- Speaker #0
Et je voulais absolument appeler mon fils Marcel parce que je voulais qu'il apprenne à lire tout seul. Soit tu l'appelles Hugo, soit tout de suite tu l'appelles Patrocle, quoi. Il n'y a pas de juste milieu. Mais je lui ai parlé, prénom jour 1 de notre relation. Tu sais, il était là avec son bouquin, il levait la tête et puis il disait « Philistin ? » Un an avant cette date, vraiment, je ne pouvais plus. Je lui ai dit « Écoute, est-ce que c'est ok qu'on se lance dans la recherche du prénom ? » Moi, ça me permet de me projeter, de patienter en fait pendant cette année-là. Et donc, j'ai sorti avec zéro stratégie mes listes de 300 prénoms. Je l'ai instantanément mis en sueur et en panique.
- Speaker #1
Alors, c'est quoi son prénom ? Un prénom classique, remis au bout du jour ? Un prénom moderne ou inspiré d'ailleurs peut-être ? Comment est venue l'inspiration ? Avec quel prénom vous avez hésité ? C'était facile de tomber d'accord ou il a fallu jouer à Shifumi ? Comment vous avez su que c'était le bon prénom ? D'ailleurs le prénom, vous l'avez trouvé des années avant la grossesse ? En salle d'accouchement ? Après la naissance ? C'est simple, je veux tout savoir ! Moi, c'est Florentine. Et ici, j'écoute les parents raconter ce qui les a menés à choisir ce prénom pour leur enfant, et je partage la discussion avec vous. Alors, dites-moi tout, c'est quoi son prénom ? Amadis. Vous entendez ces sonorités douces et chantantes ? Elles vous rappellent probablement Amadeus, Amédée, qui ont la même base et signifient « amour de Dieu » . Ce prénom arrive d'un roman, et pas n'importe lequel. Le roman de chevalerie le plus lu, le plus copié, le plus traduit de toute l'Europe pendant deux siècles. Amadis de Gaulle, le best-seller de son époque. Prenons-en de la graine, Musso. Publié au XVIe siècle en Espagne, Amadis de Gaulle raconte l'histoire d'un chevalier parfait, courageux, loyal, toujours en quête d'aventure et éperdument amoureux de sa dame pour laquelle il affrontera de nombreuses épreuves. Un héros tellement idéal que l'auteur de Don Quichotte s'en est servi dans son œuvre. Le mot Amadis est même entré dans le dictionnaire de l'Académie française. Pour désigner un style de manche ajusté et boutonné au poignet, celle que portaient les acteurs de l'opéra de Lully, consacrée aux héros joués pour la première fois à Paris en 1684. Dans cette tragédie lyrique, il y avait une grande nouveauté. C'était la première à quitter le monde de la mythologie grecque pour s'inspirer des légendes médiévales. Mieux encore, il existe un adjectif tiré du prénom Amadis. Caractériser quelque chose d'amadisien, c'est le considérer comme chevaleresque. Vous comprenez maintenant l'importance d'Amadis de Gaulle dans la littérature ? Concernant la popularité du prénom, il figure très ponctuellement dans les fichiers de l'INSEE. Comme les Amédées, nous fêtons les Amadis le 30 mars. Avant de vous laisser avec l'épisode, je vous précise que si vous voulez entendre toutes les informations sur le prénom Enid, je vous donne rendez-vous dans la partie 2 de l'épisode. Elle est déjà en ligne. Allez, je vous laisse avec Julia. Bonne écoute ! Salut Julia, bienvenue ! Salut Florentine, trop ravie ! Moi aussi, j'étais trop impatiente de te recevoir sur le podcast et je pense qu'il y aura pas mal d'auditrices aussi qui vont attendre cet épisode avec impatience. On va commencer avec la question traditionnelle. Est-ce que tu peux présenter ta famille s'il te plaît et nous dire de qui on va parler aujourd'hui ?
- Speaker #0
Oui, alors moi c'est Julia, j'ai 36 ans, mon mari s'appelle Kylian, il a deux ans de moins. Donc moi et nos deux enfants qui sont nés quasiment à la même date en plein été au mois d'août vont avoir 4 ans et 2 ans cet été. C'est Amadis et Enid.
- Speaker #1
Ok, donc on va parler d'eux. Je précise parce qu'on en avait discuté. Aujourd'hui, on va parler que de ta vie personnelle et des choix de prénoms de tes enfants. Et on parlera ensemble à l'automne-hiver de ta casquette professionnelle de consultante en prénom et ta casquette d'autrice aussi. Oui,
- Speaker #0
on se fera une petite session à part.
- Speaker #1
Voilà, comme ça, ce sera aussi, je suis sûre, très intéressant. Mais là, on se focus d'abord sur les prénoms de tes enfants. et avant ça, sur ton prénom à toi. Qu'est-ce que tu en pensais quand tu étais enfant ?
