- Speaker #0
Bienvenue sur notre podcast Cactus Théorie, je suis Alex,
- Speaker #1
je suis Hache, on va vous parler d'histoires qui ne manquent pas de piquant.
- Speaker #0
Disparitions mystérieuses, phénoménies expliquées et enquêtes épineuses. Alors si c'est votre truc, n'hésitez pas à rester avec nous et à vous abonner bien sûr. Petit avertissement pour nos auditeurs sensibles et pour le jeune public. Sachez que certaines histoires et thématiques abordées dans ce podcast peuvent être, comment dire... dérangeante. Salut les cactus !
- Speaker #1
Salut Alex, la vie est belle ?
- Speaker #0
Ouais, ça va très bien, on vient de reprendre le boulot, donc écoute, il faut s'y remettre. Et toi, ça va ?
- Speaker #1
Oui, tout pour être heureux. Petite pensée à tous ceux qui ont les pieds dans l'eau. En ce moment, je ne sais pas, évidemment, personne n'a pu rater l'épisode météo qu'on vient de se cogner.
- Speaker #0
Oui, les Français qui nous écoutent.
- Speaker #1
Donc voilà, je voulais juste penser, si jamais des cactus qui ont les pieds dans l'eau, écoutez, bon courage. Oui,
- Speaker #0
qui subissent les inondations, on pense à vous. Et on pense aussi, Hache, n'oublions pas nos amis les Québécois qui sont nombreux à nous écouter et qui, eux, se tapent pas mal de tempêtes de neige, j'ai cru comprendre.
- Speaker #1
Je suis beaucoup.
- Speaker #0
Oui. On sait que vous êtes rodé, les Québécois.
- Speaker #1
Contrairement à nous.
- Speaker #0
Contrairement aux Français qui paniquent à partir de 1 cm de neige.
- Speaker #1
1,5 cm, c'est là.
- Speaker #0
La France est bloquée. Bon, Ash, on va commencer rapidement cet épisode. Pourquoi ? Parce que ma mère m'a dit que mes introductions étaient trop longues. Qu'est-ce que t'en penses ?
- Speaker #1
Une maman, ça a toujours raison.
- Speaker #0
Ok, je ne sais pas comment je dois le prendre. Non, c'est vrai que j'ai tendance à vous faire des intros assez longues, je vous le dis à chaque fois, mais je trouve ça toujours important de contextualiser nos histoires en fait. Donc cette fois-ci, on entre directement dans le vif du sujet H. Je vais te poser une question qui va te sembler très bizarre, mais tu vas comprendre plus tard pourquoi je te la pose. Est-ce que tu penses qu'on peut être dangereux quand on dort ?
- Speaker #1
Oh putain. Je suis à deux heures. Moi, je trouve que les gens qui pètent et qui ronflent, ça peut devenir dangereux pour l'autre. Mais à part ça, j'ai du condor.
- Speaker #0
Alors, je ne faisais pas référence à ce genre de danger.
- Speaker #1
Oui, c'est bien réel. Tu parlais de somnambulisme ?
- Speaker #0
Exactement, ouais. Bravo. Franchement, tu as vite capté là. Bravo. Donc, j'enchaîne sur une autre question H, qui va être un peu plus précise. Est-ce que ça t'est déjà arrivé, je pense que je connais la réponse, de faire un rêve incroyablement violent et hyper réaliste ? Un rêve dans lequel tu te voyais faire du mal à quelqu'un et en ressentir même les sensations, comme si tu vivais vraiment la scène.
- Speaker #1
Oui, au point d'en être presque gêné au réveil.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Au point de se demander où on est.
- Speaker #0
Par exemple, ça t'est déjà arrivé de te battre et de tuer quelqu'un ?
- Speaker #1
Tuer, je ne sais pas, mais oui, des rêves un peu violents, qui ont l'air vraiment réels, oui, ça m'est arrivé.
- Speaker #0
Oui, moi aussi, ça m'arrive de temps en temps de faire ce genre de rêve, mais en général, c'est... Si je me bats, c'est parce que je me défends, je réponds à une attaque. Et ça m'est déjà arrivé de poignarder, de planter quelqu'un et d'avoir l'impression, tu vois, les sensations dégueux, quoi.
- Speaker #1
Rappelle-moi de ne pas dormir dans la meuf.
- Speaker #0
Tu m'étonnes. Et enfin, une dernière question, Hache. Est-ce que ça t'est déjà arrivé, donc, de faire des crises de somnambulisme en étant enfant ou plus tard à l'âge adulte ?
- Speaker #1
Non, je n'en ai pas du tout le souvenir. Non, il ne me semble pas.
- Speaker #0
Et est-ce que... tu as déjà assisté à une crise de somnambulisme de quelqu'un de ton entourage ? Est-ce que tu as déjà grillé quelqu'un en pleine crise de somnambulisme ?
- Speaker #1
Non, je n'en ai pas le souvenir non plus, honnêtement. Ce n'est pas quelque chose qui m'a marqué.
- Speaker #0
Eh bien, moi, H, pour le coup, je n'ai jamais vu une personne somnambule. Mais par contre, j'étais somnambule quand j'étais petite.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Ouais, je ne le savais pas. C'est ma mère qui me l'a appris, en fait. Parce que le principe d'une crise de somnambulisme, c'est que tu ne t'en souviens pas. Je dis ça, je ne dis rien. Et apparemment, quand j'étais petite, ça arrivait régulièrement que je me balade dans les couloirs de la maison la nuit, comme ça, de façon totalement aléatoire.
- Speaker #1
Ça doit être limite flippant à voir.
- Speaker #0
Ouais, ça doit faire peur, t'imagines. Mais après, je n'ai jamais assisté à quelqu'un qui faisait une crise de somnambulisme. Selon le docteur Irshad Ibrahim Hach...
- Speaker #1
Il va toujours aussi bien ?
- Speaker #0
Mon orthophoniste se porte bien. Il te passe le bonjour. du centre du sommeil de Londres ont compté, en tout cas en 2005, lorsque... lorsque les recherches ont été faites, 68 cas dans le monde d'homicides commis pendant une crise de somnambulisme. Ah,
- Speaker #1
c'est un truc de dingue.
- Speaker #0
Oui, et c'était en 2005 ce calcul, depuis il y en a eu d'autres, on va en parler.
- Speaker #1
Ah oui, ok.
- Speaker #0
Je n'avais aucune idée de ça, aucune. Le somnambulisme, donc, fait partie de ce qu'on appelle les parasomnies du sommeil profond, du sommeil lent profond, pas du sommeil paradoxal. Pour résumer grossièrement, en fait, ce qu'est une crise de somnambulisme, H, je vais... Citez le magazine Cerveau et Psycho. Le cerveau est endormi, donc il n'y a pas conscience de la part du somnambule. Par contre, ses commandes musculaires sont actives.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
c'est dingue. Ouais, ça m'intrigue beaucoup. Et le cas du jour H est très perturbant. On en débattra à la fin ensemble. On vous invite à débattre aussi, à réagir en commentaire, soit sur Spotify, soit sur Instagram, soit par message privé. Mais voilà, je pense qu'il y a matière à débattre aujourd'hui pour cet épisode. Il y a beaucoup de questions qui se posent, notamment, H, au sujet de la responsabilité juridique et morale de certaines actions, donc, qui peuvent être commises pendant une crise de somnambulisme.
- Speaker #1
Oui, ça doit pas être simple à juger, tout ça.
- Speaker #0
Non, c'est clair. Sans transition, je vais vous faire écouter l'appel au 911 de notre somnambule du jour. Je préviens... Je sais qu'il y a des gens, moi je fais partie de ces gens-là, qui sont sensibles aux archives audio des appels de police. Ça peut être choquant, parce que là tu sens que tu es en immersion dans l'affaire et dans le crime. Donc si vous ne sentez pas d'écouter cet appel, vous passez les deux prochaines minutes.
- Speaker #1
Allez, vas-y, au revoir.
- Speaker #0
On y va.
- Speaker #1
Eh ben, dis donc, ça me laisse les milles sans voix, là. J'ai eu une petite absence, là.
