- Speaker #0
Bienvenue sur notre podcast Cactus Théorie, je suis Alex,
- Speaker #1
je suis Hache, on va vous parler d'histoires qui ne manquent pas de petit plan.
- Speaker #0
Disparitions mystérieuses, phénomènes inexpliqués et enquêtes épineuses. Alors si c'est votre truc, n'hésitez pas à rester avec nous.
- Speaker #1
Et tenez bien sûr.
- Speaker #0
Petit avertissement pour nos auditeurs sensibles et pour le jeune public. Sachez que certaines histoires et thématiques abordées dans ce podcast peuvent être, comment dire... Les hachans. Salut les cactus. Salut Hachin.
- Speaker #1
Salut, salut Alex. Ça faisait longtemps. Comment ça va ?
- Speaker #0
Ça va très bien et toi ?
- Speaker #1
Écoute, super. On est en vacances, la vie est belle.
- Speaker #0
Oui, les cactus vont penser qu'on est tout le temps en vacances. Et je commence un peu en me marrant parce que Ash m'a dit juste avant, bon, il faut qu'on pense à souhaiter la bonne année aux cactus. Et puis en fait, je lui ai dit, c'est déjà fait.
- Speaker #1
C'est déjà fait, oui, pardon, je me répète.
- Speaker #0
Il n'y a pas de souci. Bon, je vais vous dire tout de suite, prenez un grand café selon l'heure à laquelle vous nous écoutez ou un grand verre de vin, peu importe, un grand verre d'eau, ce que vous avez sous la main. Mais cet épisode va être long. Et intense, H.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
D'ailleurs, à certains moments, elle va être difficile à écouter. Je préfère vous le dire. Je vous ai dit de prendre un café ou plutôt une boisson. Ce que je vais vous conseiller avant tout, c'est de ne pas manger en même temps. Surtout pas. Parce que pour être tout à fait honnête avec vous, cette histoire, je l'ai découverte dans un documentaire Netflix. Il lui était dédié. Et j'ai fait l'erreur de le regarder en mangeant. Et franchement, H, j'ai eu vraiment envie de vomir.
- Speaker #1
Ah, mais t'as toujours aimé vivre dangereusement, toi.
- Speaker #0
Ouais, mais là, je ne m'attendais pas à ça, pour être honnête. Cette triste histoire H, elle met le doigt sur deux grands problèmes de société, si on peut appeler ça comme ça. Le premier, tu vas vite comprendre, c'est l'invisibilité des populations dites marginales.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que tu verras à quel point il est facile de faire disparaître quelqu'un que personne ne cherche.
- Speaker #1
De toute façon, moi je te coupe déjà tout de suite, mais on se rend compte dans la rue, quand on croise quelqu'un qui fait la manche, tout le monde tourne la tête.
- Speaker #0
Ouais, transparent.
- Speaker #1
Parce qu'on ne te regarde, on ne t'existe pas.
- Speaker #0
Totalement. Quelqu'un donc qu'on a mis de côté, quelqu'un dont on a... choisi d'effacer l'existence comme tu dis parce qu'il est différent parce qu'il aime différemment par exemple parce qu'il vit différemment ou encore parce qu'il est dans une grande détresse sociale et émotionnelle ensuite l'autre problème de société qui est au coeur de cette histoire c'est ce que j'appelle moi le débordement d'ego l'ego quand on en a beaucoup on a deux options soit on l'utilise pour faire des choses bien des grandes choses mais tu me regardes pas en rigolant quand tu dis ça quand même Non non c'est un bon ego bien équilibré H Pas de souci. On s'en sert pour laisser une trace en se rendant utile à la société, mais on peut aussi l'utiliser pour faire le mal, pour écraser, pour dominer et pour anéantir.
- Speaker #1
Bon ben ça prenait.
- Speaker #0
Forcément, en ce moment, vous y pensez peut-être comme moi, compte tenu de l'actualité politique, on pense à certains personnages politiques qui ont un égo surdimensionné.
- Speaker #1
Démesuré, oui.
- Speaker #0
Égo qui a débordé à la défaveur de l'humanité, disons les choses. Mais dans le cas du jour H, il n'est pas question de politique, rassure-toi.
- Speaker #1
Oui, tant mieux.
- Speaker #0
Il est question d'un homme qui a profité de la vulnérabilité d'autres hommes pour assouvir ses pulsions les plus violentes et morbides. Il est question H de l'un des pires tueurs en série du Royaume-Uni. Je ne connaissais pas ce monsieur.
- Speaker #1
L'Angleterre, ça faisait longtemps.
- Speaker #0
Ouais. Un homme à l'égo si surdimensionné qu'il est incapable du moindre remords. C'est un vrai psychopathe dans la définition la plus explicite.
- Speaker #1
Avec toute la froideur qui va avec.
- Speaker #0
Exactement. Alors H, Ausha. et les cactus, accrochez-vous, ça va piquer. Le 8 février 1983, donc les années 80, la décennie préférée de H.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Michael Catran, un employé de l'entreprise de plomberie Dino Rod, est appelé sur une intervention banale aux 23 Cronley Gardens. On est à Londres, dans le quartier de Highgate, au nord de Londres, et plus précisément pour te situer au nord de Camden Town.
- Speaker #1
J'aime bien, il y a les puces.
- Speaker #0
Oui, entre autres, il y a plein d'autres choses. Moi, c'est un quartier que je connais bien parce que, comme vous le savez, j'ai vécu à Londres et j'allais souvent à Highgate pour traîner dans les pubs, comme on dit.
- Speaker #1
Ça, tout le monde s'en fout.
- Speaker #0
Non, tu n'es pas fâche, tu sais, tu es mauvais avec moi. Michael arrive devant cette maison londonienne traditionnelle, donc, pour son intervention. Elle est divisée en plusieurs appartements, ce qui est classique. Il doit intervenir à la suite d'une plainte de plusieurs locataires de la maison, de la copropriété, notamment Jim Alcock et Dennis Nielsen, qui ont des gros problèmes d'évacuation des eaux usées. En fait, les toilettes sont bouchées.
- Speaker #1
Tout simplement, ok.
- Speaker #0
Voilà. Michael va sur le côté de la maison et ouvre la trappe du système de drainage.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok. L'odeur est très forte, évidemment, ça sent les égouts, mais pas que. Lorsqu'il commence à ouvrir le drain, il se rend compte qu'il est complètement bouché par une espèce de pâte qui ressemble vraiment à de la chair, dans laquelle il y a même comme des petits os.
- Speaker #1
Quelque chose qui aurait été broyé, façon steak haché ?
- Speaker #0
Pas broyé, tu vois, c'est un amas, tu vois, un amas. Très intrigué, il appelle son patron, son superviseur, Gary Wheeler. Et les deux hommes d'un commun accord décident de reporter l'intervention au lendemain matin. D'une part parce que la nuit tombe et que Michael commence à ne plus y voir grand-chose. Et d'autre part parce qu'ils sont quand même un petit peu intrigués par tout ça, donc ils veulent attendre. Avant de partir, Michael va prendre le temps de s'entretenir avec les deux locataires qui sont là, donc Dennis Nielsen et Jim Alcock. Et Michael va leur dire qu'il trouve que ceux qui bloquent le drain ressemblent vraiment fort à de la chair humaine. Et là, Nielsen va lui répondre, « Ben dis donc, on dirait bien que quelqu'un a jeté son KFC dans la toilette. » KFC pour Kentucky Fried Chicken, pour ceux qui n'auraient pas capté.
- Speaker #1
Ou le PFK pour les Québécois. Si ma mémoire est bonne, c'est le poulet frit du Kentucky.
- Speaker #0
Ça, tous nos auditeurs et auditrices québécois pourront nous le confirmer.
- Speaker #1
Je me dirais, si je me trompe ou pas, c'est un vieux souvenir.
- Speaker #0
Donc voilà, il a de l'humour, Nielsen. Il dit, « Ben dis donc, qui c'est qui a jeté son KFC dans la toilette ? » À 7h30, le lendemain matin, Michael revient sur place avec son superviseur Gary pour intervenir. Mais aussi et surtout, comme je te disais, parce que Michael voulait vraiment montrer à Gary les eaux, enfin ce qu'il avait trouvé dans le drain. Et là, surprise, hache ou pas, le drain a été vidé.
- Speaker #1
Ah, nettoyé et vidé. Donc il n'y a plus de soucis.
- Speaker #0
En tout cas, sur la partie visible, il n'y a plus de Ausha, il n'y a plus rien. Donc là, Michael et Gary commencent à trouver ça encore plus louche, bien sûr. Donc de là, ils ne vont quand même pas s'arrêter là. Ils vont approfondir leurs recherches et ils vont découvrir que dans l'une des canalisations qui part du drain et qui remonte jusqu'à l'appartement du dernier étage de la maison, dans cette canalisation, il y a cette même pâte visqueuse.
- Speaker #1
Donc ça viendrait du dernier étage.
