Speaker #0Tu te reconnais dans cette femme qui fait rire tout le monde, mais qui s'effrite en silence ? Si Fleabag cache son chaos sous un sourire parfait, découvre comment éviter d'exploser en apprenant enfin à écouter tes propres signaux d'alerte. Bienvenue dans Captain Cramée, la quête de l'énergie retrouvée. Dans ce podcast, on explore comment retrouver et maintenir l'énergie de feu grâce à des outils concrets, des neurosciences accessibles à toutes et des inspirations tirées des personnages de films ou de séries. Ici, on déconstruit ce qui te freine et on décortique ce qui stimule notre cerveau et notre mindset pour que tu puisses atteindre ce niveau de vitalité et d'épanouissement que tu mérites. Je suis Stef et je suis là pour t'aider à allumer ou rallumer cette flamme intérieure qui fait toute la différence. Parce qu'on n'a qu'une seule vie et qu'il est temps de la vivre à fond, bienvenue à bord de Captain Cramée. Bienvenue dans ce nouvel épisode. consacrée à Fleabag, cette anti-héroïne brillamment désastreuse qui nous tend un miroir troublant. Aujourd'hui, on parle de toutes ces femmes qui illuminent les pièces pendant que leur intérieur prend feu. Alors qui est Fleabag ? Avant de plonger dans le vif du sujet, petit rappel, ou découverte, pour celles qui n'ont pas encore croisé son chemin. Fleabag, c'est une série britannique écrite et interprétée par Phoebe Waller-Bridge et qui est devenue culte Pour une raison. Fleabag, c'est une trentenaire londonienne mordante, sexuellement libérée, intellectuellement affûtée, qui semble naviguer dans sa vie avec une assurance désarmante, mais qui dissimule une béance émotionnelle si profonde qu'elle menace de l'engloutir. Sa signature ? Ses regards complices à la caméra. Ses apartés où elle nous prend à témoin comme si nous étions les seuls à comprendre son jeu d'actrice dans sa propre vie. Un jeu ? où elle feint la maîtrise alors qu'elle dérive dangereusement. Et c'est précisément ce qui nous intéresse aujourd'hui. Car Fleabag, c'est un peu nous. Ou plutôt, c'est la version exacerbée de ce réflexe que nous développons toutes, à savoir transformer la douleur en trait d'esprit, courir jusqu'à l'essoufflement pour ne jamais sentir le sol trembler sous nos pieds et entretenir si parfaitement le mythe du tout-va-bien qu'onfinit. par s'y perdre soi-même. Fleabag incarne ce paradoxe saisissant. Une flamme qui brûle d'autant plus intensément qu'elle s'éteint. Son esprit cinglant, son charisme magnétique, son ironie mordante, tout cela forme un écran de fumée si dense qu'on oublierait presque la tempête qui fait rage derrière. Elle virevolte d'une situation à une autre avec une énergie frénétique, comme si ralentir revenait à mourir. Entre les clients de son café cobaye, les rendez-vous galants voués à l'échec et les dîners familiaux explosifs, jamais elle ne s'accorde l'espace pour simplement être, respirer, sentir ou exister sans performer. Ce mouvement perpétuel ne te semble pas un peu familier ? Notre époque glorifie ce type d'existence. On consulte nos notifications dès qu'une conversation s'essouffle. On active Netflix plutôt que d'habiter le silence après une journée difficile. On transforme nos angoisses en blagues pour que personne ne perçoive notre vulnérabilité. On empile les projets comme on empilerait des sacs de sable contre une inondation émotionnelle imminente. Cette course permanente n'est pas de l'énergie vitale, c'est de l'anxiété déguisée en productivité. Regardons maintenant ce qui se passe réellement dans notre cerveau quand on évite de ressentir. Notre système nerveux obéit à une programmation ancestrale. Fuir la douleur, c'est biologiquement ingénieux pour éviter un prédateur, mais catastrophique pour gérer des émotions complexes dans notre monde moderne. Lorsqu'une émotion inconfortable surgit comme la tristesse, la honte, la solitude ou encore l'incertitude, notre amygdale, ce petit centre d'alarme cérébrale, s'active intensément. une véritable sirène intérieure retentit, nous alertant d'un danger imminent dès lors qu'une émotion désagréable est détectée. Et là, notre cortex préfrontal, tel un complice bien attentionné, nous propose un arsenal de tactiques d'évitement. Faire défiler compulsivement les réseaux sociaux, lancer une plaisanterie pour désamorcer l'attention, commander impulsivement quelque chose en ligne, ou encore nous plonger dans une suractivité professionnelle. À chaque échappatoire qu'on emprunte, un petit shot de dopamine vient récompenser notre cerveau. Le problème fondamental, notre système nerveux ne fait aucune différence entre un tigre à dents de sabre et une émotion douloureuse. Il reste en état d'alerte, mobilisant constamment nos ressources physiologiques pour combattre un danger qui n'existe que dans notre paysage intérieur. Résultat, notre