- Speaker #0
On y go ?
- Speaker #1
Ben, go, vas-y.
- Speaker #0
Tu stresses ?
- Speaker #1
Ouais. T'es fou !
- Speaker #0
Je l'ai senti.
- Speaker #1
Déjà, je suis à l'arrière de la caméra de base et là, il y en a trois.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai. Mais non, Henri, t'inquiète pas. Bienvenue dans un nouvel épisode de Brillante Mésaventure. Aujourd'hui, on se retrouve pour papoter avec une entrepreneuse que j'aime beaucoup. Bienvenue. Merci. T'es stressée. T'es stressée. Ça se voit. Ça se voit que t'es pas dans le bon mood. Lolo, t'inquiète. T'inquiète. Allez, on respire. T'as quel âge ? 26. T'es vieille. T'es vieille. Vieille stressée. Fais gaffe, le stress ça rend des rides. Ça donne des rides. Mais après en vrai les rides là ça va. C'est les rides du bonheur, ça veut dire que tu rigoles beaucoup.
- Speaker #1
Ouais, je rigole beaucoup de stress, genre là.
- Speaker #0
Tu rigoles de l'air ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est quoi ce qui te définirait le mieux ?
- Speaker #1
Oula, des brouillardes dans le sens où si je te dis mon parcours en peut-être une minute, j'ai tout fait. Dans le sens où j'ai commencé à l'école, je n'étais pas du tout studieuse.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Enfin au collège. Après au lycée, j'étais un peu plus, c'était un peu la Hermione Granger du lycée. Donc tout le monde détestait. Alors qu'à la fin de mon bac, du coup, genre mon meilleur ami qui n'a jamais rien travaillé. Lui, il a eu une super bonne note en ne faisant rien. Moi, j'ai potassé de ouf. J'ai appénu une masse. Mais bon, je me suis dit bon, ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Hermione, elle travaille de ouf.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
mais elle a des bonnes notes.
- Speaker #1
Oui, mais moi, j'avais des bonnes notes, mais pas assez. Je pense que j'avais déjà ce côté un peu perfectionniste déjà. Ok. Au lycée. Et je ne savais pas du tout quoi faire de ma vie. Genre j'ai fait un bac pro accompagnement, soins et services à la personne, tu sais c'est dans tout ce qui est aide à domicile. Donc j'ai fait ça pendant trois ans au lycée. Et finalement après j'ai voulu faire un BTS mais ça s'est pas fait, j'ai fini en fac de psycho. Comment te dire que j'ai fait...
- Speaker #0
T'es partie un peu...
- Speaker #1
J'ai fait un semestre en psycho et je me suis dit tu peux pas rater tes partiels si tu vas pas. Donc j'ai complètement arrêté. Je me suis retrouvée au McDo. pour payer ma voiture et payer du coup mon permis. Et je me suis dit, bof, comme tous les jeunes, j'y reste 2, 3 mois, 4 mois pour financer. Je suis restée 4 ans.
- Speaker #0
Aïe.
- Speaker #1
Bon, après de là-haut, quand je suis restée 4 ans, du coup je me suis mis avec une fille là-haut. Donc on a eu une relation de 3 ans. Ça s'est pas trop bien fini, on s'est séparés, etc. Mais en fait, à partir de la séparation, j'ai tout claqué. J'ai quitté mon CDI chez McDo.
- Speaker #0
Les ruptures, c'est le meilleur remède pour faire des glow-up.
- Speaker #1
Ça a été une super bonne école tu vois mais c'est vrai qu'en fait au bout de 4 ans j'avais plus envie. Puis vu que c'était un peu... On s'est rencontré dans ce travail là, je me suis dit "je veux plus". J'arrête, je veux tout couper. Et donc en fait j'ai complètement arrêté, j'ai dit "allez je reprends mes études, on teste", de toute façon maintenant entièrement ça allait et tout.
- Speaker #0
Donc là t'es dans tes études actuellement ? Ouais.
- Speaker #1
J'ai commencé avec un bachelor en RH. Parce que vu qu'avec le McDo, j'avais déjà appris pas mal de RH. J'ai pu faire un tremplin directement en bac plus 3. Donc j'ai utilisé deux ans en fait, tu vois. Et le problème c'est que le RH ça me saoulait parce que t'étais tout le temps assise. Et c'était une meuf de terrain. Enfin j'étais déjà au McDo, j'étais une meuf de terrain.
- Speaker #0
Et c'est pour ça du pourquoi, du comment. Mais pour récapituler au niveau scolaire, tu te définirais au niveau période collège, lycée et primaire. Donc truc basique avant le bac. Tu te définis comme l'intellectuel... comme son nom l'indique, celle qui a des facilités d'apprentissage et une soif d'apprendre. Dynamique, toujours motivée et prête à se lancer dans de nouveaux défis d'apprentissage. Ou l'aimable qui a besoin de reconnaissance, d'attention. Perfectionniste, cherche toujours à bien faire et est assez sévère avec lui-même. L'émotionnel a du mal à gérer ses émotions et très créatif. L'enthousiaste, positif dans toutes les situations, a du mal à être discipliné. ou la rebelle rencontre des difficultés avec l'autorité ?
- Speaker #1
Je ne vais pas dire que tu as un mélange de tout. Oui,
- Speaker #0
un peu tout. De ce que je peux savoir de toi.
- Speaker #1
Il y a des traits qui ont été plus présents, plus jeunes. Et là maintenant, c'est plus perfectionniste et peut-être créatif. Et surtout, j'aime pas les ordres. Je pense que c'est aussi pour ça qu'après je me suis lancée à mon compte sur la photo.
- Speaker #0
Mais au niveau de la photo, t'as commencé genre depuis très très jeune ? T'as de la famille qui font de la photo ?
- Speaker #1
Ma mère en faisait. Ma mère en faisait plus jeune, etc. Mais genre comme ça pour la famille. Et en fait, moi, ça a commencé où juste simplement j'ai fait de la photo avec des animaux. Pour le parcours un peu plus, on va dire musique, festival, événements, c'est que si tu veux, entre le moment où j'ai arrêté la fac, j'ai travaillé en tant que service pendant six mois. Donc j'ai eu un CDD et après ce CDD-là, en fait, j'ai décidé de ne pas le renouveler pour profiter un peu du chômage et du système. J'avoue.
- Speaker #0
Bah tu ne profites pas du système, désolée, mais personnellement, ce que je repense de ça, si tu es au chômage, tu ne profites pas du système, tu profites juste des cotisations que tu as eues, que tu as faites. C'est un droit. Ce n'est pas comme si tu voulais l'argent du contribuable, non. ton argent que tu as investi ?
- Speaker #1
L'argent que j'ai investi, pendant un an, j'ai fait 14 festivals de musique. En un an. J'ai vécu ma best life. J'ai arrêté de fester et j'ai fait ça pendant un an.