- Speaker #0
Voilà, qui ressemble à de la chair ainsi qu'encore une fois plusieurs petits os. Mais là, Michael et Gary, ce ne sont pas des médecins légistes, ce ne sont pas des enquêteurs. Mais quand même, ceux qui trouvent là, ceux qui voient, ils trouvent que ça ressemble quand même beaucoup aux os d'une main humaine.
- Speaker #1
Mais ils n'appellent pas la police ?
- Speaker #0
Si, si.
- Speaker #1
Ah si,
- Speaker #0
bon. Donc ils appellent la métropolitaine police. Pendant ce temps-là, dans les locaux du commissariat d'Ordy, personne n'a l'idée qu'un simple appel va déclencher Hache l'une des enquêtes criminelles les plus sordides et les plus marquantes de l'histoire du Royaume-Uni.
- Speaker #1
Tout part d'un tuyau bouché.
- Speaker #0
C'est ça. Tu verras, j'en reparlerai dans la conclusion.
- Speaker #1
Oui, j'ai bien.
- Speaker #0
Le détective inspecteur Steve MacKusker se souvient très bien de ce jour-là. Pourquoi il s'en souvient aussi ? Parce qu'il y avait une vague de froid et d'humidité qui avait envahi la ville de Londres et l'atmosphère était déjà bien lugubre. L'un de ses collègues est venu le chercher dans son bureau pour une intervention au 23 Cranley Gardens. Lorsque les deux hommes arrivent sur place et commencent à interroger les locataires de la maison, plusieurs de ces locataires vont dire que la veille au soir, vers minuit, Ils ont entendu comme un bruit de quelque chose qui raclait dehors.
- Speaker #1
Oui, la personne qui aurait nettoyé la canalisation.
- Speaker #0
Voilà. L'un des locataires est sorti voir ce que c'était. Et il est tombé nez à nez avec Dennis Nielsen, le locataire du dernier étage. Et là, il lui a demandé si tout allait bien, qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que vous faites là ? Et Nielsen lui a répondu, oui, oui, tout va bien, je suis juste sortie faire pipi.
- Speaker #1
Ah oui, donc il est un peu comme les chiens, il gratte un peu la pâte avant de faire...
- Speaker #0
C'est ça, il fait des drôles de bruits quand il fait pipi en tout cas. Le détective inspecteur Mac Skur apprend vite que Nielsen n'est pas sur place ce matin-là, puisqu'il est à son travail. Il travaille dans un job center. Je pense que vous savez ce que c'est un job center. C'est un peu comme le pôle emploi anglais, mais c'est un peu différent. Bref, donc il travaille dans un job center et il rentrera le soir de son travail, comme tous les jours, vers 17h30. Donc ils ne peuvent pas l'interroger tout de suite. Mais en attendant, le médecin légiste arrive sur place. Il va faire une première analyse des différents morceaux de chair et ossements trouvés dans la canalisation et confirmer, bah oui, ils appartiennent bien à un corps humain. Il va même observer des traces de strangulation sur l'un des échantillons. Il est doué, quand même.
- Speaker #1
Attends, parce que là, on a vu tout à l'heure, c'était une main. Et maintenant, il a retrouvé tout le corps.
- Speaker #0
Il a dû trouver une partie du cou, sûrement, avec une trace de strangulation. Une marque de strangulation.
- Speaker #1
Si je comprends tout, enfin, j'espère. Quelqu'un du troisième étage se serait débarrassé d'un corps. Et il l'aurait, je ne sais pas, mixé, coupé, voilà.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et il aurait fait tout disparaître par les toilettes.
- Speaker #0
Ouais. Couper et tirer la chasse.
- Speaker #1
L'acide, machin et tout.
- Speaker #0
Sous la ?
- Speaker #1
Enfin, sous l'acide. Je parle avec de l'acide, non pas le mec.
- Speaker #0
Forcément, non. Juste couper et puis flusher, comme on dit.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Aspirer, quoi. Donc, forcément, il y a des morceaux, quoi. C'est sympathique. Quand je vous disais qu'il ne fallait vraiment pas manger, j'étais vraiment sérieuse. Le soir même, les policiers voient Nielsen qui arrive de son travail et l'interpellent. Et nul seul, il va se montrer un peu surpris, mais il ne va pas se montrer particulièrement stressé par la situation. Mac Husker et son collègue montent avec lui jusqu'à son appartement, dans les combles, et lui demandent d'ouvrir la porte. À peine est-elle entreouverte, qu'une odeur infecte H se répand dans la cage d'escalier et saisit les enquêteurs. Et ils connaissent bien cette odeur, malheureusement.
- Speaker #1
Quelle avant-décomposition.
- Speaker #0
Ouais, ils sont habitués. Là, McCusker va commencer à monter un peu en pression. Il vient de comprendre ce qui se passe. Et là, il demande tout de suite à Nielsen, « Allez, tu nous dis où sont les restes du corps. » Et là, Nielsen va pointer l'armoire du doigt. Et dans cette vieille armoire en bois vernis H, McCusker découvre deux très gros sacs poubelles noirs, affaissés et complètement remplis. Je vais te montrer une photo d'archive de ces sacs poubelles sur la scène de crime. Et je vous invite à la regarder en description de l'épisode.
- Speaker #1
Attends, attends, attends. Le gars pensait au fur et à mesure l'idée un petit peu des petits sacs un petit peu tous les jours dans les toilettes ?
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Il faisait un peu au feeling, quoi. Mais tu verras qu'il avait l'habitude de...
- Speaker #1
Il n'a pas peur, le gars. Il n'a peur de rien, celui-là.
- Speaker #0
Non. Voilà, je te montre la photo. On ne voit pas grand-chose.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. Oui, oui, c'est vraiment... Putain. C'est des gros sacs. la vieille armoire qu'on a tout de suite dans nos familles. Et oui, deux sacs bien remplis. Genre des sacs, je ne sais pas si vous connaissez un peu les contenances, mais on dirait vraiment deux sacs de 100 litres. C'est-à-dire que c'est des grosses contenances.
- Speaker #0
C'est des très grosses.
- Speaker #1
Et ils ont l'air bien, bien, bien remplis.
- Speaker #0
Bien garnis, il faut imaginer.
- Speaker #1
Rien que sur la photo, on a déjà l'odeur.
- Speaker #0
C'est ce que j'allais dire, ouais, tu as tout compris. Bien sûr, Hache, les enquêteurs, là, ils lui passent tout de suite les menottes et l'arrêtent pour suspicion de meurtre. Et là, sur le trajet entre Cronley Gardens, Et le commissariat. Il y a quelque chose qui va titiller. Mac Cusker, qui est un très bon enquêteur. Les deux sacs étaient vraiment énormes. Certainement trop gros pour contenir les restes d'un seul corps, selon lui.
- Speaker #1
Un corps dans chaque sac ?
- Speaker #0
Il ne sait pas trop, mais il prouve que c'est vraiment trop gros. D'autant qu'il faut se rappeler qu'une partie a visiblement été jetée dans les toilettes. Donc là, il est assis, Mac Cusker, à côté. de Nielsen et il va se tourner vers lui et lui demander on parle d'un seul corps ou de deux corps là ? Et Nielsen, très naturellement, va lui répondre « Non, 15 ou 16. »
- Speaker #1
15 ou 16 corps ? Mais pas dans ses sacs-là, c'est pas possible. Non, non. Faut pas déconner.
- Speaker #0
Non, non. Mais il vient de révéler le nombre de ses victimes.
- Speaker #1
Il a dû rester bête.
- Speaker #0
Ouais. C'est ce que j'allais dire. En fait, cette réponse, elle les a tellement choqués, les deux enquêteurs, que celui qui conduisait, il a fait une embardée.
- Speaker #1
C'est pas étonnant.
- Speaker #0
Donc là, ils comprennent tous les deux, ces deux enquêteurs, que... Ils ont mis la main sur un tueur en série.
- Speaker #1
15 ou 16, quand on ne les a rendus, on n'a plus compté. Quand on me parle d'une personne qui a fait 15 ou 16 victimes et qui ne compte même plus, je serais bien curieux de voir sa tête. Je suis curieux de toujours voir la tête des gens qui sont capables de faire ça.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Des fois, ils ont des gueules d'anges, des fois des gueules de salauds.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et on est toujours surpris.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
On verra ça tout à l'heure,
- Speaker #0
j'espère. Oui, bien sûr, ne t'inquiète pas, c'est prévu. Mais tu vas être surpris, je pense. Lors de son interrogatoire, Nielsen n'oppose aucune résistance et passe aux aveux tout de suite. Il confie avoir tué trois hommes depuis qu'il habite à Cronley Gardens, mais qu'il en a tué douze ou treize autres à son ancienne adresse au 195 Melrose Avenue.
- Speaker #1
Donc le gars, il joue le jeu. Pas vu, pas pris, pris, puni.
