- Speaker #0
Bonjour à tous, soyez les bienvenus sur ce nouvel épisode de Sa Patte Pote, le podcast qui s'intéresse à la relation unique que nous avons avec notre animal de compagnie. Toutes les deux semaines, j'aborde un sujet pour vous aider au quotidien avec votre animal. J'accueille des invités, professionnels du monde animal ou des passionnés qui partageront avec vous leurs expériences et leurs conseils. Je le reçois aujourd'hui à mon micro, Camille, qui est pet-seater. Elle va vous parler de son métier, de combien ça coûte de faire appel à un pet-seater, comment ça s'organise. On va vraiment parler sans langue de bois de tout ce qui concerne le pet-seating, l'entreprenariat, mais également le bien-être de vos animaux. Rinstallez-vous confortablement, ça va papoter fort ! Bonjour Camille !
- Speaker #1
Bonjour Charlotte, bonjour tout le monde, merci de me recevoir sur ton podcast, c'est un grand plaisir !
- Speaker #0
Eh ben, plaisir partagé, je suis ravie également de t'accueillir et j'ai trop trop hâte qu'on puisse papoter ensemble !
- Speaker #1
De même !
- Speaker #0
Eh ben écoute, je vais te proposer déjà dans un premier temps de te présenter. L'idée c'est vraiment que tu nous dises un petit peu qui tu es, d'où tu viens, qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui tu es pet-seater, qu'est-ce qui t'a influencé ?
- Speaker #1
Je vais commencer par vous expliquer que... En fait, j'aide les parents d'animaux aux emplois du temps chargés à s'absenter sereinement grâce à la garde d'animaux ultra personnalisée. Si je dois donner un exemple de l'ultra personnalisation, ce serait, par exemple, je garde un chien actuellement et depuis plusieurs années qui se lève au quotidien quand il est avec ses parents à 6h du matin. Parce que ses parents se lèvent aussitôt. Donc, ce que je vais faire, c'est que je vais aussi me lever à 6h du matin. je vais en fait, adapter toute ma routine en fonction de la sienne. S'il doit manger le matin, le midi, le soir, eh bien, je le ferai manger le matin, le midi, le soir, bien sûr. S'il doit manger des aliments particuliers, que je dois faire bouillir des carottes ou cuire du poulet, je lui donnerai aussi et je le ferai aussi. Vraiment, je personnalise un maximum la routine et je m'adapte surtout un maximum à la routine de l'animal et des animaux que je garde pour qu'ils aient le moins de stress possible. Parce Parce que... Le fait déjà de changer d'humain de référence, ça leur engendre déjà un stress. Alors si en plus, ils devaient changer de routine, s'ils devaient changer de lieu, ce serait encore plus stressant. L'idée, c'est vraiment d'aller garder les animaux à leur domicile directement. Comme ça, ils restent dans leur environnement habituel. Et en plus de ça, je m'adapte à leur routine, en fait, pour faire comme s'il y avait le moins de changements possibles.
- Speaker #0
Mais c'est trop, trop bien. donc en fait tu vas vivre chez les gens pendant leur absence, pour t'occuper de leurs animaux.
- Speaker #1
C'est ça. Alors, je propose plusieurs services, comme les randonnées en nature, les visites ponctuelles à partir d'une heure. Mon service le plus important, mon service majeur, on va dire, c'est en effet le gardiennage d'animaux et maisons. Donc, je vais garder, je m'installe chez les gens, comme tu dis, et en plus de ça, je vais garder la maison.
- Speaker #0
Super. Donc, hyper confortable pour les personnes qui s'absentent, en effet.
- Speaker #1
Exactement, parce qu'en plus de ça, mes clients sont des clients déjà anglophones, donc pas très habitués à la France, on va dire. En plus de ça, ils ont des hauts revenus. En général, leurs maisons sont quand même de valeur. Et ce qu'il y a dedans aussi, ce qui fait que c'est plus confortable d'avoir quelqu'un qui garde la maison en leur absence. Ça peut éviter les cambriolages aussi.
- Speaker #0
Ouais, donc c'est vraiment un service très particulier que tu proposes et en effet qu'on ne voit pas partout. On va revenir un petit peu plus tard justement sur ce positionnement-là que tu as choisi. Moi, ce que j'aimerais beaucoup savoir, c'est qu'est-ce qui a fait qu'aujourd'hui tu es pet-seater ?
- Speaker #1
Alors, l'histoire est un peu longue, je vais essayer de faire court. Depuis toute petite, j'aime les animaux. Même mes parents me le disent, ça me fait rire parce que j'y pense souvent. La dernière fois, on me parlait de mon métier et ils me disaient mais... Mais oui, en fait, depuis toute petite, t'adorais les animaux, même les petites bêtes. T'étais vraiment l'amie des animaux. Et ça, je m'en souviens pas. C'est sympa d'avoir des retours comme ça aussi, des personnes qui nous connaissent depuis enfant. Et ça, je l'ai un peu mis de côté. Voilà, c'est resté dans un coin de ma tête. Je l'ai occulté pendant des années parce que j'ai fait un stage de troisième. Donc les premiers stages qu'on peut faire grâce à l'éducation française. Chez un vétérinaire. Et il est arrivé un jour. où j'ai assisté à une opération vraiment pas très sympa. Ou bien sûr, à la vue du sang et des coupages de peau. Enfin bref, j'ai failli m'évanouir. Mais littéralement, c'est pas juste un jeu de mots. Et là, mon cerveau s'est dit en fait, t'es pas faite pour ça. Et moi, je voulais être soit vétérinaire, soit soigneur animalier. Dans les deux mots, enfin dans les deux métiers, on soigne les animaux. Donc je me suis dit, mais en fait, c'est pas pour moi. À cette époque-là, donc, je vais prendre un coup de vie en disant ça, mais c'était il y a à peu près 18-20 ans, ce stage. Donc à cette époque-là, il n'y avait pas encore, enfin, sauf frère de ma part, tous les métiers comme pétiteur, toiletteur, éducateur, enfin tous les métiers animaliers qu'on peut voir aujourd'hui, en tout cas n'étaient pas du tout répandus, s'ils existaient déjà. Donc dans ma tête, je me suis dit, mais en fait, c'est pas pour moi. Donc oubli. Et en plus de ça... Même si j'avais voulu continuer, c'est vrai que je me suis rendue compte au fil des années, même si j'adorais l'école, j'adorais étudier, j'adorais apprendre, je savais que le rythme de la prépa qu'il faut suivre si on veut être vétérinaire ne me conviendrait pas. Donc, j'ai fait abstraction de ça et j'ai intégré une école de commerce à la base parce que je ne savais vraiment pas trop quoi faire. Donc, c'était un peu la voie