- Speaker #0
...DANCE, BACI,
- Speaker #1
BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI,
- Speaker #0
BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI,
- Speaker #1
BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI,
- Speaker #0
BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI,
- Speaker #2
BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BACI, BAC Sophie de Bagnères-Algerien veut écrire l'histoire de son père qui a été condamné au Bagne à Cayenne en 1931.
- Speaker #3
Oui c'est vrai, depuis jeune âge, depuis que j'avais 10 ans, pourquoi ? Mon père m'a transféré le malheur qu'il a vécu. Quand il est revenu de la Guyane, il a trouvé qu'on a pris tous ses biens à Ardère. Alors, pour aller à l'Amérique, pour aller au tribunal, pour aller faire des recherches chez le notaire. J'étais à côté de lui, il était vieux, alors mon père m'a impliqué dans ses affaires depuis jeunesse. J'ai pas profité de mon enfance. C'est ça, c'est ça ce qui m'a...
- Speaker #4
Ton premier contact avec cette vie, c'est ça ?
- Speaker #3
C'est ça.
- Speaker #4
Et à quel moment tu comprends... Vraiment que les 30 dernières années, il n'était pas en Algérie. Après sa mort,
- Speaker #3
disons un peu avant, quand il a raconté beaucoup aux gens, même quand on était jeune, on n'était pas tellement conscient à suivre. Aussi, j'avais toujours des archives chez moi. J'étais curieux de comprendre ce qui se passe, le contenu des lettres. J'en ai sept lettres, les contacts après son retour avec les banners qui sont restés là-bas.
- Speaker #4
Il était encore vivant quand tu prends connaissance de ses lettres ou pas ?
- Speaker #3
Oui, mais je les ai ramenés une fois à l'école. Mon prof m'a dit de cacher ça quand il sera grand. Moi, je voulais comprendre, qu'on me lise, parce que peut-être qu'il n'avait pas le temps. En décembre 1983, il y avait un père de l'église catholique chez nous. Il était mon prof d'anglais, je lui parlais toujours de mon père, parmi les autres profs. Il est allé le mois de décembre en France, il m'a ramené l'ouvrage de Papillon. Le livre d'Henri Charrière. Il y avait le film. Mon prof me donne le livre. Je commence à lire, à comprendre bien le français, à lire, à lire. Et à revoir le film. Après le décès de mon père en 1979.
- Speaker #4
Et c'est après cette date que tu te mets à rechercher dans le détail, mais est-ce que tu peux nous raconter, parce que c'est important, justement l'histoire de ton père et comment se fait-il qu'il passe de l'Algérie et qu'il se retrouve en Guyane ?
- Speaker #3
Un de ses amis, un certain Salah bin Ahmed, à la casse-voix d'Alger, il a dit à mon père, quand je quitte la maison, il y a un monsieur qui entre dans ma maison. Avec sa femme, là, mon père a voulu faire le justificier, ou bien voir. Il a averti, il a dit, tu m'as dit, maintenant tu m'as dit, toi tu t'en retires. Tu me laisses aller voir et faire.
- Speaker #4
Mon père,
- Speaker #3
d'habitude, il est rapide, il vient, il a surpris dans la chambre, etc. Mais il est venu avec l'époque pistolette à l'époque.
- Speaker #4
D'accord.
- Speaker #3
Donc il a rattrapé le mec en flagrant. Il est en pleine chambre. Quand il a retiré de la chambre, au couloir, le Salah bin Ahmed, le mari, au lieu de rester en dehors, il servait, il vient, il attaque.
- Speaker #4
Il attaquait l'amant.
- Speaker #3
Oui, il attaquait l'amant de sa femme. Il attaquait. Il a attaqué le 16 décembre, le 20 décembre, et il est mort à Moustapha, à le poétal de Moustapha, en 1928. Le rôle de mon père là, il est complice, complicité de meurtre. Alors, le tueur, il a été condamné à perpétuité. Il est mort en Guyane les six premiers mois. Mon père, il a été accusé de complicité de meurtre. Il a été condamné à 15 ans de travail forcé et 20 ans d'interdiction de séjour. Ils étaient embarqués dans le même bateau. 253 banniards ont embarqué d'Alger, c'est le convoi du 9-9, 1931.