- Speaker #0
C'est super intense, je vous avais prévenu. Donc pour traduire un peu, parce qu'en plus le son n'est jamais de très bonne qualité, ce jeune homme appelle le 911 pour préciser qu'il vient de tuer sa sœur, qu'il l'a donc poignardé, qu'il a pris un couteau et qu'il l'a poignardé, et qu'en fait il lui dit « je pensais que c'était un rêve » . Donc de là, la répartitrice lui demande…
- Speaker #1
D'appeler ses parents.
- Speaker #0
Voilà comment il s'appelle, quel âge elle a, donc il lui dit qu'elle a 17 ans et que c'est sa soeur jumelle, donc on en déduit qu'il a 17 ans aussi, d'appeler ses parents. Là il appelle ses parents, puis elle lui dit de faire les gestes de premier secours, le massage cardiaque.
- Speaker #1
Mais j'ai pas bien entendu son nom.
- Speaker #0
Il s'appelle Benjamin Elliot.
- Speaker #1
Benjamin Elliot, ok.
- Speaker #0
Ok, donc on va revenir en détail sur ce qu'on vient d'entendre. Mais d'abord, je fais quand même un tout petit tour des infos et des chiffres que j'ai pu trouver sur le somnambulisme et sur les cas de violences commises pendant les crises, parce que c'est hyper important pour la suite des événements. C'est connu que 7 à 8% des enfants font régulièrement des crises de somnambulisme. C'est fréquent chez les enfants. Mais en grandissant, normalement, ça passe. On a moins de 1% des adultes qui sont somnambules. Parmi eux, on compte surtout des hommes.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Oui. Les crises de somnambulisme avec violences dirigées contre soi ou contre autrui sont heureusement très rares. Et dans le cadre d'une étude qui a été menée par l'équipe du professeur Yves Dovillier de l'Institut de Neurosciences de Montpellier, 100 personnes somnambules ont été suivies entre 2007 et 2011. Et sur ces 100 somnambules, 17 ont rencontré des épisodes de violences pendant leur crise.
- Speaker #1
C'est pas mal 17.
- Speaker #0
C'est déjà pas mal. Et selon H, le docteur Eric Mulens, qui est médecin à l'Institut du Sommeil d'Albi. Je ne savais même pas qu'il y avait un Institut du Sommeil chez moi.
- Speaker #1
Ah bah tiens, c'est drôle ça !
- Speaker #0
Oui. À ce moment-là, donc pendant la crise de somnambulisme, la personne a une activité mentale, sans que l'on puisse parler de rêve. Ce n'est pas dans le cadre du sommeil paradoxal, le somnambulisme, c'est dans le cadre du sommeil profond. Et elle se trouve dans une confusion totale quant à son environnement. C'est pourquoi, en fait, le cerveau considère que le monde extérieur peut être un lieu de tous les dangers. En général, quand le somnambule réagit violemment, c'est qu'il réagit à un danger. C'est comme ça qu'il l'interprète, en tout cas. Et je suis allée me promener sur Reddit, donc le forum Reddit, et je me suis rendue compte qu'il y avait beaucoup de témoignages qui sont effrayants à ce sujet. Il y a pas mal de personnes qui racontent avoir essayé d'étrangler leur compagne ou compagnon dans leur sommeil alors qu'ils faisaient une crise de somnambulisme. Et l'un va même raconter qu'il a carrément défoncé sa porte en pleine nuit quand il était ado, pendant une crise de somnambulisme. Donc c'est peut-être pas si rare que ça.
- Speaker #1
Ça vous la trouille, hein ?
- Speaker #0
Oui, carrément. Et H, on compte aussi malheureusement des cas de personnes qui se sont défenestrées pendant une crise de somnambulisme. ou qui ont défenestré des objets.
- Speaker #1
Ça, c'est plus le genre d'histoire dont on entend parler.
- Speaker #0
Oui, ou qui jettent des télés par la fenêtre en pleine crise. Ça, ça peut arriver. L'un des cas les plus connus de violence, peut-être que tu en as entendu parler, c'est celui du guitariste du groupe REM qui a attaqué un des personnels navigants d'un vol transatlantique qui le ramenait à Londres. Il a été acquitté, en fait, suite à cette attaque parce que la justice a considéré que l'agression ne pouvait pas... être volontaire, puisqu'il était à ce moment-là dans une phase d'automatisme inconscient, c'est comme ils appellent les choses. Donc, une crise de somnambulisme.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Je précise que pour en arriver là, il avait mélangé beaucoup de vin et des somnifères.
- Speaker #1
D'accord. Il devait être bien, bien, bien alors.
- Speaker #0
Il était bien fraîche. Faisons maintenant, Hache, la connaissance de Benjamin Elliot. En 2021, Benjamin coule des jours heureux. dans la banlieue de Houston, au Texas. À 17 ans, donc.
- Speaker #1
C'est là où j'ai acheté mon van.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Ton gros van américain H. Il est entouré de ses deux parents et de sa soeur jumelle, Megan, dont il est très proche, comme d'ailleurs souvent les jumeaux. Il y a un lien très fort entre eux. Je vais te montrer une photo de Franjain, des jumeaux. Et Benjamin va dire au sujet de sa soeur que c'était pas juste sa soeur, mais c'était aussi sa meilleure amie. voici donc une photo de Benjamin et sa soeur Mégane, vous pouvez regarder tout de suite en description de l'épisode je crois pas qu'ils se ressemblent c'est pas des jumeaux c'est pas des garçons et filles ils se ressemblent quand même ils ont l'air sympathiques ils ont l'air très
- Speaker #1
heureux,
- Speaker #0
en pleine forme ils ont des bonnes bouilles lors de son long interrogatoire H, on y reviendra plus tard qui a été filmé et rendu public maintenant c'est aux Etats-Unis, ça se passe souvent comme ça Benjamin va répondre la phrase suivante lorsque le détective Munoz va lui demander ce qui s'est passé. Benjamin va lui dire « Vous avez déjà fait un cauchemar super réaliste ? » Quand tout a l'air très réel, mais en même temps très bizarre.
- Speaker #1
Wow !
- Speaker #0
C'est ça qu'il lui dit. Selon sa version des faits donc, Ash, il s'est réveillé vers 4h le 29 septembre 2021. Il faisait un rêve et il est sorti de ce rêve avec la sensation de poignarder quelque chose, d'enfoncer. une lame dans une surface. Il ne sait pas trop. Mais la pièce, par contre, était plongée dans le noir lorsqu'il s'est réveillé.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, lorsqu'il a allumé la lumière, il a vu la scène et il a pris conscience qu'il venait de poignarder sa propre sœur au niveau du cou. Pour expliquer ça, il aurait pris le couteau qui se trouvait sur sa table de nuit. Il avait un couteau sur sa table de nuit. Oui,
- Speaker #1
comme tout le monde, on a tous un couteau sur la table de nuit. C'est ça. C'est bien connu.
- Speaker #0
Non, mais c'est clair. Je t'expliquerai ceci dit pourquoi après. Et il se serait rendu dans la chambre de sa sœur, donc, avec son couteau, pendant son rêve, entre guillemets. Et il l'aurait poignardé dans le cou. Et ça l'aurait tout de suite fait sortir de sa crise, mais trop tard. Le couteau lui a sectionné l'artère carotide. Meghan se vidait de son sang, malheureusement la pauvre. Et là, à ce moment-là, Benjamin, il a essayé de presser un oreiller sur son cou pour stopper l'hémorragie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais c'était trop tard. De là, il a couru dans sa chambre et c'est là qu'il a composé le... 911, avec son téléphone qui était dans sa chambre. Puis il est retourné dans la chambre de sa sœur, il a appelé ses parents, comme tu l'entends dans l'appel, et il a commencé un massage cardiaque qu'il continuera finalement jusqu'à l'arrivée des pompiers.
- Speaker #1
Ça doit être abominable de se sentir partir. Imagine, tu dors, on te poignarde, mais tu ne sais pas ce qui t'arrive.
- Speaker #0
Dans le noir, à la limite, tant mieux, mais elle ne savait pas que c'était son frère qui était en train de la poignarder. Ça n'est pas rendu compte.
- Speaker #1
Ça doit être l'horreur.
- Speaker #0
Horrible. Le cauchemar de tout le monde, je pense. De là, Benjamin, lorsque les policiers sont arrivés, il a été menotté puis amené dans une voiture de police dans laquelle il va rester pendant trois heures. jusqu'à son départ vers le commissariat. Pendant ce temps-là, donc en parallèle, le décès de Mégane va être déclaré par les...
