- Speaker #0
Bonjour à tous, soyez les bienvenus sur ce tout premier épisode de Sa Patte Pote. Aujourd'hui, je suis ravie d'accueillir Camille et Alexandre, soigneurs animaliers, au sein d'un refuge de protection animale pour animaux de compagnie. Ils vont nous parler de leur métier, de leur joie, mais également de leurs difficultés au quotidien. J'espère que leur témoignage vous permettra d'y voir plus clair dans le choix, ou non, d'adopter un animal de compagnie. Installez-vous confortablement, ça va papoter fort ! Bonjour Alexandre, bonjour Camille, merci d'avoir accepté mon invitation. Je vous laisse vous présenter pour les auditeurs, afin qu'ils comprennent un peu qui vous êtes.
- Speaker #1
Bonjour, donc moi c'est Alexandre, ça fait bientôt 6 ans maintenant. Maintenant que je suis soigneur animalier, j'ai commencé avec un éco-volontariat au centre de soins de la faune sauvage qui se situe dans l'école vétérinaire de Nantes, à Oniris. C'était un centre pour la faune sauvage, on soignait beaucoup de petits mammifères et d'oiseaux. Je suis resté deux ans et demi à travailler avec eux auprès de vétérinaires et de soigneurs animaliers spécialisés en faune sauvage. Ensuite, j'ai commencé un premier poste en CDD dans une pension canine. Je suis resté chez eux en eau. Et avant d'arriver dans le poste de soigneur animalier, j'étais dans le prêt-à-porter de luxe. Donc j'ai fait ça pendant 10 ans. Voilà, il y a un moment, j'ai voulu revenir à un rêve d'enfant. Donc quand j'étais plus jeune, je voulais être palfrenier. Et du coup, je me suis redirigé forcément vers la protection et le soin, avant tout le soin animal.
- Speaker #2
Du coup, moi c'est Camille. Je suis agent animalier dans un refuge depuis plus de 6 ans et demi maintenant. Et avant, je n'avais aucun rapport avec la protection animale. J'étais recruté parce que j'étais bénévole là-bas pour 6 mois, et du coup, j'ai eu une chance d'y entrer. Et avant, je n'étais pas du tout là-dedans, je faisais des études en mécanique.
- Speaker #0
Et donc, de quel type d'animaux vous occupez-vous ?
- Speaker #2
C'est essentiellement des animaux domestiques. On va avoir énormément de chiens, de Ausha et quelques naques. Donc, ça va être surtout du lapin, souris, rat. De temps en temps, des fleurettes. Mais on va rester sur des animaux assez classiques qu'on va retrouver dans les logements d'un peu tout le monde.
- Speaker #0
Est-ce qu'il vous arrive d'accueillir des animaux plus exotiques, type reptiles, poissons, oiseaux ?
- Speaker #2
Non. En fait, les animaux sont très réglementés. Donc les particuliers vont pouvoir, pour beaucoup d'espèces, accueillir beaucoup d'animaux chez eux sans certificat de capacité. Pour les professionnels, c'est beaucoup plus compliqué pour aller les vendre. Par exemple, tout ce qui va être serpent, tout ce qui va être reptile, beaucoup d'oiseaux. Il va falloir que nous, on ait des permis de détention pour les placer chez les gens, qui eux n'en auront pas besoin pour tout. toutes les espèces. Certaines espèces sont réglementées et eux aussi, ils auront besoin de certificats de capacité, mais pas toutes, sauf que nous, on a besoin de ça. Et on n'a pas les infrastructures pour ces animaux-là, on n'a pas les permis de détention non plus, donc on ne peut pas accueillir tout ce qu'on veut non plus au refuge.
- Speaker #0
Merci à tous les deux pour ces premiers éléments de réponse. J'aimerais qu'on rentre un peu plus dans le détail de votre métier et donc qu'on parle d'une journée type, par exemple. Comment ça se passe, une journée dans un refuge de protection animale ?
- Speaker #1
Une journée type dans un refuge, il faut savoir que notre métier, il englobe quand même beaucoup de métiers différents, puisqu'on nous demande une polyvalence très importante. Une journée type, on va arriver au refuge, on va déjà vérifier que tous nos pensionnaires soient en pleine forme. C'est quand même la priorité des informations qu'on a besoin de prendre dès le matin, c'est de savoir que tout le monde a passé une bonne nuit. Une fois avoir fait ce tour de refuge pour voir si tous nos pensionnaires allaient bien, on se dit... dispatch les différentes zones du refuge. Il y a les châteries. Il faut savoir qu'on a plus de 150 Ausha. On a une petite centaine de chiens. Donc voilà, ce qui fait quand même châterie et chenilles confondues, pas mal d'individus. Et puis, sans parler encore des petits naques qui peuvent être des lapins, des souris. Donc bien sûr qu'eux aussi ont des cages à nettoyer. Donc en parlant de nettoyage, c'est vraiment le premier soin qu'on va amener. à nos animaux à l'intérieur du refuge. Il faut savoir que le matin est vraiment quelque chose qui va être dédié. Vous parlez de polyvalence, mais le matin, ça va vraiment être dédié au nettoyage, aux soins directs, au nourrissage des animaux.
- Speaker #2
L'après-midi, on va être beaucoup plus concentrés sur... Enfin, il va y avoir deux groupes en majorité quand tu as assez de monde sur site. Tu vas avoir une partie qui va continuer de s'occuper des animaux, parce qu'il faut toujours s'en occuper quand même pour la fermeture, les gamelles, les soins encore une fois. Mais tu vas aussi avoir beaucoup de monde qui vont être là pour le public. pour gérer toutes les adoptions, pour gérer les entrées, parce qu'il va y avoir la fourrière qui va arriver, des abandons sur site directement aussi. Donc voilà, un peu l'après-midi, ça se coupe en deux. La partie plus qui va s'occuper du public et la partie qui s'occupe des animaux.
