- Speaker #0
Bienvenue dans le monde de bonbeau. Un monde de bon et de beau. Ici, on écoute nos frissons, nos palpitations. On se délecte de ses sensations et on œuvre pour les transmettre. Dans cette tribu de passionnés, on danse la vie. On dévore le monde et on croque l'aventure à pleine bouche. Je suis Frédérice Carnière et je suis moi-même une exploratrice de la vie. Mes invités sont des explorateurs du goût, des chercheurs d'or, des chefs d'orchestre, des artistes, des passionnés. À travers mes mots ou les leurs, je vous invite à voyager avec passion. Bienvenue dans le gargouillis de nos cœurs. Dans ce nouvel épisode de Bombo, j'ai appris à mieux connaître Pauline Lamberger. De la petite Alsacienne que l'on définissait souvent par ses différences avec sa jumelle, à la chef d'entreprise derrière bouchée double, maman de deux petites filles et bruxelloise d'adoption, Pauline nous ouvre la porte de son imaginaire, de sa créativité et de son amour pour les petites folies de la vie. Une pomme ou une carotte biscornue, un emporte-pièce en forme de canard pour faire des boules de neige, ou encore une glace qui rend heureux. C'est ça chez Pauline, cultiver l'émerveillement du quotidien et trouver du beau dans l'ordinaire. Je vous invite à ouvrir grand les yeux sur toutes ces petites beautés qui nous entourent. Belle écoute !
- Speaker #1
Bonjour Pauline.
- Speaker #2
Bonjour Frédérique.
- Speaker #1
Comment vas-tu dans ta tête et dans ton cœur aujourd'hui ?
- Speaker #2
Je suis ravie d'être là, merci de me recevoir dans ce podcast. Comment ça va aujourd'hui ? Semaine assez spéciale puisque Frida a commencé l'école et Romy commence la crèche. Donc ça prend quand même énormément de mon énergie et de mes émotions. Mais dans ma tête, ça laisse quand même beaucoup d'espace. Donc à moi de décider comment je remplis tout ça, donc c'est très bien d'être là avec toi pour en discuter et puis passer un bon moment ensemble. Et dans mon cœur, mon cœur est rempli d'amour et de reconnaissance d'avoir des enfants en forme, d'avoir passé un trop bel été et d'être curieuse un peu de la suite maintenant.
- Speaker #1
C'est chouette de te recevoir justement dans cette période de transition, post-vacances, rentrée sur les chapeaux de roue parce qu'il y a plein de choses qui changent dans ta vie, donc je suis curieuse d'en discuter avec toi.
- Speaker #2
Oui, je suis tout autant curieuse de voir où ça ira tout ça. C'est vrai que c'est vraiment transition plus plus plus, j'ai pas trop idée de comment... Donc, océan de possibilités.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
Et justement, parlant de tes filles, toi, quelle petite fille étais-tu ? Est-ce que tu avais déjà des rêves ?
- Speaker #2
Alors, quelle petite fille j'étais ? Donc, j'ai une soeur jumelle et deux grands frères. On est une fratrie comme ça de quatre enfants avec quatre ans d'écart, avec le plus grand, trois avec le deuxième, et soeur jumelle. Donc, quand même, belle équipe, beau gang. j'ai été, je pense, une petite fille curieuse. J'ai un souvenir très joyeux de mon enfance avec une maman hyper investie et aussi épanouie dans sa maternité avec nous. C'est vraiment dédié à nous quatre. C'est une chance, je trouve, énorme maintenant, encore plus avec le recul, de me rappeler ces années-là où on a fait énormément de choses de... Beaucoup de bricolage, beaucoup d'activités, beaucoup de choses pour éveiller, je pense, notre créativité, notamment. Donc, j'étais une petite fille, je pense, curieuse, papoteuse. Je te préviens, la papote facile. J'étais toujours en retard aussi. Aujourd'hui, il semblerait que j'étais à l'heure. Mais oui, je pense que souriante. Après, quand même un peu... Peut-être, je ne veux pas dire rebelle, mais il y avait un côté à l'école où je détestais, j'avais quand même l'instinct de contradiction assez fort.
- Speaker #1
Ce qui est bien en fait.
- Speaker #2
Oui, après les profs l'aimaient un petit peu moins. Mais j'avais un peu ce côté, ok, vous dites que c'est bleu, pour moi c'est quand même un peu rouge. Mais sinon au-delà de ça, j'étais quand même aussi bonne élève, soucieuse de... de faire bien les choses et aussi d'être reconnue. Je pense qu'il y avait aussi cette recherche-là de prouver.
- Speaker #1
Tu penses que c'est pour ça que tu étais dans la contradiction ?
- Speaker #2
Franchement, bonne question, mais je questionne aussi beaucoup le fait d'être jumelle. En fait, dans la gémellité, on est identiques avec ma soeur. Enfin, pas identiques, dans le sens où on est monozygotes, donc on partage nos gènes. On partage nos chromosomes et énormément de choses qui font qu'on se ressemble énormément et que depuis petite les gens doivent nous comparer pour savoir qui on est. Qui est qui. Donc ça veut dire que tu grandis. Et puis franchement nos parents ont fait ça très très bien, ils ne nous ont jamais habillés pareil, ils nous ont toujours considérés comme des individus à part entière. A l'école on était au plus vite dans des classes séparées pour justement développer nos identités propres. Mais au-delà de ça, t'es forcément plus grande, plus petite, plus curieuse, plus lectrice, plus sportive, plus ou moins quelque chose. Et ça, je trouve assez confrontant parce que t'as juste envie d'être toi, mais pour savoir qui toi tu es, tu es plus ou moins autre chose.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #2
Donc je pense que le côté contradiction, il s'est aussi ancré dans ce schéma-là, où il fallait systématiquement que... OK, si ma sœur est... Typiquement, Marianne était, je ne sais pas, très lectrice ou assez tôt au collège, comme ça, dans l'écriture. Donc moi, j'étais là, OK, cette case est prise. Moi, il faut que je trouve une autre chose. Je ne pouvais pas m'identifier à ça puisque c'était la sienne. Après, je ne sais pas dans quel sens ça s'est mis. Donc moi, j'ai fait option sport. Elle, elle faisait option latin.
- Speaker #1
C'est marrant.
- Speaker #2
Typiquement. Mais ça se trouve, c'est moi qui ai fait sport et elle, elle s'est dit... Je pense que tout ça, c'est inconscient.
- Speaker #1
Et puis même, chacune la ressentit différemment.
- Speaker #2
Oui. Mais même quand j'en parle avec ma mère, je pense que dans des fratries, il n'y a pas forcément besoin d'être dans la gémellité pour vivre ça. Mais je pense que mon instinct de contradiction était aussi pour se... Se démarquer aussi. Exactement. Dans un souci de démarque. Enfin, pas un souci, parce qu'en vrai, j'ai très bien vécu la gémellité. ça a toujours été... Une force incroyable. Et après, d'un point de vue identitaire, c'est pas toujours évident. Notamment à l'adolescence, où tu... Mais non, plus grande force. Pour sûr.
- Speaker #1
Et aujourd'hui ?
- Speaker #2
Dans ma gémellité ? Aujourd'hui, c'est encore... Là, on est dans un âge d'or. Dans notre gémellité, avec ma soeur, on a eu des années plus compliquées. Assez conflictuelles aussi. Je pense qu'on était dans une espèce de fusion. mais où on se permettait de se dire tout et peut-être trop et peut-être pas dans la bonne manière. Et c'est vrai que ça peut être assez confrontant, lourd. Et qu'en fait, là, on s'est allégé de pas mal de choses, mais de manière... chacune de son côté, sans attendre de l'autre de régler les soucis de l'autre. Donc maintenant, on est vraiment dans un plaisir de se retrouver, de partager les choses. Et c'est... Oui, franchement, c'est mon pilier. Vraiment.
- Speaker #1
C'est beau. Et je crois que même la fratrie, en général, apporte ça aussi. Je trouve ça une impression.
- Speaker #2
Non, mais d'un point de vue personnel, d'un point de vue professionnel, ma sœur est essentielle. Elle stabilise tellement de choses et me soutient. C'est vraiment mon plus grand soutien. Dans tous mes doutes, elle est toujours là. et quand je fais des choses, je cherche... Toujours sa validation et je sais que si c'est OK pour elle, je suis un peu go et je suis indestructible. Avec sa validation, je suis là, OK. Tout ce que j'ai besoin, c'est qu'elle valide et puis s'il se valide, peu importe ce que les autres diront, c'est tout ce qui compte.
- Speaker #1
C'est un beau message pour Marianne qui nous entendra peut-être.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Quel est le premier souvenir qui te connecte à ce que tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #2
Le premier souvenir qui me vient en tête par rapport à ce que je fais aujourd'hui, je pense que c'est quand même la cuisine en famille, en Alsace, avec ma mère, ma grand-mère, mes frères, mon père, enfin vraiment toute la famille peut-être, et que tu es les haricots autour de la table, tous ensemble, parce que c'est ce qu'on a fait il n'y a pas si longtemps, encore une fois, que j'ai fait avec mes filles, incroyable. Très chouette. Oui, c'est le souvenir de maisons bien remplies, de vie et de petites tâches comme ça de cuisine. Dans le sens où c'est écouter les haricots, il n'y a pas une technique exceptionnelle, quelque chose de très humble. Mais dans le partage et puis aussi le souvenir qui me vient en tête par rapport à la cuisine, c'est ma mère qui nous laisse énormément cuisiner librement. Donc ce souvenir de ma mère qui dit tu fais la vinaigrette, ok je la fais comment ? Ben, comme tu veux. Tu goûtes, t'essayes. Il n'y a pas une manière de faire la vinaigrette. Comment est-ce que tu as envie de la faire et de la manger, surtout aujourd'hui ? Demain, ça sera différent. Donc ça, reconnaissance ultime auprès de ma mère de nous avoir laissé cet espace.