- Speaker #0
Exact. Il achète un morceau. Ouais. Et tu verras plus tard qu'on dirait que ça lui fait même plaisir. Donc en gros, il a commis ses quinze ou seize meurtres depuis 1978. Donc en quatre ans quand même. Pour les trois victimes de Crony Gardens, il ne se rappelle pas trop, il peut vite fait donner des infos, mais il n'arrive pas à les identifier, il ne peut pas donner de nom. Il dit qu'il y en a un qui s'appelait John le Garde, mais que c'était son surnom, qu'il avait rencontré dans un pub. De là, les policiers veulent tirer un maximum d'informations de ces 48 heures légales de garde à vue, et ils vont lui demander quel était son mode opératoire, qui étaient ses victimes, comment et pourquoi il les a tuées. Mais dès que l'information sort dans la presse, Il y a aussi une grande question que tout le monde se pose à ce moment-là. C'est comment est-ce possible que 16 ou 15 ou 16 personnes aient été assassinées dans le cœur de Londres pendant 4 ans sans que personne ne se rende compte de rien ?
- Speaker #1
C'est parce que ce sont des cas qui n'ont rien à voir les uns avec les autres. Et puis Londres, c'est grand. Je ne sais pas combien il y a de morts par an dans Londres.
- Speaker #0
Oui, enfin, tu vas comprendre après. Si ces hommes avaient été signalés disparus, la police aurait fait des recoupements. entre les profils, etc.
- Speaker #1
C'est peut-être ce que tu me disais tout à l'heure. C'est parce que ce sont des SDF ou des gens, des zonards, qui n'ont pas vraiment de famille, qui vivent dans des centres.
- Speaker #0
Voir à la rue. Là, Nielsen se met à raconter son terrible parcours meurtri. Voilà ce qu'il faisait. Il descendait dans les pubs du quartier du West End, un peu derrière Piccadilly Circus, pour vous aider à situer, vraiment dans le cœur de Londres. Il se servait un verre au bar, il cherchait autour de lui un jeune homme qui lui semblait vulnérable. En fait, il reniflait, en gros, pour sentir le mal-être. Et une fois sa victime trouvée, il l'abordait, il lui proposait d'aller chez lui pour boire, dîner et écouter de la musique.
- Speaker #1
Uniquement des mecs ?
- Speaker #0
Oui. Certains de ces hommes, justement, H, étaient à la rue, désespérés. D'autres étaient accro à la drogue. D'autres encore étaient des hommes gays que la société de l'époque et que les institutions rejetaient largement. Vous imaginez l'Angleterre dans les années 80, la dépénalisation de l'homosexualité venait juste de...
- Speaker #1
D'ailleurs, ils avaient un hymne, il me semble, à l'époque, il y avait le groupe Bronski Beat qui chantait « Runaway, turn away » . C'est exactement ça, quand on se souvient du clip où le gars se fait tabasser à la fin uniquement parce qu'il est gay.
- Speaker #0
C'était ça.
- Speaker #1
Enfin voilà.
- Speaker #0
On était dans ce contexte-là, donc voilà. Nielsen va ensuite admettre qu'il tuait ses hommes et les étranglait, soit disant sans s'en rendre compte. Cette pulsion meurtrière, mais aussi la grande quantité de baccardie, c'était sa boisson de prédilection, qu'il avait bu, lui provoquait soit disant un blackout et il disait se réveiller le matin à côté d'un cadavre dans le lit.
- Speaker #1
Le gars il boit du baccardie, il fait un burn-out et puis il ne se met plus de rien.
- Speaker #0
Soit disant, ça c'est ce qu'il dit au début. Sauf que, sauf que... Les analyses médico-légales vont montrer que Nielsen réservait un traitement tout à fait particulier à ses victimes, après les avoir soi-disant tuées sans s'en rendre compte. Si la théorie du blackout était vraie, il aurait paniqué en voyant les corps allongés à côté de lui le matin. Est-ce que j'ai fait... ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ce n'est pas le cas. Les trois corps qui ont été retrouvés à Cronley Gardens, les médecins légistes se rendent compte qu'ils ont été vidés, découpés méticuleusement. Il y a même un crâne rutilant qui a été retrouvé. Et ça, pour les enquêteurs, c'est évident que c'est parce qu'il l'a mis à bouillir dans une grande casserole. Tout propre.
- Speaker #1
Un trophée, ça.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Mais un trophée qui était disséminé dans plein d'endroits de l'appartement. Enfin, c'était vraiment... Ils ont retrouvé des morceaux de corps partout. Concernant les corps des 12 ou 13 autres victimes dont il parlait, Hachin, là, par contre, qu'est-ce qu'il va confier ? Tu te rappelles, ça a une autre adresse. Il va confier les avoir brûlés. cette fois-ci, puis enterré dans le jardin collectif de son appartement précédent, donc au 195 Melrose Avenue.
- Speaker #1
Donc là, il y avait soit un barbecue dans le jardin, mais enfin, ce n'est pas discret, soit une cheminée.
- Speaker #0
Non, il faisait carrément un feu, tu vois.
- Speaker #1
Mais un feu, un feu, et en appart.
- Speaker #0
Oui, mais je viens de te dire, il y avait un jardin collectif.
- Speaker #1
C'est vachement visible dans un jardin collectif.
- Speaker #0
C'est ça qui est incroyable dans cette histoire.
- Speaker #1
La l'odeur.
- Speaker #0
C'est ça. Tu sais, j'ai pensé à ça aussi. Je me suis dit, quand tu fais cramer de la... d'un cher humain.
- Speaker #1
Excuse-moi, mais quand tu fais un barbecue, pardon pour l'exemple, mais tu sens bien que ça... Quand tes voisins font des barbecues, tu le sens bien quand même.
- Speaker #0
Oui, ça sent la viande grillée. Surtout que là, c'était des cadavres en décomposition. Donc ça, c'est un mystère pour moi. On va en reparler. Pardon,
- Speaker #1
il n'y avait pas une grosse chaudière commune dans ces immeubles-là.
- Speaker #0
Non, non, non, il faisait tout cramer dehors dans le jardin. Ok.
- Speaker #1
En plein cœur de Londres ?
- Speaker #0
En plein cœur de Londres. Et il a été...
- Speaker #1
Mais il se fait un brasier...
- Speaker #0
Régulier ! Parce qu'il faut voir le nombre de victimes quand même.
- Speaker #1
Ouais, ça j'ai du mal à avaler mais...
- Speaker #0
C'est vrai, c'est la triste vérité. Là par contre au Melrose Avenue, c'est un peu le même genre de maison que la maison de Cronley Gardens. Mais par contre là il vivait au rez-de-chaussée, Nielsen, il ne vivait pas dans les combles. Et le fait qu'il habite au rez-de-chaussée, ça lui a permis pendant un temps de cacher les cadavres sous son plancher. Mais comme il va l'avouer lui-même, au bout d'un moment, il y avait l'odeur et il y avait les asticots.
- Speaker #1
Oui, puis les nuisibles, les rats.
- Speaker #0
Et surtout, il n'y avait plus de place. Au bout d'un moment, il avait tellement entassé les cadavres sous le plancher qu'il n'y avait plus de place.
- Speaker #1
Monsieur manquait de stock.
- Speaker #0
Et c'est à ce moment-là qu'il a dû trouver une autre solution et qu'il s'est mis à brûler les cadavres dans le jardin. Et l'une des voisines, H, d'ailleurs, de la maison, elle se rappelle de ces grands feux qu'il faisait la nuit. Parce qu'à chaque fois, elle travaillait le soir et elle tombait sur lui.
- Speaker #1
Mais personne ne se posait de questions.
- Speaker #0
Personne n'a signalé ces feux. D'ailleurs, c'est totalement illégal de faire des feux comme ça. Et elle s'est dit, il brûle les déchets. Voilà.
- Speaker #1
Non, mais tu as raison, c'est totalement interdit. Moi qui possède une maison avec jardin... Je n'ai pas le droit, par exemple, quand je coupe du bois et compagnie...
- Speaker #0
Tu n'as pas le droit de brûler des corps dans ton jardin ?
- Speaker #1
Non, on ne peut plus rien faire. Non, mais tu vois, du bois que tu viens de couper dans le jardin, les haies et compagnie, tu ne peux plus rien faire brûler. Par mesure de sécurité, évidemment.
- Speaker #0
Dans le cœur de Londres, imagine. Donc, ça n'a même pas été signalé. Ensuite, Hache, je vais te présenter Karen Hunt, qui était une toute jeune policière à l'époque. Je pense qu'elle devait avoir à peu près l'âge de ta fille.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Elle commençait sa carrière. Et elle se souvient de cette affaire traumatisante comme si c'était hier. Parce qu'elle et d'autres collègues ont été réquisitionnés en urgence pour fouiller le jardin du Melrose Avenue. Quand Nielsen a avoué qu'il les avait enterrés là-dedans.
- Speaker #1
Toutes les équipes, évidemment.
- Speaker #0
On lui a donné à Karen une salopette verte, une fourche, et on lui a dit, allez, vous creusez.
- Speaker #1
Comment bien débuter sa carrière.
