- Maéva
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de BPM. On se retrouve aujourd'hui pour un format long, 120 BPM, qui est l'occasion parfaite pour vous de pouvoir nous écouter en courant. Aujourd'hui, nous allons parler de trail et surtout trail en off. Imaginez, vous traversez un massif, vous empruntez des sentiers mythiques ou alors vous vous permettez de vivre la sortie dont vous rêvez, le tout sans chrono, sans dossard, juste pour l'aventure. Pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir Hugo Bételu, qui a parcouru... Le Verdon avec son ami Maxime Conan et dont l'aventure est retracée dans le film Viva Verdon. Et à mes côtés également Romain Adam, cofondateur de RunMotion Coach qui connaît bien le trail en off puisqu'il a eu l'occasion de parcourir le Tour du Mont Blanc en reconnaissance de l'UTMB et aussi la traversée de la Chartreuse. Hugo, Romain, merci pour votre présence. Comment ça va ?
- Hugo
Merci pour votre accueil, ça va super.
- Maéva
Et toi Romain ?
- Romain Adam
Très bien, quand on parle de trail, ça va toujours.
- Maéva
Super. Du coup, on va commencer un petit peu par la phase de préparation de l'aventure, Hugo. Et ensuite, on abordera l'expérience que tu as pu vivre avec Maxime pendant ces deux jours. Et enfin, on parlera du film qui retrace toute votre aventure. C'est parti ! Pour commencer, il y a une petite question à te poser pour en savoir un petit peu plus sur toi. Quelle a été ta plus grande peur pendant cette aventure ?
- Hugo
C'est une bonne question. Il y en a eu plein, je pense. Surtout qu'on en a fait un film, donc il y avait aussi l'aspect logistique et tournage. Mais si on parle vraiment de l'aspect sportif, itinérance, je pense que le pépin physique, c'est toujours une des plus grandes peurs qu'on peut avoir parce qu'on se sent prêt, a priori, on s'est bien préparé, mais on n'est jamais sûr. Le corps, ce n'est pas une science exacte. Donc du coup, je pense que c'était le pépin physique. qui aurait pu mettre en sursis notre tour des gorges du Verdon, mais aussi potentiellement le projet de film, même si dans un film, on est là pour filmer ce qui se passe. Peut-être qu'on en aurait fait autre chose s'il y avait eu un pépin physique. Heureusement, il n'y en a pas eu, ni pour Maxime, ni pour moi. C'est chouette, mais je pense que c'était la plus grande peur.
- Maéva
Comment vous est venue l'idée de traverser le Verdon ?
- Hugo
Du coup, si je fais un petit retour en arrière, avec Maxime, ça fait 5-6 ans que tous les ans, on réfléchit un peu aux courses qu'on veut faire. Et du coup, on s'est pas mal gavé de courses ces dernières années. Et à un moment donné, on s'est dit, tiens, ça serait cool de penser à d'autres formats, justement sans barrière horaire, sans dossard, sans chrono. Et moi, il y avait quelque chose qui m'a aussi marqué à l'issue d'un ultra à Courmayeur que j'ai fait en 2024 avec Maxime, qui était de me dire que j'avais l'impression d'être un peu frustré de ne pas découvrir le territoire comme je l'entends, parce qu'on est cadré effectivement dans la course, et c'est le format qui propose ça. Mais du coup, moi, j'avais un peu cette frustration-là. Et tout de suite, je me suis dit que j'avais envie d'aller explorer d'autres endroits, un peu d'une autre manière. Et en fait, très vite, je me suis dit, finalement, le territoire où j'habite, donc moi, j'habite juste en dessous des Gorges du Verdon, je me suis dit, en fait, ce territoire, je l'adore, il est magnifique, je l'ai découvert il n'y a pas si longtemps. Je me suis dit, faisons le tour des Gorges du Verdon. Et puis, en fait, en cherchant sur Internet, je suis tombé sur le site du Chemin des Parcs, qui propose en fait des chemins de randonnée essentiellement. Et j'ai trouvé ce tour des Gorges du Verdon qui était déjà en fait... tracé, proposé qui a plutôt tendance à se faire en rando et là on s'est dit bah en fait c'est génial on a déjà en fait notre trace qui est là alors évidemment on l'a adapté un petit peu pour notamment pour les besoins du film mais c'est comme ça que du coup on a eu cette idée du off en se disant bah on est pas obligé d'aller à l'autre bout de la France ou ailleurs en fait il y a tout ce qu'il faut ici, regardons d'un peu plus près et allons-y quoi
- Romain Adam
Et concrètement, l'idée vous est venue comment ? Vous avez des amis qui avaient déjà fait ce tour-là ? Apparemment, il y avait un sentier de randonnée. Comment ça s'est passé ?
- Hugo
En vérité, c'était très lié à l'histoire du film, puisque du coup, en juillet 2024, on fait du coup cet ultra à Courmayeur. Très vite, moi, je me dis, je crois que j'ai envie d'autre chose, quitte à revenir sur des courses plus tard, mais je sentais que j'avais besoin d'un peu d'un renouveau dans ma pratique. et puis aussi la question du rapport au territoire j'avais envie d'être plus connecté au territoire d'aller découvrir ce qui se passe là où on court et du coup l'idée du film est venue aussi comme ça et au départ ça devait pas du tout se passer dans le Verdon du coup j'ai postulé au Explore Alpes Festival et en fait en pitchant mon film dans le cadre de ce de ce concours j'avais imaginé que ça se passe dans les Alpes Et puis après, quand j'ai été pitcher ce projet, que je n'ai pas été retenu in fine pour le faire avec le festival et France 3, je me suis dit, bon, ce n'est pas grave, tant pis, le projet ne se fera pas. En fait, je me suis dit, j'ai quand même envie d'aller au bout, même seul. Et en fait, je me suis dit, mais c'est parler du territoire dans ce film. C'est dommage d'aller parler d'un territoire dans lequel on ne vit pas. Et donc, du coup, c'est comme ça que le Verdon est arrivé. Et je me suis dit, en fait, je crois qu'il faut faire ce film ici. Et du coup, voilà, après, c'est comme ça qu'on a trouvé la fameuse trace du Tour des Gorges du Verdon, qui a été imaginée par un éco-garde du parc naturel régional du Verdon, que j'ai eu l'occasion d'ailleurs de rencontrer. Et du coup, lui, il avait mis quelques années à construire ce tracé qu'il a mis à dispo sur le site Chemin des Parcs. Et puis, du coup, nous, on s'est inspirés de cette trace-là pour notre tour. Donc,
- Romain Adam
il y a autant de préparation sur le chemin, finalement, que les à côté. Quels sont les territoires que tu traverses ? Qu'est-ce que vous pourriez mettre en avant ? Qu'est-ce que vous pourriez vivre comme expérience ?
- Hugo
Oui, en fait, on a fait du repérage, surtout pour le film, à vrai dire. Je pense qu'on n'en aurait pas fait autant si on avait juste décidé de faire ce tour sans faire le film. Donc tout est toujours un peu en lien avec la réalisation du film. Mais effectivement, ça nous a demandé beaucoup de préparation et de recherche. Par exemple, je suis rentré en contact avec des AMM, des accompagnateurs en moyenne montagne, qui m'aident à comprendre les passages un petit peu compliqués ou incertains sur la carte. et donc du coup ce qu'il faut retenir c'est effectivement quand on fait du off qui plus est quand on fait un film d'une aventure pareil, ça demande effectivement beaucoup de préparation mais je trouve ça hyper excitant et hyper intéressant à faire, il y a la préparation physique mais il y a aussi la préparation l'itinéraire donc si on aime un peu la carto si on aime un peu la lecture des massifs etc en fait c'est génial et puis après il y a l'aspect purement logistique, où est-ce qu'on dort où est-ce qu'on mange et donc il y a toutes ces questions qui viennent ensuite quoi
- Maéva
Et justement, vous avez repéré un petit peu en amont. Et après, comment vous naviguez ? Est-ce que vous aviez des cartes ? Est-ce que vous aviez déjà tout repéré ? Vous aviez mis les tracés sur la montre ? Comment ça s'est passé un petit peu ? Comment vous avez imaginé ça et préparé ça en amont ?
- Hugo
Moi, je n'avais pas la carte ou le GPS sur ma montre, mais Maxime l'avait. Moi, j'avais déjà, je pense, 75-80% du tracé. du coup dans la tête et sur le terrain, c'est à dire que je savais où est-ce qu'il fallait qu'on aille parce que du coup j'ai pas mal arpenté le verdon ces dernières années donc du coup j'avais globalement, il y avait une seule portion du deuxième jour que je connaissais pas très bien donc là effectivement on a entre guillemets un peu galéré à certains moments mais à vrai dire c'était assez bien d'autant plus que on suivait des GR donc bon en fait les traces de GR elles sont super bien balisées donc en fait c'était hyper facile de se repérer. Donc finalement, on s'est fait des points avec carte à la moitié du premier jour et à la moitié du deuxième jour. Mais grosso modo, on avait quand même bien balisé le terrain en amont. Et là, vous êtes parti sur 110 km et un peu plus de 5000 m de dénivelé positif, si mes souvenirs sont bons. Oui, c'est ça.
- Romain Adam
Pourquoi 110 km ? Pourquoi sur deux jours ? Est-ce qu'il y a des raisons particulières ?