- Speaker #0
Au moins, tu n'as pas rien fait durant le chômage.
- Speaker #1
Non, mais du coup, j'ai bougé un peu partout, mais sur des petits festivals. Des trucs à 10, 15, 20 balles. Et en fait, on avait un abonnement TGV où tu ne payais pas les trains. c'était la merde parce que tu prenais 4 trains pour descendre jusqu'à Nice, mais tu payais pas de train. Et en fait je suivais le groupe là à l'époque ils étaient connus pour des trucs de rap 47 terres. Et en fait ce qui s'est passé c'est que avec ma pote, du coup ma pote d'enfance qui s'appelle Clélia, on a fait 14 dates avec eux. Mais en fait on était tout le temps devant, mais du coup bah on a fini genre... par bien s'entendre, parce qu'ils nous voyaient tout le temps, les deux nanas avec leur pichet de bière devant.
- Speaker #0
En vrai, à force de bouger et d'aller tout le temps dans des endroits, tu recroises toujours les mêmes personnes et quand une personne, qu'elle soit célèbre ou non, quand elle voit tout le temps la même gueule, au bout d'un moment, elle va vers la personne. Il n'y a pas de question de timidité ou quoi. Donc là, il est venu vers toi et c'est passé quoi ?
- Speaker #1
En fait, ce qui s'est passé, c'est que... Alors, j'avais pas un iPhone à l'époque. J'avais un autre téléphone et tout, mais il prenait des bonnes photos, tu vois. Et en fait, quand tu fais 14 dates, évidemment, la setlist, tu la connais. Donc, tu t'en fous du concert, mais genre, ta petite bière, machin, c'est devenu limite un rituel du week-end. Et j'avais pris une photo de Lopez, du coup. Celui qui fait de la guitare. Et il l'a mis en photo de profil sur son compte Facebook. Et je me suis sentie grave famous. Je me suis dit, genre, trop bien la queen. Et je pense que c'est là que ça a découlé la photo, en vrai. Genre, je sais pas, j'ai eu la vision de faire ça.
- Speaker #0
Respire. T'as avalé de travers ? Oui. Respire. En vrai, j'ai de la chance de ouf d'être hyper empathique parce que la personne, elle avait même pas besoin de dire que je sais, Respire, respire, respire. Mais en vrai, à partir du moment, genre, il y a quelqu'un d'assez célèbre qui met une photo de toi, enfin, de photos que tu as créées en photo de profil. C'est un peu une validation de ton travail.
- Speaker #1
Ah bah oui, mais complètement. Et en fait, c'est parti de là. Quand il a validé la photo comme ça, moi j'étais refaite et je me suis dit ok, je vais faire ça. Direct.
- Speaker #0
Ouais, la satisfaction que t'as eue, c'est ça. Ouais. Et pour toi, t'estimes à l'heure actuelle avoir réussi ou pas ?
- Speaker #1
De où je me voyais quand j'ai commencé, donc il y a un an et demi, deux ans. Ouais, pour l'instant. Mais je pense que mon côté perfectionniste reprend le dessus. Et j'ai un peu ce syndrome de... Je travaille.
- Speaker #0
Tu lances la balle encore plus loin qu'avant.
- Speaker #1
C'est genre je travaille, mais en fait, je me dis, il y a des choses qui viennent à moi. Alors d'un côté, je me dis que c'est de la chance. D'un autre côté, je me dis que c'est quand même mon travail. Mais je me dis, on te donne ça, il faut que tu vises encore plus loin.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu vois, en mode... Pas je me dis que je ne mérite pas ce que déjà on m'offre. Mais je me dis qu'il faut que je prouve que ce qu'on m'a offert, je l'ai mérité. Et du coup, je vise encore... Deux fois plus loin, deux fois plus haut.
- Speaker #0
Le syndrome de l'âge !
- Speaker #1
Le fameux on y est !
- Speaker #0
On est plein dedans là, on est clairement plein dedans. Mais tu es là, mais c'est...
- Speaker #1
Fois 15 000.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Fois 15 000.
- Speaker #0
En vrai je pense que c'est un peu un truc de nana, ou pas du tout, mais moi je sais que je l'ai, et depuis le début, c'est horrible de vivre avec ça, parce que par exemple, il y a un TikTok que t'as fait il n'y a pas très longtemps, tu disais... que les gens ils kiffaient ton travail et te demandaient comment tu fais ça et toi t'es là en mode je sais pas je clique je clique et la photo elle est là mais pour certaines personnes ça peut être hyper compliqué comme d'autres, comme pour toi c'est hyper simple et ça moi je te retrouve dessus pour par exemple le trade eyeliner un truc simple pour moi tout le monde arrête pas de me dire Comment tu fais ton trait d'eyeliner ? Je prends mon eyeliner, je fais un trait. Et c'est bon, c'est emballé, c'est pesé. Comment tu fais pour paquiller ? Je prends un pinceau. Je ne sais pas, il y a 50 000 vidéos sur YouTube. Tu prends une vidéo et tu reproches. Pour moi, c'est exactement la même chose. Mais il y a des gens qui sont là, ils trouvent bien et tout. J'ai pas l'impression en fait de... Comme j'ai pas galéré, j'ai l'impression que c'est pas acquis. Et toi tu te ressens dans ça ?
- Speaker #1
Je pense que les relations autour de soi sont très importantes.
- Speaker #0
C'est limite le mantra du podcast, faites attention à votre entourage.
- Speaker #1
C'est le syndrome de l'imposteur et faites attention à votre entourage. Parce que tu vois dans mes anciennes relations c'était souvent tu peux pas, t'arriveras pas.
- Speaker #0
Mais les mousses sont hyper importantes.
- Speaker #1
Tu pourras pas gérer tout seul. Dans mon ancienne relation, ça a mis fin avant de faire mon espèce de big bang et de me révéler la personne que je suis. Du coup, c'est ça tout le temps. Tu ne peux pas gérer ça toute seule, tu ne peux pas faire ci, tu ne peux pas aller là.
- Speaker #0
La personne est plus estimée beaucoup.
- Speaker #1
Et après, mentalement, je pense que c'est resté. Petit à petit, ça se soigne maintenant, mais je pense que c'est encore ancré.
- Speaker #0
Et malgré le fait que tu aies fait 14 dates, que tout ce que tu as pu réussir maintenant, quand même, tu as ouvert ton entreprise, tu as quand même plusieurs réussites. malgré ça, tu penses que t'en es pas capable ?