- Speaker #0
Je crois tantôt un peu trop rien, parce qu'on ne se pose pas mille fois la question de son prénom quand on est soi-même dedans. C'est comme les vêtements, on le porte en usage quotidien pour vaquer à notre vie et il épouse notre corps et notre personnalité. Donc vraiment, je ne me suis pas beaucoup posé la question. L'âge auquel je me suis un peu posé la question, c'est à la préadolescence, à l'adolescence, et c'est vraiment typique. J'ai eu un petit creux de vague parce que quand on se pose la question, on interroge en fait à quoi ça ressemble, à quoi ça nous fait penser, etc. Et comment nous, on a envie de se positionner. Et flash info, la façon dont on a envie de se positionner à l'adolescence, c'est par opposition à ses parents. Du coup, j'ai un peu adopté une posture de je n'aime pas mon prénom, ce qui n'était pas vrai en fait. J'aimais bien mon prénom, mais je me la suis un peu jouée comme ça. Je me souviens d'un oral de français où il fallait se présenter et dire ce qu'on pensait de son prénom. Ce qui est un peu casse-gueule comme sujet à l'oral. Ils sont bizarres les profs parfois. Et j'avais dit que je trouvais que Julia, ça faisait un peu Pamela, Angela, Brianna, qui faisait un peu série américaine. Ce qui est vrai et pas vrai. En tout cas, c'est un prénom très international que j'aime bien, que je trouve solaire et sympathique. Du coup, vraiment, je me sens bien dedans.
- Speaker #1
Ok. Et la question que je me pose évidemment, c'est est-ce que dès petite, tu faisais des listes de prénoms ?
- Speaker #0
Oui ! Ça doit être l'un des premiers trucs que j'ai écrits. J'écrivais des histoires avant de savoir écrire des histoires. Je faisais les vagues, les petites vagues qui imitent les tueurs des gamins. Et je faisais blablabla. C'est l'histoire d'une fille qui s'enfuit, qui adopte un guépard et qui vit sur une île déserte. Mais les premiers trucs dont j'ai de traces sont des listes de prénoms.
- Speaker #1
Mais incroyable !
- Speaker #0
Je ne les ai pas là, c'est ma mère qui les a. Je me souviens un peu des prénoms qui revenaient sur mes listes dans l'enfance. Attends, j'ai redigué ça parce que c'est vraiment drôle. Il y avait une sorte d'absence de cohérence vraiment magnifique. Donc, il y avait tous les prénoms de mes héros, en fait. Il y avait Marcel, de Marcel Pagnol, parce que j'adorais La gloire de mon père. On avait une cassette vidéo de ce film des années 90, qui est géniale par ailleurs. Et je voulais absolument appeler mon fils Marcel parce que je voulais qu'il apprenne à lire tout seul.
- Speaker #2
Ce que fait le héros étant enfant.
- Speaker #0
Il y avait Angelo, que je trouvais très beau comme prénom, et qui était le prénom d'une bande dessinée de Yvan Pommeau, Angelo Dulac. Il y avait Sébastien de Belle et Sébastien, il y avait Draco de Harry Potter, Nathaniel, qui est un prénom que j'ai découvert dans un roman, mais là je devais être un peu plus grande, je devais avoir dix ans et demi, quelque chose comme ça, qui s'appelait La Trilogie de Bartiméus, qui est un roman fantastique avec des sorciers. Ça, c'est des prénoms de mes héros. Déjà, il y a des styles un peu disparatants entre Marcel et Angelo et tout, et Draco. Et il y avait des prénoms issus des films que je regardais, et c'est la grande époque des années 90, où tu avais du direct-to-dvd, non, direct-to-cassette, tu vois, même, avec des films d'une qualité vraiment médiocre, mais qui étaient évidemment mes films préférés. Il y en a un qui s'appelait Mon ami Dunstan, où un petit garçon qui est le fils d'un gérant d'hôtel adopte plus ou moins un singe qui est là, je ne sais plus pourquoi, qui est un orang-outan vachement trop cool. Et le garçon, dont j'adorais l'histoire, que je trouvais trop beau, s'appelait Kyle, et... Kyle, c'est pas des sons qui existent en français, je trouve ça magnifique. Et j'ai écrit ça, C-A-I-L-E, Kyle. Et ce Kyle a été dans mes listes pendant des années.
- Speaker #1
Mais au moins, il était unique, tu vois.
- Speaker #0
Côté héroïne, il y avait Lyra de La Croisée des Mondes, Luna de Harry Potter. Des prénoms de cette époque comme Lily Rose, qui était la fille de Johnny Depp et Vanessa Paradis. Je trouvais trop beau comme trouvaille prénom. Je trouve toujours très joli, d'ailleurs. Et il y avait, parce que ça c'était une obsession, plein plein de prénoms de l'Iliade et l'Odyssée. Et un peu de l'Ancien Testament. Mais vraiment, j'avais des prénoms. Et pas juste Ulysse, Achille. J'avais Patrocle dans mes listes et je voulais trop appeler mon fils Patrocle. Il y avait Pyrrhus, Antigone. Donc voilà, j'avais Moïse aussi dans le genre.