- Speaker #4
Une partie de sa détention à Alger, et ensuite on l'embarque pour... Voilà,
- Speaker #3
ils ont embarqué des Algériens, des Tunisiens, des Marocains et des Pinoirs, des gens qui portent le nom européen d'Alger. Et pendant la traversée, avant d'arriver en danger, pendant le bateau, les gens qui gèrent le bateau, l'équipage, le commandant, les surveillants, ils ont descendu, les manières étaient toutes enchaînées en bas, la cale du bateau, étaient enchaînées sur des cellules comme ça, de 50, 50, 50, imagine-toi, toi, si ce sont 50, avec la chaleur, avec... Les odeurs, les maladies, la soif, tout. L'équipage, les surveillants ont demandé, on veut cinq volontaires des prisonniers pour aider. Mon père était rapide avec ses amis, il les a dit, « Arouahou, on y va, si ça marche, on est bien, si ça ne marche pas, on revient. » Ils sont allés, on les a, on a levé les chaînes, ils ont déplacé le charbon. Ils font un petit travail comme ça. Oui, puis ils sont libres. Ils sont libres en haut du bateau, avec l'équipage libre, comme les civils, comme les gens. Quand il est arrivé en Guyane, il a été classé troisième groupe. Troisième groupe, comme Papillon, comme les grands criminels. Alors, la dernière visite à la Guyane, j'ai compris ça, c'est qu'il était intelligent. Même pas un mois de son arrivée. Il a été classé deuxième classe. Il a fait un geste. Je ne sais pas si c'est écrit. Vu le geste qu'il a fait Saïd Moumbakir, entre le 12 et le 22 novembre 1931. On va le classer deuxième classe. Le fait qu'il est classé deuxième classe, il ne va pas rester dans le même camp. Il ne va pas rester avec les mêmes criminels. Donc il a été déplacé vers Saint-Laurent-du-Marron. Il a été affecté dans une briqueterie. Il a travaillé dans la briqueterie en 1943 après deux réductions de peine. Deux fois six mois, en 1937 et en 1939. Il a été libéré en 1943. Ici, on est aux 13. Rue Guéinomère, Saint-Laurent-du-Marroni, là où habitait mon père les années 40, entre 1943 et 1948, selon son dossier d'anombre que j'ai consulté il y a deux ans. Donc on est là pour chercher et voir si on peut trouver une trace ici, des voisins, un monsieur d'un certain âge qui peut témoigner ou nous donner des renseignements. J'espère. Donc il est obligé d'aller travailler. Ça commence une deuxième étape, l'étape d'interdiction de séjour ou bien la résidence obligatoire.
- Speaker #4
C'est ça, parce qu'en fait les bagnards, il y a un temps de résidence obligatoire sur place. Voilà, exact.
- Speaker #3
Oui, il avait 20 ans d'interdiction de séjour. Avec le doublage, ça devient 40. Mais il a de la chance, ça a commencé en 43, 4 ans, en 47. Il y avait la grasse. Elle a été grasse par le gouverneur de l'époque.
- Speaker #4
Mais lui, ce qu'il y a, c'est qu'en fait, il a vu les Algériens rentrer, mais lui, il ne pouvait pas rentrer en Algérie, c'est ça ?
- Speaker #3
Non, il ne voulait pas.
- Speaker #4
Il ne voulait pas. Il voulait rester sur place.
- Speaker #3
Il voulait rester sur place parce qu'il avait l'habitude à Gardaïa de travailler la terre. À Gardaïa, c'est la sécheresse. Il fait chaud. Les eaux sont à des profondeurs de 60-50 mètres. Les problèmes qu'il avait, la petite surface qu'il avait à Gardaïa, les contraintes naturelles qu'il avait à Gardaïa, pour quelqu'un qui travaille la terre, mais là-bas il n'y avait pas. L'eau c'est pas un problème. Avec de l'eau tu peux faire beaucoup. Donc il avait une concession de deux hectares. Il a commencé à élever des vaches, des ânes, des chiens, des poules, tout ça c'est... C'est écrit dans des lettres, il les a vendues. Quand il est revenu, il a vendu. Donc à la fin, vers 1960-1961, on lui a dit que ta maman, elle veut vendre. Elle a envoyé plusieurs lettres. Et tu ne veux pas revenir, elle t'a demandé. En 1938, elle a envoyé. En 44, on voyait les lettres. En 45, on voyait les lettres aussi aux bannes. Elles sont toutes dans son dossier, je les ai trouvées. Mais il n'y en a pas. Chaque fois, il les dit, je vais entrer, je vais venir. Le prochain, quand je vais venir, il ne vient pas. Il s'est trouvé avec un groupe d'arabes. du nord africain, du marocain, algérien, tunisien même il appelle ça les algériens, les européens qui étaient les pays noirs qui étaient avec lui à Alger, qu'il connaît d'Alger et parmi eux, un monsieur qui est resté avec lui trente ans ils ont passé les trente ans en Guyane ensemble, c'est un européen un certain Antoine Sibéry Alors en 61 mon père est revenu en Algérie pour voir sa mère. Il s'est marié avec ma mère même pas 15 jours, 20 jours après son arrivée. C'était rapide. Donc il s'est marié, on lui a dit tu vas avoir des enfants. Je vais vous dire au revoir.
