- Speaker #0
Bonjour et bienvenue chez Booster, je suis Laure Fulten-Prévot. Ici tu vas entendre des femmes qui te racontent comment le sport les a transformées. Leurs doutes, leurs déclics, leurs victoires. Des trajectoires où le mouvement devient un levier pour te sentir bien dans ta tête et bien dans ton corps. Pour reprendre confiance,
- Speaker #1
faire des choix et tracer ta voie. J'espère que tu repartiras avec de l'élan, de la force et l'envie de bouger pour toi. Parce que le sport, c'est avant tout une rencontre avec soi. Très bonne écoute.
- Speaker #0
Aujourd'hui, je reçois Élodie, cofondatrice de Campus Coach, une application d'entraînement en course à pied qui accompagne des centaines de milliers de coureurs au quotidien. Élodie, c'est la patte créative derrière Campus, celle qui construit l'image, la marque, la communauté. Et pourtant, comme 75% des femmes, elle doute. Syndrome de l'imposteur, peur de mal faire, difficulté à se sentir légitime. Mais elle avance, elle apprend, elle construit,
- Speaker #1
même quand tout semble flou en plein Covid. Dans cet épisode... elle nous emmène dans les coulisses. Comment une idée lancée sans plan parfait devient une vraie entreprise ? Pourquoi entreprendre à plusieurs change tout ? Et à quel point la créativité et la communauté peuvent transformer un projet ?
- Speaker #0
Elodie, bonjour, je suis très contente de t'avoir dans le podcast aujourd'hui. Dans ce podcast, je donne la parole à des femmes que le sport a transformé, leur rapport au corps, leur confiance et parfois même leur trajectoire de vie. Et j'avais envie d'inviter aussi des femmes qui participent à construire cet écosystème sportif et qui donnent envie aux autres de se mettre en mouvement et de les mettre en lumière. Et du coup, j'ai tout de suite pensé à toi, car tu en fais partie, et notamment avec Campus que tu as cofondé. Donc aujourd'hui, j'avais envie qu'on parle de toi, de ton histoire, de ton rapport au sport et aussi ton regard d'entrepreneur. Donc Élodie, pour commencer, je te laisse te présenter avec tes mots.
- Speaker #1
Bonjour à tous et bonjour Laure, merci. pour cette invitation dans ton podcast. Habituellement, je les écoute. Cette fois, je suis derrière. Merci beaucoup à toi. Moi, je suis Élodie. Comme tu l'as dit, je suis cofondatrice de Campus Coach. Je suis aussi cofondatrice à mon niveau de running addict qui a été créé surtout par Nicolas, qui est mon conjoint. Et moi, je suis graphiste de formation. Donc, ça m'a permis... de créer l'image de Campus. Je suis d'ailleurs maintenant brand manager, gestionnaire de la marque Campus. On a notre petit studio à l'interne de Campus. Et pour Running Addict, c'est moi qui ai un peu aidé Nico à faire tout ce qu'il y a derrière. Finalement, j'étais la fille de l'ombre, comme on m'avait qualifié dans un article dédié à Nico. Et voilà, j'ai aidé à faire le site web, c'est moi qui montais et tournais ses premières vidéos. Voilà, donc je suis la pâte créative de Campus.
- Speaker #0
Et pour ceux qui ne connaissent pas Campus, est-ce que tu peux nous dire en quelques mots à quoi ça correspond ?
- Speaker #1
C'est vrai que c'est mon quotidien, donc naïvement je me dis que tout le monde sait, mais non évidemment. Campus c'est une application d'entraînement en course à pied, aidée par l'intelligence artificielle. Donc chaque personne a son propre plan d'entraînement. donc ça change vraiment des plans PDF qu'on peut trouver sur internet où finalement tout le monde a le même et c'est à lui de chercher ses propres allures de trouver les bons conseils nous on veut que ce soit un peu une safe place donc tu rentres chez Campus et en fait tu poses ton cerveau et tu te laisses aller et t'as plus qu'à courir finalement donc on a une très grosse communauté aussi avec des groupes de course on a un forum Les gens sont vraiment là pour s'entraider. On est là évidemment aussi pour les aider. Mais voilà, comme on aime bien dire, notre safe place pour courir.
- Speaker #0
Voilà, et vous enlevez un peu la charge mentale liée à tout ce qui est entraînement, programmation qui peut tout de suite prendre beaucoup la tête. Tu as 38 ans, tu es normande et tu as vécu 10 ans à Montréal. Avant de revenir au Havre, je crois qu'il y a deux ans. Qu'est-ce que ces deux différents lieux ont façonné chez toi ?
- Speaker #1
Eh bien, oui, en fait, Montréal... À la base, on était partis pour une année. Finalement, on y restait dix ans. On est devenus citoyens canadiens. Et en fait, on se retrouvait vraiment dans cette culture anglo-saxonne où tu peux tester, te tromper, recommencer. C'est même encouragé, finalement. Et donc, on a créé beaucoup de projets à Montréal que je pense qu'on n'aurait pas fait ou en tout cas pas eu l'occasion ou l'envie. En tout cas, on n'aurait pas forcément été... poussé autant qu'on l'a été à Montréal. C'est vraiment quelque chose qui nous a... Je pense que ça nous a aidé à créer Campus, surtout parce que Campus a été créé à Montréal. C'est vraiment un environnement propice à l'entrepreneuriat. ça a été aussi un endroit propice au sport pour Nicolas. Et moi, je pense que ça m'a aussi ouvert beaucoup de portes. En fait, Montréal, c'est une très grande ville, il y a plus d'un million d'habitants, mais on a vraiment l'impression d'être dans un village. Et tout le monde se connaît finalement, l'écosystème est très fourni dans tous les domaines. Et du coup, on s'est senti beaucoup aidés. notamment pour campus, je parle surtout en entrepreneuriat parce qu'en sport, moi finalement j'ai commencé mon sport en rentrant en France notamment à cause du climat parce qu'à Montréal il faut savoir que ça fait soit très froid, soit très chaud, humide donc pour moi le climat n'était pas forcément propice au sport par contre en rentrant en Normandie, là, changement d'environnement qui m'a repoussée à me remettre de manière assidue à la course à pied Merci.
- Speaker #0
On va parler de ton rapport au sport enfant parce que moi je pense aussi que ça démarre de là beaucoup Est-ce que toi le sport a toujours fait partie de ta vie et quel était ton rapport au sport quand tu étais petite ?