- Hugo
Alors bon bah moi je cours avec un chien fou qui s'appelle Maxime donc lui il va plutôt avoir tendance à me dire c'est quoi le prochain challenge qu'on se lance et c'est vrai qu'en général on a quasiment fait toutes nos courses tous les deux donc c'est d'ailleurs une particularité de courir à deux et en général on démarre ensemble mais on finit ensemble et là quand je lui ai proposé cette idée d'itinérance avec le film etc et on va faire Il dirait qu'il a dit « grave chaud, il n'a pas réfléchi deux secondes » . Et puis justement, comme on venait de faire un ultra en 2024 à Courmayeur, on s'est dit qu'on aimerait bien refaire à peu près le même genre de format, même si celui-ci, le Tour des Gorges, était en termes de kilomètres et de dénivelé moins difficile qu'à Courmayeur. Mais bon, c'est du même ordre. Et du coup, on s'est dit, en fait, le faire sur deux jours, ça veut dire aussi profiter des belles journées. Et du coup, c'est vrai que la nuit dehors, qu'on vit classiquement dans un ultra, du coup, en itinérance, on peut se permettre de ne pas la voir. Et du coup, de profiter davantage aussi des paysages, du lieu dans lequel on est. Et puis bon, quand on fait une itinérance, on part aussi à l'aventure. Donc c'est ça qui est cool, de se dire, là, pendant deux jours, on va vraiment être sur les sentiers. et donc du coup on s'est évidemment beaucoup préparé moi notamment avec RunMotion et c'est vrai que ça demande toujours une préparation que ce soit du off, que ce soit de l'itinérance ça reste quand même des gros formats en vérité d'ailleurs on était plus à 120-130 bornes parce qu'il y avait non seulement bon il y a toujours une différence entre ce qu'on voit sur le papier et la réalité et en plus du coup il y avait le tournage. Donc ce qui fait que même s'ils ont été sympas, Antoine et Damien, ils ne nous ont pas demandé de faire trop d'aller-retour pour faire des prises de vue, mais à certains moments, ils nous ont quand même dit, ah les gars, là, c'est trop beau, est-ce que vous pourriez remonter ou redescendre et le refaire ? Donc du coup, forcément, ça rajoute quelques dizaines de mètres, mais sur deux jours, du coup, ça commence à faire quelques kilomètres.
- Maéva
Et justement, en termes de matériel, sur le site, vous avez détaillé un petit peu tout ce que vous avez dû prendre. Comment ça, vous l'avez un peu anticipé et justement, vous vous êtes dit qu'est-ce qu'on priorise, qu'est-ce qu'on oublie par rapport à, par exemple, une course, un ultra, comme vous avez pu le faire à Courmayeur.
- Hugo
donc là on a fait le choix de la semi-autonomie et d'ailleurs on a reproduit ce format en faisant le GR20 en juin dernier et du coup c'était en fait nous ça nous va bien c'est à dire que tout le matériel technique et pour dormir on l'avait dans le sac je reviens sur le matériel en détail un petit peu après et la partie on va dire alimentation et hydratation on l'avait à moitié c'est à dire que on avait de quoi tenir la matinée et l'après midi on va dire mais les gros repas, les vrais gros repas du coup on les a anticipés pour qu'ils aient lieu à des points de ravitaillement, qui n'étaient pas vraiment des ravitaillements. Mais voilà, par exemple, arrivé à Castellane, on a été dans un gîte, on s'est fait à manger le soir, on avait prévu le coup. Et le lendemain, on a profité de l'excellente boulangerie de Trigance, dont Luc, d'ailleurs, le boulanger, sera dans le film, pour nous parler un peu du territoire et de l'artisanat sur le territoire. Et du coup, là, on avait déjà connaissance de cette boulangerie. On savait qu'ils faisaient des choses excellentes et on avait hâte d'y arriver le deuxième jour pour manger le midi. Donc ça, c'est plus la partie un peu globale. Après, sur le matériel, finalement, ce n'est pas si différent que sur une course ultra ou pas. En fait, il faut adapter. Donc évidemment, on pense minimaliste parce qu'on va courir quand même deux fois 12 heures, 13 heures. On ne sait jamais trop. Donc c'est des longues durées. Donc forcément, physiquement, ça demande... Ça demande de l'effort en plus, de l'énergie en plus à porter. Donc nous, on a investi dans du matériel assez minimaliste, que ce soit sac de couchage, temps de tarp et puis matelas. Un change, juste histoire d'avoir un peu chaud le soir. Et puis après, l'eau et la nourriture dans les poches un peu partout. Donc on a acheté des sacs Raidlight qui sont adaptés à l'itinérance. donc on avait une série Je dirais du coup des sacs, celui-ci aussi en l'occurrence entre 24 et 30 litres. Et en termes de poids, je pense que ça représente 6 kilos max.
- Romain Adam
Oui,
- Hugo
donc un peu plus lourd que sur un Ultra Trail,
- Romain Adam
mais beaucoup plus léger qu'avec un sac à dos, rando. Oui,
- Hugo
exactement. C'est vraiment le compromis qu'on a eu. Finalement, on sort de l'itinérance avec des douleurs au niveau des épaules, mais ça fait partie du jeu. On n'a pas eu de problème de matériel, on a réussi à s'en sortir correctement avec tout ce qu'on avait. Je pense qu'on a été pile bien dans le ratio légèreté et confort.
- Romain Adam
Et puis c'est vrai que là, vous avez fait le choix de dormir dehors, en tout cas, sur un matelas et une tente. Et c'est vrai que si vous aviez été dans un refuge, par exemple, vous auriez pu économiser ce poids-là. Évidemment, ce n'est pas la même expérience, c'est la même aventure. Mais peut-être pour ceux qui nous écoutent, les gens qui ont envie de faire du off, c'est vrai que le refuge, c'est aussi sympa pour le fait de pouvoir être au chaud, d'avoir un peu moins de poids. Et comme tu l'as dit aussi, profiter d'infrastructures, que ce soit pour le midi, pour manger ou le soir, c'est quand même intéressant.
- Hugo
je sais pas comment toi t'as vécu les off que t'as fait mais effectivement ça c'est un aspect à pas négliger le côté bah en fait tu viens de courir 12h sur les sentiers et en fait ta journée elle est pas finie il faut potentiellement que tu te fasses à manger même si t'as l'infrastructure qui permet de le faire mais typiquement nous à la fin du jour 1 on s'est fait à manger nous même donc c'est une charge mentale quand même un niveau de fatigue assez élevé ça reste une charge mentale Et puis derrière, la partie couchage, quand on est autonome, il faut monter sa tente, il faut souffler dans son matelas et dérouler son sac de couchage. Donc là, c'est pareil, ce n'est pas grand-chose en soi, monter une tente, mais avec le niveau de fatigue de la journée, forcément, c'est quelque chose qui vient se rajouter. Donc on pense qu'on est arrivé, mais avant d'être vraiment dans son lit à dormir, la journée est encore un peu plus longue que prévu.
- Maéva
Ça veut dire une certaine organisation aussi en amont, de s'organiser sur toute la soirée pour ne pas perdre du temps, ne pas perdre aussi de l'énergie trop facilement, mais en même temps pouvoir souffler un petit peu après,
- Hugo
récupérer tout du moins après l'effort.
- Maéva
Donc tu nous as parlé un petit peu de l'eau, etc. On a Inotero qui est sur la communauté, qui nous a du coup lui raconté son expérience diaprouant. Donc lui, il nous a dit, il l'avait fait de nuit, donc c'était 75 km et 1200 m de dénivelé avec les copains. On avait cartographié tous les cimetières pour avoir de l'eau, mais des gens nous ont laissé de l'eau à différents endroits pour que l'on puisse se ravitailler. Comment vous, vous l'avez géré, cette partie ? Est-ce que tu nous as expliqué que vous étiez en semi-autonomie ? Est-ce que vous aviez anticipé toutes ces parties-là de points d'eau ?
- Hugo
Oui. Dans le verdon, en plus, le sujet de l'eau, c'est un sujet hyper important. enfin, quelles que soient les personnes dans le Verdon, on est dans le sud, il y a ces grandes gorges, c'est quand même un climat très sec, et on ne s'amuse pas à descendre jusqu'au niveau de la rivière du Verdon pour récupérer de l'eau en fonction où on est. Donc les falaises, c'est entre 300 et 700 mètres de hauteur, et puis on ne fait pas du base jump, donc voilà. Donc ouais, ça s'organise. Nous, l'avantage, c'est que vraiment sur cette trace, Donc on est... On est parti de Moustiers, on avait un premier village assez central, on va dire, sur l'itinéraire, qui est La Palud-sur-Verdon. Donc là, on a pu effectivement recharger en eau, juste dans un commerce, dans un café typiquement. Ensuite, on a eu toute une phase proche du Verdon. Donc là, on n'a pas eu besoin de recharger, mais on aurait pu dans le Verdon directement. Ensuite, on est arrivé à Rougon et Castellane. Et finalement, ces étapes-là, si on reprend la première journée, On avait suffisamment de contenants pour mettre de l'eau et des arrêts suffisamment réguliers pour recharger. Donc en fait, on n'a pas souffert de ça. Le deuxième jour, c'était un peu plus difficile parce que déjà, il faisait plus chaud. Donc c'était mi-mai, fin mai. Donc il commence déjà à faire chaud dans le Verdon. Et là, on n'avait que Trigance globalement pour se ravitailler en eau. Donc ça, on a mangé là-bas. Donc il devait être 13h le deuxième jour. Et donc du coup, pour finir, ça a été un petit peu plus compliqué. Et je dois avouer que là, on était content qu'Antoine et Damien nous suivent pour le film parce qu'eux, du coup, dans la voiture, ils avaient prévu le coup. Et c'est vrai qu'on a profité qu'ils soient là pour se ravitailler une fois dans la voiture à, on va dire, je ne sais pas, 15 kilomètres de la fin.
