- Speaker #0
Bienvenue dans le monde de bonbons, un monde de bons et de beaux. Ici, on écoute nos frissons, nos palpitations. On se délecte de ses sensations et en œuvre pour les transmettre. Dans cette tribu de passionnés, on danse la vie. On dévore le monde et on croque l'aventure à pleine bouche. Je suis Frédérice Carnière et je suis moi-même une exploratrice de la vie. Mes invités sont des explorateurs du goût, des chercheurs d'or, des chefs d'orchestre, des artistes, des passionnés. À travers mes mots ou les leurs, je vous invite à voyager avec passion. Bienvenue dans le gargouilli de nos cœurs. Dans ce nouvel épisode de Bonbo, j'ai poussé la porte de la Casbah. Ici, on chine des pièces emblématiques d'une époque, du mobilier signé et des archives du temps et du design, avec l'antiquaire Betty Kafumi. La petite Betty, entourée de sa grande famille, est aujourd'hui la grande, sans tour de pièces et de trouvailles, tout autant chargée d'un passé et d'amour. De Belle Rose à la Casbah, Betty a fait de son expérience dans la mode une ligne de conduite, un terrain de jeu pour singulariser et habillé les intérieurs. Créer des décors uniques et redonner vie à une pièce défraîchie mais iconique. Comment rend-on hommage au beau, à l'intention, aux gestes d'un designer et à sa vision, si ce n'est par le regard de celles qui aujourd'hui composent des univers et racontent des histoires visuelles en leur honneur. Je vous invite à visualiser cet épisode comme une entrée dans un monde de créateurs, de designers et d'artistes d'une autre époque. Belle écoute !
- Speaker #1
Comment vas-tu aujourd'hui dans ton cœur ?
- Speaker #2
Alors, c'est une question hyper intéressante. Aujourd'hui, j'ai bientôt 36 ans. Jeudi. Non, mais du coup, j'ai un peu fait le bilan aussi, parce que c'est toujours ça avant les fêtes d'anniversaire. Je trouve que c'est un peu la fin d'un cycle. Tu finis ton année, tu en démarres une nouvelle, tu as un nouvel âge. Je me sens hyper alignée et sereine, en fait. Sereine, chose que je n'étais peut-être pas avant. J'ai l'impression qu'avant, j'étais toujours dans des angoisses, dans des stress, dans des pensées limitantes. Et j'ai fait un gros travail sur moi-même en début d'année. Et aujourd'hui, je dirais que je me sens vraiment alignée à qui je suis. J'ai l'impression de savoir où je veux aller. Et j'ai l'impression de me sentir beaucoup plus sereine et beaucoup plus en phase avec moi-même. Et d'être beaucoup plus clémente aussi avec moi-même. Voilà. Donc je dirais que je suis moins dure avec moi-même et que le fait d'être moins dure, je me sens mieux.
- Speaker #1
C'est pareil non ?
- Speaker #2
Non.
- Speaker #1
Et sereine de vieillir tu veux dire ou juste d'être là à ta place ?
- Speaker #2
Non en fait sereine de manière générale, je me suis rendu compte que parfois je me créais des faux problèmes, que je me mettais la pression alors qu'en réalité tout va bien dans ma vie, j'ai un toit au-dessus de moi, j'ai une famille en bonne santé. Je me sens hyper bien entourée par mes proches, ma famille. Et parfois, on a tendance à regarder toujours ce qui se passe à côté et en fait, en oublier l'essentiel. Et aussi, pas voir ce qu'on a en fait. Et j'ai l'impression que là, je suis arrivée à un moment de ma vie où vraiment, je m'aime, j'aime mes proches, ma famille et je suis capable en fait de dépasser mes peurs et de dépasser certains... Oui, certaines pensées limitantes, on en a toutes à propos de nous-mêmes, on peut être très dure avec nous-mêmes, mais je me suis dit qu'on n'avait qu'une vie et que je pouvais passer ma vie à me blâmer, mais que ça n'allait pas me rendre plus heureuse. J'ai vraiment envie maintenant de célébrer tout ce qui se passe dans ma vie et d'arrêter de penser à ce que je pourrais faire, ce que je pourrais avoir, arrêter d'imaginer des choses. vivre vraiment dans le moment présent. Vraiment vivre dans le moment présent et être ancrée dans ma vie.
- Speaker #1
C'est beau, je trouve, de célébrer la personne que tu es devenue, finalement. J'espère que ce ne sera pas une grosse fête.
- Speaker #2
Je ne fais jamais de grosses fêtes. Je suis née en août, donc c'est toujours le moment où tout le monde est en vacances. Par contre, c'est vraiment un pacte que je me fais avec moi-même. C'est vraiment personnel. C'est juste de me dire Oh ! En fait, aujourd'hui, j'ai envie d'assumer qui je suis et de me concentrer sur mes défauts. On en a des défauts et c'est chouette de travailler sur soi-même. Mais en fait, j'ai l'impression d'avoir passé beaucoup de temps à travailler sur moi-même et de ne pas forcément... avoir pris le recul nécessaire pour dire mais attend t'es parti de là et t'es arrivé là et en fait c'est très bien et oui tu pourrais être là mais en attendant profite de ce que t'as tu vois genre profite de ce que t'as profite de qui tu es et arrête de toujours imaginer que tu pourrais avoir mieux que tu pourrais faire mieux enfin je trouve qu'il y a aussi un côté très surproduction du coup Je trouve qu'on est toujours dans la surconsommation, la surproduction. Et en fait, j'avais envie de revenir à quelque chose de plus smooth, plus chill, plus... Enfin, me détendre, en fait. Arrêter d'être tout le temps sur batterie et de courir partout.
- Speaker #1
Le temps d'affaire.
- Speaker #2
Ouais, c'est ça. C'est ça. Apprendre à dire non, arrêter d'avoir le faux mot. C'est tout ça, en fait. C'est se dire, en fait, si t'es bien chez toi, tu restes chez toi. C'est pas grave si ce soir, il y a un... un café, un drink là, et que tu ne sois pas là, et que tu n'es pas là, c'est pas grave. C'est vraiment ça où aujourd'hui, je me sens beaucoup mieux avec moi-même. En fait, j'arrive à passer du temps avec moi-même et à apprécier ça. Apprécier sa propre compagnie, c'est ma part.
- Speaker #1
Franchement, c'est un bel opportun. Et quelle petite fille étais-tu ? Est-ce que tu avais déjà des rêves pour l'avenir ?
- Speaker #2
Alors, quand j'étais petite, J'étais très curieuse, hyper active, ça on me le dit tout le temps, très indépendante. J'avais un côté assez rêveuse, j'aimais bien écrire des histoires, j'aimais bien me mettre dans des rôles, jouer à des jeux, me déguiser. J'aimais bien être entourée. J'adorais passer du temps avec mes grands-parents. Mes grands-parents avaient un jardin ouvrier et du coup je pouvais passer des après-midi là-bas. Avec mon grand-père, on plantait les pommes de terre, les plantes tomates, c'était hyper... J'ai des super bons souvenirs de cette période. On allait en vélo, c'était trop chouette, on passait l'après-midi là, je sais pas, il y avait les voisins, c'était cool. Puis après, en général, je passais la fin d'après-midi avec ma grand-mère et j'adorais ça. Mais je me sentais très indépendante, ça c'est vrai, et j'avais vraiment envie de prendre de la hauteur. j'avais envie de voyager, déjà très petite j'étais passionnée par l'Egypte, donc mes parents m'avaient emmenée une année en Egypte, mais je trouvais ça fascinant fascinant j'ai jamais je trouvais ça fascinant, mais genre vraiment fascinant d'ailleurs mes parents m'avaient fait croire, ils avaient acheté un papyrus avec des hiéroglyphes, ils m'avaient fait croire que c'était des vrais enfin c'était des vrais hiéroglyphes j'en pouvais plus, j'étais revenue à l'école avec ça je pense que tout le monde était très sceptique, mais personne n'avait envie de me le dire Mais j'étais vraiment fan d'Egypte et beaucoup d'envie de voyage, de ville parce que je vais dans une petite ville. Et quand j'allais dans les grandes villes, j'avais vraiment ce côté « waouh, c'est dingue » . Pour moi, Paris, par exemple, ça pouvait être New York. Je ne sais pas comment expliquer, mais je trouvais ça hyper grandiose, hyper grand. Et j'avais envie de grandir dans ce genre de ville. J'avais envie de grandir dans une grande ville et de vivre une vie de jeune femme. En fait, je voyais beaucoup mes tantes qui partaient tout le temps en sac à dos en Thaïlande, en Afrique, qui faisaient beaucoup d'humanitaire, qui passaient leur temps à voyager. Et en fait, ça me donnait vachement envie. Ça me donnait vachement envie parce que c'est un peu bête, mais quand elles n'étaient pas là tout le temps. En fait, on te raconte toujours, ah, mais elle est dans tel pays, puis tu reçois une carte postale. Et en fait, ça a créé tout un imaginaire. Et du coup, dans ma tête, c'était wow, mais c'était un peu ce côté reporter. Après, au niveau boulot, j'ai voulu faire 15 000 jobs différents. Avocate, journaliste, docteur. Je pense un peu à tous les boulots qu'une fille veut faire. Mais jamais trop tout ce qui est coiffeuse, esthéticienne. Ça ne m'a pas passionnée, ça. Mais avocate, je pense que c'était le côté Ally McBeal.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #2
Voilà. Journaliste, reporter. je pense que c'était ce truc de d'aventure j'avais l'impression aussi qu'être avocate c'était défendre les faibles alors qu'en fait pas du tout tu peux aussi défendre les coupables c'est juste trouver la bonne justice je pense que j'avais envie d'avoir un travail qui avait du sens et en fait je me suis retrouvée à faire des études en communication j'avais vraiment envie de faire ça Voilà. Mais ouais, vraiment des envies de voyage, de découverte. C'était très curieuse. Tout me passionnait en fait. Mes parents m'avaient inscrit à beaucoup d'activités et du coup je crois que ça travaillait beaucoup mon imaginaire. Et mes parents aussi nous laissaient beaucoup jouer seuls. J'ai pas beaucoup de souvenirs où je joue avec mes parents et je pense que du coup pendant déjà presque 5 ans, j'avais pas de frères et de sœurs. Après ma sœur est née, mais le temps qu'elles grandissent, qu'on puisse jouer ensemble, ça m'a laissé quand même pas mal de temps pour me découvrir tout un monde. Et j'étais beaucoup avec mes oncles et mes tantes, dont le plus petit frère de ma mère, Sadak, qui est dessinateur aujourd'hui pour... un jeu vidéo dofus, mais lui, son rêve, c'était de faire du dessin animé de BD. Et du coup, je passais énormément de temps, parce que comme c'était le plus petit, il vivait encore chez ma grand-mère, et je passais énormément de temps dans sa chambre. Et il me montrait tous les strophes, les tortues ninja, on regardait plein de mangas ensemble. Et en fait, je dessinais beaucoup à côté de lui, parce que j'avais envie de faire comme lui. Lui, c'est sa journée à dessiner, il était au Mozart, et moi, en fait, mon rêve, c'était de faire comme lui. Donc je passais mon temps à dessiner aussi avec lui. Et j'adorais ça. En fait, j'adorais ça. Et ouais, j'avoue que j'étais assez, je pense, facile et mobile. En tout cas, c'est ce que mes parents ou mes oncles et tantes me disent, c'est qu'on pouvait m'emmener partout et que je m'adaptais assez facilement à chaque environnement. Mais ça, je pense que j'ai encore ça aujourd'hui. C'est-à-dire que je suis souvent bonne ambi, je ne vais jamais... J'arrive à m'adapter peu importe l'endroit où je suis, peu importe l'endroit, le cercle où je suis, je vais avoir tendance à m'adapter assez facilement.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un souvenir, un élément qui te fait dire, ah oui, en fait, j'avais déjà cette passion que je développe aujourd'hui ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Dans mon rencontre, en fait.