- Speaker #1
Alors quand j'étais enfant je faisais de la danse modern jazz j'aimais beaucoup ce sport et je pense que avec mon oeil adulte je pense que j'aimais ça parce que c'était ludique que j'allais avec les copines qu'on faisait un spectacle à la fin de l'année, et que finalement, le sport, je ne le voyais pas vraiment comme quelque chose de dur, ou quelque chose où il faut se donner, c'était juste qu'il fallait faire les chorégraphies, c'était comme un jeu finalement. Donc je suis pas mal restée sur cette idée dans ma tête que le sport devait être ludique pour être apprécié. Ensuite, quand j'ai commencé mes études supérieures, j'ai arrêté la danse, et j'ai arrêté le sport tout court. Ça ne me gênait pas, je ne sentais pas de besoin spécial. Je ne me suis jamais vue comme une sportive en tant que telle. Donc toute ma vingtaine, j'ai fait un peu de sport par-ci, par-là, mais c'était un peu de rando par-ci. Mais je n'avais pas de plan structuré en allant à la salle, en faisant du sport, etc., avec un plan, etc. Et puis finalement, arrivé au Covid, on a créé Campus. Et j'ai commencé à m'entourer de beaucoup de sportifs, puisque Campus, c'est que des sportifs. J'avais Nico, évidemment, mon conjoint, qui faisait du sport, mais ça ne m'aidait pas spécialement. Je n'avais pas cet environnement autre que lui. J'ai mon papa aussi, qui est sportif, qui est marathonien, mais ça ne m'a pas... En tout cas, il n'y avait pas cette lueur qui me disait qu'il faut faire du sport. Et donc, au Covid, on a créé Campus. On a commencé à s'entourer de beaucoup de sportifs. Nico, il s'est mis aussi au triathlon un peu avant. Donc pareil, il y a tout un écosystème, un environnement de sportifs. Et puis petit à petit, je me suis dit, tous ces gens-là, ils font des courses, ils vont courir ensemble. Et moi, je me sentais un peu comme exclue, entre guillemets. Mais quand même, je me disais, mais moi aussi, je veux faire partie de cette fête. Et donc, je me suis un peu petit à petit motivée à courir ou en tout cas à faire un peu plus de sport. Et puis là, j'arrive à 38 ans et depuis 35 ans environ, je me dis, Pour la santé, le sport, c'est très important. Et petit à petit, je me suis aussi documentée, j'écoute des podcasts, etc. Donc, tout cet environnement m'a fait dire qu'il fallait que je me mette au sport. Donc, c'est vrai qu'enfant, je n'ai jamais vraiment été une grande sportive, mais petit à petit, en grandissant, je me suis rendu compte que c'était important, même si le plaisir, je me suis dit que le plaisir arriverait après, en fait.
- Speaker #0
Et quand tu dis que tu défies... tu ne te définis pas comme une grande sportive. Est-ce que toi, tu penses que c'est un regard qui est ancré en toi ou est-ce que c'est potentiellement des choses qu'on t'a dites quand tu étais petite ?
- Speaker #1
Non, c'est juste que je ne ressens pas spécialement le besoin comme certains ont besoin chaque soir ou chaque matin d'aller faire leur sport. Je pense que je retrouve un plaisir dans d'autres choses, vu que je suis créative dans la photo ou dans d'autres choses comme ça. Moi, c'est mon moyen un peu de m'évader. Si j'arrête, là, j'étais en coupure annuelle de deux semaines. Je ne me suis pas dit, oh là là, ça me manque.
- Speaker #0
Il faut vivement que je reprenne.
- Speaker #1
En revanche,
- Speaker #0
quand on t'enlève ton appareil photo, peut-être que tu vas ressentir plus de manque.
- Speaker #1
Oui, voilà, c'est ça, exactement. Mais voilà, donc on ne m'a pas définie comme ça. C'est juste que moi, je ne ressens pas forcément le besoin journalier d'aller faire du sport. Je sais que c'est important pour la santé. Donc j'y vais, mais c'est plus une... quelque chose que je me dis de faire qu'il faut absolument que je le fasse.
- Speaker #0
C'est plus aussi un espèce d'équilibre de vie où tu sais que pour ta santé, c'est important. Et je voudrais qu'on revienne sur... Donc, tu es en couple avec Nico, tu le disais, et... Quand on a aussi quelqu'un au quotidien qui pratique beaucoup, soit on est très inspiré ou soit parfois on peut être un peu saoulé, je pense aussi, de ce côté où vivre course à pied, être aux côtés de quelqu'un qui doit faire attention à ce qu'il mange, comment il s'entraîne et tout, ça peut être un peu saoulant, je pense aussi. Donc toi, comment tu vis un peu ça et comment tu trouves aussi ta voie, ton propre chemin, tu vois, à travers la course à pied qui n'est pas forcément le même que lui ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'en plus, moi, je suis née avec un papa maratonien. Donc, en fait, la course à pied, j'en mange depuis que je suis enfant. Enfin, depuis que je suis née, en fait. Même si c'était un degré différent parce que mon père, ça reste un amateur. Comme beaucoup font leur marathon, s'entraînent, font un plein d'entraînements. Puis après, on n'en a plus parlé pendant quelques mois. Et puis, il rebelote. Enfin, voilà. Que moi, c'est vrai qu'avec Nico, c'est aussi son métier. Après, ça arrivait graduellement. À la base, il est ingénieur logistique. À la base, il était comme mon père. Il faisait sa course de temps en temps. Quand ça arrivait au niveau professionnel, dans le sens où il n'est pas athlète pro, mais il a sa chaîne YouTube, on a Campus, etc. C'est vrai que j'ai un environnement complet de course à pied. Nico, c'est vrai qu'il est très... Comment dire ? très régulier, très assidu aussi. Il a une discipline vraiment de fer. Donc c'est vrai que parfois, ça peut mettre des complexes. Mais je pense que c'est quelqu'un d'entier qui veut le mieux pour les gens qu'il aime. Et donc, il peut parfois pousser les gens à se dépasser ou en tout cas à prendre soin d'eux, surtout. C'est pas à se dépasser, mais c'est vraiment prendre soin d'eux. Donc quand on n'a pas, dans notre tête, on n'est pas arrivé là, ça peut paraître un peu chiant parce qu'on se dit, bon, il faut qu'il me lâche là. Quand on a le déclic, on se dit, en fait, c'est vrai que c'est quelqu'un qui nous élève, plutôt qu'il nous rabaisse. Donc je pense qu'une finée, c'est quand même une bonne chose de la voir dans son entourage. Et c'est vrai que parfois, je n'en peux plus de la course à pied, d'entendre ça tout le temps, partout. donc c'est vrai que parfois on se fait des moments où chacun, parce que du coup vu qu'on travaille aussi ensemble, on se fait des moments où chacun fait sa vie parce que sinon en fait c'est comme si tu prenais des vacances avec ton collègue en fait ou alors voilà il faut qu'il y ait des mots interdits,
- Speaker #0
on ne parle pas de tel sujet pour prendre un repos après 20h on n'a pas le droit c'est ça, mais c'est sûr que quand on est passionné de son sport et qu'on est convaincu du bien-être physique, mental, on a aussi en vie. de partager ça et que la personne puisse le vivre. Je le comprends aussi, mais en effet, il faut réussir à trouver aussi un bon équilibre pour ça. J'ai vu hier que tu avais fait un run communautaire et je pense que ça, c'est quelque chose qui te parle le plus, toi. Qu'est-ce que tu aimes à travers le partage de la course à pied en groupe ?