- Speaker #1
C'est précieux. Tellement précieux.
- Speaker #2
Enfin, vraiment, ce côté, tu peux ajuster, tu peux faire et il n'y a pas de finalité. C'est ce que j'adore dans la cuisine. C'est que c'est pas figé.
- Speaker #1
Oui, non, non. Et c'est chacun, avec sa sensibilité, ses goûts, et oui, c'est vrai.
- Speaker #2
Oui, qu'aujourd'hui t'as envie de quelque chose, demain ce sera différent. Au pire, c'est pas très bon, tu mangeras un peu moins. Tu seras peut-être un peu déçue quand même. Oui, mais dans deux ou trois heures, tu mangeras à nouveau. En vrai, on mange quand même de manière assez fréquente. Donc finalement, la prise de risque, elle est où ? Je trouve qu'il y a un pan d'exploration et un aspect de jeu. Pour moi, cuisiner, il y a un côté hyper...
- Speaker #1
En fin de temps aussi.
- Speaker #2
Complètement.
- Speaker #1
C'est ce que tu ressens encore aujourd'hui ?
- Speaker #2
J'essaye. Franchement, j'essaye vraiment de garder cet aspect joyeux, ludique. Quand je cuisine et de ne pas oublier, de ne pas perdre ce lien. C'est peut-être bizarre un peu, ce lien avec les ingrédients. Mais tu vois, de me dire, ouais, mais en fait, elle est drôle cette courgette. Ou ces pâtes, quel type de pâtes, j'ai envie. de cuisiner, de manger, quelle texture j'ai envie d'avoir dans la bouche, et de systématiquement quand même se questionner. Et puis même, là où les jours, j'ai pas envie de me questionner, d'être, ok, là j'ai envie d'avoir un truc hyper réconfortant, hyper simple, mais... Voilà, et rapide. Enfin, tout ça, ça veut pas dire que ça peut pas être rapide.
- Speaker #1
C'est très émotionnel, en fait, quand même.
- Speaker #2
Mais complètement.
- Speaker #1
Et, j'allais dire instantané, mais... Je ne pense pas que tout le monde fonctionne comme ça, mais je suis un peu comme toi. Par exemple, il y a des choses que j'avais prévues pour tel jour. Si ça ne tombe pas ce jour-là parce que je n'ai pas envie, ce n'est pas grave. Il y en a, je pense, pas qui s'obligent, mais pour qui c'est des choses qui sont très défini comme ça et...
- Speaker #2
Il ne faut pas que ça bouge. Et franchement, maintenant, d'être devenue maman et de me rendre compte du rythme que ça implique et de la répétition des repas, c'est quand même un délire. La fréquence avec laquelle il faut cuisiner, faire la vaisselle, recommencer, enfin c'est... Franchement, je trouve ça dingue. Le poids que ça prend, en fait, au quotidien. Parce que ça reste un poids, tout ça, même les courses, c'est quand même une logistique de mini-entreprise finalement. Et donc moi c'est vrai que c'est mon métier, donc j'ai des réflexes et j'ai cette créativité qui vient, je pense, alléger tout ça. Mais je reconnais complètement que pour ceux ou celles pour qui ça devient en plus d'un autre quotidien, c'est une charge énorme et c'est pas inné. Moi aussi j'ai envie quelquefois de... Nous aussi on va manger dehors, c'est des hommes qui cuisinent, on varie et c'est vraiment pas tous les jours des grandes choses, mais c'est plus toujours l'intention qu'on y met. Et même si c'est manger des tartines, on adore manger des tartines le soir, du bon pain avec des oeufs mollets et puis un concombre, franchement, facilité. Moi je préfère valoriser le moment, que ce soit un moment... calme et un moment simple, plutôt que de me stresser à devoir cuisiner, en fait, même si, ok, on ouvre un paquet de chips, j'ai pas envie que ça gâche le moment, je trouve ça trop important, que l'on soit, genre, serein et que ce soit avec la bonne intention, et que, en fait, demain, on mangera peut-être plus de légumes, plus de ci ou ça, mais c'est pas grave.
- Speaker #1
C'est pas un jour qui...
- Speaker #2
Non. Voilà.
- Speaker #1
Je sais que tu as commencé à cuisiner aux études.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ce parcours jusqu'à en faire ta réelle profession ? Parce que il me semble que c'était une histoire de boîte à tartines ou de lunchbox ?
- Speaker #2
De lunchbox, oui, des bento. En gros, je suis allée en Suisse faire mes études de design industriel. Donc j'avais vraiment cet attrait pour les objets et pour créer des objets dans des espaces. pour apporter du plaisir et de la joie aux gens. C'était un peu l'intention de base dans cette direction d'études. Et en fait, j'ai trouvé dans la cuisine un espèce d'échappatoire pour m'exprimer et puis pour vraiment communiquer. Je pense le côté la générosité, la curiosité. Enfin, c'était vraiment un outil de créativité. Je travaillais au marché à l'époque en Suisse pour gagner de l'argent. Et donc j'avais accès à des chouettes ingrédients. Ça m'a aussi beaucoup reconnectée à mes racines, l'Alsace. Le fait que je me suis rendue compte de la chance que j'ai eue de grandir comme ça, à moitié dans les champs.
- Speaker #1
Avec des produits frais.
- Speaker #2
Avec des produits frais. Mes grands-parents étaient agriculteurs, mais moi j'ai grandi quand c'était juste de l'agriculture familiale. Donc c'était juste pour subvenir à nos besoins, mais il n'y avait plus du tout d'aspect... commerciale c'était plus du tout dans une optique de gagner sa vie et ça ça change aussi beaucoup parce que il n'y avait aucune pression en fait peut-être qu'il y avait une année où il y avait énormément de patates et l'année d'après moins mais c'était pas grave en fait. Il n'y avait aucun stress lié à la rentabilité. Et s'il pleuvait... Oui, donc en fait c'était un plaisir et en fait on allait chercher les patates en famille, on allait récolter comme ça le raisin, enfin les pommes, tout, plein de choses. Et donc quand je suis arrivée en Suisse, je me suis rendue compte de ce bagage et de la préciosité de celui-ci. En ayant des colocataires qui ont grandi dans... J'avais un colocataire qui avait grandi à Séoul et qui achetait des tomates au mois de décembre. Et ça me paraissait tellement incohérent. Et en discutant avec lui, je me suis rendu compte qu'il n'avait pas eu accès à ce lien avec la terre. Donc ça m'a donné envie aussi de lui dire « Mais regarde, quand tu les goûtes au mois de juillet, en août, elles ont totalement un autre goût. » C'est pas du tout... Et de reconnecter comme ça aux saisons et puis vous... au timing de la terre. Donc ça m'a donné envie d'être un peu dans ce truc de food education sans l'être complètement. Et donc je faisais mes lunchbox et en faisant mes lunchbox, j'ai des copains qui les voyaient et qui disaient « Ah mais tu ne voudrais pas en faire une pour moi ? » Et comme ça, progressivement, j'avais lancé un mini-business sur Facebook où je faisais 6 lunchbox par jour que je vendais à 5 francs, 5 francs suisse la lunchbox. C'était pas du tout rentable, genre vraiment, mais moi ça me permettait... Je voulais pas faire plus cher parce que ça me mettait une pression. Je leur disais, si c'est pas bon, vous aurez encore assez d'argent pour acheter autre chose. Donc au moins, moi ça me permettait de faire mes expérimentations. Et puis tous les jours, j'allais à vélo à l'école, puis je m'arrêtais dans une Migros à Lausanne qui, après 18h, faisait les promos. Et du coup, tu vois, 50% sur les choses qui étaient de durée courte. Donc j'achetais comme ça tous les soirs les choses qui allaient être périmées. Et je les cuisinais le soir même. Et donc je ne savais jamais ce que j'allais cuisiner. Et il y avait vraiment comme ça le côté je me laissais. Et puis le côté food waste qui me suit aussi. Le côté réactivité. Ok, je sais quoi. Comment stimuler sa créativité. et donc ce projet de lunchbox a quand même pris une ampleur assez vite, où il y a eu un vrai intérêt et il y avait des profs qui voulaient en manger et ça m'a quand même un peu stressée assez rapidement de tout ça et en réalité, le directeur de l'école m'a convoquée dans son bureau pour me demander d'arrêter, en me disant que c'était pas le propos de mes études et qu'en fait il y avait une cantine et qu'il fallait pas que je fasse concurrence avec mes six lunchbox mais en réalité Je pense que ça m'a aussi aidée à me positionner. Ok, je savais que ça marchait. Ok, là, je suis là pour faire des études de design industriel. J'ai encore deux ans à tenir. Et ça m'a aussi confortée dans l'idée que j'avais envie de faire une année off pour explorer d'autres horizons et aller un peu faire d'autres choses. Donc c'est comme ça que ça s'est arrêté, l'expérience Lunchbox. Et après, j'ai fait un stage en Estonie avec une chef. de cuisine. Je suis allée en Chine aussi, où j'ai fait du design industriel, mais la cuisine prenait toujours un peu le dessus sur cet éveil comme ça, de cette curiosité. Après en Suède et en Espagne, donc j'ai vraiment eu une année très riche de découvertes.
