- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue sur Big Manager, toujours avec votre gars Fox, a.k.a. your manager's manager. Aujourd'hui, le Big Manager mis en avance, c'est Dimitri Boré. Je ne pouvais pas faire sans lui. Bien entendu, on va parler de sa période avec Stromae, sa période avec Notet, la dynamique entre artistes, le rôle d'un manager, quelles sont les qualités d'un manager, tout ça. Donc voilà, en tout cas, merci à tous. N'oubliez pas de vous abonner. bigmanager.podcast sur tous les réseaux. Voilà. Bon, Dimitri, comment vas-tu ? Bienvenue, bienvenue, big manager. Ah, no flop, n'est-ce pas ? Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Je vais très très bien.
- Speaker #0
Bien. Déjà, présente-toi un peu pour les personnes qui ne te connaissent pas. Ouf !
- Speaker #1
Je suis un entrepreneur belge. Ça fait 17 ans que je suis dans le milieu du divertissement.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je connecte, j'essaye de... connecter, je transforme des talents bruts en icônes. J'en ai un qui a été... qui a pas mal marché. Même plusieurs, en fait.
- Speaker #0
Ouais, ça va, en fait.
- Speaker #1
Et voilà, je suis un peu un espèce de... de bâtisseur.
- Speaker #0
Est-ce que tu te définirais comme un big manager ?
- Speaker #1
Je pense, oui. Je suis un peu la définition.
- Speaker #0
C'est ça, ta définition. Tu représentes l'illustration de big manager ?
- Speaker #1
Dans la pure définition, oui.
- Speaker #0
Et à quel moment tu te dis en fait, je vais devenir manager, je vais me lancer dans le management ?
- Speaker #1
C'était en 2007. Je suis chasseur de tête en IT.
- Speaker #0
Ok, donc rien à voir.
- Speaker #1
J'ai 20 pieds, j'ai... J'excelle parce que j'ai toujours fait des records pour tout ce que je faisais.
- Speaker #0
N'est-ce pas ?
- Speaker #1
Je gagnais quand même bien ma vie. Et j'avais un pote à moi qui s'appelait Paul. Et j'ai été un peu influencé par un mec qui est un peu dans une sauce.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je sais pas, tu vois ce que je veux dire ? Or que ça a été un des modèles à l'époque, tu vois ce que je veux dire ? Il y avait Biggie et il y avait son gars.
- Speaker #0
Ah oui, ok, d'accord.
- Speaker #1
Et donc...
- Speaker #0
Monsieur. Voilà, monsieur, tout à fait. Donc monsieur, là,
- Speaker #1
m'a inspiré. Je vais voir le frérot et je lui dis, mec, j'ai envie de mettre de l'argent sur toi, parce que je crois en toi.
- Speaker #0
Et là, c'est à quelle période ? Il en est où, lui,
- Speaker #1
musicalement ? Il a fait un maxi, il a signé en... en édition chez Tefa et Masta avec Because. Et là, je lui dis, mec, je veux mettre de l'argent sur toi. En fait, à la base, je vais devenir producteur. Et là, directement, mon gars me dit, Dime, vas-y, viens, on apprend le métier ensemble, ça tue, ça défonce. Malgré le fait que j'ai quand même produit le clip d'Alorondance. Mais il me dit, Dime, vas-y, viens, on apprend le métier ensemble. Et donc, j'ai été son agent.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je plaçais ces prods, j'essayais de trouver des dates.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je me suis rendu indispensable. Je suis venu avec cette idée de faire des... En 2007, il y avait le début... 2007-2008, il y avait le début de YouTube.
- Speaker #0
Ouais. Ok, ouais.
- Speaker #1
En gros, je tombe sur un Américain qui s'appelle Ryan Leslie.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Pour moi, l'un des plus grands producteurs. Parce qu'à cette époque-là, tu sais, avec les Suisses, les Timbos, les Scat Stoach, il y avait qui encore qui avait un son ?
- Speaker #0
Les Neptunes ?
- Speaker #1
Les Neptunes, il y avait un son qui était singulier. Ça sortait du lot. Pas comme aujourd'hui où tout le monde sonne un peu pareil.
- Speaker #0
Un peu type beat comme ça, ouais.
- Speaker #1
Et en fait, je le vois et le mec est là, en train, il est en studio là.
- Speaker #0
En costard et il commence à...
- Speaker #1
Et tu te dis, ah putain, merde. Il avait l'air un peu d'un... Bon, c'est un américain, quoi. Ouais. Les mecs ont une audace légendaire, mais des fois aussi c'est un peu...
- Speaker #0
Ça peut paraître ringard si...
- Speaker #1
Après moi on m'avait dit aussi, parce que j'ai des dossiers sur le man, c'est que le mec est vraiment ringard. Le mec, pour le coup, c'est un geek. Le mec a fait Harvard, le mec est très très intelligent, et en fait, il venait beaucoup en Belgique et il venait à l'époque au Mondial, et en fait, pour parler au go, il se cachait des fois derrière les rideaux. le mec était très très maladroit avec l'ego et donc bref le mec, mais bon voilà, génie si tu m'entends shout out to you, t'étais très très fort et en fait il nous a inspiré et donc je montre ça au frérot, il voit le truc et il me dit directement, c'est là où tu vois aussi l'intelligence des grands, c'est qu'il me dit Dim, nous on est pas des américains On est des belges, vas-y viens on tourne ça en autodérision, et vas-y on se fout de notre gueule en fait. Moi tu sais bien, à l'époque j'ai 20 piges, t'y semais yeux verts un peu premier degré, tu vois un peu...
- Speaker #0
T'es pas chaud ?
- Speaker #1
Mais non je suis un peu... bah tu vois moi je suis matrixé par les 15 vies en vrai.
- Speaker #0
Et tu vois,
- Speaker #1
l'autodérision, se foutre de sa gueule. Quand t'as 20 piges comme ça, t'es en pleine puissance, en plein truc, bah voilà moi c'est un concept que je comprenais pas. Et bam, il me dit, vas-y, je me fous de ma gueule, Stromae Maestro, vas-y, tu sais quoi, je suis un espèce de professeur à deux balles, et moi, je prends une cam, et c'est ça qui est beau, et je pense que c'est ça aussi qui a fait le succès, c'est qu'on pensait pas à l'argent. Je pense que ça va être le fil rouge peut-être de ce podcast. C'est qu'il y avait de l'amusement. Il n'y avait pas ce truc « Ah putain, on va faire des sous ! » C'est deux potes. Je bossais dans ma boîte de chasseurs de tête où j'étais flamboyant. Je me dis « Putain, tu sais quoi ? Dès que j'ai fini, je vais voir mon pote à Husingen. Vas-y, on se pose. Vas-y, je te filme. » En fait, je ne sais pas cadrer. Il y a un jeu entre moi et lui. Et si tu vois la première leçon, en fait, il dit je réfléchis, et en fait moi j'explose de rire. Oui, oui, oui, je me souviens. Donc c'est un jeu, tu vois. Et en fait, pour faire le lien d'aujourd'hui, on a fait quelque chose qui était un peu avant-gardiste déjà. On a fait du contenu alternatif. Donc il y avait la musique, là évidemment on voulait montrer que le man, il avait une personnalité, et qu'il savait produire, et on avait fait des choses qui étaient, pour moi... On avance.
- Speaker #0
On avance, ouais. Et donc c'est ça qui, du coup, lui te dit, bon, bah, t'es mon agent.
- Speaker #1
Non, c'était mon frère.
- Speaker #0
Ouais, ok, d'accord.
- Speaker #1
Mon frère. Donc à un moment, en fait, t'es son frangin. Enfin, si vous voulez vraiment rigoler, il y a le clip Buzz des mains.
- Speaker #0
Ah oui, je l'ai vu.
- Speaker #1
Et il y a le clip aussi Minimally Style où... Où tu danses. Et je pense que ça a été ça, un de mes problèmes, c'est que j'ai toujours voulu tout faire.
- Speaker #0
Ouais. On va en revenir là-dessus.
- Speaker #1
Donc agent, producteur, danseur, vidéaste. Tu vois, donc je me suis toujours pris un peu pour Steven Spielberg. Et puis je pense que je suis... Il y a quoi comme vrai danseur là ? Tight Eyes à l'époque, Crump, tu vois. Donc j'ai toujours voulu faire... Enfin voilà, j'ai toujours été transcendé un peu par ma culture, qui est la culture hip-hop.
- Speaker #0
Donc oui, alors là, vous commencez les leçons. C'est ça. Et fondamentalement, à part ça, qu'est-ce que tu essayes de...
- Speaker #1
J'essaie de placer ses prods.
- Speaker #0
Même s'il est signé chez...
- Speaker #1
Après, il a fait quand même Kerry, il a fait Angoun, il a fait quoi encore ? Moi, majoritairement, Kerry et Angoun. et Mélissa M qui ont été des vrais succès. Et donc moi j'essaie d'envoyer ça à des rappeurs, j'essaie de trouver des dates. Et donc c'est comme ça qu'on commence. Et puis à l'époque aussi il était stagiaire chez NRJ. Et je pense que c'est aussi une de mes qualités, c'est que... Je pense qu'un bon manager, c'est quelqu'un qui fédère autour de lui. Après, évidemment, c'était parfait parce que t'as un mec qui est bienveillant, qui est intelligent. Chaque fois, là où il va, les gens l'adoraient, en fait. Et donc lui, à cette époque-là, il fait... On lui demande... Donc il a un gestion là-bas, on lui demande de faire... Il y a un mec qui s'appelle Guillaume Play. Il y a un gros animateur qui a une émission qui s'appelle Legend. Il lui demande de faire un morceau parodique. Il écrit tout, il fait toute la prod, machin, machin. Et en fait, petit à petit, on rentre un peu dans... Dans l'intimité un peu de la radio, le programmateur, et puis t'avais une super émission qui s'appelait Energy Mashup.
- Speaker #0
Ouais, avec Pssar.
- Speaker #1
Il y avait Pssar, qui était quand même instrumental au début. Et puis il y avait une nana qui s'appelait Julie. On voit passer DJ Snake à ses débuts, on voit passer plein plein de DJ. Et la force des DJ aussi, on en parlera peut-être un peu plus tard, mais les DJ c'est aussi un canot de diffusion. qu'il ne faut pas négliger. En tout cas, pour nous, ça a été detrimental. Comment tu pourrais dire ? Il y a eu un avant et un après. Il y a un DJ qui est parti de Belgique, qui est parti au Portugal, et puis il l'a ramené en Allemagne. Le morceau rentre dans le top 50 viral allemand, et il se passe quelque chose.
- Speaker #0
Et donc là, tu parles d'Aleur on danse.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc, période d'énergie, vous lancez Aleur on danse.
- Speaker #1
D'abord, on sort Ops en Lise.
- Speaker #0
Ah oui, Là aussi,
- Speaker #1
il faut que vous voyez un peu, parce que, comme je vous ai dit, j'ai des talents de danseur, mais après j'ai des talents d'acteur. Donc voilà, là je fais l'acting.
- Speaker #0
Ah là c'est l'acting.
- Speaker #1
Il faut me voir un peu dans les escaliers avec un petit chapeau. C'était les années... Vous êtes allé presque 2010, mais tu vois, petit chapeau, donc voilà, vous pouvez aller me faire un petit commentaire sur le clip d'Obsanlise, donc je fais de l'acting aussi dans le clip. Donc Obsanlise passe, mais ça teste pas de ouf, et après on sort à l'Ordre de Danse. Et là en fait, à l'Ordre de Danse, nous on n'a pas de structure, donc on lance à l'époque un truc qui s'appelle We Are Music par la Smart, une espèce de société de portage, parce qu'on n'avait pas vraiment encore lancé une société, parce que j'avais besoin d'un numéro TVA, et en fait je retrouve... par le biais d'un de mes mentors, parce qu'il a aidé à monter ma première société, qui s'appelle Dimitri Borez-Perel, qui s'appelle Stéphane Moriot.
- Speaker #0
Ah oui, de CTM Publisher, un éditeur belge.
- Speaker #1
C'est ça. Et donc, il me met en contact avec un... À l'époque, c'était sur iTunes.
- Speaker #0
Ok, voilà.
- Speaker #1
Et donc, il me met en contact, on monte la boîte, machin, machin, et donc, t'as le morceau à l'orondance, en fait, qui... Je sais pas si tu connais le mot serrantipité.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
La serrantipité, c'est les inventions qui n'ont pas été faites exprès.
- Speaker #0
Ah oui, ok.
- Speaker #1
Tu vois par exemple Edison, enfin toutes les plus grandes inventions du monde entier, elles n'ont pas été faites parce que « Ah, je vais inventer les téléphones ! » « Je vais inventer l'avion ! » Non, ils ont... Il s'est passé quelque chose et puis par itération, boum, il se passe quelque chose. Les planètes s'alignent, boum, ah, ampoule, banini, truc, voilà.
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Ouais, ouais.
- Speaker #0
Et donc, je suis... Non, c'est bien, c'est bien, c'est important, oui, non.
- Speaker #1
des grands mots et tout ça c'est bien il faut éduquer et donc là vous avez sorti on sort en danse ils testent bien et en fait on crée une frustration c'est à dire que le morceau est joué 7 fois à 14 fois par jour sur NRJ mais le morceau n'est pas disponible mais c'est en mode comme aujourd'hui t'as des mecs comme Playboy Carty ils te sortent des morceaux sur Instagram en mode snippet tiens je te donne un Et c'est ça qui est... Bon, après, on peut tout justifier, mais je trouve qu'on ne l'a pas fait exprès. Mais le morceau était joué sur l'une des plus grosses radios belges, mais le morceau n'était pas...
- Speaker #0
Ça a pris combien de temps ?
- Speaker #1
Ça a pris un mois. Le temps qu'on met tout ça en place, et donc le morceau prend, et puis bam, on sort le morceau disponible, et là, on devient numéro un pendant cinq semaines.
- Speaker #0
En Belgique.
- Speaker #1
En Belgique.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Francophone.
- Speaker #0
Francophone, ouais, ouais. C'est bien le principe.
- Speaker #1
Ça veut dire que t'as le mec, qui s'appelle Sam je crois, qui appelle, qui appelle qui ? Qui appelle je crois Stéphane Moriot, parce que Stéphane Moriot il a un siège à la Sabam, qui dit est-ce que t'es sûr de ces gars-là ? Ils sont numéro 1, mais entre le numéro 1 et le numéro 2, il y a un énorme gap, on n'a jamais vu ça.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Donc, enfin voilà c'était fou. Et après ben voilà on devient numéro 1 sans machine. C'est ça qui est beau. Il faut toujours avoir du leverage.
- Speaker #0
Toujours.
- Speaker #1
Toujours avoir du leverage. Ça veut dire qu'on a créé nos trucs de manière comme des artisans, où il n'y avait pas de calcul. Je pense qu'on y reviendra peut-être un peu plus tard. Mais en fait, il faut garder ce truc d'enfant. Ce truc où...
- Speaker #0
Cette spontanéité, cette envie de juste créer. Et après, si tu le fais bien...
- Speaker #1
De laboratoire.
- Speaker #0
Ça va venir.