- Speaker #1
Je pense que j'en suis capable, mais je pense que le retour que j'ai, parce que j'ai quand même pas mal de retours de personnes autour de moi, est plus élevé que ce que je mérite. Des fois, je comprends pas trop ce qui se passe. Une fois, une anecdote un petit peu, j'ai fait des photos sur un festival et j'ai une nana hyper mignonne qui fait de la photo aussi. Bon, elle arrivait un petit peu bourrée. Et pendant... 10 minutes elle m'a dit "C'est trop bien ce que tu fais, n'arrête jamais" etc. Et moi j'étais là genre "Merci
- Speaker #0
! " Ouais je savais pas où tu étais.
- Speaker #1
Ouais voilà, j'étais un peu en mode genre... Je sais pas comment prendre le... Le compliment ? Ouais. Je pense je prends... beaucoup plus les critiques pour avancer, voilà tu vois. Que les compliments en mode "Ok t'as passé un..." On fait la même. Donc c'est hyper bien.
- Speaker #0
C'est horrible. C'est horrible de fonctionner comme ça parce que tu te mets une balle... une balle dans ton camp, en fait. C'est horrible.
- Speaker #1
T'es ton pire ennemi, en fait. C'est toi qui le descends, en fait. C'est même pas les autres.
- Speaker #0
En fait, je pense que c'est le fait qu'on mette la barre hyper haute et comme on l'a pas atteint, du coup, tous les compliments qui sont durant ce parcours-là, on se dit, bah non, en fait, j'ai pas du tout atteint mon objectif, donc ne me félicitez pas pour quelque chose que je n'ai pas encore fait, que je n'ai pas réussi. Mais peut-être pour les autres, c'est un truc de ouf, mais par rapport à leur point de vue. Est-ce que... des fois, tu te dis pas ouais bah c'est mon père c'est normal qu'il me dise que ce que je fais c'est bien mon chéri c'est normal qu'il me dise que c'est une dinguerie, enfin il le pense pas réellement, il me le dit uniquement déjà avec mon mec hier,
- Speaker #1
la même conversation je lui ai montré le fameux shooting que je fais de la formule éphémère, je lui montre je lui dis c'est beau, il me dit bah oui c'est beau et je le regarde et je lui dis ah non tu penses pas tu le dis juste pour me faire plaisir Tu vois, c'est le premier truc que je lui ai dit.
- Speaker #0
Ça, c'est horrible.
- Speaker #1
C'est horrible. Non, mais je suis honnête. Et j'étais en mode genre, non, tu penses pas. J'étais trop dans mon...
- Speaker #0
Même si la personne, elle pense de manière... T'as envie de faire dire le contraire,
- Speaker #1
t'sais, en mode genre, rassure-moi sur mes préceptes, genre vraiment...
- Speaker #0
Ouais. Pour au moins te faire évoluer. Je lui ai montré et il me disait, ah, mais c'est bien et tout. Oui, mais non, en fait. Genre, moi, j'attends que tu me critiques, tu vois ? Que tu me critiques comme ça, j'améliore la vidéo. Parce que sinon, je vais où ? Si tout ce que je fais, c'est bien, je vais où ? C'est quel point où je dois m'améliorer ? Oui,
- Speaker #1
tu peux améliorer le truc.
- Speaker #0
Et toi, à l'heure actuelle, du coup, c'est quoi ta barre ?
- Speaker #1
En vrai, elle change tout le temps. Oui,
- Speaker #0
mais aujourd'hui. On va se dire aujourd'hui comme ça, on visualise Vision Board. Dans un an, la barre est atteinte et tu vas revenir sur les fusées et tu vas faire... J'ai l'objectif.
- Speaker #1
Alors, si je dois être tout à fait franche avec toi, c'est que... Mon objectif, là, que moi je me suis fixée, c'est que quand j'ai fini mon master en août,
- Speaker #0
on filme en août.
- Speaker #1
Je sois capable de tenir une année en faisant que de la photo. Que ça soit mariage, baby shower, événements musicals, etc. C'est de tenir en mode, tu peux faire que ça.
- Speaker #0
Mais ça veut dire tenir. Donc t'attends d'avoir minimum 2000 nets ?
- Speaker #1
À peu près. c'est faisable en vrai tu fais deux mariages par mois et tu fais des petites formules il faut calculer mais en vrai c'est faisable mais j'ai encore ce syndrome d'imposeur de me dire je suis pas capable, là on est en alternance à côté je ralentis mes prestats parce que entre l'alternance donc ton travail à côté l'école et la photo du 7 sur 7, 24-24 je bosse et je me suis dit il faut que l'année prochaine je sois capable de mais j'ai encore ce truc de je vais pas y arriver Alors que j'ai déjà quasiment tous mes week-ends qui sont pleins à chaque fois. Je bosse les soirs après que je rentre de l'alternance. Donc en fait, je suis déjà dans ce rouage-là. Mais mentalement, il y a quand même la petite voix là derrière qui va te dire genre...
- Speaker #0
Le petit lâcher prise, t'arrives pas encore ? Non. À lâcher prise, la stabilité. Quand tu fais des photos.
- Speaker #1
C'est tout. Je crois que c'est le seul... En 26 ans, le seul moment où j'arrive à lâcher prise, c'est quand je shoot et que je réfléchis pas.
- Speaker #0
Tu réfléchis pas quand tu shoots ?
- Speaker #1
Non, je fonce. Je te jure, je fonce. C'est le seul moment où je lâche prise.
- Speaker #0
Tu te souviens un peu de la personne que t'étais genre à 15-16 ans, donc il y a 10 ans maintenant ?
- Speaker #1
Oh là là... Une jeune révoltée, je pense. J'aimais pas les gens. T'es très...
- Speaker #0
Tant que tu fais de la photo maintenant, t'es obligée d'aimer les gens.
- Speaker #1
Oui mais de base je suis allée commencer avec des animaux, tu vois ? Oui. De base. Non en fait quand j'étais plus jeune, bon je me suis farcelée quand j'étais au collège, je pense que pas mal de gens se sont passés par là. Donc en fait j'aimais pas les gens, je traînais qu'avec une seule personne, c'était ma meilleure amie et on s'est tout le temps tirées vers le haut toutes les deux. Et je pense que j'étais déjà plus mature pour mon âge que d'autres personnes de ma génération plus de traumas ou des traumas différents.
- Speaker #0
Et du coup,
- Speaker #1
je me sentais souvent en décalage, tu vois.
- Speaker #0
Mais je pense que durant la période lycée-collège, on était tous un peu dans le même mood de... On ne se sent pas à notre place. Genre,
- Speaker #1
qu'est-ce que je fous là ?
- Speaker #0
Ouais, genre. Parce que quand tu parles vraiment de manière honnête et ouverte avec des personnes même de ton ancien lycée, de ton ancien collège... Finalement, on était tous dans la même situation. On n'était tous pas bien dans notre corps. On ne se sentait pas à notre place. On ne se sentait pas écouté, entendu, compris.