- Speaker #0
Quand vous dites vous occupez du public, en quoi ça consiste exactement ?
- Speaker #2
En gros, on va avoir des gens qui vont venir parce que le principe, c'est d'adopter des animaux dans un refuge où les gens vont se présenter et puis vont vouloir soit, ils ont déjà vu par exemple sur Internet un animal en particulier, donc ça va être plus simple, on va pouvoir leur dire si ça peut le faire ou pas en fonction de leur profil. Si ça le fait directement, on va pouvoir leur présenter l'animal. Si ça ne le fait pas, on va pouvoir les réorienter vers quelqu'un d'autre. Et puis, si ils ne l'ont pas encore vu, ils vont faire le tour, voir s'il y en a un qui les intéresse. Et puis voilà, ça va être le même principe. On va voir si ça peut le faire ou pas.
- Speaker #0
Ça me fait justement penser à une idée reçue qu'on entend souvent, comme quoi les refuges animaliers ne placeraient pas de chiens en appartement. Est-ce que c'est votre cas ?
- Speaker #2
Non. Bon, il y a quand même un minimum. On ne va pas placer non plus un chien chez des gens qui ont une chambre, par exemple. Ça peut être assez compliqué. L'appartement, ça marche aussi bien qu'une maison. Globalement, si le chien est assez calme et qu'il ne la boit pas toute la journée, il n'y a pas de contre-indication. Une maison, c'est juste qu'on a un avantage d'avoir un jardin. Mais un jardin, le chien va avoir fait le tour en deux minutes. Les gens qui sont souvent en appartement vont plus sortir, en plus les chiens. Donc, ce n'est pas du tout une contre-indication.
- Speaker #0
Selon vous, quelles sont les qualités à avoir pour être un bon soigneur animalier ?
- Speaker #1
La patience, je dirais avant tout. L'écoute et la bienveillance paraissent très importants.
- Speaker #2
Pour être agent animalier, pour moi, il faut beaucoup de polyvalence, parce qu'on fait, comme Alex le disait précédemment, plusieurs métiers en un. Déjà, oui, il faut de la patience, parce qu'on est avec des animaux qui ne sont pas toujours faciles, qui peuvent être craintifs, parfois agressifs, parfois super sympas. Mais il y a beaucoup de bruit, donc déjà, il faut réussir aussi à supporter le bruit en permanence. C'est un métier qui peut être très physique, donc on fatigue assez rapidement aussi. Les journées sont longues, ça peut arriver aussi, elles peuvent être répétitives de temps en temps. Donc il faut de la patience, de la bienveillance, parce que bah Au-delà du côté animalier, c'est vrai qu'il faut aimer les animaux pour faire ce métier, mais il faut aussi beaucoup aimer l'humain. On travaille avec une équipe, et il y a les gens qui viennent, il faut aussi les accueillir. Donc si on n'aime pas l'humain, ça va être compliqué de placer des animaux, parce qu'il faut parler avec les gens. Donc il faut quand même un peu de qualité pour devenir un soigneur animalier.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, en fin de compte. On pense souvent à tort qu'un soigneur animalier n'est en contact qu'avec les animaux, mais il va être également en contact avec le public. Et donc, il faut un relationnel, il faut aimer les humains, aimer parler avec les humains, à moins de travailler en sanctuaire. Et encore, peut-être que je me trompe.
- Speaker #2
Oui, encore même pas, parce que dans un refuge sanctuaire, souvent tous les refuges, c'est beaucoup d'associations, donc tu vas avoir des bénévoles aussi. Les bénévoles, souvent, ils vont être là, ils ne vont pas forcément être du métier. Donc, il va falloir aussi les former, être beaucoup plus ouvert d'esprit. Donc, l'humain, c'est très important dans beaucoup de métiers avec l'animalier. Donc, il n'y a pas que les animaux qui priment.
- Speaker #1
Et aussi, pour faire une petite... différence, il y a soigneur animalier en faune sauvage et soigneur animalier en faune domestique. Effectivement, quand on travaille avec la faune domestique, il ne faut pas oublier que les animaux domestiques sont des animaux qui ont besoin de l'humain pour bien évoluer. Ça, c'est de notre fait. Si des animaux domestiques ont besoin de l'humain, c'est qu'il faut savoir et comprendre l'humain et comprendre l'animal. Tandis qu'en faune sauvage, justement, on nous demande, alors je ne vais pas dire tout l'inverse, mais par exemple, il y a un terme qui est de « pas d'imprégnation » . Donc ça veut dire que justement, on doit tout éviter pour qu'il y ait un contact entre l'animal sauvage et l'humain. Pour que l'animal sauvage, quand il revient dans son milieu naturel, ne soit pas en difficulté. A l'inverse, un animal domestique, pour qu'il soit dans son milieu, j'y mets des grosses guillemets, naturel, ça veut dire qu'il faut qu'il soit avec l'humain. Donc il faut faire attention à l'humain dans ces cas-là, et effectivement, il faut aimer l'humain pour pouvoir le comprendre aussi.
- Speaker #0
Bon, si pour ces précisions, c'est vraiment extrêmement intéressant. J'aimerais maintenant parler un petit peu plus de l'adoption. On entend souvent qu'adopter en refuge, c'est le parcours du combattant, qu'il faut donner beaucoup d'informations, répondre à beaucoup de questions, qu'il peut y avoir par moments aussi des freins très importants, que tous les membres de la famille doivent être présents. Je sais que vous, vous travaillez avec un questionnaire dans un premier temps auprès de vos adoptants. Est-ce que vous pouvez nous expliquer à quoi sert ce questionnaire et en quoi il est important ?