- Speaker #1
De laboratoire, en fait. On teste des choses, on fait les choses par itération. Et je pense que mes plus grands succès ont été faits comme ça.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Et donc, ça commence en Belgique et puis ça...
- Speaker #1
Ça prend en Allemagne, ça prend dans tous les pays européens. Évidemment, là, t'as toute la France qui veut nous signer.
- Speaker #0
Et comment vous le vivez, vous, en soi, quand ça commence à prendre ? Toi, comment tu le vis ?
- Speaker #1
Moi, je le vis bien.
- Speaker #0
Et quand... Je suppose qu'à ce moment-là, il y a tout le monde qui vous appelle, il y a les labels en Europe, et tout, et tout. Et toi, enfin, on va dire d'abord toi, et puis après vous deux, comment vous décidez avec quel partenaire vous allez travailler ? Parce qu'au final, à ce moment-là, c'est une question de choix. C'est genre, l'Allemagne vous veut, la France vous veut, en France, il y a multiples labels.
- Speaker #1
C'était la personnalité, le discours ?
- Speaker #0
Et pourquoi lui ?
- Speaker #1
C'était un mec qui s'appelait Romain Billards, j'ai parlé à Romain Billards parce qu'il a été très important pour moi, parce qu'il m'a mentoré,
- Speaker #0
parce que je suis un chasseur de tête,
- Speaker #1
je suis un sales, mais voilà j'ai appris le métier avec lui aussi, et son discours était le plus pertinent, parce que j'avais eu des propositions aussi où les gens voulaient le signer que sur le single, et donc là on est arrivé en disant les mecs nous on veut pas être en contrat d'artiste, on veut être en... en licence à l'époque. C'était le meilleur contrat à l'époque. Vous vous occupez de la promo et du marketing et nous, on s'occupe de la matière première.
- Speaker #0
Lui était le seul qui était réellement...
- Speaker #1
En licence, tu n'as pas normalement cette aide. La musique, c'est toi qui l'as fait. Tu as Universal qui nous donne la possibilité d'avoir un mec qui avait fait Face, qui avait fait Ayo, qui avait fait des grandes choses dans la musique. Et tu as un mec qui arrive à mettre des mots. Parce que moi, je suis quelqu'un de très instinctif. Malheureusement.
- Speaker #0
Pas forcément malheureusement.
- Speaker #1
C'est un instinct, tu vois, je suis un surfeur en fait.
- Speaker #0
Ouais, mais c'est pas une mauvaise chose.
- Speaker #1
Bah je sais pas, j'ai pas fait...
- Speaker #0
Quand t'as un instinct, t'arrives toujours à un moment à rebondir sur tes pattes. C'est parfois plus difficile, mais si tu fais de manière trop scolaire, il suffit que ça sorte un peu des carcans, t'es perdu. Quand t'as l'instinct, t'as une... Et en plus, on va le voir du coup avec la carrière, c'est que t'as la faculté de rebondir. Donc moi... personnellement, je ne trouve pas forcément ça quelque chose de négatif. Il faut peut-être un équilibre, parce que peut-être que tu es très ou trop instinctif, mais avoir l'instinct, pour moi, n'est pas une mauvaise chose, et surtout dans le monde créatif. Ça, c'est mon avis. Mon opinion, c'est qu'il faut avoir de l'instinct, parce que si tu n'en as pas, déjà, tu ne sais pas comment détecter un talent, tu ne sais pas comment rebondir. Ça veut dire que très certainement, vous auriez peut-être fait un mauvais choix. pour la première signature, tu vois, parce que tu te dis, vas-y, on va te signer pour un single, on te donne un grand truc, et puis après, une fois que tu veux aller faire la suite, oui, mais bon, potentiellement. Après aussi,
- Speaker #1
il faut dire la vérité, il faut dire la vérité aux spectateurs. On a eu la meilleure offre aussi.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Évidemment, les personnes, mais voilà, ils nous ont respecté aussi par rapport au projet. Et ce qui était fort aussi à l'époque, c'est qu'on avait réussi à avoir un flat.
- Speaker #0
Ah oui, ok, ouais.
- Speaker #1
Donc moi, en fait, les huit premières leçons, c'est moi qui filme.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
J'avais réussi, on avait réussi à valoriser ça. On a eu un super deal.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Et ça c'était pour un album ?
- Speaker #1
C'était pour un album plus une option. C'était un deal court, magnifique. Magnifique.
- Speaker #0
Et du coup, alors on se prend, vous signez, vous commencez à travailler sur l'album.
- Speaker #1
On a été un peu vite je pense sur le projet.
- Speaker #0
Parce qu'il y a eu combien de temps ? L'album il a été fait en combien de temps plus ou moins ?
- Speaker #1
Il a été vite quand même, parce qu'on a sorti je crois Cheese en 2010. Je sais pas si tu sais regarder Fact Checker ça, mais je crois qu'on a eu six mois. On a dû enchaîner quand même.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Entre la signature et la remise des masters, je crois qu'il y a eu six ou... Oui, il faudrait...
- Speaker #0
Et ça, c'était une volonté à vous de se dire, OK, il ne faut pas perdre le fil. Ou c'est... On vous dit, maintenant qu'on vous a payé, c'est bien à travailler. Pour moi,
- Speaker #1
c'est logique. Tu as un énorme morceau qui tourne depuis un an. Vas-y, en fait, envoie.
- Speaker #0
Et là...
- Speaker #1
C'est important, c'est une de mes convictions, c'est qu'il faut mettre de la tension. Il faut qu'il y ait du rythme, du tempo. Moi j'aime bien ça.
- Speaker #0
Et à ce moment-là, tu continues à travailler comme chasseur de tête ? J'arrête.
- Speaker #1
C'est la crise des subrimes en 2008, tout se pète la gueule. C'est marrant comment la vie... La crise des subrimes arrive en 2008. Et moi, en fait, t'as Alorondance qui pète !
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc je suis un petit peu au chôme dû.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et après, ça se lance rapidement avec Alorondance, et on fait toute une première partie où on fait beaucoup de showcase.
- Speaker #0
Ok. En Europe ?
- Speaker #1
En Europe, je sais pas, on a été à Dubaï, on a été dans l'Europe intérieure, l'Eurasie.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
On a fait... On a fait tous les pays européens, on a fait un peu d'Afrique aussi, l'Afrique du Nord. Donc on voyage, c'est un truc de fou, on amène notre ami Jean-Michel partout, on fait un petit docu aussi. Ah,
- Speaker #0
la chip team !
- Speaker #1
On a encore été un peu visionnaire là-dessus.
- Speaker #0
Ouais, d'ailleurs c'est vrai que pendant longtemps j'attendais ce qu'il y avait.
- Speaker #1
On a fait la chip team, donc le manager a deux balles, l'artiste a deux balles et le caméraman a deux balles, je vous invite à aller voir. Ouais,
- Speaker #0
qui était très drôle, d'ailleurs à un moment on attendait le deuxième épisode.
- Speaker #1
Il y a toujours eu cette envie de documenter, parce que je trouve ça aussi important aujourd'hui, de documenter tout ce que tu fais. Et d'avoir des archives. Et donc il a été toujours très très fort à vouloir...
- Speaker #0
C'est son initiative de vouloir...
- Speaker #1
La chip team, c'était son truc. Et donc là, tu vois nos conneries, on n'arrive pas à se lever. Surtout lui, parce qu'il est grand dormeur. Mais donc voilà, bref.
- Speaker #0
Donc, Cheese sort. Clairement, c'est à l'horondance qu'ils portent l'album, mais l'album n'est pas forcément...
- Speaker #1
C'est un demi-flop.
- Speaker #0
Ouais. Et comment est-ce que...
- Speaker #1
Je crois qu'ils avaient mis 30 000 à l'époque, on faisait... Quand t'avais des gros singles comme ça, on appelait ça une mise en place. Donc à la FNAC et dans tous les retailers en France. Et on avait mis 30 000 albums. Donc ça te permet d'être mis en avant dès que t'arrives, au carrefour. On avait une grosse mise en place. Et là-dessus, en fait, on vend 5 000 albums. 5 ou 6 000 albums la première semaine.
- Speaker #0
Et selon toi, c'est quoi ?
- Speaker #1
Tequero, qui était le deuxième single, n'avait pas pris. Il avait une version de Tequero Qui était beaucoup plus Mainstream Mais moins compliquée Je ne sais pas si tu t'entends dans Tequero Il y a une espèce de grosse basse On n'a pas eu le deuxième single Qui a suivi Vraiment ce qui a tenu L'album c'était la rondance Donc moi en fin de course
- Speaker #0
On en vend 30 000 En deux ans En deux ans Ouais
- Speaker #1
Sur un single qui a été un énorme tube mondial. On fait des featuring après avec Kanye West. Ce qui était fou aussi, c'était qu'on était à Montréal. Parce qu'on a voyagé dans le monde entier. Et en fait, on avait écrit les noms avec lesquels on avait envie de faire un featuring.
- Speaker #0
Ouais, bucket list.
- Speaker #1
Et on avait mis Kanye West en premier. À l'époque, Childish Gambino, c'était très très fort. On avait mis Madonna, à l'époque il y avait Black Eyed Peas. Et en fait, tous ces gens-là, on les a rencontrés, on a fait quelque chose avec eux. Donc ça tue des fois aussi la manifestation.
- Speaker #0
C'est important.
- Speaker #1
Le fait d'écrire des choses sur papier, des fois aussi, ça peut...
- Speaker #0
À partir du moment où tu l'écris, ça existe, donc c'est possible.
- Speaker #1
Et donc toute la liste de Cagné, Amado... Bon, à l'époque, Black Eyed Peas, c'était un énorme truc. On a fait des choses avec tous ces gens.
- Speaker #0
Comment est-ce que... Kanye West a reçu la prod à l'horondance.
- Speaker #1
Après c'est un mec qui est hyper curieux, mais on fait partie d'une grosse entreprise, une grosse multinationale qui s'appelle Universal. Ce qu'il y a aussi, la réalité, c'est qu'on a fait bien tout seul. On a été numéro 1. En Belgique francophone pendant cinq semaines tout seul, mais dès qu'on a mis, dès qu'ils ont appuyé le bouton chez Universal,
- Speaker #0
la grosse machine,
- Speaker #1
en fait on a été numéro un dans 18 pays. Donc il y a eu une force quand même de la maison de disques. Parce qu'évidemment il y a... à ce côté en 2025 ou ah ouais la maison de disques elle fait rien machin machin ou peut-être qu'à mon époque moi en tout cas j'avais des gens de mon DA de mon chef de projet de ma RP j'avais une équipe de 10 personnes qui étaient autour de moi bon après ils avaient plusieurs projets et c'était mon travail d'être gentil de les relancer de faire en sorte que ça avance et j'ai eu une super équipe le travail d'équipe a été important c'est pas juste faut arrêter de mystifier juste l'artiste il y avait à la fin sur la sortie d'Alorondance Bah si tu comptes tous les pays d'Universal, il y avait peut-être 300 personnes qui étaient derrière.
- Speaker #0
Ouais, qui ont travaillé le projet.
- Speaker #1
Il y avait le mec au Portugal, il y avait le mec en Espagne, il y avait le mec en Italie, il y avait le mec en Hollande, il y avait le mec en Suède. Et voilà, et en fait c'est tous des gens qui ont parlé de Paul. Et c'est ça qui a fait la différence. Ça a été le travail d'équipe, on a réussi à fédérer. Et donc évidemment quand t'as tous ces pays qui prennent, bah évidemment tu viens aux Etats-Unis, tu dis go, hey come on. Hey Lucien, monte, hey monte, what's up ? what's up tu vois ce que je veux dire we got this banger in Europe what do we do et bam t'as Dave Jam qui nous propose Cagné Cagné tombe amoureux du truc parce que c'était le mec qui était le plus en avance clairement il y avait Kid Cudi mais il s'imprégnait aussi de Kid Cudi tu te rappelles le morceau Day and Night tu vois 2010 c'était le moment où l'électro et le rap ça avait du sens qui pose dessus voilà
- Speaker #0
ça avait du sens et l'émotion
- Speaker #1
On était à Montréal.
- Speaker #0
Il y a une vidéo en plus, je pense, que vous faites écouter.
- Speaker #1
On était à Montréal et on était trop contents. Après, ce que j'aurais kiffé, c'est de faire le clip, mais on n'a pas pu le faire. Ce n'était pas possible, mais en tout cas, c'était un des premiers grands moments de ma carrière.
- Speaker #0
Ok. Et à ce moment-là, la fin d'exploitation de Cheese.
- Speaker #1
On part en tournée pendant un an et demi. Je crois qu'il fait 150 dates.
- Speaker #0
Vous revenez à Bruxelles ?
- Speaker #1
Après, il faut parler aussi de la tournée.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est qu'on était quand même vu comme un one-hit wonder. A l'époque, il y avait les...
- Speaker #0
Surtout s'il n'y a qu'Alorondance qui prend et que l'album ne vend pas.
- Speaker #1
C'était pas gagné d'avance. Il y avait les Helmut Fritz, il y avait... Pour ma petite bourgeoisie, je prends du champagne. C'est un vrai son. Mais tu vois, on était dans ces trucs-là. On aurait pu dire que c'est un projet marketing. Mais on s'est greffé à rencontrer des gens hyper capables. et compétent chez Augury, qui était un peu le partenaire un peu cool, chanson, et donc on a fait le bon choix de bosser avec eux. Après, je ne vais pas prendre tous les lauriers, mais après, on a fait un super show. Il était en première des Transmusicales de Rennes, et il a proposé quelque chose de singulier.
- Speaker #0
Et juste, par exemple, Augury, c'est... Pour quelles raisons travailler avec eux ? Parce que moi en fait ce qui m'intéresse aussi c'est, voilà, vous êtes dans une position...
- Speaker #1
On pouvait pas être producteur de spectacle.
- Speaker #0
Ok, mais donc ce sont les seuls qui sont présentés ? Ah non, tout le monde, tout le monde ! Mais du coup, encore, genre, eux c'est parce que c'était un peu... Le pitch ?
- Speaker #1
Là c'était pas forcément l'étal, c'était le pitch. Et puis, moi j'écoutais quand même pas mal de gens, et on va remettre à César ce qui était à César, t'as Pascal Ney qui me dit, Dimitri, va avec O'Gurie.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ils avaient une aura,
- Speaker #0
tu vois ? Et selon toi, c'est quoi un bon...
- Speaker #1
Tu vois, on était dans ce truc très électro, one hit wonder, truc qui peut passer. Et en fait, on bosse avec des mecs qui sont dans la chanson, qui font les plus grands chanteurs de l'époque et qui ont une aura et qui ont ce truc en plus.
- Speaker #0
Et c'est quoi pour toi un bon... Un bon producteur de spectacle, un bon... C'est quoi qui, selon toi, tu dis, ouais, c'est avec eux ? que je vais travailler au-delà de leur CV, tu vois, mais genre, pour toi, c'est quoi les caractéristiques ?