classique pour moi. Mais il en est ressorti que ça m'a appris beaucoup de choses, notamment le fait de monter et de gérer une entreprise. Parce qu'on apprend tous les métiers qui permettent de gérer une entreprise en école de commerce. Ça m'a pris aussi... le fait de parler en public, etc. Donc ça, c'est aussi grâce à ça que je peux parler aujourd'hui dans un podcast facilement. Je sais que peu de personnes oseraient le faire. Et donc, sortie d'école de commerce, je me dirige vers des métiers dans la communication, parce que c'est aussi une matière qui m'intéressait beaucoup, la communication et le marketing, ou vraiment rien à voir avec le pet-sitting et avec les animaux. À cette époque-là, je me souviens, quand je croisais un chien dans la rue, j'étais très tellement différente, limite je le regardais et puis je l'ignorais, aujourd'hui maintenant que je me suis reconnectée avec cet amour pour les animaux que j'ai quand je vois un chien, mais je vois que lui, je vois mes passants de maître et dans ma tête je suis comme une enfant je me dis mais oh il est trop mignon enfin bref, vraiment débile quoi, et donc je fais ce job là dans la communication, je suis chargée de communication digitale, offline et ça pendant trois ans dans deux entreprises différentes, mais ça ne se passe pas bien à chaque fois parce qu'en fait, beaucoup de turnover, comme si ce n'était vraiment pas fait pour moi. Et en fait, aussi loin que je m'en souvienne, je veux créer mon entreprise. Donc, je ne savais juste pas dans quoi. Donc, à chaque fois, je sors de l'école, j'essaye de créer une entreprise. Je fais ma première expérience professionnelle, j'en sors, j'essaie de créer mon entreprise. Je fais ma deuxième expérience. professionnelle en tant que, voilà, pareil, CDI, chargée de communication, donc en entreprise. Je sors de ça, j'essaye de remonter une entreprise. Et à chaque fois, ça s'affinait. Au début, je voulais créer une entreprise en tant que conseillère en communication. Après, en conseillère RSE, donc plus dans l'environnement, la qualité, etc. Et à la sortie de mon dernier job salarié, là, je fais une sorte de bilan de compétences. Et c'est en fait ce qui va tout déclencher. Ce qui en ressort, c'est que les sujets qui me passionnent et qui m'animent sont l'environnement, donc la nature, la photographie et les animaux. Et mon cerveau a bloqué sur animaux, sûrement pas au hasard, parce qu'en fait, ça m'a rappelé ce que je voulais faire quand j'étais plus jeune. Donc là, je commence à me dire, OK, est-ce que je peux faire vétérinaire ? Non, parce qu'en fait, il y a beaucoup d'études et je ne sais pas, j'avais quoi, 25 ans peut-être ? il me semble, j'allais pas reprendre les études voilà, on est déjà dans la vie active c'est délicat de reprendre les études qui en plus ne m'auraient pas plu je le savais déjà, ensuite je me suis dit, est-ce que je peux faire soigneur animalier alors j'ai commencé à regarder des formations etc, soit c'était des formations à l'époque trop onéreuses pour moi, qui ne pouvaient pas être remboursées mais c'était à distance donc c'était bien, je pouvais le faire de chez moi ou alors c'était remboursé mais il fallait partir en fait dans le centre de la France Donc voilà, le niveau logistique, c'était un peu délicat. À l'époque, j'étais aussi en couple. Enfin voilà, malheureusement, un conjoint qui voulait pas trop... Enfin, qui avait peur que j'aille faire soigneur animalier en Afrique, dans la savane, parce que c'est vraiment ce que j'aurais adoré faire. Donc j'oublie ça aussi. Puis je commence à regarder quels sont les métiers avec les animaux que je pourrais faire, qui m'intéresseraient. Et je tombe par hasard sur le métier de pet sitter, donc de gardien d'animaux de compagnie en français. Là, il y a quelque chose qui tilte. Je teste ma première garde d'animaux. À l'époque, je faisais de la garde à la maison. Donc, j'étais pension familiale. J'accueillais les animaux à la maison. Et j'essaye ma première expérience que j'ai adorée. Et depuis, je fais ça. Voilà, donc ça fait... Je rentre dans ma quatrième année maintenant.
- Speaker #0
OK. Et donc aujourd'hui, tu as enfin monté ta société.
- Speaker #1
Oui, depuis 4 ans officiellement. Au début, j'avais essayé un peu comme ça, c'est vrai. Je suis sortie, je partais de zéro en fait, je ne savais honnêtement pas trop comment faire. Et puis je me suis dit, je vais essayer. Puis si ça ne fonctionne pas, je ne vais pas monter mon entreprise tout de suite. Je voulais m'assurer que ça fonctionne et que ça me plaise. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, je vois les choses différemment parce que je sais à quel point... C'est un métier quand même réglementé. Je sais à quel point c'est sérieux. Ce n'est pas juste comme du babysitting qu'on peut faire quand on a 15 ans pour payer ses sorties. Malheureusement, je l'ai pendant plusieurs mois, voire années, comparé mon métier à babysitter. Je disais que babysitter, c'est comme babysitter, mais pour les animaux. Et en fait, totalement faux, parce que ce n'est pas comme babysitter, c'est comme assistant maternel pour les animaux. Si on veut vraiment donner une comparaison. Métier qui est réglementé, on s'occupe d'animaux, d'êtres vivants. Ce n'est pas rien. Souvent, les parents de ces animaux les considèrent comme leurs enfants, des vrais membres de la famille. Donc en fait, ce n'est pas un jeu, ce n'est pas des peluches. Et voilà, moi j'ai commencé comme ça, grâce à une plateforme de mise en relation entre parents et pet-sitter. mais ces plateformes en fait nous apprennent pas vraiment comment les bons gestes, les bonnes choses à faire, ne nous disent pas que c'est un média réglementé, la plupart des personnes qui sont dessus sont des particuliers et non des professionnels, il y a très peu de professionnels.
- Speaker #0
Justement, c'est hyper intéressant puisque tu nous dis que c'est réglementé, tu nous parles de la différence entre particuliers et professionnels, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ça ? Parce que je pense qu'il y a... peu de gens qui le savent que le métier de pétiteur est un métier réglementé. Est-ce qu'il faut des formations particulières ? Est-ce qu'il faut des diplômes en particulier ? Est-ce qu'il faut un numéro de tirette ? Quel est le cadre légal autour de ce métier ?
