- Speaker #0
Bleu Blanc Bled a rejoint Olivia Zemmour dans une manifestation contre la loi Yadam, un projet qui veut interdire toute critique d'Israël. La présidente d'Europalestine s'est forcément mobilisée, elle se bat pour la Palestine depuis 24 ans.
- Speaker #1
Alors j'aimerais, bonjour, je voudrais vous remercier pour votre présence. A ce rassemblement de protestation contre la loi, le projet de loi Yadam et contre la censure, y compris de la pétition de plus de 700 000 citoyens. Depuis 25 ans, je me souviens de la Palestine à plein temps, parce que justement c'est la seule cause sur laquelle, quand vous militez, vous êtes attaqué en tant qu'antisémite, et où donc les gens ont peur de s'engager, notamment tous ceux qui sont musulmans, pour lesquels c'est la double peine, avec la loi en France sur le séparatisme musulman et l'islamophobie quasiment institutionnelle pour eux. c'est vraiment très difficile or ils sont quand même 5 à 6 millions de musulmans en France qu'on réprime. Je me bats sur ce terrain parce que je pense que la Palestine est une cause centrale. On ne peut pas à la fois dire qu'Israël est nos alliés, c'est un pays démocratique, c'est un modèle, on nous le présente comme un modèle et en même temps si vous voulez, si Israël génocidaire, apartheid colonial est un modèle, ça veut dire que on vit dans une société fasciste, c'est ça que ça veut dire. Mais avant de m'occuper de la Palestine, je me suis battue, je dirais régulièrement, contre l'injustice. C'est mes grands-parents qui m'ont élevée. Eux, ils étaient juifs. Moi, je suis d'origine juive, dans le sens où je ne me dis pas juive, parce que je ne suis pas croyante. Et mes grands-parents sont devenus incroyants après la guerre, parce qu'ils disaient que si Dieu existe et qu'il a laissé faire ça, c'est difficile de rester croyant. Mais mes grands-parents étaient juifs, c'était partie de ces juifs. qui ont été chassés d'Espagne au moment de l'Inquisition en Espagne et qui se sont retrouvés en Turquie. Et ensuite, ils sont arrivés en France au moment de la Première Guerre mondiale. Et au moment de la Deuxième, ils ont été, comme des tas d'autres Juifs, amenés à porter l'étoile juive et à être déportés et à être rescapés des camps de Grand-Cy. Mais ce qui les avait le plus marqués, c'est l'indifférence des gens. c'est que les gens... détournent le regard de ce qui pouvait arriver à ceux qui étaient embarqués, hommes, femmes, enfants. Et cette indifférence, y compris de la part de voisins, les a beaucoup marqués. Ils m'ont élevée effectivement avec cette idée très très forte de ne pas faire comme eux, ces gens indifférents, et de réagir à chaque fois que je verrais dans ma vie quelque chose d'injuste, quelque chose de cruel.
- Speaker #2
Ma sœur Olivia, Olivia Zemmour, 24 ans de militantisme pour le droit des palestiniens de la vie. Je pense que ça s'applaudit. Je pense qu'il est interdit de réprimer aujourd'hui ma sœur, qui comme moi est juive et antisioniste. Il est interdit de réprimer des personnes qui demandent... de laisser la vie sur les territoires où ils sont nés.
- Speaker #1
Je me suis réveillée sur la Palestine au moment de la deuxième intifada avec la provocation d'Ariel Sharon sur l'esplanade des mosquées, comme beaucoup d'autres gens qui, entre 1993 et 2000, pendant les négociations d'Oslo, ont dormi parce qu'on leur a dit... y compris Yasser Arafat, tout va bien, on va avoir un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale, on n'a pas besoin de votre mobilisation, donc palestiniens restez chez vous, internationaux restez chez vous. Et donc c'est seulement quand on a vu que finalement c'était une arnaque et qu'il n'y avait pas d'accord du tout et que l'offre généreuse, soi-disant généreuse d'Israël qui disait qu'on leur a donné 99% de ce qui... C'était faux, c'était mensonger, qu'en vérité... jamais ils avaient l'intention de renoncer à quoi que ce soit, mais que la première intifada avait fait tellement de tort à l'image d'Israël, avec ces enfants qui attaquaient les mains nues avec des pierres, des tanks, et qui étaient eux tués, blessés, avec le mot d'ordre d'Isaac Rabin à l'armée, qui étaient brisés leurs lézeaux, et donc on s'est réveillés. Au moment de la deuxième intifada, beaucoup beaucoup beaucoup de gens
- Speaker #3
Vous avez été condamné à deux ans de prison avec sursis il y a quelques jours pour apologie du terrorisme. Est-ce que cette vendetta judiciaire a entamé votre courage, votre énergie ?