- Speaker #1
Après, c'est l'humain, tu vois, parce qu'après, derrière Universal, Warner, Sony, en vérité, les gens qui font la différence, en fait, le facteur différenciant, c'est les humains. Donc, peut-être que, voilà, on est tombé sur Charles, un espèce de pirate breton un peu fou, qui était le boss d'Augury, et puis je tombe sur un mec qui s'appelle Karim Merabet, dont je suis toujours proche aujourd'hui, que je fais d'autres choses. dans tout ce qui est créateur de contenu. Et en fait, le pitch était bon et ils avaient une vision. Et donc, nous, on a un peu des students of the game. Tout ce qu'il nous disait, en fait, avait... Ça faisait écho. Ça faisait écho. Donc je ne sais pas comment t'expliquer ça. Voilà, on était à deux. Bam, bam, bam. Dime, qu'est-ce que t'en penses ? Ah, lourd, vas-y, viens, on avance. On me dit, Dime, il faut aller avec eux. Et voilà, on avance avec eux.
- Speaker #0
OK. Et donc là, un an et demi sur la route, plus ou moins que ça. Retour à Bruxelles.
- Speaker #1
Ouais, il a été un petit peu... C'est pas humain d'avoir...
- Speaker #0
De vivre ça comme ça.
- Speaker #1
D'avoir autant de gens qui t'acclament tous les soirs, cette énergie, cette... tensions, c'est pas humain. Il y a des choses qui sont pas...
- Speaker #0
Moi, je dis souvent, la condition humaine d'un artiste, fondamentalement, elle est pas normale. Elle est un peu extraordinaire, au-delà de l'ordinaire, dans le sens où...
- Speaker #1
Moi, je ne le comprenais pas,
- Speaker #0
ça. Tu vois, tu écris... Fondamentalement, le but d'un artiste, c'est quoi ? Selon moi, c'est... Il écrit un truc hyper personnel, souvent un trauma, ou alors il va prendre quelque chose de... Voilà, qu'il touche. Et son but, c'est des centaines de milliers de... personnes le chantent. Donc, imaginons, toi, tu prends un morceau, tu prends, par exemple, Papa Outey, par exemple, il raconte sa vie, et en fait, in fine, son but, c'est que 100 000 personnes le chantent devant lui, quoi, tu vois. Et déjà, ça, c'est une condition humaine assez particulière, et si maintenant t'as ça, t'as... tu as cette ambition. Mais après, maintenant, de là, quand tu le reçois, c'est encore différent. Tu vas pouvoir prendre le temps de traiter ça. Toi, par exemple, vous faites vos premières vidéos dans une chambre. Deux ans plus tard, vous faites le tour du monde. Vous rencontrez un nombre incommensurable de personnes. L'argent, ce n'est pas la même chose. Les dynamiques, la manière dont vous percevez le monde et le monde vous perçoit, ce n'est pas la même chose. Vos familles aussi vous voient différemment. Très certainement, entre vous aussi, il y a aussi une dynamique qui peut potentiellement changer. Et tout ça, après, quand tu reviens à Bruxelles... ça peut être aussi comment dire ça a un impact sur l'humain tu vois et donc là à ce moment là est-ce que vous prenez le temps de vous reposer parce que je suis est-ce que vous réalisez ça ?
- Speaker #1
moi après en tant que manager lui il avait besoin de ça parce qu'il venait pendant une heure et demie par show moi je suis moi je suis à la console avec l'ingé son en lui disant parce que j'ai toujours j'aime bien quand ça va fort on met les basses on est capouillé je lui cassais les couilles je lui disais putain vas-y mets plus fort et donc il avait son moment euh Il avait son moment, il y a un morceau qui s'appelle Silence, c'est là où il faisait péter, mais moi j'avais besoin de sentir le truc, donc je faisais chier l'ingé son, mais je ne donnais pas autant d'intensité que lui sur ça. Donc moi, en tant que manager aussi, je veux que... The ice needs to keep on rolling, tu vois ce que je veux dire ? Donc moi, j'avais envie d'enchaîner, rapidement. Et lui, il avait besoin de... Ouais, vas-y, chill.
- Speaker #0
Est-ce que ça te frustrait, toi, parfois ?
- Speaker #1
Je pense, ouais.
- Speaker #0
Ouais ? Parce que je sais que, tu vois, quand t'es pas... Bon maintenant avec le recul je pense que tu le comprends mieux et aussi l'expérience avec différents artistes mais je pense que toi par exemple quand il te dit ouais vas-y je veux faire une pause, toi tu te dis mais non attends viens on continue.
- Speaker #1
J'aime bien taper le fer tant qu'il est chaud quoi, j'aime bien...
- Speaker #0
Et quand il fait sa pause toi tu fais quoi ?
- Speaker #1
Bah je bosse.
- Speaker #0
Sur quoi ?
- Speaker #1
Enfin je bosse, je fais des events.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ouais, je fais des events, je fais une soirée aussi tous les mercredis qui s'appelait la Hype in School, près du Bloody Louis.
- Speaker #0
Et en fait, je lui dis de pull-up, parce qu'il y a le renouveau de la trap. Et il ne faut pas oublier qu'avant, qu'on bifurque un peu dans la pop, on était...
- Speaker #1
À la base, c'était un rappeur.
- Speaker #0
Tout le monde a rappé,
- Speaker #1
n'est-ce pas ?
- Speaker #0
Je dois ce que dire. Donc, on était dans l'hip-hop. Et donc, je reviens un peu à ce que je kiffe. Donc, j'organise des soirées. J'ai une soirée qui fonctionne bien tous les mercredis, qui est un peu un rendez-vous du hip-hop, un peu pour la jeunesse bruxelloise. Il s'appelle la Hip'n'School. Et je le fais venir. C'est quelqu'un qui... Il était à fond sur les César et Evora, il était à fond sur Brel, il était à fond, grâce à son frère, à réécouter des trucs new beat. Moi j'ai toujours eu ce truc dans le groupe d'aller chercher les nouveaux bails. Ah putain, Dim, il connaît les nouveaux sons, il fait des playlists. Tu vois, j'ai toujours eu ce truc.
- Speaker #1
Toi et Rilji, vous étiez les spécialistes pour ça. Voilà,
- Speaker #0
voilà. Plus dans la R&B, mais moi c'était plus dans la trap et les trucs qui cognent, qui ont de l'énergie. Et donc je le fais venir. Je pense que ça a eu un impact sur... sur la création de Racine Carré, quand on fait Humain à l'eau, un morceau comme Carmen, les grosses 808, etc. Il a écouté, et il s'est inspiré pour agréger ou pour mettre ça dans la création de Racine Carré, qui est l'album qui va changer nos vies. Et puis évidemment, il y a le super DA qu'on avait, qui était Romain Billard, ce qui le fait voyager aussi en Afrique. Ça a été important ça, parce que l'Afrique a été quand même... Il a été encore visionnaire, parce qu'à l'époque, c'est quoi les Peace Square, il y a ça.
- Speaker #1
Peace Square et...
- Speaker #0
Mais c'est pas aussi gros que maintenant, c'est pas aussi gros que maintenant, c'est pas aussi mainstream, quand tu regardes le top 10, enfin Théodore, c'est plus les Antilles, le Bouillon, mais voilà, on est l'afro à influencer le monde.
- Speaker #1
Ouais, clairement.
- Speaker #0
Et nous, on est déjà à ça en 2010. On comprend que c'est le turfu.
- Speaker #1
Et vous travaillez toujours du coup avec Romain. donc ça veut dire que vous activez l'option ouais et donc tiens d'ailleurs toi qui justement tu viens de dire, toi tu recherches toujours la trappe, tout ça, les nouveautés mais comment est-ce que toi justement c'est ce que t'aimes, la trappe mais tu travailles avec un artiste qui n'est pas forcément en tout cas dans ses influences oui mais c'est pas le produit qu'il donne c'est pas la musique qu'il donne et et... Comment est-ce que tu... Est-ce que ça te frustre déjà ?
- Speaker #0
Je pense.
- Speaker #1
Ouais ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et...
- Speaker #0
Je vais chercher, ouais, je vais chercher.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et à ce moment-là, en 2014, moi je tombe... Enfin, j'ai un coup de cœur pour un mec qui s'appelle Hamza.
- Speaker #1
Ok. Donc ça veut dire que toi, entre... Juste pour revenir deux secondes, donc ça veut dire que vous commencez à bosser sur Racine Carrée ? Ouais. Mais en parallèle, tu dis, bon, je vais quand même essayer de chercher mon bonheur musical, personnel, sur d'autres projets.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
t'en as parlé avec lui à ce moment là ou c'est juste toi tu te dis de mon côté je fais j'ai fait de mon côté j'ai fait de mon côté on remonte un peu plus dans le temps parce que Racine Carrée on le sort en 2013 après pour le coup faut pas oublier que Dans les médias, Stromae, c'est Stromae, ok, cool, sympa, machin, machin, mais il n'est pas encore légitime, quoi. C'est pas l'icône qu'il est aujourd'hui. Donc le morceau, Papa Outey rentre sur Énergie France, mais il teste pas de ouf. Les radios, en fait, ils font des tests toutes les semaines, ils font des sondages, pour voir si le morceau plaît ou pas. Parce que de toute façon, eux, derrière, c'est... Ils veulent avoir les trucs d'annonceurs. Ils doivent jouer des hits parce qu'ils veulent garder le plus d'audience possible. Il faut que ça corrèle. On ne va pas mettre un son qui pue la merde. Frère, on va te nexter. Ils ont un système chez eux qui teste et ça ne teste pas de ouf. Là-dessus, c'est la Maison de Disque qui a trouvé ça. Il y a un mec qui s'appelle Didier Varro, qui est patron, programmateur chez France Inter, qui kiffe de formidable. Il voit qu'il se passe un truc. Il nous dit, vas-y, Il y a peut-être une possibilité de le faire rentrer en programmation. Après, France Inter, ils jouent deux fois ton morceau par jour. C'est une chaîne d'infos. Or que Energy, c'est un truc où tu peux te jouer 14 fois par jour, et donc on te matraque. C'est là où tu fais vraiment des hits. Et donc on se dit, vas-y, tu sais quoi ? On va faire un truc, on va faire une leçon. Et en plus de ça, on a une émission sur France 3 qui s'appelle « Ce soir ou jamais » avec un mec qui s'appelle Taddy. Et en gros, en fait, on fait une leçon et on va à Louise. Il a eu un call important avec son grand frère Dati, parce qu'on se prenait la tête, quoi. Il y avait ce côté un peu caméra cachée. Enfin, c'était quand même fou,
- Speaker #1
quand même.
- Speaker #0
On a joué sur des triggers de... de la nature humaine. L'humain aime le sang. L'humain aime le... On est un peu voyeur.
- Speaker #1
C'est dans l'ADN de l'humain, je pense.
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ? Il y a des grands réalisateurs comme Nolan, David Fincher, ils comprennent ça. C'est pour ça que j'ai toujours été un peu interloqué ou intrigué par les grands films. Ils arrivent à toucher l'espèce d'instinct animal. Donc on a réussi à faire ce truc-là, qui était quand même un truc qui n'avait jamais été fait. Et il a joué le jeu, et donc moi je tourne avec ma voiture autour du...
- Speaker #1
C'est l'idée de qui d'ailleurs du coup ?
- Speaker #0
Bah là on voit un mec qui s'appelle Jérôme, et voilà c'est une idée de... Un peu, ouais, un peu de... Ouais, de... Brainstorming on va dire. Ouais, de brainstorm, et on pourrait pas dire de qui est l'idée, mais en tout cas c'est un brainstorm de l'équipe avec l'équipe de Real. Et voilà, ils mettent une caméra au quick, il y a des cyclistes, enfin voilà on joue le jeu, il y a des mecs qui sortent leur téléphone pour...
- Speaker #1
Je m'en souviens,
- Speaker #0
ouais. jouer le jeu, il y a les flics qui arrivent, donc magnifique séquence incroyable, le jeu, le mec, le flic hyper bienveillant, et là-dessus, en fait, on pense que ça va prendre tout seul. Parce que c'est bien, les gens veulent du film. Moi, je pense que les gens qui sont là, comme des ânes, je sais pas si vous connaissez Black Mirror, je vous invite à aller voir Black Mirror aussi, c'est que voilà, on a des figurants qui jouent le jeu et qui font semblant de filmer. Et donc, bêtement, les gens, comme des moutons, ils filment aussi. Donc moi je pensais que ça allait partir comme une poussière de... Termes simples ! Et donc je pensais que ça allait partir de manière organique, et en fait on attend un jour, un jour et demi, et il se passe rien. Et donc là moi j'appelle un pote à moi qui s'appelle Yacine, je lui dis vas-y est-ce que t'as une go, est-ce que t'as une go que je ne connais pas, et qui pourrait en fait poster sa vidéo sur Youtube. Alors toi Youtube ça a quand même été un...
- Speaker #1
Ouais, important.
- Speaker #0
un outil important un médium important pour nous une plateforme qui a été hyper importante et donc moi c'est moi-même qui fais pour elle je mets Stromae bourrée à Louise et là-dessus je mets les infos de la meuf c'était une coiffeuse et là-dessus on la briefe on lui dit si les gens t'appellent tu bluffes tu dis oui il était pas bien machin machin et donc évidemment les journalistes sont tombés dans le panneau on arrive à créer un peu une espèce de traction de momentum Le journaliste de Sudinfo appelle la coiffeuse, que je ne connais pas, et qui dit « oui, il n'était pas bien, machin, machin » . Boum, c'est relayé dans la presse un peu sensationnaliste. À l'époque, il y avait les closers, tout ça. Et donc ça, ça prend, et puis ça monte au niveau du parisien, du soir. Et en fait, il y a un effet domino. Et puis le lendemain, il y a deux, trois jours, le samedi, On passe chez Tadei, ce soir ou jamais, il fait sa prestation parce que c'est un...
- Speaker #1
Un grand acteur.
- Speaker #0
C'est un interprète de la mentale. Les gens bêtes comme ils sont, c'est la bêtise quand même. Oh putain, il est pas bien !
- Speaker #1
Ouais, il est encore bourré.
- Speaker #0
Il est encore bourré ! Mais ça tue ! C'est incroyable comment les planètes s'alignent. Oh putain ! C'est des bêtes vraiment ! Oh putain ! Et donc ça fonctionne. Les gens sont interloqués, il se passe un truc, quand tu regardes l'émission, tu vois que les gens ils savent pas en fait, il y a un malaise et tout, c'est trop fort frère, c'est trop fort. Et le dimanche à l'époque, Jean-Marc Morandini c'était un truc qui était big, et lui il achève le truc, et donc là c'est encore, ça repart dans tous les sens, le truc est au max quoi, pété ! Et puis le lundi, on lance la leçon. Et là, en fait, c'est le coup de maître, c'est le coup de massue. Et là, formidable numéro 1, papa où t'es numéro 2, papa numéro 2, numéro 1, tous les mêmes. Et en fait, en l'espace de 3-4 mois, on a 3 numéros 1. qui s'enchaînent et là c'est parti 60 000 albums la première semaine et là c'est tu vois c'est parti c'est le prime time on remplit des arènes enfin tu vois c'est fait à l'avance on aurait pu on aurait pu remplir deux trois fois le stade Robaudouin on aurait pu faire le stade de France c'est
- Speaker #1
fou c'est fou ce qui se passe à ce moment là et dans vos têtes c'est moi je vis mon dream ouais
- Speaker #0
Moi je vis mon dream, je suis avec mon pote, on est là comme un imbécile, comme des cons, surtout moi, j'ai un côté un peu bête, et je me dis putain ça défonce, parce qu'on était à deux, après il y a le grand frère, il y a le frère, il y a la famille évidemment, mais là je me retrouve après avec, il y avait 12 semi-remorques, on avait une équipe de 80 personnes.