corps accumule une dette de repos, notre système immunitaire s'affaiblit, notre capacité d'attention se fragmente et cette sensation vertigineuse d'être partout et nulle part, simultanément, s'installent durablement. L'une des scènes assez révélatrices de la série montre Fleabag lors d'un rendez-vous avec un homme qui semble pour une fois compatible. L'alchimie est palpable. La conversation fluide, elle est éblouissante, spirituelle, présente. Puis l'invencible se produit. Il lui pose une question qui frôle le territoire de l'authenticité, qui l'invite à révéler un fragment de sa vérité. En une fraction de seconde, on la voit basculer. Elle lance une provocation sexuelle choquante. Elle déraille volontairement la conversation. Elle transforme une connexion naissante en un nouveau naufrage relationnel. Mais pourquoi fait-elle ça ? Parce que l'intimité authentique lui semble infiniment plus effrayante que l'isolement qu'elle connaît déjà. Ce mécanisme de sabotage n'est pas réservé aux personnes de fiction. Combien de femmes brillantes reconnaîtront ce réflexe. Combien d'entre nous ont délibérément compliqué une relation prometteuse, saboté une opportunité professionnelle ou créé un chaos inutile par peur de ce que pourrait révéler la simplicité ? Imagine ton système nerveux comme une assiette creuse avec une capacité limitée. Chaque émotion non traitée, chaque tension refoulée représentent une cuillère supplémentaire dans cette assiette. Une remarque qui t'a blessé mais que tu as ignoré ? Un conflit que tu as évité par diplomatie, une fatigue physique que tu as étouffée sous un double expresso. Tu continues d'affirmer tout est sous contrôle alors que l'assiette frôle dangereusement le bord. Et puis un jour, un incident mineur, une file d'attente trop longue, un message non répondu, une clé égarée, provoque le débordement catastrophique. Cette réaction disproportionnée n'est pas de l'hypersensibilité comme on pourrait te le reprocher. C'est simplement la conséquence mathématique d'une accumulation invisible. Si tu avais vidé progressivement cette assiette en reconnaissant et en exprimant tes émotions au fur et à mesure, ce débordement aurait pu être évité. Fleabag incarne parfaitement l'archétype du clown mélancolique, celle qui captive les foules tout en dissimulant une détresse profonde. Ses regards à la caméra sont éloquents. Elle te voit, te sourit, te fait complice, mais ses yeux trahissent un cri silencieux que... personne ne semble entendre. Dans notre monde hyper connecté, ce phénomène a pris une dimension inédite. Combien de femmes parmi nous créent consciencieusement une image publique éclatante pour s'effondrer dans la solitude de leur salon cinq minutes plus tard ? Cette dissociation entre le personnage public et l'expérience intime crée ce qu'on appelle en psychologie la dissonance cognitive, un décalage entre nos comportements extérieurs et notre ressenti intérieur. Ce fossé agit comme un aspirateur d'énergie mentale, drainant silencieusement nos ressources psychiques jusqu'à l'épuisement total. Captain Cramée, avant de connaître son burn-out dévastateur, était elle aussi une virtuose du mouvement perpétuel comme mécanisme d'évitement. Son quotidien ressemblait à une chorégraphie frénétique. Répondre aux mails professionnels avant même son point de café, enchaîner les réunions sans pause, coordonner trois projets minimum en parallèle pour optimiser son temps, s'imposer des séances de sport intensives pour évacuer le stress. Elle appelait ça vivre intensément ou encore maximiser son potentiel. Mais en réalité, elle fuyait méthodiquement le vide que pourrait révéler l'immobilité. L'arrêt, même momentané, représentait un risque inacceptable, celui de sentir cette inquiétude sourde, cette insatisfaction persistante, cette question terrifiante sur le sens. véritable de toute cette agitation, jusqu'au jour où son corps a imposé l'arrêt qu'elle se refusait. La révélation la plus douloureuse a été que son corps lui envoyait des signaux depuis des mois, mais elle avait si bien appris à les ignorer qu'elle avait perdu toute capacité d'écoute intérieure. Maintenant, on va voir six comportements qui révèlent que tu es en mode fleabag. Tout d'abord, l'humour devient ton armure automatique. face à toute émotion. Même dans les moments qui mériteraient de la gravité ou de la vulnérabilité, tu ressens le besoin compulsif de faire rire, de désamorcer, de créer une distance avec l'intensité émotionnelle. Ensuite, tu ressens un malaise physique face aux places vides de ton agenda. Un week-end sans plan te provoque une angoisse inexplicable. Tu remplis préventivement les espaces libres comme pour conjurer une menace invisible. Tu as aussi développé une aversion pour tes propres larmes. Tu retiens systématiquement tes pleurs, même