- Speaker #2
J'ai encore entendu la réflexion l'autre jour, on fait remplir un questionnaire par exemple à des gens, dès qu'ils arrivent pour voir un peu leur mode de vie. Souvent les gens la réfléchissent, c'est que le questionnaire est très gros, très compliqué à remplir. Le truc c'est qu'en fait chaque animal est différent, donc en fait nous on pose beaucoup de questions pour essayer d'être le plus précis possible. Donc des fois ça va être, on va demander par exemple le jardin, les clôtures, pour voir si le chien est fugueur, la présence des gens, le temps de présence qu'ils auront avec lui. parce que les chiens vont tolérer plus ou moins l'absence des gens aussi, il peut y avoir des freins. de la destruction, voir si les gens ont déjà eu d'autres animaux, s'ils en ont actuellement. Il faut voir aussi s'ils ont de l'expérience, par exemple, parce qu'il y a certains chiens qui peuvent être assez compliqués et qu'on ne va pas forcément placer en premier chien. Voir s'il y a des enfants, il faut qu'on voit vraiment toute la famille, par exemple, ce qui peut être des fois compliqué pour certaines personnes à s'organiser. Donc il y a vraiment beaucoup de critères. Ce n'est pas arrêter sur un chien. En fait, des fois, on va dire non à un chien parce qu'il ne correspondra pas à la famille, mais on va dire oui pour un autre, par exemple.
- Speaker #1
Il ne faut pas oublier qu'en France, on a encore beaucoup, beaucoup de retard sur ce qui est de l'adoption. des chiens et des Ausha. Le questionnaire dont Camille vous parle, c'est un questionnaire qui existe au sein d'associations et de refuges pour avoir des informations en peu de temps sur des gens qu'on va croiser 3, 4, 5 fois maximum. Mais le laps de temps pour apprendre à connaître ces personnes est très court. À côté de ça, on vit pendant plusieurs mois avec nos loulous et nos louloutes. Je les appelle comme ça, c'est très affectif, mais ces individus, chiens, Ausha... qui vivent avec nous pendant des mois et des mois qui sûrement avant notre refuge en ont connu d'autres. On les connaît mieux que les gens qui viennent pour adopter un chien. Donc il nous faut du temps pour apprendre à connaître ces gens. Et ce questionnaire est encore très, très insuffisant par rapport à ce qu'on devrait demander à ces futurs adoptants. Si je ne dis pas de bêtises, c'est des pays comme l'Autriche qui viennent juste d'accepter des textes de loi qui demandent une formation préalable à l'adoption d'un animal de compagnie. Et je pense qu'il y aurait bien moins d'animaux dans nos refuges. si la France avait ce genre de dispositif. Pour en revenir aux adoptions, il ne faut pas oublier qu'un chien qui est prêt à l'adoption, c'est un chien qui a été correctement soigné avant, que ce soit des soins physiques ou des soins, plus des soins qui vont s'approcher de la rééducation comportementale. Il ne faut pas oublier que tous ces chiens ont une vie avant les refuges et souvent les chiens ne sont pas cassés de naissance, mais ont été cassés par la main de l'homme. C'est notre rôle aussi de pouvoir les aider à revenir dans des liens plus... classiques avec l'homme, dans des comportements qui vont nous paraître plus classiques, nous, en tant qu'adoptants et en tant qu'humains de ces loulous.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant, merci pour ces précisions. Est-ce que ça veut dire que finalement la plupart des animaux qui arrivent chez vous sont des animaux issus de maltraitance ? Ou est-ce que c'est pas vraiment ça ?
- Speaker #1
La raison de le souligner, c'est carrément autre chose, parce que la plupart des chiens qui arrivent, alors là je mets vraiment l'accent sur les chiens, la plupart des chiens qui arrivent viennent de la fourrière, à pas de recul sur ce qui s'est passé dans leur vie. Souvent, ils sont trouvés errants, donc on ne sait pas si le chien a été maltraité, on ne sait pas combien de kilomètres il a fait pour arriver jusqu'au sein du patelin où on va le trouver. Vraiment, c'est une fois de plus du cas par cas, et ça, c'est important de le souligner. Tout chien, tout chat pris en main par un refuge, il ne faut pas oublier que c'est du cas par cas. Ils n'ont pas vécu les mêmes choses, pas les mêmes sévices, pas les mêmes brutalités. On peut aussi avoir des chiens qui ont eu une très belle vie, juste ils ont fugué, ils ont été retrouvés par la fourrière et malheureusement, personne n'est venu les chercher, donc ils se retrouvent chez nous. Et pour autant, ils sont doux, ils sont, on aimerait le dire, dociles, obéissants, parce qu'ils recherchent un peu quand on a envie d'accueillir un chien à la maison. Il est important de se dire que même si le chien arrive doux et docile, selon le comportement que vous allez avoir avec lui, il pourra changer aussi.
- Speaker #0
Ok, c'est très clair. Donc la plupart des animaux qui arrivent chez vous proviennent de la fourrière. Pour autant, je suppose que vous avez des demandes d'abandon. Comment ça se passe ? Est-ce qu'elles sont nombreuses ?
- Speaker #2
Oui, on a quand même énormément d'abandons. Gros reste quand même la fourrière avec tant de réquisitions de justice, ça peut être des décès, des choses comme ça. On a aussi beaucoup qui arrivent d'abandon. On a énormément de demandes d'abandon. Il y a une liste d'attente qui, pour tous les refuges je pense, est vraiment pleine, dans laquelle on ne peut pas répondre à tout le monde. pour plusieurs raisons. Déjà, pour un manque de place, la priorité passe par la fourrière quand même. Ensuite, pour tout ce qui va être abandon, ça va être pour diverses raisons qui, des fois, peuvent être un petit peu légitimes, des fois, beaucoup moins. On va avoir des fois des raisons totalement idiotes, comme par exemple, je déménage, donc j'emmène pas le chien. Des fois, les gens déménagent, changent juste de département. Ils vont emmener l'armoire, mais pas le chien. Ça, c'est pas pour les chiens, les Ausha, tous les animaux de la famille. Après, bon, il y a des fois, ça peut s'entendre quand c'est des décès, des choses comme ça ou des problèmes de comportement qui peuvent être très compliqué parce que les gens viennent d'avoir un enfant, du coup le chien peut être réactivé avec les enfants. Donc là, il faut essayer aussi de voir si on peut prendre l'animal ou pas, parce que le but c'est quand même de replacer le chien derrière. Donc est-ce qu'on va pouvoir replacer ce chien ? Est-ce qu'on a la capacité de l'accueillir en fait aussi ?