- Speaker #1
Tout le monde avait des masques. Si tu regardes les comportements, même moi, des fois, je me rappelle de comportements que j'ai eus et je me dis mais ce n'était pas du tout la vraie moi. Mais je pense qu'il y a vraiment une transition quand tu passes maternelle, primaire, collège. Où en fait, quand t'es plus jeune, tu sais ce que tu es. Vraiment, parce que quand t'es un enfant, t'es nature peinture, tu t'en fiches. Et en fait, au collège, t'es tellement dans l'adolescence où tu te brouilles, tu te fais des masques et tout, qu'après, au niveau du lycée, t'es obligé de retravailler en mode qui je suis, regarder d'où tu viens, refaire. Et après, te remodeler. Parce que la période du lycée-collège, elle est très, très compliquée pour moi, je trouve.
- Speaker #0
Je trouve aussi. Tu vois, genre durant la période primaire, où là, t'es vraiment nature peinture. Et encore, pas trop trop. Là, tu commences vraiment à te brider par rapport à ton entourage. Je trouve que la période-là, tu sais qui tu vas être et qui tu es et ce que tu veux réellement. Par exemple, quand j'étais dans cette période-là, ce que je disais à mes parents de ce que je voulais être et qui je voulais être, c'est la personne que je veux être encore aujourd'hui. Mais durant la période collège et lycée, je l'ai complètement oublié parce que... Ce n'est pas ce qu'on attendait de moi.
- Speaker #1
Oui, je vois.
- Speaker #0
Et quand tu te rappelles vraiment de ce que tu voulais réellement, même dans la période lycée-collège, ce que tu voulais vraiment, c'est ça en fait. Généralement, vers la période de la vingtaine, tu es là en mode « Je suis perdue, je ne sais pas où je veux aller » . Mais meuf, tu as juste à te poser cinq minutes.
- Speaker #1
Fais une rétrospective.
- Speaker #0
Et genre parler avec la personne, enfin ton enfant intérieur tout simplement.
- Speaker #1
Mais tu vois, par rapport à ça, j'ai une anecdote. C'est quand j'avais un métier de rêve quand j'étais petite, quand j'avais six ans.
- Speaker #0
Ma mère,
- Speaker #1
franchement, elle était mort de rire. Je lui ai dit que je voulais être présidente à six ans. Je suis arrivée un soir à table et je lui ai dit « Maman, je veux être présidente, ça va pas. Je veux changer le monde. » Genre il y a trop de gens tristes. Je lui ai dit « Je veux être présidente. » Et tu vois, je rebondis par rapport à ça parce que je te parlais de la photo et tout. Mais j'ai aussi ce côté où je veux que les gens soient mieux et je veux que ma parole soit... entendu et écouté. Tu me suis dit, la formule que j'ai fait éphémère, de base, je l'ai fait comme ça. Et en fait, je me suis dit, non, parce que j'ai fait un shooting il y a deux jours. La nana, c'était son premier shooting. Elle se sentait hyper belle en repartant.
- Speaker #0
Les shootings photos, c'est hyper important dans la vie. J'ai commencé à faire de la photo il y a quatre ans. il y a 4 ans, et comment j'ai pris confiance en moi. Enfin, s'il vous plaît, si tu n'as pas confiance en toi, prends un shooting photo avec la go, et tu verras que t'auras confiance en toi. Tu vas quitter ton mec parce qu'il sera pas assez bien pour toi.
- Speaker #1
Mais tu sais que d'ailleurs c'est ce que j'ai fait quand je me suis séparée de ma relation de 3 ans. Quand on m'a ravié, j'ai été chez le coiffeur. Je me suis mis en bombe, j'ai fait un shooting photo, j'ai jamais été aussi belle. Mais c'est hyper bon là, je te jure vraiment. Meilleure thérapie.
- Speaker #0
C'est le meilleur du mieux, Enfin, shooting photo, c'est... Je ne sais pas en fait pourquoi on rée. Pourquoi les shootings photos, c'est important ? Pourquoi ça nous donne autant confiance en nous ?
- Speaker #1
Moi, du point de vue photographe, je pense que c'est pas forcément tant la photo, c'est le moment. Tu sais où tu le prends parce que quand t'as l'œil du photographe en face de toi, la personne te trouve pas moche, tu vois ? Elle te juge pas. Enfin, pour nous, en tant que photographe, je me permets de parler pour tout le monde, en fait, chaque personne est belle. Donc en fait, tu le transmets quand tu fais des photos, que ça soit par la parole, quand tu guides, etc. Et en fait, moi je sais que je suis hyper enthousiaste. quand je fais des photos. Donc en fait, tu as déjà ces émotions que tu transmets, donc ça aide la personne à recevoir du positif. Donc je pense que c'est tout ce chemin-là, ce n'est pas que la photo à la fin, c'est le fait de te dire « je vais prendre du temps pour moi, je vais faire le shooting » . Pendant le shooting, tu as des compliments, etc., donc tu te sauces déjà un petit peu et ça te remonte un peu la confiance.
- Speaker #0
Sous tout l'ego.
- Speaker #1
Et après, tu as la photo en mode « ah ouais, je suis capable de faire ça » . Ouais.
- Speaker #0
Généralement sur les réseaux sociaux, il y a toujours des photos un flick de photographes etc. Et quand tu n'as pas ce style de photo là, tu te sous-estimes. Mais quand tu te remets directement à la barre de la qualité photo, t'es en mode « mais en fait j'en suis capable quoi » .
- Speaker #1
Bah ouais, bah tu vois moi c'était exactement ce qui s'est passé pour les portraits. De base je faisais que de l'événementiel et de la musique, en fait des choses où on me voyait de très loin. Comme ça je prenais le naturel des gens. Et vu que je suis quelqu'un d'empathique, si je te prends quelqu'un qui veut faire un shooting mais qui est stressé, la personne, elle va être stressée. Mais moi, je vais être doublement stressée parce que je vais recevoir son stress. Donc j'imagine un professionnel qui est stressé. Donc je ne voulais pas faire de shooting du tout. Et en fait, je me suis dit au pire, tu sais shooter. L'important, c'est que la personne en face, elle se sente belle. Donc tant que tu as réussi ton boulot, que la personne se sent belle et qu'elle a kiffé le moment, teste, fais des trucs. Sois juste honnête avec la personne en disant ça, c'est mon premier shooting, j'essaye. Viens, on essaye, on tente ensemble, on voit ce que ça donne. Si la personne à la fin se sent belle et que toi tu es satisfait de ton travail, continue. Et franchement, ça c'était hors zone de confort, les photos en portrait. De base, je ne voulais pas du tout, mais pas du tout. Et je me suis dit, bon, je me suis dit, attends, si tu ne veux pas y aller, c'est peut-être qu'il faut y aller, tu vois ? J'aime bien cette peur. T'as peur, donc peut-être qu'il faudrait y aller, tu vois, parce que tu fais tout le temps la même chose, etc. Je me suis dit, peut-être vraiment, tente. Et franchement, genre, craque-le-moi.