- Speaker #1
Et comment tu changes, comment tu fais le shift pour gérer tout ça, parce que bon, encore une fois... Il y a quelques années, vous étiez dans votre chambre, et là maintenant, tu as...
- Speaker #0
Il y a des gens compétents qui...
- Speaker #1
Comment est-ce que tu... Est-ce que... Qui s'occupe de... Toi, on va dire que t'as... T'es l'interface entre, on va dire, le noyau dur, donc lui, je pense, Luc, je sais pas, il y a encore qui dans l'écosystème ?
- Speaker #0
Moi je suis l'interface entre la maison de disques et le producteur de spectacles.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Et donc après, c'est toi qui délègue en disant, on te propose avec qui vous voulez travailler, tu dis lui,
- Speaker #0
Ouais mais ils ont toujours besoin d'une confirmation, vas-y qu'est-ce qu'on fait, ah vas-y on fait ça, on fait ça, on fait ça, on fait Coachella, ok, bam On va avec Golden Voice parce que c'est eux qui tiennent Coachella. Ah, il faut qu'on trouve une publiciste qui s'appelle Alexandra Baker, qui est incroyable, qui a fait les plus grands succès aux Etats-Unis. Alexandra Baker, avec laquelle on fait ça au Bassin West. Et tu vois, c'est marrant parce qu'on est partis quoi ? 4, 5, 6 fois aux Etats-Unis en faisant des petites salles. On continue, on fait des salles de 500 personnes, et puis de 1000, et puis de 1500, et puis de 5000, et puis de 20 000. On fait Madison Square Garden. Et puis, tu vois, c'est infini. On remplit toutes les salles où on va.
- Speaker #1
C'est ouf, quand même.
- Speaker #0
En français !
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. En français.
- Speaker #0
C'est dingue.
- Speaker #1
Et là...
- Speaker #0
Là où il a joué le jeu, tu vois, c'est qu'il donnait, quoi. Tu vois, on faisait... Il était sur scène. Il était en interview. Enfin, tu vois, moi, je pense que si... Évidemment, peut-être que tu ne seras pas d'accord, la musique est hyper importante, mais l'humain... Pour moi, c'était un excellent communicant.
- Speaker #1
L'humain est tout aussi important, voire parfois plus important que la musique.
- Speaker #0
Son physique aussi.
- Speaker #1
Il est atypique. Désolé,
- Speaker #0
non, si je...
- Speaker #1
Non, non, il n'y a pas de problème. Mais si tu prends... Toi, après Cheese, il a un petit coup de mou.
- Speaker #0
Un petit coup de mou,
- Speaker #1
oui. Donc là, maintenant, vous êtes reparti, mais encore plus fort. fort, avec Racine Carré. C'est même pas comparable. Mais est-ce que à ce moment-là, toi, tu te remets, en fait, tu te dis attention, avec Cheese, déjà, il avait déjà un petit coup de barre. Est-ce qu'à ce moment-là, tu prends maintenant cette information en considération ou alors, en fait, tête dans le guidon et en fait, on fonce, on fonce, on fonce.
- Speaker #0
Je l'ai pas vu venir. Jusqu'au jour d'aujourd'hui, en fait, je l'ai pas vu venir.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Du coup, ça veut dire que...
- Speaker #0
Ma vie, elle change. Viviel change la brasaville en juin 2015.
- Speaker #1
Donc parce que là, tout s'arrête.
- Speaker #0
Il fait sa première pause, on annule des festivals en été 2015. Il fait son burn-out, il rentre en Belgique. Et ça a été très très dur pour lui, et même pour moi, parce qu'après ce moment qui a été un peu...
- Speaker #1
fatidique ou je sais pas ouais c'était le début de la fin ok parce que là à ce moment là c'est au delà du professionnel c'est même c'est votre relation humaine qui change ok et quand il annule comment est-ce que bon Je sais que le business, c'est important, mais comment est-ce que toi, tu vis cette séparation ? Cet arrêt ? J'étais eu de la déception, et puis de l'énervement.
- Speaker #0
J'étais en colère. Je ne comprenais pas. Après, est-ce que j'ai été un bon ami ? À la base, on est potos. On est frérots. Est-ce qu'on a appris le métier ensemble ? Est-ce que j'ai été là pour lui ? Il en avait besoin ? Donc moi, il y avait un truc où je ne comprenais pas.
- Speaker #1
Est-ce que tu... Tu te poses la question avec du recul en disant, ouais, en fait...
- Speaker #0
Je ne peux pas trop rentrer dans la...
- Speaker #1
L'idée, ce n'est pas ça, mais du coup, c'est toi maintenant...
- Speaker #0
C'est entre vous deux. Il y a des trucs un peu deep, mais... Mais... Ça a été un choc et je pense que je l'ai... Je l'ai mal vécu, et je crois que je le vis encore mal jusqu'au jour d'aujourd'hui, je pense.
- Speaker #1
Ok, ok. Et donc là maintenant... Parce qu'il y a une première annulation, et puis il revient, et puis il annule encore, c'est ça ? Ouais,
- Speaker #0
donc il annule, il se repose pendant 2-3 mois, et puis on repart à l'automne.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
On fait le Rwanda. Ouais.
- Speaker #1
À ce moment-là, déjà humainement, c'est un peu tendu, non ?
- Speaker #0
Ouais, il se passe... Enfin voilà, il n'est pas bien, quoi. Il n'est pas à 100%, et donc il y a eu une cassure. Et voilà, je sais pas, j'ai pas eu la force, je sais pas, mon manque d'humilité, enfin de... C'est compliqué en fait, entre deux frères, il y a eu un truc, des choses qui se sont dites, et on a jamais vraiment pu en parler.
- Speaker #1
Ok, et donc, ça se termine, toi, à ce moment-là... À quoi tu penses ? Parce que tout à l'heure tu disais que tu commençais petit à petit à regarder...
- Speaker #0
En parallèle, j'avais des vues sur Hamza, j'avais proposé mon avocat... voulu, mais moi à l'époque, les éditions, je l'ai appris bien plus tard dans mon cursus, c'est que je propose avec mon argent propre d'être éditeur de compos. Et tu vois, sur des mecs comme Ponko, par exemple, qui était le producteur un peu phare du Negative Clan et de Hamza, je lui propose 3K. Mais de mon argent propre, tu vois, on est en Belgique, voilà, tu vois, vas-y, on fait un contrat, et vas-y, viens, on move ensemble. Et après ça, bah... La plupart des gens en Belgique, ce qu'ils font, c'est qu'ils font des contrats de coédition. Ils s'allient en fait avec des majors ou des gros indépendants. Évidemment, le marché français, ils sont quoi ? 77 millions. Nous, on est 11 millions. Le marché est 7 fois plus grand.
- Speaker #1
L'argent aussi.
- Speaker #0
L'offre que je lui ai faite, il a eu 7 fois plus avec une co-aide, avec quelqu'un d'autre.
- Speaker #1
Mais pourquoi est-ce que par exemple à ce moment-là, tu t'es pas dit, en fait, tu veux pas, alors viens, je te prends et on va chercher... Je crois qu'à ce moment-là, je voulais tout faire tout seul. Ok.
- Speaker #0
Je sais pas, peut-être que j'ai eu ce truc un peu de...
- Speaker #1
Du coup, c'est plus par envie que par, entre guillemets, ignorance du business.
- Speaker #0
Je sais pas si c'est une ignorance, parce que comme c'était pas mes partenaires, et que j'ai toujours bossé avec la prod et le spectacle, c'est vrai que les éditions, comme j'avais pas de pourcentage là-dessus, en fait, je les laissais un peu...
- Speaker #1
T'es un peu négligé.
- Speaker #0
Oui, pour moi, c'est de la négligence, ou en tout cas de l'oubli, quoi. En fait, à ce moment-là, je peux appeler les gens et dire voilà, il y a ça, Mais après, tu vois, c'est négatif clan. Est-ce que vraiment j'aurais pu... Parce que moi, j'aime bien... Je suis un peu partisan de ce truc de... Pas de push, mais de pull. J'aime bien créer du leverage. Et c'est ça que les gens doivent comprendre. C'est qu'il faut que tu aies something on the table. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Pour les francophones, leverage, c'est un levier. C'est important,
- Speaker #0
tu vois. Pas dire, ah putain, je viens avec mes yeux verts, ah putain, tu es beau gosse. Non, vas-y frère, en fait, il faut que tu signes celui-là. Non, viens. Voilà, bam, il a fait ça, Tu vois, après, c'était le début d'H24, donc il n'avait pas eu la déflagration. Quand le Joe le récupère après, en fait, il y a la déflagration, et donc c'est plus simple. Moi, j'étais avant-gardiste. C'était encore les trucs de la street. La street belge, à l'époque, ça n'allait pas plus loin que Bruxelles.
- Speaker #1
Clairement.
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
On n'est pas dans un truc en France où tout va plus vite. Tu es du 9-1, du 9-2, du 9-3. Il y a déjà... Toute la ville en parle.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et puis après, les villes sont plus grandes. Et voilà.
- Speaker #0
Doucement. Doucement.
- Speaker #1
Et donc là, ça s'arrête.
- Speaker #0
Je fais des soirées dans le side aussi. J'augmente le level. Je fais des trucs au Mirano. J'amène... Comme j'ai toujours voulu avoir ce truc. Parce que c'est ça qui m'anime. C'est le début.
- Speaker #1
Le développement.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, tu vois. C'est ça qui m'anime, en fait. C'est là où tout est possible.
- Speaker #1
C'était sur un jour où tu faisais des choqués, c'est ça ?
- Speaker #0
Parce qu'à la fin, avec Stroh, je disais non à tout.
- Speaker #1
Ah oui, ok, ouais.
- Speaker #0
Bon, après, dans la vie, il faut savoir dire non. Ce que je veux dire, c'est que c'était plus simple. J'étais dans un siège... Voilà et en fait non, tu vois, peut-être que j'ai pu froisser des gens mais c'était ça que je faisais. Et donc voilà, il y avait 200 dates, moi je voulais vivre à Los Angeles à ce moment-là, j'avais un plan, j'avais une idée. Putain vas-y viens on s'installe là, on prend... le temps machin machin moi j'ai un filtre tout le monde parce que je voulais infiltrer tout le monde oui tu rencontres des des luches and green je ne sais pas trop d'universal je le rencontre je rencontre à santa monica las angeles parce que la mode gta tu vois ce que tu as tu es le bannini payer tout ça j'arrive à mon patron bâme en bouse et toi il est petit lucien ok ouais et donc tu as tous les patrons de ces pères de la mafia quoi c'est le parrain frère Je sais même pas comment Drake, Aubrey Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu t'embrouilles avec Lucien ? Pourquoi tu t'embrouilles avec Lucien ?
- Speaker #1
T'en penses quoi, toi ?
- Speaker #0
Après, moi, voilà, j'ai un truc... J'ai un truc particulier avec Drake, tu vois. Le mec, quand même, pendant 15 ans... En fait, moi, j'aime bien les grandes histoires. Tu vois, dans le foot, il y a eu... Nous, notre génération, on a connu l'émergence, ou je sais pas comment tu peux appeler ça, mais on a connu Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, qui sont encore relevant. On a connu ce truc historique. Et donc moi, pour moi, Drake, avoir des prime time aussi long, je l'avais jamais vu. Depuis 15 ans, en fait, il avait des hits chaque année. Moi, j'ai toujours été fasciné par ces histoires-là.
- Speaker #1
Et de là à vouloir...
- Speaker #0
Et donc moi, j'aime pas, à part Good Kid, Mad City, moi je suis...
- Speaker #1
Pourquoi t'es Team Drake ?
- Speaker #0
Enfin, je sais pas si je suis Team Drake, mais je... C'est ma boy, quoi.
- Speaker #1
Mais du coup, c'est... Parce que là, il a encore fait un deuxième procès.
- Speaker #0
Il a fait un lawsuit, ouais. Je comprends pas.
- Speaker #1
Mais bon,
- Speaker #0
comme t'as dit en off, est-ce qu'il y a d'autres choses derrière ? Est-ce qu'il y a un autre partenaire qui dit, Joe, vas-y, casse ton contrat, résilie-le ? T'as eu combien ? 400, merde ?
- Speaker #1
Allez, le double ! On va se le dire,
- Speaker #0
on sait pas. We never know.
- Speaker #1
après il a fait un truc un peu de boomer donc il a pas fait le bon move je trouve pas non plus donc là tu commences à faire tes soirées c'est les soirées où tu fais les choqués c'est ça ?
- Speaker #0
non ça c'est un autre endroit qui s'appelle le Mirano et donc j'amène Damson en premier j'amène Hamza, j'amène Shai j'amène Metro l'époque où il avait fait le morceau Beautiful morning, this morning... Ah oui,
- Speaker #1
de Cagné là.
- Speaker #0
Quel prod de fou. Et donc j'arrive et je remplis le club, 2000 personnes, Bruxelles, Cagny quoi, un américain ! Tu connais ton gars. Et donc je remplis ça, et j'ai toujours voulu avoir ce truc, parce que je fais des soirées depuis que j'ai 16 ans. Et donc, en fait, j'ai toujours voulu créer des écosystèmes.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
J'ai mon bureau à Bruxelles, j'avais, bon après on en parlera peut-être un peu plus tard, j'avais mes studios là au Sablon, et puis, un peu comme les Quinry Atlanta, ils ont leur Strip Club, il y a un moment où t'écoutes ton shit, et t'écoutes ce que tu fais,
- Speaker #1
you know ?
- Speaker #0
Donc moi en fait j'avais créé un peu mon...
- Speaker #1
Ton petit écosystème.
- Speaker #0
Mon petit écosystème.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Excuse-moi, on est parti après.
- Speaker #1
Non, écoute, on est là pour ça. Et du coup, à ce moment-là, tu n'as plus de rentrée d'argent via Astro ?
- Speaker #0
Si. Si ? Quand tu termines avec un artiste, tu as un sunset.
- Speaker #1
Oui, voilà.
- Speaker #0
Tu as un deal qui fait que...
- Speaker #1
Tout ça, c'est important.
- Speaker #0
Pendant X années, tu continues et ça devient dégressif. Et donc voilà, j'ai continué à gagner de l'argent jusqu'à longtemps.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Parce que ça, c'est important. Parce que souvent, les artistes, les managers ne sont pas au courant de ce genre de clauses. Et c'est important quand, par exemple, si tu travailles avec un artiste et tu as beaucoup de données. Par exemple, toi, en l'occurrence, tu étais là au début. Et puis après, ça prend, ça prend. Et puis, pour X raisons, soit tu veux changer d'équipe ou il veut juste arrêter la musique. Toi, derrière, ce n'est pas une rupture nette. C'est important aussi de mettre ce genre de clause. C'est ça, le big manage. Voilà. C'est pour ça qu'on est là.