- Speaker #0
C'est ça. Sauf que le sol du jardin était gelé. par le givre est très très dur. Donc après une longue première journée de travail, l'équipe d'excavation est rentrée bredouille. Et Karen a dit à l'époque mais c'est pas possible, on va mettre un an pour creuser ce jardin quoi. Et ben non ! Parce que les jours suivants, Karen raconte que tout s'est accéléré. Sur une partie du jardin, ils ont commencé à trouver un ossement humain, puis deux, puis trois, puis des centaines H. À un moment, elle se rappelle d'ailleurs que quelqu'un trouvait un ossement toutes les deux-trois minutes. Affolant. Je vais te montrer.
- Speaker #1
Moi, il devait y avoir du monde.
- Speaker #0
Je vais te montrer d'ailleurs une photo du chantier d'excavation de fouilles, si on peut appeler ça comme ça.
- Speaker #1
Oui. Alors, ce jardin. Ils ont monté une sorte de...
- Speaker #0
Ils ont monté une bâche, bien sûr.
- Speaker #1
Une tente, oui, une tente bâchée. Oui, on se croirait sur un chantier... Comment ça s'appelle ?
- Speaker #0
Chéologique.
- Speaker #1
Chéologique, oui. Ils ont délimité des carrés. Ils fouillent centimètres par centimètres. Un, deux, trois, quatre, cinq, six. Ils sont six ou sept à fouiller. gigantesque. Alors, comment ça se fait que le coup du feu, moi, tous les soirs dans le jardin, ça, ça...
- Speaker #0
Et aussi, comme tu dis, moi, je me dis, c'est un jardin collectif dans le cœur de Londres. Le mec, il les a brûlés et après, il a enterré les ossements. Mais il y avait forcément des gens qui l'ont vu creuser.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Là, c'est ça que je comprends pas.
- Speaker #1
Mais il n'est pas que toutes les fenêtres de cet immeuble donnent côté rue.
- Speaker #0
Non, mais peut-être que c'est les fenêtres des toilettes ou des salles de bain qui donnent de l'autre côté. Je sais pas, c'est un mystère pour moi. Maintenant H, on va passer aux victimes. même s'il y en a trop pour que je te détaille chacune de leur histoire. Et ce que je tiens aussi à préciser, c'est que la police a fait un travail remarquable pour remonter la piste des victimes et essayer de tous les identifier. Parce que, comme le disait le lieutenant dont je parlais tout à l'heure, il disait que c'est courant que dans ce genre d'affaires, on a une victime et qu'on essaye de remonter au meurtrier. Là, c'est l'inverse. On a un meurtrier et des victimes inconnues. Donc, ce n'est pas le même travail de recherche.
- Speaker #1
C'est l'enquête inversée.
- Speaker #0
On revient un peu en arrière, H, pour que je te parle de deux victimes. On revient aux premières analyses médico-légales de Cronley Garden. Eureka H, elles ont tout de suite permis une identification. Parce que dans une boîte enveloppée de papier journal, les enquêteurs ont trouvé un avant-bras et une main. Et ils ont vérifié les empreintes digitales de cette main.
- Speaker #1
Ah, donc ce n'était pas uniquement les os, c'était l'état de tourissement encore ? Donc c'était très récent ?
- Speaker #0
Celle-là était très récente. Ce corps-là était... La main était encore en état...
- Speaker #1
Le monsieur se fait des papiers cadeaux.
- Speaker #0
Oui, c'est des petits paquets. C'est une histoire de dingue. Il rangeait ça un peu... C'est d'archives.
- Speaker #1
Mais alors quand tu parles de boîtes comme ça, bien emballées, est-ce qu'on sait s'il y en a eu pour chacune des victimes ? Parce que ça a l'air très symbolique tout ça. Je garde, comme je viens de te le dire, un trophée. Il y a déjà eu le crâne. Maintenant, on trouve une main bien emballée avec un bras, tu m'as dit ?
- Speaker #0
Oui. Non, il finissait dans tous les cas par s'en débarrasser, d'une manière ou d'une autre. Mais en effet, comme tu dis, le fait de conserver déjà aussi longtemps les corps, il y a bien quelque chose derrière. C'est qu'il ne voulait pas s'en séparer.
- Speaker #1
Il ne pouvait pas forcément s'en séparer non plus.
- Speaker #0
Donc, comme je te disais, cet avant-bras et cette grâce à la main, ils prennent l'empreinte digitale de cette... de cette main découpée.
- Speaker #1
C'est morbide.
- Speaker #0
Oui, c'est affreux. Quel métier quand même. Moi, je leur laisse. Et écoute, qu'est-ce qui s'est passé ? Hache, cette empreinte a matché dans leur base de données. Parce que je rappelle que dans les années 80, les empreintes digitales, c'est à peu près tout ce qu'ils avaient pour identifier. Donc, c'est rare que ça matche. Et cette première identification, c'est celle du jeune Stephen Sinclair qui a été identifié parce qu'il avait un casier judiciaire. pour des petits délits. Personne, par contre, n'avait signalé sa disparition, comme je te le disais tout à l'heure.
- Speaker #1
Il avait de la famille ?
- Speaker #0
Oui et non.
- Speaker #1
Oui et non, d'accord, c'est clair.
- Speaker #0
Non, mais tu vas comprendre. Steven est écossais, et pour ce jeune homme de 20 ans qui a été placé en famille d'accueil toute sa vie, donc tu as ta réponse, et pour lui, la ville londonienne était pleine de promesses. Parce que c'est l'époque où Londres était rêvée comme une ville vibrante, culturelle, ouverte d'esprit. Mais Steven va vite déchanter et se rendre compte que c'est loin d'être aussi simple. Tu sais,
- Speaker #1
pour te couper, quand j'avais 15 ans, la première fois qu'on m'a amené à Paris, c'était Disneyland. C'était génial. Les boutiques, les disquaires, la Fnac. En Bretagne, il n'y avait pas de Fnac. Et puis voilà, toutes ces boutiques de fringues, les friperies, comme à Londres, qui vendaient encore à l'époque des fringues au kilo, pour un ado. Enfin, c'était génial. Ensuite, j'ai habité 15 ans là-bas.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et je ne veux plus y aller.
- Speaker #0
C'est ça. En fait, à l'époque, il y avait toute une... Une espèce d'utopie autour des grandes villes. C'était genre tout est possible.
- Speaker #1
Quand tu es jeune et que tu habites une petite ville de province.
- Speaker #0
C'est ça, ça fait rêver. Sauf qu'arrivé sur place, Stephen n'arrive pas à trouver du travail ni à se loger. Et il va commencer son aventure londonienne dans la rue malheureusement. Parce qu'il faut rappeler aussi que les années 80, c'est une grosse crise économique au Royaume-Uni. Et le taux de chômage était hyper élevé. Selon les aveux de Nielsen. Steven et lui se sont rencontrés dans un pub le 26 janvier 1983. Un pub du West End qui était fréquenté par des hommes gays qui cherchaient à y faire des rencontres. Nielsen a avoué lui-même être donc homosexuel aux enquêteurs, sans pour autant avoir fait de coming out public. Parce que, encore une fois, il faut imaginer que dans les années 80, même si la pop culture, comme tu en parlais tout à l'heure, commençait à créer ses propres icônes gays,
- Speaker #1
Oui, il y avait des mouvements qui se font après.
- Speaker #0
La réalité, le quotidien, était un tout autre son de cloche. L'Angleterre était encore très majoritairement conservatrice et assumer son homosexualité était loin d'être sans conséquences. Ce soir-là, H, Steven a dit à Nielsen qu'il n'avait rien mangé de la journée, le pauvre. Il était affamé.
- Speaker #1
J'aime bien parce que le mec, il n'a rien à bouffer, il dort dehors, mais il a du fric pour aller au pub. Ça me fait toujours marrer, ça.
- Speaker #0
Tu sais, à l'époque, tu te faisais peut-être plus facilement offrir une bière ou je ne sais pas. Et puis tu sais, encore une fois, on ne va pas parler de ça, mais quand tu es dans un tel état de mal-être, des fois le peu d'argent que tu as en poche, tu n'as pas envie de t'acheter un sandwich. Tu es malheureux. Nielsen va le ramener chez lui. Voilà sa stratégie. Lui donner le nourrir. Lui faire une omelette, je crois. Oui, c'est ça. Il va le faire beaucoup boire, puis il va l'étrangler avec ce qu'il a trouvé. Donc là, c'était une cravate. Mais pour d'autres de ses crimes, c'était le cordon de son casque, de ses écouteurs. Sinclair H. était la dernière victime de Nielsen. Voilà pourquoi, dans l'appartement, c'est...
- Speaker #1
C'est encore à peu près conservé.