- Speaker #1
De stages alors ? De stages,
- Speaker #2
où je mixais et cuisine et dans des studios de design. Et après, au retour en Suisse pour finir mes études, j'ai décidé de faire un projet de diplôme. autour de la street food et des food trucks. Et c'est comme ça qu'une copine à moi est tombée sur un appel à projet de la télé de France 2, qui cherchait des participants pour faire mon food truck à la clé, qui était une mission et j'étais là, mais ce serait génial en fait, de voir ce que c'est concrètement d'être dans un food truck. À cette période-là, ma sœur, du coup Marianne, était en diplôme aussi à Sciences Po. Et on s'est dit, vas-y, on postule ensemble. On n'a jamais trop exploité le fait qu'on était jumelles et qu'on se ressemble. Puis à cette époque, on cuisinait nos lunchbox sur Skype ensemble. Genre elle, enfin on papotait en même temps qu'on cuisinait.
- Speaker #1
Et elle faisait aussi, elle explorait autant la nourriture aussi ?
- Speaker #2
Oui, la cuisine a été aussi pour elle l'échappatoire et ce côté liberté, les gros dîners avec les copains, les ateliers cuisine. Elle faisait des ateliers de français pour le côté cours de français en cuisine. On a toujours vraiment lié cuisine et plaisir. Et donc, on a postulé ensemble et on a été prises. à cette émission de télé, et c'est comme ça qu'est né Boucher Double. Donc dans ce cadre-là, et assez vite, le tournage a commencé, on s'est retrouvés vraiment propulsés dans ce monde de la cuisine, on était mes novices, plus, Si on avait 21 ans, aucune expérience en cuisine professionnelle, mais encore une fois, vraiment la force l'une de l'autre. Je trouvais que je me rappelle vraiment ce côté, on est ensemble, on est... On est fortes, ce sentiment d'être pas indestructible, mais on vit ça ensemble, de me sentir méga en sécurité avec elle. Et même dans la prise de risque, après on a des tempéraments vraiment différents, donc je devais aussi ne pas mentir à ma sœur sur des recettes que je faisais pour la première fois, devant, avec les caméras tout autour, et Marianne qui me disait « Mais Pauline, tu fais quoi ? » Elle me disait « T'inquiète, t'inquiète, j'ai déjà fait ! » Elle était là « Oh là là ! » Donc, Marianne, elle est beaucoup plus... Elle a besoin de beaucoup plus de structure et de maîtriser les choses. Là où moi, je suis beaucoup plus youhou, mais ce qui n'est pas toujours bien, puisque ça fait aussi des ratés. Donc, elle est aussi là pour rattraper un petit peu. Youpsi ! Mais je trouve qu'on était vraiment un super duo. Et c'est une expérience incroyable. Et on s'est retrouvés comme ça en finale de l'émission. Et ça nous a confortés dans l'idée qu'on avait envie de faire un projet ensemble. Donc on est arrivés deuxième, on n'a pas gagné le food truck, mais ça nous a donné envie de continuer un projet ensemble. Et dans la foulée, on a passé nos diplômes l'une et l'autre, et on a continué dans la foulée, sur bouchée double, en se lançant immédiatement dans le monde de l'entrepreneuriat ou d'être indépendante comme ça à 22-23 ans. et d'essayer de voir ce qu'on allait en faire.
- Speaker #1
C'est chouette parce que ça a été vraiment un accélérateur et une rencontre professionnelle aussi qui n'aurait plus jamais se passer puisque si vous étiez toutes les deux dans des cursus différents, à quel moment on se re-rencontre entre frères et sœurs.
- Speaker #2
C'est vrai.
- Speaker #1
C'est bien.
- Speaker #2
Oui, et puis moi je suis partie à l'internat à 16 ans pour faire des études d'art déjà. Marianne a fait un parcours scientifique, puis Sciences Po. Elle était plus vouée à travailler dans les ambassades, ce qui lui faisait rêver, puis moi dans des studios de design. La cuisine nous a rassemblés, puis on s'est retrouvés à Bruxelles. C'est mon copain, Dom, qui est venu à Bruxelles pour finir son doctorat. Il devait venir à Bruxelles, et moi j'ai dit je viens avec. Ma soeur a dit si on veut commencer bouchée double, je viens aussi avec. Son copain de l'époque est aussi venu avec, donc on s'est retrouvés comme ça à Bruxelles, et bouchées doubles au tout début, mais avec, encore une fois, des océans de possibilités. Et puis de se retrouver ensemble, Marianne et moi, dans la même ville, un peu pour la première fois.
- Speaker #1
Non, c'est chouette. Les débuts. J'avais oublié certaines parties, mais c'est fou comme, entre guillemets, le hasard, ou pas le hasard, mais cette expérience food truck vous a... Fait avancer aussi de manière exponentielle. J'ai l'impression que sans ça, il n'y aurait pu rien avoir.
- Speaker #2
Vraiment. Ah mais c'est certain. Ça nous a donné une crédibilité dans un domaine où on n'avait aucune expertise reconnue. Ça nous a donné une crédibilité du public. Franchement, c'est un peu bizarre aussi parce que les gens te voient à la télé, ils sont là, puisqu'elle est passée à la télé, on l'a vu faire deux, trois boulettes. C'est le cas de le dire parce que notre concept, attention les yeux, c'était des boulettes. C'était rien de réinventé, pas un truc dingue. On faisait des boulettes et les gens étaient là, « Waouh, mais nous on veut ça pour notre mariage, pour un anniversaire. » Donc c'était une vitrine incroyable et un tremplin immense.
- Speaker #1
Les spectateurs vous ont vraiment contacté après pour faire des prestations ? Boucher Double a commencé avec ces clients-là ?
- Speaker #2
Oui. Oui, oui, les gens nous ont contactés via Instagram et tout, c'était pas du tout grand à l'époque, du tout. Là, il y avait encore Facebook, c'était en 2015. Ça va, ça va ! Mais 2015, ça fait 10 ans en fait.
- Speaker #1
Déjà, ouais.
- Speaker #2
C'est ouf. Et 2015, les gens nous contactaient, mais même ceux qui ne nous avaient pas vus à la télé, ils disaient ah, elles sont passées à la télé, donc elles savent faire et on n'a jamais... eu à démarcher. Même actuellement, j'ai jamais vraiment démarché. Les gens nous contactaient soit pour faire à manger, soit pour faire des ateliers cuisine, soit pour faire un logo. Parce qu'ils voyaient mon background, le côté design industriel, il y avait aussi de la photo, il y avait aussi du graphisme, il y avait vraiment un éventail comme ça de compétences que j'avais développées durant mes études, aussi l'illustration. Et donc dans ce food truck qu'on avait, on voyait l'ensemble de choses, même la scénographie, comment aménager un restaurant. Donc on a eu plein de contacts. hyper diversifié, hyper varié dans ce qu'il voulait. Donc, on n'a jamais fait de business plan. C'est génial, oui et non, dans le sens où ça s'est monté de manière assez... Moi, j'ai toujours adoré, mais c'est ce côté, le lundi, tu fais du food stylisme sur un tournage. Le mardi, tu fais un atelier pour enfants. Le mercredi, tu fais traiteur pour 30 personnes. Le jeudi, tu prépares pour le mariage. Le vendredi... En fait,
- Speaker #1
tu jongles tous les jours.
- Speaker #2
Tous les jours, c'est différent. Je sais que c'est quelque chose qui vend du rêve. Ça vend du rêve à beaucoup de gens, mais dans la réalité, c'est aussi une gymnastique dans la tête et dans la logistique, enfin, dans tout. C'est immense. Tous les efforts que tu dois générer pour faire en sorte que tu sois performant dans tous ces domaines.
- Speaker #1
Parce qu'il y a aussi,
- Speaker #2
on aime bien vos photos sur Instagram, est-ce que vous pouvez faire des photos pour notre restaurant ? Est-ce que vous pouvez vous occuper de ci ? Ah, on veut refaire le site. Ah, il y a un atelier. Est-ce que vous savez faire ? Et j'avoue que moi, je fonctionne énormément à l'audace aussi et limite au culot, dans le sens où... Ah, est-ce que vous pouvez faire ça ? Je me dis oui, je peux. Je ne l'ai jamais fait. Je ne le dis pas forcément. Je ne le dis pas. Mais je me dis, je m'engage à le faire. Et le jour J, je saurai le faire. Je vais me renseigner, je vais m'éduquer, je vais me nourrir de toutes les choses pour être confiante le jour J. Mais j'y vais et j'ai envie de continuer d'apprendre constamment. Il y a plein de choses qui me donnent envie. Donc, j'avoue que...
- Speaker #1
Tout au milieu de la foudre, il y a quand même un monde de possibilités, en fait, infinies.
- Speaker #2
Vraiment.
- Speaker #1
C'est un beau terrain de jeu.
- Speaker #2
Immense. Puis oui, j'ai ce côté... Je suis confiante que j'arriverai à trouver les ressources nécessaires pour faire ce travail comme il faut. Après, si ça se passe, franchement, ça s'est déjà passé pas comme il fallait ou pas idéalement, j'ai adapté. Tu fais mieux la fois d'après. Enfin, encore une fois, mon métier, je sauve pas des vies. Donc je trouve qu'il y a aussi une marge de manœuvre là-dedans. Et là où moi, j'ai peut-être pas été toujours convaincue ou ravie de ce que je faisais, les clients, j'ai toujours... comme ça, réussir à satisfaire aussi.