- Speaker #1
Les coroners ?
- Speaker #0
Les pompiers, alors déjà qu'ils vont... Et en effet, après, les enquêteurs ont débarqué avec le médecin-désiste pour figer la scène de crime et faire les premières analyses. Lors de son interrogatoire...
- Speaker #1
Tout ça en présence des parents ?
- Speaker #0
Oui, les parents, on voit dans la... Il y a plein de vidéos qui ont été filmées, tu sais, en bodycam. Ils sont cons. complètement, ils comprennent rien.
- Speaker #1
J'imagine bien.
- Speaker #0
Le père, il dit à sa femme que son fils lui a dit qu'il rêvait. What the fuck ? Il dit what the fuck ? Ça n'a aucun sens ce qui leur arrive à ces pauvres gens. Donc lors de son interrogatoire, Benjamin va se montrer étonnamment calme. Il faut dire que les policiers vont utiliser une méthode, une technique, moi je trouve limite limite, qui est très controversée, pour faire parler Benjamin, pour faire parler les suspects. Les suspects, là, c'est plus un suspect. Et pour éviter qu'il se referme, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont lui mentir et ils vont lui faire croire que sa sœur est encore en vie.
- Speaker #1
Ah la vache !
- Speaker #0
Et qu'elle va bien. Parce qu'en fait, ils considèrent qu'à partir du moment où on annonce un coupable d'homicide, que la victime est décédée, la personne peut se fermer et se braquer. Et lorsque le policier va essayer de faire en sorte de lui faire croire que sa sœur est encore en vie, pour que Benjamin se confie, gentiment. Et le policier va lui demander, Benjamin, où est ton téléphone ? On va devoir analyser ton téléphone portable. Et là, Benjamin, il va répondre quelque chose de bizarre. C'est vrai que c'est bizarre. Il va dire, quelque part sur la scène de crime.
- Speaker #1
Quelque part sur la scène de crime, oui.
- Speaker #0
Au lieu de dire, c'est dans ma chambre, dans ma maison.
- Speaker #1
Non, mais il est très conscient de ce qu'il a fait, du coup, maintenant.
- Speaker #0
Il dit sur la scène de crime. Ensuite, il va se confier sur sa vie, qu'il va décrire comme équilibrée. Il va parler de ses projets d'études. Il va dire qu'il aimerait bien devenir ingénieur mécanique. Là encore, quand il raconte tout ça, il a l'air super relax. Après, moi, je ne suis pas enquêtrice de personnalité ni piquâtre. En tout cas, ça donne l'impression de quelqu'un d'assez détendu. Ensuite, le détective lui demande pourquoi il avait un couteau de survie militaire, parce que c'était sa larme de crime, sur sa table de nuit. Benjamin va lui raconter que c'est son père. Michael, qui lui a donné le couteau la veille au soir, pour lui faire plaisir, comme cadeau. Pourquoi ? Parce qu'ils ont joué toute la soirée à un jeu vidéo violent ensemble, qui s'appelait, peut-être que quelqu'un connaît, Survive the Nights. Pendant combien de nuits tu peux survivre ? Je sais pas, c'est un truc de survivaliste, de zombie, je sais pas. Et dans le jeu, il y avait ce même genre de couteau. Benjamin a dit j'aimerais bien ce couteau, je l'aime bien. Et là, son père... C'est souvenu qu'il en avait lui-même un dans sa collection. Parce que les parents de Benjamin et de Mégane sont des gros fans de camping. Et ils ont toute une collection d'objets de survie. Dont plein de couteaux militaires.
- Speaker #1
Il a dû s'en vouloir toute sa vie le père.
- Speaker #0
Oui, il le dit d'ailleurs. Il dit si je n'avais pas donné ce couteau-là, ça ne se serait pas produit. C'est terrible comme responsabilité à porter. Et donc Katie, la maman de Benjamin, elle est elle manager en plus chez les Girl Scout. américaines. Donc c'est un peu une histoire familiale, les couteaux de survie, tout ça. Vers 11h du matin, pendant l'interrogatoire, le détective Munoz décide d'enfin annoncer à Benjamin que sa soeur n'a pas survécu. Et là, Benjamin, il ne va pas trop réagir, il va juste faire encore une fois, on n'est pas psychiatre, on n'est pas enquêteur, c'est pas à nous de juger de sa réaction. De leur côté, les enquêteurs de terrain en parallèle vont partir à la recherche de témoignages pouvant confirmer ou infirmer qu'il n'y avait en effet aucune tension entre lui et sa sœur. Il faut donc, H, trouver un mobile. De là, plusieurs personnes de l'entourage vont témoigner. Il y a une amie proche de la famille et de longue date, parce qu'elle les connaît depuis 2005, qui va témoigner. Une dame qui va parler d'un lien très beau et fort entre les jumeaux. Elle va décrire Benjamin comme un geek, un petit geek, très futé et très doux. Et elle va décrire Mégane, sa sœur, comme une jeune fille très sensible, artiste. Elle écrit de la poésie, elle dessine, elle fait de la photo aussi. Et elle va dire qu'elle regarde le monde avec une perspective différente. Il faut savoir que Mégane considérait son frère comme son protecteur, comme une figure rassurante, puisqu'elle avait reçu à l'adolescence, quelques années avant, un diagnostic d'autisme. Donc elle était dans son monde, elle était à part, elle passait des heures à dessiner, elle publiait même ses dessins en direct qu'elle réalisait en vidéo sur sa chaîne YouTube. Et à cause de son autisme, elle ne se sentait pas toujours en sécurité dans le monde qui l'entoure.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et dans ces moments-là, tout de suite, elle se collait un peu à Benjamin, qui était un peu sa figure rassurante.
- Speaker #1
Sa moitié,
- Speaker #0
son guide. Et selon cet ami de la famille, Benjamin était fier d'ailleurs de son rôle de protecteur. Il l'assumait vraiment. Ensuite, j'imagine, Ash, à quel point ça a dû être difficile pour les parents des jumeaux de se positionner d'un point de vue, on va dire, émotionnel, après qu'une telle chose leur soit arrivée. Mais ils ont tout de suite décidé de soutenir. leur fils et de le croire surtout.
- Speaker #1
Ça doit être complètement dingue de réfléchir quand c'est comme ça. Quand tu penses que tu as deux enfants que tu aimes par-dessus tout, ton fils adoré tue ta fille adorée.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'est dingue comme histoire. Tu ne peux pas repousser ton fils, mais il vient quand même de tuer sa soeur.
- Speaker #0
Tu dois lui en vouloir de façon terrible et en même temps, il te dit qu'il n'y est pour rien. Ça doit être terrible.
- Speaker #1
Vas-y, continue parce que ça me laisse bizarre.
- Speaker #0
Donc, lorsque Benjamin a été emprisonné suite à son interrogatoire, sa garde à vue, évidemment, il a été emprisonné puisqu'il n'y avait pas de doute sur sa culpabilité. En attente de son procès, ses parents ont tout de suite payé la caution pour le faire sortir et sont venus le chercher. Et de là, Benjamin, les parents racontent que quand ils étaient en voiture au retour du commissariat, ils ne savaient pas du tout où se mettre. Il était très surpris que ses parents aient payé la caution après ce qu'il avait fait.
- Speaker #1
Il était très gêné.
- Speaker #0
Très gêné. Et il ne disait pas un mot sur toute la route du retour. Et à un moment, son père, Michael, a arrêté la voiture. Il l'a attrapé et lui a dit, on te croit, on est là pour toi. Donc de là, voilà quoi.
- Speaker #1
C'est beau, c'est courageux, c'est fort.
- Speaker #0
C'est fort, oui. De son côté, Benjamin, il est conscient d'avoir tué sa sœur, évidemment. Mais c'est un sentiment très paradoxal qui le traverse. Parce qu'il ne se sent pas responsable de sa mort pour autant. On en reparlera après. Il dira qu'il n'avait aucune intention de la tuer, ni aucun mobile. Donc oui, je l'ai tuée, mais non, je ne suis pas responsable.
- Speaker #1
Ouais, un grand paradoxe.