- Speaker #1
Déjà, dans tous les métiers avec les animaux, il faut avoir l'ACACED qui est en fait une certification qu'on passe sur trois jours, qui est certifiée par le ministère de l'Agriculture qui permet, on va dire, d'avoir les grosses bases pour connaître un peu ce qui est au niveau de la loi, au niveau du transport d'animaux, de la biologie, comment ça se passe pour la reproduction, les maladies. C'est à peu près ce qu'on apprend pendant cette certification. Néanmoins, cette certification ne fait pas un bon professionnel. Par exemple, si on prend des éducateurs canins, ils peuvent avoir la casse-aide et proposer leur service en tant qu'éducateur. C'est comme les pet-sitters. Et ce n'est pas du tout assez. À mon sens, je vais dire, un pet-sitter... et bien formés, bien sûr, grâce à l'expérience. Ça, c'est évident, grâce à la pratique. Aussi, c'est important qu'ils soient formés en premier secours canin-félin, mais aussi en éthologie, c'est-à-dire en étude du comportement. Pour moi, c'est vraiment les trois formations qu'il faudrait avoir et que c'est vraiment idéal pour avoir un maximum de connaissances globales sur les animaux qu'on garde. Parce qu'on peut garder un animal sans connaître le comportement de celui-ci, et en fait, on ne sait pas comment bien s'adapter, etc. Après, voilà, bien sûr, avec l'expérience, on apprend. Ensuite, ce qui est important, c'est d'avoir une assurance professionnelle, une assurance responsabilité professionnelle. Il faut aussi être déclaré à la DDPP, donc la Direction départementale de la protection des populations, qui s'occupe d'éviter les maladies qui peuvent être transmissibles d'animaux à humains. À la base, c'est surtout... pour les gros élevages, des grosses pensions, des gros chenils où il y a beaucoup, beaucoup d'animaux qui rentrent et qui sortent. Malheureusement, la réglementation n'est pas assez adaptée aujourd'hui au métier de pet-seater et surtout de pension familiale, par exemple. On est souvent en retard en France sur la réglementation. J'avais même eu un agent de la DDPP des Bouches-du-Rhône qui m'avait dit ça fait dix ans qu'on... qu'on remonte l'information comme quoi il y a des pensions familiales qui commencent à s'ouvrir, etc. Les métiers changent, évoluent, et ça ne change pas au niveau de la réglementation. Donc voilà, ça c'est encore autre chose. Et maintenant, il faut être aussi déclaré à l'ICAD, si je ne me trompe pas, pour tous les professionnels du monde animal. Avoir un vétérinaire sanitaire aussi.
- Speaker #0
C'est pas vrai. En tant que pension ou aussi en tant que petsitteur indépendant ? Ah ouais, hyper intéressant, je ne savais pas du tout. Vétérinaire sanitaire, comme dans les élevages, dans les refuges.
- Speaker #1
Exactement. L'idée, c'est d'avoir surtout un référent à qui on peut poser nos questions. On doit avoir aussi un protocole sanitaire. Donc voilà, il y a beaucoup de choses à prendre en compte. Et en effet, on est loin du simple babysitting pour animaux de nos 15 ans. En tant que professionnel, on doit être aussi déclaré. Vu que c'est un métier réglementé, je précise juste, au cas où, qu'on doit être déclaré, déclarer nos revenus, donc avoir bien un numéro de tirette, etc.
- Speaker #0
Hyper intéressant. Merci beaucoup, Camille, déjà pour ces premiers éclaircissements. Est-ce que tu peux nous dire, Camille, quel type d'animaux tu gardes actuellement ? Quels sont les services que tu proposes, même si tu nous en as déjà parlé un petit peu ? Où est-ce que tu travailles ? Voilà, rentrer un peu plus dans les spécificités de ton quotidien.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors, le type d'animaux que je garde, surtout les chiens et les Ausha. Et souvent, il y a aussi des rongeurs, qu'on appelle les naques, les nouveaux animaux de compagnie. Il peut y avoir des serpents aussi, ça n'a jamais été mon cas pour le moment. Je n'ai pas eu la chance de voir ça. ni des migales ou autre chose, ou lézards. Mais souvent, ils ont aussi des poules, des petits oiseaux, des rongeurs. Donc je m'en occupe aussi en même temps. Dans l'idéal, j'aimerais beaucoup m'occuper de chevaux bientôt. Je suis actuellement bénévole dans un refuge à côté de chez moi qui accueille des chevaux. Et donc j'apprends grâce à la responsable du refuge qui, elle, a beaucoup travaillé avec les chevaux toute sa vie et qui est bien formée sur le sujet. J'apprends... à ses côtés avant de pouvoir proposer ce service puisque malheureusement, la cassette ne propose pas la cassette chevaux. Donc, il n'y a pas trop moyen d'apprendre sauf bien sûr en suivant une formation de comportement équin. C'est très réduit en termes de formation pour les chevaux. Donc ça, c'est pour le type d'animaux que je garde. Ensuite, mes services, donc en effet, comme expliqué tout à l'heure, je propose des randonnées en nature parce qu'à mon sens, quitte à marcher avec un animal, autant aller le faire sortir dans un endroit vraiment sympa avec des odeurs qui changent de son quartier. Surtout que l'été, c'est super délicat avec la chaleur du bitume. C'est beaucoup plus sympa de faire ça en forêt, en montagne. Au moins, on est aussi abrité de la chaleur, par exemple, ou de la pluie, des fois. Je préfère nettement faire ça. Ensuite, Je propose également des visites d'une heure. Avant, je faisais 30 minutes, mais j'ai décidé qu'en fait, ce n'était pas assez qualitatif pour moi. Une des choses qui est très importante pour moi dans mon métier, c'est la qualité. Et ça, je ne veux pas déroger dessus. Donc, plus le temps passe et plus ça m'apprend à trier, à remodeler mes services pour qu'ils soient de plus en plus qualitatifs. Je vais donner un exemple. Avant, je faisais... Je le fais encore pour mes clients actuels, mais pas pour mes nouveaux clients. L'année prochaine, je passerai officiellement pour tous mes clients à une heure. Mais par exemple, 30 minutes pour aller voir deux Ausha, c'est léger parce qu'il faut changer la litière. Des fois, la nettoyer complètement parce que les propriétaires n'ont pas le temps de le faire. Et la change peu. Les Ausha ont un odorat très fin. Donc, si c'est désagréable pour nous, il faut savoir que pour eux, c'est encore plus désagréable. Nous, on essaye aussi d'éduquer en tant que pet-sitter et de donner des conseils aux parents d'animaux autant qu'on peut. Mais le but, ce n'est pas du tout de les culpabiliser. Ce n'est pas le but. C'est vraiment de leur donner des clés pour améliorer le bien-être de leurs animaux. Donc, il y a changement de litière, des fois nettoyage du bac. il y a nettoyage des bols de nourriture, remplacement de la nourriture, nettoyage du bol d'eau, remplacement de l'eau. Il y a un petit peu jouer et un petit peu faire des câlins. C'est rare où on peut prendre le temps avec les animaux. Et sur l'exemple que je suis en train de donner, sur ces deux Ausha, l'un des deux est très demandeur de présence. Donc à mon sens, une heure serait vraiment l'idéal pour que ce chat-là puisse avoir le plus de présence possible, sachant que je fais seulement un passage par jour. ces chats-là. J'avais à l'opposé, vraiment, un client anglophone qui, lui, est reparti à New York pour être près de sa famille parce qu'il commençait à être plutôt âgé. Eux m'ont demandé de venir pendant un mois, souvent, quand ils retournaient dans leur pays, une heure le matin et une heure en fin de journée. Pour des Ausha qui étaient très vieux, qui jouaient très peu, et pourtant, c'était quand même 1h matin une heure soir. En fait, ils voulaient surtout de la présence pour leurs Ausha. C'était surtout ça à la base. Donc voilà, on a plusieurs cas de figure, mais ça m'a confortée dans le fait que une heure pour moi, c'est le minimum pour tous les animaux. Ensuite, mon service majeur et celui sur lequel je capitalise et que j'aimerais dans le futur garder uniquement, c'est donc le gardiennage d'animaux et maisons ou là, comme on expliquait tout à l'heure. je vais m'installer chez mes clients pour prendre soin de l'animal ça peut être d'une demi-journée 4h à une journée entière 8h, juste pour une soirée 12h ou alors jour et nuit 24h pendant plusieurs semaines plusieurs jours, voilà, ça dépend.