- Speaker #0
C'est encore à peu près conservé. On va faire maintenant un bond en arrière pour parler d'une autre de ses victimes. Nielsen a croisé la route de Graham en juin
- Speaker #1
1982. Graham,
- Speaker #0
oui. Graham, c'est un père de famille de 27 ans. mais qui, malheureusement, s'est éloigné de sa famille, qu'il ne voit plus, parce que la drogue l'a rattrapé.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est un addict. Un soir, le pauvre Graham, il essaye de prendre un taxi, mais il est tellement défoncé qu'il titube, et aucun taxi ne s'arrête pour le prendre, évidemment. Encore une fois, les années 80 aussi, la drogue à Londres, c'était quelque chose. Nielsen, il va voir cet homme vulnérable, évidemment, en tant que prédateur. Il va l'aborder et lui proposer de le ramener chez lui. Une fois arrivé dans l'appartement de Nielsen...
- Speaker #1
Il lui fait une omelette ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Non, sérieux ?
- Speaker #0
Si, si. Il lui fait une omelette, il passe derrière lui et il l'étrangle. Même schéma. Même schéma. C'est toujours le même schéma. Jusqu'à le tuer. Ensuite, et là, attention...
- Speaker #1
Il a un problème avec les oeufs, ce mec.
- Speaker #0
Non, mais je crois qu'il n'y a que deux fois où il a fait des omelettes. Mais encore une fois, tu vois, c'était vraiment des stratégies de gros prédateurs. Viens chez moi, je vais te...
- Speaker #1
Je vais t'aider.
- Speaker #0
Je vais t'aider, je vais te donner à boire, on va écouter de la musique, on va manger, etc. Donc maintenant, ça va être choquant, encore plus choquant, ce que je vais te raconter. Puisque après avoir tué Graham, donc étranglé Graham, il assit le corps de Graham sur une chaise sur laquelle il va rester pendant 48 heures.
- Speaker #1
Ah, ça lui fait son petit copain avec qui discuter. Petite présence à la maison.
- Speaker #0
C'est exactement ça.
- Speaker #1
C'est carrément morbide.
- Speaker #0
Oui. Nilsson rentre le soir du travail de son petit job center et il retrouve le corps de Graham complètement ready sur le fauteuil du salon qu'il attend. Il regarde la télé avec lui d'ailleurs. Le troisième soir, Nilsson rentre du travail et là, il a quand même envie qu'il se passe quelque chose. Il déshabille le corps de Graham qui devait tout figer et qui devait commencer à bien se décomposer. Il le met debout devant le miroir de sa coiffeuse En le tenant par derrière.
- Speaker #1
Parce qu'un corps depuis trois jours qui est assis au décoing, pour allonger les jambes, il n'a pas à mettre debout.
- Speaker #0
Oui, après tu sais la raideur cadavérique, elle ne dure pas longtemps. Il le met tout nu devant le miroir de la coiffeuse. Lui se tient par derrière pour le tenir. Il le couvre. Il couvre son corps de talc pour accentuer la blancheur. Et il se masturbe sur lui.
- Speaker #1
Bon ?
- Speaker #0
Voilà. Voilà, voilà.
- Speaker #1
Oui, voilà, voilà.
- Speaker #0
Ensuite, il va disséquer son corps et voilà, tu connais la suite.
- Speaker #1
Gros problème ce mec, il a des gros gros problèmes.
- Speaker #0
C'est un gros psychopathe. Sa mise en scène H sexualisée des corps face à un miroir, il va la reproduire sur beaucoup d'autres de ses victimes. C'est son fantasme. Ce qu'il aimait c'était aussi s'allonger à côté des corps de ses victimes et se masturber en leur présence.
- Speaker #1
Donc ce qu'il fallait c'est que... Il n'y a pas eu de viol, il n'y a pas eu de rapport sexuel, il n'y a rien eu. Il fallait que la personne soit tout à fait docile et donc morte.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Il fallait un cadavre.
- Speaker #1
Oui, une poupée.
- Speaker #0
Oui, il dira jusqu'au bout qu'il n'y a jamais eu aucune pénétration post-mortem. Mais qu'il avouera s'être masturbé sur les corps bien longtemps après leur mort d'ailleurs. Donc ça c'est son fantasme. En effet, tu auras compris, le corps d'un jeune homme nu, maigre. inerte, comme tu disais, vulnérable. Mort, quoi. D'ailleurs...
- Speaker #1
Ça reste au final un objet du désir.
- Speaker #0
Oui. D'ailleurs, il racontera avoir eu plus jeune de nombreuses séances de masturbation devant la peinture Le Radeau de la Méduse.
- Speaker #1
Ah bon ?
- Speaker #0
Est-ce que tu vois cette peinture ?
- Speaker #1
Tout à fait, Le Radeau de la Méduse.
- Speaker #0
Je vais te montrer une photo. Vous pouvez regarder en description de l'épisode.
- Speaker #1
C'est bon, je m'en souviens. Tu peux laisser. Je vois tout à fait.
- Speaker #0
Mais en fait, sur cette peinture, on voit un homme ayant posé son bras sur le cadavre d'un jeune homme mort-noyé. Je ne me rappelle plus l'histoire de cette peinture. Donc, on voit deux cadavres de jeunes hommes, très blancs, etc. Et ça, c'est le gros fantasme de Nielsen.
- Speaker #1
Ça a commencé très jeune.
- Speaker #0
Oui. Donc voilà, tu l'auras compris, Hache, le profil des victimes de Nielsen n'était évidemment pas choisi au hasard. Il les savait vulnérables à la rue, en manque de drogue. parfois maigres, affamés, malheureux et rejetés par la société. La plupart d'ailleurs étaient des fugueurs de moins de 30 ans, rejetés par leur propre famille. Donc on ne cherchait pas tellement à les retrouver. Certains étaient gays, d'autres non. Certains étaient toxicomanes, certains étaient prostituées. Mais tous étaient des jeunes hommes de passage dans cette ville qui les avait avalés tout cru.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que je veux dire.
- Speaker #0
Nielsen savait pertinemment qu'il pouvait facilement faire disparaître ces pauvres jeunes hommes. dit marginaux, sans que personne ne s'en rende compte, sans que le monde s'arrête de tourner finalement. Parlons de lui maintenant, H. Nielsen. En apparence, je vais te montrer des photos, c'est un gars banal, vraiment. Physique banale, 37 ans au moment de son arrestation, vie normale, job normal, fonctionnaire. Il a deux perruches qu'il adore, qu'il a appelées amies chez Twittles. Alors là, il est complètement à fond sur ses perruches. Le mec, banal quoi. Et lors du premier jour de sa comparution au tribunal, soit deux jours à peine après son arrestation, Le Royaume-Uni, stupéfait, découvre un profil tellement différent du mec monstrueux à l'apparence sinistre que tout le monde imaginait. Comme tu me disais.
- Speaker #1
Bien sûr, oui.
- Speaker #0
Et pire que tout, Ash, je vais te montrer les photos mais je te donne cette info maintenant. Pire que tout, on apprend que Nielsen, surnommé le tueur gay par les torchons à la mode de l'époque.
- Speaker #1
Ça existe encore.
- Speaker #0
Est un ancien policier. Je te montre les photos et on va parler de tout ça juste après. Donc ça, c'est sa tête au moment de sa comparution au tribunal.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Le mec banal, quoi.
- Speaker #1
Banal, mais bon... Il a un drôle de regard sur la photo.
- Speaker #0
Oui, il y a une autre photo où on le voit plus jeune.
- Speaker #1
C'est là ?
- Speaker #0
Oui, c'est lui en fait. C'est lui à trois époques. Petit,
- Speaker #1
petit, bon, ça reste un enfant.
- Speaker #0
Regard sombre, je trouve,
- Speaker #1
oui. Oui, oui, il a un... Oh là, pareil. Moi, c'est un genre de regard que je n'aime pas. Ce n'est pas un regard franc. Je sens qu'il y a un petit peu de haine là-dedans. Un truc que je n'aime pas.
- Speaker #0
Parce que tu sais qui c'est. Si je t'avais dit que c'était une de ses victimes, par exemple, tu n'aurais peut-être pas eu le même ressenti. Je ne sais pas. Ensuite, j'ai une autre photo qui est un peu spéciale. C'est Nielsen dans la prison.
- Speaker #1
Le même en slip.
- Speaker #0
Parce qu'il s'est fait un trip au cannabis. Et il s'est fait un grand trip dans sa cellule.
- Speaker #1
Alors, il est en slip et en marcel. Le marcel, tout le monde sait ce que c'est. Un t-shirt sur manche, là.
- Speaker #0
Et il a une espèce de synthétiseur, là.
- Speaker #1
Oui, un clavier qui est posé par terre. Il est en prison, là ?
- Speaker #0
Oui, il a une belle cellule.
- Speaker #1
Ça va, il y a de la moquette et tout. Bon, oui, OK. Enfin, il est en train de délirer. C'est une espèce de danse, là, je ne sais pas.
- Speaker #0
Oui, il est en plein trip, là. Donc, voilà, il est en pleine... Il avait réussi à se procurer du cannabis dans sa cellule, là. Il n'était pas compliqué. à l'époque.
- Speaker #1
Toujours maintenant.