- Speaker #1
En fait, c'est marrant parce que ça rejoint un peu ce que je disais au début quand j'étais enfant. Le sport, je le voyais via les copines ou en tout cas d'une manière très ludique. Et le fait de rejoindre des groupes de course, je retrouve un petit peu ce côté ludique. Là, hier, j'étais en reprise, j'ai fait 6 kilomètres, je ne les ai pas vus passer en fait. Donc, c'est vraiment ce côté-là où tu fais ton sport, mais en fait, tu ne t'en rends pas compte. Tu passes un bon moment et finalement, tu pourras aller boire des coups avec les copines, ce qui est très bien aussi de temps en temps. Mais là, du coup, tu allies le côté plaisir de discussion avec un moment bon pour la santé, finalement. Donc, je me dis que c'est le meilleur des deux mondes. Donc, il y a ça. Et puis, quand je suis quand même quelqu'un d'extraverti et j'ai besoin aussi de me nourrir du groupe. Et par exemple, quand j'habitais à Montréal, j'avais créé Photo Walk Montréal, ça s'appelait. Ça existe toujours, d'ailleurs. Ça a été repris, mais ça existe toujours. Et en gros, moi, je réunissais les gens autour de la passion de la photo. Donc, on faisait des balades photo une fois par mois dans Montréal. On faisait des petits parcours, on faisait des défis photo, etc. Et donc, le groupe de cours, je le retrouve aussi un peu là-dedans, à réunir des gens autour de leur passion. Parce que, par exemple, il y a des gens qui courent, mais qui n'ont personne dans leur entourage qui court. Et du coup, ils se sentent potentiellement seuls dans cette pratique et dans cet échange. Et donc le fait de retrouver un groupe de course, tu te retrouves avec une communauté qui partage la même passion, les mêmes envies, les mêmes doutes potentiellement. Donc pour moi, c'est un sport individuel, mais qui peut se pratiquer très facilement en groupe. Et on le voit, c'est la mode, les groupes de course, ça pullule tout partout.
- Speaker #0
Et ça, je trouve ça bien parce que du coup, ça permet... Tu vois, il y a des personnes qui ont une pratique très individuelle et qui ont besoin de courir tout seul. parce qu'il y a le plan d'entraînement, parce que ça te permet aussi des fois de débrancher le cerveau. Moi, je dis souvent que je pars avec des problèmes, je reviens avec des solutions. Des fois, j'ai besoin d'avoir un peu ma méditation. Et en même temps, il y a des personnes qui, comme tu le dis tout à l'heure, ont besoin de quelque chose de plus ludique. Et donc, du coup, ça passe tellement beaucoup plus vite. Et clairement, je le vois. Dès que je cours avec quelqu'un, tu as l'impression limite de ne pas avoir couru. Hier, j'avais la flemme et en fait, j'étais au téléphone avec quelqu'un. Et du coup, je n'ai pas vu le temps passer non plus. Donc vraiment, je pense qu'il y a ce côté en effet communautaire qui est hyper intéressant pour des personnes qui, comme toi, il n'y a pas forcément à la base une passion course à pied, mais qui, grâce au groupe, au partage, prennent aussi beaucoup de plaisir.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Donc c'est vrai qu'en plus, parfois, j'ai des douleurs dans les jambes et je ne les ai pas bizarrement quand je cours en groupe. donc c'est vraiment tu écoutes moins tu as moins ce truc exactement et c'est vrai qu'il y a certaines sorties où je veux absolument les faire seule notamment les intensités tout ça je me sens mieux toute seule mais dès que c'est des sorties longues ou des sorties endurance fondamentale bon j'avoue que il faut que je me motive vraiment à y aller le fait de se dire ok il y a un groupe qui m'attend ou en tout cas il y a un groupe que je vais rejoindre tout de suite ça me motive hier j'avais Merci. pas du tout envie de reprendre. La coupure annuelle était très ancrée en moi. Et je me suis dit, bon, allez, il y a un groupe là ce soir. En plus, il y avait un beau coucher de soleil. Je me suis dit, allez, il fallait que j'ai une carotte pour y aller.
- Speaker #0
Et ça, c'est un groupe communautaire campus ?
- Speaker #1
Oui, exactement. On en a une cinquantaine en France et en Belgique, Suisse. Et le has, ça ne fait pas longtemps qu'il a été recréé. Il avait été abandonné à un moment donné. Il a recréé là il ya il y a à peine 6 mois. Mais après, je ne suis pas... Je vais aussi dans d'autres groupes de course quand la sortie, parce que c'est tous les 15 jours pour l'instant. Après, je ne suis pas mariée spécifiquement au groupe Campus OAB, donc des fois, je vais dans d'autres groupes. L'idée, c'est plutôt de partager un run avec d'autres gens. Il n'y a pas spécifiquement... Enfin, je ne vais pas que spécifiquement chez Campus.
- Speaker #0
Et ça permet, je trouve aussi, de pouvoir voir du monde parce que tu vas aussi nous expliquer comment un peu tu travailles. Mais tu dois travailler aussi beaucoup de chez toi. Donc, à un moment donné, on n'a pas nos collègues au quotidien à côté de nous. On voit aussi son conjoint un peu tout le temps. Donc, des fois, on a aussi besoin de voir d'autres mondes. Donc, ça doit te faire du bien aussi, ça, de sortir de chez soi. Parce que sinon, en télétravail, on est vite hyper sédentaire aussi. Il y a ce problème-là.
- Speaker #1
Oui, en plus, j'avoue que je travaille assise. Ça va changer. J'ai envie de travailler assise debout. Mais c'est vrai qu'assise 5-6 heures par jour, bon, pareil, après, moi, je ne le ressentais pas forcément. Mais tu sais, après, tu vieillis. Donc, tu dis, j'ai quand même des mal dans le dos. J'ai mal ceci, j'ai mal cela. Puis voilà, je prends conscience qu'il faut bouger, en fait, plus qu'on ne le fait déjà. et en plus dans notre... Un peu philosophie d'une entreprise, c'est lutter contre la sédentarité. Donc, je n'ai pas envie d'être le cordonnier le plus mal chaussé et j'ai aussi envie de prendre soin de moi et de montrer l'exemple aussi. Donc oui, et pour revenir à ce que tu dis, en effet, la course à pied, ça m'aide à... à un peu sortir de mon quotidien et à rencontrer aussi d'autres gens parce que finalement, on reste un peu dans notre cercle entreprise, famille et conjoint. Et le fait de rencontrer d'autres gens aussi, ça permet de s'ouvrir à d'autres choses. Et du coup, je travaille aussi dans un co-work de temps en temps et je mets un peu petit à petit les gens à la course. Ça y est,
- Speaker #0
maintenant c'est toi qui prends le relais.
- Speaker #1
Pour moi, l'influencieuse, oui.