- Speaker #0
Où est-ce que tu travailles, Camille ?
- Speaker #1
Je suis basée donc à Cavaillon, entre Aix-en-Provence et Avignon, sur une carte pour vous situer un peu si vous êtes plutôt du Nord, et donc surtout autour de Cavaillon, dans le Luberon, dans les Bouches-du-Rhône, mais surtout le Luberon, et en fait dans le monde entier. Je me déplace dans le monde entier.
- Speaker #0
C'est là où ton service, il est vraiment extrêmement personnalisé et personnalisable, c'est qu'en fait tu... tu es parfaitement mobile et donc tu peux aller rejoindre tes clients, par exemple en voyage, je ne sais pas, ils partent en voyage avec leur famille ou en voyage d'affaires et tu peux tout à fait être amené à les rejoindre pour t'occuper de leurs animaux.
- Speaker #1
Exactement. L'idée, ce n'est pas forcément de partir en vacances avec eux parce que je sais que, par exemple, ça pourrait être demandé. Comme une nounou, en fait, les suivrait pour s'occuper de leurs enfants pendant qu'ils sont en vacances, moi, je préfère rester chez eux pendant qu'eux partent. Voilà. Ça permet aussi d'éviter à l'animal de prendre l'avion et puis de faire des trajets trop longs, trop intenses.
- Speaker #0
Oui, et puis on sait que notamment pour les Ausha, ça peut être très perturbant de voyager en fait et qu'ils sont bien mieux chez eux.
- Speaker #1
C'est ça. Alors, c'est étonnant parce que j'ai des amis qui ont des Ausha qui, eux, adorent être en vadrouille. Mais bon, on va dire que dans la majorité, le chat préfère rester chez lui.
- Speaker #0
C'est ça. Oui, après, il y a quelques exceptions. C'est vrai qu'on en voit beaucoup sur les réseaux. Tu nous parles beaucoup de clients anglophones. Oui. On a compris, tu as un positionnement assez particulier parce qu'a priori, tu travailles plutôt avec des clients anglophones. Tu proposes une offre hyper personnalisée ou tu proposes de t'installer chez les gens pour t'occuper de leurs animaux. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ça ? Pourquoi tu as choisi cette clientèle-là en particulier ?
- Speaker #1
Je pense que ça s'est fait graduellement. Ou alors, je l'ai toujours su, mais ça s'est... Je l'ai vu graduellement. On va dire surtout parce que j'adore parler anglais. Depuis très jeune, j'ai quelque chose avec cette langue, un attachement particulier. Va savoir d'où ça vient, je n'en ai aucune idée. Néanmoins, je préférerais parler anglais plutôt que français, qui est ma langue maternelle. Donc c'est pour dire. Après, à toutes les langues finalement, parce que j'adore apprendre les langues étrangères, je parle aussi espagnol. Alors je ne suis pas bilingue. Je continue à apprendre. mais je comprends bien. Et puis, parce que les... Ça, c'est une chose importante aussi. Les personnes, les anglophones surtout, donc les personnes qui vivaient à la base dans les pays ou qui vivent dans les pays anglophones, sont plus au courant du bien-être animal comparé à la France qui est toujours en retard par rapport aux pays anglophones sur beaucoup de choses. Mais oui, ils sont vraiment beaucoup plus au fait du bien-être animal et donc seront plus disposés à mettre les fonds nécessaires pour prendre soin de leur animal et pour faire en sorte qu'il soit bien. C'est vraiment des personnes qui considèrent leurs animaux comme leurs enfants, encore une fois. Bien sûr, il n'y a pas que les anglophones, les Français aussi, mais davantage, je trouve, chez les anglophones. Donc c'est surtout pour ces deux raisons.
- Speaker #0
Et donc tu nous disais que tu étais dans le sud de la France, dans l'Uberon. Tu as une clientèle anglophone quand même qui réside une partie de l'année. dans cette région française. Est-ce que tu te rends compte aussi d'une certaine saisonnalité dans ton travail ? Est-ce que tu travailles plus l'été, moins ? Comment ça se passe ? Oui,
- Speaker #1
mais ça, je pense que mes clients sont anglophones ou pas, à mon avis, c'est la même chose. Je veux dire, entre collègues pet-sitters, on a à peu près toute la même... On voit à peu près toute la même chose et on vit à peu près toute la même chose, toutes et tous d'ailleurs. Mais on va dire qu'autour des mois d'été, C'est plus intense, l'activité. On va dire de juillet... Bah, juillet et août, surtout. Après, juin, septembre aussi, quand même. Et puis, beaucoup décembre, autour des fêtes de Noël. Décembre, janvier. Février, étonnamment, c'est le mois le plus creux pour moi. Et novembre aussi. Sûrement parce que c'est deux mois qui sont à côté de deux périodes intenses. Donc, en effet, c'est assez saisonnier comme métier. Surtout, en fait, quand les gens partent en vacances, finalement.
- Speaker #0
Oui, mais au moins, ils ont le mérite de ne pas laisser leurs animaux sur le bord de la route. Donc ça, c'est chouette. Quelles sont pour toi les qualités essentielles au métier de pet-sitter ?
