- Speaker #0
Bienvenue dans le monde de bonbons, un monde de bons et de beaux. Ici, on écoute nos frissons, nos palpitations. On se délecte de ces sensations et on œuvre pour les transmettre. Dans cette tribu de passionnés, on danse la vie. On dévore le monde et on croque l'aventure à plein bon. Je suis Frédérice Carnière et je suis moi-même une exploratrice de la vie. Mes invités sont des explorateurs du goût, des chercheurs d'or. des chefs d'orchestre, des artistes, des passionnés. À travers mes mots ou les leurs, je vous invite à voyager avec passion. Bienvenue dans le gargouilli de nos cœurs.
- Speaker #1
Dans ce nouvel épisode de Bon Vau, j'ai invité Élodie de Seninck, la douce, la prolétaise des mots, des images, la philosophe.
- Speaker #0
La petite Élodie qui rêvait et s'émerveillait. laisse place à tout autant de sensibilité, et aujourd'hui, transmet ce frisson du vrai, du juste, pour le retranscrire visuellement et narrativement. Aujourd'hui, Elodie vous invite à faire tout autant. Elle vous regardait déjà avec un œil accueillant et juste. Désormais, elle vous écoute, vous regarde, vous révèle, et vous aide à mettre des mots et les exprimer, les écrire, les crier, les chanter, les célébrer.
- Speaker #1
Je vous invite à écouter cet épisode avec tendresse et amour pour une belle écoute.
- Speaker #0
Bonjour Élodie.
- Speaker #1
Coucou Frédérique.
- Speaker #0
Je suis super contente de te recevoir dans mon podcast.
- Speaker #1
Merci pour l'invitation, moi aussi je suis ravie.
- Speaker #0
Ça faisait vraiment du sens pour moi de t'inviter. Comment vas-tu aujourd'hui dans ton cœur et dans ta tête ?
- Speaker #1
Je vais plutôt bien. Je crois que maintenant, c'est une question qui me traverse tous les jours. Et donc, en fait, j'essaye d'aller bien et en tout cas de rectifier le tir quand je sens que ça ne va pas. Et ou d'accepter qu'il y a des journées un peu plus maussades. Et comme la météo, je les laisse passer et on n'a pas toujours de prise là-dessus. Je pense que c'est bien.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on a du soleil, ça fait quand même du bien.
- Speaker #1
Effectivement.
- Speaker #0
J'avais envie de te demander quelle petite fille étais-tu ? Et si tu avais déjà des rêves à cette époque-là ?
- Speaker #1
Alors, je crois que oui. Je pense que rêve a été un mot qui m'a beaucoup habitée. Donc, la petite fille que j'étais était relativement solitaire parce que j'ai trois grands frères, mais on n'a pas grandi ensemble. Donc, j'ai été beaucoup seule et j'ai quand même eu la chance d'être assez vite sensibilisée à la créativité. Je crois qu'on m'a laissé beaucoup jouer dehors. on m'a remis On m'a initiée à pas mal d'activités créatives. Ma mère me poussait, mais pas sous pression, mais me poussait gentiment vers ça. Donc je pense que ça a assez vite pris de la place et de l'espace dans mon quotidien. Donc je crois que je me suis beaucoup apaisée au contact de la création.
- Speaker #0
Petite fille calme alors ?
- Speaker #1
Relativement, oui, je crois. Ouais. Je n'ai pas de souvenirs, alors on n'a pas toujours de souvenirs de tout, mais je n'ai pas le souvenir d'avoir fait beaucoup de bruit. Je pense que d'ailleurs, j'étais plutôt hyper timide. Parfois, j'allais me planquer derrière les canapés. Voilà, je crois qu'un petit chat farouche.
- Speaker #0
Un petit chat farouche, apprivoisé.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et quel est ton premier souvenir, le premier souvenir qui te connecte avec ce que tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #1
Il y en a beaucoup en fait parce que même si je pense que je ne les ai pas liés tout de suite, en tout cas si c'est par rapport à la photographie, ça a quand même existé assez souvent dans mon quotidien parce que mon père était hypersensible à la photo. Donc il en a toujours fait, on avait une chambre noire à la maison, il m'a appris à observer la lumière, en fait il m'a appris à observer je crois la nature. et la beauté. Je pense que mes deux parents sont assez sensibles à ça. Quand je regarde des vidéos de moi toute petite fille, en fait, ça m'a frappée de les voir tous les deux me dire souvent « viens voir, viens voir » . Et en fait, je crois que ça a participé clairement à mon besoin d'observation.
- Speaker #0
C'est fou. Donc déjà là, ton œil était déjà un peu aiguisé à la beauté et aux petits détails.
- Speaker #1
Ouais. ouais mais mes parents sont très très contemplatifs donc je crois que ça ça se transmet vraiment je crois aussi et quelle vie menais-tu avant de
- Speaker #0
de te plonger dans la photographie ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas été... Ce chemin a été assez particulier parce que j'ai fait mes secondaires en maths-sciences, donc j'ai suivi une filière somme toute assez classique et très peu littéraire, pour le coup. Puis j'ai commencé vétérinaire. Premier rêve d'enfant. J'aimais bien les animaux, mais il s'avère que ce n'est pas tout à fait ça, le métier de vétérinaire. C'est un peu plus complexe. Et donc, en première véto, j'ai assez vite su que ça n'était pas ma voie. Surtout quand le seul examen que j'avais réussi avec Brio était philosophie. Peut-être qu'il y a quand même quelque chose à gratter. Et donc, je suis partie faire des études en photographie. Après ça, mais va savoir pourquoi.