- Speaker #0
En vrai, c'est tout le temps dans ces moments-là. Quand t'as peur de quelque chose, il faut que tu fonces parce que c'est le bon chemin. Mais on nous apprend tout le temps de... Ouais, si t'as peur, n'y va pas, n'y va pas. Alors que c'est tout l'inverse, en fait. C'est tout l'inverse, la preuve. Moi, maintenant, je veux des potins. OK, maintenant, c'est le moment potin. On a appris à se connaître, OK. T'es photographe, t'as 26 ans, c'est ça ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
T'es en master marketing. Il y a quoi d'autre à savoir ? T'es une meuf stressée et qui sait pas avaler. Je ne déglutis plus à mon âge, d'accord. Déjà un pied dans la tombe. Maintenant, on est prêts à se connaître. Mais maintenant, je veux des potins. Je veux avoir des brières de mes aventures. Je vois des moments dans ton parcours entrepreneurial ou non. Mais au moins dans ton parcours de vie qui... De base, c'était une des aventures. T'étais en mode putain, mais en fait, je suis vraiment dans la merde. Mais avec le recul, tu dis en vrai, tant mieux. Tant mieux que j'ai eu cette vie-là, cette période-là. Parce que grâce à cette période-là, j'en suis là aujourd'hui et j'en suis fière.
- Speaker #1
Je pense que c'est le lancement de ma boîte le plus gros. En fait, quand j'ai tout claqué de mon CDI, j'étais manager en plus, donc je n'avais pas une paye non plus excessivement haute, mais j'avais plus qu'un SMIC. tu vivais déjà bien, donc j'avais le crédit qu'elle avait avec, l'appart, etc. Et puis du jour au lendemain, je me suis dit bon ben, je lâche mon CDI et puis je reprends des études en alternance.
- Speaker #0
Mais t'as démissionné ?
- Speaker #1
Ouais, j'ai démissionné.
- Speaker #0
Donc après ça, t'avais pas de revenus, donc si t'avais pas d'alternance...
- Speaker #1
En fait, j'ai enchaîné directement sur... J'ai une boîte d'intérim qui m'a pris tu vois, directement. Mais le truc c'est que je m'étais pas renseignée sur les grilles salariales.
- Speaker #0
Ah.
- Speaker #1
tu vas de l'alternance et en fait je me suis dit bon je suis partie du McDo j'avais 24 ans donc je me suis dit bon je vais pas être payée non plus genre 1000 balles tu sais je me suis dit je vais être payée un peu plus quand même tu vois et en fait je suis passée d'un salaire on va dire un peu plus au-dessus du SMIC à genre 900 balles donc sans mentir j'ai divisé mon salaire par deux sauf que du coup t'as ton train de vie qui fait que c'est la galère de ouf j'avais mon copain qui est toujours mon copain et qui est chez moi qui payait du coup la moitié des factures sauf qu'il y a des mois où je me suis retrouvée à Moins 400, moins 500 euros.
- Speaker #0
Aïe !
- Speaker #1
Tu vois ? Et je ne le disais pas, je ne le montrais pas, etc., machin, mais c'était très, très dur. La période, il y a deux ans, entre septembre et décembre, on sent que les appels n'étaient pas mis en route. J'étais vraiment à moins 500 balles tous les mois. Ma mère m'a élevée toute seule. Donc financièrement, je ne pouvais pas lui dire « aide-moi » . C'était impossible pour moi de... Tu étais seule et... Et en fait, de là, je me suis dit au bout d'un moment, ta mère t'a élevée toute seule. C'est une femme indépendante.
- Speaker #0
Il faut que tu fasses la même chose.
- Speaker #1
Bouge tes fesses en fait. Bouge tes fesses et fais tes thunes. Cherche un moyen, fais tes thunes. Et après, je me suis dit « en fait, tu sais faire de la photo » . T'en faisais déjà en débutant amateur pour des copains qui avaient des groupes de musique. Ben lance ta boîte en fait. Fais du fric.
- Speaker #0
Mais t'as lancé ta boîte genre, parce que t'étais à découvert ? T'étais au pied du mur clairement, à ce moment-là.
- Speaker #1
Je me suis pas posé de question, tu vois, je pense que si financièrement ça avait été...
- Speaker #0
T'aurais procrastiné.
- Speaker #1
Et j'aurais pas lancé ma boîte. Ça me serait même pas venu à l'été, j'aurais eu peur, j'aurais pas osé, je serais restée dans ma zone de confort. Mais là j'étais là en mode foutu pour foutu. De toute façon j'ai pas un copec.
- Speaker #0
Meuf, je suis un peu dans la même situation. J'ai grave pas envie d'ouvrir ma boîte, je procrastine de ouf. Viens juste après on prend 5 minutes et on l'ouvre. parce que je sais en plus que ça prend 100 minutes mais tu vois genre je procrastine parce que je suis dans la zone de confort je suis là en mode bah j'en ai pas besoin mais le truc c'est que je sais que si je l'ouvre bah ça peut m'apporter que des opportunités bah oui il faut que mes cours connaissent fais-le quand t'es dans ta zone de confort parce que moi je te dis c'est la galère quand tu commences t'as pas un copain parce que t'as la pression de ouf en plus t'as la pression de réussir t'es obligée de réussir parce que c'est la c'est la la carte que t'as mis pour te sortir de la merde.
- Speaker #1
C'est ça, et en fait, moi je suis quelqu'un j'aime beaucoup écouter mais je ne suis pas quelqu'un qui veut se mettre souvent en lumière, tu vois. Et le problème c'est que là je me suis dit ok, pour ta boîte t'as pas le choix de te mettre devant, t'as pas le choix de te montrer t'as pas le choix de te montrer que t'es là, etc. Et ça c'était très dur pour moi de devoir m'imposer en disant genre je suis là, je suis capable de faire ça regardez mon travail, etc. Faites-moi confiance. Alors que moi je suis quelqu'un... C'est compliqué ça. Je préfère écouter, franchement c'est plus simple d'écouter les gens genre d'être empathique que de se livrer on va dire à... À cœur ouverture.
- Speaker #0
C'est plus simple pour les personnes qui n'ont pas confiance en eux. Moi, je compare toujours les femmes aux hommes parce que finalement, on n'est pas au même endroit dans la société. On joue le même jeu, mais on ne joue pas du tout avec les mêmes règles, avec les mêmes avantages, etc. Généralement, une femme est beaucoup plus empathique qu'un homme. Et généralement, c'est qui se met le plus en avance ? C'est l'homme. Et c'est juste parce qu'on ne nous a pas appris. À nous mettre en avant. Non,
- Speaker #1
on nous a appris à nous taire, à écouter et à suivre la route, quoi.