- Speaker #2
Oui, déjà mes parents ont toujours chigné. La maison où je vivais en fait elle était juste derrière une salle de vente. Donc très jeune mon père m'emmenait à la salle de vente et du coup je trouvais ça fascinant. Parce qu'en fait c'est vraiment de la vente aux enchères donc tu as ce côté oui je lève ma main parce que je veux mettre plus. Je trouvais ça fou, je trouvais ça fou. En fait quand j'y allais je trouvais ça dingue parce qu'en soi il y a... plein de choses qui sont en vente, puis il y a toutes ces personnes qui sont là. À l'époque, je ne me rappelle pas qu'il n'y avait déjà... Enfin déjà, il n'y avait pas Internet, ça c'est sûr. Et je ne me rappelle pas des coups de téléphone. Non, je n'ai pas ce souvenir-là. J'ai vraiment ce souvenir d'hommes, beaucoup d'hommes. Vraiment, je crois qu'il y avait peu de femmes. Beaucoup d'hommes dans une même pièce qui lèvent leurs mains, qui se Ausha un peu pour des pièces qu'elles ont envie d'acheter et d'acquérir. Et après je me rappelle, on devait faire le paiement, aller derrière la salle des ventes, récupérer le lot et puis on rentrait chez nous. Et après mes parents m'ont toujours emmenée en brocante, mais en brocante à 5h du matin pour avoir les meilleurs deals. Dans le nord de la France, il y a quand même pas mal de brocantes. Et du coup chez moi, il y avait beaucoup de pièces chinées déjà. Et donc ouais, j'étais vraiment déjà baignée là-dedans. Alors comme je l'explique souvent, je pense que mes parents l'ont fait plus par souci économique au départ et par passion. Plus que par esthétisme, même s'ils avaient leur goût et qu'ils adoraient certaines pièces, mon père était très fan de tout ce qui était années 50, années 30, années 40. Du coup, il y a quand même une curation, mais sans savoir spécialement qui est derrière, quelle est la maison d'édition. C'était vraiment, on achète au feeling et au coup de cœur. On achète un vase qu'on aime, on achète un vide-poche, on achète des cuillères de l'argenterie parce qu'on aime ça. Et vraiment aussi avec le souci de faire une bonne affaire. C'est-à-dire qu'il y avait des prix à ne pas dépasser. Dès qu'on trouvait quelque chose de trop cher, on reposait, on négociait. Et tout ça en mélangeant ça à du neuf, bien évidemment, et aussi à des produits artisanaux. Mon père vient du Maroc, donc il ramenait des tapis, des objets. Donc c'était vraiment un mélange de briques et de brocs, si tu peux dire ça comme ça. Mais ouais, ils m'ont emmenée très tôt en brocante et j'adorais ça. Et puis tous les ans, on faisait la braderie de l'île. Donc mes parents vendaient à la braderie de l'île. Ils avaient leur stand toujours au même endroit. Encore aujourd'hui, mon père est toujours au même endroit avec sa clientèle d'habitués.
- Speaker #1
Et lui, c'est son métier ?
- Speaker #2
Alors, ce n'est pas du tout son métier. En gros, il est tombé là-dedans et il adore ça et il chine beaucoup. Et du coup, il revend une partie tous les ans à la braderie de l'île. Après, il fait aussi des brocantes sur tournée où il vend. Mais ce n'est pas son métier. Il a un boulot, voilà. Ouais, c'est sa passion, c'est son boulot passion. Après, il est bientôt retraité. Par contre, il aimerait bien avoir... Enfin, il a toute une maison garage qu'il aimerait bien ouvrir de temps en temps en mode vide-grunier. Mais c'est plus un à côté. Mais du coup, on va dire que oui, j'ai toujours baigné là-dedans et j'ai toujours aimé ça. Après pendant l'adolescence j'ai eu un espèce de rejet de tout ce qui était seconde main, brocante, j'avais envie vraiment d'avoir que du neuf, que des marques je sais plus c'est la mode des Ethnys, des Buffalo, des Sacus Pack pantalon Loïs, cimarron, en fait je voulais que ça, je voulais que ça et quand ils me ramenaient quelque chose de vintage genre ça me rendait folle, enfin j'étais là non mais je veux pas ça, je veux ressembler aux personnes Je me ressemblais à ceux avec qui je vais au collège. Je ne veux pas du tout ressembler à un ovni. Et du coup, quand je revois les photos de comment j'étais habillée petite, c'est trop marrant parce que justement, c'est un peu comme j'habille ma fille aujourd'hui. Donc ça va être un mix de marques sympas avec du vintage, le petit fumier de Vichy, le petit legging. Et ouais, en fait, à l'adolescence, j'ai eu un rejet. Donc je me suis dit que potentiellement, ma fille aurait exactement la même chose à son âge. Non mais voilà c'est vraiment ça, c'est vraiment mes parents qui m'emmenaient dans les brocantes et je pense que dans le nord de la France aussi de manière générale, il y a une grosse culture du vide-maison, de la braderie. Il y a quand même beaucoup d'antiquaires dans le Pas-de-Calais, dans le nord de la France, dans les petites villes autour de Lille, au Béthour-Quinte, à le village des Antiquaires à Saint-André. T'as un autre village d'Antiquaire à Luan. Donc ouais, t'as quand même pas mal de brocanteurs dans le nord de la France. Et je pense que ça, c'est quelque chose que j'ai gardé en moi et qui est revenu plus tard. Je me rappelle vraiment avec mes parents faire de la route. Et voilà, ils avaient un peu leur brocante préférée, celle qu'il ne fallait pas louper, qui était notée dans l'agenda. Je me rappelle, ils avaient un petit, qu'ils achetaient tous les ans. C'était un petit anal de toutes les brocantes de l'année dans le nord de la France et par week-end. Donc tu regardais le samedi, par exemple 24 mai, et tu voyais toutes les brocantes. Et donc il surlignait et il allait acheter ce petit dico tous les ans. Et en fait, il regardait et ça te mettait le nombre d'exposants, les adresses. C'était vraiment comme un annuaire, mais l'annuaire des brocantes de l'année 2000-2011. Et je me rappelle que c'était vraiment le petit moment. Et voilà, mes parents surlignaient. Et puis, ils allaient aux brocantes qui les intéressaient. Ouais, c'était sympa. Ouais, c'était sympa. Et je pense que mes parents, enfin ma mère en tout cas, elle me disait déjà que mon grand-père, à l'époque, faisait des brocantes pour leur acheter des petits vêtements. Elles étaient soeurs de frères et soeurs. Mon grand-père était ouvrier. Ma grand-mère ne travaillait pas. Parce qu'en fait, pour les sapés, c'était un peu l'option. L'option adéquate par rapport à leur portefeuille. Donc voilà, il allait en brocante et il leur chinait des petites chaussures, des petits vêtements avec ma grand-mère. Et puis il revenait et ils avaient une garde-robe toute fraîche. Donc voilà, je pense que c'est vraiment... Ouais, il a un côté assez famille, quoi.
- Speaker #1
Je sais pas ce que c'est. Quelle vie me l'est-il avant de plonger dans son métier d'anticaire et d'architecte d'intérieur ?
- Speaker #2
Alors, avant ça... Je suis arrivée à Bruxelles pour faire mon master en communication et marketing à l'université libre de Bruxelles. J'ai d'abord été étudiante ici. Ensuite, je suis partie en Australie entre mon master 1 et mon master 2 parce que j'avais envie d'apprendre l'anglais. Durant mon master 2, à mon retour d'Australie, j'ai trouvé une alternance chez Levis, qui est le siège social européen, qui est à Zaventem. qui était à Zaventem, je pense que maintenant ils sont dans le centre-ville de Bruxelles, mais qui était à Zaventem, c'était hyper intéressant, donc voilà, c'est là où j'ai un peu appris toutes les bases du marketing en entreprise et de la communication. J'étais assistante commerciale et marketing pour la collection Lévis skateboarding et commuter, qui était à la base que européenne et puis ensuite qui est devenue internationale, c'est-à-dire vendue dans le monde entier, à la base elle n'était vendue qu'en Europe. ces deux collections n'étaient vendues qu'en Europe. Je trouvais ça hyper intéressant, c'était hyper stimulant de travailler pour une boîte américaine, dans un gros réseau. J'ai vraiment appris énormément là-bas, grâce à mon maître de stage, Philippe Elrude, qui m'a quand même confié de gros stages, et franchement, c'était une super bonne école. Je le recommande à tout le monde, en tout cas, pour lancer son business, commencer par une grosse entreprise, je pense que c'est hyper intéressant, parce que du coup, T'acquires des automatismes que tu n'aurais peut-être pas en... Enfin, si j'avais commencé directement ma vie d'entrepreneur, je pense que j'aurais fait beaucoup plus d'erreurs qu'aujourd'hui en ayant travaillé pour un réseau. Ensuite, j'ai travaillé pour Belle Rose, donc j'avais une vie assez active. et dans le monde de la mode, pour répondre à ta question. J'ai adoré ces années-là, j'ai adoré travailler dans la mode, j'ai rencontré plein de monde, j'ai fait différents boulots parce qu'en fait, dans ce genre de poste, chef de projet marketing digital, tu as plusieurs missions, tu as plusieurs fonctions. Notamment dans une marque, quand je suis arrivée chez Byrose, elle était en plein développement digital. Donc le temps que tous les postes... se crée et soit beaucoup plus formatée, en fait on te demandait d'avoir des fiches de postes hybrides. Donc je pouvais tout autant être sur un shooting, réfléchir à l'ADN d'un shooting, tout comme en fait je pouvais créer une newsletter et m'occuper de la database ou ajouter un produit sur le site. Ça m'a permis de toucher à plein d'outils qui aujourd'hui me servent. Savoir me servir de Shopify, de Mailchimp, savoir mettre une campagne de publicité en place sur les réseaux sociaux, sur Meta, sur Facebook, Insta. Mettre en place une stratégie de communication, une stratégie de marketing. En me lançant, ça m'a vachement aidée puisque j'étais indépendante sur toute la partie selling et promotion de mon business. Je savais exactement comment. vendre un produit, puisque je l'avais fait chez Belle Rose, qu'en fait, entre la mode, l'architecture et le design, il y a quand même un pont qui est très organique. C'est-à-dire que la mode, elle va se nourrir de l'architecture et du design pour créer ses collections et vice-versa. Et donc, du coup, aujourd'hui, j'ai l'impression que tout mon passé, toute ma vie professionnelle précédente, elle me sert aujourd'hui dans mon business.
- Speaker #1
Et c'est pas rien parce que je fais la vente. justement quand tu te lances avec une passion d'abordant c'est le sujet, mais que tu ne maîtrises pas ces codes,
- Speaker #0
marketing et tout ça finalement c'est quand même un peu la base de comment on pourra arriver à émerger carrément,
- Speaker #2
carrément ça te permet aussi de savoir ce qu'est un positionnement donc moi j'ai travaillé dans plusieurs boîtes les plus grosses c'est Lévis et Belle Rose mais en fait dans chaque boîte où je suis passée il y avait un positionnement Il y avait une client, il y avait un client cible et en fait, il fallait adapter son discours à son client. Et ça, je trouve que c'est hyper intéressant parce qu'aujourd'hui, je m'adresse à une certaine clientèle. J'ai choisi la clientèle à qui je voulais m'adresser. Il y a d'autres anti-carts, d'autres brocanteurs qui s'adressent à une cible qui est totalement différente de la mienne. Et pourtant, c'est le même métier. C'est pareil dans la mode, en fait, en fonction de la marque que tu représentes. Et ça, vraiment, c'est quelque chose que j'ai toujours en tête, en fait. À qui tu parles ? À qui tu t'adresses ? Pourquoi ? Comment ? Quelle histoire tu veux raconter ? Je trouve que le storytelling aujourd'hui, il est hyper important. On est inondé de messages et du coup, il faut faire la différence et pour ça, il faut être authentique. Je sais que c'est des mots qu'on utilise souvent, mais c'est vrai. En fait, il faut être authentique. Aujourd'hui, les marques s'en sortent le mieux. C'est parce qu'elles ont un vrai message qui se différencie de leurs concurrences et c'est un vrai message qui permet de fédérer une communauté. Je pense que tout ça, il faut le faire avec le cœur. et que moi, à chaque fois que j'ai travaillé dans une compagnie, j'étais en accord aussi avec les valeurs et les besoins aussi de l'entreprise et qu'à chaque fois que je suis partie, c'était aussi parce que je ne m'y retrouvais plus et que j'avais envie d'aller autre part, de faire autre chose et que j'étais arrivée à un point de ceinturation qui ne me permettait plus d'être aussi bonne que ce que j'aurais aimé être. Et je trouve que travailler dans des grosses boîtes, moi, à un moment, ça m'a oppressée, mais ça m'a permis d'acquérir une certaine indépendance aujourd'hui. Et là où, en sortant de grandes entreprises, je pouvais voir que les défauts, par exemple, aujourd'hui, je vois aussi les avantages et je vois aussi ce que ça m'a permis d'apprendre et ce que ça m'a permis d'acquérir en termes de connaissances, de compétences et en termes de structures. Parce qu'en fait, comme c'est des boîtes qui sont hiérarchisées, tu as une certaine structure. Là où quand tu commences, tu ne sais pas trop... Enfin... tu as du mal en fait à te mettre, même moi encore aujourd'hui, ça peut être une de mes faiblesses, c'est que tu as du mal à avoir une structure parce que comme tu fais tout, tu ne sais plus vraiment prioriser en fait ce qui est important, ce qui ne l'est pas, ta force, tes faiblesses. Là, en fait, dans ce genre de boîte, tu vois, genre tu savais exactement le pourquoi du comment on t'embauchait et ce qu'on attendait de toi. Et ça, c'était hyper intéressant parce que tu avais un cadre et quand on te donnait un projet à mener, en fait, on te le donnait de A à Z et tu pouvais le mener en faisant tes erreurs, mais aussi en ayant des résultats.