- Speaker #1
Très varié et déjà des parties prises. Parce que tu vois, sur ton compte Instagram, tu partages des prénoms qu'on connaît, des prénoms beaucoup plus rares, des petites. Tu étais déjà en train de noter la pépite.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Je voulais quelque chose que je trouvais beau, original, et que j'étais allée chercher moi-même. J'étais beaucoup moins branchée par les pronoms filles pour cette raison, car je trouvais ça plus dur d'avoir des idées vraiment originales. Et avec l'analyse que j'ai aujourd'hui, effectivement, c'est plus facile d'avoir des idées originales aux masculins, parce qu'on tombe très vite dans des prénoms originaux masculins dès qu'on sort de ceux qui sont plus connus. Et aux féminins, comme l'originalité est plus acceptée, la fantaisie est plus disponible dans les prénoms qu'on entend autour de soi, Sip ! plus dur d'aller chercher quelque chose de vraiment singulier, surtout quand on est une petite fille. Oui,
- Speaker #1
c'est vrai. Les filles ou les femmes, on les met vite dans des cases pour plein de choses et on attend très souvent plein de choses d'elles. Et en fait, finalement, pour les prénoms, là, on se permet plus de fantasy. On est peut-être un peu moins jugeant sur un prénom original, alors que pour les prénoms de garçons, on entend souvent dire que c'est difficile de choisir un prénom pour un petit garçon, il n'y a rien qui inspire,
- Speaker #0
etc. Oui, c'est vrai, parce que justement, il y a moins de prénoms disponibles. statistiquement en fait il y en a autant en fait de 60 000 de prénoms mais de ceux qui sont disponibles à notre esprit et qui sont accessibles socialement une très petite palette de prénoms garçons et très souvent les parents ils ont vraiment l'impression de soit tu l'appelles Hugo soit tout de suite tu l'appelles Patrocle quand c'est pas juste au milieu heureusement que si et au féminin t'as vraiment ce juste milieu très facile d'accès avec plein plein de prénoms qui sont un peu originaux plus ou moins originaux donc c'est pas c'est pas absurde du tout comme sentiment ok Ok.
- Speaker #1
Avec Kylian, vous avez parlé prénom avant que tu sois enceinte ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
d'abord. Il connaissait déjà ta passion.
- Speaker #0
Mais je lui ai parlé prénom jour 1 de notre relation, parce que je le faisais avec tout le monde, même l'époque où je sortais en boîte, je parlais prénom avec mes coudes un soir, c'est vraiment la folle au nom. Et Kylian, je lui ai parlé prénom très vite, en ne pensant pas... Je ne suis pas forcément dans la projection d'un enfant quand je parle prénom, mais naturellement, il m'a dit après. Ça m'a fait trop flipper, ça m'a fait trop flipper, Julia.
- Speaker #1
Heureusement, ça ne m'a pas freinée. Mais ouais, ok, je comprends. Toi, c'est passion comme une autre, en fait. Tu aurais pu parler équitation. Ben non, tu parlais...
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est vraiment un tunnel d'obsession qui traverse tous mes autres sujets d'intérêt, comme la littérature, plein de choses, en fait. Quand je vais au musée, je regarde les prénoms des peintres, etc. Donc, c'est vrai que c'est le truc que je remarque tout le temps et dont je parle tout le temps.
- Speaker #1
Ouais, je comprends. Lui, déjà... Il a des goûts que tu qualifierais de comment ?
- Speaker #0
Je ne sais pas s'il avait avant moi des goûts prénoms identifiés, parce que tout le monde ne se pose pas la question. Je lui ai posé ce genre de questions, et lui, il y avait un prénom de sa vie qu'il avait marqué, c'était Jazz, qui était le prénom de son meilleur copain quand il avait 4-5 ans, tu vois. Ce qui est cool comme idée, Jazz, t'en croises pas mille. Mais il n'avait pas un style identifié, et c'est juste que ce prénom était tellement original que ça l'avait marqué, et en plus c'était son meilleur ami, du coup il avait un affect pour ce prénom. Rien de plus que ça. Et assez vite, parce qu'il s'est mis dans l'intérêt des prénoms par mon biais, il s'est intéressé d'une certaine façon, du coup. Et assez vite, moi, j'ai découvert qu'il avait des goûts tout à fait zinzin, comme moi, juste différents. Et donc, c'était très, très stimulant et joyeux de parler prénom avec lui. Moi, j'ai proposé des prénoms très variés, tout le temps. Pas du tout quand on était en projet bébé, vraiment juste tout le temps. Essentiellement, dans une veine rétroniche, historico-littéraire. Et au début, il trouvait que c'était beaucoup de ces termes. Mais comme on partageait cet univers, finalement, parce qu'on s'est rencontrés, nous, en master d'études supérieures de la Renaissance, on partageait cet univers. Et finalement, il s'est lui-même mis rapidement à me parler des prénoms de ses lectures de manuscrits de la Renaissance. Il était là avec son bouquin, il levait la tête et puis il disait « Philistin » . Donc, assez vite, je l'ai embarqué dans mon délire.
- Speaker #1
Ok, cool, c'est génial. Pour une passionnée comme toi, il ne fallait pas autrement.
- Speaker #0
Ah oui, puis moi, j'avais un gros plaisir à découvrir par son biais. je me suis mise à Je me suis prise une passion pour la chanson de geste, du coup, qui n'était pas forcément mon truc, parce qu'il y a trop de prénoms dingues dans notre culture, dans le folklore francophone du Moyen-Âge et Renaissance.
- Speaker #1
Donc avant que tu sois enceinte, vous parliez prénoms quotidiennement, mais vous n'aviez pas de liste déjà établie ou une liste tellement longue finalement que ça n'était pas...
- Speaker #0
Non, moi j'avais des listes évidemment, des listes de mes chouchous que je mettais à jour tous les 2-3 mois, faisant des petits graphiques d'évolution de mes goûts. Voilà, l'obsession, quoi. Et je sais pas trop, en fait. S'il avait des prénoms en tête qu'il aimait, je me le fais pas de liste,
- Speaker #1
en tout cas. OK. Une fois que tu as été enceinte, comment vous vous êtes mis sur le sujet ? Est-ce que vous avez eu une méthodologie particulière ? Puisque j'imagine que c'était pas les ressources qui manquaient de ton côté. Donc, comment il a fallu procéder ? Parce que j'imagine qu'il y a peut-être une difficulté quand on aime les prénoms autant que toi. C'est que choisir, c'est renoncer. Et il faut en choisir un parmi tous ceux que tu aimes.