- Speaker #0
Tu n'as pas tout de suite travaillé là-dedans.
- Speaker #1
Alors, assez vite quand même, parce que du coup, à la fin de mes études, je ne voulais plus faire de photographie. Ça m'avait un peu... Je crois que je ne trouvais pas le sens de ce que je voulais faire de ce médium. Donc, j'ai ouvert une boutique dans le centre de Bruxelles de créateurs, que j'ai tenue pendant deux ans. C'était très chouette aussi, parce qu'en fait, c'était la création sous un autre prisme que le mien. Et donc, c'était aussi hyper, je pense, formateur de voir aiguiser mon œil à trouver les créateurs, à essayer de dénicher les talents. Et c'est quelque chose que j'adore, en fait. Et puis, c'est chouette parce que c'est des gens que j'ai recroisés dans ma vie de photographe par la suite. Donc, finalement, il n'y a pas toujours de hasard. Je pense que c'était assez...
- Speaker #0
C'est juste une... Voilà,
- Speaker #1
c'était un petit détour, mais un détour qui m'a appris beaucoup de choses. et qui était une première incursion dans cette vie-là que j'ai vraiment aimée.
- Speaker #0
C'est aussi un travail d'observation finalement, d'aller chercher les détails dans les créations des autres. Tout à fait.
- Speaker #1
Et je pense voir un peu l'étincelle de magie dans tout ce qui existe. Et donc finalement, c'est ce que je continue de faire, si ce n'est que c'est en 2D chez les gens principalement. Mais je pense que le regard est assez similaire.
- Speaker #0
Oui, c'est juste. Le résultat finalement qui a pu tomber un peu. Oui,
- Speaker #1
en effet, la forme.
- Speaker #0
Et quel a été le déclic qui t'a poussé justement à peut-être fermer la porte de cette boutique pour te lancer en tant que photographe ?
- Speaker #1
Alors, clairement, ma vie privée à l'époque. Ma situation de couple avait changé. Donc, ça a changé le projet qu'on avait ouvert ensemble à l'époque. Mais aussi... Je pense qu'être commerçant, c'est encore un tout autre métier que mettre une boutique en place. Et donc, je pense que le quotidien a été moins ce que j'attendais de cette vie-là. Et donc, je développais la photo en parallèle. Alors, c'est assez marrant parce que finalement, c'est ma coach en création d'entreprise, qui est Elodie Wilmès, de l'Odette Rallala, que j'ai rencontrée comme ça.
- Speaker #0
Je ne savais pas qu'elle avait fait ça.
- Speaker #1
En fait, tout le monde pense qu'on s'est rencontrés dans nos milieux professionnels respectifs, mais pas du tout. Je crois qu'on a été la rencontre dans la vie de l'autre qui a été catalyseur de nos vies professionnelles futures. Donc, c'est assez marrant. C'est une rencontre pilier, comme je l'appelle, parce que je pense que vraiment... Et là, ça a été un petit détonateur dans ma vie pour me remettre à la photo, justement, parce que quand je l'ai rencontrée, elle cherchait une photographe pour son blog. Et donc, elle m'a demandé de refaire des photos, mais moi, j'étais à mille lieux de vouloir en refaire. Donc, j'ai dit, si ça peut te faire plaisir. Et en fait, c'est comme ça que je suis retombée dedans.
- Speaker #0
Un petit moteur. Exactement.
- Speaker #1
Exactement. Je pense que, en tout cas, ça a été mon constat. avec les rencontres dans ces villas, en tout cas quant à... Quand tu prends le temps de saisir l'opportunité, de réfléchir à ce que ça vient t'amener les rencontres, c'est vraiment pour moi l'objet le plus précieux de nos vies, même pas que professionnelles.
- Speaker #0
Dans notre vie ?
- Speaker #1
Au sens large, oui. Oui,
- Speaker #0
en général. Est-ce qu'il y a une peur que tu as dû apprivoiser pour avancer ?
- Speaker #1
Sans aucun doute. Je pense que comme... tout entrepreneur, mais encore plus, je pense, en tant que femme, le syndrome de l'imposteur, il est quand même assez présent, il colle à la peau, je pense que ça s'explique sociétalement parlant, mais je pense qu'en plus, dans le milieu artistique, où on prime quand on vient des sciences et des maths, où en fait... C'est un peu moins subjectif. C'est sûr qu'il faut apprendre la subjectivité. En tout cas, moi, pendant mes études, ça a été clairement l'apprentissage le plus éprouvant. Et chaque jury a été vraiment compliqué. Parce que se faire juger sur quelque chose qu'on sort de notre rip, en fait, c'est... C'est parfois violent. Parce qu'en fait, on y met une part de nous. Et néanmoins, même si je ne suis plus à l'école, je pense que... Ça a fait partie de ma vie de photographe aussi, me confronter à une critique subjective. Alors, chance pour moi, ça n'arrive pas souvent, mais c'est sûr que ça fait partie du métier. Et que je suis contente d'avoir fait, moi, ces trois ans d'études, au moins pour ça, pour faire cette transition vers un jugement moins binaire.
- Speaker #0
C'est vrai que l'art, en général, effectivement, quand tu sors une œuvre, de tes tripes et que tu as retourné dans tous les sens. Et après, c'est reçu.