- Speaker #1
Pour rebondir sur les capacités d'accueil de chaque refuge, et chaque refuge est différent, donc les capacités d'accueil sont forcément différentes. On parlait des abandons, la plupart des abandons, on pense que c'est en pleine période estivale, sur les mois de juin, juillet, août, et effectivement c'est une grosse partie des abandons en France malheureusement. On part en vacances, mais il faut mettre le snow et il n'y a plus la place pour le chien, donc on le laisse à la station essence. À côté de ça, il ne faut pas oublier que ces chiens abandonnés en été, la plupart du temps en hiver, ils sont encore chez nous. Il n'y a pas vraiment de période forte de l'abandon. Malheureusement, il y a des abandons tous les jours, tous les jours, tous les mois, toutes les saisons, peu importe le motif. Alors oui, on a effectivement une grosse partie des chiens et des Ausha qui arrivent chez nous viennent des fourrières. Une grosse partie, c'est des abandons soit demandés, effectivement, des gens qui prennent conscience qu'ils n'auront plus à offrir ce qu'il faut. à leurs compagnons, donc c'est pour eux la meilleure solution. Et aussi des gens qui sont plus simplement lâches et qui vont venir nous accrocher leur chien ou nous laisser leur cage de transport avec leur chat à l'intérieur au pied de notre grille. Ça nous est déjà arrivé et je pense que je peux parler pour Camille comme pour moi d'arriver un matin au sein de notre refuge et de malheureusement voir un chien accroché avec sa laisse si ce n'est pas un bout de ficelle au portillon de notre... de notre dit refuge. Donc, il n'y a pas de période d'abandon. Il n'y a que des abandons et ils sont récurrents.
- Speaker #2
Les refuges, maintenant, sont pleins toute l'année. Il n'y a plus de période vraiment d'été et c'est toute l'année remplie.
- Speaker #1
Voilà. Donc, les refuges sont tout le temps pleins parce que les abandons ne se font pas qu'en été. Les adoptions ne se font pas qu'en hiver. Pensez bien à aller... Quand vous allez au salon du Chiot, à ce que vous faites, parce que souvent, ces loulous-là, c'est des chiots qu'on retrouve dans nos refuges six mois après qu'ils soient arrivés dans vos foyers. C'est une vie entière. Quand on adopte un animal, c'est pour une vie entière. C'est un membre à part entière de la famille. Et pour revenir encore sur un texte de loi qui a été voté par un pays européen, et toujours pas de nôtre, mais l'Espagne a reconnu les chiens comme un être à part entière de la famille. Quand on décide de faire un enfant, on sait sur quoi on s'engage, alors logiquement. Malheureusement, il y a encore des progrès à faire de ce côté-là. Mais quand on s'engage à accueillir un être vivant au sein de sa famille, peu importe l'espèce, c'est un engagement sur plusieurs années. Il faut savoir l'accompagner pour qu'il grandisse correctement.
- Speaker #0
J'aimerais rebondir en effet, Alexandre, sur ce que tu viens de dire. Même si le sujet du jour n'est pas le salon du fio, il est vrai que lors de ce genre d'événements, on peut acquérir un animal extrêmement facilement, parfois dans des conditions très douteuses. Ça conduit à des dérives. On se rend compte aussi qu'il y a des gros effets de mode, notamment chez les chiens. Est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu de ces effets de mode ? Quelles sont les races de chiens que l'on retrouve très fréquemment en refuge ?
- Speaker #2
Il y a quelques années, par exemple, c'était le chien loup avec Game of Thrones. Il y a eu pas mal de chiens de chasse et tout. Là, maintenant, on est beaucoup sur du berger malinois, sur de l'American Staff, les petits pédogs. On en a très peu en refuge, mais c'est quand même un chien qui est beaucoup présent chez les gens. C'est aussi le berger australien, donc je pense que bientôt, il y aura une période berger australien.
- Speaker #0
Cet effet de mode est un véritable fléau pour les chiens, parce qu'aujourd'hui on se rend compte que certaines personnes prennent des chiens uniquement pour leurs caractéristiques physiques, parce qu'ils font dégager un certain statut social, et pas du tout par rapport au caractère de la race, par rapport aux besoins de la race, et donc on se retrouve avec des chiens extrêmement mal dans leurs pattes, et qui finissent parfois en refuge. Ce sont des chiens qui peuvent avoir des troubles comportementaux, et donc c'est très difficile derrière pour les soigneurs animaliers de pouvoir réhabiliter ces chiens-là. En ce moment, les grandes modes, ça va être le berge et belge malinois, qu'on voit sur les réseaux sociaux, qui fait énormément de choses. Mais pour ce faire, il faut lui apprendre, il faut passer du temps avec lui. On va également avoir tous les chiens primitifs, aussi bien les nordiques, type Husky, Malamute, que les asiatiques, type Akita, Shiba Inu, qui sont des chiens avec des caractères très particuliers, et pour lesquels il faut vraiment répondre à leurs besoins. Il va falloir adopter une éducation tout en douceur. Ce sont des chiens extrêmement sensibles, souvent. avec des caractères bien trempés et qui ne sont pas donnés à tout le monde. Ce ne sont pas des chiens dits « faciles » .