seule, comme si céder à cette vulnérabilité représentait un danger ou une faiblesse impardonnable. Tu rediriges habilement les conversations personnelles. Tu as perfectionné l'art de détourner les questions qui pourraient t'amener à révéler tes failles ou tes peurs profondes, même avec tes proches. Le silence et l'inactivité te provoquent une anxiété tangible. Tu as toujours besoin d'un bruit de fond, d'une tâche à accomplir. d'une distraction pour éviter la confrontation avec tes pensées. Pour finir, ton corps manifeste ce que ta parole réprime. Tandis que tu répètes « tout va bien » , ton corps accumule les signaux tensions musculaires chroniques, troubles digestifs, migraines, problèmes de peau, perturbations du sommeil. Alors comment faire pour sortir du mode survie permanent ? Commence par instaurer un rituel. quotidien de non-action de 3 minutes. Ne te contente pas d'une vague intention. Fixe un moment précis, idéalement le matin avant le rush ou le soir avant le coucher. Pas d'écran, pas de musique, pas d'objectif, juste toi, ta respiration et la permission d'exister sans rien accomplir. Commence par 3 minutes, si l'exercice te semble insurmontable. C'est déjà... révolutionnaire pour un système nerveux habitué à l'hyperactivité. Tiens un journal émotionnel minimaliste. Crée un document ou un carnet où tu notes chaque jour une seule phrase commençant par « Aujourd'hui, je me sens » et sois précis dans ton vocabulaire émotionnel. Remplace stressé par dépassé, angoissé, sous pression ou inquiète. Cette simple pratique active ton cortex préfrontal et diminue l'intensité de l'amygdale, créant ainsi un espace entre toi et tes émotions. Identifie ton mouvement réflexe de fuite. La prochaine fois que tu te surprends à vouloir consulter frénétiquement tes mails, à lancer une série ou à réorganiser ton placard sans raison apparente, pose-toi cette question cruciale. Quelles émotions suis-je en train d'éviter ? Ne te juge pas, observe simplement le mécanisme avec curiosité. Remplace une activité stimulante par une pratique apaisante. Choisis consciemment une activité qui calme ton système nerveux plutôt que de le stimuler davantage. Une marche lente sans podcast, un bain sans livre, un thé dégusté en pleine conscience ou simplement regardé par la fenêtre pendant 10 minutes. Ces moments-là ne sont pas improductifs, ils sont régénérateurs sur le plan neurologique. Pratique aussi la vulnérabilité progressive. Commence par partager une petite vérité émotionnelle avec une personne de confiance. Du style « je me sens un peu débordée ces temps-ci » ou « j'ai du mal à dormir ces dernières nuits » . Observe comment ton corps réagit à ce petit acte d'authenticité. La vulnérabilité est comme un muscle. Elle se renforce avec la pratique. Célèbre tes moments de pause comme des actes de courage. Dans une culture qui glorifie l'hyperactivité, choisir consciemment de t'arrêter est un acte révolutionnaire. Reconnais ce courage. Chaque fois que tu choisis de ressentir plutôt que de fuir, de respirer plutôt que de réagir, félicite-toi explicitement. Tu reconditionnes ainsi ton cerveau à valoriser la présence plutôt que la performance. Crée un rituel de transition entre tes différents rôles. Fleabag passe d'un rôle à l'autre sans transition, épuisant son système nerveux. Pour éviter ça, instaure de micro-rituels de décompression. Par exemple, trois respirations profondes avant d'entrer chez toi, un moment de silence dans la voiture avant de rejoindre un événement social ou un petit étirement entre deux réunions. Ces transitions donnent à ton système nerveux le temps de s'ajuster, réduisant ainsi l'accumulation de stress. Comme Fleabag finit par le découvrir, notre agitation constante n'est pas un signe de vitalité, mais souvent un symptôme de fuite. Ce sont nos sourires. parfaits et nos agendas surchargés se cachent parfois une peur profonde, celle de notre propre vulnérabilité. Le véritable courage ne réside pas dans notre capacité à tout gérer en souriant, mais dans notre volonté d'accueillir notre humanité complète, y compris ses failles et ses douleurs. Peut-être que la vraie force n'est pas de courir plus vite que ses émotions, mais d'oser s'arrêter suffisamment longtemps pour les regarder en face, les accueillir et découvrir qu'elles ne nous détruiront pas. Fleabag nous fascine précisément parce qu'elle incarne cette tension que nous connaissons toutes. briller de mille feux tout en risquant l'implosion. Mais contrairement à elle, nous pourrons choisir de désamorcer cette bombe émotionnelle avant qu'elle n'explose. Et toi, quel petit pas vas-tu faire aujourd'hui pour sortir du mode Fleabag et réapprendre à simplement être ? Merci d'avoir écouté cet épisode. Je t'invite à partager ce podcast avec une amie qui est dans la même situation. À très vite !