- Speaker #0
Faut changer ça.
- Speaker #1
Je pense que ça commence quand même avec l'entrepreneuriat et le nombre de nanas qui se lancent, en vrai.
- Speaker #0
Tu trouves ?
- Speaker #1
En tout cas, moi, dans mon entourage, il y a pas mal de... J'ai plus de nanas.
- Speaker #0
On a beaucoup de temps, en plus.
- Speaker #1
Ouais, auto-entrepreneuse, genre, il y a beaucoup plus de nanas. Après, peut-être parce que je m'entoure plus de l'entourage, nanas, que de mecs, tu vois. Mais ouais, c'est vrai.
- Speaker #0
L'entourage, l'entourage c'est important.
- Speaker #1
Il y a un dicton comme ça qui dit que tu es les 5 personnes que tu fréquentes le plus ?
- Speaker #0
Tu es la moyenne des 5 personnes que tu fréquentes le plus. Il y a aussi la phrase de traîne avec 9 chômeurs et tu seras le 10ème.
- Speaker #1
Je ne connaissais pas celle-là. J'ai pas de chômeur autour de moi.
- Speaker #0
Moi on me l'a dit la phrase-là durant mes études et elle m'a... Elle t'a cassé ? Ouais. En fait, elle m'a réveillée. Elle m'a réveillée de me dire « Putain, mais fais attention à ton entourage. Ton père, il te l'a toujours dit depuis que t'es toute petite. » Mais tu vois, genre le daron rebeu qui dit « Fais gaffe à ton entourage. » C'est bon papa, vas-y, arrête là. Mais quand il y a quelqu'un d'autre qui te le dit et qui te le formule d'une autre manière... Ah oui, c'est pour ça que le daron me disait tout le temps ça ! Et c'est à partir de ce moment-là où j'ai vraiment fait attention à mon entourage. Et c'est grâce à ça que le podcast existe.
- Speaker #1
Tu vois, comme quoi. Mais tu sais que moi, tous les six mois, je fais un... Un débrief de mon entourage. En mode... Alors attends. Toi, tu vis, toi tu vis, toi tu... Alors, je dégage des personnes depuis deux ans, hein, voilà. Mais de temps en temps, je réfléchis quand même sur les parcours. Tu vois ?
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Ouais. Puis après, il y a aussi des fois où la vie fait que t'es proche de telle personne pendant genre trois, quatre ans. Et puis après, les personnes, même si il n'y a rien contre l'une ou l'autre, ça fait des chemins. Et là, il faut que tu dises « Ok, j'accepte » . Puis tu as une personne de moins qui est dans ta vie et puis tu en as une autre qui rentre.
- Speaker #0
Après, c'est la vie en général. On est tous comme ça, on n'y peut rien. Qu'on se remette dans le moment où tu as ouvert ton entreprise. Tu te sentais comment physiquement ? Est-ce que tu as pleuré ?
- Speaker #1
Beaucoup.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Vu que c'était encore la période où j'avais pas forcément toute ton entreprise, mais forcément, t'as pas tout de suite tes prospects. En fait, moi, quand j'ai ouvert ma boîte, c'était vraiment... J'ai fait tout l'inverse des stratégies marketing qu'il faut faire avec la com. Moi, ma strat, c'était... Pas de strat. Pas de strat. Tu vois ? Genre juste, je fonce, je me mets, je casse les portes et on verra ce que ça donne. Et c'est vrai que les premiers temps, pour avoir des contrats, t'es pas connue. T'as pas trop de portfolio, etc. C'est compliqué. Et j'ai accepté des contrats. Un exemple tout bête, pour une boîte de nuit, où au début, je savais pas comment faire, j'avais pas forcément fait de contrat. J'avais fait une facture et tout à un devis, mais j'avais pas de contrat. La boîte, elle m'a entubé de 640 euros. Et à l'heure d'aujourd'hui, ils m'ont toujours pas payé.
- Speaker #0
T'as pas fait les... T'as pas assez bien réfléchi en amont de comment les choses fonctionnaient. Pour pas te faire en tuer.
- Speaker #1
Non, et puis je pense que quand je me suis lancée, je me suis dit que tout le monde est gentil. Tu sais, en fait, je pars du principe que vu que moi, je suis gentil et que je vais pas le faire aux autres, je me dis que les autres, ils vont être rigolos. Mais que nenni !
- Speaker #0
Malheureusement, non. Malheureusement, non. T'étais entourée à ce moment-là ? Est-ce qu'il y a quelqu'un qui t'a aidée à l'ouvrir ? Non. T'étais solo ?
- Speaker #1
J'étais tout seul. En fait, la seule personne qui était vraiment au courant de tout, c'était mon copain. En sachant que lui, le pauvre, il arrivait, je travaillais encore au McDo. finalement, j'ai dit, je reprends mes études. Finalement, je lui ai dit, j'ouvre ma boîte. Franchement, il s'est accroché de fou. Moi, je le garde. Genre, je ne peux faire des trucs comme ça tout le temps, là. Je le garde. Et en fait, le truc, c'est qu'il n'y a que lui qui m'a soutenue. Mais soutenue dans le sens où il m'a laissé le temps, qu'il ne m'a pas tiré vers le bas, tu vois. Il m'a laissé le chi, quoi. Voilà, tu vois. Mais sinon, j'ai demandé de l'aide à personne. J'ai fait tout toute seule.
- Speaker #0
Mais t'avais déjà quelqu'un dans ton entourage qui avait ouvert une entreprise et tout ? Genre... Tu as pris ton PC et tu es allée sur Internet, tu as regardé, hop, je l'ouvre, je n'ai pas le choix de toute façon. Oui,
- Speaker #1
je n'avais personne de mon entourage, j'ai tout fait toute seule.
- Speaker #0
Personne ne t'a aidé ?
- Speaker #1
Non, vidéos YouTube, des recherches par site, des recherches par là, etc.
- Speaker #0
Et même si tu l'as fait, tu l'as ouvert toute seule, tu n'as pas fait d'erreur ?
- Speaker #1
Non, j'ai peut-être oublié deux, trois choses à faire que tu peux rectifier par la suite.
- Speaker #0
Mais pas des erreurs qui t'ont vraiment mis de l'affaire ?
- Speaker #1
Mais pas des erreurs qui m'ont... Non, je me suis bien renseignée. Ce qui était bien aussi, c'est que j'avais quand même ce côté... J'étais en bachelor RH au moment-là. Et j'avais ce côté RH administratif. Donc, c'était facile pour moi de trouver, de chercher. Et en fait, grâce aux professionnels qui sont dans mon école, ce n'est pas des profs, c'est des consultants. Donc, ils ont tous leur boîte. Donc, si vraiment j'avais besoin d'avoir une question ou quoi, à la rigueur, je leur demandais, mais j'ai jamais...