- Speaker #0
Ouais, carrément. C'est particulier parce qu'on a plusieurs personnalités prénoms. On a la personnalité prénom des prénoms qu'on trouve cool, qu'on trouve beau, mais qu'on ne donnerait pas forcément à son enfant. Moi, il y a plein de prénoms que j'adore, mais juste qu'ils ne sont pas faits pour mon enfant, pour moi, la façon dont on est au monde, en fait. Il faut que le prénom nous corresponde en tant que famille. Donc, ça, c'est la première personnalité. C'est celle de notre choix esthétique, en fait, quelque part. Il y a une autre personnalité qui est notre personnalité d'affect. Et ça, c'est les prénoms qu'on aime depuis l'enfance, par exemple. genre Sirius, Draco, Angelo et compagnie, tout cela, mais aussi d'autres pour lesquels j'avais acquis une attache particulière. À l'adolescence, j'étais trop, trop, trop fan de Théodore, Nathaniel, Ulysse et Léandre, au masculin, au féminin. J'adorais Rosalie, Athénaïs, Constantine et un prénom que j'aime toujours énormément, dont on a parlé pour notre fille, qui est Aïdée. qui est le prénom de l'une des héroïnes du conte de Monte Cristo, à l'idée que je trouve magnifique. Donc voilà, il y avait tous ces prénoms, ceux-là, pour lesquels j'avais un affect de longue date. Donc ça, c'est la personnalité d'affect. Chacun a sa personnalité d'affect. Parfois, l'autre personne ne s'est pas posé la question, mais il peut y en avoir une quand même. Par exemple, Jazz, mon mari. Et l'autre personnalité, qui est celle qui va devoir être explorée pour nommer son enfant, c'est celle du couple, en fait, qui n'est pas la même. Vraiment, la rencontre de nos deux univers... fait qu'on est allé vers des prénoms littéraires, poétiques, historiques. C'était ça, notre terrain commun. Moi, ça faisait déjà pas mal d'années que j'accompagnais des parents et que je savais un peu comment les aider. Mais pour nous, je n'ai rien fait de ce que je recommandais. Je n'étais pas capable du tout de prendre ce recul-là. Et puis, ça se mêle à autre chose, le choix du prénom, évidemment. Ça se mêle à l'attente du bébé. Et il se trouve que moi, j'avais un désir d'enfant de longue date. Le bébé n'arrivait pas, quoi, pour des raisons qui sont les nôtres. Et il y a un moment donné, on s'est mis d'accord sur la date à laquelle on allait faire des essais, en gros. En fait, pour des raisons de parcours de vie. Mon mari, qui était étudiant, qui faisait une thèse, etc., qui n'avait pas encore de revenus, il ne voulait pas... Moi, je travaillais déjà. J'étais éditrice. Il ne voulait pas se lancer dans un projet bébé. Avant d'avoir une situation plus tard, je t'ai remis ta thèse, peut-être la fin dans 15 ans, moi je vais juste devenir folle. J'avais un désir d'enfant que plein de femmes reconnaîtront qui devenait douloureux. Du coup, je me suis dit qu'il me faut une date et cette date, ça ne peut pas être dans 6 ans. Ce n'est pas possible, c'est trop long. Du coup, on a discuté et la date, c'était X temps après. Un an avant cette date, je n'en pouvais plus. Je me suis dit, est-ce que c'est OK qu'on se lance dans la recherche du prénom ? Moi, ça me permet de... projeté, de patienter pendant cette année-là et on se lance dans une vraie discussion prénom. On choisit le prénom cette année.
- Speaker #1
Oui, tu avais l'impression d'être... Il était déjà presque là, il était un petit peu incarné, déjà pas physiquement dans ton ventre, mais à travers le prénom que vous aviez choisi.
- Speaker #0
Exactement, j'avais besoin de ça pour que ça avance, pour que ça s'approche un peu ce bébé que j'attendais. Moi, ça faisait déjà quasiment six ans que je voulais un enfant, ça commençait à faire long. Et du coup, On a fait notre parcours de recherche prénom avant la grossesse, pour le premier bébé bien sûr, et donc j'ai sorti avec zéro stratégie mes listes de 300 prénoms. Je l'ai instantanément mis en sueur et en panique parce que mon mari a zéro endurance. Il était le pauvre de si bonne volonté et moi, mais si terrifiante avec mes listes interminables de prénoms classés par lettres, avec des graphiques de popularité, etc. La folle, vraiment ! Et je n'ai pas du tout stratégisé. Je l'ai fait un peu plus tard, en comprenant aussi quelles étaient ses capacités, ses besoins, à lui proposer vraiment des courtes listes de dix prénoms, par exemple. Ce qui était déjà beaucoup pour lui. J'en ai un bon bout de trois. Il était là, attends, Parce qu'il faisait un vrai travail de réflexion sur chaque prénom. Et moi, j'étais là, mais juste, comment tu le sens ? On n'avait pas la même façon de ressentir les choses, ce qui est normal. Et toute chose que j'avais vue et que je connaissais très, très bien par ailleurs. Mais juste pas du tout capable de le faire avec mon mari. Ce que je faisais... En accompagnant les parents.
- Speaker #1
Quand c'est pour toi, forcément, tu as moins le recul, tu as l'émotion, tu as toute l'impatience aussi d'être, ça y est, dans le vif du sujet pour ton enfant.