- Speaker #1
Voilà. Après, c'est pas qu'il est chouette aussi, parce que je pense que le retour est aussi plein d'émotions. Donc, c'est accompagné aussi de beaucoup de magie. Mais il faut pouvoir encaisser ce jugement sans le prendre trop personnellement.
- Speaker #0
Et dans ton parcours entrepreneurial, pas forcément que la photo, mais est-ce qu'il y a eu... des moments de doute qui ont failli te faire basculer jusqu'à l'arrêt ou de te dire en fait...
- Speaker #1
Alors, je crois que chaque année, à peu près, il y a des phases de doute. Maintenant, peut-être que je les vois plus tout à fait comme du doute, mais plus comme un moment d'alignement et me redire, ok, est-ce qu'en fait, je trouve encore du sens dans la manière de fonctionner aujourd'hui ? et donc je crois que c'est important je chasserai pas il y a des années où je pense que je remettais tout en question et c'est marrant parce qu'il y a des années où j'ai vraiment tout remis en question au point d'envisager de refaire des études et maintenant je crois que c'est 5 ans plus tard je trouve énormément de sens à ce que j'ai voulu faire il y a 5 ans que j'ai pas fait mais qui revient dans ma vie sous une autre forme je pense que quand on se pose des questions il n'y a pas de hasard quand on Ne fonce pas dans cette direction. Il n'y a pas de hasard, mais ça finit toujours par revenir. On le reconnaît quand c'est une réflexion. Donc oui, des doutes, je crois que ça fait partie aussi de cette vie entrepreneuriale. Et c'est ce qui fait grandir aussi nos métiers et qui nous permet de rester alignés avec eux.
- Speaker #0
Mais jamais au point de te déstabiliser.
- Speaker #1
Non, parce que je pense que j'ai jamais vraiment su pourquoi j'avais choisi la photographie. C'est vraiment quelque chose que je questionne tout le temps en me disant, mais pourquoi est-ce que j'ai fait ce choix-là ? Mais en même temps, je pense que du coup, c'était un choix du cœur et un choix très instinctif et intuitif.
- Speaker #0
Tu es émotionnelle si tu parlais de ton parcours et tout.
- Speaker #1
Oui, il y a sans doute plein de choses qui viennent me chercher dans plein de facettes de moi. que je comprends clairement de mieux en mieux au fur et à mesure du temps qui passe. Mais étant un choix intuitif, je pense qu'il est juste. Et donc, je ne le questionne pas au point de me dire que je ne suis pas du tout à ma place. Je suis clairement à ma place et ce n'est pas pour rien que dans tous mes changements de vie, c'est resté. Ça a été mon élément stable.
- Speaker #0
Ça, c'est d'autant plus fort.
- Speaker #1
Oui. Et je ne l'ai jamais remis en question fondamentalement.
- Speaker #0
Oui, donc c'est là.
- Speaker #1
Oui, je suis à ma place.
- Speaker #0
C'est beau de dire ça.
- Speaker #1
Oui, je suis à ma place. Clairement dans ce métier, je suis à ma place. Je n'ai pas toujours compris ce que j'allais y chercher, mais je sais que ce que j'y trouve est juste.
- Speaker #0
Et comment est-ce que tu veux que les gens ressentent ton travail ?
- Speaker #1
C'est une question intéressante, mais je dirais que j'ai envie que ce soit perçu comme vrai. Alors avec plein d'autres qualificatifs, j'adorerais qu'on ressente de la douceur, mais s'il y en a vraiment un que je veux extraire, c'est ça. Je veux que ça sonne vrai, qu'il n'y ait pas de masque, et c'est en tout cas dans ce sens-là que j'ai envie d'avancer davantage.
- Speaker #0
C'est vers ça que tu avances ?
- Speaker #1
Oui, je questionne beaucoup la place de l'image. Alors clairement, je mets en place un projet qui sera plus vaste que juste la photo, mais je questionne quand même. la place de l'image dans notre société et en fait elle change et elle change très vite et justement je crois qu'avec le risque que l'image devienne de plus en plus fausse c'est important de réfléchir à ce qu'on veut en faire et donc de re-questionner ce qu'on véhicule avec nos images à quoi elles servent et je pense que c'est C'est nécessaire de temps en temps de voir plus loin que le but premier et de questionner son rapport à la société et quel monde on construit grâce à ce qu'on fait.
- Speaker #0
C'est qu'il y a...
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
C'est à questionner d'autant plus.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui te nourrit ? Qu'est-ce qui nourrit ton univers ? Je sais que tu es dans... Donc beaucoup dans la littérature, dans la musique, dans l'image.
- Speaker #1
En fait, je pense que justement, c'est une réflexion que je me suis faite il n'y a pas très longtemps. C'est que je crois que ça n'a jamais sonné très juste quand je disais que j'étais photographe. Parce que je pense que fondamentalement, ce n'est pas ce que je suis. et que la photo est un médium qui aujourd'hui m'a permis beaucoup de choses, m'a permis d'être dans une observation assez poussée du monde, des gens qui m'entourent. Et donc je pense que c'était nécessaire à la construction de qui je suis, mais ça reste un outil. Et donc je crois qu'au même titre, les mots, la musique et tous les médiums en fait. peuvent servir à venir nourrir justement la réflexion que j'ai envie de mettre en place. Et donc là aujourd'hui, la photo m'a aidée jusqu'ici, mais je sens que j'ai besoin de plus et que j'ai besoin d'ouvrir à d'autres outils pour nourrir cette réflexion humaine. Et je crois que finalement, ce n'est pas si innocent que mon parcours ait commencé par des études scientifiques parce qu'en fait... Ce n'est pas que j'étais dans mon créneau en sciences pures et dures, mais par contre, je suis fondamentalement fascinée par les sciences humaines. Et en fait, je crois que je suis au carrefour entre les sciences humaines et l'art et que j'ai envie de construire quelque chose d'un peu hybride au milieu.