- Speaker #0
C'est mon contrat. Toujours négocier ton sunset.
- Speaker #1
Exactement. Et là, tu négocies la durée, tu négocies le pourcentage. C'est agressif. Vous mettez d'accord. Et puis voilà. Parce que ça, c'est important aussi. C'est ça. Donc. Donc voilà, ça te permet du coup de continuer à avoir...
- Speaker #0
J'investis, je trouve une pépite à gants, parce que j'ai toujours eu ce truc, le pays est un peu divisé en deux. Je l'ai vu même à l'époque de Strauss, on est numéro un en Belgique francophone.
- Speaker #1
Et la Flandre ça revient quand ?
- Speaker #0
On fait le tour de l'Europe. en Italie, en Espagne, au Portugal en Suisse, en Autriche en Allemagne et en fait un an après on revient en Belgique et on devient numéro un du côté flamand donc c'est deux pays je pense qu'on a ouvert beaucoup de portes après pour les autres et donc c'est quoi que je voulais dire après ça j'ai toujours été attiré par les flamands on a bossé même Une grosse boîte de production qui s'appelait Caviar, qui était à Bruxelles, qui nous a fait Papaouté, qui nous a fait Tequero, avec lequel on a fait les plus beaux clips de Stroh, on les a fait avec cette boîte-là. Les plus beaux clips, on les a fait souvent avec des boîtes flamandes. Moi, j'ai toujours été attiré par eux. Je les trouve un peu canris.
- Speaker #1
C'est clairement que des canris par rapport à...
- Speaker #0
Ils regardent la télé, frère, et c'est en anglais. En anglais ! Et c'est sous-titré ! Et c'est en anglais ! Donc les gars, voilà mon petit, parce que moi je suis marié à une femme flamande, mais en fait mes petits ils parlent anglais ! Ça parle anglais bro ! Tu vois ce que je veux dire ? Donc en fait dès leur plus jeune âge, ils sont exposés à parler trois langues. Et donc l'anglais, je vois cette partie-là, je vois un petit gars qui s'appelle Brinim qui était hyper talentueux. Une star. Ouais une star, une espèce de Kanye West avant l'heure. Et on fait un EP ensemble, qui se passe bien. Et après, bon voilà, un truc congolais, des fois c'est un peu difficile. L'ego, l'orgueil, le machin, c'est un peu difficile. Donc après, il a fait son bout de chemin. Moi là-dessus, grâce à Caviar, parce que je suis quand même un mec, j'espère, attachant. Caviar me dit, ah putain Dimitri, il y a Adil et Bilal qui sont un peu les nouveaux réalisateurs stars. Ils ont fait un film et on veut les produire. Ils veulent faire un film sur les bandes urbaines. Donc là, bon, c'est un sujet que je connais,
- Speaker #1
hein. Ha ha ha ! Une adolescence mouvementée.
- Speaker #0
Bon, négé, après bon, les gens qui savent, savent. Ça a été un peu mouvementé, le surfeur, hein. Bref. Et donc, là-dessus, je propose de faire... On va faire la BO du film. Et donc il se passe hyper bien, on amène un mec que j'aime beaucoup aussi, qui avait été repéré par Booba, qui était John Scruppi. J'ai John Scruppi, Damso, à l'époque Las Mala c'était chaud. Je mets Bring Him, évidemment, c'est le premier son de la tape.
- Speaker #1
Avec Nixon, d'ailleurs. Tu as sorti une grosse mébac pour le clip.
- Speaker #0
C'est vrai, en fait.
- Speaker #1
Et les fumigènes qui... Il faut raconter le clip. Oh là là, quel moment. Je me souviens qu'on a dû arrêter parce que...
- Speaker #0
En fait, c'est là où l'une des premières...
- Speaker #1
Ouais, ouais, une des... Une de tes grandes dingueries, c'est que Dimitri nous appelle pour la BO. Il dit qu'on va faire le morceau avec Bring Him. Donc Nixon et Bring Him font le morceau. Il me dit qu'on va faire un clip.
- Speaker #0
Chronologie.
- Speaker #1
Chronologie. Premier morceau de l'album. Ils nous donnent l'adresse, on arrive, studio, photo, immense, tout blanc, magnifique, figurant, un set vraiment...
- Speaker #0
Studio Vexen d'Hollande.
- Speaker #1
Vraiment à la américaine, vraiment, donc tout est carré. Et à un moment on dit...
- Speaker #0
Et j'ai pris, j'ai pris, voilà, parce que c'est ça mon problème aussi, c'est que j'avais pris à ce moment-là, bon après c'est peut-être pas important dans le truc, c'est que j'avais pris, à l'époque il y avait une super soirée qui s'appelait La Basement, et même Damso a fait un morceau. Oui,
- Speaker #1
oui, Basement, ouais,
- Speaker #0
ouais. Comment faire un tube. Et en gros, j'avais un mec qui s'appelait Andy, que je trouvais hyper fort, et en fait, il n'avait jamais fait de clip.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Il n'avait pas, il n'était pas encore...
- Speaker #1
Ouais, il n'était pas encore celui-là où il est. Et donc là, on arrive, et en soi, ça se passe relativement bien, le playback est cool, et puis à un moment, on entend un gros bruit comme ça, et puis on tourne la tête. Dimitri Bourret qui commande une Maybach. Je suis un Américain.
- Speaker #0
C'est un américain.
- Speaker #1
Et on se regarde tous, on se dit, bon, bah, ouais, non, vraiment, à l'américain. Hein ? Vanguard. Et donc, du coup, la voiture arrive, bon, bah, tout le monde, enfin, le clip est toujours sur YouTube, donc allez le voir. Et donc là, le playback se passe bien et tout, et puis, comme on est toujours dans la surenchère,
- Speaker #0
toi,
- Speaker #1
tu sors cette brillante idée des fumigènes. Et donc tu sors les fumigènes.
- Speaker #0
Mais moi j'étais en mode carnaval de cagné, supporter.
- Speaker #1
Et en fait, on fait une prise avec les fumigènes.
- Speaker #0
Pardon.
- Speaker #1
Et là...
- Speaker #0
Pardon à toi, je ne sais même plus comment tu t'appelles, mais pardon.
- Speaker #1
Il l'ouvre.
- Speaker #0
Joe.
- Speaker #1
Et là, ça donne très bien l'image.
- Speaker #0
Après, bref, oui.
- Speaker #1
Mais...
- Speaker #0
Fin de tournage, parce qu'on ne peut plus rien tourner, il y a le set et Orange ici, genre là. En fait on a des super belles images au ralenti, mais en fait ce sont les dernières images du tournage en fait. Et là on part tous et puis on se dit bah écoute, merci pour ce moment.
- Speaker #1
Mais ça c'est genre 20 000 euros de...
- Speaker #0
Ouais Excuse-moi vraiment,
- Speaker #1
vraiment, il m'a rien demandé frère, putain, franchement si tu me vois frère.
- Speaker #0
Manifeste-toi. Parce que merci.
- Speaker #1
Merci. C'était une des premières bêtises.
- Speaker #0
Ah là là !
- Speaker #1
Boréade.
- Speaker #0
Ouais, vraiment. Ça, là, c'était du...
- Speaker #1
Et donc, j'avais kiffé, moi. Enfin, j'avais kiffé. C'était un grand moment. C'est un truc où...
- Speaker #0
Et le projet, en plus, c'était cool. Le projet était cool. Il y a Romano Daking aussi dessus. Il y a... Une de mes performances préférées de Prinsley, le refrain de Problem. J'adore ce refrain.
- Speaker #1
C'est vrai ?
- Speaker #0
J'adore ce refrain. J'adore. Il est incroyable. Ce projet-là, qui du coup est lié au film, Black. Et ouais. Mais à ce moment-là, tu ne te focalises que sur Bring Him.
- Speaker #1
Il y avait Bring Him, j'avais signé Ico en édition, je faisais mes événements, et c'est le moment où je commence à manager, il y avait 4 niggas, à manager Louis Cnoté.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Et là, comment t'es structuré ? T'es toujours tout seul ?
- Speaker #1
Astro, à l'époque, enfin Polo, il n'aimait pas, donc j'avais deux boîtes, ma première que j'avais créée en 2010, et puis je créais une nouvelle, et en fait, il voulait que ce soit distinct. Et donc sur la deuxième société, je fais mes trucs de management et mes autres artistes.
- Speaker #0
Ok, parce que souvent, je sais que t'es pas le premier, enfin c'est pas le premier cas parce qu'il y a d'autres artistes qui ont souvent ce problème-là, parce qu'ils sont managés par la même personne, mais les artistes ou les projets ne se ressemblent pas, ils ne veulent pas forcément être liés, mais toi aussi en tant qu'entrepreneur, t'as le droit aussi d'avoir tes choix. Et tes trucs sur le côté quoi.
- Speaker #1
Avec le recul, franchement, je sais pas si je dis une dinguerie, mais manager plusieurs artistes, c'est très très compliqué.
- Speaker #0
Oui et non. Je suis pas forcément d'accord, parce que pour moi en fait, le management c'est...
- Speaker #1
Parce qu'il y a des trucs entre eux aussi.
- Speaker #0
Ouais, ça tu sais pas. Ouais, mais après il y a quelqu'un que peut-être...
- Speaker #1
Mais toi déjà,
- Speaker #0
c'est parce que tu nous l'as pas parlé.
- Speaker #1
Ah si, si. Ah ok,
- Speaker #0
d'accord. Mais pour moi, c'est...
- Speaker #1
Il l'avait en bizarre. Et même après, derrière, entre les autres, il se voit en bizarre.
- Speaker #0
Ouais, mais pour moi, c'est...
- Speaker #1
Alors que moi, en fait, dans ma tête, je me dis non, je crée une équipe d'Avengers. En fait, il n'y a personne qui se donne... Mais pour moi,
- Speaker #0
en fait, le truc, c'est quoi ? Je ne sais pas,
- Speaker #1
peut-être que je n'ai pas été assez...
- Speaker #0
Non, moi, je vois plutôt ça comme...
- Speaker #1
Donne-moi un exemple.
- Speaker #0
Tu prends une équipe de foot.
- Speaker #1
Donne-moi un exemple d'un manager qui a un roster de plus de... Deux artistes et où ça se passe bien.
- Speaker #0
Stinson, le frère de Franglish. Il a fait...
- Speaker #1
Il n'y a plus que Franglish ? Oui, il a eu Imen S, il a eu Carice à un moment.
- Speaker #0
Oui, mais quand il les a eus, ça...
- Speaker #1
Mais ça marche à un moment. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il faudrait réfléchir à trouver un truc où... Comment est-ce que ça peut fonctionner sur le long terme ?
- Speaker #0
Après, je pense que ça dépend des profils.
- Speaker #1
Peut-être que ce genre d'émission aussi Ça fait comprendre En tant que manager Quand t'as un artiste qui a envie de faire une pause Et que normalement le manager Il a pas forcément les droits intellectuels En fait lui The show must go on Donc moi j'ai besoin d'avoir d'autres artistes Et puis après Evidemment C'est peut-être plus dans l'intérêt du manager Mais c'est que que le... que les artistes puissent profiter aussi de l'aura de tout ce que j'ai fait.
- Speaker #0
Ça oui, mais pour moi en fait aussi, c'est que moi, ma vision...
- Speaker #1
Mais le premier artiste, c'est en la foudre.
- Speaker #0
Ouais, mais ça c'est l'ego des artistes.
- Speaker #1
Moi je l'ai eu, je l'ai dit. Nobody accepted it.
- Speaker #0
Ouais, mais ça c'est parce que je sais que par exemple pour le cas d'un autre artiste...
- Speaker #1
Mais donne-moi un exemple. Josh, mais non. Mais Josh,
- Speaker #0
il a plusieurs artistes, non ?
- Speaker #1
Avec Franglish là seulement. Il a pris Take a Mic, on va voir combien de temps ça dure. Non,
- Speaker #0
Take a Mic c'est fini déjà.
- Speaker #1
Ah ! C'est déjà fini ?
- Speaker #0
Ouais c'est fini.
- Speaker #1
Ça marche pas ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ou peut-être voilà, je sais pas si tu ferais un prologue après machin machin.
- Speaker #0
Ouais non mais pour toi il c'est un manager, un artiste.
- Speaker #1
Moi je veux juste les gars... Fasqam, moi je veux juste trouver le Messi et le Ronaldo du bail. Je veux juste trouver un compétiteur qui est comme moi. Viens, on y va. Drake, chaque année, il sort un album. C'est ça que je veux. Si tu veux faire dormir, si tu veux dormir, t'as envie de faire des pauses, peut-être que c'est pas pour moi. J'ai envie d'attirer des gens qui sont comme moi. Après, évidemment, ils vont tous avoir la boue. « Ah oui, machin, machin, ah oui, je vais faire ça, Dimitri, et puis au final, ça dort et ça va pas au studio, ou ça fait les vampires, ça se réveille à des 16h, alors que nous, on est réveillés depuis 6h du matin. » On cogite, ça avance. On a d'autres vies,
- Speaker #0
frère.
- Speaker #1
En fait, je fais combien de métiers en une fois ?
- Speaker #0
Donc toi, tu es persuadé ?
- Speaker #1
Je pense, je sais pas, en discutant de Bookmanaja, et peut-être que t'en discuteras avec d'autres gens, je pense qu'en réalité, un artiste, et donc voilà, moi après, il faut avoir l'artiste qui me corresponde, aujourd'hui. c'est que j'aimerais bien avoir quelqu'un qui me corresponde et qui let's go for it.
- Speaker #0
Donc toi, tu es persuadé qu'un manager ne peut s'occuper que d'un artiste ?
- Speaker #1
Oui, parce qu'il y a l'orgueil, il y a l'ego de l'artiste, il ne comprend pas, ou après il faut bien discuter avec eux.
- Speaker #0
Parce que moi je pense, en vrai, c'est un peu comme... Moi, c'est un accompagnement. Ce que je veux dire, c'est que par exemple, si je travaille avec toi, Tu n'as pas les mêmes besoins qu'un autre artiste. Déjà, ma première conversation, si quelqu'un veut que je travaille avec, c'est « Quels sont tes besoins ? » Parce qu'il y a des artistes... Déjà, t'as un rappeur, c'est pas les mêmes besoins qu'un beatmaker, c'est pas les mêmes besoins qu'un DJ. Pour moi, c'est vraiment juste une question de... C'est pas frérot,
- Speaker #1
en vérité. Moi, je donne ma vie dans ce truc. En fait, mon rôle de manager, en fait, il est hyper hybride. En fait, je n'arrive même pas à donner une définition de mon travail. Parce qu'en fait, il y a tellement l'humain. Et en fait, je me rends indispensable et je vais te faire briller, en fait, en vrai. Tu vois, on parle quand même de talent qu'on a envie d'amener quelque part.
- Speaker #0
Ouais, mais moi, je ne suis pas d'accord.
- Speaker #1
Et donc, moi, il y a un côté très scolaire dans ce que tu dis. Et peut-être que c'est ça aussi qui fait que je suis un peu un surfeur. C'est qu'en fait, j'y mets aussi tout mon cœur et mon énergie. Et en fait, il y a aussi l'humain. Il n'y a pas juste le cahier des charges. Ah ok, on va faire ça, allez !