- Speaker #0
Génial. Et puis après, comme beaucoup de gens, tu t'es prise au jeu et tu as eu envie de te challenger et de te lancer le défi d'un semi-marathon. Qu'est-ce que ça représentait pour toi ce défi ? Est-ce que c'était un défi perso ? Est-ce que tu avais besoin de validation du monde de runner pour te dire, ça y est, j'ai mon cachet, je suis semi-marathonienne ?
- Speaker #1
Alors non, je n'avais pas besoin de validation parce que je l'ai vraiment fait pour moi et je l'ai en fait fait avec une amie. qui m'a un peu challengée. Je pense que je suis quelqu'un qui a besoin de buts pour faire les choses. Il y a le but de la santé qui est un peu, on va dire...
- Speaker #0
Un petit peu à long terme aussi.
- Speaker #1
Je pense de bien vieillir, entre guillemets. Mais à court terme, il me faut quand même des objectifs parce que sinon, ce n'est pas assez précis pour moi. Et donc, je m'étais mis des objectifs de 5-10 kilomètres. Et donc ça, c'était validé, entre guillemets. Je les avais faits. Et puis, cette amie m'a proposé, au vu de ma progression, de préparer un semi-marathon ensemble. En plus, c'est une amie de Montréal, qui vivait à Montréal et qui est rentrée vivre en France. Donc, ça nous permettait aussi de nous revoir sur un objectif sportif. Et donc, on a décidé ça en juillet. Pour le mois de février, je m'étais dit que ça me laisse 8 mois de préparation, ce qui était très acceptable, je pensais. Enfin, je pense, toujours. Et donc, c'était vraiment un défi pour moi de me prouver que j'étais juste capable de suivre un plan, d'être régulière trois fois par semaine déjà, ce qui était un peu compliqué jusqu'ici. Donc, le fait d'être régulière trois fois par semaine, j'étais assez fière de moi de l'avoir fait. Et aussi d'aller au-delà des 20 kilomètres qui, pour moi, paraissaient vraiment une montagne jusqu'ici. Et puis, petit à petit, avec le plan d'entraînement, je me suis rendue compte que j'étais capable. Et la dernière barrière, c'était de réussir ce semi dans l'allure qui était définie par mon plan, qui pour moi était impossible puisque c'était l'allure que j'avais fait à mon 10 km. Je m'étais dit qu'il fallait que je fasse le double. J'avais plein de petits défis de me prouver à moi-même que j'étais capable, parce que souvent le cerveau est très limitant. Et donc j'ai réussi. Et même pendant la course, je me suis dit, je ne me rendais pas compte. Je me suis dit, mais tu es en train d'y arriver. J'étais... Et du coup, ça m'a mis les larmes aux yeux au départ de la course parce que je me suis dit ça y est, c'est enfin le jour J. Je vais me prouver que je suis capable. J'ai même là encore un peu l'émotion. Et à l'arrivée, évidemment, la délivrance de me dire j'ai réussi et je l'ai fait. Donc voilà.
- Speaker #0
Très bien. Et qu'est-ce que tu as le plus aimé au final avec le recul ? Est-ce que c'était la préparation et tout le chemin pour arriver au semi ou est-ce que c'était le jour J ?
- Speaker #1
C'est quand même la préparation parce que 8 mois de prépa, ça nous accompagne quotidiennement ou presque. Moi, comme je disais, c'est vraiment le fait de me mettre dit que je suis régulière et je contre mon cerveau qui parfois n'avait pas envie d'y aller. Et pourtant, je ne me suis pas écoutée et j'ai eu 78% d'assiduité de mon plan. Ce qui est quand même pas mal, je trouve, pour quelqu'un qui n'a pas la passion de la course. Et donc, ma grande fierté, c'est vraiment d'avoir tenu bon et tenu tête à mon cerveau, surtout. Et après, le jour J, c'était très bien. En plus, on avait des conditions idéales. Mais je pense que si je l'avais fait toute seule de mon côté, ça aurait été aussi un accomplissement pour moi. Après, c'est vrai que c'était à Barcelone avec mon ami, beau soleil, etc. Donc l'ambiance était, enfin, le cadre était vraiment idéal pour... clôturer ce plan mais je pense que le mieux pour moi c'était quand même toute cette préparation qui m'a prouvé que j'étais capable quoi.
- Speaker #0
Et cette expérience qu'est ce qu'elle t'a apporté personnellement ?
- Speaker #1
Elle m'a montré que j'avais un cerveau limitant et qu'il fallait parfois le contrer finalement donc c'est vrai que dans le métier dans l'entrepreneuriat tu fais tout de suite des petites connexions forcément je pense que mentalement ça m'a pas mal aidé à casser ces fameuses barrières. Et puis moi, je suis quelqu'un un peu de compétitrice dans ma tête, donc ça m'a débloqué des envies de battre des records forcément. Alors pas forcément d'aller sur le marathon, parce que c'est vrai que... Je suis plus quelqu'un qui préfère la vitesse. Donc c'est plutôt des envies de battre des records sur 5K, 10K. Marathon, comme je disais, les sorties longues et tout, j'ai trouvé ça beaucoup trop long. Donc voilà, l'idée c'est vraiment d'aller casser des barrières mentales de vitesse.
- Speaker #0
On va désormais aborder ta casquette d'entrepreneur. J'aimerais que tu nous emmènes dans les coulisses de la création de Campus. Comment elle est née cette idée de fonder Campus ?
- Speaker #1
Elle est née évidemment de Nico, puisque c'est lui l'instigateur de ce projet au tout début, de par Running Addicts forcément. Running Addicts a été créé en 2013. Juste pour la petite anecdote, ça a été créé devant la télé, Nico est sur le canapé et il me dit d'un coup j'ai envie de créer un blog sur la course à pied. et du coup il a besoin de moi pour la partie un peu visuelle après en 2017-18 il fait des vidéos donc pareil encore besoin de moi parce que j'avais une formation aussi en montage donc besoin de moi aussi en
- Speaker #0
vidéo en graphisme etc et du coup peut-être que sans toi il n'aurait pas créé tout ça en fait peut-être pas je pense qu'il y a aussi 17.
- Speaker #1
Le fait que je l'ai toujours encouragée là-dedans et aidée, je pense que ça l'a aidée à prendre confiance à mon avis. Même si c'est quand même quelqu'un d'entrepreneur dans l'âme, il aurait peut-être fait autre chose du coup. Mais je pense que ce projet-là a continué d'exister parce qu'il avait de l'aide aussi de ce côté-là. Et donc du coup, 2019, nouveau projet en tête. Il lance un peu une bouteille à la mer en proposant un plan d'entraînement pour le marathon de Paris qui arrive. Donc, c'était en janvier. Le marathon de Paris est en avril. Il lance une bouteille à la mer. Enfin, pas une bouteille à la mer, mais en gros, il dit est-ce qu'il y a des gens qui sont intéressés pour que je leur donne un plan d'entraînement ? Il y a 5000 personnes qui utilisent le plan.