- Speaker #1
Mais oui, puis, entre guillemets, ton maximum n'est peut-être pas le leurre.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Donc, ça suffit parfois.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Pas toujours, mais... Et Marianne a un moment à quitter bouchée double.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
J'ai entendu peut-être qu'elle revient. Je ne sais pas, mais est-ce que ça a été ta plus grande peur ? Dans ton entreprise, entre guillemets, qu'elle s'en aille ? Je me suis demandé si c'était... En même temps, elle est toujours là, c'est ta sœur. Est-ce que ça a été vraiment un shift dans l'entreprise ou pas ?
- Speaker #2
Oui, je pense que ça a été le premier. Il y en a eu un deuxième après. Mais à savoir qu'avec Marianne, on a construit Boucher Double Ensemble. Ça a été une énorme force. Mais progressivement, c'est devenu aussi une faiblesse pour nous. Parce que travailler ensemble, c'était quand même très compliqué par rapport au stress que ça implique. par rapport à l'aspect notamment financier quand tu te lances dans un projet. Et puis, ce n'était pas non plus très valorisant pour l'une et l'autre. Il y avait ce côté, on redevenait une personne.
- Speaker #1
Ah oui, dans ce sens-là.
- Speaker #2
Et en fait, on se perdait là-dedans. On a eu chacune un parcours tellement différent et d'un coup, on refusionnait et on ne s'y retrouvait plus ni l'une ni l'autre. Et Marianne a eu... cette intelligence et cette maturité de se dire, en fait, moi, je laisse Pauline continuer le projet. Je sais que ça a été très dur pour elle. Et elle a eu une opportunité professionnelle qu'elle a saisie. Et elle est partie. Oui, et moi, j'ai continué seule. Ça n'a pas du tout été évident de retrouver mon équilibre là-dedans. J'avais l'impression de ne pas être assez, d'être la moitié. Tu vois, vraiment, ce côté... On me demandait tout le temps où elle... Elle était Marianne, et ce côté, c'est juste moi, je ne suis plus assez, et en même temps, je suis extrêmement reconnaissante qu'elle ait laissé, Marianne, cet espace pour moi, d'explorer et d'aller dans la direction que je souhaitais. Elle a vraiment aussi privilégié notre relation de sœur avant notre relation d'associée et de travail, parce qu'on se perdait. Et en fait, moi, j'arrivais que par les travails avec elle. J'avais complètement perdu ma sœur. Et je voyais plutôt tout le potentiel professionnel. Je pense que j'étais très ambitieuse, mais pas forcément dans le côté positif, comme on peut l'entendre. Et oui, en vrai, je pense que pendant longtemps, moi, je me suis... je me suis comme modelée une idée de qui j'avais envie d'être et je veux être comme ça, moi je veux être une business woman moi je veux être une warrior moi je veux être une fighter je faisais du Kung Fu énormément le côté combatif le côté, moi je suis hyper performante je peux travailler jour et nuit j'ai pas peur de travailler tard le soir, les week-ends et je peux toujours faire plus je peux toujours faire plus je peux faire plus encore Et oui, un projet, oui, bien sûr qu'on peut l'accepter. Et une espèce de boulimie du travail qui a été incroyable et qui me nourrissait énormément. Mais il y avait quand même des dégâts collatéraux conséquents. Je me rappelle quand même cette sensation des jours off où je pleurais sans savoir trop pourquoi. Mais vraiment ce trop plein et ce côté tunnel où tu ne sais pas quand ça va s'arrêter. Mais oui, c'était toujours plus, j'arrivais. pas dire non. Et en fait, je suis tombée enceinte après de Frida. Et donc ma première fille. Et ça a vraiment été pour moi le deuxième gros tournant de bouchée double. Parce que ça a complètement relancé toutes les cartes. Mais il y a eu le Covid entre deux, qui a aussi eu un impact.
- Speaker #1
Frida est arrivée en quelle année ?
- Speaker #2
En 2022. Donc deux ans après quand même. Mais le Covid a été quand même le premier truc où du jour au lendemain, j'ai perdu tous les contrats, tout s'est arrêté parce que tu vois, le monde de l'événementiel, la restauration qui a pris tellement cher et qui galère encore à s'en remettre aujourd'hui, cinq ans après. Et je me suis dit, punaise, en cinq ans, j'ai tout donné. Je pensais avoir un business solide. Et puis là, à la moindre pandémie, c'était pas non plus anodin, mais je me suis dit, waouh, OK. donc c'est peut-être mon business plan inexistant peut-être qu'il aurait été intéressant enfin je me suis rendu compte de la fragilité et puis aussi de l'aspect un peu précaire du milieu et de...
- Speaker #1
je pense que tu travailles dans l'événementiel t'as beau avoir un super business plan quand tout est fermé, tout est fermé vraiment,
- Speaker #2
pour le moment ça a été dur et puis Merci. J'étais déjà avec Dom, ça fait aussi 10 ans qu'on est ensemble, et j'avais aussi ce côté revendication de vouloir gagner autant, voire plus que lui. Genre il y avait ce côté, moi je trouvais que je suis une femme, mais je peux et trop fière d'y arriver, parce qu'il y a eu une période où c'était vraiment le cas, et c'était vraiment... Mais avec du recul, est-ce que ça me rendait vraiment plus heureuse ? Je sais pas, mais... Mais voilà.
- Speaker #1
Oui, c'est de l'ego.
- Speaker #2
Mais en tout cas, oui, on a décidé d'avoir un bébé et ça a pris un peu de temps. Mais quand je suis tombée enceinte, j'étais persuadée, je ne voulais surtout pas que je perde Boucher Double et que ça prenne le dessus. Je ne voulais pas devenir qu'une mère. Ça me faisait hyper peur de devoir arrêter Boucher Double parce que c'était une source de bonheur immense, d'épanouissement. Vraiment créatif. Et puis à l'époque, j'avais une associée avec qui ça se passait vraiment bien. Et en fait, on peut faire assez rapidement parce que je ne pense pas le sujet, mais Frida est née beaucoup trop tôt. Et donc, il n'y a même pas eu de transition professionnelle.
- Speaker #1
J'arrête ou...
- Speaker #2
Oui, je n'avais même pas annoncé que j'étais enceinte sur bouchée double. Professionnellement, je n'avais même pas dit que j'étais enceinte. que Frida est née à 6 mois et demi de grossesse. Et ça en est suivi des mois d'abord de néonates, d'hôpital, et après de kinés, de mois à la maison, puisqu'elle ne pouvait pas aller en collectivité. Et c'est là que professionnellement, ça a été extrêmement compliqué, la reprise, avec le début à la crèche qui ne s'est pas du tout passé comme prévu, puisque moi je pensais que c'était fin. Elle va à la crèche, point. Mais en fait, ça a duré des mois. Elle n'a pas aimé et moi je n'étais pas prête. Il y avait un côté de séparation qui n'était pas...
- Speaker #1
Qui n'était pas résolu.
- Speaker #2
Non, pas du tout. Pas du tout résolu. Et en fait, c'est là où aussi, moi, je pense, d'un point de vue identitaire, la maternité m'a comme recentrée, genre...
- Speaker #1
Sur toi ?
- Speaker #2
Sur moi, vraiment. Avant, j'étais... J'aimerais être comme ça, je veux... modelée, je rêve d'être comme ça donc je mets tout en place dans la projection de qui j'ai envie d'être ça a été quand même hyper violent parce que Frida est venue d'un coup comme ça dans quand même une violence non négligeable même si maintenant avec du recul c'est très beau sa venue et tout mais il y avait un côté très brut très vulnérable et cette vulnérabilité je pense que je la renflouais, je la voulais pas pendant des années Donc j'étais pas du tout connectée à ça, même à une espèce de sensibilité. Je voulais pas être quelqu'un qui pleurait, être quelqu'un qui ressent trop les choses. Je repoussais mes émotions pour être dans la performance et je voulais être dans l'action et pas dans la réflexion.
- Speaker #1
T'avais ta carapace de warrior en fait.
- Speaker #2
Complètement. Mais sauf que d'un coup ma warrior c'était Frida et moi j'ai eu cette émotion qui était immense et cette vulnérabilité. genre immense aussi, que j'ai accepté. Je pense assez vite que j'ai accepté que c'était dur, j'ai accepté de pleurer, j'ai accepté de l'exprimer aussi, pour la première fois, de demander de l'aide, pour la première fois. Et donc Frida m'a reconnectée avec tout ce pan de moi que je ne connaissais pas.
- Speaker #1
Tu crois que c'est ta part féminine qu'elle a révélée ?
- Speaker #2
Franchement, oui. Mais de ouf. J'en ai parlé avec ma mère récemment. Et je pense que jusqu'à ce que je devienne mère, j'avais envie d'être un peu un gaillard. Il y avait un peu ce côté... Oui, je ne veux pas vraiment être une fille. Enfin, je trouvais ça... Je ne veux pas être une fille. Et en devenant mère, waouh ! Mais en fait, c'est trop bien d'être une nana. Genre, mais en fait, la force, et puis d'avoir une fille moi-même, la fierté... D'avoir cette petite fille warrior avant l'heure et aussi mon corps. Dans un premier temps, ça a été compliqué, mais même l'allaitement m'a reconnectée à ce corps, de ce qu'il pouvait permettre. Et en fait, je me suis méga épanouie dans ce rôle de mère. Et c'était très confrontant. Ce n'était pas du tout, du tout mes plans. Genre non, Non, non, non, mais moi, je veux être une businesswoman. Moi, je veux ramener des thunes. Moi, je veux. Et en fait, non. Moi, je veux cocooner mon bébé. Je suis trop heureuse dans ce rôle-là et ça m'épanouit complètement.