- Speaker #0
Oui, t'as pas tort. Qu'est-ce qu'on... De quoi on se rend compte qu'il était flic, ce Nielsen ? Et là, on va passer dans une toute autre dimension parce qu'on découvre que ce qui s'est passé, tout ce qui s'est passé là, aurait pu être évité. Je vais t'expliquer pourquoi. Ses collègues policiers se souviennent de lui comme un type discret, assez timide, qui regardait pas trop les gens dans les yeux, très solitaire. Il a rapidement démissionné parce qu'il s'est retrouvé au cœur d'une enquête pour agression. Et quand on y pense, c'est un sacré red flag quand on sait le tueur qu'il allait devenir les mois et les années suivantes.
- Speaker #1
Tu penses qu'il y a eu un petit déclenchement ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Peut-être qu'il travaillait dans la police ?
- Speaker #0
Non, pas du tout. Je pense que non, non. Simplement, il s'est loupé. Il a essayé de tuer quelqu'un une première fois, il s'est loupé. Et le problème, c'est que la police s'en est rendu compte, mais il ne s'est rien passé de plus.
- Speaker #1
Quand il était policier, il a essayé de tuer quelqu'un, il s'est loupé, et là ? Il y a eu enquête ?
- Speaker #0
Malheureusement, ça n'a pas abouti.
- Speaker #1
Il n'a pas fait de taule ?
- Speaker #0
Non, pas du tout.
- Speaker #1
Donc il a démissionné de la police ?
- Speaker #0
Oui, parce que forcément, il allait être viré.
- Speaker #1
Il avait des soucis, d'accord, j'ai compris.
- Speaker #0
Je suis désolée si je n'ai pas été très claire. Cette agression à Hache, je vais t'en parler, elle s'est déroutelée chez Nielsen. Un soir, il a ramené un très jeune homme chez lui, après avoir bu avec lui, comme d'hab, dans un pub. Et c'est un jeune homme, comme d'habitude... Enfin là, c'est son premier, mais dans son profil. Maigre, pâle, fatigué, dénutri, tu vois. Et le jeune homme, alors ils ont écouté de la musique, bu, etc. Le jeune homme s'est endormi. Et lorsqu'il s'est réveillé, il s'est rendu compte qu'il était complètement nu. Et au moment où il a ouvert les yeux, il a vu qu'il était nu, il a levé la tête et il a vu Nielsen foncer sur lui. Donc là, il a eu un super instinct de survie. Enfin, c'est drôle de faire ça, mais en tout cas... Je pense que c'est son instinct de survie qui l'a incité à faire ça. Il s'est levé du lit, il est parti à fond en courant vers la fenêtre et il a sauté. Il a sauté par la fenêtre. C'est la seule solution qu'il a trouvée sur le moment pour échapper à
- Speaker #1
Nielsen. C'est son réveil qui l'a sauvé celui-là.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. Il s'est retrouvé ensuite à l'hôpital, ce pauvre jeune homme, avec plus de 100 points de suture. Mais vu qu'il était policier, Nielsen connaissait parfaitement la loi. Et il savait... que pour l'instant, il n'y avait aucune preuve pour l'inculper.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Lui, il a dit, écoutez... Parce qu'il s'est fait arrêter, Nielsen, évidemment.
- Speaker #1
Il a trop bu hier soir, il s'est mis à poil, il s'est endormi sur le lac.
- Speaker #0
Voilà, il s'est jeté par la fenêtre, j'ai rien compris. Les enquêteurs vont ensuite se rendre compte que le jeune homme mineur était en fugue et avait été signalé disparu par ses parents.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
De là, ils vont contacter ses parents pour les convaincre d'aller au tribunal pour porter plainte. De dire, mais il faut que ce jeune homme raconte ce qui s'est passé avant. Il y a forcément des éléments. dans la soirée précédente, qui pourrait incriminer Nilsson. Mais ses parents refusent. Le jeune homme est mineur, ses parents ne veulent pas.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Pourquoi ? Parce qu'ils ne veulent pas que les choix de vie et surtout l'orientation amoureuse de leur fils soient rendus publics. Ils ont honte en fait.
- Speaker #1
Ah voilà, ils ont honte, tout simplement.
- Speaker #0
C'est comme ça qu'était la société, malheureusement.
- Speaker #1
Il ne fallait pas que ça se sache.
- Speaker #0
Non. Donc là c'est quand même hyper frustrant parce que s'il était allé au tribunal, peut-être que Nilsson aurait été vraiment signalé. Et ce serait vraiment tenu à carreau.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
S'il avait une condamnation.
- Speaker #1
Ou au moins, je ne sais pas, moins de victimes.
- Speaker #0
Oui. Et d'ailleurs, sur l'entête de ce dossier judiciaire, l'enquêteur qui était en charge de l'affaire a écrit, à mon avis, en parlant de Nielsen, cet homme est un vrai psychopathe. Pour autant, tu vois, le dossier a été archivé.
- Speaker #1
Il a quand même eu chaud aux fesses.
- Speaker #0
Là, il a eu très chaud aux fesses. Encore une fois, il était flic, donc il savait très bien. qu'en plus, ces victimes étaient vulnérables. Elles n'allaient pas forcément aller jusqu'au tribunal. Donc, il savait très bien ce qu'il faisait. Nielsen Hache, maintenant je vais te parler à nouveau de lui, n'a pas eu peur de se qualifier du meurtrier du siècle. Tu vois l'ego ? Oui. Mais il est aussi plein de paradoxes et de provocations parce que figure-toi qu'on a eu toutes ces informations-là grâce à des enregistrements qu'il a faits en prison. Il a tout raconté en prison, en plus des aveux qu'il a faits à la police. Il a tout raconté dans les détails en prison. Et ensuite, il a écrit son autobiographie. Ah ben voilà,
- Speaker #1
je m'en doutais. Ça, c'est le genre d'ordure. Non seulement il tue, enfin peu importe. Mais en plus, à la fin, il se fait avoir, mais il lui faut les lauriers.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Je suis la superstar du crime. Faire une autobiographie avec Dubol, enfin un film sur moi, voire un podcast en France.
- Speaker #0
C'est exactement ce qu'il a dit. Il a dit sûrement encore des films et des séries. qui parleront de moi. Et, pour ce point-là, il avait raison. Donc, c'est un peu paradoxal tout ça, parce que il a ce côté provocation, mais dans ses enregistrements aussi, parce que dans le documentaire Netflix, c'est glaçant, on entend tous ses enregistrements, enfin, une grosse partie. Ben, écoute, il critique aussi la société et les médias, tu vois ? Il se permet ça. Il va dire, oui, ben, les médias me dépeignent comme un monstre, un grand méchant du cinéma, un tueur sanguinaire. C'est la société qui fantasme le personnage que je ne suis pas, etc.
- Speaker #1
Oui, et puis de toute façon, c'est la société qui a fait de moi ce que je suis devenu.
- Speaker #0
Voilà, exactement. C'est ça, il cherchait finalement un grand coupable. Et je ne sais pas pour toi, Ash, mais moi, ce que je vois, ce que j'ai eu comme ressenti après ce documentaire, c'est que c'est un homme qui cherche désespérément à attirer l'attention sur lui et à provoquer. Il veut intriguer, perturber, déranger. Le tout avec une indifférence qui est déconcertante vis-à-vis de ses victimes. vis-à-vis des proches de ses victimes et de son prochain en général. Il n'y a que lui, lui et lui.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et dans les extraits, je vous invite, si vous avez Netflix, à les écouter. On l'entend vraiment parler. Et ce qui me dérangeait vraiment quand je l'écoutais parler, c'est qu'on a vraiment l'impression qu'il se régale à raconter tout ça.
- Speaker #1
Tu as le nom du documentaire en tête ou pas ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Non ?
- Speaker #0
Je vous le mettrai en ton son. Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Je reprends ça aussi.
- Speaker #0
On l'entend se régaler. Déjà, il s'écoute parler. tu vois, on l'entend, il s'écoute parler il se régale, il est content de raconter tout ça parce que finalement sa vie et ce qu'il a fait on a la sensation qu'il en est fier donc moi contrairement à ce qu'il essaye de faire croire là avec son autobiographie et toute son histoire, c'est que moi je vois pas un homme qui a une histoire intéressante à raconter je vois pas un homme qui réfléchit qui analyse, qui critique la société qui soulève des questions pertinentes je vois pas ça, je vois pas un monstre diabolique non plus parce que ça Ça serait trop le flatter. Moi, je vois qu'un égo détraqué, une âme sombre et malade, incapable d'empathie.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Oui, mais comme la plupart des tours en série.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Alors lui...
- Speaker #1
Il y a une émission d'ailleurs en ce moment qui passe. Ne me demande pas sur quelle chaîne, en France. où il y a pas mal de tueurs ou de grands gangsters qui sont interviewés dans leurs cellules.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ils en font limite une télé-réalité, quoi.
- Speaker #0
Ah ouais ? Moi, je peux pas.