- Speaker #0
Waouh !
- Speaker #1
Donc, on se dit OK, il y a quelque chose à faire. Et donc, en avril, il contacte Tristan. Iron Human, pour lui faire part de ce projet qu'il ne connaît pas du tout. Il l'a juste suivi sur les réseaux, sur YouTube. Mais il sent qu'il y a une petite flamme, enfin il y a quelque chose, une synergie entre eux qui pourrait fonctionner. Et donc Tristan rentre dans le projet. Et ensuite, on a Jonathan qui est sur la partie technique, qui a une agence de développement, qui rejoint aussi l'aventure. Et donc à quatre, on démarre Campus. Donc moi, je suis sur la partie évidemment créative. En plus, moi, j'ai un très fort intérêt pour la communauté, donc j'insiste sur le pilier communautaire de Campus. Ce n'est pas juste une application, c'est aussi des gens qui se réunissent pour faire du sport, finalement. Et donc, août 2019, on fait une campagne de socio-financement qui nous permet de lancer l'application. Enfin, on n'est pas encore sur une application, mais à l'époque, on est sur un site web, finalement. où environ 500 personnes y croient sans avoir même vu le projet. Et donc, ça nous permet de développer un premier projet. On appelle ça dans le jargon un MVP. Donc, c'est un peu le projet pilote qui va nous permettre en début 2020, donc février 2020, donc Covid, on lance à la bonne période. Mais voilà, on lance en février 2020 Campus. Donc, on l'ouvre. à tout le monde. Et du coup, là, tout s'ensuit. Là, on a fêté notre sixième année. Et donc, si je résume pour ma partie, finalement, moi, je vais toujours être dans la partie créative, réseaux sociaux, communauté au tout début et au fur et à mesure, branding, publicité, images de marques, etc.
- Speaker #0
Et au tout début, quand vous cofondez A4 Campus, est-ce que toi, tu as un boulot à côté ? Est-ce que vous vous dites, allez, c'est all in, on y va, on y va à fond dans ce projet-là ?
- Speaker #1
Non, on garde nos activités respectives puisque, comme je dis, en plus, c'est Covid. Donc, ce n'est vraiment pas le moment de lâcher nos activités à côté parce qu'on ne sait pas de quoi demain est fait à ce moment-là. Surtout que les gens arrêtent de courir, enfin en tout cas, arrêtent pas de courir, mais arrêtent de faire des compétitions. Et nous, on avait vraiment basé notre socle sur la préparation de courses officielles. Donc il faut un peu tout revoir, donc c'est vraiment pas le moment de lâcher. Moi à l'époque je suis graphiste freelance, donc j'ai des clients et tout, donc je lâche pas ces clients là. Nico il est à son compte sur Running Addict aussi. Et après à côté on a Jonathan qui est à son agence comme je disais, donc pareil il a des clients à côté, donc c'est pas du tout le moment de lâcher ça. Et Tristan il est coach, donc il a ses athlètes. Donc ce qu'on décide, c'est d'avancer, de faire Campus en parallèle, un peu comme un side project. On peut faire à côté en attendant de voir. Et on se met vraiment tous à temps plein sur Campus, je pense, en 2021, quelque chose comme ça. Donc deux bonnes années, voire trois bonnes années, je ne sais plus exactement, après le lancement de Campus.
- Speaker #0
Et donc toi, tu es graphiste de formation, tu étais en freelance. Est-ce que tu avais imaginé un jour avoir ton entreprise comme ça ? Est-ce que quand le projet se met en place, et en plus, je trouve ça hyper smart parce que vous avez vraiment tous des expertises hyper différentes et complémentaires. Donc, je pense que ça a fait aussi le succès du projet. Est-ce que toi, tu t'es tout de suite dit, c'est génial, j'y vais, all in. Je trouve que je crois en ce projet et j'ai envie aussi d'avoir ce... C'est de travailler sur l'entrepreneuriat ou est-ce que ça t'a fait peur ? Enfin, tu vois, comment t'as vécu tout ça ?
- Speaker #2
De base, je suis plutôt quelqu'un de suiveuse que leader.
- Speaker #0
Donc j'aime bien m'intégrer dans les projets. Ce n'est pas forcément moi qui suis un cicatrice, même si Photowalk Montréal, c'est quand même moi qui l'ai créé. Donc j'ai quand même, je pense, une petite part entrepreneuriale dans l'âme. Mais le projet, en fait, finalement, le projet, c'était un peu la suite de Running Addict. Et donc, je ne me suis même pas posé de question. Pour moi, ça a été, on continue Running Addict avec une autre structure. Une autre façon d'aider les coureurs, mais il n'y a pas eu vraiment de se dire, OK, demain, en tout cas aujourd'hui, on devient une grosse entreprise, on embauche X personnes, etc. Ça s'est vraiment fait au fil du temps. On ne savait pas comment ça allait continuer finalement. On n'est pas arrivé en mode, comment dire, personne qui sort d'une école de commerce et qui se dit, je monte ma boîte. je vais faire une multinationale ou une très grosse boîte, on va lever des fonds.
- Speaker #1
Il n'y avait pas de business plan hyper précis, d'où une vision très claire d'où est-ce que tu avais envie d'aller.
- Speaker #0
Voilà, exactement. On est un peu fait au fil du temps, on s'est un peu laissé porter. En plus, je te dis que vu qu'il y a eu le Covid, on s'est un peu laissé porter au fil du temps pour voir un peu comment ça prenait. Et après, on s'est fait aider par un incubateur. L'incubateur, voilà, merci beaucoup. On s'est fait aider d'un incubateur, mais voilà, parce qu'on n'avait pas forcément de connaissances en création d'entreprise. Donc, c'était plus ça un peu. C'est tranquille,
- Speaker #1
en fait.
- Speaker #0
Oui, comment on embauche notre première personne, comment on fait un plan, comme tu disais, un business plan, tout ça, on n'avait pas de connaissances vraiment. Donc, c'était plus ça, mais on n'avait pas forcément d'ambition d'être une grosse boîte au début. Donc moi, du coup, je me suis un peu laissée porter par ce projet. Ça avançait. En plus, je faisais des choses que j'aimais, les réseaux sociaux, la communauté. On discutait avec les coureurs. Donc moi, ça ne m'a pas fait peur parce que voilà, j'ai laissé porter.
- Speaker #1
Et il y avait une belle idée derrière. Et toi, tu as réussi aussi à graphiquement rendre le truc hyper sexy. Je trouve quand même que Campus te démarque aussi par son identité. Alors là, je t'envoie des fleurs, mais vraiment, j'ai toujours super bien aimé. votre marque, les couleurs utilisées, les façons de créer. Je trouve ça... Et là, du coup, toi, tu as vraiment apporté ta touche, alors que peut-être qu'une entreprise qui n'aurait pas le côté créa perdrait aussi en désirabilité. Il y a aussi, quand on fonde une entreprise, il y a souvent du flou étant parlé avec le Covid et aussi beaucoup de phases d'apprentissage, des hauts, des bas. Moi, je suis indépendante depuis un an, donc je le vis des fois. Je trouve que les hauts sont très hauts et les bas sont très bas parce qu'en fait, tout repose sur nous. Comment, toi, tu vis justement ces périodes de flou et puis vraiment quand il y a parfois des déceptions ou parfois des grandes victoires ?