- Speaker #1
Je dirais l'écoute. L'écoute de l'animal et l'écoute de leur humain. C'est une phase que je n'église jamais. C'est la première phase, en fait, de mon processus de réservation que je vais leur poser beaucoup de questions. Et quand je dis beaucoup de questions, on est entre 20-30 questions. avant de même proposer de se rencontrer. C'est la première phase du processus de réservation, c'est vraiment de voir si en fait je suis la bonne personne pour eux, de voir si le cours en passe bien aussi. Ça montre aussi que je suis... Je suis à l'écoute de leurs besoins, aux deux, à l'animal et à l'humain de référence. Pour moi, l'écoute, c'est super important parce que ça permet de mettre en place les bonnes choses pour que l'animal soit bien. Donc ça, vraiment super important. Je dirais la bienveillance aussi, parce que comme j'expliquais tout à l'heure, on n'est pas là pour juger les parents d'animaux. On est là pour les accompagner sans culpabilité. Aussi la bienveillance dans le sens où l'animal a besoin de ça. Je rajouterais aussi calme. Pour moi, ça va un petit peu là-dedans parce que l'animal a besoin de ça, a besoin de se sentir en sécurité, a besoin de quelqu'un de calme et non d'agité. Parce qu'en fait, il se calque sur l'état émotionnel de son humain de référence. Donc si moi, en tant que pet-sitter, je vais être stressée, pareil pour ses parents. S'il va sentir, par exemple, pendant la première rencontre avec moi que son parent est stressé, il ne va pas être très content. Et le parent va le voir, ça va se voir. Donc, c'est vraiment aussi pour ça que cette deuxième phase du processus de réservation, qui est la rencontre, est très importante aussi. Mais voilà, garder son calme, c'est important aussi. Écoute, je crois que c'est déjà pas mal comme qualité. Et surtout, beaucoup se remettre en question aussi et toujours continuer d'apprendre. Ça, ça vaut pour, en fait, tous les entrepreneurs, si je puis dire. notre entreprise est le reflet de notre personnalité donc si on veut qu'elle avance, qu'elle évolue dans le bon sens, on a besoin de se remettre en question beaucoup aussi voilà, de débloquer pas mal de choses, et ça c'est super important en fait pour avancer on doit toujours être en évolution constante jamais stagner, et c'est ça qui est très riche je trouve, dans tous les métiers à notre compte finalement et aussi se remettre en question parce que un animal qui n'est pas forcément le nôtre va aussi nous apprendre beaucoup. On peut, nous aussi, même si on pose beaucoup de questions avant la garde, qu'on se rencontre avant la garde, c'est pas notre animal. Donc on va découvrir davantage aussi pendant la garde. Il va possiblement réagir différemment. Des fois, un chien peut mettre trois jours pour être bien avec nous en tant que pet sitter. C'est important de se remettre en question pour s'assurer qu'on a... tout bien fait comme il faut, de comprendre que c'est pas nous le problème. Il a besoin de son temps aussi pour s'adapter, c'est normal. C'est un être vivant. Des fois aussi, il y a les parents, et ça je m'en suis rendue compte il n'y a pas longtemps, il y a des parents qui vont me dire « Bon, en fait, avec mon animal, il faut faire ci, il faut faire ça. Ok, je les écoute, je vais faire en sorte de tout mettre en place comme ils m'ont dit. » Néanmoins, des fois, je vois des zones d'amélioration. Donc je me dis, bien sûr avec l'accord des parents, je me dis, je vais tester quelque chose pour voir si ça se passe mieux. Des fois, on se rend compte qu'ils avaient raison. Parce qu'eux, ils le voient tous les jours. Et que même avec moi, ça ne fonctionnait pas. Et c'est OK, il faut savoir mettre son égo de côté, des fois. Mais des fois, ça fonctionne. Parce que, je vais prendre un exemple, j'ai fait du gardiennal exclusif chez un chien. qui, en fait, réveillait ses parents à 3h du matin. Et en fait, vu que c'était leur premier chien qui voulait tout faire bien, ils se disaient, bon, elle a sûrement envie d'aller aux toilettes, etc., même s'ils se couchaient à 22h. Donc, en fait, ils allaient la sortir et ensuite se recoucher. Et moi, je me suis dit, bon, peut-être qu'il y a une possibilité de dormir plus longtemps pour eux et pour moi aussi. parce que même si je m'adapte au rythme de l'animal, c'est vrai qu'en 3h du matin, se lever, ça reste quand même délicat pour tout le monde, qu'on se le dise. Donc, quand elle a demandé la première nuit à sortir... En fait, elle n'a même pas demandé à sortir. Elle s'est agitée, elle s'est réveillée, elle est venue me voir. Et je lui ai dit dodo. Elle est repartie se coucher. Jusqu'à tard, jusqu'à 10h du matin. Une fois la garde terminée, plusieurs jours plus tard... La maman me dit, mais merci, parce que grâce à toi, on arrive à faire des plus longues nuits. Voilà, donc maintenant, ils peuvent se réveiller à l'heure à laquelle ils veulent se réveiller tous les jours pour aller au travail. Des fois, ça fonctionne aussi. Mais c'est vrai que c'est important de se remettre en question et d'accepter que même des choses qu'on va essayer pour améliorer le bien-être de l'animal peuvent ne pas fonctionner. Et c'est OK.
- Speaker #0
C'est génial, ce partage d'expérience, j'adore. J'avoue que le réveil à 3h du mat, ça pique un peu. mais je sais que ça peut arriver à plein de personnes c'est vrai que quand ils sont chiots c'est normal mais arrivé à l'âge adulte normalement ça doit plus arriver donc c'est vrai que tu te dis est-ce que j'ai loupé quelque chose je me mets à la place aussi de ce papa et de sa maman peuvent se demander aussi s'ils ont pas loupé un truc donc c'est chouette que tu aies pu intervenir sur ça oui et puis vous l'étiez vraiment
- Speaker #1
tellement bien faire. Dès le début, ils ont fait appel à moi dès qu'ils l'ont eue. Et pourtant, elle n'était pas chiot, ce n'était pas un bébé. Mais dès qu'ils l'ont eue, ils ont fait appel à moi pour ne pas qu'elle reste seule trop longtemps. Franchement, après, on a espacé petit à petit. Ils ont vraiment bien fait les choses. Ils ont tout de suite pris un éducateur. Donc voilà, ça me tenait à cœur vraiment de les aider jusqu'au bout.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu aimes le plus dans ton métier, Camille ?