- Maéva
Et est-ce que vous aviez prévu, parce que tu nous as dit recharger dans le verdon, Est-ce que vous avez prévu des capsules ?
- Hugo
de charbon ou en tout cas pour purifier moi dans mon kit un peu de basique de survie on va dire il y a toujours une couverture de survie justement et des pastilles parce que on sait jamais et typiquement si là on avait pas eu à tourner le film donc que Damien et Antoine n'étaient pas là du coup là potentiellement on aurait été je pense qu'on se serait ravitaillé à l'arrivée au lac, il nous restait encore quasiment 10 kilomètres Mais du coup, on aurait quand même un peu tiré la tronche, à mon avis, entre Trigance, du coup, notre avion du midi du deuxième jour, et puis l'arrivée au lac en fin d'après-midi. Donc là, ça aurait été un petit peu compliqué, je pense. Donc il faut vraiment bien anticiper. Et bon, on trouve toujours des solutions, mais il ne faut pas non plus être trop... Il ne faut pas Il ne faut pas surestimer sa capacité à aller trouver du ravitaillement. Et en même temps, il faut oser. Nous, on aurait trouvé des solutions en allant toquer chez quelqu'un. Après, dans le Verdon, ça dépend où on se situe. Mais potentiellement, ça peut rajouter des kilomètres. En fait, très vite, l'aventure peut se transformer en un mini cauchemar à ce niveau-là. Donc, il faut faire gaffe.
- Romain Adam
C'est vrai que, je me rappelle, la traversée de la Chartreuse, c'est entre Grenoble et Chambéry. L'avantage, c'est que tu peux prendre le train le matin pour aller jusqu'à Grenoble. Et puis après, tu rentres. Sauf que c'est que, entre guillemets, 70 kilomètres, mais sauf que tu passes par le massif de la Chartreuse, et du coup, c'est vrai que c'est quand même assez vallonné. Et je me rappelle, c'était aussi en plein été, plutôt au mois de juin. Et là, au bout de deux heures, j'avais plus d'eau, et je me suis dit, mince, où est-ce que je peux aller chercher de l'eau ? Et là, je suis tombé sur un ravitaillement de l'UT4M, parce que la course avait lieu le même week-end, et j'ai eu beaucoup de chance. Et tu en as profité ? J'en ai profité. J'aurais dit, est-ce que vous pouvez me donner de l'eau ?
- Hugo
Ouais, ça, c'est le hasard. Ça,
- Romain Adam
c'était vraiment le hasard, et c'était Je m'étais dit que le parcours, je le connaissais un peu. Finalement, je l'avais vachement repéré sur Internet ou sur une application mobile. Sauf qu'effectivement, l'eau, je ne l'avais pas bien anticipé. Et heureusement, je savais qu'au milieu de ce parcours-là, il y avait de l'eau. Mais par contre, sur la première moitié, j'avais complètement zappé cette partie-là. Et on peut vite se faire piéger. Et autant, la partie ravitaillement, tu peux bien faire deux heures sans manger. Mais par contre, sans boire,
- Hugo
c'est quand même plus difficile. Encore une fois, les conditions de météo jouent énormément.
- Maéva
C'est ça justement, c'est ma question. Comment vous avez anticipé la météo ? Vous avez choisi une fenêtre météorologique un peu favorable ?
- Hugo
En fait, le mois de mai dans le Verdon, pour prendre un sale temps, il ne faut vraiment pas avoir de chance. Parce qu'en général, il fait toujours beau. Bon voilà, après on n'est jamais à l'abri. Mais nous, on a décalé nos dates de tournage parce qu'on a embarqué Bromigos. qui est la production qui nous a suivis. Donc quand je parle d'Antoine et de Damien, c'est à eux que je fais allusion. Et du coup, eux n'étaient pas disponibles, donc on a décalé. Mais voilà, en fait, au mois de mai, grosso modo, on a toujours de la chance d'avoir du beau temps à un moment donné. Le jour 1 était un peu plus voilé que le jour 2. Et c'est vraiment le jour 2 qu'on a pris les chaleurs.
- Maéva
Et ça, vous aviez anticipé le très chaud, justement ? Parce que du coup, il peut y avoir aussi des périodes un peu caniculaires sur la fin du printemps, début de l'été. Ça, vous l'aviez anticipé ?
- Hugo
Bon, on savait qu'on n'allait pas avoir 35 degrés non plus parce qu'on n'est pas en plein mois de juillet dans le Verdon où là, vraiment, ça peut taper et il vaut mieux rester à l'ombre et au bord de l'eau, entre guillemets. Mais oui, on l'avait anticipé. En fait, on a surtout eu de la chance, entre guillemets, parce que du coup, je dirais que paradoxalement, le deuxième jour était plus exposé. Mais par contre, au moment des grosses chaleurs, on était plutôt sous les arbres. Et notamment la haie très qu'il y a au niveau du Grand Margès, qui est vraiment l'espèce de massif qui surplombe le lac de Sainte-Croix. Et du coup, là, en fait, on était quand même au frais. Donc finalement, on s'en est pas trop mal sorti. Mais là encore, le conseil que je donnerais, c'est de ne pas hésiter à renoncer ou en tout cas à attendre que les températures descendent pour repartir et essayer d'adapter son parcours. Si on voit les choses un petit peu plus au niveau aventure, au niveau global, je pense qu'il ne faut pas jouer avec ça. Ça me fait penser sur des courses qui ont lieu proche de l'été ou pendant l'été. Je sais qu'aujourd'hui, c'est des questions pour les organisateurs, même de dire quid d'une course en pleine canicule. Si je me souviens bien, le dernier UTMB, c'était grosses chaleurs l'année dernière déjà. C'est des paramètres à prendre en compte. Et là, pour le coup, il n'y a pas d'organisation qui veille à la sécurité des coureurs parce que du coup, on est seul. Du coup, là, il faut vraiment faire attention. Et donc j'incite tout le monde à vraiment faire attention à ça, parce qu'une insolation ça peut vite arriver, une déshydratation c'est pareil. Donc si on sent que vraiment on est un peu faible et qu'il est 14h et qu'on sait qu'il y a encore 3h de gros cagnards qui arrivent, vaut mieux rester un peu à l'ombre et partir plus tard.
- Maéva
Et inversement, si on sent que la météo va se gâter aussi, on n'hésite pas à anticiper, à prévoir toujours peut-être un... Un cas où tu disais que tu avais ta couverture de survie dans ton sac à dos.
- Hugo
On avait une sous-couche et puis un imper au cas où. Parce que justement, dans le Verdon, il peut y avoir des orages un peu violents. Et en fait, très vite, ça peut tourner. Et donc, il faut toujours prévoir tout ce qu'il faut. Il vaut mieux être un tout petit peu plus chargé. Mais au moins, on est sûr de pouvoir faire face aux aléas.
- Romain Adam
Et puis globalement, tout ce qui est indiqué dans les courses en matériel obligatoire, c'est en général ce qu'il faut prendre aussi, que ce soit des longues sorties de rando-trails ou des trails en off. C'est clair que la couverture de survie, c'est vraiment un indispensable. Ça ne prend rien du tout en place, mais ça peut sauver des vies à certains moments.
- Maéva
Et je reviens sur le fait que tu as parlé de ton entraînement avec l'application RunMotion Coach. Justement, comment on se prépare pour une aventure comme ça ?
- Hugo
En suivant le programme RunMotion Coach. Non, en vrai, blague à part, j'ai vraiment utilisé l'application pour m'entraîner. Je l'avais déjà utilisée pour les dernières courses que j'ai faites en 2024 et notamment pour préparer l'ultra de Courmayeur. Et du coup, il n'y a pas de secret. Il faut faire du volume, du D+, et puis du renfo surtout. Et d'ailleurs, j'aurais dû commencer par là parce que, comme beaucoup de coureurs, j'ai eu des problèmes de genoux. parce qu'il y a dix ans en arrière, personne ne parlait de comment... courir et donc du coup très vite on se retrouve avec des problèmes physiques et puis on se rend compte que le renfo maintenant, j'en parle souvent et les gens me disent je galère, je ne me motive pas à en faire mais quand on a compris qu'en en faisant derrière on peut aller s'éclater sur les sentiers sans trop de pépins Et sans douleur, on se dit que ça vaut le coup de prendre même des petites sessions de 20 minutes plusieurs fois dans la semaine. Ça peut suffire. Tout dépend de l'objectif qu'on a. Mais ne pas négliger ça. Et donc, du coup, je me suis préparé un peu comme j'ai pu me préparer pour des courses assez classiques.
- Romain Adam
Et dans l'appli, tu avais mis 110 kilomètres.
- Hugo
J'avais mis...