- Speaker #0
Je ne suis pas d'accord. Dimitri, à un moment, c'est un métier. Ce que je veux dire, c'est que même si tu l'aimes, tu aimes le projet, tout ce que tu veux, à un moment, moi, au début, je faisais ça. Je donnais beaucoup, tu donnes,
- Speaker #1
C'est peut-être ça qui m'a perdu un petit peu.
- Speaker #0
Et à un moment, je dis, en fait, quelqu'un qui va me dire, ouais, mais toi, moi, manager, j'ai besoin qu'il puisse faire ça pour moi, pour moi. Je dis, ok, c'est bien, c'est ton besoin, mais en fait, moi, je ne peux pas te le faire. Je peux, même si j'aime ta musique, je crois au projet, ou alors, tu sais quoi, on s'accorde sur... Vas-y, moi, je peux te donner ça. Ça, c'est ça que je te donne. Ça, c'est ce que je veux faire. Parce qu'au final... Le jour où ça s'arrête... La vieille joie qui m'a bouffé,
- Speaker #1
là. Qui a eu un énorme tube mondial. On s'est alluré six mois, mais elle m'a bouffé. Mais... Isolt, elle m'a bouffé.
- Speaker #0
Oui ?
- Speaker #1
Elle m'a envoyé un contrat et tout, machin, machin, pendant six mois, première partie d'Angèle, ça se passe hyper bien, ça m'appelle toute la journée, même avec ma femme, il y a eu des discords à la maison, et en fait, au final, elle m'a pété dans les mains, et c'était trop.
- Speaker #0
Ouais, pour moi, c'est... Après,
- Speaker #1
je pense qu'aussi, si tu veux manager quelqu'un, après moi, je le... Je donnerai plus mon temps à n'importe qui, c'est que j'y crois, parce que quand tu y crois à la vision, je ne ferai pas un truc, moi j'écoute pas d'art rock, j'écoute pas du métal, j'écoute pas... Ouais les trucs un peu trop... pas pour nous tu vois.
- Speaker #0
Mais du coup est-ce que tu...
- Speaker #1
Ma man I'm sorry mais ça c'est pas pour moi tu vois.
- Speaker #0
Oui mais du coup est-ce que toi il te faut... Si tu dates avec quelqu'un, il faut que le pro je te parle, mais il faut que lui moi aussi.
- Speaker #1
Mais c'est un métier de taré, parce que regarde au final, en vrai, je suis un fou. En fait, je suis un baiser, en vrai. À part ma vie ici, avec tout ce que j'ai fait, avec les succès, les défis, les rebondissements, en fait, il faut un taré, tu vois.
- Speaker #0
C'est ce que je disais au début, c'est autant être producteur d'artistes, c'est un sport de riche, mais être manager, c'est pas pour les faibles, mentalement. Mais tu dois pouvoir, à un moment, toi... En tant que manager, pouvoir faire la distinction et te dire, vas-y, je donne pas.
- Speaker #1
Après, le business model, c'est ça que je veux en parler aussi, c'est qu'aujourd'hui, je pense qu'il faut être partenaire de l'artiste.
- Speaker #0
Ouais, c'est important. Mais ça, il faut que l'artiste comprenne aussi.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Si tu travailles avec, tu ne travailles pas avec. Après,
- Speaker #1
le problème, c'est que le manager, en fait, la porte d'entrée, la barrière d'entrée, elle est quasi nulle. En fait, pour être producteur, il faut avoir des talles,
- Speaker #0
il faut avoir de l'argent.
- Speaker #1
En fait, manager, tout le monde peut devenir manager. Donc en fait, il y a des managers pourris ! Nuls !
- Speaker #0
C'est toi pourquoi...
- Speaker #1
Nuls ! Qui pourrissent ! Même des gens qui parlent sur moi, tu dis mais Joe, t'as fait en fait ! et qui vont parler en fait parce qu'ils sont jaloux de toi et qu'ils vont dire ah mais putain Boré c'est un requin caca caca caca mais comment c'est possible ? comment c'est possible ? moi on voit qui je suis on voit que ah Dim c'est c'est un passionné en fait il est transcendé par son bail évidemment qu'il veut faire du business C'est un Américain. Il veut faire du business. Mais tu vois, il y a des gens qui sont doux, qui cachent leur jeu, machin, machin. Et puis, moi, je ne suis pas comme ça. Mais donc, ce que je te dis, c'est qu'aujourd'hui, moi, je pense qu'il faut réfléchir. Il faut redonner une définition aussi au rôle de manager. Pour moi, en fait, tu dois être le partenaire de l'artiste.
- Speaker #0
Tu donnerais quoi comme piste ?
- Speaker #1
Mais comme je disais aussi, pour l'artiste aussi, vous aussi là, on vous voit comme ça. Il faut aussi qu'eux ne donnent pas aussi leur confiance à tout le monde. Parce que la barrière d'entrée pour devenir manager, tout le monde peut devenir manager. Mais des bons managers, il n'y en a pas beaucoup.
- Speaker #0
C'est quoi un bon manager pour toi ? C'est quoi les qualités requises ? Par exemple, toi, imagine, t'es un artiste et, comme tu dis, la barrière d'entrée, elle est nulle. Je ne sais pas,
- Speaker #1
parce que, après moi, je ne pense pas que je suis plus malin que personne. Je pense que je suis quelqu'un de curieux et qui veut apprendre. Après, moi, un bon manager, normalement, il a un réseau. Mais moi, quand j'ai commencé, je n'avais pas de réseau. J'étais curieux. Et en fait, avec la créativité de mon gars, on a créé un réseau. Leverage. Et après, les gens, quand t'es bon en fait, quand t'es bon, les gens ils viennent. If you're good, people good, who have taste, les gens qui ont du goût, ils viendront vers toi.
- Speaker #0
Mais comment est-ce que toi tu vas leur définir quelqu'un qui n'a pas de réseau, mais qui a probablement du goût ?
- Speaker #1
C'est ça ma problématique, c'est qu'il y a plusieurs définitions. Parce que moi, pour moi normalement, un bon manager, il doit avoir un réseau. C'est vas-y, je t'appelle, ok, you can make me a deal, tu vas me faire signer avec un tel, tu vas me trouver une équipe. Et normalement, c'est quelqu'un qui a un bon réseau, qui est carré, qui a une vision, qui corrobore avec la tienne, qui est quand même à la page. Parce que, je sais pas moi, le manager de l'art à Fabien... Hein ? Ou le manager des Birk, je sais pas. Les gens des années 2000, c'est pas la même chose qu'en 2025. Et même pour moi, gros. Enfin, tu vois, j'ai eu un succès, le plus grand succès que j'ai eu, c'était en 2013, après voilà, 6 million records sold, mais ce sera jusqu'à la fin de ma vie, jusqu'à l'infini. Mais ce que je veux dire, c'est qu'un réseau, c'est important, mais il y a plusieurs définitions, parce que... comme sur Stro pour mon cas, j'avais pas forcément de réseau.
- Speaker #0
Mais est-ce que toi, par exemple...
- Speaker #1
Ma créativité, ma curiosité, le fait que, ben voilà, j'ai pris une caméra, je me suis rendu indispensable. Putain, je faisais mes soirées à la con, je faisais mes soirées et en fait, j'ai rencontré Vince Bold. Vince Bold, c'est le mec qui fait toutes les covers de Stro, toutes les covers d'Angèle, toutes les covers des plus grands. Donc j'ai découvert des talents plus loin que simplement la musique.
- Speaker #0
mais du coup moi j'ai une question est-ce que toi par exemple tu vois mais par exemple est-ce que tu le prends tu vas juger un manager à ses résultats ou à ses opportunités ses
- Speaker #1
résultats ou ses opportunités parce que je peux avoir un réseau
- Speaker #0
Et je peux avoir la possibilité de...
- Speaker #1
Tu ne vas pas activer...
- Speaker #0
Mais je veux dire, j'ai beau appeler, envoyer des mails, lui serrer la main, mais au final, il n'y a pas de résultat. L'artiste, lui, va juste dire, ouais, mais tu m'as dit que tu connaissais le mec de...
- Speaker #1
C'est ça aussi, il y a un truc un peu faussé sur le truc où, vas-y, en fait, je signe en maison de disque, ils vont tout faire. Ah, je signe avec un manager, il va tout faire. Non, moi, je t'accompagne, en fait. Moi, je suis le... T'es le fuel et moi je suis l'explosion qui fait que tu vois donc t'as besoin d'avoir de la matière Tu veux pas juste tu vois quand je récupère Loïc il fait l'Eurovision il y a un peu de gaz
- Speaker #0
Et en fait moi j'en fais un truc encore plus grand Et comme d'ailleurs c'est bien que tu le mentionnes comment est-ce que tu tombes sur Loïc ?
- Speaker #1
Noté Il y a mon petit gars là Alex qui me dit ah putain Dim il y a un truc Quel Alex ? Alex Germis
- Speaker #0
Avec qui t'as travaillé aussi un peu non ? Ouais Ok ouais
- Speaker #1
Et puis il y a mon mentor Stéphane Moriot qui me dit Dim ah le petit là il faut que tu le signes Il a un truc il transcende il se passe un truc Moi voilà, je voulais pas forcément aller parce qu'il était dans les télécrochets et j'avais un peu des avis...
- Speaker #0
Négatifs, péjoratifs ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et c'était en quelle année ça ?
- Speaker #1
2015.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Donc juste un peu après... Black c'est quand ?
- Speaker #1
2015 aussi Ok,
- Speaker #0
d'accord, la même période Ouais Ok, et à ce moment-là Il y a beaucoup de trucs hein Non,
- Speaker #1
non, je vois Malheureusement je ne communique pas, il faut que je m'y mette C'est important,
- Speaker #0
c'est important Parce que l'expérience, c'est important déjà de 1, que tu montes ce que tu fais, ton expérience
- Speaker #1
Je pense que c'est la peur de... En fait je veux arriver avec quelque chose de plus gros que ce que j'ai fait dans le passé Mais en fait, ça n'arrivera pas.
- Speaker #0
Déjà, t'es pas sûr, mais pour que ça arrive, il faut que... Tu peux parfois faire un grand coup, et après, de l'autre côté, tu fais plusieurs petits coups qui vont valoir d'une certaine manière. Si tu attends toujours d'avoir un deuxième trou, ça ne reviendra pas. Mais c'est clair que si on voit en fait que... Après le projet sur lequel je travaille là maintenant,
- Speaker #1
je pense que ça peut être plus grand que ça.
- Speaker #0
Ouais, mais c'est important d'en parler quand même.
- Speaker #1
Tu vois, je trouve ça un peu... Parce qu'on me dit, ah mais Dimitri, ouais, un truc comme Stroh... Ouais, ouais, voilà, c'est bon, le chapitre est fait, est clos, il n'y a pas de problème. Là, on est dans un autre chapitre de ma vie.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Mais du coup...
- Speaker #1
On est dans un autre prime. Et donc, ce que je voulais te dire... Non mais c'est vrai Et donc ce que je veux dire c'est que Qui tu es toi pour me dire que tu n'auras pas Un autre succès comme le frère Tu sais pas que là en fait on est en train de Manigancer un truc qui va en fait Tout péter Tu vois j'en ai marre un peu d'avoir des gens Qui te, avec ses croyances un peu limitantes Te disent ah mais non mais tu peux pas faire ça Regarde ce qu'on a fait Deux tismés, un de Deezer et un de Boxstyle Qu'est-ce qu'on a réussi à faire
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ? Mais quand je dis un deuxième trou c'est pas ton prochain projet peut-être plus grand, mais je dis c'est pas rechercher à refaire la même chose. Tu vois ce que je veux dire ? C'est que, par exemple, tu vois, ce que je pense que, par exemple, certaines personnes ont pu penser, par exemple, avec Loïc Notet, c'est qu'il y avait un peu cette recherche de « Ah ! Il y a aussi cette espèce de singularité musicale, physique, artistique. » Enfin, toi, clairement, il y avait une inspiration, je pense, en tout cas de son côté, tu vois. Et après, toi, tu sors de là et les gens t'ouvrent toutes les portes parce que, en fait, il nous râle. entre guillemets, je pense que dans les labels, les gens se disent « Ah, Dimitri nous amène le deuxième Stromae » . Tu crois ? Je pense. En tout cas, je sais que j'avais déjà lu des trucs comme ça qui disaient « Ah, ouais, ça limite, heureusement, entre guillemets, pour toi que derrière, t'as travaillé avec d'autres artistes, les John Skippy et les Bring Him, pour que les gens ne te cataloguent pas comme « Ah, en fait, c'est un agent qui ne prend que des artistes un peu dans ce style-là » , tu vois. Et quand tu commences, du coup, à bosser avec Loïc Mottet, Donc, c'est quoi le contexte ? Stéphane, tout ça, tout le monde te dit « Ouais, vas-y,
- Speaker #1
travaille avec lui. » Je le vois en interview chez moi, dans mes bureaux.
- Speaker #0
Tu le fais pas, c'est une interview ?
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
c'est bien, c'est un job. Pas un entretien, vous discutez,
- Speaker #1
quoi. Voilà,
- Speaker #0
lui, il voulait.
- Speaker #1
Il voit que... Il y a pas mal de gens qui veulent le manager, mais il voit que le mec qui a tout explosé l'année dernière veut travailler avec lui. Il n'y a même pas débat. Il me suit.
- Speaker #0
Et là, c'est quoi ?
- Speaker #1
Il est signé chez Sony Belgique. J'arrive à le faire signer en Sony France parce que je vais avoir plus de moyens. On fait ce qu'on veut. On fait un chouette petit album qui s'appelle C'est Faucratie. Là, je décide de devenir... producteur des spectacles.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Parce que je me rendais compte, je me disais en fait souvent ces grosses boîtes c'est des étiquettes. Comme je l'ai dit au départ c'est que c'est des humains. Moi je dois juste aller chercher un putain de directeur de prod qui joue un peu mon garde-fou. Tu connais ton gars un peu malade, un peu américain en fait j'avais juste besoin d'avoir un...
- Speaker #0
Quelqu'un qui puisse traduire.
- Speaker #1
Traduire et même un directeur financier, dire vas-y dis-moi en fait doucement. c'était ça parce que je suis tombé sur un imbécile en fait c'est ça aussi le problème il y a des bons et des mauvais managers comme dans tout il y a des bons et des mauvais managers et puis moi j'étais avec un imbécile parce que moi j'aime bien j'ai une relation un peu bizarre avec les gens qui sont un peu plus âgés que moi et voilà je les vois un peu en sage wisdom parce que moi en fait je pense que que mon que mon ma euh... ma forme ultime sera comme Tortue Géniale.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Tu vois ?
- Speaker #1
On va plus dire Vegeta, machin, machin, parce que là, il n'y a plus... Non,
- Speaker #0
t'es tellement vieux, t'as la sagesse, t'as toute ta... Sagesse, Tortue Géniale.