- Speaker #0
Hum hum, compliqué. L'autopsie H les jours suivants va révéler une contradiction dans la déposition de Benjamin. Deux coups de couteau ont été portés au coup de Mégane, alors que Benjamin avait dit ne l'avoir poignardé qu'une fois. Après...
- Speaker #1
Il se souvient juste qu'il a poignardé la femme.
- Speaker #0
Ou s'il était en pleine crise de somnambulisme, dans le noir.
- Speaker #1
Tu peux avoir des trous de mémoire.
- Speaker #0
À ce stade, les enquêteurs se demandent, est-ce qu'il ment pour minimiser son geste ou est-ce qu'il ne se souvient pas ? C'est la question.
- Speaker #1
Mentir pour minimiser, que tu aies donné un coup ou deux couteaux, le résultat au final était le même. Je ne vois pas mentir.
- Speaker #0
Ce n'est pas forcément les mêmes intentions. Un coup de couteau ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et deux, c'est plus de la... On rentre dans de l'acharnement, quoi. Ouais, ouais. Tu vois ? De retour à la maison. Enfin, c'était pas leur maison, évidemment, parce que c'est une scène de crime. Donc, ils sont allés habiter chez la mère de Katie. Ouais. Benjamin, il avait peur de refaire une crise de somnambulisme. Et pour être honnête, ses parents avaient peur aussi.
- Speaker #1
J'imagine.
- Speaker #0
Ouais. Donc, ils sont allés jusqu'à installer une alarme devant la porte de sa chambre.
- Speaker #1
Ah, carrément ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
En même temps, il faut les comprendre. Il vient quand même d'assassiner, volontairement ou pas, sa sœur. Moi, le gars, je ne dors pas dans la même maison.
- Speaker #0
Ah mais non. Et puis, va trouver le sommeil quand tu as vécu un truc comme ça.
- Speaker #1
Je n'irai pas jusqu'à le menotter, si c'était mon fils, à son propre lit. Mais honnêtement, j'aurais vraiment la trouille.
- Speaker #0
Bien que la foudre frappe rarement deux fois au même endroit, mais enfin bon. Oui, mais c'est vrai,
- Speaker #1
vu qu'il n'est pas conscient.
- Speaker #0
Oui. Tout est possible.
- Speaker #1
Tout est possible.
- Speaker #0
Katie, donc la maman de Benjamin, va s'inquiéter de savoir si c'est juste, entre guillemets, du somnambulisme ou si c'est une maladie mentale psychiatrique plus grave.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Parce que son père, à elle, était schizophrène, figure-toi.
- Speaker #1
Ah ouais.
- Speaker #0
Les deux avocats de Benjamin veulent écarter la piste de la maladie mentale et ils vont le faire évaluer par un psychiatre.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et sept psychiatres, pardon, une. va conclure que le jeune homme H est parfaitement sain d'esprit. Il n'y a pas de maladie mentale diagnostiquée, il n'y a rien. Et c'est une première pour les avocats. Un jeune garçon somnambule qui assassine sa sœur pendant une crise, c'est vraiment la première fois qu'ils voient un cas comme ça. Mais ils vont se concentrer sur cette ligne de défense pour tenter de faire acquitter Benjamin en plaidant qu'il ne peut pas être considéré légalement responsable de son acte, puisque son état physiologique, à ce moment-là, ne lui permettaient pas d'être consciente de ce qu'il faisait. Tu vois ?
- Speaker #1
C'est complexe. Oui.
- Speaker #0
C'est là qu'est entré en scène H, le docteur Gerald Simons. neurologue et spécialiste du sommeil. Il a été mandaté par les avocats, par la famille, pour réaliser des examens sur Benjamin et en particulier deux études qu'il a réalisées à six semaines d'intervalle dans l'enceinte d'un laboratoire du sommeil. Il va utiliser évidemment des capteurs qu'il va poser sur sa tête pour analyser l'activité de son cerveau en temps réel pendant la nuit. Et de là, il va rapidement constater que Benjamin fait de ce qu'on appelle l'apnée du sommeil. Selon lui, il est fréquent. que l'apnée du sommeil H déclenche des crises de somnambulisme.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Ça va avec.
- Speaker #1
Je ne savais pas.
- Speaker #0
Moi non plus. Ensuite, il va constater un fait important pour la suite, c'est qu'il va voir que Benjamin rentre très vite dans une phase de sommeil profond. Quelques dizaines de minutes seulement après avoir éteint la lumière.
- Speaker #1
Il a de la chance lui.
- Speaker #0
Oui, il a de la chance. Ça s'est un peu retourné contre lui quand même. Et c'est pendant cette phase de sommeil profond H que se déclenche, comme je te l'ai dit tout à l'heure, la crise de somnambulisme. Ça pourrait donc coller, selon l'expert, puisque la nuit du meurtre, figure-toi que Benjamin a éteint son portable à 4h17 du matin. Il s'est passé seulement 24 minutes entre le moment où il a éteint son téléphone et le moment où il a appelé le 911.
- Speaker #1
Donc c'est très très court.
- Speaker #0
Donc en gros, il a éteint son téléphone, il a dû s'endormir en 5 minutes, hop, il est rentré en... Sommeil profond, hop, en crise de somnambulisme, et basta. Et on connaît la suite.
- Speaker #1
Le passage de l'acte,
- Speaker #0
oui. Donc, même si Benjamin n'a pas eu d'épisode de somnambulisme dans ce laboratoire, mais l'expert va attester qu'on est sûr que c'est une personne qui entre vite dans une phase de sommeil profond, donc ça peut coller. Et plusieurs témoignages H vont aller dans ce sens, vont soutenir l'idée selon laquelle Benjamin... et adepte du somnambulisme. Notamment sa grande sœur qui ne vit plus avec eux, qui est à l'université, qui va témoigner que quand elle habitait encore avec son frère, ça lui arrivait de le trouver en pleine crise de somnambulisme. Mais également un de ses amis d'enfance, à Benjamin, qui se rappelle pendant un pyjama parti, que Benjamin avait fait une crise de somnambulisme et qu'en pleine nuit il l'avait retrouvé dans la cuisine en train de manger un donut. Là, ça n'a pas trop de conséquences.
- Speaker #1
Tu peux faire n'importe quoi.
- Speaker #0
Oui, oui. Tu peux faire des trucs automatiques. On appelle ça vraiment des automatismes. Mais à quel moment poignarder quelqu'un ?
- Speaker #1
C'est la question que j'allais te poser.
- Speaker #0
Manger, ce qu'on fait tous les jours.
- Speaker #1
Je pense que l'automatisme qu'il a eu cette nuit-là, comme tu dis, est peut-être lié au fait qu'il a joué à des jeux, justement.
- Speaker #0
Merci, oui.
- Speaker #1
Un jeu assez brutal. Oui, voilà. Pendant des heures, en plus, avec son père.
- Speaker #0
Oui. H, on est sur la même longueur d'onde, exceptionnellement.
- Speaker #1
Fais un petit selfie.
- Speaker #0
Oui, mais tout de suite, j'ai pensé à la même chose que toi. J'ai pensé à...
- Speaker #1
Ça peut être affluencé.
- Speaker #0
Je pense que ça peut être une conséquence, ouais. On en reparlera plus tard.
- Speaker #1
Disons que tu joues à un jeu vidéo assez trash avec ton père, donc tu tues des zombies, peu importe, tu poignardes un tour de bras. Sachant que t'es somnambule, et en plus que t'as un couteau que ton père vient de t'offrir, Enfin, je veux dire, tous les ingrédients.
- Speaker #0
En plus, tu te couches à 4h du mat. Et c'est prouvé que d'avoir un mauvais rythme du sommeil, ça joue sur les crises de somnambulisme. Il y a plusieurs choses, selon les experts du sommeil, qui jouent sur le somnambulisme. Il y a les troubles du sommeil, le fait des insomnies, le fait de se coucher tard, le fait d'être stressé, en particulier, le fait de boire de l'alcool, de prendre des médicaments, tout ça. Mais là, c'est vrai que il a joué aux jeux vidéo, comme tu dis. On sait que les jeux vidéo violents comme ça, surtout sur un cerveau pas mature d'un jeune homme de 17 ans, ça excite, ça surstimule le cerveau. Donc ça détraque un peu le cerveau. Et en plus de ça, comme tu dis, c'était des jeux violents. Donc dans ce cas H, et si c'est réellement ce qu'il s'est passé, alors comme va le souligner la mère de Benjamin, et comme tu le disais tout à l'heure, c'est effrayant. de penser que ça peut arriver à n'importe quelle personne qui a des troubles du sommeil.