- Speaker #0
Rien que, j'ai l'impression que par la rencontre, les rencontres que tu fais au quotidien, dans tes shootings et en fait partout dans ta vie de photographe, Il y a une part de... De science humaine ?
- Speaker #1
Complètement. Ça reste de la sociologie, de la psychologie. Effectivement, la photo, par exemple, est un vrai outil thérapeutique, j'en suis certaine. Et donc, on pourrait très bien ne rester qu'en surface, mais en tout cas, moi, je sais que ce n'est pas ce que je veux faire.
- Speaker #0
Tu veux faire des images vraies, en fait. Exactement. Donc, ça a totalement du sens.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et les mots ont une résonance assez particulière pour toi. Est-ce que tu les trouves facilement ? Comment tu abordes cette littérature et ce que tu en fais ?
- Speaker #1
Alors, je pense que ça a toujours existé dans ma vie. J'ai des souvenirs vraiment tout petits de ma mère qui me racontait des histoires, de mes abonnements, de livres à l'école et de l'excitation quand je recevais le nouveau livre du mois. j'ai des Des moments de vie où j'ai dû apprendre la patience parce que j'avais droit qu'à un tome de la série que je lisais par semaine. Et donc, évidemment que je l'avais lu le premier soir et qu'il fallait encore attendre six soirs pour avoir le suivant. Et donc, je crois que les livres ont été à la fois échappatoires. de mon quotidien, ça m'a permis d'inventer, je crois, des mondes et de rendre celui dans lequel je vivais beaucoup plus vaste. Et aujourd'hui, je me nourris à la fois de romans qui, je pense, nourrissent mon imaginaire et me permettent de rester dans ce monde alternatif et à la fois d'essais sociologiques qui me permettent de m'ancrer totalement dans le monde dans lequel je vis et de le comprendre un peu mieux. J'ai besoin des deux et j'ai besoin d'alterner parce que que des essais, je pense que c'est trop pour les digérer, pour les intégrer. Mais par contre, j'adore l'équilibre que m'apportent les deux et les mots, clairement, sont guérisseurs. En fait, ça guérit les personnes en face, mais ça nous guérit nous aussi quand on parvient justement à venir sortir de ce... Et moi, j'ai vraiment à cœur d'être juste un maximum dans le mot que je vais utiliser, parce qu'effectivement, c'est à la fois puissant et dangereux, en fait, un mot. Donc, c'est important. Et moi, ça me fait réaliser qu'on n'est pas tout à fait dans un monde de nuances, quoi. et que... Et que c'est parfois important de venir remettre de la nuance justement grâce à tout ça. Mais grâce aux images aussi, grâce à la musique. En fait, tous ces médiums-là possèdent mille nuances. Et donc, moi, c'est ce que je trouve intéressant, c'est de pouvoir les réfléchir comme ça.
- Speaker #0
Et de jongler, de choisir à quel tempo.
- Speaker #1
Oui, et aussi l'outil qui va convenir le mieux à la personne qui est en face. Oui, oui. Parce que je pense que c'est... C'est le projet que je suis occupée de mettre en place. C'est que moi, être au contact de gens comme ça tout le temps, j'ai réalisé à quel point l'être humain avait besoin de trouver sa place et d'être vu. Parce que c'est par là que j'ai commencé. Mais en fait, il a aussi besoin d'être entendu. Qu'on traduise parfois ce qu'il a sur le cœur. Et en fait, tous ces outils-là vont me permettre d'aller vraiment plus au contact grâce à l'outil le plus pertinent pour la personne qui est en phase.
- Speaker #0
Même l'écouter, comme tu dis, effectivement, c'est vrai que... Oui. Je suis émue. C'est vraiment... Je trouve toute la richesse de cette sensibilité qui t'habite. Je crois que tu... Alors, effectivement, je ne sais pas de quelle manière tu vas la mettre au service des gens. Mais je trouve que c'est hyper puissant parce qu'effectivement, aujourd'hui, dans notre société, on a tous besoin d'être vus, entendus, écoutés, qu'on prenne du temps avec nous. Et c'est de plus en plus rare.
- Speaker #1
Alors, c'est de plus en plus rare. et je pense qu'avec les outils qui ont émergé, que ce soit les réseaux sociaux, ou en tout cas une liberté d'expression qui a été plus vaste, je crois aussi que... Les rythmes n'ont pas toujours été respectés. Et alors, c'est mon intime conviction, peut-être que je me trompe, mais que parfois, on fait du bruit. Et qu'on essaye de crier de plus en plus fort parce qu'en fait, on ne nous regarde pas si bien. Et que justement, c'est important peut-être de définir des outils qui vont... permettre de faire ça de manière plus fluide et ancrée, en fait.
- Speaker #0
Écoute, je suis curieuse.
- Speaker #1
Je suis très curieuse aussi. Je ne sais pas où je vais te trouver tout le temps, mais j'ai hâte.
- Speaker #0
Et pour toi, je sais que c'est une place très particulière pour toi. C'est quoi la beauté au-delà de l'esthétique ?