- Speaker #0
C'est vrai que le fait d'être à quatre, ça aide parce qu'on ne vit pas ça seul. J'ai une amie qui a une boutique pignon sur rue à Montréal. Elle est seule. Et c'est vrai que je me rends compte qu'on a de la chance d'être quatre. Parce que du coup, comme tu dis, on fête les victoires ensemble. Mais quand il y a des grosses galères, on les vit aussi à quatre. Donc on se soutient mutuellement. Donc ça, je pense que c'est une grosse force. Puis il n'y a pas de désaccord entre les quatre fondateurs. On est tous assez alignés. Donc ça, c'est cool aussi parce que la force peut devenir un très gros obstacle. quand il y a des désaccords et que du coup malheureusement l'entreprise peut couler juste parce que les fondateurs ne s'entendent pas. Donc ça aussi je trouve qu'on a réussi à garder ce cocon et ça c'est assez cool. Et après moi je suis quelqu'un d'anxieuse de base donc forcément quand il y a des galères je les vis à 400%. Mais globalement, je trouve qu'on se soutient bien. Et quand il y en a un qui est down, il y en a toujours un autre qui va bien. Et donc, ça permet aussi de faire une rotation des « dramas » . Et on s'autorise aussi, Jonathan et Nico, qui sont plus dans la direction, s'autorisent aussi des fois des moments où on ne doit pas les déranger, où ils sont un peu en retraite. pour vraiment avancer sur les projets et sur la stratégie en fond finalement. Et de fait, d'être quatre aussi, ça aide parce que si la personne est toute seule et qu'elle se prend un mois pour faire une retraite stratégique, il faut avancer. C'est compliqué. Donc je trouve que c'est plus reposant d'être dans cette configuration.
- Speaker #1
Je trouve que là, le fait d'être plusieurs, ça aide. Et tu vois, moi qui suis indépendante, j'ai trouvé aussi des personnes ressources qui vivent comme moi aussi, qui sont tout seuls. Et du coup, on peut aussi s'aider et se faire des petites notes vocales quand ça va moins bien et d'autres quand ça va bien. Je passe le coucou à Mathilde à qui je fais beaucoup de notes vocales. Qu'est-ce que tu aimes le plus dans ton métier et qu'est-ce que tu aimes le moins ?
- Speaker #0
Ce que j'aime le plus, ce que j'ai toujours aimé dans les jobs que j'ai fait avant, c'est d'être polyvalente, de faire plein de choses, de ne pas avoir une seule tâche. Je ne vous montrerai pas mon carnet, mais c'est vraiment rempli de choses différentes que je note, etc.
- Speaker #1
Parce que toi, tu travailles en transverse, en fait, du coup.
- Speaker #0
Ouais, en fait, on est un studio interne, donc comme une petite agence de com à l'intérieur de campus. Et donc, du coup, on répond à tous les autres. de pôle, donc communauté, marketing, événementiel et produits. Et donc, on passe de faire une bannière web à une publicité dans le métro, à des drapeaux pour un événement. Enfin, voilà. On fait vraiment beaucoup, beaucoup de choses. Et c'est ce que j'ai toujours aimé dans ce métier-là. Je ne me verrais pas dans ma toute... Dans mon tout début de carrière, j'ai travaillé chez Page Jaune et je faisais des bannières web. Et je faisais ça à Page 24, mais 5 jours sur 7. Et j'ai tenu 6 mois en fait parce que je m'ennuie très vite et il faut que ça bouge, il faut qu'il se passe plein de choses. Et ce que j'aime aussi beaucoup, c'est que quand j'étais freelance, j'étais en bout de ligne finalement. Et je n'avais pas eu toute la réflexion en amont et je ne voyais pas ce que j'avais à faire. que ça allait donner après avoir rendu mon projet. Alors que chez Campus, en fait, j'initie le projet, on en discute, on le crée et on voit après ce que ça donne. Et ça, c'est hyper formateur. Formateur, déjà, oui, mais c'est surtout...
- Speaker #1
Ça te nourrit beaucoup, quoi. Tu as la vision 360.
- Speaker #0
Exactement. Et le petit plaisir que j'ai eu récemment, comme je disais, c'est que... Quand j'étais en études de graphisme, je faisais mes études à Paris et je voyais souvent les affiches de métro un peu partout et ça me faisait sourire un peu. Je me disais peut-être qu'un jour, j'arriverai à en faire une. Mais jamais je ne me serais doutée que c'était mon entreprise à moi qui afficherait dans le métro. Et ça, ça a été vraiment un peu une petite consécration pour moi, un peu peut-être vaniteuse, mais en tout cas, je me suis dit que la fille qui avait 20 ans ne se doute pas qu'elle avait sa pub dans le métro un jour.
- Speaker #1
Voilà, et c'est elle qui l'a créée, mais c'est aussi son entreprise.
- Speaker #0
C'est exactement.
- Speaker #1
75% des femmes contre 50% des hommes disent souffrir du syndrome de l'imposteur. Et j'avais envie de parler de ça avec toi, parce qu'en préparant l'épisode, tu me disais que tu voyais de quoi je parlais. Est-ce que toi, tu l'as vécu et est-ce que tu le vis encore ?
- Speaker #0
Je le vis tous les jours, oui. J'ai un gros, gros syndrome de l'imposteur. Surtout que, comme je disais tout à l'heure, Je suis plutôt quelqu'un de suiveur et je ne me voyais pas forcément atteindre des postes de management ou même avoir ma propre entreprise. Donc c'est vrai que là, de me dire que je suis à la tête d'un studio, je dois gérer des gens, je dois gérer des projets, je dois surtout gérer des responsabilités qui parfois me figent. Parce que quand je ne sais pas, souvent je ne fais pas. Mais on ne peut pas ne pas faire pendant trop longtemps, parce qu'il faut quand même avancer, surtout dans une start-up, il faut être très agile et toujours être dans la réaction. Donc voilà, c'est quelque chose qui me sort énormément de ma zone de confort. Et j'ai longtemps un peu freiné des cas de fer. J'étais très bien comme j'étais au tout début de campus. Alors certes, il a fallu aussi que je prenne des décisions, mais je pense que vu que l'ampleur était beaucoup moins grosse, ça me faisait moins peur aussi. Là, on est quand même presque 50 collaborateurs, donc on a aussi des gens qui comptent sur nous. Et puis aussi, le fait d'être responsable de l'image de marque, ça donne aussi une responsabilité, parce que c'est un peu ce que les gens voient. Les gens ont tout de suite un avis, etc. Donc forcément, ça peut créer des petites... de peur. Le syndrome de l'imposteur est beaucoup là. Après, comme je disais aussi, c'est que la course à pied m'a montré que j'étais capable de faire des choses.