- Speaker #1
Bien sûr, oui, oui.
- Speaker #0
Ça fait peur. Et comme je te disais tout à l'heure, ça m'est déjà arrivé de rêver que je poignardais quelqu'un pour me défendre et je pense que ça arrive à pas mal de personnes. Mais je suppose que la différence, c'est que nous, quand on a des rêves comme ça, ça se passe dans le cadre d'un cauchemar classique, pendant le sommeil paradoxal.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et la différence entre le sommeil paradoxal et le sommeil profond, c'est que pendant le sommeil paradoxal... ton activité cérébrale est tellement intense que ton corps est verrouillé tes muscles sont verrouillés c'est pour se protéger en fait c'est tellement intense les rêves qu'on fait que ton cerveau arrive à te mettre en mode Poupée de chiffon, là, ouais. Comme ça, sinon, tu gigotterais dans tous les sens. Donc, nous, finalement, quand on fait des cauchemars ou on poignarde des zombies, ça n'a pas de conséquence parce qu'on est totalement anesthési... Enfin, c'est pas anesthésié, déjà.
- Speaker #1
On peut gigoter un petit peu, je suppose, mais de là à se lever et à passer... Ouais,
- Speaker #0
on est quand même bien... Le corps est quand même bien verrouillé. Or, pendant une crise de somnambulisme, c'est dans le cadre du sommeil profond, donc c'est pas les mêmes mécanismes de verrouillage qui interviennent, en fait.
- Speaker #1
D'accord,
- Speaker #0
ok. Avril 2023. Benjamin a 19 ans lorsqu'il est officiellement poursuivi. Tu sais, ça prend toujours du temps. Oui,
- Speaker #1
oui, bien sûr.
- Speaker #0
Pour meurtre au premier degré. C'est-à-dire donc homicide avec intention de tuer, mais sans préméditation. Son procès va être programmé pour février 2025. Et pour ce procès, il devra comparaître devant les jurés de la cour criminelle du comté de Harris, au Texas. On va en parler du procès.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Megan Long et Maroon Koutani, les deux avocats... qui représentent eux l'accusation, donc l'État, en gros, ne croient pas du tout à l'hypothèse du meurtre commis dans le cadre de la crise de somnambulisme.
- Speaker #1
Oh, ça va se battre, alors, au jugement.
- Speaker #0
Oh oui. Ils ont engagé leur propre consultant à sommeil, eux aussi, qui est le psychologue Mark Pressman, qui a, lui, un avis bien différent de celui de Gerald Simons. Oui. Lui, il va dire que, selon tous les cas de somnambulisme avec violence qu'il a étudié, les somnambules ne deviennent agressifs que lorsque quelqu'un s'interpose physiquement pour les réveiller ou les secouer, pour les sortir de la crise.
- Speaker #1
Oui, mais là, la sœur était endormie.
- Speaker #0
Oui, donc pour lui, ça ne colle pas. Selon lui, en gros, et je t'en ai parlé tout à l'heure, la violence pendant la crise du somnambulisme, c'est un réflexe pour se protéger. Mais là, il n'y avait rien autour de lui qui le menaçait. Sauf si, comme tu dis, il était encore dans les jeux vidéo. C'est compliqué à prouver. Tu ne peux pas aller dans son cerveau et remonter jusqu'à... Ensuite, cet expert, il ne pense pas que ce soit possible de faire quelque chose d'aussi complexe et conscient pendant une crise de somnambulisme que retirer l'étui d'un couteau pour s'en servir.
- Speaker #1
Ouais, c'est pas un gros effort.
- Speaker #0
T'es capable d'ouvrir la porte du frigo pour manger un donut.
- Speaker #1
C'est exactement ce que j'allais dire.
- Speaker #0
Il pense que c'est possible.
- Speaker #1
Bah évidemment.
- Speaker #0
Il pense qu'on est capable...
- Speaker #1
Oui, ce sont des gestes simples.
- Speaker #0
Automatiques. Mais c'est vrai que... Non, mais en fait, je vois ce qu'il veut dire. C'est qu'on est capable de... Et toute la subtilité de cette affaire, elle est là. C'est que ce sont des gestes automatiques qu'on peut reproduire quand on est somnambule. Ouvrir le frigo, allumer la télé, manger, des trucs que tu fais tous les jours. Aller aux toilettes. Mais c'est vrai que, selon lui, ce geste-là, qui n'est pas un automatisme, que son cerveau n'a pas intégré... Tu sais, comme quand tu conduis, tu réfléchis plus, c'est vraiment ton cerveau qui... Oui, oui. Et bien, là, selon lui, ce n'est pas possible qu'un somnambule puisse retirer l'étui d'un couteau, alors que ce n'est pas un geste automatique, tu vois ?
- Speaker #1
Oui, mais tu m'as dit tout à l'heure qu'ils sont une famille de campeurs, on va dire chasseurs et compagnie, qui sont ultra équipés, donc il a l'habitude de ce genre d'objet.
- Speaker #0
Il a l'habitude, mais je ne pense pas qu'il retire des étuis, des couteaux tous les jours, quoi. Donc, je ne sais pas si c'est possible.
- Speaker #1
Ouais, ouais, continue.
- Speaker #0
Voilà, en tout cas, c'est vrai que je me suis posé la question. Ensuite... cet expert va dire également que la crise de somnambulisme ne laisse absolument aucun souvenir à la personne. Ni même aucune sensation. C'est la raison pour laquelle des fois les gens disent « Mais qu'est-ce que t'as fait cette nuit-là ? »
- Speaker #1
Et puis on dit qu'il ne faut pas les réveiller.
- Speaker #0
Non, il ne faut pas les laisser finir leur crise. Et c'est vrai que la personne, quand tu lui dis ça, elle va dire « Quoi ? Mais je n'ai rien fait. J'ai dormi. » Donc normalement, ça ne laisse aucun souvenir ni aucune sensation. Donc quand Benjamin dit dans son interrogatoire qu'il a le souvenir d'enfoncer un couteau, l'expert de l'accusation en tout cas va dire que c'est pas possible.
- Speaker #1
C'est compliqué hein ?
- Speaker #0
On arrive en février 2025, lors du procès. Mark Pressman, donc cet expert, va intervenir pour défendre cette théorie devant les jurés. Mais de leur côté, les avocats de Benjamin et de sa famille disent qu'il a été plus... le plus honnête possible lorsqu'il a dit qu'il avait le souvenir la sensation de poignarder quelque chose et qu'il avait finalement aucun intérêt à le dire à part celui de dire la vérité s'il avait voulu être un peu plus stratégique et tout ça il aurait dit qu'il se souvenait de rien mais là il a dit ce qui lui venait en tête en tout cas c'est ce que disent les avocats c'est pas moi ils vont rappeler ces avocats qui avaient absolument aucun motif qui justifie un homicide volontaire Parce qu'il s'entendait très bien avec sa sœur. Oui, oui. Et que ce n'était pas un gamin violent du tout. Argument qui ne va pas du tout affaiblir l'accusation, au contraire. Maître Koutani et Maître Long vont expliquer qu'aucune famille n'est parfaite et qu'il y a probablement plein de choses que nous ne savons pas au sujet de Benjamin. Peut-être des éléments que sa famille se garde bien de dire pour le protéger.
- Speaker #1
Ah ouais, ça va loin.
- Speaker #0
Ils défendent ce qu'ils ont à défendre. Enfin, Maître Long va rappeler que Benjamin, et ça c'est intéressant, que Benjamin a sectionné l'artère carotide. H est en train de bailler quand je raconte l'histoire, donc je me dis peut-être que ça t'intéresse.
- Speaker #1
Ouais, c'est long.
- Speaker #0
Non, je plaisante. Je te taquine. Donc l'artère carotide H et la veine jugulaire ont été sectionnées.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça provoque une hémorragie artérielle.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est-à-dire un G. Désolé pour les détails.
- Speaker #1
Non, mais je vois bien.