- Speaker #1
Alors, je crois que je pourrais te répondre différemment chaque jour, mais euh c'est Mais je pense que justement, la notion du vrai a une grande place dans ma notion de beauté. Que tout ce qui, en tout cas, à mon sens, est beau, c'est ce qui m'émeut, ce qui vient me toucher, du coup, ce qui me fait vibrer. Et que souvent, c'est vrai. Et qu'il n'y a pas de faux semblants dans ce que je trouve beau. Et je crois que justement, le beau a cette capacité de nous connecter en tant qu'êtres humains, justement sur cette notion de l'essentiel en fait. Et pourtant, parfois, il y a des choses considérées comme belles qui sont tous au fait essentiel, mais je crois que la valeur fondamentale de la beauté, c'est vraiment de nous tirer vers l'émerveillement en fait. Et l'émerveillement, moi j'associe ça à l'enfant, qui en fait n'est pas encore biaisé par tout. toutes les expériences de vie négative. Et donc, c'est une émotion qui est innocente et qui est du coup, qui est très belle dans cette innocence en fait.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'il y a rien que les petites réactions, les petits, je ne sais pas comment on appelle ça, mais tu sais, les expressions du « oh, ah » , enfin tu vois... Quand on s'émerveille. Oui, ça se fait, nous,
- Speaker #1
parfois. Mais par contre, on sait qu'on a ressenti quelque chose. Et pourtant, sans doute, on ne ressent pas la même chose. Mais ça a ce don de nous connecter en tant qu'être humain. J'ai souvent ça dans les comptes. concert d'ailleurs, où vraiment parfois il fait 35 degrés dans la pièce et moi je suis parcourue de frissons parce qu'il y a cette connexion humaine autour d'un artiste, autour de notes qui en fait nous touchent tous en plein cœur en fait et pourtant on vient d'univers fondamentalement différents mais on se retrouve au même endroit à vibrer de manière très simple pour quelque chose qu'on trouve beau. Ça rassemble. Ça rassemble. Pour moi, c'est nous reconnecter sur du vivant, du vibrant.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que le bon signifie dans ta vision du monde ?
- Speaker #1
Moi, je l'associe fort à une notion d'amour. Pour moi, le bon, c'est la bonté. c'est quelque chose qui nous... qui nous lie aussi à nouveau. Il y a une forme de connexion sur le bon. C'est de l'acceptation un peu inconditionnelle comme ça, où en fait, on essaie de voir le meilleur dans chaque personne. Et je crois qu'on a tous quelque chose de bon en soi. Et moi, c'est un exercice que j'essaie vraiment de faire souvent et de décortiquer. Et à nouveau, dans... dans mon optique de nuancer les choses, c'est assez rare quand je suis binaire et quand mon jugement n'est que tout noir ou tout blanc. Je sais qu'en fait, on possède tous cette capacité à aller chercher quelque chose de bon. Parfois, c'est sous beaucoup de couches ou très protégé. Mais néanmoins, je suis assez persuadée que c'est là.
- Speaker #0
Ça t'intéresse d'aller justement défricher ces couches ?
- Speaker #1
Oui. Et c'est ce que je vais faire d'ailleurs dans Studio Abîme, dans le projet qui m'anime de plus en plus. C'est la quête de trouver sa place dans le monde. Et je pense qu'elle passe par ce bon en nous et qui est parfois né d'orage en fait. Donc je crois que oui, c'est... C'est vraiment fondamental chez moi d'aller chercher ça et d'aller gratter, gratter, gratter, même si l'autre essaye de le planquer sous ses couches.
- Speaker #0
Ou de freiner,
- Speaker #1
Tu n'auras pas mon bon, mais bien sûr que si.
- Speaker #0
Il y a des gens qui, justement, mettent un petit peu trop, enlèvent toutes leurs couches et sont d'une manière tellement sensible et hypersensible et ressentent tout tellement fort que leur cœur est à vif. Et d'autres qui complètement se recrutechent ? Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Alors, je pense que oui, l'équilibre, c'est de ne pas trop le planquer parce que je pense que la vulnérabilité est importante pour créer des relations vraies. Mais c'est apprendre à laisser l'accès aux personnes qui en prennent soin. Et effectivement, pour avoir été une écorchée vive quand même une bonne partie de ma vie, ça n'a pas toujours été évident de savoir à qui laisser accès. Et puis même moi aussi, je vois toujours ça comme un animal sauvage à l'intérieur et effectivement qui est touché par un milliard de choses tous les jours. et s'est transformé, tout s'est ressenti. en curseur et en boussole, mais garder quand même la stabilité, pouvoir se dire, d'accord, j'entends, ça me traverse, je suis touchée, mais on ne va pas être dans la réaction directement et pouvoir dompter cet animal sauvage pour qu'en fait, ça n'abîme pas les autres non plus, parce qu'en fait, être écorché vif, ce n'est pas toujours être le meilleur être humain pour la personne en face. Donc, c'est important de réaliser que c'est... Très très chouette de ressentir très fort, mais qu'on a aussi notre responsabilité en tant qu'être humain par rapport aux personnes qui reçoivent cette sensibilité exacerbée.