- Speaker #0
Après, il y a la CCI et tout. Pour une personne qui ne s'y connaît vraiment pas, il y a la CCI, il y a plein de...
- Speaker #1
Oui, après,
- Speaker #0
l'être humain, normalement, si tu lui posais une question. Ils te répondront quoi. Ou sinon, il y a Tchadjepété maintenant.
- Speaker #1
C'est pas faux. Il m'a beaucoup aidé Tchadjepété quand même. Ah ouais ? Ouais, ouais, je te jure.
- Speaker #0
À ce qui m'arrive, il faut se méfier. Parce que maintenant, il dit...
- Speaker #1
Moi, je lui demandais, généralement, je le demandais plus en mode pour qu'il me drive un peu.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et après, j'allais faire mes recherches à côté, pas forcément que chez lui, tu vois. Parce que ça...
- Speaker #0
On va créer ta petite série Netflix. Ok. On va un peu créer le petit teaser de ta série Netflix à toi. Je vais te poser des questions et tu vas devoir y répondre. Genre, assez rapidement.
- Speaker #1
Tu sais quoi ? Avant même que tu le dis, je savais que t'allais me proposer ça. Ah ouais ?
- Speaker #0
Trop t'as des hares. Ah oui ? Je me suis dit, je vais me sortir un truc pour vous dire des mots tac au tac, direct. Alors, juste ton titre de la série. Oh là.
- Speaker #1
Lorraine en galère ?
- Speaker #0
Ça rime, non ? Lorraine en galère. Un peu. Ça sonne bien. Ça sonne bien. Ça, ça me vient. Les titres du tout premier épisode.
- Speaker #1
Je te dis bienvenue dans ma vie.
- Speaker #0
C'est Mims. On dirait un peu un Disney. Vraiment, on dirait un Disney. Ton casting. Qui jouerait ton rôle ?
- Speaker #1
C'est hyper dur comme question. T'as vu ? Qui jouerait mon rôle ? En vrai de vrai, j'ai un peu le... Si tu veux que je mette vraiment une personne dessus.
- Speaker #0
Sûrement une personne genre... au moins décrit là ?
- Speaker #1
Tu vois le jeu de dame, l'actrice principale. Tu vois un peu le caractère qu'elle a. Bon, t'enlèves le côté où elle se casse un peu la figure et elle boit et elle fume, etc. Mais genre le tempérament là. Genre elle. Ce mindset là. Pourront jouer.
- Speaker #0
Et le genre de la série ?
- Speaker #1
Ouf.
- Speaker #0
Romantique ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Trailer psychologique ? Drame ? Comédie ?
- Speaker #1
Je serais tendue à te dire drame quand même.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Ouais. Mais drame et qui finit bien. Tu vois, genre un peu drame comédie, genre ça fait des...
- Speaker #0
Ok. Et si tu devais le pitcher en 15 secondes ? Tu sais que là, ce que je te fais, c'est hyper important pour la commercialisation. Ah ouais ? Il faut toujours que tu apprennes. Je te dis qu'en maquillage,
- Speaker #1
c'est pas de strat.
- Speaker #0
Là, c'est un petit exo. Tu dois apprendre à te vendre en 15 secondes. Vends ton film en 15 secondes.
- Speaker #1
J'aurais dit femme indépendante qui s'est débrouillée par elle-même pour devenir photographe professionnelle et qui peut vous aider à briller et à évoluer. En 5 secondes.
- Speaker #0
7 secondes. Et tu me dis, oh, c'est trop compliqué. C'est trop compliqué.
- Speaker #1
Le début. Choper le début, genre.
- Speaker #0
En 7 secondes, là, je l'ai appuyé. C'est très bien. C'est très, très bien.
- Speaker #1
Je vais le garder en intro. Je vais le mettre en intro sur mes trucs, ma pensée. 7 secondes, ça passe bien. Allez, hop.
- Speaker #0
Bah voilà. Ça a été un petit tic-tac. pour terminer l'épisode j'aimerais bien que tu puisses conseiller et parler à une personne qui était dans la même merde que toi.
- Speaker #1
Donc, comme si je me parlais à moi, il y a...
- Speaker #0
Genre, imagine, là, je suis dans la merde. Moins 500 sur mon compte.
- Speaker #1
Alors, j'ai tendance...
- Speaker #0
J'ai un CDI au McDo. Je viens de me faire quitter. C'est relou, tu vois. Genre, vraiment, toute une mauvaise ambiance.
- Speaker #1
Moi, j'ai souvent un truc, même pour des copines, quand ça va pas, etc., et qu'elles sont vraiment au bout du bout, je leur dis, quand t'es au fond d'une piscine, tu peux que remonter donc en fait juste personne te donnera la première impulsion pour remonter, toi-même tu peux le faire et t'en es capable, même si sur l'instant T tu t'en sens pas capable et tu te dis je vais jamais y arriver si tu crois même un micro peu en toi tu pousses un peu sur tes jambes et tu y arriveras et tu monteras et tu le verras après dans 2-3 ans c'est vrai généralement
- Speaker #0
au début on sait jamais nager c'est quand le daron il vient, il nous prend, il nous mélange ...
- Speaker #1
Tu flottes au bout d'un moment, donc c'est juste donner l'impulse.
- Speaker #0
En fait, il faut lâcher prise quand tu flottes. Quand tu flottes, c'est juste lâcher prise.
- Speaker #1
Mais après, je pense que quand tu es dans des situations où tu es vraiment en galère, je pense que tu n'y arrives pas, mais il y a surtout un côté où... Après, des fois, tu n'as pas le choix de faire les choses. Tu ne peux plus te trouver des excuses en mode, je ferai ça plus tard. Tu ne procrastines plus. Parce que quand tu es en galère, tu es en galère, il faut que tu avances. Tu n'as pas le choix.
- Speaker #0
Moi j'aime bien être en galère un peu des fois. Ça me fait glouer.
- Speaker #1
Oui, fais gaffe, parce que si tu le demandes un peu trop fort à manifester, ça va vite.
- Speaker #0
Mais non, mais tu vois, par exemple, ces temps-ci, je ne suis pas dans un trop, trop, trop bon mood. Mais je me dis, le passé, je le connais, le présent, je le connais, mais le futur, je ne le connais pas. Donc, je peux le créer encore, tu vois. Et ça, je me dis, je suis maître de ce que je veux faire. Et là, j'ai le choix.
- Speaker #1
C'est ta propre limite. C'est toi qui mettra ta propre limite.
- Speaker #0
Avant, j'aurais pas réfléchi comme ça. Je serais en mode... Je vais bientôt mourir.