- Speaker #1
Donc effectivement, comme tu le soulignais, les chiens primitifs, quand je dis chiens primitifs, le ski, Akita, ce sont des chiens qui vont se rapprocher effectivement le plus du comportement du loup. Donc des chiens qui vont être plus indépendants. À côté de ça, des chiens comme le berger belge malinois vont être des chiens qui vont plus être des chiens de travail, des chiens qui vont avoir besoin... beaucoup de stimulation, des chiens qui vont avoir besoin d'exercice, qui vont avoir besoin qu'on s'occupe entre guillemets d'eux dans le sens où il va falloir les faire travailler pour qu'ils puissent avoir un comportement plus calme et vraiment faire attention au cas par cas de la race du chien que vous adoptez parce que les races n'ont pas les mêmes demandes et par rapport à ce que tu disais sur l'effet de mode. Effectivement, actuellement, on a une mode du berger australien. Donc, on sait très bien que dans les mois ou années à venir, les refuges vont être pleins des bergers australiens, comme actuellement les refuges sont pleins de staffs de type édogue qui ont été des chiens très à la mode et maintenant dits dangereux. Tandis que, croyez-moi, pour en avoir vu beaucoup en refuge, ce sont des amours.
- Speaker #0
Pour résumer, ce qu'il est vraiment important de garder en tête, c'est qu'avant d'adopter, alors là, on parle vraiment plus... plutôt des chiens, il est important de se renseigner sur la race qui nous fait envie, se renseigner sur le type de chien qu'on adopte, à quel groupe de chien il appartient. Est-ce qu'on est plutôt sur un chien de berger qui a été créé pour travailler et donc qui va avoir besoin de dépenses physiques et mentales importantes ? Est-ce qu'on est plutôt sur des chiens type chien nordique, comme les huskies et les malamutes, qui vont donc être des chiens souvent de traîneau, qui ont des besoins également importants en dépenses ? Et si, au contraire, on a plutôt envie d'un chien... qui va rentrer dans un mode de vie beaucoup plus calme, beaucoup plus familial, peut-être plutôt aller regarder vers le groupe numéro 9 qui concerne les chiens dits de compagnie et qui ont souvent des caractères beaucoup plus calmes et des besoins de dépenses moins importants.
- Speaker #1
Et avant de parler d'adoption, j'aimerais parler d'adaptation. L'adaptation, elle est aussi bien pour l'humain que pour le chien. Et donc, il y a un temps d'adaptation. Ça, c'est important. À partir du moment où l'adaptation est prise sérieusement, l'adoption sera correcte.
- Speaker #0
On parle de la règle des 3-3-3.
- Speaker #1
Oui, trois jours, trois semaines, trois mois. Le chien se sent une fois de plus entre guillemets chez lui. Il vous faudra un minimum de trois mois. Et encore, c'est du cas par cas. Il y a des chiens qui vous demanderont neuf mois, voire plus. Il y a des chiens qui peut-être vont être à l'aise très rapidement, mais toujours être à l'écoute et à faire attention aux signaux que vos animaux vous envoient.
- Speaker #0
Est-ce que vous rencontrez beaucoup de risques au sein de votre métier et quels sont-ils ?
- Speaker #2
Ouais, on va avoir pas mal de risques et de contraintes. Déjà, le risque de base, ça va être le risque de morsure et de griffure. Parce qu'on travaille avec des animaux qu'on ne connaît pas toujours, qui peuvent avoir des problèmes au fur et à mesure de leur passage au refuge, parce que l'endroit est assez stressant et tout. Donc c'est vrai qu'on a régulièrement des morsures, qui peuvent être très graves régulièrement. Les griffures de Ausha, c'est pareil, ça peut vite s'infecter. Au-delà de ça, tu vas avoir toutes les... Il reste des problèmes, donc déjà on travaille dans le froid ou dans le chaud en fonction de la période de l'année, ce qui peut être aussi fatigant. Dans le bruit, constant, quand t'es dans un chenil, il y a un bruit énorme d'aboiement constant quasiment toute la journée qui peut être très fatigant. T'as les chiens qui te sautent dessus en permanence quand t'as un jet d'eau dans les mains, donc il faut être assez patient, assez posé régulièrement. Il y a de temps en temps, t'en as plusieurs, de temps en temps t'entends la personne s'énerver parce que c'est le moment de craquer, donc du coup tu te poses 5 minutes et tu repars. Tu vas avoir le matériel qui défendra souvent. On ne peut pas adapter du tout. Le risque de chute. En fait, on a énormément de risques. Pas plus tard que ce week-end, un chien de 40 kilos m'a sauté dessus. Je me suis mangé la grille du boxe. Des fois, tu te fais... Il y avait une ancienne salariée qui disait que si tu ne blesses pas une fois par jour, c'est que tu n'as pas travaillé. Ça veut un peu tout dire.
- Speaker #1
Nous avons énormément travaillé.
- Speaker #2
Tu as énormément de risques dans le métier. Des risques qui peuvent être très graves. D'autres qui sont... C'est le petit bobo du jour que tu vas avoir. Tu vas souvent porter beaucoup de charges. Si ce n'est pas les chiens que tu portes, ça va être les sacs de croquettes. Il faut tenir assez physiquement. Le fait de faire des tours de parc régulièrement, quand on fait plusieurs fois dans la journée, c'est très fatigant de te faire tirer en permanence par un chien. Si les choses paraissent, c'est qu'ils te tournent dans tous les sens. Il faut rester patient pour ne pas t'énerver et l'emmener au parc le plus calmement possible. C'est un métier où tu as beaucoup de risques et de contraintes.
- Speaker #0
Et donc, qu'est-ce qui est le plus pénible pour vous dans votre métier ?
- Speaker #2
Moi, je pense que les deux choses, ça va être le stress des animaux que tu ne connais pas, d'avoir peur de te faire mordre, parce que la morsure, on la connaît maintenant dans nos métiers, elle est très dangereuse, et le bruit. Le bruit est très fatiguant.
