Speaker #1Bonjour Florentine, donc moi c'est Claire. Voilà, je suis la conjointe d'Alex et la maman d'Aïnoa. On habite nous dans le sud-ouest, au-dessus de la Dordogne, il y a une vingtaine de kilomètres de Bordeaux. Donc je suis ravie de venir témoigner dans ton podcast que j'adore, nous pour le chou. choix du prénom d'Aïnoa, eh bien, ça s'est passé lors d'un week-end où on se baladait en amoureux à Rocamadour. Il faut savoir que moi, j'ai 37 ans et mon conjoint 41. Et nous, c'est dans le cadre d'une PMA qu'on a eu notre fille. Donc, ce week-end à Rocamadour, c'était le dernier week-end juste avant notre févre, notre fécondation in vitro. Et en se baladant dans Rocamadour, on a entendu une maman appeler ses deux petites filles, Lou Merci. Et Ainhoa. Donc au début, j'étais pas sûre d'avoir compris, parce qu'il y a un prénom breton qui ressemble un peu, je trouve, quand on le dit très vite, c'est Inora. Donc le prénom d'une de mes meilleures amies, que je salue au passage. Et non, non, c'était bien Ainhoa. Et tout de suite, sans rien dire, en se regardant, on a compris que ça serait le prénom de notre fille. On aimait le fait qu'il soit rare, qu'il soit original. Et en regardant cette petite famille, on les a trouvés très beaux. Les parents, les enfants, ils y respiraient la joie. On les a croisés d'ailleurs deux fois dans cette petite journée en fait. C'est comme ça que s'est prise la décision. Alors ce prénom, beaucoup de personnes nous disent « Ah, il fait polynésien, il fait exotique » . En réalité, son origine elle est basque. C'est en fait le nom d'un village dans le Pays Basque qui est classé, donc qui est très petit, très beau, qui s'appelle donc Aïnoa. En fait, il est dit qu'il y a eu la Vierge Marie qui est apparue à Aïnoa. Il y a plusieurs étymologies possibles. Une des traductions d'Aïnoa, c'est Marie, en basque, qui peut être controversée, parce qu'il y a aussi Vierge Marie, il y a aussi Terre ou Prairie fertile. Ce qui m'a fait sourire, ce n'était pas fait exprès, mais en lien avec le parcours PMH, je trouvais ça fort que ce mot de fertile sorte. sur un versant d'ailleurs positif, c'est-à-dire on parle de fertilité et non pas d'infertilité dans cette traduction. Ça peut paraître un peu tiré par les cheveux, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'y trouver un lien. Et c'est aussi un prénom qui est espagnol, et ça n'est pas un détail puisque moi j'ai un nom de famille catalan. Mon grand-père était de Géronne et j'avais de la famille du côté de Barcelone. Donc mon nom de famille est aussi un prénom en catalogne. Donc Ainhoa a des origines bretonnes puisque je suis bretonne. Un prénom donc basque et un nom de famille catalan. Donc ce qui peut paraître annonciateur d'une forte personnalité puisqu'on a fait le choix avec son papa qu'elle conserve mon nom de famille en nom d'usage. Sur les papiers d'identité, elle a bien également le nom du papa après mon nom de famille. Mais en nom d'usage, elle n'a que le mien. Et on a fait ce choix-là parce que, voilà, pour moi, c'était pas d'une évidence limpide d'avoir une fille. J'étais sûre que j'aurais un garçon. D'ailleurs, c'était mon rêve d'avoir un garçon que j'aurais appelé Pio. Donc, un petit clin d'œil à un de tes derniers podcasts au passage. Et ça a été très difficile d'apprendre que j'avais une fille, que je portais une fille. J'ai demandé rapidement, lors de la première échographie officielle, le sexe. La gynéco était quand même réticente, mais j'ai vraiment insisté. Et le papa était super content de savoir que c'était une fille, mais pour moi c'était... Un choc, pour plusieurs raisons. Déjà parce que je trouve que le monde est trop difficile pour une fille. À l'heure d'aujourd'hui, entre les masculinistes, quand on voit les grandes personnalités politiques mondiales, des fois je me dis qu'il n'y a plus d'espoir. Alors que ce soit un garçon ou une fille, j'imagine bien que c'est difficile, mais pour une fille, les inquiétudes ne sont pas les mêmes, les doutes, les peurs ne sont pas les mêmes. Et sur l'aspect aussi, relations amoureuses. J'ai eu un parcours quand même chaotique et je ne supporterais pas que ma