon studio où je le fais monter à un certain rang. Une fois que je suis à ce rang-là, on passe de l'autre côté. En fait, on est déjà en passe, justement. C'est pour ça que maintenant je parle de l'éco. Parce qu'on est en passe d'arriver au seuil qu'on m'avait demandé. Et comme ça, je peux transférer le truc.
- Speaker #0
et après il y a d'autres personnes qui vont s'impliquer qui vont apporter le projet à bien je vais pas te mentir au début quand j'ai vu le projet je me suis dit ah ouais quand même c'est chaud mais c'est important c'est important de le faire pour la culture pour la transmission et même pour au final t'as tellement aussi un réseau de personnes ici qui pourraient même Il finit peut-être de donner cours, ou en tout cas de te présenter dans les différents domaines. Donc en tout cas, je ne te souhaite que du bonheur.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Succès. Merci. En tout cas, merci. C'était une grande conversation. J'ai hâte qu'on puisse fêter tes 20 ans. Je te laisse organiser. On en reparlera, on en reparlera. Mais en tout cas, merci à toi.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Tu reviens quand tu veux. Et pour moi, c'est important que tu fasses partie de l'histoire de Big Manager, parce que pour moi, tu fais partie de... Réellement, tu illustres pour moi ce qu'est un Big Manager.
- Speaker #1
Tu sais, j'ai... Je me disais que tu allais commencer l'interview en présence de la question. Oui, je sais,
- Speaker #0
mais quand on est rentré dans le chouin directement, je me suis dit « Ah, merde ! » Mais, tu sais quoi ? Quelle est ta définition ?
- Speaker #1
Tu sais, j'ai réfléchi ce matin à ce que j'ai dit.
- Speaker #0
C'est quoi la définition de Big Manager pour toi ?
- Speaker #1
Tu sais, en fait... Bon là on est entre nous, on a Bissot, caca boyé, bref, tu vois, il y a des termes comme ça, que les congolais ont sali, tu vois, quand tu dis big manager, tu vois, en fait ça dépend dans la bouche de qui, parce qu'en fait il y a, malheureusement en fait, dans le contexte congolais, Ça a pris une connotation un peu péjorative. Genre, tu gères...
- Speaker #0
Sans vraiment gérer, en fait. On voit que tu essaies de faire quelque chose. Voilà, tu vois ce que je veux dire.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que j'ai quand même aimé que tu reprennes ce terme et que tu lui donnes un vrai sens. Parce que ça, c'est vraiment culturel. Je sais qu'il y a des gens qui ont... Qu'est-ce qu'ils racontent ? Mais en fait, si tu veux, tu es congolais, « Osabik manadja » .
- Speaker #0
C'est là que tu fais quelque chose. Parce que c'est vraiment l'idée de se dire... Parce que tu vois au final, les gens avec nos profils, les gens ont l'impression qu'on fait quelque chose sans vraiment savoir ce qui se passe. Et là maintenant les gens vont te voir dans la rue, mais on va se dire mais ce mec en fait il est en train de monter un projet d'une école. En fait le gars ça fait 20 ans qu'il est là, tous les artistes que tu vois. Et en fait que ce soit toi ou même le motif Dimitri et les autres personnes qui vont venir, c'est vraiment ça l'ambition de montrer aux gens en fait un big manager, c'est pas un mot galvaudé.
- Speaker #1
voilà tu vois il faut remettre de redonner de la valeur au terme.
- Speaker #0
Voilà. Et donc, ta mission, c'est de redonner de la valeur au terme Big Manager, mais ta définition ?