- Speaker #1
C'est intéressant de pouvoir expérimenter. Et j'imagine qu'avec les termes et un certain budget, ça t'a peut-être appris aussi, ça, en fait, ça fonctionne pas trop pour ce public-là. Ça, oui. Et qu'aujourd'hui, tu récupères un petit peu ces connaissances-là, ou pas forcément ?
- Speaker #2
Si, carrément, Il y a des plateformes sur lesquelles j'ai pu me tester. qui, je sais, peuvent être performantes pour mon business, VS, d'autres pas. Et effectivement, quand tu dis de travailler avec des budgets, ça aussi, tu vois, aujourd'hui, j'ai une vraie connaissance de ce que ça peut coûter une campagne. C'est-à-dire que je n'ai pas d'idéaux. Je sais qu'à mon échelle, il y a des choses que je pourrais faire si j'avais eu les moyens des marques pour qui j'ai travaillé. Et je ne peux pas le faire parce que je sais que ça coûte cher. Donc quand parfois, on me dit, ah, tu devrais faire ça. Oui, c'est génial. Effectivement, c'est génial. Mais par contre, par rapport à mon chiffre d'affaires, par rapport à ce que je vais investir et par rapport à mes objectifs, ça n'a pas de sens parce que ça va coûter autant. Et en fait, je ne peux pas aujourd'hui me permettre ça. Moi, je fais mes photos. Je ne prends pas un photographe, par exemple, pour faire mes photos parce que je sais combien coûte un photographe et qu'honnêtement, ce n'est pas un coût dans mon business aujourd'hui que je peux me permettre par rapport aux marges et au mobilier que j'ai. En fait, je n'ai pas un produit recours. reproductible donc en fait je signe à la pièce et donc je ne peux pas me permettre tu vois genre d'avoir un d'avoir le coup d'un shooting pro comme je pouvais le faire chez belle rose parce qu'en fait je n'ai pas derrière la marchandise et le chiffre d'affaires tu vois genre que je pourrais espérer qu'il pourrait couvrir ses frais et
- Speaker #1
ça d'avoir 10 pièces la semaine oui c'est ça
- Speaker #2
Oui, c'est ça qui rentabilise le coût de la photo. Et en fait, ça, je ne l'ai pas. Donc après, tu trouves des astuces. Aujourd'hui, avec l'intelligence artificielle, les logiciels de retouches et tout, sincèrement, en n'étant pas un photographe, tu peux quand même obtenir un résultat. Et ça, ça a toujours été aussi ma manière de me différencier dans mon business. C'est de me dire, OK, l'image, je veux la faire de manière à être proche. de ma cible et vraiment qu'on ait l'impression qu'en fait tout est shooté dans mon salon et que c'est moi qui ai pris les photos mais c'est vraiment un parti pris parce que oui je pourrais aujourd'hui j'ai des produits que je design et que je fais et je pourrais prendre un photographe mais j'ai quand même envie de garder cette ligne éditoriale qui est un peu La Casbah, un grand bazar où on trouve de l'objet ciné et de l'objet aujourd'hui que je crée, mais toujours dans une ambiance un peu conviviale, comme à la maison. Et puis,
- Speaker #1
c'est ta pâte,
- Speaker #2
Yana. Oui, maintenant, ça, c'est ma pâte. Et ça, vraiment, j'ai appris aussi. Ça, c'est vraiment mon passif dans la mode qui m'a vraiment aidée à mettre en place une charte graphique, un storytelling, un positionnement, une stratégie et s'y fixer. après test and learn, créer du contenu autour de tout ce storytelling. Aujourd'hui, j'essaie de plus en plus, au-delà de poster du mobilier, vraiment de créer des histoires sur les pièces que je chine avant. En gros, on va dire que je postais la pièce finale et je ne documentais pas tout l'avant, à savoir du moment où je l'ai chinée et où elle n'était pas forcément en bon état à la fin. c'est-à-dire avec le résultat final. Et je me dis qu'aujourd'hui, à chaque étape de mon business, une fois que je me sens de plus en plus confortable dans quelque chose, et aujourd'hui j'ai trouvé des gimmicks en tout cas sur les réseaux sociaux qui me permettent de créer du contenu facilement, j'essaie d'apporter encore plus d'histoires, plus de contenu pour justifier ce que je fais. Et c'est vraiment cette vie professionnelle précédente qui m'a servi en fait dans mon... dans mon parcours professionnel. Et parfois, je suis un peu sceptique sur certaines personnes qui se lancent dans des métiers sans avoir avant testé. Alors moi, je n'ai pas été antiquaire avant, mais je savais que j'allais devoir avoir une présence sur les réseaux sociaux. Je savais que j'allais devoir avoir un site Internet. Je savais que j'allais devoir communiquer de manière digitale puisque je prenais le parti pris de ne pas avoir de boutique. Et du coup, je me disais oui, je peux le faire parce que j'ai toute cette expérience en digital. Enfin, avant. Donc, parfois, ça me stresse. Et en même temps, il n'y a pas de règles. Il y a des personnes qui n'ont jamais travaillé dans ce domaine-là. Mais je trouve que quand même, travailler dans ces gros groupes, ça m'a permis d'avoir une certaine aisance, en tout cas, quand j'ai commencé sur certains sujets et aussi de me faire un réseau. Et ça, ce n'est pas quelque chose qui est négligeable quand tu lances ton business. Au début, je me disais, je passe de la mode. avoir un shop où je vends du mobilier à décoratrice intérieure, mon réseau, je me disais peut-être qu'il allait me servir à rien, et pas du tout. En réalité, ce réseau a été hyper précieux durant mes premières années, et je l'ai vachement sollicité et utilisé. Et même encore aujourd'hui, c'est des personnes avec qui j'ai travaillé dans mes précédents boulots, je travaille encore avec eux aujourd'hui. Ça peut être de la presse, ça peut être... C'est bête, mais shooting, location de mobilier, ces personnes n'en fait pas. C'est à mon atelier, mouler une chaise pour un shooting. On a besoin d'un set designer, peut-être qu'on va appeler Betty, parce qu'en fait, peut-être qu'elle peut nous créer un décor pour le shooting. Je trouve que c'est hyper intéressant et hyper chouette. Pour répondre à ta question, je dirais que j'avais une vie très active. Un peu la même qu'aujourd'hui, mais dans un cadre d'entreprise, c'est-à-dire avec des horaires beaucoup plus fixes, où techniquement, à 9h, tu es au travail et tu ressors à 18h. Et toute la journée, tu travailles en team sur différents sujets. Sortie de collection, création de contenu, quel talent tu vas choisir pour représenter ta marque, quels influenceurs, quels sont les temps forts de ton année, comment tu vas communiquer sur les pièces, genre images. C'est-à-dire que ce sont des pièces qui vont donner le ton de la collection. Ce n'est pas celle avec le plus fort taux de production derrière, parce que... Soit la marge n'est pas la meilleure, soit c'est très pointu et du coup ça va pas plaire. Moi j'ai travaillé dans des marges très commerciales, donc il faut que ça plaise à la masse en général. Donc en fait tu fais des collections, tu fais des pièces qui vont être images, qui vont être vraiment plus mode, qui vont s'adresser à un public plus mode. Et en même temps, à côté de ça, tu vas avoir une ligne plus commerciale, plus basique, qui va se vendre. Et en fait c'est celle-ci finalement qui te fait vivre. Plus que les autres, après, ça pouvait être comment développer, par exemple, chez Belle Rose, on avait des problématiques qui étaient comment développer la ligne accessoire. Dans toutes les marques, on va dire d'aujourd'hui, les accessoires, ça représente un certain nombre du chiffre d'affaires. L'idée, c'était comment obtenir des sacs qui deviennent des bangers, en fait. Et ça, du coup, par exemple, c'est la team stylisme qui a créé le rosy bag. Je ne sais pas si tu vois cette banane que beaucoup ont à Bruxelles, Belle Rose. ben voilà Donc du coup, elles ont créé ça et nous, après, on l'a marketé. Donc l'idée, c'était comment, tu vois, genre le mettre en avant pour que ça devienne un banger, voilà, un hitbag et pour que tout le monde ait envie de l'acheter. Et après, tu avais différentes thématiques comme ça que je trouvais assez intéressantes. Après, c'est assez cyclique, ça revient beaucoup. Moi, au bout de 4 ans et demi, 5 ans, je tournais un peu en rond. Puis avec le Covid, comme beaucoup, je me suis remise en question. J'avais envie de changement. Voilà, ça a été un peu le point final, le Covid, on va dire, la fin du Covid à mon passage en entreprise.
- Speaker #1
Est-ce que ce n'est pas la même clientèle finalement ? J'ai l'impression qu'il y a une cohérence quand même dans ton parcours, en tout cas dans l'image que tu communiques aujourd'hui, qui est dessus en fait.
- Speaker #2
Ah oui, complètement. Déjà chez Bellrose, le fondateur c'est Patrick Van Ork, le fils qui a repris est Derek Van Ork. Et Patrick Werner, que c'est un fan d'architecture et de design. Donc, ça se sent, mais c'est-à-dire que ça se voit dans leur maison, à Katzen, qui est souvent dans des magazines. Ça se voit dans l'appartement de Derek aussi, qui était à l'époque à Bruxelles, qui est souvent dans des magazines. En fait, dans les bureaux aussi. C'est-à-dire que le bureau était rempli de pièces design, signées. Ils ont leurs archives, leurs designers chouchous. Je pense que Derek, le caméléon de Mario Bellini, il l'avait avant que tous les influenceurs l'aient. Il en avait, il l'aimait déjà et en fait, il l'adorait. Du coup, il y avait ces pièces-là au bureau. Moi, quand je suis arrivée chez Bellrose, tu apprends à faire du marketing, mais tu apprends aussi l'histoire de l'architecture et du design. C'est-à-dire que les deux sont liés. Ça fait vraiment partie de l'ADN de la marque et des boutiques qui ont toujours évolué en ce sens et qui ont toujours été une référence. pour beaucoup de marques en termes de visual merchandising et de design. C'est des boutiques qui sont soignées et qui sont toujours en lien avec l'architecture et le design. Derek aujourd'hui va encore plus loin que son père, il va chercher des designers vraiment pas très connus du grand public, mais qui sur le marché du collectible sont connus pour les amener et créer des pièces sur mesure. Dans ces boutiques, je pense par exemple à Paris, où il y a un comptoir qui est fait entièrement par Ben Storms, qui est un artiste designer qui est assez connu, je pense, dans les milieux plus niches. Bien sûr, tu dis à ta mère, enfin tu dis à ta maman qui est Ben Storms, elle ne va pas savoir, mais dans le milieu du collectible et de la foire de design contemporaine, c'est quelqu'un de connu. Et voilà, il va aller, je ne sais pas, genre là, je voyais une photo avec des chaises de Pépin Clovis. C'est un artiste hollandais, pareil, dans le milieu des collectibles, je pense, vu et revu. Mais par contre, le grand public rentre dans une boutique, il découvre cette chaise, il ne la connaît pas, et en fait, il met en valeur les jeunes designers qui se lancent sur le marché. C'est de l'art, donc je trouve que c'est assez intéressant. Donc bien évidemment que ça, ça a forgé mon œil. Quand pendant cinq ans tu crées des images, en fait, t'as pas le choix que d'être hyper dure avec toi-même aussi le jour où tu te mets à créer des images. Et en fait, cette école, c'est aussi une école qui vient et qui te forge un œil esthétique et un style. Et ce style, je l'aimais beaucoup. Et du coup, je pense qu'il s'est retraduit en fait dans ce que je faisais et dans la manière dont je le fais aujourd'hui. Mais c'est sûr que ça a eu un impact bien plus... Chez Levis, c'est tellement grand et gros que la partie esthétique, c'était plus la partie stratégie. Comment on vend un produit ? Qu'est-ce que c'est un sales launch ? Quand tu reçois tous les commerciaux dans un pays en Europe, on te présente vraiment tout l'assortiment. Comment les pays achètent des assortiments ? C'est-à-dire que l'Espagne, elle n'achète pas les mêmes pièces que la France. Comment tu segmentes des secteurs nord-sud ? C'était hyper impressionnant de voir comment ça se passe. à l'intérieur d'une grosse boîte comme ça parce qu'en fait on s'imaginait, il y a des métiers que je ne connaissais pas genre le forecast c'est vraiment quelqu'un qui va travailler sur combien de pièces potentiellement tu vois genre je vais acheter ou je vais vendre tu vois t'as des personnes qui vont vraiment dire bah en fait j'ai autant de tissus, bah ça veut dire que je peux faire autant de pièces, enfin voilà je trouve que c'est tellement gros et c'est tellement grand et c'est tellement une échelle impressionnante qu'en fait ce que tu fais limite parfois t'as même du mal à comprendre l'impact que ça a, tu vois genre dans le business tant le réseau est grand Par contre, chez Bellrose, c'est une boîte plus familiale, qui n'appartient pas à un groupe. Ça aussi, c'est important de le souligner. Parce qu'en fait, chez Levis, à l'époque, moi, quand j'y travaillais, ils n'étaient pas encore rentrés en bourse. Donc du coup, je ne sais pas, je pense