- Speaker #1
Pour moi, ça va être le retard d'adoption, quand on n'a pas été compris par l'adoptant. Et effectivement, les risques physiques peuvent être liés soit aux morsures, soit au... Au bout de tous les jours, que ce soit une ouverture de porte ou un objet un peu lourd à porter, effectivement, ça va être plus ça.
- Speaker #0
Oui, donc si je résume, vous êtes en face de risques physiques avec les morsures, les griffures, le risque de chute, de se faire mal au quotidien, mais également un fort risque psychologique en étant au quotidien en face de maltraitance, d'animaux en détresse. les retours d'adoption, les abandons.
- Speaker #1
Comme tu le dis, c'est ça, c'est la détresse de l'animal. Juste avant, je te parlais du retour d'adoption. Dans ces cas-là, ce n'est pas tant l'humain le problème, c'est de devoir revenir. Un de nos pensionnaires, il ne comprend pas trop ce qui lui arrive et pour une énième fois, va traverser à nouveau les portes d'un refuge. C'est plus ça qui m'emmerde, si je puis utiliser ce mot. La souffrance animale est limite. La douleur psychologique, la douleur sentimentale est pour moi plus importante que la douleur physique lors d'un accident avec la mâchoire d'un chien parce que la douleur psychologique de voir ces animaux en détresse, j'ai préférence à aller par exemple au chenil parce que l'interaction avec les chiens, va se faire dans des box plus grands, il va y avoir des sorties en parc, il y a un peu plus de mouvement, disons. Plus mal à l'aise d'être en châterie, parce que je vois des Ausha qui sont enfermés dans des petits modules qui vont me regarder, miauler, et effectivement je vais ressentir leur détresse, et ça, à long terme, c'est ce qui est pour moi le plus compliqué dans mon métier, c'est de faire face à cette souffrance animale. À côté de ça, c'est le métier que je ferai jusqu'à ma retraite, parce que je sais pourquoi je me réveille le matin. et que je sais que de me réveiller pour aller soigner et sauver des animaux, malgré leur détresse, j'aide à ce que ça aille un peu mieux pour eux.
- Speaker #0
Et toi Camille, est-ce que ça sera un métier que tu feras jusqu'à la retraite ?
- Speaker #2
Je ne sais pas si ce n'est même pas possible en fait. Il y a un très gros turnover en refuge et physiquement, il faut pouvoir le suivre. C'est vrai que c'est un métier qui est très fatigant, donc après pourquoi pas évoluer ou changer de branche par exemple, pouvoir aller dans peut-être des parcs zoologiques où ce sera plus calme déjà peut-être aussi. En tout cas oui, le côté animalier est très passionnant et j'aimerais bien rester là dedans.
- Speaker #0
On voit souvent des émissions à la télé sur le travail de soigneur ou agent animalier, et c'est vrai que ça fait rêver. Pour autant, j'aimerais savoir si votre quotidien est aussi glamour qu'il paraît à la télé.
- Speaker #2
Non. Pour ceux de la télé, déjà, il faut garder ça à l'idée. Et puis, ils essayent de montrer des journées type en 45 minutes.
- Speaker #1
Les choses sont très scénarisées à la télé. Oui,
- Speaker #2
ceux de la télé. globalement il faut quand même se dire que surtout si tu es dans un gros refuge tu vas avoir entre 80 et 100 chiens gérés plus d'une centaine de Ausha quand tu es Ausha c'est beaucoup de ramassage de crottes tu as énormément de ménage en fait c'est pas tout tout rose c'est pas que des câlins et des bisous aux chiens déjà tu peux pas le faire avec tous les chiens donc non c'est beaucoup de nettoyage énormément de nettoyage et d'entretien et c'est ça qui justement permet d'éviter au maximum les problèmes sanitaires les problèmes de maladie et tout ça et ceux qui sont en mode Je ferais que de l'éducation et des bisous aux chiens, ça ne marchera pas, ce n'est pas ça le métier d'agent animalier, ce n'est pas éducateur. Il y a beaucoup de ménage et c'est la base du métier.
- Speaker #1
Le premier soin à amener de toute façon à un animal de compagnie, et d'autant plus en refuge, c'est le soin de propreté. C'est que son environnement doit être propre. Comme le dit Camille, quand on a 90, 100 chiens qui ont des besoins à faire toute la journée, vous vous doutez bien qu'on ramasse plus que 100 crottes à la journée. 60%, 70% de notre boulot, c'est du nettoyage. Il faut en avoir conscience. Et effectivement, c'est toujours un peu romancé à la télé. D'un autre côté, tant mieux, parce que ça donne une visibilité sur ce qui se passe dans les refuges. Il ne faut pas être crédule et il faut bien sûr voir derrière tout ça. Et oui, c'est bien plus de nettoyage que de bisous, même si nous, on préférait faire bien plus de bisous.
- Speaker #2
On les fait au passage.
- Speaker #0
Quand vous êtes rentré dans la protection animale, vous aviez forcément des rêves et des idéaux. Est-ce qu'aujourd'hui, après plusieurs années à travailler dans ce milieu-là, vos rêves et vos idéaux sont toujours les mêmes ?
- Speaker #1
Moi, je reviens beaucoup là-dessus, mais si on travaille pour la faune sauvage ou domestique, ce n'est pas les mêmes idéaux qu'on a. Oui, je pense que quand on va dans une branche par passion, on voit les choses pas forcément du bon angle dès le début. On est passionné, on est plein d'entrain, on a plein d'envie. La réalité du terrain, elle est toute autre. En aucun cas, je n'ai changé d'avis là-dessus. C'est le métier que j'ai envie de faire et c'est toujours un métier de passion. Mais entre ce qu'on imagine et la réalité du terrain, c'est très différent. Ne serait-ce que déjà, pour le côté émotionnel, on ne peut pas avoir conscience avant d'avoir commencé à travailler dans un refuge.