- Speaker #0
Mais vraiment, j'étais hors de mon corps. Il y avait mon corps de consultant de prénom. Et puis, je changeais complètement d'enveloppe quand j'étais avec mon mari à parler de ce même sujet. Donc, ce n'était pas du tout facile de choisir le prénom parce que je m'éparpillais beaucoup. J'étais si... investi émotionnellement, énergiquement, intellectuellement dans cette recherche prénom que j'allais dans tous les sens. Je faisais ce que font certains parents qui est de vouloir être sûre, d'avoir exploré toutes les options. Et du coup, je cherchais, vraiment dans plein de directions. Et on est tombés d'accord un peu avant que je tombe enceinte. On avait un prénom garçon, un prénom fille. Donc ça nous a pris, je dirais, dix mois pour être d'accord sur le prénom.
- Speaker #1
Donc, heureusement, en fait, que tu t'y es prise en avance, parce que sinon, pendant la grossesse, ça aurait été un travail acharné.
- Speaker #0
Ça nous aurait peut-être cadré. Et donc, nous, on a exploré des prénoms un peu de différents styles, comme tu le voyais dans ce dont je te parlais. Attends, si je ressens les lits que j'avais tout à l'heure. Donc, notre fils s'est appelé Amadis à la fin. C'est Amadis de Gaulle. C'est un chevalier littéraire, un personnage de fiction. d'un roman de chevalerie tardif de la Renaissance, à une époque où les romans de chevalerie n'étaient plus très à la mode. Mais ça a été un tel banger à l'échelle européenne que ce roman a été... Très très marquant dans toute l'Europe. Par exemple, le personnage de Don Quichotte, quand il va combattre les moulins, il joue à être Amadis en fait. Il le dit, je suis Amadis, le beau ténébreux, et je vais combattre les géants, etc. À un moment donné, dans Don Quichotte, t'as une bibliothèque qui brûle et tu dis mais il faut sauver les livres et s'il ne faut en sauver qu'un, il faut sauver Amadis ! C'est vraiment un roman qui a été marquant, qui a, en France, contribué presque à l'unification de la langue française parce qu'il y avait un tel enjeu de traduction sur Amadis de Gaulle. Donc c'est... Un roman qui nous faisait écho à la façon dont on avait envie d'intégrer cette réflexion dans nos centres d'intérêt pour la langue, la linguistique, la littérature. On ne l'a pas cherché pour ça, mais quand on est tombé dessus, on s'est dit « waouh, c'est parfait en fait ! » Et c'était parfait aussi parce que ça correspondait à des sonorités qu'on adorait. On tournait autour un peu de ces sonorités. Moi, j'avais Aramis dans mes listes, qui est l'un des trois mousquetaires. j'avais Atticus qui est un prénom du personnage d'avocat qui défend un homme noir accusé à tort dans Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur Atticus Aramis on avait Attis aussi ça c'est Kilian qui l'avait trouvé Attis qui est je crois un personnage d'opéra ou alors un personnage je confonds peut-être mais sans doute les deux d'une pastorale un personnage comme ça et Amadis voilà Amadis Atticus Attis Aramis on est vraiment autour de ces sonorités et quand on est tombé sur Amadis juste C'était tellement parfait.
- Speaker #1
C'était évident. Tout de suite, ça a été évident.
- Speaker #0
Oui, ça a été vraiment évident. Mais pour autant, justement parce qu'on avait envie d'être sûrs, c'était notre premier bébé. Il était un peu comme moi aussi dans cet aspect-là. On a quand même eu longtemps Amadis en top 1 d'une liste qu'on continuait d'explorer. Et derrière les autres prénoms qu'on avait, qui étaient dans des styles assez différents, un peu bohème, un peu littéraire, il y avait Orion, Combe. Combe qu'on adore tous les deux. On aurait pu appeler notre enfant Combe. Hippolyte. Hippolyte qui est un prénom qui veut dire libérer, libérer les chevaux, vraiment lâcher les chevaux. J'adore l'énergie de ce prénom et qui est aussi un prénom littéraire qu'on trouve dans plein de pièces de théâtre antiques, etc. Donc vraiment cool. Et Côme, qu'on a vraiment très sérieusement considéré, ça n'allait pas pour nous parce que le nom de famille, c'est deux O très fort, le même O que Côme. Et Côme, ça faisait un effet Osso Buco à l'oreille et c'était pas satisfaisant en bouche. Donc on s'est dit tant pis tant pis.
- Speaker #1
Parce que je retiens là, tu vois, des prénoms que tu me cites. Vous avez choisi le plus original. Est-ce que c'était volontaire ?
- Speaker #0
Eh bien, pas trop, parce qu'au féminin, il n'était pas du tout aussi niche, aussi confidentiel, celui qu'on avait choisi. Vu qu'on l'a choisi avant la grossesse, on ne savait pas si c'était un garçon ou une fille. Au féminin, c'était Olympe. Olympe, tu vois, c'est un peu original, mais très accessible. Olympe, Céleste, Garance. C'est vraiment cette veine-là. Et dans le genre littéraire confidentiel, celui qu'on avait dans cette veine-là, c'était Aïdé. Et moi, Jeanne. Toré Haïdé, mais mon mari n'était pas assez convaincu. Il aimait, mais pas assez pour le donner à son enfant. On avait, de nos chouchous, c'était Olympe, Brune. Oh là là, ça c'est comme com'. On aurait pu appeler notre fille Brune, mais le nom de famille commence par PR, et Brune, c'était pas joli. On avait aussi, un peu comme Amadis, des prénoms qui tournaient autour de la même sonorité, qui étaient Isée, Isile, Iseux, et peut-être aussi Témis, je crois, on avait. Donc voilà côté fille, et finalement on a choisi Olympe, parce que... Là aussi, c'est l'implantation littéraire, culturelle qui a été le plus, qui lui donnait un supplément d'âme puissant pour nous. Et ça nous faisait penser à Olympe de Gouges, qui est un personnage historique du féminisme et de la littérature, qui était trop cool, et qui lui donnait une couche supplémentaire de signification. Parce qu'Olympe, c'est aussi un mont entouré de nuages, qui rappelle l'imaginaire de la mythologie. Vraiment, c'était le plus beau prénom à nos yeux, et que du coup, on n'a pas donné.
