- Speaker #0
Bleu Blanc Bled est aujourd'hui sur le marché de Stain dans le 93 avec Azedine Taïbi, maire de la commune et candidat à sa propre succession sur la liste LFI-PC. Stain, uni pour demain.
- Speaker #1
Tu changes quoi toi ? Ah bah non, je fais quoi ? Elle a 86 ans, je viens de lui faire. Tu t'en vas ? T'as bien raison, t'as bien raison. C'est bien ? Bon allez, à ta lave, l'offre de numéro est là. On est là, on est là,
- Speaker #2
tranquille.
- Speaker #3
Ne t'inquiète pas, ça va, tu vois. Vous aimez bien cette... cette interaction avec les citoyens ?
- Speaker #2
C'est mon quotidien. Je ne les aimerais pas, je ne serais même pas ici. Mais je les aime bien parce qu'en fin de compte, c'est eux qui me donnent cette force et cette énergie. Eux, souvent, ils me sollicitent, ils m'interpellent en me disant « Monsieur le maire, ou Asdin, on compte sur toi, on compte sur vous, sur... » Voilà sur vos combats etc. Mais ce qui est important c'est que... Ça va et toi ? Ça va ? Et donc du coup... Évidemment, normal, je suis très sollicité sur le fait de les accompagner. Ouais, je veux bien, ouais. sur le fait de les accompagner, de les soutenir sur des combats, sur des demandes, etc. Parce qu'avant d'être maire, même avant d'être adjoint, j'ai longtemps été animateur, éducateur dans les quartiers, responsable jeunesse. Donc voilà, j'ai un parcours dans l'éducation populaire. Et évidemment, je suis fortement sollicité. Mais j'aime aussi leur dire que je puise aussi sur leur énergie, sur leur... je dirais sur leur façon de voir les choses et ils me donnent autant d'énergie que moi je peux aussi leur apporter et je pense que c'est important les enfants de la famille ça va ?
- Speaker #1
oui ça va le petit garçon il va bien ? oui il a la mosquée super l'école ça va ?
- Speaker #2
ça se passe bien pour lui ça va ? très bien super tant mieux c'est le plus important à bientôt les habitants y compris des villes et quartiers populaires sont malheureusement très souvent je dirais stigmatisés, méprisés et... Par une certaine élite de la classe politique et certains responsables, on a besoin nous sur le terrain de créer du lien en permanence. Du lien, du lien en permanence. Et on a la chance d'être dans une ville comme Sting qui est une ville... ville populaire, où il y a un peu plus de 90 nationalités qui se fréquentent. Moi, ça a toujours été mon combat, au-delà de mon parcours personnel, je dirais de mes origines, mais c'est de créer de l'harmonie et du lien avec toutes les... culture, c'est important, c'est une richesse mais inépuisable et cette richesse là, nos opposants les fachos, l'extrême droite mesurent combien elle représente une richesse et un atout pour la France pour la République, même pour le monde entier donc nous on a besoin de transformer justement parfois cette stigmatisation cette envie de diviser les uns et les autres ceux qui sont tentés de le faire à quelque chose de très fort, d'harmonieux de respectueux et de solidaires et pour moi c'est un combat de tous les jours Voilà. Mathieu, ça va ?
- Speaker #3
Est-ce que vous sentez que cette peur touche vos habitants ? Est-ce qu'ils vous en parlent régulièrement ? Est-ce que les gens sont inquiets ?
- Speaker #2
On est dans une ville qui a été traversée par toutes les vagues d'immigration. Ici, on a connu les immigrations polonaises, portugaises, espagnoles, italiennes, etc. Et puis, progressivement, l'immigration venant des colonies Algérie, Tunisie, Maroc, et puis subsaharienne, Mali, Merci. Sénégal et bien d'autres pays.
- Speaker #1
Monsieur le maire, bonjour.
- Speaker #2
Bonjour, ça va ? Tu vas bien ? Merci beaucoup. Ça va et toi ? Merci à toi. Très bien, bonjour. Avec bien évidemment une partie importante d'une population plutôt de confession musulmane. Et puis d'autres qui ne le sont pas. Et toi ça va ? Bah ouais, mais bon on ne change pas, on ne change pas. Et toi la santé ça va tout ça ? Ouais, tout ça. Les enfants, tout ça ? Bon courage. Non, ce que je voulais dire c'est que... Toutes ces vagues d'immigration ont malheureusement aussi connu des injustices, des discriminations, etc. Envers les Polonais, on les appelait les Polacks, quand je discutais avec des amis italiens, on les appelait les Ritales. Oui, en effet, il y a évidemment parfois un sentiment partagé de la part des personnes, y compris de confession musulmane. Ils sentent un peu une haine, un mépris d'une partie de la classe politique, et donc ça marque, ça crée de la frustration. Ça a parfois créé... pour certains d'entre eux du repli. Bonjour madame, ça va ? Très très bien.
- Speaker #4
Merci beaucoup,
- Speaker #2
on est là avant
- Speaker #4
On va gagner.
- Speaker #2
C'est pas moi qui vais gagner, c'est vous qui allez gagner.
- Speaker #4
On va tous gagner.