- Speaker #1
Je trouve que c'est intéressant et puissant que tu t'écoutes et que tu entendes ce besoin et que tu l'actes, que tu sois restée auprès de ton bébé. Oui,
- Speaker #2
après, je l'ai acté oui et non, dans le sens où j'ai quand même repris le travail assez rapidement, de manière bancale, on s'entend, mais j'ai repris le travail... On est revenu de l'hôpital, Frida avait 3 mois, j'ai fait le premier tournage. 3 mois, c'était l'âge où elle était censée naître. En octobre, elle devait naître et j'ai fait le premier tournage au mois d'octobre. Après, c'était un jour et je suis retournée auprès d'elle. J'ai repris rapidement parce que j'avais aussi peur qu'on m'oublie. J'avais peur de ne plus être performante. J'ai vraiment repris le travail pour les mauvaises raisons, je pense. Mais j'étais incapable de le voir à ce moment-là. Et en fait... Avec mon associé, ça s'est assez mal remis à la reprise parce que moi, j'étais dans ce monde parallèle où je voulais uniquement cuisiner pour des femmes enceintes, pour des femmes en postpartum. Franchement, pour moi, c'était un nouveau monde, mais incroyable. J'étais là, mais what ? Genre, je n'ai jamais perçu tout ce monde-là avant et j'ai trouvé ça tellement riche, tellement précieux, tellement inexploité. J'étais là, wow, mais en fait, ça me fascine. et puis même le... Encore une fois, l'allaitement a été quelque chose dans le côté nourrir. Là où je nourrissais beaucoup avec la cuisine avant, là je nourrissais mon bébé, mais au-delà de ça, j'ai trouvé ça d'une complexité et fascinant. Donc oui, la reprise a été houleuse, et puis mon associé de l'époque est parti du projet, donc je me suis retrouvée pour la deuxième fois, toute seule. Et là, ça a été encore plus confrontant, je pense que c'est là où ça a été le plus dur. Parce que c'était une période de ma vie où j'étais encore complètement, tu vois, d'un point de vue privé, mais aussi professionnel. Qui suis-je ou vais-je ? Quelle est ma valeur ? Quelle est ma place ? Genre ma place, moi je veux être avec mon bébé, mais j'ai aussi envie qu'elle se sente bien avec d'autres gens, je crois. fondamentalement au système de la crèche et je suis confiante et tout mais c'était très confrontant donc là pour moi c'était les mois où j'avais aussi envie de prouver que mais non je suis pas que mère je veux reprendre le travail mais en même temps pour qui pourquoi je trouvais ça extrêmement laborieux extrêmement contraignant J'aimais plus passer des heures à épuiser des carottes. Pour qui ? Pourquoi ? C'est bon, manger des pâtes, les gars ? Pourquoi moi, je devrais... Oui, et puis aussi, physiquement, je trouvais que c'était dur d'être debout en cuisine, de devoir passer la serpillère, de devoir mettre des étiquettes sur tous les tubes.
- Speaker #1
Oui, je comprends.
- Speaker #2
Je n'avais plus envie.
- Speaker #1
Je me souviens, je pense que c'était à cette période-là, tu étais ma prof au Master Food Design. Effectivement, Frida était là. Je trouve qu'elle wariore aussi d'assumer, de prendre son bébé avec soi. Je ne sais pas si moi en tant que maman j'aurais... Alors profondément je crois que j'aurais envie, mais le regard de la société m'aurait... Tu vois ? Oui. Et je trouve que de franchir ce pas, c'est beau, parce qu'en fait, oui, tu as tes convictions et tu les assumes. C'est magnifique.
- Speaker #2
Après, j'ai vraiment eu la chance d'être bien entourée, en tout cas, à partir de ce moment-là, de faire le choix aussi de seulement travailler pour et avec des personnes qui tolèrent ce positionnement et avec qui ce n'est pas une question. Et que là, oui, d'être prof au Master en Food Design à Bruxelles et de pouvoir emmener mon bébé et de pouvoir l'allaiter en cours et que ce soit ok, que ce soit même pas une question pour la directrice, c'était super et je trouve que c'est beau entre femmes de s'encourager là-dedans aussi en fait mais franchement avec Durkul je me dis que c'était pas assez évident parce que pour moi il y avait quand même cette dissociation entre la mère que j'étais et l'experte, la prof cette figure quand même c'est pas cette figure hiérarchique mais cette figure... Non mais t'as un peu de professionnel en fait oui et en fait je me rappelle avoir Frida en portage la regarder Merci. Avec mon cœur qui se ramollit, et puis lever les yeux sur les élèves, et d'être vraiment dans cette dissociation. Je ne peux pas être la même personne, et pourtant je le suis. Et je pense que ça m'a aussi aidée, comme ça, à jongler entre les deux, et à assumer, et à dire en fait, je peux être les deux, et je vais être les deux. On n'a pas besoin de choisir l'une ou l'autre. Mais c'était pas évident, d'un point de vue cognitif, d'arriver à être... performante avec mon bébé sur moi. J'ai trouvé ça quand même... Je sais pas si j'ai été la meilleure prof quand même à cette période. Parce que je pense que je suis meilleure dans mon travail quand je peux l'être complètement.
- Speaker #1
Mais quand t'as tes mains libres, et ta tête entièrement dédiée, ce qui est, je crois, le challenge de toute ma vie.
- Speaker #2
C'est ça. Après, Sprida, elle dormait pendant les deux heures de cours. Elle a toujours été aussi... Un bébé très facile à emmener partout, en tout cas, ça c'est bien.
- Speaker #1
Et comment est-ce que tu veux que les gens ressentent ton travail, quand ils le découvrent ou qu'ils le goûtent ?
- Speaker #2
J'aimerais qu'ils ressentent peut-être la joie, la joie et la générosité. Je crois que c'est des valeurs ou des sentiments que je trouve tellement précieux et importants. C'est le sentiment que j'avais déjà quand je faisais du design industriel, où j'avais envie que les gens, quand ils voient un objet, qu'ils soient heureux. Franchement, c'est hyper naïf, c'est un peu plan-plan, mais j'avais cette attention-là. Et je pense que je l'ai retrouvé plus facilement avec la cuisine, de rendre les gens heureux à travers ça.
- Speaker #1
C'est fou, c'est vrai qu'un objet peut faire éprouver autant d'émotions, mais...
- Speaker #2
Mais pour moi, le meilleur métier au monde, c'est vendeur de glace. Franchement, je trouve ça génial, et je l'ai fait étant étudiante en Suisse, et c'était c'est Mais genre, meilleur job. T'es comme ça dans ton magasin, les gens ils rentrent et ils ressortent systématiquement plus heureux qu'en rentrant. Je sais pas, mais c'est quoi en fait la vie ? Ils viennent, ils font une meilleure vie. Tu leur vends du bonheur. Du bonheur, il y a une espèce de spontanéité, ça disparaît, ça fond, la glace. Je trouve ça merveilleux comme métier.
- Speaker #1
Puis c'est des goûts qui nous rappellent notre enfance aussi, je crois que... Enfin puis c'est les fruits, un peu de sucre.
- Speaker #2
Oui. La crème, d'un point de vue créatif, c'est aussi un univers, tu peux aller très loin. Et puis, il y a autant les grands-parents que les jeunes enfants, je trouve que ça touche tout le monde. C'est vraiment, peut-être qu'un jour. Je trouve qu'il y a un truc très très beau. Comme tu disais,
- Speaker #1
c'est des moments de partage aussi. Effectivement, c'est toutes les valeurs un peu que tu défends. Mais écoute, quand les glaces bouchées doublent. Malheureusement, l'été est passé.
- Speaker #2
Oui, mais toute l'année finalement.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr.
- Speaker #2
C'est mon grand-père qui adorait les glaces. Vraiment, vraiment. Et je lui en avais ramené de Suisse dans une frigo box. Avec de l'azote liquide pour garder frais de Lausanne à Strasbourg. Et pour lui faire goûter les glaces qu'on vendait dans le magasin où j'étais. C'était trop chouette. J'en garde vraiment un super souvenir.
- Speaker #1
Et c'est quoi pour toi le beau au-delà de l'esthétique ?
- Speaker #2
Le beau au-delà de l'esthétique, c'est vraiment dans l'intention. Je pense que c'est l'intention qu'on y porte. Franchement, moi qui suis fan de la Suède et des pays scandinaves, Je trouve toujours que tout est beau, les gens sont beaux. Et en fait, je me rends compte que c'est vraiment l'intention et c'est aussi l'attitude. Et c'est comme la cuisine, en fait. Pour moi, quand même, tout peut être bon parce que c'est bon pour quelqu'un, mais peut-être pas pour quelqu'un d'autre. Donc, c'est une histoire de positionnement et c'est une histoire d'accepter, peut-être de tolérance, mais oui, d'intention. Dans l'aspect, qu'est-ce qui est beau ?
- Speaker #1
Oui. Et dans le bon, toi qui jongles avec, pas tous les jours, mais très souvent, qu'est-ce que ça signifie pour toi, le bon ?