que c'était un fonds d'investissement qui devait avoir la boîte. Enfin, ce n'était plus la famille Stroh spécialement. Déjà, il y a des actionnaires. En tout cas, il y a... C'est différent. Il y a un réseau. Moi, j'ai vécu deux restructurations. Je ne savais pas ce que c'était. C'est quand même quelque chose d'assez impactant et d'assez bouleversant dans une entreprise, de voir des personnes qui font bien leur travail se faire virer. Parce qu'en réalité, on arrive dans une société où on globalise tout. Et du coup, on n'a plus besoin d'avoir forcément trois postes qui sont similaires dans trois continents différents. Chose qu'à l'époque, il y avait en tout cas dans ce genre de marque. Et après, tu passes dans une boîte plus familiale, qui est belle rose, où je crois à l'époque, au bureau, on devait être 50. Et où, en fait, tu as ton N plus 1 et le N plus 2. Mais je veux dire, tout le monde mange dans la même cuisine. Il n'y a pas vraiment un sentiment... Enfin, il y a un sentiment de hiérarchie, bien évidemment. Mais tu as une proximité où tu as une idée, tu ne dois pas la faire valider par 15 personnes. En fait, tu peux juste directement aller voir ton manager. Et ton manager te dit, oui, va dans le bureau d'un tel, vérifie avec lui. est-ce que tu crois que tu as le budget ? en fait moi on me donnait un budget et on me disait voilà tu as autant d'argent pour la saison tu as autant de shooting à me faire comment tu comptes dispatcher ça et avec quelle équipe créative tu comptes travailler tout ça en binôme toujours avec Victoria Nocent parce que je ne travaillais pas seule chez Belrose j'étais vraiment en binôme souvent avec Victoria Nocent enfin tout le temps avec Victoria Nocent Et moi, je vais m'occuper plus de la partie marketing, branding, et elle, plus de la partie communication. Et en fait, comme c'est deux vases communiquants, on était tout le temps en duo, parce qu'en fait, un shooting image doit être pouvoir réutilisé sur les réseaux sociaux. Et donc, pour ça, tu vois, genre, on a besoin de communiquer pour savoir tous les assets dont on va avoir besoin lorsqu'on crée un shooting. Et donc, tout ça, tu vois, genre, c'était... tout ça, ça m'a permis de travailler mon œil et vraiment de travailler avec différents photographes et d'avoir une vision plus esthétique de simplement vendre des fringues, c'est-à-dire comment tu les mets en valeur, quelle histoire tu crées. Je trouve que pendant tout un temps, en tout cas, Belle Rose a vraiment eu une image très bobo et du coup, on a surfé là-dessus et on est allé chercher des nouveaux intervenants pour d'accord. enrichir tout ce discours. Et je pense qu'il a été hyper bien compris et perçu et qu'on a réussi, en fait, avec Victoria, à créer une image de marque hyper intéressante. Et c'est ce que j'avais envie de faire avec la Casbah, parce que quand je voyais les antiquaires, en fait, je me disais, OK, j'ai l'impression qu'il y a des canevas, genre antiquaires, que je pourrais reprendre, mais en même temps, j'ai envie de faire les choses différemment. J'ai envie de faire les choses à ma manière et à ma sauce. Pas dans l'idée de révolutionner le milieu, j'ai pas du tout cette prétention-là, loin de là. C'était plus dans l'idée de être moi-même, en fait, et de pas faire comme les autres, tu vois. Genre, pas juste avoir un fond en béton lissé, et puis des murs blancs. J'avais pas envie de ça, j'avais envie de trouver ma patte. Et que quand on voit une image, en fait, on se dise, ah, c'est elle, sans qu'il y ait besoin d'avoir le logo dessus. Et de me dire, ben en fait, quand je fais une vidéo, tu vois, genre... reconnait tout de suite que je sois là ou pas dessus sur la vidéo qu'on reconnaisse tu vois genre que c'est une vidéo qui émane de mon compte est vraiment me dire bah en fait les gens du coup ils viendront acheter un peu plus chez moi parce que ils aiment bien le même mais même enfin même bien aussi pas que je cherche à avoir l'amour des gens mais qui
- Speaker #1
est un capital sympathique voilà qui se crée et c'est vrai que je trouve tu mets ça aussi en avant tu mets vraiment une histoire en avant aussi quand tu pars du meuble tu as gêné Puis que tu... Enfin, tu achètes ta tapissière, tu... Enfin, je ne sais pas, il y a plusieurs... Oui, oui, oui. Il y a des choses comme ça. Et je trouve que même en tant qu'acheteuse, en fait, tu t'attaches à l'objet. Voilà, je suis sur Instagram, mais je suis de ça de loin. Je me dis, il y a aussi cette histoire que tu achètes, comme tu dis, chez Melrose ou dans d'autres secteurs de la mode ou de... ou que je trouve que c'est vrai que l'histoire que tu rappelles autour d'un objet est quand même centrale.
- Speaker #2
C'est exactement ça, c'est exactement ça et en fait je trouve que c'est ça aujourd'hui qui est important c'est que en fait mon boulot il est à la portée de tous techniquement tu peux aller au jeu de balle trouver la même pièce que moi après c'est qu'est ce que tu vas en faire de cette pièce comment tu vas la mettre en scène parce que tu vois il y a des pièces que j'achète sur leboncoin vraiment les gens vont la brader En fait, je me dis, c'est juste que la photo, elle est moche. Le cadre, tu vois, genre, n'est pas sympa. Mais en fait, si tu l'associes au bon meuble, à la bonne enfilade, par exemple, je vais prendre une lampe. En fait, si tu la mets au bon endroit, la lampe, elle peut apprendre une dimension totalement différente. Elle peut être totalement vue différemment. Et c'est ça que j'aime bien, en fait, dans mon métier aujourd'hui. Et c'est pour ça que, pareil en com ou dans ma manière de chiner, c'est qu'en fait, ce métier, je le trouve à la portée de tous. Et en fait, ce qui diffère, ce qui fait que tu vas te... différencier des autres, c'est vraiment ton côté créatif. Et du coup, là, j'ai commencé avec les meubles, maintenant j'ai mes premiers projets de décoration d'intérieur qui arrivent, et en fait, c'est ça que je trouve bien, c'est que maintenant je vais à une autre échelle, c'est-à-dire vraiment, tu vois, le côté ensemble hier, donc c'est-à-dire qu'on me donne un espace, un terrain de jeu, et je le fais plus juste à la pièce comme je le fais sur Insta, je le fais vraiment à une échelle ta maison, quoi. Et en fait, je trouve ça trop intéressant parce que c'est une nouvelle manière aussi d'appréhender l'espace. Et d'assembler tout ce que je signe au quotidien.
- Speaker #1
Et de raconter l'histoire de la famille.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Et de nouveau, ça a un lien avec mon nom. Moi, quand j'ai commencé la casse-basse, parce que mon père me disait toujours « on rentre à la casse-basse » , ce qui veut dire « on rentre à la maison » . Et en fait, le nom de mon business, c'est déjà la maison. Et en fait, c'est l'idée de se sentir bien, de se sentir chez soi. Et moi, j'ai envie qu'à travers ça, à travers mes pièces, il y ait un côté bien-être. C'est un peu bizarre de dire ça, mais pour moi, tu vois, Ma maison, c'est un peu ma safe place. C'est là où je me le sens mieux, c'est là où je me sens bien. J'aime beau, par exemple, voyager dans de beaux endroits, dans des endroits que je trouve inspirants, il y a toujours ce sentiment de « Ah, je suis contente de rentrer après être partie. » Et ça, je trouve que c'est vraiment super important dans sa vie, de le créer et d'avoir cette safe place parce qu'en fait, quand je disais au début, je me sens alignée et sereine. C'est aussi parce que j'ai créé un environnement familial et un environnement spatial où je me sens bien, où je me sens bien, où je me sens à l'aise, où je me sens le pouvoir d'être moi-même dans cet endroit. Et je trouve que ça aujourd'hui c'est important et c'est ça qui vient tout le temps nourrir mon travail, il y a mes inspirations, mais il y a vraiment aussi ce sentiment de se sentir bien chez soi qui pour moi est important. J'ai envie d'être entourée de choses, d'objets qui me font me sentir bien. Ça peut être juste une photo que j'ai bien encadrée, ça peut être une belle enfilade, ça n'a rien à voir avec le mobilier. Ça peut être aussi une odeur olfactive que tu as chez toi, qui te ramène à des sentiments profonds, liés à ton enfance ou autre. Donc voilà, ça c'est un peu tout ce qui nourrit mon travail. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, j'aime bien documenter ce que je fais de plus en plus pour montrer aussi le travail qu'il y a derrière une pièce, et aussi pour justifier le prix aussi. Et pour un peu montrer que ce que tu trouveras chez moi, tu ne le trouveras pas forcément chez quelqu'un d'autre. En fait, il y a plein de pièces que j'ai, qui se retrouvent chez d'autres brocanteurs, qui ne sont pas forcément retapissées de la même manière, qui ne sont pas restaurées de la même manière. C'est vraiment... Et c'est ça que j'aime bien dans ce métier, c'est vraiment ça, c'est vraiment de me dire qu'en fait aujourd'hui, avec du coup de la seconde main, avec des pièces signées, tu peux vraiment... et avoir une pièce qui est complètement différente de ce à quoi elle ressemblait au départ. Pour moi, c'est un vrai terrain de jeu et ça mêle un peu tout ce que j'aime dans mon travail, créativité, stratégie, business. Parce que de nouveau, le fait d'avoir travaillé que dans des endroits commerciaux, je pense que je suis très commerciale. Je ne suis pas du tout une galerie. Là, ma communication serait totalement différente. Il n'y aurait pas une certaine forme de proximité, je pense, comme ça. Dans une galerie, tu as une certaine distance, tu as ce white cube dans lequel tu viens mettre des pièces que tu mets en valeur. C'est vraiment genre le meuble vient prendre une place beaucoup plus royale, limite. Il y a un côté...
- Speaker #1
C'est trop. Ça dépend du public.
- Speaker #2
Oui, en fait, de nouveau, c'est un positionnement. Tu t'adresses à une autre cible, tu t'adresses à des collectionneurs, tu t'adresses à des personnes qui vont aller chercher un nom, qui vont aller chercher une époque, qui vont vraiment chercher quelque chose de peut-être plus authentique en termes d'histoire. Ils vont essayer de chercher une pièce qui a eu un impact dans l'histoire de l'architecture, dans l'histoire du design. Un geste, tu vois, genre voilà, c'est vraiment, c'est totalement différent, je trouve, ta manière d'aborder en fait la galerie. Et le public qui vient dans une galerie est aussi totalement différent. En fait, il y a le visiteur et il y a l'acheteur et c'est pas du tout pareil. Moi, je passe mon temps à visiter des galeries, je suis pas acheteuse. Et du coup, mon comportement n'est pas du tout, enfin, n'est pas du tout le même. Je vais pas poser du tout les mêmes questions, genre, aux galeristes que l'acheteur.
- Speaker #1
C'est une démarche.
- Speaker #2
Ouais voilà en fait une autre démarche et moi je me savais que... Je n'avais pas envie de faire ça parce que j'avais envie qu'on puisse trouver un tabouret à 50 euros comme un canapé à 6 000 euros. Et vraiment se dire, c'est un gros gap comme ça, mais par exemple, cette semaine, je propose autant un tabouret à 50 euros qu'un canapé à 6 000 euros. Après, il n'y a pas le même travail derrière. Ce n'est pas la même pièce. C'est un canapé qui est signé, qui a été retapissé de A à Z dans un tissu d'éditeur. Et puis, il y a une cote dessus. Donc en fait, ça met tout de suite un prix qui est beaucoup plus élevé. Mais du coup, ça va être deux publics similaires et différents. Et comme tu le disais, oui, j'ai un public qui est similaire à du Belle Rose. C'est-à-dire que chez Belle Rose, je pense que les nanas, elles peuvent autant aller chez Zara que chez Belle Rose. Elles peuvent s'acheter la pièce fashion où elles savent que c'est la traîne pendant six mois. Et par contre, dépenser dans une belle maille 300 euros dans le pull. Et bien ça va être la même chose chez les clientes chez qui je vais. Déjà c'est vrai qu'il y en a plein qui sont quand même habillées en belle rose, balzac, Cézanne, marque de femmes de 30-40 ans qui aiment bien s'habiller, mais qui ont envie d'être casual. Et en fait chez ces personnes-là, tu vas tant avoir de l'IKEA que des pièces chinées, rublas, rouleaux, t'es chez moi. Ouais, et des designers, tu vois, ça va être des pièces... Ouais, franchement, c'est assez étonnant et c'est assez éclectique, tu vois, genre chez mes clientes. Mais c'est ça que j'aime bien. C'est un peu... Je crois que ça me fait penser un peu à, tu vois, les plus petits bateaux quand on était petite. Tu vois, ces maisons un peu colorées avec du vintage, tu vois. C'est un peu ça, genre, je dirais, chez mes clientes. C'est un peu cet esprit-là et j'ai toujours ça en tête puisque j'aimais bien ces pubs. Mais oui, c'est une clientèle qui est très similaire à Belrose.