- Speaker #2
Ton avis au cours des années que tu passes en refuge, ça change un petit peu. Déjà sur la protection animale, je pense qu'il n'y a pas assez de règles d'appliquer. Beaucoup de gens qui font de la maltraitance et qui ne sont pas condamnés. Il y a eu l'exemple il y a quelques mois ou années d'un couple qui avait pendu un husky dans son jardin. Les gens ont juste eu une petite amende. Donc normalement, il faudrait que les vraies règles, parce qu'il y a des lois qui se sont passées, il faudrait qu'elles soient vraiment appliquées et que les peines soient mises en place. Sinon, la protection animale, elle n'avancera pas de toute manière. Les enquêtes, on est très limité. Quand on t'appelle, alors ce n'est pas pour les blâmer, mais quand tu vas sur une enquête et que les gendarmes et les polices ne peuvent pas t'aider parce que soit ils ne sont pas disponibles ou soit ils ne sont pas forcément sensibilisés à ça, ben ça n'aide pas. On déchante vite en se rendant compte que ce n'est pas tout rose et qu'on ne changera pas le monde en un an. Ça va venir avec le temps.
- Speaker #1
Si on pouvait déjà se mettre au niveau des lois européennes en France, ce serait bien. Comme je disais tout à l'heure, on est encore beaucoup, beaucoup de retard par rapport à certains de nos voisins qui, pour le coup, dans leur histoire, comme par exemple l'Espagne, qui a une histoire avec le galgo. Alors, les gens iront se renseigner sur l'histoire du galgo en Espagne. Voilà, c'est très, très dur à concevoir. À côté de ça, l'Espagne est un des premiers pays d'Europe à avoir des vraies avancées sur la protection animale, sur la protection. L'animal domestique, je souligne, puisque c'est encore différent pour ce qui est de la faune sauvage.
- Speaker #0
Vous qui travaillez au quotidien dans la protection animale, en fin de compte, la maltraitance, vous la côtoyez tous les jours. Est-ce qu'il y a des phénomènes qui sont récurrents, qui ne devraient plus arriver, qui vous agacent particulièrement et dont vous souhaiteriez nous parler ? Oui, les créations de l'humain, le fait de toujours vouloir avoir la main mise sur tout et de continuer à créer des races qui, alors je suis désolé, ça peut paraître dur, mais qui ne devraient pas exister, des races de chiens qui vont de toute façon naître avec des problèmes de santé. On part du principe qu'on peut tout faire et tout créer. Si on parle de protection animale, il faudrait commencer déjà par... arrêter de faire tout et n'importe quoi en termes de biologie parce que quand on a des petits bulldogs français qui naissent avec les bronches atrophiées, on est déjà dans la maltraitance animale. Donc si après on veut pointer du doigt un particulier parce qu'effectivement il crée des sévismes sur son... il frappe son chien ou une maltraitance parce qu'il ne faut pas oublier que la maltraitance animale elle commence pas avec les coups, la maltraitance animale elle commence avec l'intonation, avec les mots. Et c'est comme ça qu'on a des dérives après.
- Speaker #1
Ouais, moi, je vais avoir plus de mal en ce moment, ça va être beaucoup avec les gens qui font de la maltraitance animale, parce qu'on a derrière des chiens qui vont avoir des problèmes de comportement qui peuvent être souvent très graves. Derrière, on en fait des chiens dangereux, en fait. C'est ça le problème. Et du coup, la question, c'est, on fait quoi de ces chiens-là ? Et souvent, c'est sur les refuges que tombe le problème, en mode, est-ce qu'on prend le chien ? Est-ce qu'on le prend pas ? Est-ce qu'on le prend, mais du coup on sait qu'il est dangereux et on met en danger les autres chiens du refuge, le personnel du refuge, les bénévoles, les adoptants, parce que le but c'est de les placer aussi, donc est-ce qu'on prend le risque de placer ce chien ? En fait, c'est un peu, les gens font de la merde, mais du coup c'est au refuge de prendre la décision et d'avoir cette pression-là de, est-ce qu'on le sauve, est-ce qu'on le sauve pas ? Je pense que, vu les plusieurs enquêtes que j'ai faites, je pense que c'est là qu'on peut voir qu'il y a énormément de styles de maltraitance. il y a des maltraitances la plus classique le chien va se faire taper va se faire vraiment violenter oui ça en est c'est sûr souvent on a eu le cas de chiens qui sont délaissés sanitairement parlant on a eu un chien qui était je pense qu'il était galeux mais on a même pas pu le saisir ce chien là mais il avait des problèmes de peau qui devait être hyper douloureux ça aussi c'est de la maltraitance de ne pas prendre soin de son chien comme le laisser attaché à un piqué le laisser dans une cage c'est de la maltraitance tout autant le chien va s'emmerder toute la journée je pense que si on laissait Cheers ! C'est un peu de l'anthropomorphisme, mais si on est un humain dans une cage de 5 mètres carrés tout le temps, c'est pas il va péter un câble, c'est de la maltraitance. Donc oui, la maltraitance, il y en a vraiment plusieurs types, et je pense qu'elles sont toutes aussi légitimes d'être abrogées.
- Speaker #2
Je vais même aller un peu plus loin dans le raisonnement. Pour moi, la maltraitance, elle commence à partir du moment où on prend un animal à la maison sans se renseigner au préalable sur ses besoins primaires. Si on prend un chien, par exemple, qui a de... gros besoin de dépenses physiques et mentales et que nous ne sommes pas en capacité de lui donner ces moments-là, le chien va être malheureux. Le chien va être mal dans ses baskets et on risque d'avoir des problèmes de comportement. Si on prend un chaton à la maison alors qu'on n'est pas disponible ou qu'on n'est pas en capacité de jouer avec lui au quotidien, de lui permettre de continuer ses apprentissages au quotidien, c'est de la maltraitance. Il faut vraiment penser aux capacités qu'on a autant qu'on a de disponible pour son animal avant de s'engager sur quoi que ce soit ?