- Speaker #2
On va gagner ensemble. Inch'Allah. Comment ça va ? Ils sont partagés à la fois par l'incompréhension de ces comportements racistes, islamophobes, qui malheureusement sont très très prégnants dans nos sociétés actuelles et qui est lié à la fois à un contexte politique national, mais aussi à une situation politique internationale, etc. C'est tout le travail que moi je dois mener en tant que... Merci. en tant que maire, en tant que militant aussi, parce que je suis un maire, mais je suis aussi un militant. Je ne gomme pas mes combats, mes convictions, mes valeurs. Les gens le savent. Je ne cache pas, mais contrairement à beaucoup de responsables politiques, les gens savent très bien ce que je pense, connaissent mes combats, savent très bien ma position sur l'ossor du peuple palestinien, sur le peuple les opprimés, savent très bien ma position sur la question de la justice sociale, les services publics. Moi, je ne me cache pas.
- Speaker #3
Justement, sur la question palestinienne, vous avez été traité d'islamobochiste et inquiété.
- Speaker #2
De très proche des frères musulmans, etc.
- Speaker #3
Pour avoir notre... notamment soutenu Marwan Barghouti.
- Speaker #2
Bien sûr, Salah Moury, etc. Que je soutiens toujours d'ailleurs. Et j'espère la libération de Barghouti, qu'on peut considérer comme le Mandela palestinien. Et ce n'est pas moi qui le dis. J'ai eu la chance. Et l'honneur de le rencontrer dans un camp de réfugiés, le camp de réfugiés d'Amari, avec qui on est jumelés il y a de très nombreuses années, avant qu'il soit, je dirais, kidnappé par l'armée israélienne. Et sa libération serait véritablement un espoir, un espoir de pouvoir trouver enfin une solution d'un État palestinien, démocratique.
- Speaker #5
C'est de l'inatomopère Azdine, monsieur Daïbi. T'as vu la preuve, on dit Azdine. On dit pas le maire parce qu'il est humain. il est bien avec nous.
- Speaker #2
C'est l'Afrique du Sud qui m'a progressivement apporté, qui m'a amené sur le combat pour la lutte et la libération du peuple palestinien. C'est grâce justement à Mandela et au fait que je m'étais beaucoup engagé, étant jeune, pour la libération de Mandela et de tous les prisonniers de la ANC. Et j'ai découvert le combat des Palestiniens. y compris grâce à un ami, Fernand Tuile, qui est malheureusement désinquiété. Ça m'a valu beaucoup de difficultés, beaucoup d'ennuis et de pression par des associations très pro-israéliennes. Il y a des associations qui évoluent ici en France, que ce soit le CRIF, que ce soit le BNCVA ou bien d'autres. Mais je n'ai pas lâché pour autant. J'ai été traité de tous les noms. J'ai même été convoqué auprès de la police il y a très longtemps, auprès de juges pour apologie contre le terrorisme. J'ai totalement été, je dirais, mis hors de cause. Je me souviens quand deux très hauts inspecteurs m'avaient reçu pendant plus de 4 heures, voire 5 heures, mais je me rappelle que c'était un après-midi, un jeudi après-midi, je n'oublierai jamais ça, pour justement... échanger avec moi, me dire, voilà, on a des clichés, on vous voit en photo avec Barghouti, on vous voit en photo avec Salah Amouri, vous avez mis la banderole de Salah Amouri sur le fronton de la mairie, la banderole de Marine Barghouti, les drapeaux palestiniens, vous avez organisé des meetings, etc., en faveur du peuple palestinien, enfin, j'ai tout entendu, voilà. Et d'ailleurs, à l'époque, Mandela, on le considérait comme un terroriste, certains le considéraient comme un terroriste, alors que maintenant, il est, voilà, il est, je dirais...
- Speaker #3
Sanctifié,
- Speaker #2
quand même. Exactement, et compris même par ceux qui le comprennent. considéré comme terroriste. Et ce sera le cas pour Barghouti. Barghouti sera tôt ou tard considéré comme un libérateur important de la cause du peuple palestinien, mais de la cause de tous les peuples opprimés, et une des clés pour régler le conflit israélo-palestinien. Alors que Netanyahou, lui, il faut considérer que c'est un terroriste, bien sûr. C'est un voyou, un terroriste, c'est un fou furieux, quoi. C'est un danger pour son peuple. C'est sûr.
- Speaker #4
Bien sûr, bien sûr, on va parler ensemble. Avec plaisir, faites le pas.
- Speaker #2
Voilà, au moment où je vous parle, on est dans les jardins de tête de ville.
- Speaker #3
Oui.
- Speaker #2
On se dirige vers une des portes qui nous permet d'accéder dans mon bureau. En passage... J'utilise assez souvent.
- Speaker #3
Vous y êtes depuis 8 ans là maintenant.
- Speaker #2
Comme maire depuis 2014. Ah oui. Nous n'avons pas changé de bureau, c'est tout le monde qui est au bureau depuis 2014. Donc 12 ans. Et puis quand j'étais adjoint, j'avais aussi mon bureau ici en mairie.
- Speaker #3
Très beau bureau. Ouais. Ah tiens, vous avez une photo avec Yasser Arafat là.
- Speaker #2
Ici, j'ai eu le plaisir de t'en parler, une photo avec Yasser Arafat, donc j'ai eu la chance de rencontrer à trois reprises. La première fois en 2000 au Parlement palestinien à Gaza, avant que Gaza connaisse le blocus imposé par l'état d'apartheid d'Israël. C'était un moment extraordinaire, un moment émouvant. Un grand monsieur, et je l'ai revu en 2002, et je l'ai revu en 2003 à la Mokata Ramallah.