- Speaker #1
Le contact avec les animaux. Je vais aller plus loin. J'aime Merci. L'amour que les animaux nous procurent. Parce que c'est un amour tellement pur, qui demande rien en retour, juste qu'ils donnent. Et ça, je trouve ça incroyable. Et en fait, ça donne qu'une envie, c'est de leur donner tout ce qu'on peut leur donner, et de faire le plus attention à eux possible, juste parce qu'ils le méritent, juste parce que c'est des êtres incroyables. Rien que l'amour qu'ils peuvent nous donner, je trouve ça fou. Et c'est même guérisseur, en fait.
- Speaker #0
C'est très beau.
- Speaker #1
Après, j'aime bien aussi le fait que ce ne soit pas tout le temps pareil. J'aime bien avoir des nouveaux clients parce que ça me permet de mettre en place des routines différentes. Alors après, c'est vrai que ça peut être délicat parce que ça demande de s'adapter beaucoup. Par exemple, chez un client où je vais me lever à 6h du matin pendant une ou deux semaines, enchaîner sur un client où je me lève, parce que l'animal se lève plus, je ne sais pas moi, à 10h du matin. Il faut vraiment se réadapter. Et en tant qu'être humain, c'est délicat parce qu'on est aussi des êtres d'habitude. Il faut réussir à trouver une stabilité dans ce mouvement. Mais c'est ce que j'aime aussi. J'adore quand ça bouge, quand ça change. Je suis comme ça. J'en ai besoin pour être heureuse. Donc j'aime beaucoup ça. J'aime beaucoup cette diversité. La diversité des lieux dans lesquels je vais. Et puis voir les maisons. incroyable de mes clients. Moi, j'adore ça, j'adore l'architecture, j'adore l'art. Et mes clients, souvent, aiment la même chose. Donc, c'est vraiment un plaisir de vivre dans ces lieux-là.
- Speaker #0
On n'a pas parlé d'un sujet très sérieux. Combien il faut prévoir pour faire appel à toi ?
- Speaker #1
Premièrement, pour une balade privée, une randonnée privée d'une heure en nature, il faut savoir que, moi, sur tous mes tarifs, il y a de la basse saison et de la haute saison. Par exemple, vu que je travaille les week-ends, les jours fériés et pendant les vacances, là où d'autres ne travailleraient pas, à mon sens, c'est logique d'être en haute saison. Donc là, on est sur 26 euros en basse saison et 30 euros en haute saison, donc environ 30 euros, on va dire. À savoir que quand c'est des balades régulières, il y a des packs dits balades qui, par exemple, doivent être utilisés dans les deux mois et demi, parce que bon, ça n'a pas duré un an non plus. Moi aussi, j'ai besoin d'en vivre. Et ce pack d'e-ballade permet une réduction de 10%. Et seul le prix en basse saison est appliqué. Ensuite, pour du gardiennage exclusif, par exemple pour un chien, sur une semaine, on va être à environ pareil. Donc là, je vais donner une moyenne, puisque comme ça, ça va englober la basse saison et la haute saison. Mais ça va être du 180 euros par jour aujourd'hui. Et là, pareil, il y a des réductions en fonction du nombre de jours. Donc, par exemple, sur 7 jours consécutifs, il y a 5% de réduction. Sur 14 jours consécutifs, 10%. Et 21 jours consécutifs, 15%. Et puis alors, un sujet très intéressant et très important à mettre en lumière, c'est les tarifs qui sont pratiqués par ce que tu vois, par exemple, par les autres pet-sitters, je veux dire. Par exemple, là, quand je te dis 180 euros pour 24 heures, quand tu divises par 24, Ça fait rien du tout. On est à moins de 10 euros, je crois à 8 euros par heure. Donc c'est vraiment rien du tout pour la qualité de service que je propose. Donc c'est aussi pour ça que ces tarifs sont voués à augmenter. Pourtant, je fais partie des pet-sitters avec les tarifs les plus hauts. Il y a quelque chose qui bloque là. Le problème, c'est qu'en fait, c'est un métier qui n'est pas encore assez reconnu en France, malheureusement. Il y a beaucoup de personnes qui font ça non déclaré. comme, on va dire, loisirs, et non pas comme métiers, parce que les pet-sitters professionnels, c'est vraiment leur métier, elles font ça tout le temps, en fait, elles n'ont pas d'autre travail à côté. Et malheureusement, les personnes qui font ça pour le loisir, il y en a beaucoup plus que des professionnels pet-sitters. Ce qui fait que ces personnes-là qui font ça pour le loisir ont des tarifs très bas. Et en fait, les pet-sitters professionnels ont du mal à rivaliser avec ça. Moi, je ne me suis jamais abaissée à ça. Je me suis toujours dit que chaque entrepreneur est unique, même si on fait le même métier, parce que l'humain qui est derrière l'entreprise est unique. On a tous et toute notre approche qui va être différente et donc qui va parler à une cible différente, à des personnes différentes. Donc je ne me suis jamais abaissée à ça, mais quand j'ai commencé, j'étais aussi dans des tarifs bas parce que je regardais la concurrence et le marché. Et je me disais, en fait, c'est ça le tarif. Mais très vite, j'ai augmenté mes tarifs. Et j'ai augmenté mes tarifs plein de fois en 4 ans. Il faut compter qu'on a après des charges qui vont s'ajouter. Donc les frais URSAF, qui sont d'environ 20 à 25%, ça dépend. On a les frais de communication, les frais d'assurance, on a tout, plein de frais qui s'ajoutent à ça. Et ce qui fait qu'au final, ce qui va nous rester dans la poche, ça ne va pas être grand-chose. Donc si déjà nos tarifs sont bas, en fait, la seule façon de vivre, c'est de se surcharger de travail. On ne peut pas tenir. Moi, je vois bien, enfin sur la durée en tout cas, je vois bien autour de moi des entreprises qui ferment parce que les gérants sont en burn-out. C'est normal en fait. Donc c'est super important de mettre des justes prix.
- Speaker #0
Pour clôturer cette réflexion-là, la vraie question à se poser, c'est en cas d'accident, qu'est-ce qui se passe ? Parce que faire appel à quelqu'un dont ce n'est pas le métier, donc vous l'aurez compris, qui n'a pas de numéro de tirette, qui n'est pas déclaré, qui n'a pas d'assurance, il y a un accident, quel qu'il soit. Votre animal se retrouve accidenté, blessé ou pire, quels sont les recours ? Quelles sont les solutions ? La personne, elle ne sait pas réagir en face. elle ne sait pas quoi faire, et vous derrière, vous êtes dans une vraie galère. Donc il y a un moment, en fait, il faut se poser les bonnes questions, et moi, j'en suis persuadée, et c'est quelque chose que je prône vraiment énormément, c'est qu'il y a un moment, si c'est trop cher, si on n'a pas les moyens, peut-être se poser la question, est-ce que je prends un animal ? Parce que oui, un animal, ça coûte une fortune, et non, ce n'est pas un investissement.