- Speaker #2
Qu'est-ce qui est bon ? Ça, peut-être le côté cohérence. Ça doit être cohérent. C'est ce que j'essaie aussi d'apprendre aux étudiants en master en food design. Pour moi, tout peut être bon et tout peut être beau, mais ça doit pouvoir être comme... comme justifié ou être cohérent dans...
- Speaker #1
Dans une histoire ?
- Speaker #2
Oui, vraiment. Mais pour moi, il y a ce côté storytelling. C'est important, en fait. Au-delà, le storytelling a peut-être un côté superficiel. Pour moi, ça ne l'est pas. C'est plus de questionner, en fait. Tu trouves ce verbe beau ? pourquoi ce verre il m'évoque ça, il me rappelle telle et telle chose, il me fait me ressentir comme ça, il a cette texture donc c'est vraiment des questionnements et c'est ce que j'essaye aussi d'insuffler aux étudiants, c'est de se questionner et le cerveau est un muscle, donc il faut le muscler et il faut pas c'est beau, pourquoi ? D'autant plus actuellement dans ce monde où avec l'algorithme on voit toujours les mêmes choses Et donc notre cerveau n'est pas du tout stimulé. Et pour moi, c'est essentiel de stimuler sa créativité, stimuler son regard et aiguiser son regard pour comprendre. Je veux comprendre. Je veux comprendre pourquoi je trouve cette bouteille devant moi, pourquoi je la trouve belle, qu'est-ce qu'elle m'évoque. Et en fait, ça m'appartient complètement à moi. Toi, ça va t'évoquer autre chose. Et libre à toi de la trouver belle ou non. Moi, je la trouve belle. pour mes raisons. Et en fait, le fait que toi, tu la trouves plus ou moins... Ça ne va en rien entacher le regard que j'ai dessus. Et moi, ça me permet aussi d'être ancrée comme ça dans des choix qui me sont propres. Encore une fois, on est dans quelque chose d'assez léger. Donc, tu vois, en quoi...
- Speaker #1
Pourquoi compliquer ?
- Speaker #2
Exactement. Tu vois, la gravité dans tout ça, elle est où ? Elle est dans quoi ? Et ça, je pense aussi dans le fait d'être devenue mère. Ça m'a permis de m'assumer. complètement dans plein de choix et dans des choses peut-être plus ou moins futiles mais en fait elle est où la gravité et d'avoir vécu avec Frida la peur et tout ça ça m'a amené énormément de légèreté dans
- Speaker #1
ma vie et de reconnaissance et de de relativité de dire en fait le pire est passé maintenant il n'y a plus que le meilleur
- Speaker #2
Oui, et le pire, il est passé. On a réussi à mettre en place, on a trouvé des ressources pour aller bien dans cette période dure. Donc, en fait, là, même si c'est dur à nouveau, j'ai confiance qu'on trouvera les ressources. Et donc là, en fait, on va tout mettre en place pour que ça soit cool et au mieux. Et oui, il y a des jours où c'est dur, franchement. Il y a des jours où c'est méga galère. Moi, je pleure et je crie et je suis colérique. Il y a plein de choses qui ne vont pas. Mais je crois qu'il y a cette...
- Speaker #1
Cette confiance ?
- Speaker #2
Oui, je sais que ça va passer. Je sais que c'est passager. Je suis confiante et que c'est pas ancré. Il n'y a rien de figé. Et donc dans ce côté, rien de figé, j'ai envie de quelque chose de dansant. J'ai envie de quelque chose de joyeux et de coloré. Il y a ce côté couleur quand même qui reste. Je me dis, ok, comment... C'est à moi de mettre les choses en place. Je n'ai pas envie de subir ma vie. Je n'ai pas envie de subir mes choix. Je n'ai pas envie de subir ma maternité, mes choix professionnels. Je n'ai pas envie de subir mon mec. Je n'ai pas envie... Vraiment, je crois que c'est ma plus grande peur, de subir les choses. Donc, qu'est-ce que je fais pour ne pas les subir ? Je mets en place des choses qui me font me donner la sensation d'avoir les rênes en main. C'est les rênes de ma vie et peut-être que les chevaux au bout des rênes ils vont à tout à l'huile alors que moi j'ai envie de ralentir. Mais en fait les rênes elles restent dans mes mains, je les lâche pas et je m'accroche à ce carrosse. Non mais ouais cette calèche ou peu importe tu vois. Mais il y a ce côté, je refuse, c'est mon combat, je refuse de subir les choses. et même si je subis certains jours, certains jours, je subis les choses. Je l'accepte. Et je trouve que dans l'acceptation, c'est plus facile. De ouf.
- Speaker #1
Et puis d'accueillir toutes les émotions. Et c'est comme tu disais, le bon que c'est très subjectif, je crois que c'est aussi un tourbillon d'émotions qui nous sont propres et qu'on ne peut pas vraiment questionner.
- Speaker #2
Non, non. Et je trouve que... Encore une fois, le plus dur, je pense, c'est nous, avec nous-mêmes. Et c'est là où moi, j'ai vraiment cette chance d'avoir une soeur jumelle qui est vraiment mon plus grand soutien. Vraiment. Et donc ça, je pense que ça m'ancre aussi énormément dans tout ça. Dans ce questionnement de moi à moi-même, elle est là pour peut-être me décentrer de moi à moi-moi. Genre, c'est elle. et si elle... Je trouve du confort et du réconfort là-dedans.
- Speaker #1
Qu'elle reflète parfois des choses que tu ne vois pas, c'est ça que tu veux dire ?
- Speaker #2
Oui, je lui fais confiance. Quand moi j'ai des doutes, sa confiance prend le dessus sur mes doutes. Donc son regard a plus de... Je me dis, ok, j'arrête de questionner. En fait, c'est aussi des schémas. Et là-dessus, ma mère est aussi très très forte pour m'aider à structurer. l'aspect mental des choses et de dire tu peux toujours tout questionner, tu peux aller très loin dans ces schémas.
- Speaker #1
Tu peux partir loin là-haut, je crois que tu peux t'inventer.
- Speaker #2
Et c'est encore une fois une histoire de nourrir. Tu nourris les choses. Donc qu'est-ce que tu décides de nourrir ce matin ? Qui et comment ? Moi. Donc moi, est-ce que je décide de nourrir mes peurs ou mes envies ? Est-ce que je décide de nourrir mes angoisses ou est-ce que je décide de nourrir... Pour moi, c'est mes rêves. Pour moi, c'est un peu ridicule, mais je trouve que le matin, ma mère disait toujours ça, le matin, tu décides quelle est l'intention, comment tu te lèves. Et il y a des matins qui sont plus compliqués que d'autres, encore plus avec des enfants, où c'est eux qui se réveillent avant toi, donc tu te réveilles même pas, t'as même pas le temps d'avoir cette intention. Mais, ou pas oublier, c'est nous, il y a ce cerveau qui est quand même malléable. Et d'essayer petit à petit. Ça vient pas du jour au lendemain, mais ça reste un sport à pratiquer.
- Speaker #1
J'imagine. Et comment tu nourris tous ces rêves au quotidien ? Ou que tu t'y accroches ? Est-ce qu'il y en a vraiment qui aujourd'hui prennent le dessus ?
- Speaker #2
Je trouve que c'est dur. C'est vrai qu'il n'y a pas longtemps, je disais à Dom, à mon copain, mais c'est quoi tes rêves ? Là, on a deux enfants en pleine forme, un appartement super, une famille, tout le monde va bien. Enfin, c'est... Enfin, what's next ? Genre, à quel moment on arrête de rêver, de stimuler ? Quand t'as l'impression de vivre comme ça des choses qu'on a rêvées, on est dedans. Est-ce qu'on s'arrête là, tu vois ? Est-ce qu'on arrive à vivre ce moment de plénitude ? Ou est-ce qu'on en veut toujours plus ? Ou est-ce qu'on s'arrête un instant ? Je trouve compliqué de savoir jusqu'où ça va. Est-ce que c'est important de réaliser qu'on est dans ce rêve un petit peu, et qu'il faut l'entretenir ? En fait, il y a aussi cet aspect-là. Parce que moi, je pense que je ne réalise pas, je ne suis pas dans ce côté bisounours au quotidien où je vis un rêve éveillé. Non, je ne suis pas là-dedans. Mais je pense qu'il y a quand même, factuellement, si je le mets sur papier, ce qui se passe dans ma vie, c'est quand même... Je suis quand même tellement privilégiée et reconnaissante, donc c'est important de le reconnaître et d'à partir de là l'entretenir et de ne pas oublier de... De créer des nouveaux rêves et les stimuler. Et ça, comment ils viennent, je trouve que de se laisser guider par mon copain, nos enfants, ma sœur, ma famille, les amis. Et de se dire, ah, qu'est-ce que ça serait si on vit ça comme ça ? Est-ce que toi ça te dirait... Même si c'est le temps d'une conversation, le rêve il peut exister pour une journée. Moi j'adore pendant un week-end me dire, vas-y, qu'est-ce que ça serait si on habitait là-bas ? et si... On va dans un quartier, même à Bruxelles, il y a une maison à vendre. Mais qu'est-ce que ça serait si on habitait ici, en fait ? Parfois ça retombe,
- Speaker #1
et parfois c'est porté par le rêve.