- Romain Adam
Les kilomètres de jour, en fait. pour être capable d'encaisser le volume exactement,
- Hugo
en fait je crois dans l'application il n'y a pas de à ma connaissance jusqu'à maintenant il n'y avait pas de programme en off sur plusieurs jours etc ça va venir, quand on va sortir l'épisode normalement ce sera ça peut-être que maintenant ce sera live mais ouais donc du coup effectivement j'avais rentré le format un peu global avec l'échéance le D plus la distance et puis du coup en suivant ce de... programme. Et puis après, je pense qu'il y a les grands classiques de la préparation. C'est le sommeil, l'alimentation, l'hydratation et puis la fiesta. Donc moi, j'ai un collègue chien fou qui aime bien la fête aussi. Mais par contre, il a un mental d'acier. C'est quelqu'un qui est capable de dire en fait, je fais une croix sur quelque chose que j'aime. profondément faire la fête et il est capable de s'y tenir et moi j'ai moins de difficultés à me donner cette rigueur de dire par exemple je vais pas boire d'alcool pendant plusieurs mois pour être dans de bonnes conditions dormir plus que que d'habitude et du coup je pense que ça c'est des éléments qui sont plus des éléments de vie quotidienne un peu à adapter si on veut donner toutes les chances, encore une fois c'est pas une science exacte On peut faire une fiesta peut-être un mois ou trois semaines avant les séances et ça ne changera peut-être rien. Mais c'est sûr qu'en essayant de travailler sur ces points-là aussi, je pense que c'est aussi se mettre toutes les chances de son côté.
- Maéva
Et les séances de rando-course par exemple, en tout cas les sorties longues, est-ce que vous aviez testé un peu votre matériel ? Parce que tu parlais du coup des épaules. Est-ce que ça vous aviez testé un petit peu ?
- Hugo
J'en ai pas parlé tout à l'heure, mais ouais, effectivement, ça m'a traversé l'esprit, je l'ai pas dit, mais effectivement, on a testé notre matériel, et là, encore une fois, c'est pareil, c'est comme l'alimentation, ça se teste pas le jour J, ça se teste en amont, et le matériel, c'est pareil, on savait qu'on allait passer plusieurs heures, du coup, sur les sentiers, donc quand on a fait notre week-end de repérage avec Maxime, on a fait à peu près deux sorties par jour à plusieurs endroits du Verdon pour repérer, mais aussi s'entraîner avec le matériel, et là, on a fait comme si on partait, du coup, du coup, pour l'aventure, c'est-à-dire que dans notre sac, on a mis notre matelas, notre temps de tarp, notre sac de couchage, la nourriture, l'eau, enfin tout, quoi. Et comme si on allait tester vraiment en conditions réelles. Et je pense que ça nous a bien aidés. Moi, j'ai couru un peu plus aussi avec le sac, même pendant mes sorties un peu plus courtes, juste pour sentir un peu les choses, etc. Et au final, on a enchaîné du coup le Verdon et puis la Corse en suivant. Et finalement, du coup, on était bien, quoi.
- Maéva
Vous étiez prêts ?
- Hugo
Oui, on était prêts. Est-ce que ça ne va pas sur l'expérience maintenant, votre aventure ? Donc, on est le jour du départ. Qu'est-ce qui se passe dans votre tête à ce moment-là ? Pas mal de stress parce qu'encore une fois, on doit à la fois faire le tour des gorges du Verdon et à la fois tourner un film, même si ce n'était pas nous qui avions les caméras dans les mains. Mais voilà, du coup, quand on a un projet entre guillemets auto-financé, auto-produit en tout cas, ça donne beaucoup de stress parce que... On se dit, il faut gérer, il faut s'assurer que les planètes s'alignent, que tout se passe bien. Donc là, il y avait non seulement le côté physique et le côté logistique. Après, Antoine et Damien, c'est deux personnes qu'on a rencontrées l'année dernière pour travailler sur le projet. C'est des pros, donc c'était leur responsabilité et ils l'ont largement assumé. Et c'est des mecs en or. Très vite, on a senti, en commençant à travailler avant même le tournage et le début de l'itinérance, on a senti qu'avec eux, il n'y aurait pas de soucis, on serait entre de bonnes mains, on va dire. Et donc, quand on voit les images aujourd'hui, on se dit, ouais, effectivement, on a trouvé des gâchures, comme on dit. Et donc, ouais, beaucoup de stress, mais en même temps, beaucoup d'excitation aussi, parce que du coup, ça faisait à peu près 5 mois qu'on travaillait, enfin 5-6 mois qu'on travaillait vraiment sur... Ce projet, à la fois sur l'itinérance en tant que telle et puis le film. Donc forcément, on se dit, c'est bon, la première ou deuxième brique du projet est en train d'être posée. Donc forcément, ça donne le sourire. Donc on est parti le premier jour, le premier matin de Moustiers avec un sourire jusqu'aux oreilles.
- Maéva
C'est un petit peu comme au départ d'une course. C'est à la fois une délivrance d'être au départ, sauf que là, peut-être l'inconvénient par rapport à une course, où on a juste à gérer son effort, mais tout le reste, la logistique, tout ça, c'est tout géré. Là, tu rajoutes quand même l'incertitude, peut-être du parcours, parce qu'il n'est pas balisé, ou certaines autres choses.
- Hugo
Oui, c'est clair. Mais effectivement, c'est le même genre d'excitation. En fait, on s'est préparé pendant de longs mois pour ça. Donc, en fait, on est content d'y être. Et voilà, c'est des projets qui peuvent être stressants, mais qui sont hyper excitants quand ça va le jour.
- Maéva
Vous êtes parti à quelle heure le matin ? Vous êtes arrivé à quelle heure le soir pour le premier jour ?
- Hugo
Alors, de mémoire, on est parti vers... En vrai, je ne sais plus. J'essaie de me remémorer la feuille de route parce que du coup, pour la prod, on a fait toute une feuille de route avec des heures de passage à peu près aux endroits où ils pouvaient nous retrouver parce qu'évidemment, ils ne nous ont pas suivi tout le long du parcours sur ces deux jours. Mais dans mes souvenirs, on est parti en tout début de journée. Il devait être 6h30, 7h, le soleil se levait tout juste. Donc, on avait de belles lueurs. Et le soir, on est arrivés, je dirais, vers 17-18 heures. Donc, on était sur un 12 heures à peu près sur les sentiers. On aurait évidemment été un petit peu plus rapide si on n'avait pas le film à tourner. Mais bon, on était loin d'être là à regarder le chrono. Enfin, tu ne fais pas du off pour ça. Et c'était justement ce dont on voulait se détacher en faisant ça. Donc, du coup, on savait que dans la journée, ça tenait s'il n'y avait pas de gros pépins. Et c'est exactement ce qui s'est passé. Et le deuxième jour, peut-être un tout petit peu plus, parce que la fatigue. Et puis parce que le deuxième jour, c'était beaucoup plus technique en termes de sentier. Ça a été plus technique. Et puis plus la chaleur. Enfin, c'est multifactoriel. Du coup,
- Maéva
c'est compliqué probablement.
- Hugo
Plus le sommeil, oui, qui n'était pas vraiment idéal, forcément.
- Romain Adam
Plus la fatigue de la veille.
- Hugo
Voilà, donc le stress du tournage qui continue, en se disant, bon, on a fait une première journée très bien, mais du coup, il y a la deuxième à assurer, c'est pas fini, quoi. Donc, je dirais le deuxième jour, c'était plus 13h, je pense, d'une journée de 13h, quoi.
- Romain Adam
Et le profil de chaque journée, tu te souviens un petit peu ?
- Hugo
C'était assez équivalent, en vérité. Donc, on était autour de 60, grosso modo, si j'arrondis. 60 avec 2002-2003. Après, la particularité des sentiers dans le sud, c'est qu'il faut souvent relancer. Ce n'est pas forcément comme dans les Alpes ou en Savoie où tu as des longues montées qui peuvent faire des fois 10 km. Et après, pareil pour une descente. Là, tu passes ton temps à monter, descendre. Donc, il faut relancer à chaque fois. En termes d'efforts physiques, c'est différent. C'est une approche différente. D'ailleurs, j'ai trouvé que les trailers dans le sud avaient une bonne capacité à relancer assez bien parce que les terrains sont comme ça. Du coup, ils s'entraînent dans ces conditions. Du coup, ça les aide, je pense, à ce niveau-là.
- Romain Adam
Vous avez repéré le parcours, est-ce qu'il y a des endroits où vous avez dû modifier l'itinéraire ou faire différemment ?
- Hugo
Non, on n'a pas eu de changement de programme pendant ce tour. Le deuxième jour, on a un tout petit peu cherché notre route dans la partie sud du Verdon, où c'était un peu moins bien balisé. On a dû regarder la carte quelques fois, tourner rapidement, mais ça ne nous a pas fait perdre plus de 5 ou 10 minutes. Là, on était très exposé, il faisait chaud et il y avait la fatigue. On était en mode, ce serait cool de ne pas se perdre. Là aussi, c'est un critère à bien avoir en tête. Les critères que je viens de dire, la chaleur, la fatigue, un terrain un peu moins bien balisé à un moment donné. Ça peut vite partir, on se perd et là on ne sait plus trop où on est. Alors heureusement, on avait les téléphones, la carte, tout ce qu'il faut. Aujourd'hui, si on prévoit le coup et qu'on a cette batterie, il faut vraiment y aller pour se perdre. Mais quand même, on se rend compte que très vite, on peut se dire « mince, on n'est pas sûr » . Et puis en fait, quand on ne connaît pas bien le terrain et qu'on fait une itinérance et qu'on découvre, on n'a pas forcément les bons repères, etc. Donc il faut être quand même assez vigilant là-dessus. mais Grosso modo, nous, on n'a pas eu de soucis. C'était essentiellement du GR, donc facile à suivre. Des sentiers qui existaient, sur lesquels on est resté. Donc, il n'y avait pas de difficultés particulières à ce niveau-là. Oui,
- Romain Adam
il n'y a pas de moment où vous vous êtes dit, mince, il faut qu'on fasse demi-tour, là, ça devient critique.