- Speaker #1
Exactement, et puis il faut savoir que quand on est pet-seater, la responsabilité est transférée de celle des parents au pet-seater.
- Speaker #0
Ça me fait penser à une question que je voulais te poser qui fait référence à l'épisode 2, celui de Anne avec ses deux américaines Staffordshire Terriers. Comment ça se passe pour la garde de chiens dits de catégorie ? Tu as le droit de les garder ou pas ?
- Speaker #1
Oui, parce que je suis formée, parce que j'ai également mon assurance qui couvre ça, parce que pas toutes les assurances le couvrent. Ça, c'est super important à savoir. Malheureusement, j'en ai fait les frais parce que j'ai eu une demande de garde de chiens de catégorie. J'ai accepté. Et puis, en fait, j'ai une collègue qui m'a dit, mais est-ce que ton assurance, elle couvre ? Et moi, je pensais que oui, mais en fait, non. Donc, j'ai dû décliner la demande. Donc, c'est super important de vérifier ça. Parce que si l'assurance ne le couvre pas, s'il y a un accident, c'est pour votre pomme. Ensuite, on doit avoir aussi tous les papiers de détention de l'animal. On doit avoir la muselière, etc. Enfin, il y a pas mal de choses à prendre en compte. Après, je n'ai pas eu beaucoup de demandes. J'ai passé la certification quand même au cas où. Parce que je ne voulais pas non plus me fermer des portes. Et puis, je trouve ça important aussi que les parents de ces animaux-là aient aussi des solutions de garde. Mais j'ai très peu de demandes. J'ai dû avoir peut-être 4-5 demandes en 4 ans.
- Speaker #0
On parlait tout à l'heure des coûts que ça peut engendrer de faire garder son animal. Et donc, forcément, des contraintes. Parce que moi, ça, c'est quelque chose que je dis souvent. Un animal, oui, c'est beaucoup de plaisir, mais ça peut être aussi des contraintes. Je sais que toi, aujourd'hui, tu n'as pas... pas d'animaux chez toi. Je sais que c'est un sujet qui est revenu parfois avec certains de tes collègues qui s'étonnaient comment tu peux être pet-sitter et ne pas avoir d'animaux. Pourquoi tu n'as pas d'animaux aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui, et c'est vrai que je me suis sentie... Il y avait une discussion en fait, on avait un groupe de pet-sitters et plusieurs d'entre eux me disaient non mais en fait, si t'as pas d'animaux à toi, tu peux pas savoir en fait comment t'en occuper. Et je me suis vraiment sentie presque illégitime même si au fond de moi je savais que c'était faux. parce qu'il y a des parents d'animaux qui savent la moitié, même moins, que ce que je sais moi. Ce n'est pas parce qu'on a un animal qu'on sait tout ce qu'il faut faire pour son bien-être. Donc ça, c'est important à savoir. C'est comme ça me fait rire, par exemple, des familles qui ont eu des chiens de chasse de génération en génération, ou des personnes qui ont eu des animaux de génération en génération, qui peuvent dire « Ah mais moi j'ai eu des animaux toute ma vie » . Oui, mais en fait, ça ne veut pas dire que tu sais bien t'en occuper. Je sais que ça fait mal à entendre, mais c'est la vérité. Enfin, en tout cas, par rapport à ce que j'ai pu observer. Aujourd'hui, je sais ce que ça demande d'avoir un animal. Je sais les coûts que ça demande, je sais le temps que ça demande. Je sais tout ce que ça demande. Et au même titre qu'avoir un enfant, j'estime que j'aurai un animal ou un enfant quand j'aurai une situation stable. parce que je compte aussi me déplacer à l'étranger. Une situation stable en termes de lieu, en termes de finances. J'ai vraiment envie de faire venir un être dans ma famille quand je sais que je suis confortable et je sais que je suis stable. Et ça, c'est super important pour moi. Aussi que je suis stable émotionnellement. Alors, on ne peut pas dire que je suis une folle, mais on a tous nos traumas à guérir. Et dans le sens où je ne veux pas prendre un animal parce que je me sens seule, par exemple, et que j'ai besoin de guérir quelque chose. Non. Je ne veux pas un animal pour que ce soit un animal pansement, en fait. C'est hors de question pour moi. Il n'a rien demandé. Donc, c'est à moi de gérer mes problèmes avant. Et ensuite, une fois qu'à mon sens, tout est stable, oui, je penserai à avoir un animal parce que bien sûr, j'ai envie d'en avoir un. J'adorerais avoir un cavalier King Charles parce que c'est ma race de chien préférée. J'adorerais avoir un chat en même temps parce que j'ai vraiment envie que le chat et le chien s'entendent à merveille. Enfin voilà, j'en ai des plans avec des animaux, ça c'est sûr, pour ma vie future, mais ce sera pas tout de suite. Et puis surtout, je ne pourrais pas faire le métier que je fais si j'avais des animaux. Qui va garder mon chat ou mon chien quand je vais aller faire du gardiennage exclusif en Amérique pendant deux semaines ? C'est illogique en fait. Pour ces deux raisons, je préfère ne pas avoir d'animaux maintenant. Ça ne veut pas dire que j'en ai jamais eu. Bien sûr, quand j'étais enfant, j'en ai eu. Et pourtant, on peut le dire aujourd'hui, c'est pas pour autant qu'on s'en est forcément bien occupé. On était enfant. On n'avait pas toutes les informations, nos parents non plus, parce qu'eux, ils pensaient qu'avoir un chat, parce qu'on a eu surtout des Ausha et des rongeurs. Mes parents, c'est le genre de personnes à croire qu'avoir un chat, c'est juste, oui, il est super indépendant, donc en fait, il va faire sa vie. On va juste le nourrir, lui donner à boire, changer sa litière, vite fait lui faire des câlins, vite fait jouer avec. Mais en fait, il a besoin de tellement plus, un chat. Et ça, je ne le savais pas jusqu'à m'être renseignée de mon côté.
- Speaker #0
C'est très chouette. J'aimerais que tu partages avec nous une, deux, allez. Peut-être trois anecdotes un peu rigolotes, celles de ton choix.