- Speaker #1
C'est un gros problème des refuges. Le souci, c'est des conflits qu'on a très régulièrement avec des gens. C'est aussi un autre problème qu'on a dans les refuges, c'est les conflits avec les gens qui ne sont pas contents. Et ça, oui, c'est très régulier. Des gens qui sont très âgés, qui veulent des jeunes chiens. Le chien, s'il faut aller l'attraper, ils ne sont des fois même pas capables de se pencher pour l'attraper ou faire quoi que ce soit avec. Donc, il faut aussi essayer... d'amener dans l'esprit des gens que tu prends un chien que tu es capable de gérer. Ce sera peut-être un vieux chien parce qu'il ira tranquille et qu'il n'aura pas les mêmes besoins, mais au moins tu pourras le sortir. Parce que derrière, c'est pareil, est-ce que quelqu'un sera capable de le récupérer ? C'est bête à dire, mais une personne qui a 80 ans, des fois, va décéder avant le chien. On en fait quoi de ce chien, du coup, derrière, il finit en refuge ? Donc, il faut aussi réfléchir un peu à la suite. Est-ce que quelqu'un va pouvoir récupérer ce chien dans la famille ou des amis ? C'est toute une réflexion qu'il y a à avoir avant d'adopter le chien. Et déjà, est-ce qu'on est capable de s'en occuper ? et sinon il arrive quelque chose, qui va le prendre en charge ? Il faut voir aussi derrière toute la suite.
- Speaker #2
Est-ce que vous pouvez nous partager des histoires ou des anecdotes qui vous ont marqué ?
- Speaker #0
Moi, je me rappelle d'une anecdote assez drôle. On avait récupéré un chien de réquisition et du coup, ce chien était déjà nommé. Cette chienne était déjà nommée, elle s'appelait Ganja. Du coup, comme elle répondait très bien à son prénom, on lui a laissé ce prénom. Et ça faisait peut-être quelques semaines qu'elle était avec nous, donc elle était assez à l'aise au refuge. On lui fait faire son petit tour de parc le soir avant de fermer nos box. Donc elle reste avec nous dans son parc. Et puis comme souvent, des agents de police sont passés à côté de notre refuge, puis sont descendus nous parler. Et puis, Ganja était en train d'aboyer pendant qu'on parlait à la police. Alors du coup, je me retourne vers la chienne et je lui dis « Allez, ça suffit, Ganja ! » Sauf que je n'avais pas fait vraiment attention aux interlocuteurs qui étaient à côté de moi. Donc, ça a fait sourire tout le monde. C'est une anecdote. Je venais juste d'arriver au sein de ce refuge. Alors, elle se termine bien quand même, puisqu'elle se termine avec une jolie adoption. Mais je vous explique. Je viens pour soigner. On a une maman avec sa portée de chaton. Quatre chatons et une maman. Donc, ils avaient tous des petits soins à cause d'un choriza. Vous avez tous des petits soles, soit aux yeux, une prise de température, etc. Donc je fais les trois femelles, je passe les crèmes dans les yeux pour celles qui ont des crèmes dans les yeux, je prends la température pour celles qui ont besoin d'un relevé de température. Et puis arrive le tour du quatrième chaton, qui était le seul mâle et qui semblait un peu plus faible que ses trois sœurs. Et au moment de sa prise de température, ce petit loulou s'est mis à convulser. et malheureusement, c'est un chat qui est... qui est parti dans mes mains. Donc voilà, une petite histoire plutôt triste. Ce qu'il faut savoir, c'est que du coup, je me suis lié vraiment très fort avec les trois chatonnes restantes. Et sur ces trois chatonnes, j'en ai adopté deux, qui vivent très bien maintenant avec moi. Et voilà, deux petites chatonnes qui constituent ma famille maintenant. Donc c'était ça le petit clin d'œil, où cette petite histoire se termine bien quand même. Mais ça fait aussi partie de notre boulot, malheureusement, d'avoir des décès. Il faut s'y préparer et puis il faut essayer d'accompagner le reste des animaux avec le plus de bien-être et de bienveillance possible.
- Speaker #1
On a souvent des demandes assez particulières de gens qui veulent des chiens. Pas forcément ce que nous on recherche, ils ne veulent pas forcément des chiens de famille, mais ils veulent par exemple soit des chiens qui veulent beaucoup aboyer. Donc souvent ça, ça interroge un peu, on se demande pourquoi. Et en fait, souvent on se rend compte que c'est pour faire du chien de garde. Et du coup, ce n'est pas du tout l'objectif de ce genre de refuge, de faire des chiens qui vont faire sonnette ou gardiennage. C'est pas au... On peut souvent les réorienter vers des rissures ou des compagnies comme ça. Ou alors des chiens, des gens qui veulent par exemple des chiens qui sont un peu parfaits, ok, chat, chien, tout ce que vous voulez, enfant, inconnu, qui ne font pas beaucoup, qui sont propres, qui ne vont pas coûter cher en soins et tout. Donc là, on a des peluches aussi qui peuvent extrêmement bien correspondre, qui seront beaucoup plus faciles d'entretien, elles seront propres et tout, faciles à laver. Tout le monde rigole bien quand même sur certains placements.
- Speaker #0
Il faut être doté de second degré quand même. Oui, voilà.
- Speaker #2
Un grand, grand merci à tous les deux d'avoir pris le temps de répondre à mes questions et d'avoir parlé de votre si beau métier. On pourrait encore en parler pendant des heures, mais il est temps aujourd'hui de s'arrêter. Alexandre, Camille, je vous souhaite une très belle continuation et je vous dis à bientôt. Si vous avez aimé cet épisode, abonnez-vous. N'hésitez pas également à partager, mettez des étoiles. Je vous remercie en tout cas pour votre écoute et je vous dis à très bientôt. pour un nouvel épisode de Sa Pâte Pote.