- Speaker #1
Je trouve que tu as prolongé ton univers. Une de mes questions, c'était comment tu arrives à créer ton style au fur et à mesure de tes ventes, de tes trouvailles et tout ça. J'ai l'impression que le fil conducteur se construit depuis toujours.
- Speaker #2
Oui, il se construit depuis toujours. Mais pour moi, je ne suis pas encore arrivée à ce que je voudrais. Au lieu final que je voudrais. Parce que j'ai une présence en ligne. Donc ça, voilà. Je n'ai pas de shop physique, j'ai un atelier. Et j'ai pris un espace dans mon atelier que j'ai pseudo-restauré à une dernière. En fait, j'aimerais aller beaucoup plus loin. Et que vraiment, quand tu rentres dans cette pièce, je vais y travailler cette année, quand tu rentres dans cette pièce, ce soit vraiment mon univers. Là, tu vois, il y a des bribes de mon univers, mais j'ai l'impression que je ne suis pas arrivée encore à 100% à ce qu'est la Casbah et ce que j'aimerais que les gens retiennent de moi, en termes de... visual merchandising de cette design, tu vois, genre si je peux appeler ça comme ça, j'ai envie que demain, quand je dis demain, c'est au futur proche, j'ai envie que demain, une cliente qui vienne à mon atelier, elle voit en bas les pièces qui sont à restaurer, tu vois, comme ça, ça lui donne une idée de ce que j'ai et ce que je vais rentrer, mais qu'en haut, tu vois, elle arrive dans une espèce de pièce qui soit 100% moi. Ou, parce que là, tu vois, genre j'ai bricolé, avec ce que j'avais, avec la trésorerie que j'avais. Et en fait, là, j'ai envie d'aller plus loin. Et du coup, comment je vais faire ? Là, je me dis, OK, tu as une communauté sur Instagram. Ce qui serait cool, c'est que tu proposes à une marque de bricolage ou quoi, de refaire un makeover, toi-même, de ton atelier, de le filmer et d'utiliser que des produits. En fait, maintenant, j'essaie de penser comme ça, chose que je ne faisais pas avant. Avant, je me disais, en fait, non, je ne peux pas. Et en fait, si tu peux. Tu peux, mais il va falloir que tu ailles trouver les financements, un peu comme du sponsoring. L'idée, ce n'est pas qu'à la fin, je gagne de l'argent. C'est qu'en fait, pas sur ce genre de projet aussi. Mais ce que je veux dire, c'est que c'est vraiment la vente de mobilier qui va me faire gagner de l'argent. Ça, c'est le genre de l'argent que je vais réinjecter. En fait, la marque va me payer. Puis en fait, je vais devoir acheter de ma sauce. Et en fait, du coup, c'est une opération zéro. Mais par contre, à la fin, j'ai mon univers qui me ressemble. Et je pense que ça... à la fin ça crée une valeur ajoutée énorme que je peux utiliser et que je peux revendre et du coup je me dis que c'est aussi une autre manière de montrer qui je suis parce qu'aujourd'hui j'ai pas l'impression d'être même si quand je regarde je suis hyper contente de plein de choses, avant je t'aurais pas dit ça, avant j'aurais pointé que mes défauts je me suis dit oui mais tu vois j'ai ça comme idée, j'arrive pas à le faire et en fait j'ai fait ça parce qu'en réalité mon idée de départ c'était ça Avant, j'aurais tout le temps, tout le temps diminué mon travail. Et aujourd'hui, je me dis, en fait, avec les moyens que j'ai, voilà ce que j'arrive à faire. Mais je sais que j'ai envie d'évoluer vers une identité qui me ressemble à 100%. Et aussi qui me permettrait vraiment, tu vois, genre là, de me dire, ben voilà, vraiment, là, je suis arrivée à mon image en instinct. Moi, je l'aime bien. Enfin, ça, je n'ai pas encore trop de... Il y a des choses, il y a des contenus que j'aimerais créer, que j'aimerais pousser. Mais sinon, j'en suis assez satisfaite. c'est plus dans l'art « real life » IRL, où là, j'ai envie de pousser le délire beaucoup plus loin dans mon atelier. Voilà, c'est ça. Que quand mes clients viennent, j'aurai moins ce côté bazar dans mon atelier et qu'en fait, il y a une pièce où je me dis « c'est vraiment mon univers » . Et tu vois, là, je suis allée à Paris, et à Paris, les magasins ne sont pas très grands. Enfin, je veux dire, il y a quand même un problème de place. Et je suis allée dans 2-3 boutiques que j'avais spotées sur Insta, où je m'étais dit, tiens, j'aimerais bien voir en vrai ce que ça donne, parce que ça a l'air d'être pris au grand angle, du coup. Et ça m'a hyper inspirée, parce que je me suis dit, c'est des petits endroits, mais sincèrement, tu te sens hyper bien, parce que l'aménagement a été hyper bien fait, les matériaux, le choix des matériaux. Et en fait, après, je regardais leur image sur Insta, leur boutique, et je me disais, mais c'est tellement cohérent, j'ai tellement envie d'en être là, et de me dire, ouais, en fait... Voilà, tu vois, genre la casse basse, c'est ça. C'est ça et c'est qui je suis. Et j'ai envie de l'affirmer beaucoup plus. Enfin, beaucoup plus. C'est con, mais c'est un peu aussi... C'est vraiment une réflexion de manière générale. C'est vraiment une réflexion que j'ai eue depuis janvier, où je me disais avant, pendant super longtemps, ces dernières années, je pense que j'étais beaucoup plus effacée dans ma personnalité, dans mes choix et tout, parce que je voulais quelque chose. Je voulais tellement... fin. Être consensuelle, que j'en ai peut-être oublié, tu vois, genre qui j'étais et moi-même. Et du coup, là, j'ai envie d'avoir des goûts plus affranchis et me rendre plus visible dans mes goûts. Donc, c'est-à-dire que, tu vois, ça va passer par mon univers, justement. Ça va être beaucoup plus documenté, en fait, mon processus créatif et mes recherches. Sans forcément, tu vois, genre parler en jeu, faire un facecam ou quoi. C'est vraiment plus alimenter, en fait, tout ce que les gens ne voient pas. C'est vraiment montrer ce que je fais, les cordes que je peux avoir à mon arc. Et aujourd'hui, on va dire que mon business model, c'est la vente de mobilier. J'ai un peu de partenariat avec des marques, mais très peu. Et j'ai un peu de set design, mais très peu. Et de décoration d'intérieur, ça commence à être 50-50 avec le mobilier. Et j'aimerais vraiment harmoniser tout ça. J'aimerais que mon discours aussi soit beaucoup plus fluide, parce qu'aujourd'hui, pour le coup, je parlais de positionnement. Et en fait, je pense que les gens ont très bien compris que j'étais antiquière et que je vendais. Mais après, sur les autres, ils ont compris, je pense, que je faisais du partenariat. De toute façon, j'en ai fait que, en gros, cette année, c'était Visite Bruxelles, avec qui je collabore tous les mois sur des sujets qui m'intéressent. Mais après j'ai d'autres marques sur des échanges de visibilité, Plume Living avec qui j'ai fait un meuble que j'ai pas encore posté mais qui va arriver. Mais voilà, c'est des marques que je consomme et que j'ai l'habitude, enfin que je consomme, oui. Enfin visite Bruxelles, non c'est de la culture, mais oui je consomme de la culture au quotidien. Plume Living c'est vraiment un projet qui me tenait à cœur pour la chambre de ma fille, donc voilà je le fais. Après il y a plein de marques qui me contactent et auxquelles je dis non. Mais j'aimerais pouvoir... La SOMAR, c'est des projets qui ont du sens pour moi. Et du coup, là justement, je travaille sur mon positionnement pour recruter un talent de manager. Enfin, quand je dis recruter, c'est-à-dire envoyer une présentation à des talents de manager qui m'intéressent pour pouvoir me représenter auprès des marques parce que j'ai des idées, j'ai des envies. Mais en fait, ça me prend un temps monstre de devoir démarcher, me vendre moi-même et surtout... Quand tu te vends toi-même, en tout cas moi c'est mon cas, j'ai tendance à me sous-payer, à me sous-évaluer. Et aussi la partie administrative, moi j'ai vraiment une espèce de phobie administrative, je pense comme tout le monde, mais vraiment ce n'est pas ce que je préfère du tout dans mon business. Et du coup j'aimerais vraiment qu'il y ait quelqu'un qui vienne établir les contrats. Mais c'est aussi surtout que la partie contractuelle qui vient de m'aider. me protéger, définir un cadre. En fait, c'est une partie qu'on sous-estime énormément, toute cette partie-là, mais qui est hyper importante. Et donc voilà, j'aimerais vraiment... En fait, cette année, j'aimerais vraiment me structurer. En fait, c'est ça. C'est revoir mon positionnement, réaffirmer qui je suis et me restructurer. Je suis toute seule. Je n'ai pas l'ambition d'avoir des employés. Je n'ai pas envie. J'adore l'idée de collaborer, par contre. J'ai envie de m'entourer de collaborateurs plus que d'employés. Et quand on me demande pourquoi, en général, c'est juste que j'ai jamais rêvé, quand j'ai mis de la casse-pas, d'avoir une équipe, une entreprise, comme une marque de déco ou quoi.
- Speaker #1
Ce n'est pas du tout mon ambition.
- Speaker #2
J'aime beaucoup l'idée de collaborer, en fait. Et la seule chose sur laquelle je serais ouverte, c'est en associer. Je trouve qu'il y a une charge qui est dispatchée à 50-50. Beaucoup plus saine aussi. Je pense que je serais... J'aime pas du tout cette idée de hiérarchie verticale. Alors que tu vois, en associé, c'est horizontal. T'as une relation... En fait, t'es dans le même bateau, t'es là pour les mêmes choses. Normalement, si tu t'es bien associé, t'es complémentaire et t'as la même vision. Et je pense que c'est plus vers ça. Donc voilà, ça c'est vraiment la chose vers ouais. Mais là vraiment, je me dis que t'as raison. Quand je te dis que j'ai envie de plus m'affirmer, c'est vraiment... Me restructurer et pas forcément moi même mettre en avant, mais mettre mon message et mon discours en avant. Et vraiment retravailler mon positionnement. Parce que pour moi, pour le moment, il est clair sur certains points, mais pas tous.
- Speaker #1
Je trouve aussi que c'est une marquante pollution, parce que je remarque aussi, moi qui crée des logos, parfois tu as des clients qui, en fait, ils veulent créer des choses petites, ou en tout cas plus discrètes. de Fitchi X années après, même parfois 6 mois, parce que ça va... Ils veulent prendre plus de place, plus de couleurs, plus de... Tu te dis, mais ça, mais waouh ! Et je trouve que ça marque aussi l'évolution de ton business, en fait.
- Speaker #2
Oui, totalement.
- Speaker #1
Et donc, c'est merveilleux. Ça veut dire que tu as pris aussi l'assurance, que tu évolues, que...