- Speaker #1
Je crois que je vais un peu suivre ce que Dimitri a dit. Je crois qu'il a bien résumé. C'est quelqu'un qui a des relations et qui fait en sorte que les choses se passent.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Moi, j'avoue, au départ, les gens ont vu ça en moi avant que je le vois en moi-même.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Parce que, on va dire, j'étais, comme je l'ai dit, moi, j'étais focalisé sur faire de l'argent. donc c'était un projet un peu égoïste pour que les artistes viennent je fais mon argent, je monte mon truc mais j'étais pas vraiment en mode comment est-ce que je peux vraiment aider toute la communauté c'est vraiment venu par après et je veux dire même c'est mon côté c'est mon côté croyant vouloir aider mon prochain que je me dis mais en fait tous les artistes que j'enregistre en fait ils galèrent comment est-ce que je peux les aider et même en fait avoir cette mentalité m'a aidé à développer le business de Hot Track encore plus loin en fait. Et j'ai compris en fait que, ah ouais, mais lui je peux l'aider. Et souvent, je me suis rendu compte qu'à un moment, je faisais du consulting gratuit. Tu sais comment une session se passe. On va dire, tu prends 3 heures, finalement, il y a 4 heures ou 4h30, parce qu'on a parlé avec Azaia pendant 1h30, où il te disait ça, Et je me suis rendu compte, à un moment donné, quand ta femme t'attend à la maison, elle dit ouais, mais... Pourquoi t'es rentré une heure plus tard ? Ah ouais mais on parlait, c'était bien tu vois. Mais elle se dit ouais toi tu te chilles, vous entendez on rigolait. Non, en fait tu te rends pas compte que c'est une heure en plus de consulting en fait. Et en fait c'est venu d'elle en disant mais... En fait, tu fais du consulting en fait. Tu dis, ah ouais, c'est vrai en fait. Tu fais du consulting gratuit.
- Speaker #0
Et donc là, maintenant, on valorise.
- Speaker #1
Tu rajoutes le consulting, tu dis, bon, tu sais quoi ? Tu vois, quand je parlais avant là, gratuitement, ben maintenant, en fait, c'est du consulting. Ça s'appelle du consulting en fait. Et tu construis ton business, tu vois, petit à petit. Et après, tu te rends compte qu'en fait, il y a ça, Bon, il faut organiser, il faut manager. Et tu deviens un big manager. Et en fait, le truc, c'est que pour moi, je suis devenu un big manager quand j'ai voulu Vraiment créer cette industrie, enfin aider à la construction de cette industrie belge. Et de me dire, ok, maintenant que je fais mon argent, ou que je suis stable dans ce truc-là, comment est-ce que je peux aider d'autres personnes ? Et mon premier big manager, c'était de... Aider les ingé-sons à reproduire ce que j'ai fait. Donc moi aujourd'hui ma plus grande fierté c'est de voir que Don Moja a son studio, de voir que Dolpha a son studio, que Franck a son studio, j'ai un autre petit qui s'appelle Arthur qui a son studio, et en fait que c'est toutes ces petites personnes là, elles viennent de chez moi, elles ont appris le game chez moi, ils ont vu les trucs, ils ont vu ce que je faisais de bien, ils ont vu ce que je faisais de mal, ils ont amélioré le modèle et ils sont partis, et aujourd'hui ils gèrent, ils ont tous leurs trucs. Ils sont vraiment ma plus grande fierté.
- Speaker #0
ok
- Speaker #1
et j'espère en fait qu'eux aussi reproduisent qu'eux reproduisent et tu vois ce qu'il fait un père ce sont ses enfants tu vois la force de ton éducation quand tu vois en fait les résultats avec tes enfants magnifique belle quelle conclusion non en
- Speaker #0
tout cas merci à toi Zaya et à très bientôt vas-y merci yes à Zaya dans Big Manager merci à tous d'avoir suivi cet épisode. Merci à Slice, encore une fois, pour mettre à disposition ce magnifique studio. Rendez-vous pour le prochain épisode avec Mike Tosh, un autre Big Manager qu'on mettra en avant. Abonnez-vous, partagez. Merci à tous. BigManager.podcast sur tous les réseaux. Big Manager, pour vous, par vous, ensemble.