fille subisse ou vive le centième de ce qui m'est arrivé. J'ai bien compris qu'il ne faut pas projeter ses propres peurs et les transmettre à son enfant. Bon, c'est pas si simple que ça, même si j'ai vraiment essayé de travailler en profondeur, avec notamment l'écriture émotionnelle, en voyant une ostéopathe. énergéticienne, oui oui. Mais il y avait aussi comme critère, un dernier élément important, la transmission générationnelle et le lien mère-fille. J'ai une relation particulière avec ma mère et je ne souhaite pas que ma fille ressente pour moi ce que je ressens moi pour ma mère. Ça peut paraître ingrat de dire ça, mais voilà, j'avais très peur notamment de l'adolescence par exemple, de cette période-là quand on est une fille. Donc pour toutes ces raisons, J'ai besoin qu'elle soit armée pour affronter la vie. Même si la vie peut aussi être douceur, et c'est aussi ce qui est ressorti dans les discussions avec son papa. Voilà, c'était viscéral comme peur. Bref, voilà pour cet aspect-là. Déjà, elle nous montre qu'elle sait quand même ce qu'elle veut du haut de ses deux mois, puisque cette semaine, elle va seulement sur ses deux mois. C'est un tout petit bébé. Mais voilà, moi ça me fait plaisir de voir qu'elle a son petit caractère affirmé. Peut-être que je ne dirais pas toujours ça, mais on va aussi essayer bien sûr de l'accompagner le plus possible dans le fait de prendre sa place, de poser ses limites, de se faire respecter et de ne pas avoir peur en tant que femme. Donc à la question posée par ma mère, va-t-elle faire de la danse ? Je réponds non, elle choisira ce qu'elle voudra. Mais spontanément, on lui montrera peut-être plus des arts martiaux que de la danse classique, même si j'adore la danse classique. Et par ailleurs, Ausha a deux autres prénoms. Nous avons fait le choix de donner les prénoms de chœurs que l'un et l'autre auraient choisis si on avait eu uniquement nous le choix. Donc sans trop de surprises pour ma part, j'ai choisi Pia, donc le féminin de Pio. Et Alex, mon conjoint, a choisi un prénom japonais. Le prénom de la fille de l'empereur actuel, c'est le prénom Aiko, A-I-K-O, qui signifie « enfant né de l'amour » . Donc il adore la culture japonaise pour toutes les valeurs japonisantes et puis la culture issue des samouraïs. Donc voilà pour le choix de ses deuxième et troisième prénoms. Pour revenir sur l'aspect basque et en lien avec l'écriture de ce prénom. Ainhoa. En bas, il n'y a pas de tréma. Donc Ainhoa, c'est écrit traditionnellement A-I-N-H-O-A. Et nous avons décidé de franciser ce prénom en rajoutant un tréma pour ne pas que tout le monde l'appelle Ausha. Donc elle s'appelle pour nous Ainhoa, comme le nom du village mais avec un tréma sur le I. Forcément, avec un prénom original, eh bien, il y a des réticences, des avis. qui ressortent, donc on m'a déjà dit que c'était un prénom long, effectivement. J'ai déjà vu sur internet, sur des forums, sur des jeunes filles qui s'appelaient Ausha, qui répondaient à la question « Quel est votre surnom quand vous vous appelez Ausha J'ai vu qu'en surnom c'était Aino, que je trouvais trop mignon comme petit surnom. Et puis les réticences pour l'instant qui sont revenues à mes oreilles viennent majoritairement de ma mère, qui voulait absolument un prénom du calendrier. à qui j'ai tardé avant de transmettre et de l'informer du choix du nom. Et donc, je m'en doutais un petit peu, mais elle a eu du mal à le prononcer. I-A-O-I. Bon, allez, hop, c'est bon, Marie, c'est pareil. Et bon, évidemment, je me suis un peu fâchée. Non, c'est pas pareil. C'est Aïnhoa et c'est pas Marie. Voilà. Après, la symbolique de Marie, c'était quand même important parce que mon deuxième prénom, c'est Marie. Le prénom français de sa marraine, qui est d'origine indienne, son prénom français, c'est Marie. Et voilà, ma mère et sa propre mère avaient aussi dans leur prénom Marie. Donc ça peut paraître paradoxal par rapport à la peur du lien transgénérationnel. Néanmoins, je trouvais que c'était un joli clin d'œil aussi familial. Voilà Florentine un peu pour l'histoire d'Aïnhoa. Merci en tout cas de m'avoir écoutée et puis à bientôt avec grand plaisir.