- Speaker #0
Tu y arrives aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je pense, mais c'est récent. Mais par contre, effectivement, c'est tout un apprentissage. C'est déjà pouvoir décortiquer ses émotions, comprendre comment elles sont activées, parce que ça aussi... On peut être trois hypersensibles dans la même pièce, mais pas du tout être activés au même endroit. Et donc, c'est parvenir à se connaître tellement bien qu'on ne doit pas mettre en place des mécanismes. Un organisme de protection pour ne pas se laisser toucher à cet endroit-là et pouvoir se dire, ok, je ne prends pas ça trop personnellement parce qu'en fait, chacun est réactif à un endroit. Et c'est la magie des rencontres et c'est la magie des êtres humains ensemble. C'est qu'on est des miroirs les uns pour les autres et que c'est là où on va apprendre le plus sur soi. Mais effectivement, ça s'apprend à pouvoir réagir avec un petit peu de retenue et en mettant des limites pour ne pas être blessée, mais en même temps en respectant l'autre et en face.
- Speaker #0
C'est vrai que je pense que le respect est des deux côtés finalement. Est-ce qu'il y a un détail invisible dans ton travail que tu trouves essentiel ?
- Speaker #1
Je pense que de manière invisible, l'écoute. Parce que c'est pas ce qui va forcément transparaître sur une image. Mais je pense qu'elle est nécessaire pour créer une rencontre. Et ça arrive qu'on passe à côté d'une rencontre. Parce que justement, on n'a pas réussi à se connecter à un endroit d'intime. Ce qui est en tout cas, moi, ce que je recherche quand je crée une image. Mais du coup, l'écoute est essentielle.
- Speaker #0
finalement, c'est aussi la personne qui fait appel à toi, qui décide aussi, j'imagine, de s'ouvrir ou pas.
- Speaker #1
Bien sûr. Et donc, c'est parvenir à laisser, à construire en fait aussi un socle de confiance où l'autre peut se déposer.
- Speaker #0
Parce que tu vois, je me dis finalement, oui, on est dans un... dans un moment de... C'est un grand mot.
- Speaker #1
Ça reste l'histoire.
- Speaker #0
On est dans un moment où l'image n'a jamais été aussi importante et que certainement, il y a des gens qui engagent un photographe juste pour des images. Peu importe quelle intensité, quelle sensibilité tu mets dedans.
- Speaker #1
C'est super certain que ce n'est pas forcément une question que les gens vont se poser. Je pense que... Moi, ma communication a filtré beaucoup et que je pense que là où au départ, j'ai eu l'impression d'avoir un journal intime sur les réseaux sociaux, je sais que c'est parce que j'avais besoin qu'on comprenne cette facette de moi pour ne pas arriver chez moi en espérant que je fasse juste de l'esthétique parce que ce n'est pas qui je suis. Et donc, je crois qu'au-delà de la partie... C'est intime et c'est toujours une question à se poser. Ce n'est pas facile d'avoir la juste place entre livrer des parts de soi, avoir des attentes à ce qu'on livre une part de soi et en même temps garder une certaine pudeur. Ce n'est pas facile. Mais par contre, moi, j'avais vraiment besoin qu'on comprenne que cette profondeur, elle va de pair avec mon travail. Et c'est aussi ce qu'on vient chercher chez moi. Et je crois que ça marche plutôt bien parce que c'est effectivement...
- Speaker #0
C'est la clientèle que tu as aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui. et je suis ravie de ça en fait bah oui si en plus tes clients sont ben ça me nourrit en fait au delà du boulot clairement je me rends compte que quand les gens partent et ben il y a une partie de moi qui est plus la même en fait chacun me construit davantage et donc c'est super riche en fait je sais pas chaque jour je me dis que j'ai une chance folle en fait de repartir avec des petits bouts d'autres choses qui sont venus se greffer à qui je suis et Et franchement, ça vaut toutes les heures qu'on pourrait passer pour construire un boulot. Je suis méga reconnaissante de ce que je fais.
- Speaker #0
Finalement, tu partages quand même beaucoup de chaleur humaine et de liens. Oui, effectivement, peut-être pas que tu fais de la sociologie ou je ne sais pas. Mais en tout cas, comme tu disais, il y a une sorte de thérapie par l'image.
- Speaker #1
Je crois que c'est pour ça que je sens qu'il y a une frontière qui naît maintenant et que j'ai besoin d'aller beaucoup plus concrètement dans cette direction-là et que ce ne soit plus du hasard et que ce soit acté comme tel et qu'effectivement, on ne soit plus surpris de venir chercher ça chez moi. Je pense que les gens ne sont pas tout à fait surpris parce que... Ce que je véhicule est assez cohérent avec ce qu'il vient de trouver, mais je veux que ce soit très clair et que justement, effectivement, cet aspect thérapeutique et réflexif autour de ce que je fais soit expliqué.
- Speaker #0
Qu'il y ait des mots en fait. Voilà.
- Speaker #1
Et que ce soit une... vision et qu'en fait on vienne chez moi pour cette vision.
- Speaker #0
Quel a été le plus grand défi que tu as surmonté et qu'as-tu appris de lui ?
- Speaker #1
Mon plus grand défi ça a été mon divorce et tout ce que ça comporte parce que je crois qu'en fait tout ce que je connaissais dans la vie et tout ce qui faisait ma stabilité à mes yeux s'écrouler d'une fois. Et donc, je me suis retrouvée avec moi-même, en fait. Sauf que quand on n'a jamais vraiment pris le temps de se poser la question de qui on est, j'avais l'impression de quand même bien me connaître, mais j'ai découvert qu'en fait, pas tant que ça. En tout cas, pas sur...