- Speaker #1
Donc les gars aiment se mettre en avant et voilà, comme je disais, ils ont leur palmarès. Ils sont fiers, c'est un peu leur CV, quoi.
- Speaker #0
C'est ça. C'est pour ça que je te parlais d'un débordement d'égo, vraiment. Ça me fait penser à ça. Je vois un tueur sadique et nécrophile, on va pas se mentir, il était nécrophile, qui a détruit des vies. Et qui aurait continué à le faire, d'ailleurs, dans l'indifférence générale. Hache, s'il n'avait pas bouché ses toilettes avec des corps.
- Speaker #1
Ça part de peu de choses.
- Speaker #0
En fait, comme le dit la policière dans le documentaire, s'il n'avait pas dérangé sa coriété, il aurait pu continuer comme ça.
- Speaker #1
Pour ça, il faut vivre dans une maison comme ça, tout seul.
- Speaker #0
Comme ça, tu peux boucher tranquillement tes canalisations.
- Speaker #1
C'est toi le plombier de toute façon.
- Speaker #0
Pour résumer grossièrement Hache, j'avais envie de te dire que finalement, s'il n'avait pas empêché ses voisins de tirer la chasse, il s'en serait peut-être sorti, il aurait pu être tué d'autres personnes.
- Speaker #1
Il l'a encore, oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et pour conclure, je vais te citer, parce que c'était trop long, je ne pouvais pas te parler de toutes les victimes en tout cas. Il y en a eu malheureusement que sept qui ont été identifiées. Donc il en manque à peu près 8, si on écoute. Et puis par rapport aussi au nombre d'ossements qui ont été trouvés. Et donc je vais te lister les noms de ces victimes ainsi que leur âge. Il reste encore des ingonnus à ce jour et j'espère que les avancées ADN permettront, encore une fois, en dissouvant ça dans le cactus, un jour...
- Speaker #1
De retrouver la trace.
- Speaker #0
De leur redonner un visage, un nom et une vie à ces pauvres garçons. Donc comme tu le sais, nous avions Steven Sinclair, il avait 20 ans.
- Speaker #1
Pauvre gamin.
- Speaker #0
Graham Allen, 27 ans. John Ouellet, 27 ans. Malcolm Barlow, 23 ans. William Sutherland, 26 ans. Ken Okenden, 23 ans. Et enfin le pauvre Martin Duffy qui avait 16 ans.
- Speaker #1
Quel enfoiré. Pas Martin évidemment.
- Speaker #0
Le 4 novembre 1983, Hache, après avoir plaidé non coupable en plus, tu vois l'affront ? Nielsen va être condamné à la prison à vie avec une période de sûreté de 25 ans.
- Speaker #1
C'est pas cher payé hein... 25 ans il pourrait être libéré pour bonne conduite avec un traitement enfin je ne sais pas.
- Speaker #0
Alors en général ces périodes sont renouvelées fin tu vois c'est c'est rare qu'il les fasse ce genre de profil c'est rare qui ressorte donc en général voilà faut pas trop s'attacher à ça. De toute façon H il est mort le 10 mai 2018 d'un anévrisme de la horte.
- Speaker #1
Ouais...
- Speaker #0
Il avait 72 ans.
- Speaker #1
Je ne vais pas le pleurer.
- Speaker #0
Non, il ne va pas manquer à la société. Cette histoire, si ça vous intéresse, a été adaptée en mini-série. La série s'appelle Death, parce que Death c'est le surnom que les collègues de travail lui donnaient. Que ses collègues de travail lui donnaient. C'est une série qui a été produite par ITV, qui est sortie en 2022, et qui interprète Nielsen Hache, le fabuleux David Tenant.
- Speaker #1
Ah !
- Speaker #0
Docteur Ouf.
- Speaker #1
Oui, oui, j'adore.
- Speaker #0
Et franchement, il est bluffant. Enfin, je n'ai pas vu la série, j'ai vu que des extraits et des images et il est bluffant. J'adore cet acteur. Voilà pour cette histoire. Je n'ai pas eu envie d'approfondir parce qu'évidemment, tu te doutes que dans le documentaire et dans son autobiographie, Nilsson parle aussi beaucoup de son enfance et de ce qui peut être la...
- Speaker #1
Le déclencheur, tout ça.
- Speaker #0
On se rend compte... Donc, il est écossais. Je ne sais plus si je l'avais dit. Il vient à Berdine. On se rend compte, brièvement, je te le dis, C'était un enfant ce qu'on appelait "bâtard". Le père était parti et n'était pas le mari de sa mère. On se rend compte que sa mère était, enfin il la décrit comme une femme très froide, autoritaire, glaçante qui ne lui manifestait aucune attention. Il était très proche de son grand-père. Lorsque son grand-père est décédé, il a vu son corps froid, blanc. exposé...
- Speaker #1
Oui, c'est peut-être ce qui a amorcé tout ça par la suite.
- Speaker #0
Alors voilà, donc ce corps-là, ça l'a beaucoup perturbé, de voir ce corps-là. Et après, en tout cas dans le documentaire, il raconte que il a eu des souvenirs qui lui sont remontés et qu'il a été abusé par ce grand-père.
- Speaker #1
Ah !
- Speaker #0
Dans un bunker. Après, comme disent les enquêteurs, on saura jamais si c'est fantasmé ou si c'est la réalité.
- Speaker #1
Oui, voilà.
- Speaker #0
Et il y a un enquêteur qui va dire d'ailleurs... On a un peu l'impression... Que c'est un mensonge et que c'est pour essayer de toucher un méchant encore plus méchant que lui.
- Speaker #1
Oui, puis c'est pour enjoliver son histoire, son autobiographie.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Il donne des détails croustillants, soi-disant, pour justifier et puis enjoliver son histoire.
- Speaker #0
Justifier ses actes. Après, encore une fois, on ne sait pas. Ça s'est peut-être produit.
- Speaker #1
C'est possible.
- Speaker #0
En tout cas, ce ne serait pas le premier tueur dont on se rend compte qu'il a été abusé dans l'enfance.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais encore une fois, ça ne justifie absolument pas l'horreur de toutes les atrocités qu'il a commises.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Voilà, Hache, cet épisode est terminé.
- Speaker #1
Bon, ben écoute... Comment tu te sens ? Non mais pour une fois, il y a une fin.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je te remercie d'ailleurs, ça va m'éviter de gamberger pendant 24 heures.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Comment je me sens ? Ben écoute, je suis dégoûté parce que quand je vois l'âge de ces petits gamins-là qui, comme je te disais tout à l'heure, la plupart du temps viennent de provinces ou de petites banlieues, qui arrivent dans la grande ville pour vivre une nouvelle vie. Et il tombe sur un type comme ça au bout de quelques semaines, et voilà où ça finit.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Donc moi le...
- Speaker #0
Puis c'est des gamins qui étaient déjà dans une sacrée détresse.
- Speaker #1
Sacrée détresse, ouais.
- Speaker #0
C'est pour ça qu'il les choisissait d'ailleurs.
- Speaker #1
Tellement lâche. C'est l'homme qui tend la main.
- Speaker #0
Ouais, c'est...
- Speaker #1
Le côté paternel.
- Speaker #0
Ouais, monstrueux.
- Speaker #1
Ouais, une fois de plus, moi c'est mes coeurs ce genre de type.
- Speaker #0
Ouais, et puis voilà, encore une fois, ce qui est désespérant, c'est l'indifférence de la société de l'époque pour ces jeunes garçons qui avaient disparu. Et comme tu dis aussi, le fait qu'il ait réussi à brûler tous ses corps en plein de ville et qu'il les a enterrés.
- Speaker #1
C'est ce truc de l'histoire qui m'interpelle. Tu me dis en plus qu'il a été policier. Il laisse des corps en putréfaction. Mais ça se sent, quoi, au bout d'un moment.
- Speaker #0
C'est ça que je comprends.
- Speaker #1
Ensuite, il brûle des corps, j'allais dire aux yeux de tout le monde, dans un jardin. Il enterre tous les restes. La vie est belle. Nicolas le jardinier, tu vois. Personne ne s'en est rendu. Ça, je trouve ça énorme, par contre.
- Speaker #0
Et en plus, tous ces hommes-là, quand ils sont allés chez lui, évidemment, avant de se faire assassiner, il devait bien avoir des odeurs si les corps étaient sous le plancher.
- Speaker #1
Mais c'est ça le truc. Ça pue un corps.
- Speaker #0
Comment t'arrives à...
- Speaker #1
Je sais que j'ai perdu quelques proches et quand t'arrives à une morgue où le corps a été préparé, malgré tout, t'as une odeur que tu n'oublieras jamais. Alors un corps, un corps non évisséré... Ça doit se sentir...
- Speaker #0
Surtout décomposé. Ça embaume l'appartement, normalement.
- Speaker #1
Alors, quand t'es un ancien policier, tu sais. Même quand t'es pas ancien policier. Tu vois ce que je veux dire ? Il avait toutes les clés, normalement, pour ne pas se faire avoir. Ce qu'il a failli faire. Mais je comprends pas un peu la bêtise qu'il a eue de laisser comme ça dans son appart des corps en putréfaction et puis d'en faire cramer d'autres à la vie de tout le monde. En fait...