- Hugo
Non, de toute façon, on l'aurait vite vu parce qu'arriver en flanc de falaise des gorges, on se serait dit, a priori, ce n'est pas dans cette direction.
- Romain Adam
Ce n'est pas le sentier.
- Maéva
Même si parfois les imprévus aussi font partie de l'aventure. Est-ce qu'il y a eu des imprévus ? J'entends pas le parcours du coup. Est-ce qu'il y a eu d'autres ?
- Hugo
Franchement, c'est presque... C'est presque, j'allais dire... C'est presque dommage avec le recul. On aurait voulu une petite galère. Non, franchement, on n'a pas eu de gros soucis. Je me rappelle d'une image qu'on a captée parce que du coup nous pendant l'itinérance on prenait quelques images aussi avec une caméra action cam là assez petite qui nous a permis de prendre aussi des images parce que Antoine et Damien ne pouvaient pas nous suivre tout le temps. Et je me rappelle d'un moment où Maxime a un talkie du coup dans les mains et du coup on communique avec Antoine et Damien et on a un message d'Antoine qui nous dit ouais les gars par contre du coup la marche d'approche pour vous retrouver on pensait pas qu'elle soit aussi longue et donc du coup nous on était là en mode putain on va trop vite. et du coup on va les attendre et du coup c'était assez rigolo parce qu'il a fallu qu'on synchronise un petit peu comme ça mais voilà c'est des petites anecdotes comme ça mais on a pas eu de on a pas eu de galère ni physique ni logistique ni de rencontres bizarres donc on a eu de la chance et en même temps c'est plaisant quand tout se passe bien mais avec le recul je me dis même pour le même pour le film ça aurait pu être rigolo d'avoir une petite galère Ah. à gérer, tu vois, mais finalement...
- Maéva
La préparation a été très très bonne alors...
- Hugo
Ouais, il paraît qu'on s'est donné pas mal les moyens pour que tout soit bien cadré, mais voilà...
- Romain Adam
Par exemple, je ne suis pas du tout aussi bien organisé, ce qui fait qu'à chaque fois qu'il y a un défi off, chaque fois il y a un truc... Qu'est-ce qui se passe ? Je parlais de l'eau, parfois si tu te perds, bon, il y a 10 ans quand il y avait un peu moins les téléphones ou un peu moins en montagne, forcément tu te perds, parfois c'est beaucoup plus long que ce que tu as prévu, ou le terrain est beaucoup plus technique. Une fois tu te dis sur la carte j'ai que 2 km et je peux pas y croître des plus sauf que dedans t'as des rochers partout et en fait tu peux pas avancer.
- Hugo
Ça d'ailleurs le deuxième jour c'est un peu ça qui nous est arrivé, c'est pour ça qu'on a mis plus longtemps que ce qu'on avait estimé. C'est effectivement le terrain était assez technique avec notamment des passages assez longs avec des pierres dans la terre et donc en fait tu peux pas courir sur ces sentiers. Plus la fatigue du coup on avait une foulée qui était moins fluide. Donc, du coup, forcément, ça te retarde un petit peu. Non, on a fait des belles découvertes, par contre, sur cette itinérance, cette découverte animale. Moi, je suis hyper sensible et observateur, du coup, du monde animal. Et, ben, ce sera dans le film, mais... Mais bon, le deuxième jour, on passe. Donc ça, c'est un petit crochet qu'on a fait du tracé original du tour des Gorges du Verdon. On a fait un petit décochement au belvédère des Vautours, en se disant, c'est un très beau sentier qui monte à flanc de falaise, et en se disant, s'il s'appelle comme ça, c'est qu'a priori, on peut y voir des Vautours. Et quand on a fait le repérage avec Maxime, on y est passé parce qu'on ne connaissait pas cet endroit, on n'en a pas vu. Et on s'est dit, bon, c'est pas grave, on le laisse sur le tracé. et on espère en voir quand on passera le jour J avec Antoine et Damien. Et donc du coup on les retrouve, on fait cette montée qui est assez difficile, et puis en fait en arrivant là-haut, spectacle pendant une demi-heure. Et là, des dizaines de vautours, et donc là pour le coup on s'est vraiment arrêtés pour les observer, eux ils ont pu les filmer, donc là pour le coup c'était assez chouette, et je parlais de Maxime qui m'embarque souvent dans son... son côté un peu défi-challenge. Moi, j'essaie de l'embarquer plus sur cet aspect un peu découvert de la faune en nature. Et du coup, pendant cette itinérance-là, on a croisé des vautours, on a croisé des chevreuils, des sangliers. Enfin, c'était assez... Bon, le Verdon, c'est assez sauvage, donc c'est assez chouette. Et pendant le repérage, on a vu aussi des chamois. Il faut savoir qu'il y a des chamois dans le Verdon. Et si on se lève un peu tôt, on peut les voir. Et donc là, toute une famille de chamois. C'est des moments assez chouettes qui, je trouve, d'ailleurs, ne se retrouvent pas forcément en course parce qu'il y a plus de fréquentation. Forcément, on n'est pas forcément à même de les observer. Mais quand on est en off, en petite équipe, ça permet de profiter de ces moments qui sont assez hors du temps. Ça, c'est vraiment les petites pépites. Et puis, les gens qu'on a croisés pendant ce tour. C'était des belles rencontres.
- Maéva
Vous parlez des vautours que vous avez observés pendant 30 minutes. Effectivement, si t'es en course, tu vas pas t'arrêter 30 minutes pour observer.
- Hugo
C'est pas la même approche.
- Maéva
Évidemment, tu prends le temps et c'est ça qui est cool aussi.
- Romain Adam
Du coup, c'est ça ton... Ce sera ton meilleur souvenir de l'aventure ?
- Hugo
Ouais, ouais, je pense que c'est un des moments les plus... En fait, on faisait aussi un film pour parler du territoire et il y a notamment une partie dans le film où on donne la parole à Elsa qui est de la Ligue de Protection des Oiseaux et qui, elle, du coup, connaît très bien les oiseaux dans le Verdon. Et donc du coup forcément ça refait le lien avec ce qu'on a vu et ce qu'on a vécu, donc du coup c'est un des souvenirs. Et le deuxième je dirais, retrouver les gens qu'on connaît au lac avant l'arrivée pour nous donner un petit peu de force. Moi on est rarement venu sur des courses pour me soutenir ou me voir, enfin en tout cas pas toutes les courses, et donc là sur ce projet dans lequel on avait investi beaucoup aussi émotionnellement. Du coup, ça fait toujours plaisir de retrouver des têtes connues au bord du lac. Donc là, il nous restait 8-9 kilomètres. Donc ça nous a donné un petit boost pour la fin avec Maxime.
- Maéva
Ils vous ont accompagné sur les derniers kilomètres ?
- Hugo
Alors Alex, un ami, nous a accompagné. Du coup, on a fini à 3.
- Romain Adam
Ça booste pour la fin.
- Hugo
Oui, exactement. Parce que là, je me serais bien arrêté au lac.
- Romain Adam
Et justement...
- Maéva
C'est un piège que des fois, quand tu as ta famille ou des proches qui sont même sur des courses, des fois, c'est à double tranchant. Est-ce que ça peut te booster, mais tu peux avoir aussi envie de t'arrêter ? Oui, de te dire je crois bien.
- Romain Adam
Oui, ça dépend où tu les croises. Si tu les croises quasiment à la fin, tu peux te dire allez je tiens parce que je vais les croiser plus tard. Mais si tu les croises au milieu, tu peux dire bon bah non, je m'arrête.
- Hugo
En plus, là, on avait un... Ce n'était pas encore le coucher de soleil, mais on avait des belles lueurs de fin d'après-midi. On était au bord du lac, c'était beau. Mais voilà, il fallait remonter jusqu'à Moustiers. Donc, il y avait encore un petit... Un petit bout de route et puis c'est une fin de boucle qui en plus monte. Donc ce n'était pas le plus plaisant, mais il fallait finir.
- Romain Adam
Justement, qu'est-ce qui t'est passé ? Qu'est-ce que tu t'es dit justement dans les moments où c'était difficile, dans le pierrier quand il faisait chaud ? Ou là à la fin quand tu sais que tu es bientôt arrivé, mais que ce n'est pas encore le cas ? Qu'est-ce que tu te dis ?