- Speaker #0
En mode pulsatile un peu. Et Benjamin, il dit qu'il a retiré le couteau. puis utiliser l'oreiller pour stopper l'hémorragie. Mais selon Maître Long, ça ne colle pas, ce n'est pas possible. Parce que selon elle, le sang aurait dû gicler du coup jusqu'au mur à côté du lit. Oui,
- Speaker #1
un peu partout.
- Speaker #0
Au moment où Benjamin a retiré le couteau.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Avant que l'oreiller ne soit posé sur la plaie. Si tu veux, selon ce qu'il raconte lui, c'est qu'il a retiré le couteau.
- Speaker #1
Oui, ce qui a laissé libre...
- Speaker #0
Voilà, libre cours au sang. Et il a pris le coussin. et il a voulu stopper l'hémorragie.
- Speaker #1
Mais entre-temps, ça aurait du gicler un peu partout.
- Speaker #0
Selon les avocats, en tout cas, de l'accusation, c'est le cas. Et qu'est-ce qu'ils vont sous-entendre, eux ? Ils vont dire que Benjamin a utilisé l'oreiller non pas pour stopper l'hémorragie, mais pour étouffer sa sœur ou pour étouffer d'éventuels gémissements juste après l'avoir poignardé et avant de retirer le couteau. Tu comprends un peu là ?
- Speaker #1
Donc il n'y avait pas de... Comment ça s'appelle ? Des clabouchures.
- Speaker #0
Il n'y avait rien au niveau des ailes. Non, il n'y avait rien sur les murs.
- Speaker #1
Ça, par contre, ce n'est pas normal.
- Speaker #0
Eh bien...
- Speaker #1
Non seulement sur les murs, je veux dire au moins sur les vêtements, les draps. Ah,
- Speaker #0
il y en a partout. Il y en avait partout sur les... On le voit dans la vidéo, malheureusement. Il y en avait partout sur le lit et sur l'oreiller. Mais il n'y avait pas des clabouchures. Alors que selon elle, c'est une plaie qui...
- Speaker #1
Oui, qui aurait dû gicler partout.
- Speaker #0
Ben, ça serait intéressant de... Enfin, je sais que... que nos amis de Médecine City, les soignants, médecins et infirmières, je sais qu'ils nous écoutent. Falciparum et Bloody Nurse ça serait interessant que vous nous éclairiez sur ce point. Est-ce que ça aurait dû se passer comme ça ? Et pourquoi, dans ce cas-là, si Benjamin dit vrai, pourquoi il n'y a rien sur le mur ? Est-ce que c'est systématique quand la carotide est sectionnée, qu'il y ait des éclaboussures comme ça ? On attend vos retours. Donc, selon les avocats, du coup, ça change totalement l'intention derrière le geste de Benjamin avec Laurier. Et concernant l'appel au 911, je vais y arriver.
- Speaker #1
911, tu peux dire 911.
- Speaker #0
911, ouais. L'accusation va trouver plusieurs choses très suspectes. Et je vais te le faire un petit peu réécouter juste après pour que maintenant que tu sais tout ça. Et pour que vous puissiez aussi le réécouter selon une nouvelle perspective. Ils vont trouver que Benjamin chuchote. Comme s'il ne voulait pas réveiller ses parents. Il chuchote pendant l'appel. Et ce qui est bizarre aussi, c'est qu'il appelle 911. C'est pas naturel. Et au lieu d'appeler, de réveiller ses parents tout de suite.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Parce que ses parents dorment à côté. Alors, est-ce que c'est parce qu'il a tout de suite réalisé la gravité de ce qu'il venait de faire et qu'il a voulu réagir vite et qu'il s'est dit l'urgence, c'est d'appeler les urgences ? et pas de réveiller mes parents ? Ou est-ce qu'il s'est dit... Est-ce qu'il a voulu préserver ses parents ? Je ne sais pas. Pour moi, il y a pas mal d'incohérences. Tu vas voir, on va réécouter le bio. Parce que d'un côté, il dit à la répartitrice, tout de suite, il lui dit « Je viens de poignarder ma sœur. »
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et juste après, il dit... Je crois qu'il dit... Est-ce qu'il dit « Je viens de tuer ma sœur ? » « I just killed my sister. »
- Speaker #1
Faut qu'on réécoute.
- Speaker #0
Et après, il dit « Je ne veux pas qu'elle meure. » Est-ce qu'il sait qu'elle est décédée ? Est-ce qu'il est paumé ? On ne sait pas. Juste là, je vous le remets. On se le remet juste le début, les premières secondes.
- Speaker #1
Il y a une chose que je ne comprends pas tellement dans cet enregistrement audio. Pourquoi la femme au téléphone, la répartitrice des urgences, compte plusieurs fois jusqu'à 4 ?
- Speaker #0
C'est pour le massage cardiaque. C'est pour lui donner le rythme du massage cardiaque. On a une confirmation, il dit tout de suite « je viens de tuer ma sœur » . Et juste après, quand elle lui demande, que les avocats trouvent bizarre, quand elle lui demande la répartitrice « est-ce qu'elle est encore en vie ? » Il dit « oui, elle est à peine en vie, barely alive » . Alors qu'il a dit « je viens de tuer ma sœur » .
- Speaker #1
Oui, mais bon.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
À ce moment-là, il doit être encore à moitié dans les vapes.
- Speaker #0
Moi, je pense. Je trouve qu'il a l'air sincère, moi. Vraiment. Je trouve qu'il a l'air vraiment paniqué.
- Speaker #1
Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Est-ce que toi, tu trouves qu'il chuchote tant ?
- Speaker #1
Il ne parle pas super fort, mais comme je viens de te le dire, il doit être à moitié dans les vapes. Pas semi-endormi encore, mais dans les vapes, comme je viens de te dire. Tu viens de te rendre compte plus ou moins de ce que tu viens de faire. Je ne trouve pas qu'il chuchote réellement.
- Speaker #0
Moi, je trouve qu'il chuchote. Moi, je trouve qu'il chuchote et j'ai tout de suite pensé que c'était pour parer ses parents. Mais ça ne veut pas dire qu'il était conscient qu'il a tué volontairement sa sœur. Je pense qu'il a dû se rendre compte, c'est mon avis, de ce qu'il venait de faire. Et c'était tellement impensable que ses parents soient au courant que je pense qu'il a dit que je vais me débrouiller avec la répartitrice et je ne vais pas trop les réveiller. Oui,
- Speaker #1
admettons.
- Speaker #0
Je ne sais pas. En tout cas, c'est vrai qu'on ne peut pas trop, dans cette situation d'urgence, on ne peut pas trop juger de sa réaction parce qu'on ne sait pas comment on aurait réagi nous. Ensuite, les avocats vont aussi s'interroger, comme je te disais tout à l'heure, sur le terme scène de crime qu'il a utilisé pendant l'interrogatoire. Selon eux, un ado de 17 ans aurait dit, comme je te disais, « Non, mon téléphone, il est dans ma chambre, chez moi. » Et là, il a dit la scène de crime. Donc ça, pour eux, ils ont trouvé que ça faisait un peu la réponse de psychopathe quand même.
- Speaker #1
C'est surprenant comme réponse,
- Speaker #0
il faut dire. Surtout que, toujours au sujet de l'interrogatoire, les avocats vont dire qu'il était étonnamment calme. Tu te dis, après, compte tenu de la gravité de ce qu'il venait de commettre juste avant, c'est vrai qu'il était relax. Toi, tu n'as pas vu l'interrogatoire, vous ne l'avez pas vu, mais je vous mets également la vidéo en description de l'épisode, vous pouvez vous faire votre propre idée. Parce qu'on voit tout.
- Speaker #1
J'irai voir ça.
- Speaker #0
Ensuite, l'accusation va tiquer sur une autre phrase qu'a prononcée Benjamin pendant l'interrogatoire au sujet de sa sœur. Il va dire qu'elle faisait une dépression assez sévère ces derniers temps. Pourquoi il dit ça ? Qu'est-ce que ça change ?
- Speaker #1
Oui, je ne comprends pas.
- Speaker #0
Est-ce que c'est pour sous-entendre qu'il prenait encore plus soin d'elle ? Pourquoi pas ? Qu'il veillait sur elle ? Oui. Ou est-ce que ça pourrait justifier un passage à l'acte de sa part ? De vouloir la soulager, je ne sais pas.
- Speaker #1
Il y avait d'autres solutions pour le faire à ce moment-là.