- Speaker #2
Oui, et peut-être maintenant avec le temps, c'est plus le côté, le rêve, les petits rêves du quotidien, d'être moins à recherche du changement radical, d'être dans... Comment on peut dire ce côté ordinaire, ce rêve ordinaire ? Je rêve de manger un tiramisu à midi, de make it happen, et de trouver une joie juste dans ces petits trucs, parce que trop grand. Et ça, je me rappelle très bien la sensation avec Boucher Double au début. Sky is the limit, j'avais ce truc, sky is the limit, sky is the limit. Et très vite, j'avais ce truc, it's too high.
- Speaker #1
Puis c'est oppressant.
- Speaker #2
Mais c'est hyper oppressant, it's too high, c'est inaccessible. Et donc maintenant, d'être dans ce truc, la limite c'est le plafond. Genre, c'est au-dessus de nous et c'est déjà dur à... Enfin, j'ai pas envie de... Non, c'est pas le plafond parce que c'est un peu... C'est envie d'ouvrir les fenêtres aussi. Mais ce côté rendre accessibles les choses. Et pas être à la recherche constamment de... Ce côté inaccessible en fait, et retomber dans ce côté performance, et ce côté prouver les choses, prouver à qui, prouver à quoi. Parce que ça, je l'ai vraiment fort ressenti avec, encore une fois, Boucher Double. Prouver, prouver, mais je me suis dit, mais je peux passer ma vie là-dedans. Il n'y a jamais personne... Je me rappelle dire à mes parents, avec méga de fierté, j'ai décroché ce projet, j'ai rentré, ton et ton thune, waouh, mais regardez ! Et eux me dirent, ok, mais t'es heureuse, est-ce que tu vas bien ? t'es fatiguée quand même, est-ce que quoi ? Toi, comment tu vas ? Et me dire, mais punaise, la reconnaissance, elle est où ? Et en fait, je me dis, mais si, je l'ai pas de eux. Oui,
- Speaker #1
mais même si ça, c'est pas assez, pour eux, tu vois ? Oui, oui.
- Speaker #2
Non, mais eux, la reconnaissance, en fait, je pense qu'elle est... Oui, elle était déjà là. Elle était déjà là, depuis toujours, et que... Et donc, oui, l'aspect travail, jusqu'où il va, quoi.
- Speaker #1
Et tu penses que tes filles t'ont apporté... Je ne sais pas si c'est le mot relativité, mais en tout cas, les rêves peuvent être, alors je n'ai pas envie de dire plus petits, mais en tout cas plus simples, le bonheur ailleurs, que là où tu te trouvais avant, warrior, et tu n'avais jamais assez de...
- Speaker #2
Oui, je pense qu'il y a un vrai ancrage. Elle m'apporte vraiment cet ancrage de qu'est-ce qu'on a là ? Qu'est-ce qu'on a là, ici, et comment on fait make the best out of it ? Et ça me rappelle même l'Alsace, tu vois. Ok, on a ce jardin, qu'est-ce qu'on plante ici ? Oui, on pourrait partir bien loin. Chaque été, je me dis, il faudrait qu'on achète plus de vergers, qu'on achète plus de... Mais en fait, on en a déjà énormément. On n'arrive même pas à tout récolter. Genre, qu'est-ce qu'on fait avec ce qu'on a sur les arbres, dans la terre, et comment on l'entretient ? Parce que je me rends compte maintenant qu'il faut entretenir ses relations. Il faut entretenir la relation avec mon copain. Il faut entretenir la relation avec mes filles. Il faut la faire grandir. Et moi, on ne parle même pas du plus important. Moi, je veux perdurer. Et l'aspect durable que j'ai dans mon travail, avec les ingrédients que j'achète, je veux que ce soit dans des petites productions. des agriculteurs, le côté durable. Mais moi, je dois être durable aussi dans ma pratique.
- Speaker #1
Oui, et dans ton énergie, dans tout ce que tu transmets.
- Speaker #2
Donc ça, c'est vrai que c'est vraiment, je pense, le côté ancrage et recentré sur je ne peux pas me cramer, il faut que j'arrête de me cramer parce que ça va mener absolument à rien. Je dois aussi me mettre en priorité parce que c'est essentiel pour mener à bien Bon. Tout ce bateau, et oui, je pense que ça c'est ma mère aussi qui nous a toujours dit qu'il faut que ce soit confortable pour toi, avec les enfants notamment, il faut que ce soit confortable pour toi avant que ce soit... confortable pour elle, pour que ce soit confortable pour elle.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Dans ce sens-là.
- Speaker #2
Oui, c'est bien, oui. Mais vraiment, tu vois, de me dire, en fait, moi j'aime emmener mes filles partout avec moi, je ne suis pas spécialement fan des airs de jeu, bon ben, en fait, je ne veux pas me mettre dans des situations, ce n'est pas inconfortable, mais en fait... Tu n'apprécies pas, quoi. Oui. Et tu vois, des choix de vie comme ça, où tu te dis, moi... Je cuisine de telle et telle manière, j'ai pas envie de changer ma manière de cuisiner parce que j'ai des enfants. Moi j'ai pas envie de forcément changer ma manière de... Et elles vont s'adapter, d'alimenter aussi cette confiance que j'ai en elles, mais aussi en moi de... Forcément, il y a plein d'adaptations à avoir et forcément d'ajustements. Je leur impose pas les choses, mais ça part quand même de moi. Faut que ça vienne de moi parce que sinon il y a cet entre-deux qui pour moi est... Ah c'est flou. Et flou. J'essaye de faire un truc qui leur plaît à elles, mais sans vraiment savoir, puisque je ne suis pas elles.
- Speaker #1
Oui, oui. Non, mais tu es leur maman.
- Speaker #2
Je suis leur maman, mais j'interprète énormément, tu vois. J'interprète ce qu'elles pourraient aimer. Donc j'essaye de faire un truc qui leur plairait à elles, mais moi qui ne me plaît pas vraiment, parce que ce n'est pas moi. Donc tu es dans cet entre-deux, qui potentiellement leur plaira à elles, mais ce n'est pas sûr. Et qui me plaira à moi moyennement, parce que ce n'est pas vraiment moi. Donc je me dis, je fais un truc qui me plaît vraiment à moi, où j'ai plaisir. Tu vois, quand on fait des dessins, des bricolages ensemble, moi j'aime trop. Et je me dis, ma joie, elle va forcément être communicatrice. Elle, si elle veut se joindre à moi dans cette activité, c'est tout gagnant. Si elle n'aime pas, au moins moi j'aurais passé un bon moment. Mais qu'est-ce que je peux maîtriser dans cette situation ? C'est moi. Elle, il y a une marge de manœuvre.
- Speaker #1
Elle s'affirmera aussi en fonction de ça.
- Speaker #2
Oui, oui.
- Speaker #1
Parce que si tu essaies de t'adapter tout le temps...
- Speaker #2
Oui, et puis ça c'est mon côté aussi un peu... J'ai des filles, quoi. féministes quand elles pleurent je leur dis be loud, exprime-toi t'as le droit d'être fâchée, t'as le droit d'être triste ça c'est vraiment des choses que je légitimise énormément, Romy là qui a 6 mois, qui pleure c'est la seule manière qu'elle a de s'exprimer go for it vraiment, je t'entends, je t'accompagne je suis désolée que t'aies à traverser ça mais je suis là avec toi si je peux bien entendu, faire en sorte que ça soit le plus passager possible, c'est le mieux. Mais aussi de légitimiser ces sentiments, tu vois, cette vulnérabilité, cette tristesse. Genre, c'est des sentiments valides. De ne pas être dans le chute-chute, non, non, non, il ne faut pas... Oui, oui, oui, pas trop de bruit.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Ah oui, non. Parce que, quelquefois, avec ma soeur ou ma mère, j'ai à ce côté, je leur dis, je ne veux pas qu'on soit des dictatrices du bonheur. Je trouve que c'est hyper important d'accepter. Les moments de down, ça permet d'aller encore mieux quand ça va bien, mais pas être dans une dictature de « il faut, il faut que ça aille » . Il faut aussi tolérer que ça aille moins certains jours.
- Speaker #1
Oui, et épouser toutes ces émotions négatives. Et je trouve que plus tu plonges dedans, dans ta tristesse ou dans je sais pas quoi, parfois ça passe tellement vite que si tu la traînes pendant... Tu sais que t'oses pas t'exprimer, t'oses pas pleurer, tu... En fait, pleurer une bonne fois, et ça passera peut-être en dix minutes.
- Speaker #2
Vraiment. Et puis, ça me fait penser aussi, tu vois, le rapport au corps. De se dire, pendant tellement d'années, j'étais là, tu vois, il faut que je me sente bien, il faut que je modèle ce corps, il faut, il faut. Et puis, quand je suis venue mère, je me suis dit, je veux pas que ça soit central du tout dans ma vie. Et je veux plus me poser de questions, en fait. Je veux pas... C'est pas mon combat. En fait, j'ai d'autres combats dans la vie, j'ai d'autres ambitions dans la vie. Ce corps est voué à changer, à évoluer. J'ai envie de le respecter. Et aussi, s'il y a un jour où je ne l'aime pas, c'est OK. Tu ne vas pas être dans cet acharnement, il faut que je m'y sente bien. Non, il ne faut rien. C'est OK si aujourd'hui je ne l'aime pas. Et si je n'aime pas ce que je vois dans le miroir, je ne regarde pas dans le miroir. Je regarde ailleurs, il y a tellement d'autres choses à regarder.
- Speaker #1
Et puis je trouve qu'en ayant donné la vie, pas que ça devienne secondaire, mais tu te dis Il a déjà tellement donné, en fait.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Faut-on lui foutre la paix un petit peu, quoi.