- Speaker #0
Pour lui,
- Speaker #1
le plus compliqué, c'était pas de tuer les gens. C'était de s'en débarrasser.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Pour la plupart des tueurs.
- Speaker #0
J'ai entendu dire aussi, j'ai lu dans un article que certaines parties du corps, il les jetait dans un parc. Enfin voilà, il avait...
- Speaker #1
Ouais, un petit morceau par-ci, un petit morceau par-là, mais il faut que ça quitte la maison quoi.
- Speaker #0
Bah sinon ça pue trop. Mais moi je pense que c'est pas de la bêtise de sa part, c'est de l'ego chez ce genre de personnes. De toute façon, je me ferais jamais arrêter.
- Speaker #1
Tellement sûr de lui ?
- Speaker #0
Ouais, tellement sûr de lui.
- Speaker #1
Il doit y avoir un petit peu de ça aussi.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Enfin quand tu vois que tu... C'est ça en fait les mecs. Le premier, il a raté son coup. Deuxième, ça marche. Troisième, ça a marché. Quatrième, au bout d'un moment, tu prends tellement confiance en toi. C'est comme les gars qui font un petit vol au début. Tiens, j'ai volé un petit machin dans un magasin. Ça ne s'est pas vu pendant une semaine ou deux. Je recommence et puis c'est plus gros.
- Speaker #0
Il prend goût, en fait. Et ce que j'ai oublié de dire, Hache, je m'en rends compte maintenant mais c'est important, c'est que sa condamnation aussi, qui a été ferme, a été... permise, entre guillemets, grâce au témoignage de certaines de ces victimes qui ont survécu, donc qui se sont échappées, dont certainement le jeune dont je te parlais au début qui a sauté par la fenêtre. Mais un autre également qui témoigne dans le documentaire. Et ces hommes, ça a été très compliqué pour eux de témoigner parce qu'ils étaient gays et parce que clairement, à l'époque, quand tu étais gay et que tu témoignais dans un tribunal, tu étais extrêmement maltraité et malmené. y compris par les policiers, y compris par la justice et par la presse ensuite. Donc c'était extrêmement difficile et courageux pour eux d'aller témoigner, mais c'est aussi grâce à eux que Nielsen a été condamné à la perpétuité.
- Speaker #1
Moi, il m'arrive une autre pensée en tête. J'ai la liste des victimes sous les yeux que tu viens de me montrer. Je pense aussi à tous ces hommes dans les pubs qu'il a croisés un soir. « Salut, ça va ? Comment tu t'appelles ? Je t'offre un verre. » Et hop, ça ne l'a pas fait. on ne sait pas pourquoi, mais ça l'a pas fait. Mais le nombre de personnes qu'il a dû croiser qui auraient pu être des victimes potentielles...
- Speaker #0
Oui, et qui ont dû s'en rendre compte après aussi, tu sais ? Et qui ont dû se dire « je suis passée à ça » .
- Speaker #1
Ce mec-là, je l'ai connu dans un pub, il m'a dragué quoi !
- Speaker #0
Je l'ai envoyé bouler, ils sont passés à ça.
- Speaker #1
En ce sens, il y a tous ces gens-là qui sont passés à côté.
- Speaker #0
Oui, c'était pas leur heure, c'est là que tu te dis. Des fois, ça se joue à... pas grand-chose. Soyez prudents, toutes et toutes. Ah, pour finir juste, je me permets de faire une petite recommandation de podcast. Je dis tiens, de temps en temps c'est bien de faire ça. J'ai écouté il y a peu de temps le balado parce que les Québécois appellent ça balado qui s'appelle Maman arrête de mourir. Pas très joyeux. C'est produit par Radio Canada et ce balado traite de la difficile mais très importante du difficile pardon mais très important sujet des... féminicide.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et ce podcast... est traité sous l'angle spécifique des familles des victimes des féminicides. On les suit dans les mois suivant, les mois voire les années après la mort, après l'assassinat de leurs proches. C'est très touchant et en même temps, ça nous apprend beaucoup aussi sur cet angle des victimes finalement, qui elles sont et comment elles se trouvent dans cette situation-là.
- Speaker #1
Parce qu'il y a ceux malheureusement qui partent, mais il y a ceux qui restent.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et parfois pour ceux qui restent, c'est dur dur. Comment il s'appelle ce podcast, tu m'as dit déjà ?
- Speaker #0
Maman, arrête de mourir.
- Speaker #1
Maman, arrête de mourir. Ouais, ça doit être... J'ai envie de voir ça.
- Speaker #0
Ouais, et donc évidemment, on a aussi le témoignage des enfants, parce que ces femmes-là, quand elles ont été tuées, pour certaines d'entre elles, elles avaient des jeunes enfants. Et elles ont, parce que je ne parle pas au passé. Les féminicides, ça continue malheureusement tous les jours.
- Speaker #1
On continue dans l'horreur.
- Speaker #0
Ouais. Voilà, un petit podcast qui est très dur, mais qui est... Je trouve que c'est un sujet tellement important que je voulais vous le... Oui, oui.
- Speaker #1
Il ne faut pas passer à côté.
- Speaker #0
Hache ?
- Speaker #1
Oui ?
- Speaker #0
Il est temps de se laisser ?
- Speaker #1
Oui. Bon, vu qu'on est dimanche et que le KFC est fermé, je te propose de te servir un verre et de te faire une petite omelette.
- Speaker #0
Non, merci ! Je ne me serais pas à voir par toi, Hache.
- Speaker #1
Dommage.
- Speaker #0
Bon, en tout cas, on espère que vous avez passé un moment pas trop difficile, que vous avez encore de l'appétit pour la suite de la journée.
- Speaker #1
Ouais, encore une histoire horrible, mais malheureusement comme on les aime si j'ose dire, parce que c'est le côté piquant.
- Speaker #0
Oui !
- Speaker #1
Et puis l'analyse, que ce soit de l'histoire en elle-même, du tueur, les victimes, le décor, enfin tout ça, on sent que c'est du... voilà, ça pourrait être du cinéma, mais le pire c'est que c'est du vécu.
- Speaker #0
C'est du vécu, c'est vrai, t'as raison, c'est malheureusement très cinématographique comme histoire. J'aurais voulu que ça soit de la fiction, mais je vous avoue que je voulais vraiment vous raconter cette histoire, ça a été... très long et très intense. J'ai mis 6 heures à écrire cette histoire. Ça vous intéresse ? C'est quand même du boulot, cactus théorie. Et heureusement, c'est du travail qui est récompensé H, parce que j'avais oublié de te dire que nous avions eu un dernier avis. Apple Podcast, que tu vas pouvoir nous lire. On t'écoute.
- Speaker #1
Alors, c'est un petit message de Minouchka33.
- Speaker #0
Trop mignon.
- Speaker #1
Qui nous met 5 étoiles, déjà c'est sympa. Et qui en en tête pour commencer nous dit « Je suis fier d'être une cactus » .
- Speaker #0
On est fiers de t'avoir dans la team Cactus aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment sympa. Et le message, c'est fan de True Crime. J'ai eu le plaisir de découvrir votre podcast. Je l'écoute au travail et le soir. J'adore ! Avec trois petits E. Des bisous à vous deux. Eh bien, Minouchka, on t'embrasse très fort aussi. C'est super sympa.
- Speaker #0
Ouais, gros bisous. Merci pour ton avis. C'est trop gentil d'avoir pris le temps de le faire. Et tous ceux qui nous écoutent là, qui ne l'ont pas encore fait, qu'est-ce que vous attendez ?
- Speaker #1
Allez hop, au boulot !
- Speaker #0
On a aussi plein de beaux messages qu'on reçoit sur Insta. Merci aussi à nos fans sur Insta avec qui on continue à papoter. Ça fait plaisir.
- Speaker #1
On ne peut pas citer tout le monde, sinon il faudrait faire un podcast sur les coulisses du podcast.
- Speaker #0
Ça serait lassant. Ça n'a pas trop d'intérêt.
- Speaker #1
Ça arrêterait juste notre égo parce qu'on en a nous aussi finalement. On y arrive.
- Speaker #0
Il est un peu plus équilibré que certains quand même. D'ici là, on vous retrouve dans une petite quinzaine de jours. pour un nouvel épisode.
- Speaker #1
Ouais, soyez pas sages, faites comme d'habitude et puis on attend de vos nouvelles, vous aurez bientôt les nôtres.
- Speaker #0
Bah oui, parce que nous, on va se promettre aussi H au boulot pour préparer le Patreon, n'oublie pas.
- Speaker #1
Eh ouais.
- Speaker #0
Ça va arriver bientôt. On vous fait des gros bisous, H.
- Speaker #1
Allez, ciao, bisous, bisous, bye bye à tout le monde.
- Speaker #0
À bientôt H, salut.
- Speaker #1
Salut Alex.