- Speaker #1
Je voulais en venir à ça. Je voulais savoir si ton semi t'avait boosté ta confiance en toi et que ça se ressentait dans le travail.
- Speaker #0
Je pense un petit peu. C'est encore timide, on va dire, mais j'essaye de me dire que ça... que ça va m'aider à l'avenir et que continuer la course va aussi m'aider à prendre confiance en moi petit à petit. Prendre confiance surtout dans mes capacités qui, je pense, je les minimise beaucoup. Et après, j'ai aussi une équipe autour de moi qui m'aide aussi à prendre confiance. Donc ça, c'est aussi important d'avoir des gens qui t'entourent et qui te montrent que tu es capable. En fait, ça ne peut que aider.
- Speaker #1
Qui te tire vers le haut, c'est hyper important. Qu'est-ce que tu dirais à une femme créative, compétente, mais qui n'ose pas prendre sa place parce qu'elle ne se sent pas assez, justement ?
- Speaker #0
Tu me parles de moi, là, non ?
- Speaker #1
Ou à toutes les femmes autour qui peuvent te ressembler.
- Speaker #0
Après, c'est toujours facile de donner des conseils parce qu'on est toujours... Moi, je suis quelqu'un, je pense, de bienveillante et qui a envie aussi du mieux pour les gens qui m'entourent. J'aurais envie de dire de ne pas hésiter, d'y aller, de prendre confiance. Souvent, on a des exemples dans le passé qui nous montrent qu'on a été capable. Pourquoi se mettre des barrières ? Je me le dis à moi-même aussi en même temps. Mais en plus, d'être créatif, c'est une force. Ce n'est pas donné à tout le monde,
- Speaker #1
clairement. Des fois, on ne valorise pas forcément assez ça. Je trouve que pourtant, c'est tellement important.
- Speaker #0
Exact. Souvent, on valorise beaucoup l'intelligence, pas émotionnelle justement, l'inverse. On valorise beaucoup les études,
- Speaker #1
les scientifiques, les personnes plus cartésiennes.
- Speaker #0
C'est vrai que quand on est à l'école, en tout cas au lycée, si t'as pas fait S, si t'es mauvais en maths, en physique et tout, bon bah t'es un peu, bon bah tu feras des métiers, enfin tu sais c'est un peu dévalorisé en fait. Moi, je sais que quand je faisais mes études de graphisme, j'avais des copains, ils m'embêtaient, mais j'ai quand même un peu pris finalement à la fin, pas mal, mais tu te sens quand même rabaissée. C'est de dire, tu fais du coloriage et des gommettes, en fait. Donc, c'est une blague et tout, mais finalement, tu te dis, oui, c'est vrai que je ne suis pas ingénieur, je ne suis pas avocate, je ne fais pas ce genre d'études. Mais j'ai quand même ma sensibilité graphique qui, finalement, a fini par... payer puisqu'on en a eu beaucoup besoin pour Campus. Aujourd'hui, je suis assez fière de ce qu'on a fait. C'est vrai qu'on ne valorise pas assez la créativité et l'intelligence émotionnelle qui va avec.
- Speaker #1
Alors que finalement, on l'a vu dans votre projet, c'était quand même hyper clé. d'avoir à la tête de campus aussi un profil créatif dont vous aviez complètement besoin et qui était en complément de toutes les autres compétences. Est-ce que tu dirais, par rapport à ce que tu me disais au début, que le fait d'avoir fait ces années au Canada et à Montréal, ça a justement fait qu'aujourd'hui, vous continuez aussi à être dans un mood entrepreneurial et que ça fait qui tu es aujourd'hui et ça t'a aidé justement à pouvoir aussi au quotidien prendre des... des décisions, le pouvoir avancer. Et aussi, te dire que tu as le droit à l'erreur parce que je pense que c'est un truc qui n'est pas forcément hyper valorisé en France. Alors maintenant, on entend des discours d'entrepreneurs, il y a des émissions là-dessus, sur « vaut mieux se casser la gueule » et « vaut mieux se casser la gueule vite parce que du coup, tu réussis aussi beaucoup plus vite » , que ça, ça t'a aidé d'avoir le droit à l'erreur qui t'a été donné plus au Canada qu'en France.
- Speaker #0
Ouais, bah ouais, en effet, comme je disais au tout début, la mentalité anglo-saxonne, Donc au Canada, aux États-Unis, c'est vraiment limite, il y a des gens qui se vantent d'avoir échoué en fait. C'est très bien vu et c'est presque conseillé en fait de se planter. Ça montre déjà que tu as essayé et voilà, ça c'est déjà très bien. Et en effet, le fait d'être entouré de ce genre de mentalité, ça... Ça aide. C'est comme un enfant qui essaye de marcher. On ne va pas le punir à chaque fois qu'il tombe. On va lui dire que c'est bien, tu as essayé, recommence. On dit aussi que l'échec est formateur. On a eu quelques échecs aussi, évidemment, chez Campus. On montre que c'est une belle boîte, elle grandit bien et tout. Mais ce n'est pas une belle ligne droite, toute belle et tout. Mais tout ça pour dire que oui, le Canada, c'est vraiment un pays qui est formateur, en fait. Et les gens autour de toi ne te « punissent pas » , en tout cas, ne te jugent pas si tu échoues. Et même à plus petite échelle, à mon projet que j'avais fait, Photovoltaïque Montréal, les gens sont… J'ai eu des partenariats avec la ville de Montréal, avec des grandes institutions de Montréal, alors que j'étais un tout petit projet, vraiment à mon échelle. Mais en fait, les gens, ils croient en toi, ils t'aident à avancer dans ton projet.
- Speaker #1
Pas besoin de réussir déjà pour qu'on s'intéresse à toi.
- Speaker #0
Exactement. C'est vraiment ça. tu t'inquiètes Une personne toute seule qui fait son petit projet dans son coin, si eux, ils trouvent que ça a du potentiel, ils vont t'aider. Et tu n'as pas besoin de prouver que tu as fait 10 ans d'études avec une levée de fonds. Ce n'est pas comme en France où il faut prouver.
- Speaker #1
Il faut prouver. Et ça me fait penser à un truc, c'est que je sais que... Alors au Canada, et je pense aussi aux États-Unis, il y a une question en entretien qui est, quels sont tes échecs ? parce qu'en fait, on valorise tellement ça qu'on se dit, en fait, c'est des personnes qui sortent de leur zone de confort, c'est aussi ça qu'on teste et si finalement, t'apprends bien plus de tes erreurs que de tes réussites et du coup, on valorise beaucoup l'échec. Je pense que cette mentalité-là, elle a dû aussi beaucoup vous aider à vous lancer et j'aimerais bien qu'en France, on ait aussi beaucoup plus ça de plus en plus parce que voilà, il faut... arrêtons de valoriser que les réussites. Au contraire, on apprend bien plus dans les échecs. Et d'ailleurs, dans le sport, c'est le cas aussi. Je veux dire, avant de réussir, et je pense aux sportifs de haut niveau, avant de réussir quelque chose, il y a eu beaucoup de travail, mais aussi beaucoup de moments où ils n'ont pas réussi. Et en fait, ils ont aussi beaucoup plus appris avec ça. Donc valorisons ça. Est-ce qu'il y aura un message que tu aimerais partager aux auditrices du podcast ?
