- Speaker #0
Je voulais qu'on parle du cycle féminin, du coup, parce que c'était une de mes questions, mais je vois aussi que c'est une question forcément qui revient beaucoup, et moi je l'ai beaucoup aussi sur mon compte. Toi, est-ce que tu peux nous expliquer les grandes phases du cycle féminin ? Parce qu'en fait, on en parle de plus en plus, mais c'est encore flou pour beaucoup de gens. Et comment, justement, on peut s'adapter en sachant que, bien sûr, il n'y a pas de grande généralité non plus, qu'on est toutes un peu différentes, mais qu'est-ce que tu dirais à une femme, justement, qui vient te voir en cabinet sur ce sujet-là ? Alors, je leur dirais déjà...
- Speaker #1
de bien s'informer, parce qu'il y a pas mal d'idées reçues sur la question et aujourd'hui, le sport s'est démocratisé pour la femme, ce n'est pas pour qu'on retombe dans des schémas où on enferme les femmes dans des pratiques physiques pour leur interdire d'autres pratiques parce qu'elles ont un cycle hormonal et des variations hormonales. Donc, leur dire que, bon, déjà, quels sont les sports qui vous font du bien, pourquoi vous aimez les pratiquer et à quelle fréquence, à quelle intensité vous pratiquez ces sports-là. Et ensuite, leur dire que les hormones, aujourd'hui, on sait que ça n'a pas d'impact sur la performance en tant que telle, où c'est vraiment minime l'impact que ça peut avoir sur la performance. C'est des moments vraiment ponctuels du cycle où ça peut avoir un petit impact sur la performance. Par contre, le cycle hormonal en tant que tel peut s'exprimer par des symptômes de fatigue, de douleur. J'ai crampes abdominales, douleurs dans le bas du dos. je peux sentir que j'ai vraiment une baisse de régime, je suis très fatiguée ou j'ai très faim, j'ai besoin d'un peu plus manger, je me sens rouillée dans mes articulations. Je leur dirais, il faut être attentive. Donc déjà, d'identifier les symptômes, quels peuvent être les symptômes et chez vous, quels sont ces symptômes en général ?
- Speaker #0
On peut noter d'ailleurs, pour mieux se comprendre.
- Speaker #1
Exactement, on peut noter, essayer de voir. Ah bah effectivement, moi ça arrive. juste avant mon ovulation. Là, je parlais avec une copine, elle me disait « Ah, moi, quand j'ai mes règles, j'ai envie de manger tout le temps. Moi, c'est pendant mon ovulation. Je peux tout exploser à la maison. » Et je le sais que c'est cette période-là. Donc, on est toutes très différentes là-dessus. Savoir quels peuvent être tous ces symptômes, parce que parfois aussi, il faut savoir, et moi, je le vois bien au cabinet, c'est que quand tu demandes à quelqu'un « Comment vous vous sentez ? » ou « Ça fait mal comment ? » C'est très difficile de verbaliser une douleur ou de vraiment se dire Merci. je ne sais pas, je ne me suis jamais posé la question.
- Speaker #0
Tout dépend si les femmes ont accouché ou pas. Ça, ça, la... La gang explose après. C'est vrai, c'est vrai, complètement.
- Speaker #1
Mais pour certaines personnes, déjà juste d'observer et de savoir mettre des mots, vraiment définir, c'est difficile. Donc déjà, en général, quand les gens me posent la question, je vais donner plein de mots pour un même truc. Tu vois, genre je vais dire, mais ça fait mal comment ? Ça brûle, ça pique, ça lance, c'est un coup d'électricité, ça serre, ça tend. Pour que les gens disent, ah oui, ça ! Ça, ça brûle, ça brûle, c'est ça. C'est exactement ça. Parce que sinon, ça ne viendrait pas par eux-mêmes. Donc déjà, si tu donnes aux femmes toute la possibilité, tous les symptômes qui peuvent apparaître, aussi mettre le doigt sur des trucs qui ne sont pas normaux, qu'elles ont normalisé en se disant « c'est comme ça, je suis comme ça » . Non, ce n'est pas forcément comme ça. Il y a aussi des solutions. Et ensuite, leur dire « en fonction de tout ça, il faut s'écouter » . Donc voilà ce qu'on peut adapter si on porte des charges. On va peut-être porter un peu moins lourd. On va peut-être faire moins de répétitions. On va peut-être diminuer la fréquence dans la semaine et venir équilibrer avec de la récupération. Il y a des possibilités peut-être de pratiques que vous n'avez pas explorées. Donc peut-être que quand vous êtes dans cet état de fatigue, soit c'est du repos complet dont vous avez envie et besoin, soit peut-être quelque chose de plus doux. Mais c'est toujours pour venir complémenter la pratique qu'elles aiment. Parce que si tu dis à une femme qui aime faire du running, mais après ton ovulation et jusqu'à la fin de tes règles, eh bien, il ne faut pas faire de running parce que c'est trop intense. Si tu peux faire du running une semaine dans le mois, c'est compliqué pour une femme qui aime faire du running. Donc c'est donner des alternatives. quand ça ne va pas et que je ne peux pas pratiquer mon activité ou que je dois l'adapter, quelles sont ces possibilités-là ? C'est un petit peu ça que je vais leur transmettre. Et surtout, que ça leur appartient, que chaque femme a un cycle qui est différent et que chaque cycle de chaque femme est différent. C'est-à-dire que c'est possible que là, sur le mois de mars, tu es en PLS pendant tes règles. Le mois suivant, ça passe nickel. Ça varie aussi beaucoup. Donc, on ne peut pas généraliser. Je trouve ça terrible de généraliser. Parce que déjà... Toi, ton propre cycle toute l'année, c'est pas la même chose, mais si en plus, si on te met dans une case où toutes les femmes, c'est pareil, non.