- Speaker #1
Mais tu vois comme il est un peu bête. Ouais. Tu vois comme il est un peu... Je me vends un peu en Tortue Géniale et c'est lui qui a appris le Kamehameha à Son Goku. Donc, Son Goku, si tu es là, c'est ça, le truc. C'est putain, en fait, le frère, en fait, il se met... Ah en fait c'est pas lui qui est pas le devant de la scène mais Joe, comme merde, Joe je t'ai appris à faire le caméra, tu vois ce que je veux dire ? Et il est un peu bête, un peu, tu vois ce que je veux dire ? Et donc bref, la sagesse, enfin voilà, pour moi j'ai un grand respect pour les gens comme ça. Et bref, je tombe sur ce gars, je fais une prod à 500 000 euros, je vois trop grand. Parce que je sors d'un truc énorme avec...
- Speaker #0
Mais d'où tu sors ces 500 000 euros ?
- Speaker #1
Bah, moi c'est mon argent.
- Speaker #0
Ah, à toi ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ok, donc c'est même pas l'argent que vous avez réussi à... Non,
- Speaker #1
non, c'est parce que c'est moi qui les paye à la fin.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je lance le truc, on fait... Je prends une salle ici à Bruxelles, 14 000 euros de catering, je mets du vin, fianfianfian...
- Speaker #0
Quelle salle ? Une salle ici à Scarbeck. Ok.
- Speaker #1
Pas très loin ici.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Donc je fais un show quoi. Je crée la scénographie, mais ça m'a coûté 100 000 balles. Juste pour faire la créa. En fait, ce que je devais faire, simplement, et c'est pour ça aussi que... On apprend de ses erreurs. C'est ça mon plus gros défaut, c'est que je suis mégalo. Je vois trop grand. Et en gros, en fait, j'ai mis trop d'argent. Alors que ce qu'on aurait dû faire, c'est mettre notre ami sur scène, deux musiciens, trois douches, et simple, et tu montes.
- Speaker #0
Oui, mais parce que finalement, c'était ça.
- Speaker #1
J'ai fait un truc d'aréna, frère. J'ai fait un dessin animé pendant une heure et demie. Les gens étaient sur des plateformes. Les gens étaient sur des plateformes qui bougeaient tout seuls. Donc il y avait une télécommande. La fumée sortait. Frère, tout ce que j'avais appris avec l'autre, je l'ai mis et j'ai fait.
- Speaker #0
Le problème, ce que tu as fait...
- Speaker #1
Mais en fait, ça a marché juste en Belgique. Ça a marché juste en Belgique. Et au final... Moi je voulais faire une tournée en France, en fait on remplissait pas des salles de 6 000, 8 000, 10 000, 12 000, 15 000, 20 000 personnes, on remplissait des salles de 1 500. Donc voilà, moi j'avais fait des créades malades mentales, parce que voilà c'était important pour moi, et c'est ça aussi un bon manager, c'est d'y croire et de fédérer quoi, vas-y allez, go, on y va ! Parce que souvent au début les gens, les gens ils sont pas au courant, ils disent ah putain, ouais mais t'es sûr Dimitri, moi j'y crois pas, non, si t'es pas sûr de ton artiste... les gens, ils ne vont pas te suivre non plus.
- Speaker #0
Mais est-ce que ce côté mégalo a été boosté par les records de vente de tickets ? Oui,
- Speaker #1
27 minutes, tu fais deux AB, en 48 heures, tu remplis un forêt national. Donc évidemment, moi, je me sens pousser des ailes. Et à cette époque-là, on m'appelle Midas. On m'appelle Midas ! On m'appelle Midas ! Tout ce que je touche devient de l'or. Mais non, en fait, c'est un autre truc grec, c'est Icar. Il montre qu'il veut toucher le soleil. Bon voilà, excusez-moi, moment un peu philosophe, un bon Congolais que je suis, j'étais obligé. Mais voilà, je me suis brûlé les ailes.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Mais du coup, parce que tu vois, ce que je trouve assez paradoxal...
- Speaker #1
Mais c'est ça, je suis paradoxal.
- Speaker #0
Avec le parcours, c'est que tu vois, regarde, t'as eu la chance d'avoir le parcours du début. Non, c'est pas de la chance.
- Speaker #1
Non, non, non, ce que je veux dire, c'est que ton premier client ou ton premier partenaire, partenaire, on va appeler ça comme ça, partenaire, ton premier partenaire, c'est un carton international.
- Speaker #0
Oui, mais ce que je veux dire, ce que je veux dire, c'est que tu as la chance de justement, avec ta première expérience, ton premier partenaire, c'est de voir l'évolution. Donc vous commencez de la chambre. Vous faites des petites salles, vous faites des petites salles, vous faites... Et en fait, toi, quand tu prends ta nouvelle expérience, tu te bases sur la fin de ton expérience.
- Speaker #1
Mais non, parce qu'au début, avec Stro, on avait un truc, à l'époque, ça s'appelait le mapping. Donc en fait, tu envoies des... des projecteurs sur des formes. Mais frère, le premier show de Stroh, c'était déjà incroyable. À l'époque, on avait déjà mis plus de 100 000 euros pour un mec qui était vu comme un one-hit wonder. Donc en fait, moi j'avais déjà dans ma folie...
- Speaker #0
Ah donc pour toi c'était la norme.
- Speaker #1
C'était la norme. Et dans le truc où j'étais avec mon gars, j'ai dit non, ils vont payer. You're gonna do it. You're gonna do it. Et les frères ont mis, ils ont mis les talles, ils ont mis les 150 000 balles pour créer ce show, mais ils savaient pas où ça allait aller. Et donc moi c'est aussi ça, c'est là où j'étais fort, c'est que putain, Dime, vas-y, t'es avec moi, t'es l'interface, vas-y, you wanna go for it, vas-y go for it. Et on a toujours été avant-gardiste, même le premier show de Stroh quand tu vois les images sur internet ou sur le web. C'était déjà incroyable. Donc moi, en fait, dès le départ avec lui, on faisait des trucs incroyables.
- Speaker #0
Ok, mais du coup, ma question, c'est si, alors du coup, avec lui, vous travaillez avec, du coup, justement, des gens qui payent pour toi, genre, c'était Augury, c'est ça ? Pour produire un spectacle. Pourquoi alors avec Loïc, justement, avec ce levier, pourquoi tu mets ton argent, même si tu y crois, sachant surtout l'argent, tu vois ce que ça coûte, pourquoi est-ce que tu ne te dis pas, en fait, je vais faire dépenser cet argent par quelqu'un d'autre ?
- Speaker #1
Parce que je voulais être... Ah, tu voulais être... Je voulais tout prendre.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Normalement,
- Speaker #1
quand ils font un truc, les producteurs de spectacles, quand tu commençais, en tout cas à l'époque, ils se disent on fait un truc où tu es coproducteur et on fait un 50-50. Et après, très rapidement... rapidement, avec Strauss, sur la deuxième tournée. J'ai dit, Joe, on va pas faire 50-50.
- Speaker #0
80-20 ?
- Speaker #1
On a fait un 80-20, mais normalement, on aurait dû faire même un 95-5.
- Speaker #0
Ouais, parce que je me souviens que juste l'annonce...
- Speaker #1
Joe, juste l'annonce ! Il n'y avait pas de travail ! Après, non, les gars... Je peux pas dire ça, parce que les gars étaient là au début, ils ont mis l'étal au début, et donc je peux pas. Ils nous ont accompagnés,
- Speaker #0
donc c'est fait. Mais que sur la fin, c'est...
- Speaker #1
il y avait juste à poster et tout était rempli donc j'aurais pu faire un 95.5 donc moi en vue de là-dedans je me suis dit Joe en vérité moi je veux faire un 90.10 et donc je faisais un 90.10 avec tout le monde Live Nation tout ça tout le monde me suivait voilà et donc là Loïc je le perds en je le perds en 2019 Covid même temps je perds Isult le même jour horrible on devait renégocier le contrat bam Comme dans un film. On devait renégocier le contrat. Bam, bam, bam. Bam, bam, bam. Ah, mais en fait, Dimitri...
- Speaker #0
C'était quoi les raisons ? C'était la fin,
- Speaker #1
parce que j'avais fait un contrat de trois ans et demi.
- Speaker #0
Et il ne voulait pas renouveler ?
- Speaker #1
Non, non, j'avais fait un trois ans et demi. Et donc, on devait se voir pour discuter de la suite. Moi, je pensais qu'on allait continuer. Après, j'avais un peu une boule au ventre. Parce qu'avec ce truc, comme j'avais vu trop grand... Le problème aussi, comme je t'avais dit, le problème, c'était que, comme je veux tout faire... Enfin, pas tout faire, mais...
- Speaker #0
T'as du mal à déléguer ? Après, quand t'es bon, t'es bon. Et voilà, j'ai dû rattraper la tournée. Ça a mis un peu un... Ça a crispé un peu le truc, tu vois. La relation, elle était plus la même. Donc évidemment, quand ça marche, t'es le dieu grec. Mais quand ça fonctionne moins bien, c'est de ta faute,
- Speaker #1
tu vois.
- Speaker #0
Donc il y avait un truc où... En plus, on m'a fait des coups de rafle-gare. Mon assistant qui a repris après l'artiste. Mes gars qui me prennent mes awards dans mon bureau. Mutinerie ! mutinerie mutinerie frère ok donc mon assistant qui récupère mes gars t'as mes deux autres mes deux autres petits qui viennent qui font une mutinerie qui prennent mes awards machin machin dans ton bureau dans mon bureau bureau ok et donc je perds ce jour là en plus je perds donc en mode film quoi machin machin mais en fait Dimitri c'est fini bah pouf ah putain y'a Isult aussi bam fini je dis putain merde mais Filou comme je suis, j'avais déjà préparé la suite, je voulais faire un shift dans mon activité, c'est que je voulais devenir producteur.
- Speaker #1
Musical quoi ?
- Speaker #0
Producteur phonographique. Et en fait j'arrive à dealer une joint venture avec Sony.
- Speaker #1
France ?
- Speaker #0
France.
- Speaker #1
Ok. Et à ce moment-là...
- Speaker #0
Là, on me donne une carte blanche, vas-y.
- Speaker #1
Là, en fait, tu te dis juste, je veux produire, mais t'as pas encore de...
- Speaker #0
J'avais déjà produit les trucs avec John Scruppi, j'avais déjà produit Bring Him, donc j'avais déjà produit à mon niveau. Le truc avec Caviar, l'ABO de Black, j'ai produit de moi-même.
- Speaker #1
Non, ma question c'est, quand tu vas chez Sony et que tu négocies, est-ce que tu as déjà une idée de qui tu veux signer ?
- Speaker #0
Non. Ah, ok.
- Speaker #1
Bien joué.
- Speaker #0
C'est beau.
- Speaker #1
Ouais, c'est beau. Normalement,
- Speaker #0
il n'y a personne qui peut faire des deals comme ça. Oui, non,
- Speaker #1
non, bravo. Ok, d'accord.
- Speaker #0
On m'a donné carte blanche parce que voilà, Dim, il a ramené ça, il a fait ça. Voilà, c'est Midas.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Tu vois ?
- Speaker #1
Et donc là, tu cherches ?
- Speaker #0
Et là, je cherche. Je cherche un petit gars parce que moi, j'aime beaucoup ce que Travis Scott propose.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Je trouve qu'en termes de visu, ça en est clé. Le son aussi, ça me parle. Et donc, je trouve un petit gars où je vois une silhouette.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Paul avait une silhouette, Loïc avait une silhouette, et le mec-là avait une silhouette. Et donc, en fait, il est encore à l'école, et je me dis, voilà encore mon égo démésiré. Je me dis, OK, moi, ma force, c'est de prendre les gens from scratch et en faire quelque chose. Donc le mec a mis le follower sur Instagram, il fait des petits trucs, mais vite fait. Et là, je tombe dessus, je le ramène. On fait des premiers morceaux, on va un peu dans les studios bruxellois. Et puis là, je me dis, putain, il manque un truc. Parce que je trouvais que, même encore aujourd'hui, je trouve que les 808, elles ne cognent pas assez.
- Speaker #1
Du coup, c'est à ce moment-là que tu me contactes, quand tu me demandes pour... Que tu me demandes, tu dis, ah oui, j'ai trouvé un gars, tu peux me l'envoyer chez la Mielerie, tout ça. Ok, ok, ok.
- Speaker #0
Mais je trouve que ça ne sonne pas encore, je ne sais pas comment on dit. Je trouve que ça ne sonne pas assez... Ça ne sonne pas qu'un riz. Et là-dessus, moi, je trouve un mec qui s'appelle Chucky Beats.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
qui vient de Gans, et donc je fais les allers-retours. Le petit, un peu, il se met des rastakouers, il est connu dans la ville. Et donc, des fois, on a fait l'un des plus gros projets, c'est le premier, il s'appelle Réel. Et en fait, on fait des allers-retours à Gans, et en fait, on a la base qui est créée avec Chucky. Et en fait, je sors un super morceau, dont je suis quand même super fier, qui s'appelle Fendi. Pour un mec qui n'était pas du tout connu... On fait quand même 100 000 streams la première semaine.
- Speaker #1
Fort.
- Speaker #0
En Belgique, c'est pas mal.
- Speaker #1
Pour info, on parle de Geeko. Parce que je crois qu'on ne l'a pas encore mentionné.
- Speaker #0
Et en fait, ça se passe bien. Parce que j'aime bien parler en traction et en même temps. Donc j'arrive à créer quelque chose. Et puis en France aussi, il y a un autre mec qui s'appelle Chansko. Et c'est le début du rap un peu alternatif.
- Speaker #1
Avec les bruits aigus et tout ça.
- Speaker #0
Après, il y a les Khali et puis il y a les Lafev. Mais en fait, on... en figure de proue, ça se dit ?
- Speaker #1
Oui, oui. Ça se dit ? Ou je ne sais pas,
- Speaker #0
en tête de gondole ?
- Speaker #1
En tête de gondole, oui.
- Speaker #0
En fait, c'était Shonsko. Il avait fait la Fashion Week.
- Speaker #1
Oui, oui, je me souviens.
- Speaker #0
Normalement, il est mis en avant par Mehdi Maizi. Normalement, ça devait être parti. Et puis là, bam, Covid.
- Speaker #1
Sacré Covid.
- Speaker #0
À ce moment-là aussi, on me donne carte blanche. Je vois toutes les pépites bruxelloises. Je vois Jeune Boss, YG Pablo, je vois les mecs les plus chauds de la ville. Et à ce moment-là, tout le monde a ses équipes. Fine. On va essayer de créer ce qui s'est passé en 2015. On va essayer de créer le New Brussels. Parce qu'en 2015, il y a eu la flopée.
- Speaker #1
Oui, la vague qu'on connaît.
- Speaker #0
Hamza, Roméo Elvis, Kaba et Gigi, dans une moindre mesure. Mais voilà, il s'est passé quelque chose sur la Belgique à ce moment-là. Et donc moi, je pense que j'ai été instrumental, l'instigateur, parce qu'à l'époque, Gecko, ça prend. Ok, t'as YG Pablo qui a son morceau, avoue-moi, qui a un tube TikTok. Mais moi, en fait, dans la rue, dans le truc, dans la ville, on parle de Gecko. Et puis t'as Frenetic qui est derrière, qui est un génie. On était un peu devant. Après, les rôles vont s'inverser parce qu'après, il a eu une percée incroyable. Mais c'est ça qui se passe. et tu vois je vois les jeunes boss ils sont plus jeunes que moi etc et on crée en fait cette confrérie en fait une commission comme la mafia c'est important hein ? oui en fait en vrai we created a commission we did hein ? et donc tu vois avec tous ces gens là en fait on crée ce truc là et en fait on se fait des passes entre nous voilà j'amène YG sur mon projet Freinet l'a fait deux fois je fais ce super ce super parce que je fais réel et après six mois je fais irréel Je fais un putain de truc en plein Covid, ça c'est un effet d'arbre.