- Speaker #1
Oui. Donc, ni pour ce premier bébé qui s'est avéré être un petit garçon, ni pour votre deuxième, pour votre fille dont on va parler après. Mais est-ce que votre entourage suspectait les goûts que vous aviez en matière de prénoms ?
- Speaker #0
Alors, moi, j'ai toujours parlé prénoms parce que je ne pouvais pas m'empêcher. Mais pas pendant la grossesse. Donc, mes parents, mes proches, mes amis s'attendaient à des prénoms originaux parce qu'ils savaient ma passion pour le sujet. Je leur avais déjà parlé de certains prénoms. un prénom que j'aimais beaucoup. Et la plupart des gens, ils trouvent que Ulysse, qui était pendant très longtemps le favori dont vous parlez, est un prénom original. Ce qui est le cas d'ailleurs, parce qu'il n'est pas dans le top 100, mais il est quand même connu. C'est le prénom que j'ai voulu donner pendant 15 ans. Et l'année d'avant la grossesse, mon cousin l'a donné à son enfant. Et il l'a donné à son enfant parce qu'en fait, il m'a demandé conseil pour les prénoms. Et il y avait Ulysse dans sa liste et je lui ai dit, écoute, c'est le plus beau prénom du monde, tu ne peux pas te tromper. Et il l'a donné. Et après, j'ai dit, mais c'était bête ou quoi ?
- Speaker #1
C'était trop convaincante.
- Speaker #0
Et ce n'est pas grave parce que du coup, il y a un Ulysse dans ma vie. Et en plus, mon mari, lui, c'est un peu comme Aïdé, il l'aime, mais pas assez pour le donner à son enfant. Et voilà, c'était des prénoms qui étaient, comme je te disais, de cette personnalité d'affect qui était la mienne, qui n'était pas notre personnalité de couple.
- Speaker #1
Ok, donc comment ils ont réagi quand vous avez annoncé la naissance de votre petit garçon ?
- Speaker #0
Pendant toute la grossesse, on ne voulait pas dire le prénom, mais comme on avait envie d'en parler et de faire participer notre famille, etc. Ils avaient des indices, on avait fait un petit jeu des devinettes, ils avaient plein d'indices et s'ils avaient réussi à trouver le prénom, on leur aurait dit oui c'est ça. Mais on était genre 100% sûr qu'ils ne trouveraient pas parce qu'Amadis personne ne connaît. Et de fait, on en a parlé à tout le monde, tous nos proches, nos amis, notre famille, etc. et personne n'a trouvé. Le plus proche ! que quelqu'un a trouvé, c'était Aramistre quand même. C'était très très proche.
- Speaker #1
Vous aviez donné des indices sur les sonorités ou sur le sens ?
- Speaker #0
On avait dit, c'est un prénom littéraire ancien, médiéval, qui commence par A.
- Speaker #1
Ok. Et quand vous l'avez vu à la naissance, comment vous avez réagi ? Pendant ta grossesse, vous avez appris que c'était un petit garçon ? Oui,
- Speaker #0
on a appris que c'était un petit garçon. On avait besoin de se projeter, vous savez, moi toujours dans la... Je suis vraiment quelqu'un qui se projette beaucoup dans l'avenir et du coup j'avais besoin. Et mon mari encore plus parce que lui, il n'arrivait pas à imaginer un petit garçon. Il pensait qu'il allait être papa d'une petite fille, de l'instant zéro. Il s'imaginait avec une petite fille, du coup il m'a dit il faut vraiment que je sache parce que comme ça si c'est un garçon j'aurai le temps un peu de réajuster mon image et ma projection. Et donc on a su qu'on avait un petit garçon qui nous attendait, qui allait nous rejoindre. Bah écoute, je ne sais pas, on l'appelait comme ça pendant toute la grossesse, enfin dès qu'on a su que c'était un garçon. On lui parlait en lui disant son prénom à travers le ventre. Donc, ce n'était pas du tout une surprise ni une question. C'était à ma disque.
- Speaker #1
Et comment ils ont réagi vos proches ?
- Speaker #0
Les proches, ils ont réagi soit avec tact, soit avec grâce en nous disant qu'ils trouvaient ça très beau. En tout cas, on n'a eu aucune réaction négative. Ce qui nous a fait plaisir parce qu'on savait qu'on pouvait leur faire confiance. pour faire preuve de bonté, de bienveillance. On savait que c'était un prénom original, mais je crois aussi que c'est un prénom original qui n'a pas des sonorités difficiles d'accès. Amadis, même quand on ne le connaît pas, il n'est pas rugueux, il ne fait pas trop tiquer.
- Speaker #1
On le retient facilement.