- Speaker #0
Oui, pas comme ça.
- Speaker #1
Plein de facettes de qui j'étais. Et donc, ça a été un défi, parce que j'ai dû reconstruire cette stabilité et en fait, la construire avec que très peu de choses extérieures. Et donc, construire une stabilité avec moi-même. Ce qui est la plus belle chose qu'on puisse s'offrir. Mais ça a été un défi pour pas m'écrouler, pour tenir un boulot qui est dans l'émotion. Parce que... Voilà. Rompre et faire un mariage dix jours après, ça reste un défi émotionnel. Et ça a été bien chamboulant. Mais... Mais en fait, je crois que justement, les gens, les rencontres, la vie et l'espoir sont restés vraiment autour de moi. Et ça m'a vraiment permis de reconstruire tout ça aussi avec plein de miroirs autour. Donc, c'était un défi. En même temps, je pense que ça a forgé davantage qui je suis dans mon boulot et dans ce que je veux apporter au monde.
- Speaker #0
Et comment, quels petits ingrédients t'ont aidé au quotidien pour surmonter cette grande épreuve ?
- Speaker #1
L'acceptation des émotions. Je crois que j'ai découvert, et ça ne me paraît pas du tout anodin aujourd'hui, que je vivais les émotions dans ma tête et pas dans mon corps. Et je les ai très tôt théorisées. Je pense que je peux clairement écrire un bouquin sur les émotions. Mais je ne les ai pas fort vécues et ça reste un... un bouclier en fait, de les faire passer, de les faire transiter par la tête, de les comprendre pour qu'elles nous sentent moins difficiles mais néanmoins les ressentir en fait, les ressentir vraiment ce que veut dire le mot ressentir les incarner c'est nécessaire pour ne pas stocker des choses pendant des années qui viennent nous hanter plus tard et donc le corps la respiration, revenir à des choses assez basiques en fait réapprendre à respirer bien dormir, bien manger remettre mon corps à une juste place qu'on déconnecte quand même assez souvent dans notre société aujourd'hui et en fait bêtement ça relaisser la place à mon corps que même au sein de mon boulot je faisais beaucoup souffrir ça m'arrivait de partir Alors... À 8h du matin, de ne pas me préparer de lunch, de n'écouter aucun besoin physique jusqu'à 22h, et puis de rentrer dans ma voiture et d'avoir l'impression de rallumer, de rebrancher toutes les prises, et qu'en fait ils me réclament de l'eau, de la nourriture, et de me dire « Ok, en fait on peut vraiment le couper » . Et donc je me suis promis de ne plus le couper, et de rester connectée, d'accepter qu'il se passe beaucoup de choses dans ma tête. Mais de laisser un peu d'espace aussi au corps, au milieu. Mon corps a été un réceptacle...
- Speaker #0
Émotionnel. Oui,
- Speaker #1
mais sans que je lui laisse cette place-là. Donc en fait, c'était juste une enveloppe et c'était très bien. Et j'espérais que ça tienne le plus longtemps possible, alors que je pense qu'il était nécessaire que j'en prenne soin.
- Speaker #0
Tu te sens plus légère dans ton corps ou plus... connectée, si on peut dire ?
- Speaker #1
Légère, c'est sûr, parce que je pense que j'ai apaisé très fort mon système nerveux. Je pense que bêtement, réapprendre à respirer, qui a l'air d'être pourtant le premier signe vital de quelqu'un. Est-ce qu'il respire ? Eh bien, on respire très mal. Et donc ça, ça a été assez révélateur, en fait. Rien que ça, réapprendre à respirer, avoir moins de tension. Oui, on se sent plus léger.
- Speaker #0
Comment tu as appris à respirer ?
- Speaker #1
J'ai fait des breathwork. Et donc, moi, ça a été... Un peu vertigineux les premiers parce qu'il faut être prévenu qu'on peut avoir les muscles qui tétanisent. Donc c'est parfois un peu effrayant. Mais par contre, moi ça m'a indiqué à quel point j'avais oublié de respirer. Et donc ça m'arrive maintenant parfois quand je sens que les journées ont été un peu trop intenses et que mon rythme est trop soutenu, je me repose et j'essaye de refaire quelques respirations. Et ça me ré-ancre assez rapidement.
- Speaker #0
C'est magique, tu n'en as rien.
- Speaker #1
C'est un bon outil, assez simple, il ne faut pas grand-chose.
- Speaker #0
Non, et c'est vrai que le corps est tellement puissant et on l'éteint tellement facilement.
- Speaker #1
Oui, pourtant, on m'a dit l'alignement et c'est vrai, je pense que c'est la clé des choix conscients, c'est de réussir à aligner la tête, le cœur et le corps. et Et en fait, ça paraît bête, mais en fait, on ne pose pas toujours la question à chaque partie. Oui,
- Speaker #0
non, non, non, mais c'est sûr. C'est sûr. Et si tu pouvais insuffler un message à celles qui hésitent à se lancer dans l'entrepreneuriat ou dans leur passion, qu'est-ce que tu leur dirais ?