- Speaker #0
Voilà, au revoir M. Bakir.
- Speaker #3
Même si je ne reviens pas, mes gardes-baises seront là.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
On va faire un jumelage.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #3
Ce sera parmi mes objectifs. Avec plaisir. Vous savez, je vous ai...
- Speaker #0
C'était pour vous, spécialement.
- Speaker #3
Merci. Non, non,
- Speaker #0
c'est moi qui dois vous dire merci parce que nous avons appris... beaucoup vous nous avez aussi appris beaucoup sur les bagnards maghrébins et le travail se continuera avec Linda Ameri merci merci à vous merci à bientôt
- Speaker #3
Petit à petit, je crois qu'avec ma visite à Aix-en-Provence en 2024, et la visite que je viens de faire en Guyane, j'ai de la matière et je vais me contenter de ce que j'ai. J'ai trouvé le dossier d'Aix-en-Provence. Alors on m'a donné des gants, des bavettes, j'ai essayé de tout photographier. J'ai tout photographié. Les grandes lignes de sa vie en Guyane étaient... déclaré. J'ai pu écrire, avancer, c'est bon, c'est bon. Pour la première fois, j'ai trouvé la photo de mon père en 1931.
- Speaker #4
Là-bas ?
- Speaker #3
J'ai été photographié là-bas. 1931. Tu l'as, cette photo ? Oui, oui. 1931.
- Speaker #4
Voilà. Donc c'est ça avec la tenue du bagnard. Donc là, on le voit avec la tenue rayée. Ça c'est en quelle année ça ?
- Speaker #3
1943.
- Speaker #4
1943.
- Speaker #3
Ça c'est André Bouron là où il a été vacciné. En 1969 quand il est mort. En 1961 quand il est revenu. Ça c'est en la journée,
- Speaker #4
d'accord.
- Speaker #3
Voilà où le voilà.
- Speaker #4
Ça c'est au départ ?
- Speaker #3
Oui, en 1931. Il a eu 34 ans.
- Speaker #4
On l'a pris en photo où là ? Au camp de transportation à Saint-Laurent-du-Marne. D'accord, donc c'est à son arrivée ? À son arrivée. On les a fait tous en photo.
- Speaker #3
C'est une fiche. Ça devient une fiche comme ça.
- Speaker #4
C'est vraiment comme dans les films. On les met un par un, on les prend en photo. On les met de côté, de côté.
- Speaker #3
Une latérale, le voilà. Les deux photos, l'affiche anthropémétrique qu'on appelle, comme ça l'affiche anthropémétrique.
- Speaker #4
D'accord, ok.
- Speaker #3
C'est ça Salah Benhamid, son co-accusé.
- Speaker #4
Donc ça c'est lui qui a tué, qui a commis le meurtre ?
- Speaker #3
Il est mort ici. Il s'est premier moi. Il a fait des gars, puis il est parti le premier.
- Speaker #4
Qu'est-ce que ça t'a fait justement quand tu es là en 2026, alors on se parle, tu viens juste de revenir de Guyane. Vraiment de marcher sur les traces de ton père, d'aller là où il a été. tu es allé voir le BAN, tu as retrouvé une adresse où il a vécu, le lieu où il a travaillé, qu'est-ce que ça t'a fait ?
- Speaker #3
Qu'est-ce que ça m'a fait ? Il y a un soulagement. Je suis maintenant tranquille, je connais tout. Dommage que ma mère, ma soeur, ma femme soient mortes. C'est un soulagement, je suis bien tranquille maintenant, je peux écrire. On appelle un crime d'honneur ce qui s'est passé. ça ne méritait pas tout ça malgré toutes les souffrances malgré tout c'est une c'est une vie je vais la retracer et je vais l'écrire j'ai des chapitres ça reste à compléter avec ma dernière visite il y a une lettre là de Bachir bin Ahmad Jérid à mon père le monsieur qui a écrit la lettre à mon père en 1931 j'ai trouvé sa fille elle a presque mon âge C'est vrai, dans les rues, tu trouveras les Chinois, tu trouveras les Libanais, tu trouveras d'autres personnes, mais l'origine, c'est une ville construite par les Libanais, comme on dit, et pour les Libanais, les magasins, les activités commerciales, après la Deuxième Guerre mondiale, c'était des Arabes, c'était des Maghrebans. C'est des démagres. C'est tous des démagres. Le son des Algériens est là-bas. L'histoire des Algériens est là-bas. Le silence et le cri de la soif française sont là-bas.
- Speaker #2
Dans ce bleu-blanc bled, vous avez entendu elle-même ces chansons tirées d'un poème qui raconte la douleur de la déportation après l'insurrection algérienne de 1871. Cette chanson sera ensuite un symbole de l'émigration.