- Hugo
Alors moi, la fin de l'itinérance, je la connaissais bien. Du coup. C'est le Grand Margès, ce massif qui monte à 1 500 m à peu près, et qui finit avec le village d'Aiguines et ensuite le lac. Je savais à ce moment-là, quand on le voyait, on était en pleine après-midi, grosso modo. Là, ça a commencé à être difficile. Maxime avait encore pas mal la patate, donc il m'a pas mal driveé. J'étais dans ses pas. Et ça, d'ailleurs, c'est quelque chose qui est assez fou quand on court à deux. C'est à quel point on peut s'entraîner l'un l'autre. Quand l'un ne va pas bien, l'autre va forcément un peu mieux. Ou alors s'il est pire, c'est toi qui vas bien. Et donc du coup, c'est à toi de prendre le lead. Mais du coup, ça je trouve, c'est la force de courir en duo. Avec les années, finalement, j'ai envie de dire, on apprend à se connaître. Et on sait, il n'y a même pas besoin de se parler limite. On sait très bien qui va mieux. Et donc, à ce moment-là, Maxime allait mieux. Et après le Grand Margès, j'ai senti qu'il avait un petit coup de mou. Donc, la fin, pas la toute fin, mais après la redescente, du coup, la dernière grosse descente. Là, j'ai senti que j'étais un peu plus, j'avais à nouveau un peu plus les jambes. Donc, voilà, du coup, on essaie de se... synchroniser un peu comme ça et donc c'est assez plaisant j'aime bien dire que finalement c'est l'équivalent du du du compagnon de cordée mais version trail c'est vraiment ça avec Max et donc là ouais on a été puiser un peu dans les dans les fonds et les limites qu'on pouvait avoir et il y a des moments d'ailleurs dans le film dans les dérush qu'on a fait et le début du montage On voit bien d'ailleurs, même juste sur le visage, les expressions. Il y a des plans de moi à Aiguines, qui est le dernier village avant Moustiers, juste avant d'arriver au lac. On me voit remplir ma flasque à la fontaine du village, et j'ai un regard vide. Je suis... Et Antoine m'a montré ça en faisant le dérush. Et vraiment, j'ai un vide dans le regard, c'est hallucinant. Et là, il me dit, mais tu devais être au fond, Je pense que dans ma tête, je ne sais pas ce qu'il y avait à ce moment-là, mais mon visage me trahit.
- Romain Adam
C'était la douleur.
- Hugo
Oui, la douleur, la fatigue. Besoin de sucre. Oui, besoin de manger et de boire. Mais oui, il y a eu des moments comme ça assez forts. Et puis d'autres où on s'est marrés. Trouver ça cool, quoi.
- Romain Adam
Parfait. Est-ce que tu avais d'autres questions sur la partie aventure ?
- Maéva
Je ne sais pas si vous avez d'autres idées de défis suite à celui-là. Est-ce que ça donne envie d'en refaire, justement ?
- Hugo
Oui, ça donne envie d'en refaire. Je sais que Maxime, cette année, il a quelques courses de prévues. Il reprend un ou deux dossards. Moi, j'ai... pas prévu d'en reprendre, pas parce que je veux pas, mais parce que là, les conditions font que c'est pas forcément le bon moment. Il y a quand même pas mal de travail pour finir le film, etc., donc ça demande du temps. Par contre, en avril, je repars en Corse, du coup, en l'occurrence avec Antoine et Damien, qui font du coup du trail aussi, en plus de nous filmer et de filmer d'autres gens. Et du coup, ils ont un super projet sur l'histoire des sentiers. Du coup, comme Antoine est corse, il m'a proposé de venir avec eux là, donc que... cette année en Corse pour refaire une itinérance de 2-3 jours aussi donc ça je sais que c'est une des choses qui m'attend cette année et puis peut-être participer à un événement qui s'appelle The Off qui propose des événements très itinérants donc quelques dizaines de personnes pareil sur 2 jours il y en a un fin mai dans la Sainte-Baume c'est pas très loin de la maison donc potentiellement y aller J'ai peu de visibilité sur la deuxième partie de l'année, donc on verra un petit peu ce qui se profile, mais j'imagine qu'il y a des choses qui vont finir par arriver.
- Romain Adam
Super. On va partir sur la partie médiatisation du projet. Déjà, est-ce que l'aventure en off, ça a changé ton rapport à la montagne ? Est-ce que c'était déjà quelque chose que tu avais souhaité, que tu avais l'habitude de faire en amont, ou c'est vraiment ce projet-là qui a changé ta phase ?
- Hugo
Alors je dirais que c'est plutôt, l'itinérance et le off, c'est plutôt la concrétisation d'un chemin de réflexion par rapport à ma pratique. Donc comme je disais tout à l'heure, je pense que j'ai eu un peu un déclic après l'ultra de Courmayeur, où je me suis dit, vraiment j'ai envie de plus profiter des territoires que je traverse, et j'étais un peu frustré justement de ne pas découvrir ce qui s'y passe, de m'y intéresser un petit peu plus, etc. Et du coup, en fait, c'est à partir de cette réflexion-là que je me suis dit, tiens, est-ce qu'il existe d'autres modalités de pratique ? Évidemment, oui. C'est vrai qu'on a souvent le modèle des courses en tête, mais on peut pratiquer. Et d'ailleurs, je pense que la plupart des gens pratiquent en dehors des courses parce que quand ils s'entraînent chez eux, quand ils vont courir longtemps le week-end, en fait, ils sont en dehors des organisations et des événements. Donc du coup, moi, j'avais envie un peu de me réapproprier ce libre arbitre et ce choix aussi de partir un peu à l'aventure. Et donc, du coup, c'est plutôt... Ce film et en l'occurrence cette itinérance qui ont été un petit peu la concrétisation de cette réflexion-là. Et du coup, c'est d'autant plus chouette d'en faire un souvenir, parce que ce film, ça sera aussi une bonne manière de se souvenir de cette première itinérance. Je ne sais pas, parce que oui, on a déjà fait des week-ends chocs avec plusieurs sorties, mais ce n'était pas vraiment des itinérances, donc je dirais que celle-ci, c'était la vraie première.
- Maéva
Tu as parlé d'une course à Courmayeur et je crois que ce n'est pas la CCC. C'est quelle course ?
- Hugo
En 2024, on a fait le grand trail de Courmayeur. C'est celle-ci. Pour l'info, c'est 110 et 8000 et quelques. C'est un gros ratio. C'était un gros ratio. Très belle course, évidemment. Très dure, mais très belle course. Et en fait, je pense que c'est non pas cette course-là en particulier qui m'a fait avoir un déclic, mais je pense que tous les ans, après les courses, donc plutôt à la fin de l'automne, je me disais, tiens, en fait, cette année, tu as beaucoup couru. Qu'est-ce que tu retiens de l'année ? C'est quoi ton feeling ? Je me suis beaucoup écouté au niveau de l'émotion, du ressenti. Et j'ai senti d'année en année que... Et Maxime, lui, il partage aussi un peu ça, mais plus sur l'aspect... un peu logistique de se rendre à une course, le dossard, venir puis repartir. Et du coup, il y a eu un peu ce truc de je crois qu'on a besoin aussi de se réinventer et c'est ok de se dire que cette année, je ne prendrai pas de dossard. C'est chouette aussi d'aller explorer d'autres choses. Et je pense qu'il y a un temps pour tout. Et du coup, j'ai eu un peu ce chemin de réflexion d'année en année. Et du coup, il s'est un peu cristallisé à ce moment-là. Et en même temps, il est venu l'idée du film. Donc du coup, tout s'est un peu aligné.
- Romain Adam
C'est vrai que quand tu parles de cette vallée-là, de l'autre côté du Mont-Blanc à Courmayeur, c'est vrai que quand on fait le Tour du Mont-Blanc, par exemple, moi j'ai eu la chance de faire à la fois l'UTMB et le Tour du Mont-Blanc en off. Et c'est vrai que tu peux découvrir des choses de façon beaucoup plus approfondie via ces Tours du Mont-Blanc, parce que je trouve super sur le Tour du Mont-Blanc et que j'encourage tout le monde à faire, même si évidemment il est déjà très médiatisé. Mais c'est par exemple, c'est en fait chaque vallée, tu vois que le côté français, par exemple, il a une certaine atmosphère, moi c'est celui que je connais bien. en l'occurrence, mais le côté italien qui est encore plus haute montagne et il y a quelque chose de vraiment très fort autour de Courmayeur. On sent bien finalement l'atmosphère autour de cette petite ville de montagne. Et puis la Suisse qui est encore aussi quelque chose de très différent. On ne voit quasiment pas le Mont Blanc, mais c'est presque encore plus authentique avec les chalets de montagne, etc. Et donc c'est vrai que de faire ce tour-là, on le voit vraiment, on s'en rend vraiment compte quand on fait le tour du Mont Blanc en off. Et par contre, quand on fait l'UTMB... Sur l'UTMB, on se rend moins compte de ces changements d'atmosphère. Par contre, on est porté par une organisation, une atmosphère en mode Tour de France qui est quand même très différente. Donc l'expérience est vraiment très différente. Je ne peux pas dire qu'il y en a une qui est mieux que l'autre. Mais en tout cas, de vivre les deux, c'est quelque chose d'intéressant.