- Speaker #1
Oui, avec plaisir, j'adore cette question. J'ai une note sur mon téléphone où je note à chaque fois les anecdotes qui m'arrivent parce que je me dis que je vais les ressortir un jour et que c'est trop drôle. Celle que je raconterai toujours et que je garderai toujours en tête, c'est au début de mon activité, je faisais de la prospection. Donc je mettais mes flyers dans les boîtes aux lettres. Et donc là, à un moment, je m'approche pour déposer mon flyer dans une boîte aux lettres. Et le portail n'était pas assez haut, ce qui fait que j'ai pu voir dans le jardin. Et là, il y avait un homme d'un certain âge, totalement nu, qui s'approche vers moi, mais en toute détente. Et moi, j'étais partagée entre le fait d'être mort de rire et le fait d'être choquée. Donc j'ai essayé de garder mon calme. Mais dans ma tête, je me suis dit, mais qu'est-ce que je suis en train de vivre là ? Donc ça, franchement, c'était très, très drôle. Et c'est une de mes meilleures anecdotes. honnêtement. Il y en a une aussi où quand je faisais pension familiale, là, pour le coup, la première rencontre se faisait à mon domicile pour que les parents et l'animal puissent prendre connaissance du lieu dans lequel l'animal resterait. Et donc là, c'était deux parents avec leur enfant qui sont venus, plus le chien, bien sûr. Et l'enfant, mais sans gêne, il commence à visiter toute la maison alors qu'à la base, je garde les parents et l'animal surtout d'abord dehors. On commence à faire... connaissance dehors. Et ensuite, je montre le salon et la cuisine, vraiment la partie où vont rester les animaux. Et le petit, il a fait son tour de la maison, tranquillement, dedans, partout, dans toutes les pièces. Et je me suis dit mais ils sont vraiment sans gêne, ces gens. Et les parents n'ont pas du tout corrigé rien. Et en fait, ce qui est très drôle, c'est que, enfin drôle ou pas, je sais pas, c'est que ça a dit beaucoup sur le chien qui a été sous ma garde après. Et moi, je ne me suis pas écoutée. Ça, c'est un truc très important que j'ai appris à faire, que je n'arrivais pas à faire. C'est écouter son intuition et sa petite voix. Quand on sent qu'il y a un truc qui cloche, même un mini truc, on n'accepte pas la garde. Même si on se dit, ah là là, mais financièrement, ça m'aiderait bien. Non, non, non. On évite parce qu'après, c'est les problèmes. Et bien, ce chien-là, ça a été les problèmes. J'ai déjà reçu des textos de clients qui se trompent de destinataires et du coup, qui me parlent... d'analyse de sang qui manque de la vitamine B12 ou un bug d'ordinateur du travail. Moi, je suis morte de rire. Je me dis, mais vous vous êtes trompée de numéro, là. Et sinon, pour finir, allez, petite dernière. Un jour, j'étais en balade avec un Cavalier King Charles. Donc vraiment tout petit. Moi, j'étais debout. Le Cavalier King Charles se secoue. Et là, j'ai de la bave qui m'arrive à... côté de la bouche, mais vraiment sur la joue, juste à côté, et je me dis mais non, c'est pas possible. Comment c'est possible ? Voilà, j'ai trouvé ça très très drôle.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour ce partage. Ce qui ressort vachement, en fait, de ce que tu nous dis, c'est que toi, tu touches vraiment à l'intimité des gens.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Avec leurs animaux, tu sais tout, et donc c'est vrai que le lien de confiance, forcément, il doit être hyper important. Et c'est sur ça que je voulais accentuer.
- Speaker #1
C'est ça. Et puis même quand tu vas chez eux, ils t'ouvrent leurs portes. Et je trouve étonnamment que beaucoup de personnes me font confiance pour rentrer chez eux et garder leur maison alors qu'ils ne me connaissent à peine. C'est pour ça que c'est super important d'avoir un premier contact, après de se rencontrer, parce que comme ça, ça leur permet aussi de construire cette confiance. Parce qu'on se voit une fois. On se parle une fois, on se voit une fois, et puis c'est tout. Donc franchement, je suis étonnée et agréablement étonnée de voir tous ces gens qui me font confiance. Donc franchement... Et je suis touchée, je suis touchée aussi, parce que je sais que je suis une personne de confiance, mais eux ne le savent pas forcément. Après, ça se ressent en général dans la voix, dans la personne. Voilà, c'est ça, dans ton aura, etc.
- Speaker #0
Un petit dernier pour la fin, Camille. Aujourd'hui, dans le monde animal, qu'est-ce que tu dis là ? Il faut que ça change.
- Speaker #1
C'est la réglementation envers les animaux, comment ils sont considérés, etc. Parce qu'on voit que même si des choses ont changé dans le code civil, et ce, pour beaucoup de pays, au moment du jugement, quand il y a un procès, même si dans le code civil, on a mis des choses en place pour protéger l'animal, pour le considérer comme vraiment un être vivant et non plus comme un objet, il va être jugé comme un objet. Je trouve ça assez dingue. Alors après, je comprends que ce soit délicat, parce que... Un animal, oui d'accord, on a acté qu'il avait une conscience, mais un animal ne peut pas forcément parler non plus, se défendre tout seul, donc c'est aussi délicat, j'entends. Mais je trouve que ce serait vraiment important que leur statut évolue encore plus que leur statut actuel. C'est en bonne voie, on va dire, mais c'est lent, comme d'habitude. À partir du moment où on commence à considérer les animaux comme nos égaux, Parce que c'est aussi des êtres vivants, même s'ils sont plus petits que nous, ça dépend des animaux d'ailleurs, j'ai envie de dire. On les a trop longtemps considérés comme inférieurs, intellectuellement surtout, au niveau de leur capacité. Donc c'est pas OK. Et à partir du moment où on commencera à vraiment les considérer comme nos égaux, et non pas comme des êtres inférieurs, beaucoup de choses changeront. Même les abandons, en fait, je trouve que ça découle aussi de ça. C'est pareil pour tous les métiers animaliers, ça découle aussi de ça. Ils seront mieux considérés également. Mieux protégés. Je trouve que tout découle de la façon dont on voit les animaux et on les considère.
- Speaker #0
Merci beaucoup Camille pour cet échange. Vous pouvez retrouver Camille sur les réseaux sociaux, notamment Instagram. Donc c'est camille.elite.petsitter. Donc le nom de sa société, c'est Anidez. Et vous pouvez retrouver également tous ses services sur son site internet anidez-petsitting.com.
- Speaker #1
Un plaisir de vous y voir en tout cas.
- Speaker #0
Merci beaucoup Camille et je te dis à très bientôt.
- Speaker #1
Merci et merci mille fois à toi. Ciao,
- Speaker #0
Merci pour votre écoute. Vous avez aimé cet épisode ? Parlez-en autour de vous. Partagez-le. Abonnez-vous, mettez une note. Vous pouvez me retrouver sur Instagram si vous souhaitez poser des questions ou échanger avec moi. Toutes les informations sont disponibles dans le descriptif de l'épisode. A bientôt dans sa patte pote !