- Speaker #0
Oui, heureusement. Donc en tout cas, les avocats, ils trouvent que c'est pas normal et qu'ils se disent peut-être que ça n'allait pas si bien que ça entre deux, entre les jumeaux. Peut-être que Benjamin, il en avait marre qu'elle soit toujours collée à lui et qu'elle soit mal dans un mal-être.
- Speaker #1
Il n'y avait aucun signe avant-courant de tout ça. Les parents se sont rendus compte. Il se serait plaqué une fois ou deux à ses parents.
- Speaker #0
Je suis d'accord. Moi, je suis d'accord avec toi, en tout cas. Mais l'accusation, elle pense que les parents ne disent rien pour protéger leur fils, parce qu'ils ont déjà perdu leur fille.
- Speaker #1
Ils ne veulent pas que leur fille termine sa vie en prison.
- Speaker #0
En prison, exact. Je t'en reparle juste après. L'avocat. Les avocats de Benjamin et de sa famille vont défendre l'idée selon laquelle Benjamin, c'est une victime aussi. Il a tué sa sœur, c'est vrai, mais il l'a fait sans le vouloir et sans être responsable. N'oublions pas en plus que Benjamin est majeur. au moment du procès, et que la peine de mort est légale et très appliquée au Texas. Donc les parents, ils ne doivent pas être rassurés du tout. Et Hache, maintenant, on va passer au verdict. Est-ce que, je voulais savoir avant de vous le révéler, est-ce que toi, tu as une idée de ce que les jurés vont décider ?
- Speaker #1
C'est hyper compliqué. Depuis tout à l'heure, je ne suis pas très bavard parce que je...
- Speaker #0
Tu ne sais pas.
- Speaker #1
C'est une histoire qui m'est mal à l'aise, comme tu dis. Alors, effectivement, il l'a tué. Coupable ou pas coupable Oui t'es passé à l'acte Tu l'as tué ta soeur Mais t'étais endormi Alors est-ce qu'un somnambule peut tuer Apparemment oui Ils ont dû passer des heures à délibérer
- Speaker #0
Non pas tant que ça Mais ça n'a pas été si long
- Speaker #1
C'est quand même le Texas Donc je pense qu'il va être condamné Un peu, oui. Je ne sais pas si c'est une longue peine, mais vas-y, je t'écoute.
- Speaker #0
L'accusation, elle va réclamer 40 ans.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Il ne va pas être condamné à 40 ans, il va être condamné. jugé coupable et condamné à 15 ans de prison. Et lors d'une interview donnée par l'émission américaine 48 heures, Benjamin a affirmé, donc c'est une interview qui s'est déroulée en prison, Benjamin a affirmé ne pas se sentir coupable de la mort de sa sœur. Et c'est là où moi ça me dérange par contre. Même si je crois, moi je te le dis, je vous le dis tout de suite, je pense en effet que je le crois. Par contre, ne pas assumer sa responsabilité, ça me pose un vrai souci.
- Speaker #1
Moi aussi.
- Speaker #0
Je vais te faire écouter l'extrait de cette interview dans lequel il explique qu'en fait, il ne se sent pas coupable. Non, puis il dit, de toute façon, je n'aurais rien pu faire différemment de ce que j'ai fait, puisque je ne contrôlais pas ce que je faisais. Non, ils ne sont pas coupables. Alors, je comprends l'idée qu'il considère que c'était une partie inconsciente de lui-même qui a agi, mais waouh, en fait, techniquement, si tu es coupable, et en fait, il est responsable de la mort de sa sœur, et à un moment donné, même s'il n'est pas conscient... il était pas conscient, il faut assumer sa responsabilité je trouve, moi ça me dérange vis-à-vis de la mémoire de sa soeur qui n'admette pas qu'il est responsable et qui ne se sente pas coupable c'est juste ça ça me fait penser à certaines histoires où t'as des gens,
- Speaker #1
hommes ou femmes ivres morts ou alors drogués qui vont faire des choses quand ils sont bien bourrés quand ils ne se reviendront même plus le lendemain mais tu peux passer à enfin là tu peux faire un truc tragique pendant ces heures là oui mais là t'es
- Speaker #0
100% responsable parce que le duré...
- Speaker #1
Tu t'en souviens plus, mais t'es coupable.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et lui, c'est le même cas.
- Speaker #0
Oui, même si t'es pas lié à... Alors après, comme on disait tout à l'heure, est-ce que c'est lié aux jeux vidéo ? Dans ce cas-là, c'est pas lui qui est directement responsable, c'est l'industrie des jeux vidéo qui détraque le cerveau des jeunes. Mais ça, j'y crois profondément, moi.
- Speaker #1
Enfin, c'est tiré par les cheveux, quand même.
- Speaker #0
T'es d'accord qu'il y a un lien à faire entre le fait qu'il ait joué à des jeux vidéo violents la veille et qu'il ait... Heureusement que tous les gamins qui jouent à des jeux vidéo violents ne font pas ça.
- Speaker #1
Il y aurait des morts,
- Speaker #0
ils sont nombreux.
- Speaker #1
Par contre,
- Speaker #0
on a plein de références en tête de tueries de jeunes, dans les lycées aux Etats-Unis notamment, qui étaient des gamins qui jouaient extrêmement souvent à des jeux vidéo violents.
- Speaker #1
Ou qui regardaient des films violents.
- Speaker #0
Oui, je pense que ça a un impact sur le développement cérébral et que ça a dû jouer dans cette histoire. pour moi c'est mon hypothèse en tout cas pour moi le fait qu'il dise qu'il ne se sent pas du tout coupable ça je ne peux pas je ne peux pas entendre ça non non je comprends ce qu'il veut dire tu sais il n'est pas conscient en fait ce qu'il devrait dire ce qu'il aurait dû dire c'est je ne je ne l'ai pas tué volontairement mais je l'ai tué et je me sens responsable de la mort de lui voilà c'est ce que je pense mais en effet il est très sûr de lui par rapport à ça après H dans l'interview il dit aussi à quel point sa soeur lui manque à quel point c'était une personne merveilleuse et
- Speaker #1
pour ça il lui rend hommage d'accord mais il se sent pas coupable mais il se sent pas coupable de sa disparition c'est bizarre tout ça c'est c'est un peu dérangeant ah bah c'est cactus te rient c'est une histoire c'est la morale là-dedans qui fait
- Speaker #0
tout mais moi je le crois vraiment moi aussi je le crois je le pense sincère pendant son interrogatoire je pense qu'en fait le fait que alors oui il était calme pendant son interrogatoire oui il a parlé de scène de crime mais bon Encore une fois, je pense que quand tu es choqué, tu peux avoir une attitude... Tout le monde réagit différemment. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Tu as des gens, ils vont être en panique, pleurer, hurler, ne plus réussir à aligner trois mots. Et tu en as d'autres, bizarrement, ça va les rendre... Il va leur arriver un truc de fou, incroyable. Et ils vont être hyper calmes. Je pense que chaque cerveau a des mécanismes de défense et de survie très différents.
- Speaker #1
Je suis d'accord avec toi. Bonne fois. On s'est fait deux fois dans la même histoire. Oh là,
- Speaker #0
Ash, qu'est-ce qui nous arrive ce soir ? Quelque chose se prépare. En tout cas, il sera éligible à une libération conditionnelle Ash en 2032, lorsqu'il aura 28 ans. Voilà, voilà ! C'est bon,
- Speaker #1
depuis tout à l'heure, comme je vous dis, cette histoire ne me rend pas bavard, parce que c'est... Pour moi, c'est hyper choquant comme histoire. C'est même plus que dérangeant.
- Speaker #0
Ça laisse sans voix.
- Speaker #1
C'est la moralité de l'histoire. Oui, je l'ai tué, mais je ne suis pas coupable. Je ne sais pas quoi penser.
- Speaker #0
Et puis ?
- Speaker #1
J'aurais détesté faire partie des jurés. Moi aussi.
- Speaker #0
Moi, je touche du bois, je l'ai déjà dit, pour l'affaire Jubilard, quand j'étais au tribunal. Je n'espère jamais être appelée pour être jurée, parce que c'est trop compliqué.