- Speaker #1
Franchement, là, ce que t'as décrit, c'est vraiment mon état il y a deux ans et demi quand je me suis fait quitter, tromper, que j'ai lâché mon CD, etc. J'étais là en mode genre, j'y arriverai pas, je m'en sortirai jamais, etc.
- Speaker #0
C'est hyper pessimiste.
- Speaker #1
Et finalement, j'ai monté ma boîte. Tout roule.
- Speaker #0
Et tant mieux. Et peut-être dans un an, tu seras full photographe.
- Speaker #1
Full photographe. Pute patronat.
- Speaker #0
En vrai, ce serait cool. Mais toi, pourquoi ça t'intéresse vraiment, l'entrepreneuriat ? Parce que généralement, tout le monde nous dit « Oui, vous aimez bien l'entrepreneuriat parce que vous n'avez personne derrière le dos et tout. Vous allez voir comment ça va vous retomber dessus. Burn-out, blablabla. » Parce qu'on entend beaucoup, en fait, de soi des... des réussites énormes. Maintenant, je fais 8 millions d'euros de chiffre d'affaires, des trucs de ouf, soit des trucs de merde en mode « Oh, je suis en burn-out, ça fait 10 entreprises que je viens de fermer. »
- Speaker #1
Je pense que moi, d'un point de vue, c'est que je trouve que quand tu bosses en tant que salarié, ton temps de production n'est pas optimisé par rapport au fait que... admettons que tu dois faire un 8-16 ou un 9-17, etc., je trouve que c'est pas optimisé. T'as quand même des trous dans ta journée quand tu bosses. Et ça, c'est parce que c'est des grandes entreprises, etc., donc t'as pas le choix d'avoir ce rythme. Mais c'est français,
- Speaker #0
ça. C'est très français.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est français parce que moi, à Londres, ils avaient dit quoi ? Ils bossaient tôt le matin et finissaient tôt l'après. Je crois, un truc comme ça.
- Speaker #0
C'est très français. Je trouve que le 9h, 18h, c'est horrible. Horrible. Ça bouge toute la journée.
- Speaker #1
Déjà, de toute façon, c'est prouvé scientifiquement qu'après midi, quand tu as mangé, après 14h, 15h, tu n'es plus du tout productif. Donc ça ne sert à rien.
- Speaker #0
Mais après, ça dépend parce qu'il y a des gens qui préfèrent travailler la nuit, préfèrent travailler le matin, etc. Toi, tu es dans quel vibe ?
- Speaker #1
Moi, honnêtement... Moi, je préfère... Mon pic de productivité, c'est genre 22h.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
C'est 22h. Moi, si je peux te faire un 22h, 2h du matin, à bosser sur mes photos en post-prod, je fais 22h, 2h du matin. C'est pour ça que j'ai commencé dans l'événementiel. Je bossais que le soir. Moi, je suis une meuf, je me réveille... Allez, je me réveille quand même à 9h, 10h. Ou allez, à 8h. Allez, 8h, 9h, 10h. mais le matin c'est c'est slowly et le soir ouais 22 et encore 22 minutes je bosse et à minuit et demi je peux encore te faire le ménage je suis motivée je vais te commencer à ranger ça ça ça ça et finalement je dors pas tu vois donc ouais non je pense que c'est ça un peu le problème du salariat c'est que t'as trop de cases avec trop de réformes il faut bosser comme ça comme ça comme ça comme ça tu vois genre là l'entreprise où je suis en internance le truc qui est bien c'est que t'as quand même une liberté pour travailler tu vois tu gères ton truc ils te font confiance et juste bah ils font des check-up de temps en temps etc pour voir si tu suis bien des trucs ... Mais ça, ça m'a changé d'autres entreprises où, en fait, tu dois faire tant de trucs le matin, puis t'es fliqué à telle heure, puis t'es refliqué là, puis t'es fliqué au nombre d'appels que t'as passé. Enfin, genre, c'est plus compliqué, tu vois. Et l'entrepreneuriat, je me dis, au moins, t'es ton propre patron. Ça, c'est un côté positif. Mais après, c'est vrai qu'il faut que tu gères par rapport au burn-out, etc.
- Speaker #0
Il faut gérer sa propre pression personnelle, en fait.
- Speaker #1
Je pense que c'est le plus dur. Parce que je me rends compte, tu vois, l'anecdote, c'est que j'avais dit j'arrête le McDo pour ne plus bosser les week-ends. Je suis photographe, je fais des photos de mariage. Je bosse tous les week-ends.
- Speaker #0
Mais il y a un entrepreneur qui m'avait dit, ouais, t'es... Bon, de toute façon, la phrase, on la retrouve aussi beaucoup sur les réseaux sociaux. T'es le pire patron et le pire salarié en même temps.
- Speaker #1
De fou. Mais j'ai vu plein de TikToks passer, mais même par rapport au nombre d'heures travaillées. Heureusement que je compte pas.
- Speaker #0
Bah, en vrai, de vrai, perso, moi, ça dépend. Des fois, je peux travailler en mode d'une 8h, 3h du matin, sans m'arrêter, parce que je suis hyper productif, et des fois, comme là, ces temps-ci, je suis en mode chillax, chillax. Comme si je n'avais pas une montagne de choses à faire.
- Speaker #1
Il y a quand même des moments où, genre, si jamais tu t'ennuies et que tu n'as rien à faire...
- Speaker #0
Je sais que j'ai des trucs à faire.
- Speaker #1
Donc tu vas avoir tendance à aller les faire. Moi, je sais que, même si j'ai une heure et demie où je peux ne rien faire, si je sais que je peux améliorer ma com, répondre à des mails ou faire d'autres trucs, je me dis bon, je ne fais que 10 minutes. Après, une heure après,
- Speaker #0
tu la relonges.
- Speaker #1
Donc je pense que c'est plus le temps.
- Speaker #0
Je pense qu'on a fait le tour. Tu as passé un bon épisode.
- Speaker #1
T'es géniale, meuf. Je te jure, t'es géniale. T'es géniale. Je ne pensais pas réussir à condenser ma vie en si peu de temps.
- Speaker #0
Tu la condensais, là ?
- Speaker #1
Je pense qu'il manque beaucoup de parties, mais... Développe tout, t'en as pour 3 heures.
- Speaker #0
Là, si on coupe l'épisode maintenant, est-ce que tu as dit tout ce que tu avais envie de dire ?
- Speaker #1
Oui, l'essentiel, oui,
- Speaker #0
en vrai. Super, c'est le but. Merci d'avoir accepté l'invitation.
- Speaker #1
De rien, merci à toi.
- Speaker #0
Merci de nous avoir écoutés. À très vite pour un prochain épisode de Brillantes Mésaventures. Normalement, la semaine prochaine, un épisode solo. Si je tiens mes promesses. Si je tiens mes promesses. Et à très vite. Bisous.