- Hugo
D'ailleurs, ça me fait penser à un article de Xavier Cailhol, qui est un glaciologue et guide de haute montagne, qui écrit souvent sur la pratique de l'alpinisme. Et justement, il disait, en fait, souvent, on en vient très vite à parler des cotations, comme dans le trail, on en vient très vite à parler du kilométrage, du dénivelé, du temps, des chronos, etc. Et je pense que moi, j'avais besoin d'être plus dans une pratique liée à l'émotion, au ressenti, à l'exploration, à l'observation. Et donc ça, après, c'est propre à chacun. Mais moi, je sais que c'est ça que j'avais envie de pousser, plus que d'aller chercher des chronos ou des distances, etc. Donc, effectivement, c'est une autre approche. Mais du coup, j'invite aussi tous les gens qui pratiquent à se questionner sur ce qu'ils aiment profondément. Est-ce que c'est le goût de la compète ou de la performance ? Et en soi, c'est OK. On aime bien tous se challenger et repousser nos limites, moi le premier. Mais je trouve ça intéressant de faire un pas de côté et de se dire qu'il y a d'autres types de pratiques qui permettent aussi d'ouvrir d'autres horizons. Et surtout, comme tu disais, de finalement, à la fin de ces expériences, quelles qu'elles soient, d'avoir un ressenti et des émotions qui sont... mais qui sont très différentes effectivement de je participe à une course versus je fais du off. C'est sûr qu'on ne vit pas du tout le même type d'expérience. Donc moi je trouve ça assez chouette d'expérimenter les deux, mais surtout d'essayer de trouver un petit peu ce qui nous correspond le plus, parce qu'on est tous différents et donc on aime plus certains aspects ici et là. Et puis encore une fois, il y a un moment pour tout. Moi j'ai senti qu'à ce moment-là, j'avais envie d'aller plus vers ça, et je ne regrette pas parce que ça m'a fait vivre des choses qui étaient très différentes, et peut-être plus alignées avec ma vision de mon rapport à la montagne, et ma curiosité d'aller justement découvrir un massif, comprendre un peu ce qui s'y passe. Et là en plus avec le film, on a fait des rencontres, on a beaucoup discuté avec des gens de la région, etc. Donc ça a renforcé ce côté découverte, et un jour j'aimerais bien faire peut-être une itinérance beaucoup plus longue. avec moins de kilomètres par exemple à la journée pour justement se laisser l'opportunité d'aller à la rencontre des gens davantage encore que ce qu'on a pu faire sur ce projet
- Romain Adam
Pour ceux qui nous écoutent, c'est vrai que tu as parlé, là c'était surtout 60 km par jour. Quand tu es entre 30 et 60 km, évidemment, si ça se retrouve à 3, 4, 5 jours, il faut réduire la durée. Mais ce qu'on peut conseiller, un peu quel que soit le niveau des personnes finalement, tout ce qui est entre 30 et 60 km dans une journée, c'est déjà très bien. Et si on veut profiter, plus la durée s'allonge, plus il peut y avoir des aléas au niveau météo ou à forme physique ou autre. Et donc dans ce cas-là, il faut être un peu conservateur et réduire un petit peu la durée de l'effort.
- Hugo
Je partage ça et je dirais même d'ailleurs un 30-40 par jour sur plusieurs jours finalement c'est un format qui laisse place aux aléas mais aussi au côté je profite et je ne vais pas être 12h sur les sentiers mais comme c'est sur plusieurs jours du coup ça sera largement suffisant et en fait en général on part pas pas en itinérance seule, enfin en tout cas moi c'est pas comme ça que je le vois, j'imagine l'itinérance aussi pour le côté lien humain et partage avec les autres donc du coup je me dis laisser un petit peu plus de temps en dehors de vraiment la pratique physique du trail, c'est aussi l'occasion de créer du lien, se marrer et profiter aussi
- Romain Adam
Moi je reviens sur la partie tu nous as dit que tu avais pitché un peu le projet avant même que ça ait lieu à quel moment Tu as décidé, enfin en tout cas tu as voulu que ce soit médiatisé cette expérience, est-ce que tu, enfin voilà, comment ça s'est passé un peu ce process là ?
- Hugo
Bah en fait c'est un peu un concours de circonstances parce que quand j'ai eu fini du coup cet ultra à Courmayeur, j'avais un peu mon cheminement de pensée qui continuait à progresser donc vers ce que j'expliquais tout à l'heure et en fait c'est le hasard, c'est-à-dire que j'ai vu sur les réseaux Cet appel à projet du Explorer Alpes Festival à Bourg-Saint-Maurice. Souvent, j'avais déjà vu des appels à projet, mais les dates, c'était tout le temps en last minute. Je n'avais pas le temps d'écrire le dossier, que ce soit des projets d'écriture, de podcast, de film, peu importe. Et là, c'était parfait. J'avais un mois ou un mois et demi devant moi. Du coup, j'avais fini un peu ma saison. Je n'avais plus m'entraîner autant, etc. J'avais plutôt fait de la récup. Et du coup, là, je me suis dit, mais en fait, finalement, est-ce que c'est... chemin de pensée, de réflexion sur la pratique du trail, le rapport au territoire etc. Est-ce que c'est pas quelque chose que j'ai envie de partager ? Je me suis dit bon je vais faire l'exercice de monter ce dossier et de l'envoyer, ça coûte rien et en fait on verra ce qui se passe. Et en fait c'est un peu cet alignement de planète là qui m'a mis le pied à l'étrier et qui finalement fait qu'on en est là aujourd'hui. C'est juste ça en fait. Donc des fois le hasard est bien fait.
- Romain Adam
Et comment t'as... Vous avez l'équipe qui vous a filmé. Comment ça, vous avez tout mis en place ? Comment tu as fait la présentation du projet ? Mais après, comment on sélectionne tous les prestataires ? Comment ça s'est passé, même avec le territoire, pour la mise en avant, les financements ? Comment tout s'est déroulé un petit peu ?
- Hugo
Alors du coup, si on remonte un petit peu en arrière, 2025, on fait l'itinérance en mai. Du coup, je... Avant ça, évidemment, on a trouvé une prod. Donc moi, j'ai participé à un événement à Bourg-Saint-Maurice qui s'appelle Agir pour les glaciers, qui était un événement qui rassemble des scientifiques, des philosophes, des sociologues et puis des gens de la montagne pour parler des enjeux des glaciers. Et en fait, à cet événement-là, il y avait un Running Minds de la fondation Kilian Jornet. Et du coup, j'y participe. Et en fait, le photographe de cet événement, c'était Antoine. et en fait je sais pas il avait l'air hyper sympathique et du coup en fait moi à ce moment là je cherchais un ou une photographe pour le Verdon en plus de la prod vidéo et du coup je lui ai dit salut trop bien c'est toi le photographe de l'événement et il me dit ouais ouais et puis en fait on commence à parler et là je lui pitch le projet du film Et du coup, je dis, d'ailleurs, si tu es dispo, moi, je cherche un photographe et il me dit, moi, je fais plutôt de la vidéo. Mais bon, si vraiment tu es en galère, je peux venir, il n'y a pas de souci. Et donc, je repars de cet événement en ayant ça en tête. Et puis finalement, on avait déjà trouvé une prod, mais finalement, ça ne l'a pas fait. Et entre temps, j'ai trouvé une photographe dans le Verdon, Marielle, que je remercie encore pour son travail incroyable et son soutien. Et du coup là je rappelle Antoine et je lui dis ouais en fait ça m'intéresse de creuser le sujet du coup pour que vous soyez la prod avec qui on part pour faire le film. Et donc il cogite, il en parle, il avait bien accroché en fait avec le pitch du projet que je lui ai fait au moment où on s'était vu. Et du coup là il me rappelle et c'est là qu'il me dit bah ok. On part avec vous si vous êtes OK. Par contre, il faut décaler les dates du tournage parce qu'on n'est pas dispo. Et donc là, du coup, on a juste décalé d'un week-end. Et au final, ça l'a fait. Et du coup, on les a trouvés. Donc, on était trop content de bosser avec eux. Et on a tissé des super liens. Et voilà, c'est deux personnes en or. Et du coup, ensuite, ça, c'était en mai 2025. Et ensuite, entre mai et octobre, on a été trouver des partenaires. on a monté tout le travail de la campagne de financement participatif qui s'est terminée fin octobre et qui a duré tout le mois d'octobre et donc ça ça a été un gros moment du coup du projet dont vous avez fait partie du coup puisque vous nous avez soutenu et merci encore et donc du coup on a tout fait pour que ce moment du mois d'octobre puisse avoir lieu et qu'on puisse réunir les fonds nécessaires pour financer du coup en partie le montage notamment Et voilà, et depuis octobre, du coup, on travaille plus sur la partie post-production. Donc là, pour être tout à fait honnête, on a tourné les dernières images en février, enfin fin janvier, début février, et on a commencé du coup le montage depuis. Donc le dérush avait déjà été fait, on savait exactement qui on allait interviewer, comment, quelles questions on allait poser, donc ce qui fait que très vite, on a pu à la fois avancer sur le dérush et... préparer les interviews. Maintenant, on a toutes les images. Maintenant, il faut mettre tout ça en place et en ordre pour que le film sorte. C'est combien d'heures de montage ? Il faut poser la question au monteur. En vrai, dans mes souvenirs et dans les discussions qu'on a eues avec Antoine et Damien, c'est une grosse vingtaine de jours de travail. Pour un format, 20-25 minutes. Donc ouais, il y a du travail. Du coup, tout le cadrage pendant le... Ouais, donc il y a la partie production. Puis après, les interviews que vous avez faites. Les interviews, donc ils sont revenus dans le Verdon pour filmer ça. Il y a le montage. Après, il y a toute la partie colorimétrie, donc étalonnage et compagnie. Il y a le son. Du coup, mon frère va s'occuper de la musique. La partie musique et sound design. et puis voilà après il y a plein évidemment, il y aura la voix off enregistrée, du coup il y a encore beaucoup de travail mais là maintenant on est sur la bonne voie en tout cas on voit entre guillemets le bout du tunnel dans le sens on sent que l'objet final va être concrétisé donc ça fait plaisir et toi à la base tu viens du milieu je sais pas si... cinématographique ou artistique je suis pas réalisateur je suis déjà un peu auteur pour ce film du coup c'est plutôt Antoine et Damien qui seront à la réale mais du coup là on est dans une dynamique de travail qui est effectivement j'allais dire un peu originale dans le sens où le réalisateur n'est pas l'auteur et inversement puisque du coup on travaille un peu là en ce moment surtout avec Antoine où on a posé un peu un arc narratif avec des séquences et moi j'ai commencé à écrire vraiment avec des mots très précis ce qu'on a envie de dire ensuite Antoine a repris ça avec le dérush il commence à poser un peu les séquences avec les images qu'on a choisi et puis ensuite on va reprendre ça comme base pour retravailler la narration donc en fait ça fait un espèce de ping-pong comme ça donc ça c'est un peu un travail inédit pour moi même si j'ai des expériences dans l'audiovisuel par ailleurs j'ai déjà hosté un podcast j'ai déjà une boîte de production où on faisait du contenu vidéo notamment donc j'ai Je suis familier, on va dire, avec cet univers-là, mais je ne suis pas un professionnel de l'image ou du cinéma.