- Speaker #2
Oui, je me suis dit que j'avais vraiment envie de le faire pas à pas. Ça, c'est vraiment la nouvelle Betty. Non, mais avant, j'avais envie de brûler la vie par les deux bouts, tu vois. J'avais envie de tout faire en même temps. J'allais me disperser, tu vois. Je partais dans tous les sens, franchement. Je partais dans tous les sens. Et en fait, c'est épuisant. C'est épuisant. Pour moi, pour mon entourage. Tu vois, en fait, à la fin, plus personne ne te suit. Tu comprends plus ce que tu as fait dans ta vie. Ah oui, totalement. Ah oui, totalement. Et je crois que c'est bête, mais d'avoir eu un enfant, je trouve que ça rebat un peu toutes les cartes de ta vie. C'est un peu cliché comme ça quand tu dis ça, mais en réalité, ça te ressemble vachement sur l'essentiel. Et je me suis dit qu'en fait, on pouvait prendre le temps de tout faire à son rythme. Avant, j'avais l'impression que j'avais une espèce de décompte. Je ne sais même pas d'où il sortait, tu vois. En fait, que tu t'es créée toi-même en ayant l'impression que, tu vois, rien ne va très vite, que le temps est compté. Alors qu'en fait, tu as toute une vie, en quelque sorte, pour réaliser tes rêves et tes projets. Et aussi, avant, je m'épanouissais vachement, je pense, que par le travail. Et aujourd'hui, plus du tout. Enfin, je m'épanouis dans mon travail, mais pas que. En fait, je me suis rendue compte que le travail, c'était aussi un pan de ta vie et ça te permettait en soi de faire de réaliser aussi d'autres choses à côté et que j'avais besoin en fait de ma vie perso, ma vie pro pour me sentir pleinement moi-même. Et ça, ça a été vraiment aussi un gros travail. Sur moi, et c'est ce qui m'a permis aussi de ralentir, mais de ralentir de manière réfléchie. C'est-à-dire que du coup, avant, je faisais tout et n'importe quoi, j'allais dans tous les sens. Et aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir plus une ligne éditoriale qui est dans ma tête, que là, j'ai vraiment besoin de coucher sur papier. J'ai besoin de me créer un espèce de gros brain book, une espèce de boussole, pour pouvoir me restructurer et me dire, en fait, quand tu veux faire un projet, si ça ne rentre pas là-dedans, c'est que ce n'est pas le bon moment. Tu le mets dans une... soit à la casse poubelle parce qu'en fait ça sera jamais le bon moment soit tu le mets de côté mais pour le moment voici les étapes que tu t'es fixé pour arriver à ces objectifs là et tes objectifs ils doivent être clairs précis et tu dois pas aussi en avoir beaucoup tu vois genre en début d'année t'arrives avec ta toute vouluiste tu vois genre en mode moi je vais faire ci je vais faire ça non mais en fait quand t'es toute seule il y a un moment où il faut être raisonnable et il faut réfléchir et te dire qu'est-ce qui est important aujourd'hui pour toi pour atteindre ton objectif final. Même ça, je ne suis pas encore sûre de mon objectif final. C'est pour ça que là, j'ai envie de profiter de ce temps des vacances où tout est beaucoup plus calme pour vraiment retravailler mon brain book et me dire voilà, aujourd'hui c'est ça et pouvoir le présenter à toi comme un talent manager, comme à une marque et que tout soit clair et que la personne ait une vraie vision de qui je suis et de tout ce que je peux offrir comme service. Et en fait, c'est ça, c'est genre que la casse-bages en vie, je pense que ça devienne plus un studio, sans mettre le mot studio, un studio, on va dire pluridisciplinaire, de création, tu vois, lié au design, tu vois, et qu'en fait, on pourrait autant me demander, je sais pas, tu vois, genre de mettre en scène, tu vois, genre une nouvelle collection, tu vois, genre d'un éditeur que j'aime bien, pour pouvoir le proposer à ma... enfin, pour pouvoir faire de la pub auprès de ma communauté, comme, tu vois, genre on peut me demander de créer un décor pour... Je ne sais pas, moi, un salon, une conférence, et on a envie que je crée le décor, le talk. Ou un hôtel. Ou un hôtel, qu'un cabinet d'architecture m'appelle et me dise « j'ai envie que tu sources tout le mobilier pour ce projet » .
- Speaker #1
Tu parles de ton univers, qu'est-ce qui le nourrit en termes d'artiste, de designer ? Est-ce que tu as des références comme ça qui ne te quittent pas, ou tu pioches un peu partout ?
- Speaker #2
Alors, il y a des studios déjà que je suis et des architectes que je suis dont j'adore le travail. Donc, ça va être par exemple un studio KO, Marion Mailander, Ucronia. Je trouve leur travail hyper intéressant à ces archives. Et après, il y a vraiment d'autres architectes. Par exemple, en ce moment, je lis beaucoup à propos de Carlo Scarpa, qui était un architecte italien, qui a notamment fait la Villa Autolenghi, qui est pour moi un des projets les plus beaux en termes de brutalisme. Et en fait, je connaissais son nom, je connaissais certaines œuvres, mais je n'avais jamais digué. Et donc en ce moment, je lis un de ses livres. Et donc là, j'ai trop envie d'aller à Venise pour voir le showroom Olivetti qu'il a fait, la fondation, et d'aller vraiment voir tout son travail et tous les détails qui sont fous. Parce que c'est ça, c'est que son travail se caractérise par certains détails en termes d'architecture et de design que je trouve dingue. Vous savez qu'en ce moment, je lis pas mal, enfin, je lis pas mal, j'ai des revues, des vieilles revues italiennes, et du coup, je regarde pas mal de designers italiens des années 50, 60, 70. Et alors après, c'est les voyages, quoi, tu vois, genre c'est des couleurs, ça peut être des superpositions de matières, je vais me balader dans une ville, et puis je vais voir une façade qui peut être... bleu et rouge et je vais trouver un bleu hyper beau que je n'ai jamais vu avec un rouge et je vais trouver ça fantastique, ça peut être un coucher de soleil. Là, tu vois, par exemple, un de mes rêves c'est d'aller au Mexique et d'aller voir toute l'architecture de Barragan que je trouve folle, que je trouve hyper inspirante, hyper belle, que j'ai vu que coucher sur papier. Donc je me dis que tu vois,
- Speaker #1
j'ai envie de se faire un coucher de soleil.
- Speaker #2
Oui, ça devait être fou. Et en même temps, je vais aller dans un de mes endroits de cœur en Bretagne. Et puis, c'est là où je vais limite avoir mes plus belles idées, juste parce que je suis entourée de la nature, d'arbres, de fleurs, à l'état sauvage, avec peu de bruit, juste le bruit des oiseaux. Donc, je dirais que c'est un peu le monde qui m'entoure. Je suis quelqu'un d'assez curieuse. Je vais aller puiser dans différents styles. Je peux aimer du Noguchi, je peux aimer du Carlos Carpa. Tu me diras, mais qu'est-ce qui les relie ? Mais en même temps, c'est ça que j'aime bien chez moi. C'est ce côté melting pot. C'est de ne pas être...
- Speaker #1
Puriste ?
- Speaker #2
Oui, de ne pas aimer qu'une année. De ne pas aimer que les années 50 dans le design français. Non, en fait, je trouve que selon les années, il y a des choses hyper intéressantes. Il y a des couleurs qui émergent. Il y a des matières qui émergent. Je peux autant aimer un bâtiment du Corbusier. Tu vois, tu vois un bâtiment de cargoscarpa et tu vas dire ça ne craque plus. Non, ça raconte pas la même chose et je trouve que c'est ça qui est beau dans le beau. C'est qu'en fait, à partir du moment où ça touche et à partir du moment où ça crée une émotion, c'est que c'est beau à tes yeux. Et je trouve que c'est ça, tu vois, genre, ce que j'aime dans l'esthétisme et dans la beauté, c'est les émotions que ça peut créer. Parce que je pense que je suis personne. pour dire ce qui est beau et ce qui est moche. Je pense que c'est subjectif, en fait. Voilà, c'est pour moi, je trouve que c'est subjectif. Mais dès lors où ça te procure une émotion et où ça te touche, c'est qu'il y a quelque chose de beau là-dedans.
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #2
c'est vraiment... Ça, c'est vraiment quelque chose qui... Moi, j'ai jamais été pédante sur le goût et sur l'esthétisme. Il y a des trucs que je trouve hyper kitsch et en même temps, c'est marrant et ça peut être beau, tu vois, genre dans l'univers. Parce que c'est ça, c'est que le beau aussi il est lié à un univers.
- Speaker #1
Et à une personnalité aussi. Oui,
- Speaker #2
à une personnalité en fait. Il y a des œuvres de Picasso, je ne suis pas sûre que j'aime.
- Speaker #1
Ça crée quand même des émotions.
- Speaker #2
Mais ça crée une émotion, il avait son style. Et pourtant, je pense que dire que tu n'aimes pas Picasso, ça peut paraître bizarre. Parce que c'est un des artistes les plus connus de ce monde. Mais oui, je pense qu'il y a des choses de Picasso que je n'aime pas, mais en même temps, je trouve que le geste est intéressant et que ça a créé quelque chose de fort dans l'histoire de l'art. Il est venu avec une nouveauté, une innovation dans le monde de l'art. Ma grid, ce n'est pas ma cam, mais pourtant, c'est quelqu'un, on voit là de nouveau, qui a créé une émotion chez certaines personnes et qui est venu avec un nouveau style. Après, on trouve ça kitsch, on aime bien le surréalisme ou pas, mais... je trouve que ça a eu un impact, alors que j'aurais tendance à dire que je trouve ça moche, ça ne me plaît pas, je ne vais pas le dire, parce que ce n'est pas ça, c'est que je me sens moins touchée par l'œuvre de Magritte que par exemple un Monet, où je vais regarder un Monet, et je peux passer des heures à regarder chaque détail, et je trouve ça hyper reposant et super satisfaisant. Tu es là, waouh, c'est magnifique. Mais ça ne veut pas dire que l'un est plus beau que l'autre. C'est deux histoires et deux époques différents, et c'est deux gestes différents.
- Speaker #1
Ça ne résonne pas chez toi comme chez moi.
- Speaker #2
C'est ça. Parce que c'est aussi lié à ton histoire, est-ce que ça te procure ? Quand tu regardes une œuvre... Là, j'ai été à Berlin, au Musée d'art contemporain. J'ai oublié le nom de l'artiste, mais elle a créé toute une espèce de... grotte comme ça, genre en terre. Quand tu penses à ça, ça peut paraître super bête, mes cheval avait mis du miel, en fait il y avait toute une ambiance olfactive à l'intérieur qui était hyper intéressante, hyper apaisante. Je trouvais ça beau. Alors qu'en soi, quand tu regardes sur une photo, ça ressemble à rien. Enfin non, ça ressemble pas à rien, mais oui, faut le vivre quoi, à la créer en fait une espèce d'expérience. Et elle nous a amené dans les odeurs de son enfance à travers toute cette installation. Et je trouvais ça hyper intéressant de procurer des émotions comme ça chez les gens. Je n'ai jamais été à Florence, mais on parle souvent du syndrome de Stendhal là-bas, que les gens ont parce qu'ils sont frappés par le beau tellement c'est dingue, tout ce qui se passe là-bas, en termes d'art. D'ailleurs, toutes les personnes apparemment dans les musées sont formées à... pouvoir gérer ce syndrome s'il apparaît, cette espèce de folie qui peut s'emparer une certaine personne. Et je me disais, c'est fou quand même que le beau puisse t'emmener jusque-là, jusqu'à en perdre la tête. Ouais, jusqu'à en perdre la tête. Je pense que la fois où j'ai été le plus touchée, moi, par l'art, et c'est ça qui nourrit aujourd'hui beaucoup mon travail, je pense que c'est le Japon où j'ai voyagé deux fois là-bas, une fois deux semaines, une fois après un peu moins d'un mois. Et en fait, du coup, quand tu vas au Japon, tu prends ton pass, rail pass, comme tout le monde fait. Et puis, tu as les îles musées, Naoshima, Teshima. Et la dernière, j'ai oublié son nom, désolée. Et en fait, sur Naoshima, tu as des musées qui sont... Enfin, moi, c'est une des choses les plus belles que j'ai été amenée à voir. En fait, c'est des musées avec des installations qui ont été créées spécialement pour ces musées. C'est magnifique. Enfin, j'ai rarement vu ça. J'avais envie de pleurer à la fin, tu vois, genre de chaque visite. Je trouvais ça fou. tellement c'était juste, tellement c'était beau et apaisant. Je trouve que ça va avec toute la philosophie du Japon. En fait, tout était juste, tout était beau, tout était à sa place. Et là, je me suis dit, je défie n'importe quelle personne de ne pas ressentir une émotion. Pour moi, ça, c'était le même. Mais c'est pas... La beauté des œuvres, c'est la manière dont elles sont aménagées, de comment on te fait voyager à travers ces œuvres, comment on t'emmène là-dedans, tout le parcours que tu dois faire. Tu es sur une île, tu es en vélo. C'est un côté un peu voyage, exploration, qui est hyper intéressant. Tu es dans une culture qui est tellement différente de la tienne qu'en fait, ça t'emmène hyper loin.
- Speaker #1
Et qui est très profond, justement. Comme réflexion, comme processus de création. Ça ne doit pas être... fantastique à mon avis.
- Speaker #2
Moi, c'est l'un des pays les plus beaux que j'ai été amenée à visiter. C'est hyper... La culture est dingue. J'ai trouvé ça hyper... C'est marrant parce que c'est une ville... Tokyo, c'est grand, par exemple. Il y a beaucoup de monde. Pourtant, c'est hyper calme. Je ne sais pas comment expliquer. Il y a un côté hyper serein et zen. C'est... C'est hyper agréable. C'est un pays que je conseille. Moi aujourd'hui, oui chez moi, quand on regarde, j'ai fait une verrière et c'est vrai qu'il y a ce côté un peu japonisant sur ma verrière et on me demandait d'où ça venait. Je pensais que c'était mon voyage au Japon sans le savoir. Quand on a tout imaginé avec les archis et mon mec, on savait qu'on voulait une verrière. Je savais que je n'avais pas envie d'une verrière un peu en fer forgé. J'en avais une en bois avec une porte coulissante. Après, je regardais mes photos du Japon et je me suis dit que l'inspiration vient de là. Je savais ce que j'avais en tête parce que je l'avais vu aussi. Et je voulais que les chambres, genre il y a de la moquette qui est ce côté un peu chill zone. Et en fait, c'est un peu ce que tu as dans les chambres typiques où tu arrives et tu as juste un tatami et ton matelas au sol.