- Speaker #0
Un message pour les gens qui ne sont pas encore à fond dans le sport ? En tout cas, comme moi qui avais du mal à s'y mettre, je dirais que déjà pour la santé, c'est important. C'est un peu un message classique, mais finalement, à force de l'entendre, j'y crois. Surtout la sédentarité. Je plaide pour ma paroisse, pour Campus, mais c'est vrai que j'aimerais aider aussi, de par ma petite expérience, insuffler aussi ce message que le sport, c'est important. que... Ce n'est pas quand on aura 50 ans qu'on commencera à avoir des douleurs et des problèmes de mobilité qu'il faudra s'y mettre. Donc c'est maintenant. Si vous avez autour de la quarantaine, c'est maintenant.
- Speaker #1
N'attendez pas.
- Speaker #0
Voilà, n'attendez pas. Si vous voulez un message subliminal, prenez-le, il est là. Et puis pour les entrepreneuses aussi, si vous avez cette... petite flamme en vous, c'est le moment aussi, c'est un peu un message que je vous envoie. N'hésitez pas, surtout, même si vous vous trompez, c'est pas grave, on recommence. On fait mieux souvent en plus. Le tout, c'est de commencer en fait. Parce que des fois, on attend toujours que ce soit parfait. Et je pense que si on avait attendu qu'en plus ce soit parfait, on y serait toujours parce qu'on est toujours en train de l'améliorer. Et voilà, en fait, il faut tester et vraiment se lancer. tout simplement.
- Speaker #1
Steve Jobs disait, si ton produit est parfait, c'est que tu l'as lancé trop tard. Voilà. Des fois, on fait de la surqualité, on attend que toutes les planètes soient alignées et que ça soit super, mais en fait, il n'y a rien de mieux qu'essayer de tester les choses, de pouvoir montrer quelque chose, et puis aussi d'avoir des retours clients. Je suppose aussi qu'on apprend aussi bien plus avec les retours clients.
- Speaker #0
Voilà. On a lancé notre communauté parce que c'est comme ça que Merci. Des fois, on part dans un axe en se disant « c'est comme ça que je le vois » , mais souvent, les clients le voient peut-être 20 degrés à côté, et du coup, on est complètement dans le faux. Donc, le fait de lancer son projet, d'avoir des retours, ça aide aussi à mieux axer vers quoi on doit aller.
- Speaker #1
On va terminer notre échange avec le Rituel Booster. Est-ce que tu as une ressource inspirante à nous partager ? Ça peut être un podcast, un livre.
- Speaker #0
Alors j'aimerais, je sais que tu en as peut-être parlé déjà, mais j'aimerais faire un petit peu de publicité pour le livre de Suzy Wan et pour le livre aussi de Marine Gibard, Courpetite Tomate. C'est deux sportifs que j'admire beaucoup, qui m'ont beaucoup inspirée, qui m'ont beaucoup aidée aussi mentalement à croire en moi. Elles ne le savent sûrement pas, mais en tout cas, c'est des personnes hyper inspirantes. C'est des femmes aussi. J'aimerais aussi leur rendre l'appareil en incitant les auditeurs et auditrices à aller découvrir leurs livres.
- Speaker #1
Est-ce que tu as une chanson qui te booste quand tu cours ?
- Speaker #0
Moi, j'écoute beaucoup les Spice Girls quand je cours.
- Speaker #1
C'est notre génération.
- Speaker #0
Je ne l'écoute pas en boucle, mais c'est vrai que quand j'ai une séance d'intensité ou autre, c'est vraiment les moments où il me faut de la musique qui m'entraîne. Et Spice Girls, toute la génération fin 90, c'est vraiment le genre de musique que je mets en boucle.
- Speaker #1
C'est vrai, on n'y pense pas assez souvent de remettre ce qu'on a vraiment et clairement ça peut grave nous booster. Est-ce que tu as un mantra qui t'accompagne au quotidien ?
- Speaker #0
Le mantra que j'ai c'est je suis responsable de ma vie et de mon bonheur. J'ai compris il n'y a pas si longtemps que finalement il n'y a que moi qui pouvais m'aider en fait. Il ne fallait pas que j'attende qu'il y ait des gens autour de moi qui me poussent à... à prendre soin de moi surtout, et à prendre soin de mon mental. Donc petit à petit, je me dis qu'il n'y a que moi qui peux prendre ces décisions et avoir des bons déclics.
- Speaker #1
On peut avoir des personnes sur le chemin qui nous font du bien. S'entourer des bonnes personnes, c'est important, mais je dirais que ça doit venir de soi avant tout.
- Speaker #0
Voilà, exactement, c'est ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu as une personne que tu aimerais entendre à mon micro ?
- Speaker #0
Alors, je t'avais écrit Suzy One, mais je sais que, en fait, j'ai découvert après que tu étais déjà très amie avec elle.
- Speaker #1
C'était mon épisode numéro un. C'était la première personne que j'ai eue dans le podcast.
- Speaker #0
Du coup, je ne sais pas si tu avais reçu Marine.
- Speaker #1
Pas encore.
- Speaker #0
Eh bien, voilà, je te conseille Marine, courte petite tomate.
- Speaker #1
Eh bien, merci beaucoup, Elodie. C'était hyper chouette d'avoir... les coulisses de campus, de partager ton histoire. Tu nous as délivré plein de messages top. Donc vraiment, merci beaucoup à toi.
- Speaker #0
Merci Laure, merci pour l'invitation.
- Speaker #1
Dans cet épisode, Elodie parle de Nico, son associé et son partenaire de vie depuis des années. Et j'avais envie de lui faire une petite surprise. Je lui ai demandé de lui laisser un petit message.
- Speaker #2
Elo, je vais être clair. Je pense qu'au fond de toi, tu le sais, mais tu as besoin de l'accepter. Il n'y aurait rien eu de Running Addict ou de Campus si tu n'avais pas été là. Déjà parce qu'avoir quelqu'un à côté qui permet de te soutenir dans tes projets, c'est hyper important et ça participe énormément à leur réussite. Et visuellement, dans l'identité qu'ils ont, l'âme qu'ils dégagent, ta patte graphique, ta patte artistique, elle fait tout et moi je n'ai pas ça. Donc, on est un binôme depuis 20 ans dans la vie et depuis plus de 10 ans en entrepreneuriat. Et franchement, merci pour tout ça, vraiment du fond du cœur.
- Speaker #1
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