- Speaker #1
Je crois que c'est le message que je transmettrais à quiconque doit faire un choix, quel qu'il soit. C'est que quand quelque chose nous habite, il faut faire confiance. à cette petite voix que parfois ça prend plus de temps que ce qu'on aimerait mais que les choses se font toujours au bon moment c'est trop beau je vais l'écrire c'est vrai et comme tu disais au début de toute façon si tu n'y vas pas ça reviendra du coup il y a 5 ans c'est ça que tout à l'heure j'ai pas été dans le détail mais j'ai voulu arrêter la photographie pour repartir faire la psycho que j'ai pas fait Et puis cette année, je me suis retrouvée dans une formation en approche narrative. Et en fait, on était, je crois, 14. Et tous les autres avaient fait psycho-socio-anthropo. Et puis moi, quand ça arrivait à mon tour, je suis photographe. Je sais, le lien n'est pas évident. Mais par contre, moi, dans l'autre sens, le lien l'est. Et je me suis dit, il n'y a pas de hasard. Et en fait, c'est que je n'avais pas forcément besoin de faire l'UNIF, mais que j'avais besoin de connecter à cette part de moi qui est fascinée par les sciences humaines. Et en fait, elle est revenue dans ma vie d'une autre manière. Donc, je crois parfois qu'il ne faut pas forcer quand les choses ne se mettent pas. C'est qu'elles ne doivent pas se faire à ce moment-là et que j'avais besoin de vivre une autre partie de ma vie et un autre parcours pour que quand ces outils-là arrivent dans ma vie, je sois prête à les recevoir et prête à pouvoir les transmettre. Donc, je crois vraiment que cette histoire de timing qui nous emmerde toujours quand on a envie, quand on a envie, qu'on est pressé, qu'on est un peu impatient, que les choses se mettent en place. Oui, elles se mettent vraiment quand elles doivent.
- Speaker #0
C'est beau parce que, comme tu dis, on est tellement parfois impatient à se demander qu'est-ce qui coince, qu'est-ce qui... Et en fait, il faut juste laisser faire la magie de la vie.
- Speaker #1
Exactement. exercice difficile je crois pour toi quelle serait la bande son idéale ou parfaite en tout cas pour ton parcours entrepreneurial et donc en effet ça n'a pas été facile parce que ayant une playlist qui s'appelle song of the days en choisissant une chanson par jour c'était compliqué parce que je crois que chaque jour une chanson me traverse et évoque beaucoup de choses pour moi néanmoins j'ai dû en choisir une et désolé pour toutes les autres et j'ai choisi Home de Imelda May qui est pour moi une chanson qui raconte l'amour mais dans ce qu'il a de plus essentiel et peut-être que c'est ce qui relie tout ce que j'ai envie de faire c'est que tous ces outils ils me permettent d'apporter beaucoup d'amour. Et que voir, écouter, recevoir, juste offrir du temps à quelqu'un, c'est lui offrir de l'amour.
- Speaker #0
C'est vrai. Comme tu dis, de l'écoute, du temps, de le voir. Bref.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Si tout était possible, qui aimerais-tu être dans 5 à 10 ans ?
- Speaker #1
Euh... Je crois que en tout cas où j'en suis aujourd'hui en ayant quand même beaucoup introspecté ces derniers mois je me sens à ma place donc J'essaye de moins projeter. Parce que justement, parfois projeter, c'est nous empêcher de vivre de l'instant présent. Et que là, je tiens bien à en profiter de cet instant présent. Donc si j'ai fait confiance à mes choix, comme je l'ai fait jusqu'à aujourd'hui, ça devrait bien se passer.
- Speaker #0
Et ça te mène à ce moment-là où tu dois être.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et sans connaître mon prochain invité ? Est-ce qu'il y a une question que tu aimerais lui poser ?
- Speaker #1
Alors oui, c'est une question pleine d'ambition. Mais qu'est-ce qu'elle ou il a l'envie de transmettre au monde ?
- Speaker #0
Trop beau. Très très beau. Et moi j'ai une question de Betty qui est venue ce matin, de la Casbah. qui me demande quel est ton bilan 2025 et qu'as-tu envie de mettre plus ou moins pour le dernier trimestre qui arrive ?
- Speaker #1
Alors mon bilan 2025 c'est que c'était une année de fondation qu'après avoir déconstruit pas mal de choses j'ai remis en place les choses essentielles pour moi ce que je voulais à tout prix garder et mes fondamentaux Et du coup, je sens que là, j'en arrive à cette aube du dernier trimestre avec l'excitation de pouvoir faire naître dans la matière ce que j'ai préparé dans ma tête, dans mon cœur et dans mes tripes. Donc, c'est ce que je me souhaite. Après, j'essaye aussi d'être douce et de me dire qu'à nouveau, si ça ne doit pas se faire dans ce trimestre-là, ça se fera. Peut-être début de l'année prochaine et ça sera quand ça doit.
- Speaker #0
J'ai l'impression qu'il y a la petite étincelle de la petite fille dont on parlait au début.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
De l'émerveillement.
- Speaker #1
J'ai reconnecté vraiment avec ça, avec l'émerveillement du monde et de la beauté. Et oui, j'ai le sentiment qu'en tout cas, tout fait sens et que... et que ça va m'amener en tout cas à un endroit qui va me faire beaucoup de bien.
- Speaker #0
C'est magnifique, je te le souhaite. Un très grand merci pour notre échange.
- Speaker #1
Merci à toi, je suis ravie. T'es très chouette, ça fait du bien parfois de se reposer des questions.
- Speaker #0
J'espère que ça fera peut-être cheminer d'autres.
- Speaker #1
C'est sûr que de toute façon, même s'il n'y a qu'une personne, c'est super.
- Speaker #0
C'est super. Écoute, merci. C'était très chouette.
- Speaker #1
Merci à toi.