- Speaker #0
Il ressemble aussi à des prénoms connus, comme Matisse ou Amadeus. Donc, je pense que ça a aidé aussi à permettre aux gens de se l'approprier très vite.
- Speaker #1
On ne le connaît pas, mais il semble familier.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Nous, c'est aussi la raison pour laquelle, quand on l'a trouvé, on se dit, c'est le bon, c'est vraiment le bon équilibre.
- Speaker #1
Moi, je comprends. Et comment vous avez choisi ces autres prénoms, s'il en a ?
- Speaker #0
Alors, il s'appelle Amadis Lou Thélonius Robinson. Et Lou, c'est parce qu'on voulait un prénom mixte ou non genré, ou plus genré dans l'autre genre, en deuxième prénom, dans l'idée de lui offrir ce confort, si un jour dans sa vie, que ce soit par goût ou par besoin d'une autre identité de genre. Ils puissent avoir ce confort immédiat, en tout cas, d'avoir un prénom qui est disponible, même si, in fine, ils peuvent en choisir un autre. Donc, on voulait ça, mais on voulait donc un prénom... non genré ou genré dans notre genre, mais aussi beaucoup, beaucoup plus simple qu'Amadis. On voulait un prénom facile, au cas où, à un moment donné, il soit dans un rejet de cette complexité littéraire qu'on avait voulu porter, qui nous ressemblait, etc., mais qui pouvait ne pas lui ressembler à un moment donné. Donc, on s'est dit, on fait extrêmement simple. Court, accessible, etc., donc loup, qu'on écrit sans P pour la question du genre. Mais au féminin, du coup, on avait aussi le prénom et les trois autres derrière. Et les autres prénoms d'Amadis, donc Thélonius et Robinson, en fait, c'était nos deux coups de cœur, chacun. Robinson moi c'est vraiment celui que j'ai essayé de pousser pousser pousser je le voulais à mort et Kylian c'était Telonius donc tu vois qu'il avait des gouttes zinzin aussi mon mari c'est ce que j'allais dire il s'est bien défendu vraiment des fois il me disait c'est n'importe quoi ce prénom que tu me proposes et moi j'étais là Telonius on parle de Telonius vraiment regarde la poutre qui est dans ton oeil Telonius je te jure Telonius c'est en hommage à Telonius Monk qui est un jazzman parce que mon mari est aussi musicien et c'est très cool comme prénom vraiment très beau j'aime beaucoup on l'avait dans notre liste j'étais pas dans le rejet en revanche j'étais pas prête à le donner parce que j'ai de l'expérience en tant que consultant de prénom et Thelonius je savais qu'il serait pas facile à aimer pour plein de gens un long prénom complexe qui finit en us et qui a pas ce côté un peu mignon piquant d'aticus qui était déjà beaucoup plus audacieux que Amalice je trouve Thelonius moi je voyais les grimaces et je savais faut savoir aussi se connaître je savais en tant que mère que Je vivrais mal. Le mouvement de rejet que je percevrais en annonçant le prénom de mon enfant, je n'étais pas assez assurée pour ça.
- Speaker #1
Surtout pour un premier. D'autant plus pour un premier, peut-être.
- Speaker #0
Oui, peut-être si j'en avais 12. Voilà, le 12e s'appelle Thelonius. Veille que pourra, tu ne pourras rien me faire. De toute façon, tout me passe au-dessus de la tête. Mais je me connaissais et j'avais envie que les gens puissent me dire, comme pour Amadis, et avec une sincérité que j'aurais pu percevoir, ah, c'est beau, c'est joli. Thelonius, je n'étais pas assez sûre. Donc bref, il l'a mis en... en troisième prénom et Robinson en quatrième. C'était nos deux coups de cœur vétoisés par l'autre.
- Speaker #1
Ok. Il a des surnoms, Amadis ?
- Speaker #0
Non, même pas tant que ça. En fait, quand il était bébé, il avait plein de petits surnoms qui étaient principalement autour du mot bébé. Mon bébé, bébé chou, tout ça, tout ça. On l'a appelé tellement longtemps mon bébé que quand il a eu huit mois, on s'est dit peut-être qu'on commence par l'appeler par son prénom parce qu'il faudrait qu'il se reconnaisse en fait. Mais ça, c'est le cas de plein de parents, surtout pour le premier qui a été très attendu. On a du mal à l'appeler par le prénom parce qu'on l'appelle par de l'amour en fait. Et donc des petits surnoms, c'est normal. Et du coup, non, je lui ai dit il n'y a pas longtemps, parce que là, il approche des 4 ans, parce qu'il avait un copain qui avait un surnom à l'oral, et il disait, mais il s'appelle comme ça ou comme ça ? Son surnom ou son prénom ? Les enfants, ils ont besoin de repères, tu vois. Et je lui dis, bah, il s'appelle comme ça, je ne sais plus quel était le prénom au long, et on peut aussi l'appeler comme ça, c'est plus court, c'est un petit surnom, quoi. Je lui explique, je lui dis, pour toi, pendant que je t'attendais, j'étais persuadée que j'allais te surnommer Mad.
- Speaker #1
parce que je trouvais ça cool et il m'a dit mad c'est cool et il m'a regardé d'un air intéressé intellectuellement genre d'accord mais je ne l'ai jamais de ma vie surnommé comme ça peut-être quand il sera plus grand pendant sa crise d'ado quand ouais mad je trouvais ça trop cool ouais je comprends c'est un petit côté badass effectivement tout petit mignon je comprends qu'à mad 10 avec ses C'est rondeur en bouche, tu conserves son prénom. Et puis t'as mis quand même un an à le choisir. Il a été choisi bien avant sa naissance, tu vois. Il faut rentabiliser vos discussions sur le sujet, quoi.