- Speaker #1
Moi,
- Speaker #2
j'aime bien cette idée du laississement. Même si je pense que je ne suis pas comme ça parce que j'ai un côté méditerranéen. Mais je pense que c'est ça un peu mon ambivalence. C'est d'aimer autant le calme que le bruit. Et j'ai besoin de mes moments de douceur, de sérénité. de méditation en quelque sorte. Mais à côté de ça, je viens d'une famille où ils sont 7 frères et sœurs, du côté de ma mère. Donc imaginons avec tous les petits-enfants. En fait, à table, ça a toujours fait du bruit. Ça n'a jamais été calme et j'ai toujours aimé ça. Et j'ai toujours trouvé ça trop bien, les repas de famille, parce qu'en fait, tout le monde parle, ça débat, ça crie. On met de la musique, on fait les you-you, c'est trop bien. J'adore ça. Ça n'a pas de sens. Fred, la première fois où mon copain a passé Noël avec nous, il disait « mais ça n'a pas de sens » . Je lui disais « oui, tout le monde fait du bruit, tout le monde parle, tout le monde chante, c'est trop bien » . Mais à côté de ça, je suis contente quand je rentre chez moi et que je suis en mode « oh » .
- Speaker #1
Ça crée justement un petit pocon de calme et tu peux te déposer, finalement.
- Speaker #2
C'est ça. Franchement,
- Speaker #1
je crois que c'est un... Pas que c'est un des objectifs de vie, mais... d'arriver à se détendre et à être bien chez soi. Je trouve que c'est quand même un objectif.
- Speaker #2
Mais en fait, c'est vraiment en le réalisant. Déjà, j'ai un copain qui est très... C'est vraiment mon copain aussi qui m'a aidée. Ça fait 11 ans qu'on est ensemble et lui, il est très... Simple dans ses besoins. C'est quelqu'un de très créatif, mais de très simple dans ses besoins, dans le sens où il est là. Moi, tant que je suis avec toi, avec ma fille, avec notre fille, je suis trop heureux. C'est toujours celui qui va dire « Regarde, on est en bonne santé, tout va bien, on est dans une ville qu'on aime, dans un quartier qu'on aime. En fait, qu'est-ce que tu veux de plus ? Et c'est vrai, qu'est-ce que je veux de plus ? » En fait, c'est pas... C'est pas une paire de chaussures en plus qui va me rendre plus heureuse, c'est pas changer de voiture qui va me rendre plus heureuse. On adore voyager et en même temps, l'endroit où on se sent le mieux, c'est une petite île en Bretagne où on va tous les ans dans la même maison, une petite maison qui paie pas de mine, c'est pas le grand luxe à l'intérieur, c'est une petite maison de pêcheurs. En fait, c'est trop bien, on est tout le temps dehors, on est concentré sur l'essentiel. Je sais pas, genre... Je ne sais pas, c'est vrai qu'il m'a vachement aidée à relativiser sur les bonheurs simples du quotidien et la manière dont on devait appréhender la vie. La vie, ce n'est pas toujours vouloir plus, vouloir toujours aller plus loin, toujours aller dans un autre pays, toujours voyager loin. Pour cocher la checklist, il était là. En fait, on n'est pas obligé de faire le tour du monde. C'est pas ça qui va nous rendre plus aventuriers, plus explorateurs. Moi, avant, j'avais ce côté, j'ai pas envie de retourner dans une ville que j'ai déjà faite. Alors que j'ai adoré cette ville. Mais lui, il était là. Pourquoi ? Je disais, mais non, mais en fait, il y a trop de trucs à faire. Il était là, oui, mais en fait, tu peux juste te poser. Même cette idée de devoir aller loin pour déconnecter. Maintenant, en fait, t'es pas obligé d'aller loin pour déconnecter. Et c'est plein de choses comme ça. Franchement, c'est quand même lui qui m'a aidée à... à aussi penser comme ça et qui a un peu modifié ma manière de penser et réfléchir et je trouve que ça m'a apporté beaucoup de sérénité en fait c'est un peu ce truc de demain je peux te donner un portefeuille illimité tu peux tout avoir si t'es pas heureuse c'est pas ça qui va te rendre heureuse c'est pas les autres c'est pas ce que tu peux avoir ne pas avoir qui va te rendre heureuse et ça c'est vrai et et J'ai vraiment travaillé là-dessus. En fait, je me suis dit, c'est vrai, demain, tu peux me faire gagner au loto.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça changera,
- Speaker #2
finalement ? Oui, qu'est-ce que ça changera ? L'argent ne fait pas le bonheur, ça, c'est sûr. Après, ça aide. On ne va pas se mentir, puisque les gens vont dire, oui, drôle, mais en fait, tu n'as pas d'argent, tu n'as rien non plus. Ça, c'est clair. Mais après, c'est aussi de se dire, lui, par exemple, c'est un truc bête, mais... En fait, il adore son boulot, il gagne ce qu'il est content de gagner. Il était là, en fait, j'ai déjà eu des propositions pour gagner plus, mais si c'est pour être stressé ou autre, ça ne sert à rien. Je lui disais, ah, mais j'adore ce truc de se dire, en fait, j'ai atteint un niveau de vie qui me permet d'être serein. Et en fait, moi, c'est ça, en montant la Casbah, et c'est aussi pour ça où je disais, je n'ai pas forcément envie d'employer, c'est de me dire, j'ai envie d'atteindre un niveau de vie qui me rend sereine. Et ça, c'est toi qui te le fixes. Et c'est propre à toi, en fait. Et du coup, à partir du moment où tu as obtenu cette sérénité, tu vois, genre aussi financière, émotionnelle et tout, en fait, tu es dans un état de plénitude. Et lui, il a réussi à atteindre ça. Et en fait, ça a un impact sur, je pense, et moi et sa fille. Aujourd'hui, c'est trop cool. Oui, il a du temps pour sa fille, pour accepter un boulot, tu vois, genre qui vous gagne plus. Mais il me dit, en fait, après, tu vas m'en vouloir parce qu'on passe moins de temps. Je ne serai pas là, tu vois, genre pour notre enfant. Et je lui dis, non, mais c'est vrai, tu as raison.
- Speaker #1
Même si je ne parle pas de mes miennes, pourquoi ?
- Speaker #2
Oui, c'est ça. C'est aussi l'espace que tu te laisses mentalement pour être une bonne personne pour tes proches, pour ta famille, pour toi-même. Moi, je pars toujours du principe que si je suis bien avec moi-même, je serai bien avec les autres. Parce que sinon, comment tu veux aider les autres quand toi-même, tu ne vas pas ? Après, ça, c'est tout un débat. Il y en a plein qui arrivent à faire des métiers où ils aident les autres pour régler des... Mais... Non, mais j'avais envie franchement d'obtenir plus de sérénité. Je me suis dit qu'en fait, le stress, c'est quelque chose avec lequel j'ai vécu pendant longtemps. Et en fait, ça a créé plein de dérèglements dont on ne se rend pas compte. J'avais des crises d'anxiété, des crises d'angoisse. J'avais du mal à dormir alors que je suis bonne dormeuse. Et en fait, je voyais l'impact que ça avait sur mon corps. Et je me disais, je ne peux pas continuer à vivre comme ça. Enfin, ce n'est pas gérable en tout cas. Oui, ce n'est pas gérable. Et je pense que ça, c'est vraiment la naissance de ma fille. Je me suis dit, en fait, qui est-ce que tu as envie d'être comme mère ? Est-ce que tu as envie qu'un jour, ta fille, elle te dise, mais maman, tu es tout le temps stressée. Je n'avais pas du tout envie de ça, parce que je me disais, mais c'est horrible.
- Speaker #1
Même, quel exemple ça montre.
- Speaker #2
Oui, c'est ça aussi.
- Speaker #1
Évidemment, il y en a qui n'ont pas le choix, et c'est comme ça.
- Speaker #0
Non, non, non, mais en soi. Oui,
- Speaker #1
c'est effectivement se poser les bonnes questions. Et maintenant, après... Vraiment, si tu es là-dessus et que tu ne prends pas en compte ces réflexions-là, ce n'est pas grave, mais ça a un impact sur nos enfants.
- Speaker #2
Ah oui, ça c'est sûr. Je me suis dit, en fait, quand tu es stressée, tu es aussi plus irritable, plus énervée. Et je pense que tu n'avais pas envie d'être cette maman qui chie ou qui perd ses nerfs pour un petit truc, tu vois. Parce que oui, les enfants, ça fait des bêtises, ça apprend, ça a besoin de se poser ses limites. Et en fait, j'avais pas envie d'être cette mère qui crie. Je trouvais que c'était un peu le trauma des années 90, où tu voyais tes grands-t-iliers. Oui,
- Speaker #1
je pense qu'on les entend, on va même mal.
- Speaker #2
Tu vois, tu les entends en écriant parce qu'en fait, ils étaient dépassés.
- Speaker #1
Oui, et puis je pense que les enfants prennent une autre place dans nos vies. dans la vie en général, dans la société, que nous, petites, je pense que les enfants avaient le droit à dire à notre époque. Je crois qu'il y a encore des parents.
- Speaker #2
Non, ça c'est vrai. C'est vrai,
- Speaker #1
c'est vrai. En termes de gastronomie, parce que je trouve que c'est quand même très, très lié, le bon et le beau, comment tu appréhendes ou tu apprécies la nourriture ?
- Speaker #2
Alors moi, je suis une vraie foodie. J'adore tester des adresses. J'adore le bon, même dans mon assiette. Je suis très gourmande. Je la présente de la même manière. Qualité plutôt que quantité déjà. J'aime beaucoup les bons produits. Je vais faire mes courses dans certains endroits pour certaines choses. Par exemple, je vais manger moins de viande, mais je vais aller acheter ma viande. J'ai ce bacon-bunnen qui coûte plus cher qu'un autre boucher. Mais voilà, je vais faire attention au poulet que j'achète. Je vais prendre le poulet fermier dans les adresses que j'adore. Ouais, j'aime bien ces nouveaux endroits un peu néo-bistro qui peuvent ouvrir. Un terme qui est totalement énervant, je le conçois. Mais voilà, en fait, c'est... En fait, si je reviens à la jeunesse, c'est que la nourriture, le repas a toujours été quelque chose d'important dans ma famille. Donc, il faut savoir que mes grands-parents, je n'ai jamais vu chez eux une boîte de conserve. J'ai vu ma grand-mère se brûler les mains pour nous faire du couscous, tu vois, genre cuit, pas comme certains le font juste avec de l'eau ébouillantée et genre la semoule. Non, là, en fait, elle le fait en trois fois. Elle travaille sa semoule, il faut aller chercher le bon grammage, genre le bouillon est fait à la main. Enfin, je veux dire, elle cuisinait tout le temps à la main. Elle passait son temps à cuisiner, elle faisait les sémaines elle-même, je la voyais. Quand on voit les mains de ma grand-mère, elle a passé toute sa vie à s'ébouillanter les mains pour nous cuisiner des super bons plats. Mon père pareil, ma mère aussi aimait bien cuisiner. Les parents de mon conjoint, son père est cuisinier. Donc en fait, la cuisine, elle a toujours fait partie intégrante de nous. On choisit généralement les endroits aussi où on va en vacances parce qu'autour, il y a des tables qu'on veut tester, il y a des vignerons qu'on veut aller voir. Il y a toujours des adresses de bouche qui nous intéressent. et oui les deux sont liés bien évidemment mais je trouve que c'est aussi en fait c'est de manière générale je trouve que genre la nourriture que tu consommes, la manière dont tu achètes la manière dont tu t'habilles il y a un moment où en fait ça fait un tout quoi et comme mon mantra c'est un peu qualité plutôt que quantité parce que j'ai l'impression que quand t'achètes qualité plutôt que d'acheter mauvais parce que acheter mauvais c'est acheter deux fois je trouve, enfin voilà t'achètes genre le truc le moins cher en fait en deux temps trois moments ça se pète ça veut pas dire que ce qui est le plus cher est le plus quali mais en fait il y a des marques par exemple voilà tu sais que dans tel ou tel domaine bah c'est cette marque je sais pas je vais penser à genre tu vois tu veux une ponceuse tu prends une makita tu vois genre tu vas pas prendre celle du Lidl qui coûte moins cher en tout cas pour moi ce que je veux faire et si tu veux qu'elle dure dans le temps ben makita c'est une marque qui est là depuis toujours c'est un petit investissement au départ mais tu sais que tu vas la garder 20-30 ans et tu vas pas la changer Moi, je suis un peu comme ça et pareil dans la manière dont je vais manger. Bien évidemment, je me fais des shit mills comme tout le monde. Entrée de soirée, je vais me prendre un kebab. Voilà, je ne vais pas. Mais j'essaie de faire attention au maximum à la manière dont je mange. Et les adresses que je teste, ouais. Oui, là, je reviens de Paris. Et voilà, j'ai tout notre voyage, notre séjour. J'étais avec Paul, celui avec qui je dessine des lampes dans mon business. on est tous les deux passionnés de bouffe tous nos séjours parmi nous tout était tourné autour de la bouffe on savait où on allait petit déjeuner où on allait manger à midi moi ça m'angoisse de louper un repas c'est un plaisir tellement dingue il y a toutes les discussions aussi qui épanent autour de ça c'est le plus épique toi qui aimes le beau
- Speaker #1
Je pense que là où tu manges bien, souvent, c'est très chiant. Un truc plus,
- Speaker #2
ça va être le choix de la vaisselle, le choix des couverts, comment tu reçois. Je trouve que ça en dit long aussi sur une personne. La manière dont on va te recevoir, ça en dit long sur une personne. Est-ce que tu as le service de ta grand-mère ? Est-ce que tu as les assiettes Ikea ? Les couverts, c'est de l'argenterie, c'est les couverts sabres. Peu importe, en fait. Je trouve que ça en dit long sur une personne, sur ses origines. Tu vois, la première fois que tu vas manger chez quelqu'un, En général, si t'as jamais invité à manger, il veut un peu te faire son plat signature.