- Maéva
Et donc là, le film va sortir sur le fin de printemps, on va dire.
- Hugo
Oui, c'est ça.
- Maéva
Comment on sent après tout ce chemin parcouru ?
- Hugo
Je vais être très honnête, je pense qu'on va démarrer la partie ultra kiffante du projet, enfin. Non, en vrai, ce n'est pas que le reste était une tannée ou... Mais bon, il y a eu des moments difficiles. Il y a toujours des moments de doute dans un projet comme ça. Et forcément, quand on sent que le sujet de diffusion arrive dans la tout doux, dans le calendrier, on se dit, c'est trop cool, on est proche du but. Et du coup, c'est là qu'on se rend compte que monter un film, entre guillemets, seul, dans le sens où on a un peu tout fait de zéro, on s'est donné beaucoup de mal pour arriver jusque-là. Et du coup, c'est vrai que sentir que le projet se concrétise en reprenant les années, parce que finalement, l'idée remonte à mi-2024. Et donc, voilà, on arrive bientôt à mi-2026. Donc, en fait, c'est un projet sur deux, trois ans. Et ça, je pense que quand j'ai décidé de faire le projet, alors même que je n'avais pas été sélectionné au Explorer Festival, je ne me rendais pas compte, je pense, de ce dans quoi ça allait m'embarquer. Ça peut te rassurer quand tu crées une application mobile. Ouais, j'imagine que c'est pareil. C'est des vrais projets entrepreneuriaux. En particulier votre film, je pense que ça permet aussi d'aller au-delà de la course à pied et puis de vivre des émotions et de grandir, j'imagine. Ouais, si on fait le parallèle entre un ultra et un projet de ce genre. C'est pareil, il y a des moments d'euphorie et puis il y a des moments de gros down où on se dit mais putain j'ai envie de... Donc moi ça m'arrive des fois pendant deux semaines de ne pas avancer sur le projet parce qu'en fait juste à un moment donné c'est trop et j'ai besoin de me détacher un peu de ça. Comme ce n'est pas mon activité professionnelle, du coup j'ai la chance de pouvoir me dire bon ben c'est pas grave si là je perds deux semaines, si c'est pour revenir sur le projet, retravailler dessus avec une énergie positive nouvelle, bah du coup ça c'est un luxe pour le coup de pouvoir se le permettre.
- Maéva
Et qu'est-ce qui va arriver ensuite, une fois que le film sort ?
- Hugo
Eh bien, du coup, l'idée, c'est d'organiser une série d'avant-première, idéalement, et puis d'emmener ce film en festival pour qu'il voyage un peu. Donc, on a quelques festivals en tête, quelques pistes. Et puis, on a aussi notre partenaire Uptrack sur la diffusion digitale. Et donc, du coup, on espère voir ce film aussi sur la plateforme à terme. Donc l'idée, c'est d'essayer de... multiplier les opportunités de diffusion et puis avec tous les messages qu'on a envie aussi de porter et qu'on porte dans le film sur justement le rapport au territoire, la manière dont le film s'est fait aussi, sur les choix de réalisation. Par exemple, on n'a pas utilisé de drone pendant ce tournage. C'était pour deux raisons en fait. La première, c'est que le moment où on a tourné dans le Verdon, c'est la nidification des oiseaux, donc on voulait suivre plutôt les recommandations du coup. le parc à ce niveau là donc on s'est dit pas drone et on voulait aussi avoir un point de vue très terre à terre et plutôt à niveau d'homme en fait sur la réalisation donc du coup c'est aussi pour ça qu'il n'y a pas de plan en drone dans ce film et puis la partie aussi plus liée à la découverte, au territoire donc c'est aussi le film mais c'est aussi les messages donc j'espère que je pourrais participer à quelques avant premières pour venir un petit peu dialoguer avec que avec les gens autour de ces sujets-là, et c'est ça qui me donne envie. Et puis pour ceux qui nous ont soutenus dans la campagne de financement participatif, il y aura une édition papier du projet, qui est du coup un magazine qui va faire, je ne sais pas moi, entre 60 et 100 pages, on ne sait pas exactement encore, on est en train de travailler dessus, et qui va aussi être un recueil d'interviews, de photoreportages, que moi j'ai pu mener en parallèle du projet, en allant voir justement les acteurs du territoire. Donc je suis allé voir par exemple Un éco-garde qui m'a parlé justement de son travail de garde dans un parc. Et en l'occurrence, c'est lui qui avait créé la trace qu'on a utilisée pour notre itinérance. Donc c'était chouette. Je suis allé voir un berger qui fait paître ses bêtes dans un camp militaire, donc le camp militaire de Canjuers. Donc ça, c'est quand même assez fou. J'ai rencontré Violette qui gère un gîte et qui accueille des randonneurs, des cyclistes, des grimpeurs dans le Verdon. tout un tas de personnes qui finalement sont des gens qui font aussi ce qu'est le territoire et du coup je trouvais ça assez chouette de les mettre à l'honneur et du coup on n'a pas pu mettre tout le monde dans le film donc du coup on s'est dit que ce serait chouette de faire un objet papier qui témoigne un petit peu de tout ça
- Maéva
On vous souhaite beaucoup de succès du coup pour le film et puis la suite on va bientôt avoir terminé cet épisode mais avant on a une petite question on appelle ça l'instant cœur à cœur L'idée, c'est que tu puisses poser la question de ton choix au prochain invité. Tu ne connais pas son identité, on ne sait pas qui c'est. Tu vas pouvoir lui poser la question de ton choix. La dernière fois, on avait Julien qui nous avait posé la question. Ta question, c'est pourquoi tu cours ?
- Hugo
C'est une question simple et difficile à la fois. Je ne sais pas qui tu es, Julien, mais ce n'est pas une question facile finalement. Je pense que, comme beaucoup, c'est une question d'équilibre aussi dans le monde dans lequel on est. Tout va très vite. Moi, je sais que j'utilise, on va dire, je pratique la course à pied, le trail notamment, pour me sentir bien dans mon corps, mais aussi dans ma tête, parce que contrairement typiquement à la grimpe, qui est un autre sport que je pratique, dans la grimpe, tu dois être vraiment dans l'instant présent, tu ne peux pas vraiment réfléchir à autre chose. Alors que dans la pratique de la course à pied et du trail, Bon, mettre un pied devant l'autre, à priori, sauf sur des sentiers très techniques, on va dire qu'on a une liberté d'esprit qui est plus large. Et donc du coup, moi j'utilise aussi la course à pied dans des moments où je me sens un peu frustré ou un peu énervé, j'en sais rien. Et puis en fait, dès que j'ai fini mon run, je me sens bien. Et donc je pense que c'est vraiment pourquoi je cours, je pense que c'est plus une question d'équilibre. que c'est quelque chose de récurrent toutes les semaines, c'est parce que l'équilibre c'est quelque chose qui se travaille c'est pas une fois tous les 4 matins c'est à la fois devenu une hygiène de vie mais je le fais moins pour le côté hygiène de vie que pour le côté équilibre mental et ce qui va avec
- Maéva
Merci, et du coup quelle serait ta question pour le prochain invité ?
- Hugo
C'est forcément quelqu'un qui fait du trail ou ça peut être quelqu'un qui fait de la course à pied ? Oui, peu importe. Ou professionnel dans le monde de la course. Peut-être... Cher inconnu, qu'est-ce que tu aimerais voir advenir dans le futur, dans la discipline dans laquelle tu es ? Question large et prospective. Bon courage.
- Maéva
Merci beaucoup, Hugo, pour ton témoignage. J'espère que ça donnera envie aux auditeurs de découvrir un peu les sentiers en off, les aventures en itinérance.
- Hugo
N'hésitez pas d'ailleurs à nous dire si vous avez des défis prochainement ou si vous en avez réalisé justement et qui mérite d'être partagé. Ce sera sympa de partager avec le reste de la communauté. Et puis n'hésitez pas si vous avez des questions sur les réseaux, ça va très vite, on peut facilement se contacter aujourd'hui. Donc n'hésitez pas s'il y a des questions et si le Verdon vous donne envie, n'hésitez pas, c'est une magnifique région, elle est fragile mais elle est très belle.
- Maéva
Et puis nous on vous mettra à disposition dès que le film sera disponible. pour que vous puissiez suivre l'aventure de Maxime et Hugo. Et puis, on espère que tout se passera bien après pour la diffusion du film et qu'on verra le film dans de nombreux festivals.
- Hugo
Eh bien, oui. Merci à tous les deux. Et puis, à très vite ici ou ailleurs sur les sentiers.
- Maéva
Merci, Romain, pour ta présence. Et puis, nous, on se dit à bientôt pour un nouvel épisode de BPM.