- Speaker #1
Ah oui, ton événement pirate !
- Speaker #0
C'est que je fais le C12, et en fait j'arrive à privatiser ce truc-là, et en fait je fais une release party, mais en mode avec mon gars que j'ai vu en plus tout à l'heure qui s'appelle Ryan, il y a un truc en mode où c'est comme une émission. Ouais,
- Speaker #1
je me souviens.
- Speaker #0
Il vient avec la couille. C'est pas un truc de merde ! C'est pas un truc de merde que j'ai fait frère ! J'ai fait des petites scènes, machin machin, j'amène des gens de Paname, les gens viennent et tout. Et tu vois, à la base, à cette époque-là, tu ne pouvais pas être avec plus de...
- Speaker #1
10-15 ou un truc comme ça.
- Speaker #0
Même moins que ça. Mais frère, on était à 200. T'étais à 200 là, avec du rap, ça fumait, ça buvait. Il y avait de l'Enessi, en plus j'étais sponsorisé par LVMH. En vrai, c'était incroyable. Et puis bam, le truc se passe bien. Minuit, le truc sort. Et puis bon, les flics arrivent, tout le monde part. Et voilà, c'était incroyable. C'était incroyable.
- Speaker #1
Donc là, c'est le...
- Speaker #0
T'as Frenetic qui prend le relais, qui nous dépasse. Il a eu une percée incroyable avec Jeune Boss, ils ont fait un super boulot. Il a son Colors qui cartonne, qui explose tout, produit par Chucky Beats. Pour te montrer que j'ai ouvert des portes et c'est ça que je fais en fait.
- Speaker #1
Pour toi, pourquoi est-ce que cette deuxième vague n'a pas pris ?
- Speaker #0
Mais on a eu le Covid ! Frère, l'humanité s'est arrêtée ! Je suis désolé, donnez-moi ! Parce que les gens vont me dire « Mais putain de merde, les filles, c'est trop mal ! » Non, non, non. Il n'y a jamais eu, dans l'histoire de l'humanité, le monde s'est arrêté. Et donc moi, en fait, comment est-ce que tu te connectes avec ton audience ?
- Speaker #1
Si tu ne peux pas aller dehors.
- Speaker #0
Frère, on faisait des concerts sur Internet. Ah ouais super, ah putain c'est un metaverse, ah c'est cool, putain merde, ah les metaverses, ah NFT, oh putain, ils sont bien, il y a beaucoup de gens qui ont fait beaucoup d'argent, metaverse frère, qu'est-ce qu'ils ont cru en fait ? Ah on va vivre dans la bile, frère mais tu racontes n'importe quoi, les gens ils ont besoin de se sentir, d'avoir une connexion, d'avoir une communion, et moi je ne l'ai pas eu, et donc moi tous ces gens-là, Shansko, Gecko, Frenetic, YG c'est un peu... Il y avait aussi, comme dans le groupe, il y avait Gauty Maras aussi, qui avait un run quand même, il a eu un run quand même qui était beau. Et puis ouais, il y avait Moji S-Boy qui venait de Liège. Mais il y avait une petite team, une petite team un peu en mode X-Team.
- Speaker #1
C'est vrai, c'est vrai. Et donc là, après ça, Giko, jusqu'à quand ?
- Speaker #0
Moi, j'ai fait trois projets. Après, on a perdu un peu de temps, parce que moi, j'écoute beaucoup quand même les gens. Et à ce moment-là, on me dit, ah Dimitri, tu fais trop le truc, machin, machin. Et là, je prends un réal, un mec qui s'appelle Chrissy.
- Speaker #1
Ok, ouais. Voilà.
- Speaker #0
Et est-ce que tu... Où ça se passe bien au début, et en fait, je trouve que les morceaux sont trop... Voilà, ça sonne trop comme lui. Lui qui... comme Chrissy ? Ouais, comme lui. Et ça se passe mal. Et donc, on perd la dynamique. Ouais. Tu vois ? On perd la dynamique. Si tu stagnes, en fait, tu meurs.
- Speaker #1
Et ça, c'est la raison pour un moment, tu dis, bon, en fait... Ça va plus quoi ?
- Speaker #0
Donc moi, comment dire, légalement ou contractuellement parlant, on avait encore un projet qu'on a sorti en avril 2023. On termine là-dessus et puis voilà, c'est terminé comme ça.
- Speaker #1
Ok. Et parce que là, encore, tu multiplies les casquettes. Là, tu es le producteur, mais en même temps le manager et...
- Speaker #0
Le partenaire.
- Speaker #1
Le partenaire.
- Speaker #0
Le partner.
- Speaker #1
Ok. Et ensuite ?
- Speaker #0
J'ai toujours fait plusieurs trucs, donc à ce moment-là, je bosse avec... Parce que j'ai toujours eu une vision un peu 360. Je ne sais pas si tu le vois un peu. On est dans l'âge des streamers. Les Kessenat, les Black Boy Max, les Adin Ross. J'ai toujours voulu, et même en 2020, dans ma boîte, en gros, Vanguard, ce que je voulais faire, c'est une agence de talent. Donc il y avait une verticale pour la musique, une verticale pour le foot. Il y a mon gars, mon assistant, qui a fait numéro 10, une verticale pour les créateurs de contenu. Mais bon, mon assos là, il est venu, il a pris la petite, ils ont eu des enfants, il est parti avec la créatrice avec laquelle je voulais lancer mon machin. Et donc aujourd'hui, en fait, je fais plus ça. Et en gros, à ce moment-là, t'as les mecs encore de caviar, parce que normalement quand t'es bon, en fait, on te rappelle. Ils me disaient, ah putain Dimitri, on lance un peu le musée, le plus grand musée en Europe de l'instant. enfin Le plus grand musée de l'instagrammable.
- Speaker #1
Ok, ouais.
- Speaker #0
Donc c'est un grand musée de plus de 1000 mètres carrés où en fait, t'as des trucs instagrammables.
- Speaker #1
Et c'est où ça ?
- Speaker #0
C'était à Bruxelles.
- Speaker #1
Ok, ouais.
- Speaker #0
Et en fait, putain, on a besoin de toi pour l'ouvrir à Lille. J'ai dit putain les gars pourquoi on fait ça à Lille Il faut aller à Paris c'est un truc de capital Ok non On lance ça à Lille je fais ça pendant un an Donc en continuant de faire Parce que tu vois j'ai toujours eu plusieurs casquettes Et après ça en fait t'as Tomorrowland qui vient me voir Pour devenir brand partnership manager J'ai toujours eu ce truc un peu de chasseur Depuis que je suis chasseur de tête J'ai toujours eu ce côté où je dois prospecter Et puis les marques c'est toujours important De faire des choses Avec les marques pour faire des shows privés Ou pour faire des endorsements vidéo. Donc je fais Tomorrowland, et après ça je me dis, putain, je me suis posé la question, je me suis dit putain, est-ce que je trouverais pas un taf en maison de disques ?
- Speaker #1
Exactement, ouais. C'est à ce moment-là seulement que tu y penses ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et est-ce qu'il y a, avant que tu...
- Speaker #0
Comme je t'ai dit, le sport de producteur, c'est un sport de riche.
- Speaker #1
Et personne ne te l'avait proposé avant ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Ok. C'est grave quand même.
- Speaker #0
Et là-dessus, en fait, on me propose une position au Benelux. Bon, tu connais ton gars. Je me suis pris pour Bill Gates. En fait, ça ne s'est pas fait. Et puis on me présente, en fait, les mecs de Avalon qui font distinct. Je fais la prodéxie de leur concert à la maroquinerie. Après la maroquinerie, en fait, je leur propose de faire un RP parce que le marché que je maîtrise le mieux, c'est le marché français. Voilà, ils font leur truc, ça s'arrête. Donc après ça, qu'est-ce que je fais ? C'était quoi ? C'était 2023. Puis en 2024, je signe BKR chez Edier.
- Speaker #1
Mais avant ça, il y a Demna aussi. Demna ? Ouais. Comment est-ce que tu découvres Demna ?
- Speaker #0
En fait, j'avais ce studio au Sablon, avec qui je m'étais associé. C'était Bon Baiser.
- Speaker #1
Ok, oui.
- Speaker #0
C'était un peu les nouveaux mecs de la vie. Ouais,
- Speaker #1
c'était hype.
- Speaker #0
C'était 2022, ils faisaient des trucs en plein air, ils faisaient des concepts itinérants. Je voyais ce que j'avais vu en 2015 sur les médias. les mecs de Back in the Days parce que les mecs sont venus de Charleroi c'est pas des Bruxellois ils viennent de Charleroi ils avaient ce truc ils ont amené un juice et je me dis putain non ça c'est les prochains qui vont dominer la ville et donc je m'associe avec eux on signe 4 producteurs qui sont Shipper Camille Leraud Slow Mo et euh... Le dernier, comment il s'appelle encore ? Qui fait partie de la Sosa Fame. Sosa.
- Speaker #1
Ok, oui.
- Speaker #0
Et voilà, on amène la S. En fait, on devient un peu le hub. En fait, c'est ça que je voulais faire. Je voulais créer un hub créatif où tout le monde se voyait. Ça défonçait, parce que des fois, les studios sont dans des caves. Là, en fait, le truc... En plus, il était bien placé, c'était au-dessus du café. Il y avait un bar en bas. Donc, c'était magnifique, tu vois. T'es en plein centre-ville.
- Speaker #1
C'est là qu'on avait fait la release de la Mielerie.
- Speaker #0
Exactement. Et donc moi, je me dis, putain, voilà, en visionnaire, je me dis, je veux créer un peu un hub créatif là. Et voilà, on a bossé ensemble pendant un an et demi. Donc on a fait des placements sur Frèche, sur Lala. J'étais au départ aussi de ce qui s'est passé sur le nord de la France, sur les Gapmans d'Afriki. J'ai amené Rally aussi. Donc tu vois, j'ai toujours été en fait... Dans la tendance, quoi. Même un peu en avance. Et voilà, ça se termine. Je signe Demna en 2022, juin 2022, je le signe chez Sony. C'est un super deal.
- Speaker #1
Parce que là, en plus, tu le signes chez Sony...
- Speaker #0
En management.
- Speaker #1
Ah, donc toi, t'es son manager.
- Speaker #0
Je suis en management, parce qu'il y a Damson au-dessus, avec Richie, et donc je le signe, et c'est moi qui fais le business à faire. Le truc fou, quand même, c'est que c'est moi qui négocie le deal.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Avec ces années aussi d'expérience, c'est qu'aujourd'hui en fait je sais négocier au mieux. Bon après évidemment il faut avoir un peu de levier aussi, tu peux pas demander tout n'importe quoi. Mais en tout cas c'est moi qui fais les négociations.
- Speaker #1
Parce que du coup... Demna a fait mauvais payeur avec la FEV et donc ça c'est ton levier pour aller négocier chez Sony ?
- Speaker #0
Sony et puis tu as Universal qui se battent et puis voilà tu...
- Speaker #1
Parce que c'est une co-aide Sony de vie c'est ça ?
- Speaker #0
Sony de vie,
- Speaker #1
exactement. Ok, d'accord. Et tu travailles toujours avec lui ? Oui.
- Speaker #0
Et donc je leur vends une vision etc. Et après ça, on va un peu plus loin. Moi j'ai toujours eu un peu BKR Baby Boy. Que j'avais signé avec Sony. Et en fait, en gros, les gens ne comprenaient pas. Au départ, le partenaire ne comprenait pas. Et donc, on a beaucoup, beaucoup travaillé dans le labo. Et ce qui se passe, c'est qu'on s'arrête et il sort des trucs par lui-même. Et en fait, on rebosse ensemble après. Et on sort un morceau qui s'appelle « Foc le club » . Et après ça, j'arrive à le faire signer chez Warner, chez Edier. Et on a sorti en septembre une tape très fort inspirée par Party Next Door. Et là en fait on est sur une lancée où on lance un single par mois.
- Speaker #1
Et donc là maintenant en gros ça c'est les projets... Ouais ouais, current.
- Speaker #0
2025,
- Speaker #1
Demna, BKR, Babyboy...
- Speaker #0
Demna qui va sortir une tape et Babyboy, enfin BKR qui va sortir... qui va sortir des singles tous les mois.
- Speaker #1
Ok. Du coup, en fait, tout ça, là, maintenant, là, je réalise, tu sais, avec tous les sujets, tous les artistes qu'on a parlé, je pense que je vais vraiment commencer à faire une playlist, tu vois, avec une espèce de soundtrack. Tu m'inspires, tu vois. Tu fais la soundtrack de Black. Merci. Je vais faire la soundtrack de Big Manager, on va mettre, et tous les coups de cœur. Mais en tout cas... Merci pour cet échange. Merci, c'était intéressant, inspirant. Ce que j'apprécie, c'est que tu ne t'es pas caché, tu as donné les succès, les moments plus compliqués. Et puis surtout, je pense que quelqu'un qui va regarder ça va pouvoir apprendre ce qu'on apprend aussi en observant. Et donc, voilà, en tout cas, merci. Après,
- Speaker #0
ce que je demande aux gens, c'est, vas-y, prenez ce que vous avez à prendre comme des éponges, mais aussi, faites votre... propre expérience.
- Speaker #1
Oui, ça c'est important.
- Speaker #0
Faites des contre-vérifications, faites vos...
- Speaker #1
C'est ton expérience. Voilà,
- Speaker #0
ça c'est mon expérience.
- Speaker #1
Ton expérience avec mes infos me permet de trouver potentiellement une nouvelle solution. Et moi c'est...
- Speaker #0
C'est ça que je demande aussi aux auditeurs, aux spectateurs, de aussi faire ce travail-là.
- Speaker #1
Ça c'est important.
- Speaker #0
De se dire, ok, ah putain, et de croiser aussi. Ah putain, si je me rappelle, il a parlé de ça comme Et voilà. Parce que regarde, toi et moi...
- Speaker #1
toi et moi, on a des divergences, mais après, si on recoupe avec une info qu'un autre invité donne, tu sais, après, et l'intelligence et l'expérience du spectateur se fait sa propre expérience, et puis voilà. En tout cas, merci. Merci à toi. Merci. Et, hein, prime time. A bientôt, hein.
- Speaker #0
Let's go.
- Speaker #1
Merci d'avoir regardé cet épisode. Merci à Slice pour ce magnifique studio. Merci toujours aux invités. Merci aux commentaires. Merci à ceux qui propagent l'épisode. Abonnez-vous. Toujours, vous connaissez bigmanaja.podcast sur toutes les plateformes. Abonnez-vous, likez, commentez, partagez. Comme je le dis, Big Manager, c'est pour vous, par vous, ensemble.