- Speaker #2
Non, mais vraiment, ce côté bienveillant, c'est de se dire... C'est un outil.
- Speaker #1
Et je trouve que c'est des belles valeurs aussi à communiquer, évidemment, aux garçons aussi, mais aux filles.
- Speaker #2
Tellement important. Tellement important. Et là, tu vois, Frida, qui me touche le ventre, elle avait l'habitude de mettre des stickers sur mon ventre quand j'étais enceinte, quand j'avais un gros, beau ventre que j'adorais. Et là, elle m'a demandé récemment, est-ce que je peux mettre des stickers sur ton ventre ? Et j'étais là, wow ! Et j'étais là... bien sûr ok ok vas-y c'est super c'est mon monde Et j'étais vraiment en mode...
- Speaker #1
C'est gênant et en même temps...
- Speaker #2
Qu'est-ce qui se passe ? Genre rien. Genre c'est moi qui lui donne le ton. C'est moi qui en fais un big deal ou pas.
- Speaker #1
Soit c'est ok de montrer son ventre, de jouer avec.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Ou c'est tabou.
- Speaker #2
Oui mais c'est tellement ok. Et puis vas-y, touchons-le ce ventre. Oui il y avait un bébé dedans, maintenant il n'y a plus. Il y a plein d'autres choses encore dans ce ventre. Et regarde ton ventre, regarde celui de papa, regarde celui de Romy. Oui, tu vois, et c'est là que tout commence.
- Speaker #1
C'est beau.
- Speaker #2
Mais c'est important, il y a tellement à déconstruire. Oh my God, il y a énormément. Mais voilà, il faut choisir.
- Speaker #1
Comme nous, quand Aaron nous fait des bisous un peu prout dans le cou au départ, puis après, il soulève notre t-shirt et il nous fait des prouts sur le bidou comme nous. Ben oui. Et je me dis, c'est vrai, quel est le problème en fait ?
- Speaker #2
Vraiment.
- Speaker #1
C'est parce qu'on a tout de suite des injonctions, des... Des dérives ou je ne sais pas trop quoi qui viennent en tête, mais en fait c'est un corps et on essaye de le faire accepter à nos enfants et pour nous ce serait différent.
- Speaker #2
Après c'est là où moi j'ai aussi énormément reconnecté avec le sport, mais différemment. J'ai toujours été sportive, mais dans la pratique quand je faisais du Kung-Fu, les arts martiaux, il y avait aussi ce côté combatif, j'ai perdu l'aspect martial. avec la maternité où j'ai plus trop envie de me battre je trouve qu'il y a assez de combats comme ça mais dans le sport, au quotidien dans le mouvement ça me reconnecte aussi à mon corps qui m'appartient à moi parce que après Frida j'ai eu besoin de retrouver cette confiance en mon corps puis j'ai fait une fausse couche c'était super difficile et confrontant avec ce corps qui me... qui me lâchait, et pourquoi, et quoi. Et le sport, je me renoue tout ça. De me sentir capable, de me sentir vivante, de me sentir en mouvement, et que c'est moi qui initie le mouvement. Mais vraiment, dans le mouvement, dans ce que ça implique, et pas dans la douleur ou dans la performance, dans le mouvement, et dans la force que je ressens d'être capable de faire telle et telle chose. Et ça, je trouve que c'est... Ça m'apaise tellement de me dire « Ah, wow, j'arrive à faire du sport pour les bonnes raisons. » Et en fait, c'est...
- Speaker #1
C'est toi qui décides.
- Speaker #2
C'est moi qui décide et c'est limite dans l'ordre de l'intime pour moi. Genre j'en parle très peu ou pas parce que ça m'appartient et c'est vraiment ma safe place et je trouve que le sport a renoué aussi tout ça où c'est nécessaire. Oui, avec des enfants où tu donnes de ton corps, de ton cœur, de tout, d'avoir ces espaces où je peux, juste moi, avec moi-même, lever les bras parce que j'ai décidé de lever les bras, pas parce que quelqu'un m'a envoyé une balle et qu'il faut la ramasser, pas parce qu'il faut porter ma fille sur les épaules, mais parce que moi... Encore une fois, il y a cette histoire d'intention. C'est moi qui ai les rênes et c'est moi qui décide. Et comme ça, un petit peu de mouvement, mais que moi j'initie. Ça change tout le rapport.
- Speaker #1
Ta propre liberté, entre guillemets.
- Speaker #2
À la question, quand tu disais qu'est-ce qui est bon pour toi, il y a le côté le bon sens. Mais c'est un peu... Oui,
- Speaker #1
c'est le bon sens. Pour moi,
- Speaker #2
le bon sens. Mais dans le bon sens, il y a plein de choses qui me dépassent, je ne comprends pas. Dans le monde dans lequel on vit, il y a tellement de choses qui... Ça n'a aucun sens.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
De se reconnecter.
- Speaker #1
De redonner du sens.
- Speaker #2
Oui, mais qu'est-ce qu'il y a du bon ? C'est du bon sens ? Oui, voilà.
- Speaker #1
Oui, oui, je comprends.
- Speaker #2
C'est pas évident.
- Speaker #1
Est-ce que là, quand je te pose la question, est-ce qu'il y a une chanson, une musique, ou un titre qui te vient directement en tête pour ton parcours entrepreneurial, ton parcours de mère, ton parcours de vie ?
- Speaker #2
Moi je suis fan de Whitney Houston, j'adore les femmes avec des grandes voix et tout, ça me fait toujours... j'adore vraiment, inconditionnel, Dalida et compagnie, enfin vraiment...
- Speaker #1
Mais des femmes de caractère quand même.
- Speaker #2
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Rien à faire.
- Speaker #2
Et Whitney Houston, I didn't know my own strength, il y a vraiment un truc... j'aime bien la chanson parce qu'il y a un côté doux au début et puis après ce côté... De se découvrir, tu vois, de laisser place à qui on a envie d'être ou qui on peut être. Et en fait, laisser le temps. En fait, moi, à 20 ans, franchement, la vingtaine, j'ai pas vraiment aimé. C'est des années compliquées, mais qui sont essentielles. Et là, je trouve trop bien d'être dans ces années où je me dis « Ah, mais en fait, c'est plus doux et c'est plus... »
- Speaker #1
T'es plus toi.
- Speaker #2
Ouais, ouais, il y a moins d'entourloupes. C'est beau,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #2
Donc oui, de se laisser place et de... Mais franchement, par rapport à ce qu'on disait avant, de ne pas oublier de se questionner et de ne pas subir sa vie et ses choix, de se dire pourquoi j'en suis là, pourquoi, quoi, et d'en faire quelque chose de ces questionnements, d'être OK réflexion, mais aussi action derrière. Parce que de ne pas se laisser trop, de se questionner, ça a aussi des limites. Oui,
- Speaker #1
à un moment, il faut changer des choses ou ajuster en fonction de ce qu'on découvre de soi.
- Speaker #2
Oui, oui, voilà. écoute un tout grand merci merci à toi t'as l'impression qu'on est arrivé au bout il y avait une dernière question que t'avais envie qu'on clôture non sauf si tu mais je pense que t'en as déjà parlé de tes rêves donc tout est bon franchement les rêves il y a aussi un aspect franchement ça fait peur là je suis dans la phase où j'ai l'impression que tout est possible Et rien à la fois. Tu vois, il y a ce côté un peu gouffre. Qu'est-ce que j'en fais ? Ce temps, cet espace. D'ailleurs, là, je vais devoir chercher Frida à l'école. J'ai trop hâte. Mais qu'est-ce que j'en fais ? Et comment faire pour ne pas avoir trop d'attentes ? Pour ne pas perdre cette créativité, cette motivation ? Parce que c'est quand même très fragile. Et il faut être dans un environnement qui le permette. Tout ça...
- Speaker #1
On ne peut pas se sentir submergé aussi. Et comme tu dis, du coup, de perdre le lien avec ces rêves, cette joie, cette passion qui peut nous animer parfois, mais comme tu dis, qui est parfois fragile.
- Speaker #2
Oui, mais le côté rêve, pour moi, c'est quand même des interrupteurs. C'est des interrupteurs qu'on décide d'allumer ou pas. Et qu'on stimule ou pas. Et donc là... Cet été, par exemple, les rêves, j'ai essayé de les avoir dans le quotidien, dans des petites choses, mais j'ai quand même laissé éteints des rêves qui me sont propres, parce qu'il y avait quand même une dose de frustration. J'allume, mais je n'ai pas du tout la disponibilité spatiale, émotionnelle, temporelle, enfin, il n'y a rien qui est disponible. Donc je préfère laisser un peu en veille et maintenant allumer, et voir ce qui s'allume ou pas. Et puis aussi revenir à ce côté, les plantes. Tu plantes des graines dans cette terre et il y a des choses qui poussent, d'autres pas. Et de rester bienveillante et bien s'entourer. C'est tellement important aussi d'être entourée de bienveillance et de cultiver cette bienveillance envers les autres. Ça, dans les valeurs, j'essaye tellement, tellement le partage, s'il vous plaît. Le partage et la bienveillance, la base. C'est un gros chantier.
- Speaker #1
Merci Merci à toi
- Speaker #2
Belle rencontre avec ta petite aussi Merci
- Speaker #1
J'accouche dans 2-3 semaines Championne de me recevoir aujourd'hui L'épisode sera diffusé quand elle sera déjà là Magnifique Merci Frédérique Merci à toi