- Speaker #1
Oui, c'est quand même très intime.
- Speaker #2
Oui ! Et du coup, tu vois, t'as un peu genre, quel est le plat signature de cette nouvelle personne, tu vois, qui m'invite chez elle ? Et je trouve qu'il y a un côté très... c'était le chapeau chinois, non ? Le jeu des... tu vois, où tu dis, lui, il serait quel animal, quel est le plat et tout. Et bien, il y a un peu ce truc-là, tu vois, que je trouve intéressant, parce que ça définit la personne, le plat qu'il va te faire, tu vois. Le plat qu'il va te faire, ça montre un peu son niveau en cuisine, sa définition du goût, comment il va mettre ça en scène. Tu vois, c'est genre est-ce que t'es perfectionniste, pas perfectionniste. En réalité, quand tu vois une assiette, tu vois genre tu peux en découvrir quelle cuisse, je sais pas. Je trouve que ça en dit moins sur une personne. Et c'est marrant en fait. C'est marrant de découvrir une personne à travers son plat préféré. Et toujours quand je vais chez quelqu'un qui m'a jamais envie d'arranger, je regarde toujours le premier plat qu'il me fait. Je me dis ah ouais ok, marrant.
- Speaker #1
Donc ça coégrant ? Ouais, et parfois j'étais étonnée.
- Speaker #2
Je me suis dit, en fait, ça va pas cuisiner alors que... C'est pas, il s'est pas cuisiné. En fait, c'est pas, il s'est pas cuisiné. C'est que genre, ça a des plats basiques. Alors que tu vois, ça peut être des foodies. Tu adores aller, tu vois, genre dans le Bélaire. Oui, tu vois, et tu te dis, ah ben du coup, ils sont de femmes de cuisine. En fait, pas spécialement, tu vois. Tu peux être foodie et pas aimer spécialement cuisiner, mais aimer te faire servir, aimer la bonne bouffe et tout. Et donc ça, c'est marrant, tu vois. Et du coup, je trouve ça drôle. Mais ouais, ben oui, je trouve que tout est lié, c'est sûr. Genre tout, la manière dont tu manges, la manière dont tu te rends. Ouais, il y a un lien.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des affinités à Bruxelles ou ailleurs que tu...
- Speaker #2
Comment on permet de les fermer ? Oui, bien sûr. Je suis originaire de Lille, donc je vais donner une adresse que j'adore à Lille, où j'adore manger, c'est Bistro Brigand. C'est dans le centre-ville de Lille, près de République, et c'est vraiment délicieux. Ici, à Bruxelles, j'adore aller manger au 203. Ça, c'est une de mes adresses préférées. Pour ceux qui habitent à Bruxelles, je pense que c'est un peu un... Voilà, d'institution maintenant. Ça, c'est vraiment une de mes adresses préférées. Et alors après, à Paris récemment, ce que j'ai fait et que j'ai adoré. J'ai adoré plutôt Paris, c'était trop bon. Furia, délicieux, des tacos. J'ai été dans une brasserie et franchement, on a trop bien mangé. Et ça fait trop plaisir de regoûter des classiques français. Donc, tu vois, ça va être le poireau vinaigrette. Enfin, je ne sais pas, genre juste hyper bien fait. Ça s'appelle Chez Prenesse. mais sinon il y en a un autre que j'adore qui s'appelle Au Vert Volé pareil brasserie après dans le style un peu néo brasserie donc plus poule à Paris c'est plus temple de la hype et tu manges des frites dans un PMU mais voilà ça va être le cornichon c'est sympa voilà pour les adresses il y a Bruxelles très souvent le midi je vais me faire un petit mercado C'est rapide, c'est efficace, c'est bon. J'adore Manu et Pia, ils sont trop gentils. Pour petit déjeuner, ça va dépendre un peu de ce que j'ai envie. En général, je petit déjeune chez moi et puis je vais me prendre une boisson à l'extérieur. Et pour dîner, Nenu, j'aime bien, asiatique. Du coup, le 203, j'adore. Ils sont en train de réfléchir à d'autres adresses que j'aime bien. Le d'Abrazel, j'adore. Après, l'horeca, en ce moment, ce n'est pas le secteur le plus porteur. Donc, j'ai en train de...
- Speaker #1
Malheureusement.
- Speaker #2
Oui, non, malheureusement. Mais non, c'est un peu les adresses récemment. Ce que j'ai envie de tester, par contre, et j'en ai entendu que du bien, Cartouche.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que je l'ai entendu parler aussi. Oui.
- Speaker #2
Très dur d'avoir une table le soir. Donc, je n'ai pas encore réussi. Je pense que je ne m'y prends pas assez à l'avance. Mais très envie de tester. Ah oui, et que j'ai fait, qui avait ouvert Old Boy.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
dit le jeu délicieux,
- Speaker #1
j'ai vraiment adoré est-ce qu'il y a un son qui accompagne ton parcours entrepreneur ?
- Speaker #2
ah oui alors tu m'as j'avais vu cette question et alors je me suis dit c'est pas dans ma vie entrepreneuriale je crois c'est plus dans ma vie en général je me suis dit Dans ma rue de Doc Gineco en fait c'est un album le seul et l'unique album de Doc Gineco je crois En tout cas, c'est celui que j'ai saigné pendant toute ma vie d'adolescence et que je réécoute encore dans ma voiture tout le temps, Dedans, il va y avoir passement de jambes, Vanessa, c'est vraiment l'étude préférée de mes années. Et en fait, quand j'écoute dans ma rue, j'ai l'impression de l'entendre parler de Saint-Gilles, de mon quartier de cœur, qui est à Bruxelles. Et j'ai l'impression que ça résume assez bien ma vie, en tout cas, ce qui m'entoure, la manière dont je... qu'on soit la rue, le monde, l'environnement dans lequel j'évolue. Donc voilà, j'ai longuement réfléchi à cette question et je me suis dit que dans les paroles, dans la manière dont ils parlaient, c'était un peu... Ouais, je sais pas, je trouve que c'est une chanson feel-good.
- Speaker #1
Et si tu pouvais te projeter dans 5 à 10 ans, est-ce que tu sais un petit peu à quoi ta vie ressemblerait ? Ou à qui tu ressemblerais ?
- Speaker #2
J'ai envie d'être comme le vin et de me bonifier avec le temps. Non, mais c'est une question que je trouve hyper dure. Je pense que dans cinq ans, j'espère avoir atteint mes objectifs et que toutes les petites graines que j'ai semées auront ri et germé. Dans dix ans, par contre, j'ai vraiment... Ça, c'est un projet qu'on a avec mon copain, c'est d'ouvrir une maison d'hôte en gîte. Je pense au départ un gîte et après on aimerait bien une maison d'hôte. Mais bon, maison d'hôte plus quand on sera retraité, donc pas tout de suite. Mais vraiment avoir un gîte que j'aurais refait de A à Z avec lui. Et j'ai vraiment envie d'avoir un lieu de villégiature président secondaire. pour ma famille, pour mes proches, pour pouvoir nous créer un peu des souvenirs au même endroit. Comme je disais, je pense que je suis un peu, enfin, pas lassée, loin de là, mais je pense que j'ai moins cette envie de bouger et j'ai vraiment envie d'avoir un autre pied-à-terre pour les vacances, un lieu où on peut se retrouver avec les amis, avec notre famille, et qu'ils deviennent vraiment un point d'ancrage pour ma fille aussi. J'ai envie qu'elle grandisse avec ça. Et voilà. Donc, oui, j'aimerais bien avoir une résidence secondaire qui serait ouverte à la location pendant toute l'année et avec des semaines qu'on bloquerait. Voilà, ça, j'aimerais vraiment le faire avec mon conjoint et qu'il se transforme en maison d'hôte plus tard, parce que je pense qu'on aura toujours envie de recevoir et d'accueillir des personnes et leur faire découvrir les beautés d'une région pour laquelle on serait tombé amoureuse.
- Speaker #1
C'est le courant.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Et alors, j'ai la question, j'ai posé, sans connaître mon prochain invité, est-ce qu'il y a une question que tu aurais envie de lui poser ?
- Speaker #2
Oui. Alors, juste une petite précision. Est-ce que ce prochain invité, je repasse juste après moi, ou en termes de diffusion, ou alors... Oui. Ah, ok, d'accord. Alors, je lui dirais, quel bilan peux-tu faire de cette presque première... Enfin, de cette presque année ? Quel bilan ? Qu'est-ce que tu en retiens ? Parce que du coup, en gros, le vent, il passe en septembre. On a déjà fait la moitié de l'année. C'est qu'elles sont un peu tes doux et dons de cette année, les apprentissages, les erreurs que tu as faites, celles que tu n'aimerais pas répéter. Voilà. C'est un peu faire le bilan de son année. Oui, voilà, c'est ça. J'irais ça.
- Speaker #1
Moi, j'ai une question de Sophie qui me demande, pour toi, qu'est-ce qui t'anime ? On n'a déjà pas beaucoup parlé.
- Speaker #2
Ce qui m'anime, franchement, c'est ma passion pour le mobilier, le design, l'architecture. C'est vraiment quelque chose que j'ai l'impression d'avoir trouvé le métier qui me correspond et où je peux être moi pleinement. Donc ça, j'adore. Et ce qui m'anime, c'est vraiment le quotidien. J'ai l'impression que tous mes jours sont différents, que je n'ai jamais la même journée. Et en même temps, même les challenges, parfois je me dis, je n'ai pas encore ça. Même ces challenges-là, quand j'ai... pas envie de les affronter, je le fais et à la fin j'en retire une certaine satisfaction et un certain enrichissement. On va dire que si j'avais pas choisi cette vie-là d'entrepreneur, je pense que j'aurais été toujours dans ce truc de vouloir compenser. Et aujourd'hui, si j'attends, c'est des vases communicants, c'est-à-dire que parce que j'ai trouvé un boulot qui me satisfait, en fait, j'arrive à être mieux dans ma tête et j'en suis très heureuse. Donc on va dire que ma santé mentale, ma santé physique, ma carrière, c'est ça qui m'anime aujourd'hui. Vraiment, je me sens pleinement moi-même.
- Speaker #1
C'est une sorte de moteur ou en tout cas de...
- Speaker #2
Ouais, c'est ça. Parce qu'en fait, quand il y a une chouette chose qui arrive, ça en engrange une autre, On parle souvent des lois de l'attraction. Je trouve que ce n'est pas faux. Enfin, ce n'est pas faux, en fait. C'est que les lois de l'attraction, ce n'est pas magique, mais c'est... Tu mets des choses en place et en fait, l'univers fait en sorte qu'il te les rende parce que tu as aiguillé l'univers vers ça. En gros, tu as choisi un chemin et tu ne t'en rends pas compte. Mais tout ce que tu fais, tous les actes que tu fais, ils t'emmènent vers une certaine route et rien n'arrive par hasard. Et voilà. Donc, ce qui m'anime, c'est vraiment mon quotidien et ma passion pour mon métier.
- Speaker #1
Je ne fais rien avec plaisir. Tout au grand merci. C'était une très très belle discussion.
- Speaker #2
Merci à toi de m'avoir reçu. C'était hyper chouette de se rencontrer.
- Speaker #1
Et je suis curieuse de te poser des questions aussi d'ici 5 ans. Oui, 5 ans, même 6 mois, je me dis. Peut-être que ça va bien. Et on va évoluer d'ici là aussi.
- Speaker #2
Oui, j'espère. J'espère qu'en tout cas, j'aurai mis certaines choses en place pour y arriver. Et à mon rythme, je pense que j'ai été pendant longtemps un diesel et que là, j'ai envie de passer en hybride, en essence. J'ai envie de prendre de la hauteur, pas forcément de la vitesse, mais en tout cas de la hauteur.
- Speaker #1
Je t'apprécie beaucoup.
- Speaker #2
Merci beaucoup.