- Speaker #1
Écoutez, personnellement, je ne sais pas si les juges qui m'ont condamné avaient des illusions sur le sujet, mais ça fait 24 ans qu'on essaye de m'intimider avec des agressions de toutes sortes. J'ai été agressée par la Ligue de Défense juive, j'ai été hospitalisée, notre librairie a été saccagée. J'ai eu de nombreux procès intentés par le gouvernement, pas simplement par les officines israéliennes. Donc je veux dire que ce n'est pas maintenant que je vais me laisser intimider et que je vais me taire. Je ne vais pas me coucher. Et d'ailleurs vivre couché est extrêmement inconfortable. Et tant que j'ai encore un peu d'énergie et de santé, je vais continuer à lutter de la même manière. Maintenant, je pense que ce qu'ils espéraient, c'était plus faire un avertissement et intimider d'autres cercles, des sympathisants ou des gens qui voudraient militer pour la Palestine, qui, comme je vous disais, pour des tas de raisons, parce qu'il y a une répression brutale, n'osent pas le faire. Ce que vous voyez d'une manière générale avec la gauche, les députés de gauche, avec ce qui se passe, le mouvement général en France, presque un million de signatures contre la loi Yedan. ça veut dire que non, les gens ne se démobilisent pas, on n'arrive pas à les terroriser, donc il va falloir qu'on trouve autre chose, autre chose que ma condamnation, autre chose que la loi Yadans, ça ne fonctionne pas. J'ai la peine pour le moment la plus lourde pour avoir écrit un article qui ne plaît pas au gouvernement, dans lequel je parle de la résistance, dans lequel je parle de camps de concentration, dans lequel je dis surtout que c'était une opération militaire au départ et non pas un attentat terroriste et que le Hamas ne s'en prenait pas aux juifs en tant que juifs, Ils s'en prenaient d'abord aux militaires israéliens et ils voulaient en vérité... faire des échanges de prisonniers. Donc ça, ça n'a pas plu, et je me retrouve effectivement avec cette condamnation. Mais bon, si on me met en prison, ça me fera un peu de repos. Je veux dire que vous m'apporterez des oranges.
- Speaker #3
Avec plaisir, je n'en fais pas. Est-ce que le procès en antisémitisme qui vous a été fait à maintes reprises vous touche personnellement en tant que femme d'origine juive ?
- Speaker #1
Je pense que pour toute mon association Euro-Palestine, ça ne nous a jamais intimidés dans la mesure justement où on est un groupement de gens de toute confession ou sans confession, ça glisse complètement sur nous, on ne peut pas nous intimider, on n'a jamais pu nous intimider avec l'accusation d'antisémitisme et je pense que quand vous êtes en plus d'origine juive ça marche encore moins, ça fonctionne encore moins, c'est évident et ils ont envie effectivement d'être particulièrement méchants, je vois que le JFB et poursuivie aussi. pour le financement du terrorisme parce qu'ils ont envoyé l'argent à Gaza et l'UJFP c'est quoi ? Union Juive Française pour la Paix donc c'est quand même essentiellement des juifs dans cette association ça les arrête pas parce que pour eux c'est particulièrement important C'est particulièrement embêtant parce que ça désintimide, si je puis dire, les autres de voir que même des juifs se mettent dans cette lutte pour les droits des palestiniens.
- Speaker #3
Vous auriez pu avoir une vie confortable. Quel est le moteur de votre combat ?
- Speaker #1
Une fois qu'on voit, une fois qu'on sait, moi j'ai le contact, y compris directement avec les palestiniens, aussi bien de Gaza que de Cisjordanie que de Jérusalem. On correspond, ils m'envoient les vidéos. Et il n'y a pas 263 journalistes qui sont faits tuer pour qu'on ne relaye pas leurs informations. Donc je me sentirais extrêmement mal, extrêmement coupable, extrêmement inconfortable de ne pas... relayer ces informations, de ne pas faire connaître ce qu'ils subissent, leurs droits, les mouvements de solidarité dans le monde avec eux. Je ne crois pas que je pourrais apprécier la vie. Vous dites vous pourriez avoir une vie confortable, agréable. Non, je ne pourrais pas avoir une vie confortable et agréable tout en sachant. Alors je ne sais pas s'il y a encore des gens qui ne savent pas, mais je trouve plus confortable d'être dans la lutte que d'être... de vivre couché ou avec les yeux bandés ou menottés, etc.
- Speaker #3
Vous avez été journaliste pendant 20 ans je crois à l'AFP, un peu moins, 10 ans à l'AFP. Vous avez créé votre propre agence de presse qui a été rachetée par Reuters, je me souviens bien. Que gardez-vous de ce parcours de journaliste ?
- Speaker #1
Le journalisme à l'AFP, à une époque où on pouvait encore dire et écrire certaines choses. Si vous voulez, j'ai 77 ans, donc je ne suis plus journaliste déjà depuis plus d'une vingtaine d'années. Et donc c'était une époque où on pouvait... quand même écrire des choses sans être accusé de quoi que ce soit. Et il y avait un certain journalisme d'investigation qui existait encore. Et j'ai appris le journalisme d'investigation que je ne trouve plus aujourd'hui dans les médias grand public. Mais ce n'est pas étonnant, s'ils sont possédés par des Dassault, Bouygues, Bolloré, Drahi, on ne voit pas comment ça pourrait être autrement. Les médias grand public sont devenus des relais de la propagande israélienne, des relais de mensonges.
- Speaker #3
Croyez-vous encore à la libération de la Palestine et à la fin du colonialisme israélien ?
- Speaker #1
Oui bien sûr parce que je n'ai pas encore vu au monde un seul colonialisme l'emporter.
- Speaker #4
On va te suivre au plan, c'est un peu par là les solutions.
- Speaker #1
Ah bon ? Oui. On n'a pas vu, même avec un rapport de force très défavorable aux colonisés, que ce soit en Indochine, que ce soit au Vietnam, que ce soit en Algérie, tous les exemples qu'on a, finalement, ce sont les gens qui ont été opprimés, qui ont été colonisés, qui l'ont emporté. Alors, oui, je crois en la libération du peuple. palestiniens, ils le payent très très cher cette lutte pour la liberté à l'heure actuelle on est face à un génocide c'est à dire que les israéliens ont dit qu'il fallait anéantir les bébés palestiniens dans le ventre de leur mère parce qu'ils allaient de toute façon devenir des terroristes c'est très grave et la seule chose qu'on puisse faire c'est pas de croire ou de pas croire dans leur libération à tel ou tel terme, je n'en sais rien si de mon vivant je le virais, je l'espère mais de toute façon on n'a pas d'autre d'autre option que de lutter avec eux.