- Speaker #0
C'est ça. Mais la petite victoire que j'ai, c'est qu'il s'appelle Amadis Loutelunius Robinson. Et j'ai écrit un roman, enfin un album pour enfants, dans lequel le héros s'appelle Robinson, histoire d'exorciser ce prénom un peu que j'adore. Et Amadis... adore cet album et il sait que son quatrième prénom c'est Robinson et il dit très souvent qu'il s'appelle Amadis Thelonius Robinson Polisson
- Speaker #1
Adorable Et il est un peu persuadé qu'il s'appelle aussi Robinson Polisson Je pourrais l'appeler Robinson si je voulais C'est adorable Tu penses que le prénom imprègne quelque chose sur l'enfant qui le porte ?
- Speaker #0
Oui Non En fait je pense que le prénom a aucune influence sur le caractère de l'enfant sinon de façon indirecte par le regard social qui va être porté sur le prénom C'est-à-dire que Amadis, dans mon milieu socioculturel, dans mon quotidien en France, il y a un certain regard qui est porté dessus. Ce ne serait pas le même dans un autre pays, par exemple. Moi, j'ai connu une femme qui s'appelait Cosette en Espagne, parce que sa mère était fan des misérables et que ça faisait chic, ça faisait français. Et Cosette, en Espagne, c'était trop la classe. Et en France, Cosette, ça évoquerait vraiment une petite fille malheureuse. Ça n'a pas du tout le même écho. Ça évoquerait quelque chose de très, très mignon, très petit, très fragile. Et là-bas, ça a pété la classe. C'est vraiment le prénom, c'est pas en lui-même qu'il définit quoi que ce soit, c'est vraiment par rapport au regard qu'on porte dessus. Donc Amadis, comme, et ça c'est vraiment quelque chose que je trouve génial dans ce prénom. Comme les gens ne le connaissent pas trop, il porte un regard qui est celui de « Ok, c'est un prénom original, qu'on sent être un peu recherché. » Donc voilà, il y a un truc de posture. Mais il ne projette pas ni un chevalier, ni quoi que ce soit. Et il est assez protéiforme. Il n'y a pas trop d'attente sur le prénom.
- Speaker #1
Et ça, c'est quelque chose qui te va ?
- Speaker #0
Oui, c'est quelque chose qui me plaît.
- Speaker #1
Ok. Est-ce que tu veux bien décrire le caractère de ton fils en quelques mots ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. C'est un petit garçon qui est débordant d'amour. Au sens où c'est très facile pour lui de se jeter dans les bras d'un ami qu'on vient de rencontrer, un adulte, un enfant. Il va faire des bisous tout petit petit. Il avait déjà beaucoup beaucoup d'empathie. Quand il rampait à peine au parc, je me souviens, dès qu'il y a un bébé qui pleurait, il allait ramper vers lui pour lui faire un câlin et le consoler. Ce qui, évidemment, déclenchait des larmes beaucoup plus fortes parce que c'est un âge où, normalement, les bébés ne sont pas du tout aptes à ça et ça les mettait en panique. qu'un autre gamin vienne leur baver dessus. Vraiment, c'est un garçon qui est débordant d'amour et ça, il l'a gardé du jour 1 de sa vie jusqu'à aujourd'hui et je crois que c'est quelque chose qui le définit. Il est aussi extrêmement rigolo. C'est un clown, un influenceur rigolade. On a découvert parce qu'il a commencé l'école qu'en sortie scolaire, on a découvert que c'était un peu la star de sa classe, sa petite bande de 20 gamins quand il dit une bêtise. Tous les gamins répètent la bêtise, ils veulent tous jouer avec lui. Ce qui est toujours chouette parce que l'inquiétude quand un enfant commence l'école, c'est est-ce qu'il aura des copains et donc on est rassuré. C'est un petit garçon qui est aussi flemmard. Il aime bien se faire cajoler, se faire porter. C'est vraiment la tannée pour lui faire faire 300 mètres à pied. Et c'est un garçon qui est précis et délicat. Il sait faire de la peinture avec beaucoup, beaucoup d'habileté au pinceau. Il a une très, très grosse capacité de concentration. Il peut lire des longs livres depuis... assez longtemps. Et ça, c'est peut-être parce que moi, je lui en lis beaucoup, mais avec ma deuxième, on en lit tout autant. Et je me suis demandé s'il avait un problème d'attention parce qu'Amadis pouvait tenir très longtemps. Et en fait, d'autres personnes autour de moi m'ont dit, non, non, mais elle est hyper normale. C'est ton fils qui est bizarre. C'est bizarre, un gamin qui peut lire des trucs aussi longs à son âge, c'est chelou. Donc voilà pour Amadis.
- Speaker #1
Ok, c'est adorable. On sent tout l'amour quand tu parles de lui, c'est très touchant. Si vous voulez écouter la suite de l'épisode, retrouvez l'histoire du prénom Enid. sur toutes les plateformes d'écoute. Si cette première partie vous a plu, partagez-la autour de vous et laissez 5 étoiles sur l'appli sur laquelle vous écoutez l'épisode pour m'aider à accueillir des invités toujours plus passionnantes. Merci pour votre soutien, je vous retrouve dans la partie 2 de l'épisode.