- Speaker #1
C'est pas dur,
- Speaker #0
oui. Ça dépend des affaires, évidemment. Mais là, on est sur une affaire où, en fait, moi, ce qui me perturbe aussi, c'est qu'on le croit.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais il n'y a aucune preuve de ce qu'il dit. Il n'y a aucune preuve. On ne peut pas prouver qu'il a tué sa sœur en étant somnambule, en étant inconscient.
- Speaker #1
Oui. Parce que ça, on n'en a pas parlé. C'est ce qu'il dit depuis le début.
- Speaker #0
Oui, on le croit, mais juste, en fait, comme on n'a aucune... C'est juste comme ça, sur une impression. C'est une impression.
- Speaker #1
Maintenant, on sait bien qu'il n'était pas violent à la base. On sait bien qu'il adorait sa sœur. Enfin, voilà, c'était le...
- Speaker #0
Les jumeaux. C'est du haut, quoi. Inséparables.
- Speaker #1
Exactement, deux inséparables. Qu'est-ce qui aurait pu, du jour au lendemain, le pousser ?
- Speaker #0
à la poignarder.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'il aurait pu faire d'aussi grave ?
- Speaker #0
Et c'est ça aussi que je trouve bizarre, c'est que si c'était bien une crise de somnambulisme, il y a une part inconsciente énorme, mais qu'est-ce qui fait qu'il est allé dans la chambre de sa sœur, par exemple, et pas dans la chambre de ses parents, tu vois ?
- Speaker #1
Ça, on ne peut pas... On ne saura jamais, je veux dire.
- Speaker #0
Est-ce que ça en dit de lui ? Est-ce que ça en dit de ce qu'il... Peut-être d'une animosité qu'il avait envers sa sœur ? C'est bizarre. Est-ce que c'est le hasard pur ? Qu'est-ce que son cerveau est allé...
- Speaker #1
Parce que ton jumeau, normalement, c'est presque une partie de toi.
- Speaker #0
Est-ce que c'est une partie de lui qui l'a anéanti, cette nuit-là ? C'est bizarre, tu vois, on ne sait pas. Parce que c'est une part de nous qui nous échappe. Ce qui fait le sommeil paradoxal, le sommeil profond, je veux dire.
- Speaker #1
Puis on a beau avoir des frères et sœurs, on n'a pas de jumeau. On ne peut pas comprendre l'attachement. C'est tellement fort, apparemment.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Alors pourquoi se séparer d'une partie de soi, volontairement ?
- Speaker #0
Soit il y a peut-être une symbolique inconsciente forte, et ça on n'en sait rien, ou alors c'est peut-être juste ce qu'on disait tout à l'heure, c'est juste la surstimulation de son cerveau avec les jeux vidéo violents. Il a fait une espèce de cauchemar pendant lequel il était dans son jeu vidéo, qui a bugué, parce que clairement la crise de somnambulisme c'est un bug. C'est une anomalie. C'est pas un truc naturel, c'est une anomalie. Est-ce que cette anomalie a fait un mix entre plusieurs réalités ? Et qu'il s'est retrouvé... C'est ça aussi le problème des jeux vidéo, c'est que chez les jeunes, ça crée une confusion, on en a parlé dans l'épisode précédent, entre la réalité et le virtuel.
- Speaker #1
Là, ce qui est gênant dans l'histoire, c'est qu'elle aurait pu s'appeler quand le protecteur devient l'assassin. On passe d'un sentiment extrême à un autre. De l'amour fou...
- Speaker #0
Et c'est la personne dont tu te sens la plus proche et qui semble être celle qui te protège le plus.
- Speaker #1
Qui passe à l'acte, oui.
- Speaker #0
Et avec laquelle tu te sens le plus en sécurité, qui te tue dans un moment de vulnérabilité absolue. Parce que quand on dort, c'est bien le moment pendant lequel on est le plus vulnérable.
- Speaker #1
Je sais bien.
- Speaker #0
Voilà, Hache. Je pense que vous êtes... Ça doit cogiter aussi, là, côté cactus. Ça doit piquer chez vous, là. Parce que c'est vraiment une histoire qui pose plein de questions morales.
- Speaker #1
C'est surtout ça. Ce n'est pas l'histoire en elle-même. On sait qu'il est coupable, on sait qu'il a tué sa sœur. Bon, somme de mobilisme, d'accord. Mais c'est le côté...
- Speaker #0
Parce qu'il est responsable.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Moralement, légalement. Comment tu... Non, c'est fou.
- Speaker #1
Pour lui, en fait, il a juste tenu un couteau. De façon automatique. Tu as vu, ça me rend... Ouais, ouais.
- Speaker #0
Ça te laisse sans voix.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais je savais que cette histoire allait te piquer.
- Speaker #1
Non, c'est super dérangeant comme...
- Speaker #0
Donc, écoute, en tout cas, voilà, on lui souhaite de plus jamais passer à l'acte et à sa sortie de prison, de reprendre une vie.
- Speaker #1
Je suppose qu'il va avoir un suivi psychologique après.
- Speaker #0
Ah oui, un suivi médical. Oui, j'aurais peur. J'aurais peur de dormir.
- Speaker #1
Moi, je te l'ai dit tout à l'heure, c'est le genre de personne impensable. Je préfère dormir dans la bagnole. Impensable que je dorme dans la même maison.
- Speaker #0
Tu te fermes à clé.
- Speaker #1
Non, ça ne suffit pas. Tu la trouilles, moi.
- Speaker #0
On espère que vous allez tous bien dormir ce soir. On espère que vous avez passé un bon moment en notre compagnie.
- Speaker #1
Écoute, moi, ça m'a bien plu comme histoire. Ça secoue un peu parce que...
- Speaker #0
C'est ce que je veux, tu sais bien dans les calculs.
- Speaker #1
En tout cas, avec moi, tu as réussi.
- Speaker #0
Parfait. En tout cas, n'oubliez pas que bientôt, nous allons sortir H, notre Patreon, pour notre anniversaire dès un an de Cactus Theory. C'est incroyable de se dire que ça fait qu'en mars, c'est-à-dire là,
- Speaker #1
dans quelques semaines,
- Speaker #0
ça fera un an qu'on a commencé Cactus Theory. C'est incroyable.
- Speaker #1
On arrive encore à se supporter. Soyez rassurés pour ceux qui... On aime bien s'envoyer des vannes.
- Speaker #0
On ne fait que ça.
- Speaker #1
Tout va bien entre nous.
- Speaker #0
On fait que ça du matin au soir sans oublier les vannes. Et puis, on vous en parlera un peu plus quand ça se concrétisera, ce Patreon. On commence déjà, H, à réfléchir à des sujets qu'on a même bien avancés, je trouve.
- Speaker #1
C'est du boulot,
- Speaker #0
même. C'est du boulot parce qu'on a envie de vous proposer des choses quand même inédites, des choses qui nous ressemblent aussi.
- Speaker #1
Et de qualité, bien sûr.
- Speaker #0
Et de qualité. Et on a aussi envie, H, soyons honnêtes, pour les épisodes bonus De s'amuser un petit peu, quoi. Oui,
- Speaker #1
on va se lâcher, oui.
- Speaker #0
De choisir des sujets qui sont un petit peu plus généralistes. Je dirais pas forcément moins tragiques, mais en tout cas plus généralistes, ce qui nous permettra d'avoir un peu plus de liberté.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Editoriale, comme on dit.
- Speaker #1
Et on aime ça, la liberté.
- Speaker #0
Oui. Donc, on vous tient au courant très vite de tout ça, les cactus. D'ici là, n'hésitez pas à vous abonner si ce n'est pas fait.
- Speaker #1
Comment ça ne s'est pas fait ?
- Speaker #0
Ben oui, alors. Et de nous mettre des notes. Parce qu'on aime bien avec H avoir des 5 étoiles.
- Speaker #1
Oui, on est comme à l'école.
- Speaker #0
Oui. D'ici là, H, on vous fait des gros bisous.
- Speaker #1
Oui. Bonne fin de journée à tous ou bonjour. Enfin, ça dépend, comme d'habitude, à quelle heure vous nous écoutez.
- Speaker #0
Oui. Et puis, H, je te retrouve donc pour l'enregistrement du premier épisode de Patreon très vite.
- Speaker #1
Oui, j'ai hâte. Allez, à bientôt tout le monde. Bye bye.
- Speaker #0
Gros bisous.