Speaker #0Bienvenue sur Carrière de parent, le podcast qui décomplexe la parentalité dans le monde de l'entreprise. Je suis Delphine et j'accompagne au quotidien les services RH et les dirigeants dans la mise en place de projets parentalités pour leurs salariés. Dans chaque épisode, nous explorerons comment allier au mieux votre vie familiale et votre vie professionnelle. Nous verrons ensemble toutes les solutions qu'ils offrent à vous pour faciliter votre quotidien et vous permettre d'atteindre vos objectifs pro ou perso. Pour cela, un jeudi sur deux. Je vais partager avec vous des astuces et bonnes pratiques et vous présenter des personnalités au parcours inspirant. Des parents qui ont mené ces deux priorités sans compromis, mais aussi des spécialistes qui vous donneront des conseils hyper pratiques pour votre quotidien. Alors, vous me suivez ? Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode. Pour celui-ci, j'ai décidé de réfléchir en profondeur à ce que ça change d'accueillir un enfant et quel impact ça a. dans nos vies, notamment dans nos carrières. Parce que pour vous donner les meilleurs conseils, il me paraît important de savoir quels sont les points de douleur et de tension. Alors c'est parti pour un tour d'horizon du lot de chamboulements que nous amène notre statut de parent. La première grande claque, je ne vais pas vous le cacher, elle vient bien évidemment et sans surprise du manque de sommeil. Alors pour rappel, la durée optimale du temps de sommeil pour un adulte, elle est de 7 à 9 heures. Une étude qui est parue dans le journal britannique The Independent nous informe qu'un parent dormirait en moyenne moins de 5 heures par nuit. Une autre étude reprise cette fois dans le Daily Mail nous informe que les parents perdent en moyenne 44 jours de sommeil la première année. Le sommeil des parents est bien évidemment corrélé à celui de leurs tout-petits. Et les premières années, les nuits, ça peut vraiment être la cata. Entre les réveils nocturnes. Le réveil tôt le matin, vos nuits ne seront plus jamais aussi propices à vous reposer pleinement. Et pour ne rien arranger, en général les réveils se font souvent dans les cris, ce qui génère chez nous les adultes un réveil un peu brutal et un stress parfois non négligeable. Alors je vous apprends sans doute rien, mais pour rappel le sommeil se découpe en cycles différents. On a l'endormissement pour commencer, puis vient le sommeil lent léger, le sommeil lent profond, et le sommeil paradoxal. Chaque cycle a une fonction bien définie et dure environ 90 minutes. Et entre chaque cycle, on a un temps de micro-réveil. Donc se réveiller en plein milieu du cycle va bien évidemment pas avoir les mêmes impacts et être plus difficile et douloureux qu'à la fin d'un cycle. Mais quand on a un bébé, le réveil est plutôt imprévisible. On peut se réveiller en pleine nuit, à n'importe quel moment, et parfois le matin vraiment très tôt. En plus, le moment du cycle dans lequel on se réveille, forcément, va avoir des répercussions sur la façon dont on se réveille, si on est plus ou moins en forme. Et ça peut nous suivre toute la journée. Alors, on parle souvent des nuits, mais on oublie d'évoquer le sommeil lors des siestes. Parce que les premiers mois, parfois même plus longtemps pour les plus chanceux, les siestes sont totalement imprévisibles. Et nous, les parents, on ne sait pas vraiment ce qu'on peut prévoir, ce qu'on peut faire pendant ce temps, puisqu'on en ignore la durée. à l'avance. Est-ce que je dois me reposer ? Est-ce que je dois faire quelque chose pour moi ? Est-ce que je dois avancer dans mes tâches ménagères ? Alors bien évidemment, c'est prévu qu'on en reparle, pas d'inquiétude. Conséquence directe du manque de sommeil, le deuxième changement dans la vie des parents, le niveau d'énergie. Et oui, parce que qui dit manque de sommeil dit bien évidemment manque d'énergie. Pourtant, cette conséquence est beaucoup moins évoquée et beaucoup plus sous-estimé. C'est-à-dire que même une fois les nuits rodées, on peut observer une énergie en berne. En effet, il ne va pas y avoir que le sommeil qui va nous impacter. Entre les sollicitations multiples, l'inquiétude constante, le niveau d'attention plus-plus, la remise en question perpétuelle, le nombre de décisions qu'on doit prendre pour quelqu'un d'autre que nous, sans oublier la culpabilité et la gestion de l'entourage et de ses réflexions, difficile de trouver du temps de cerveau disponible pour soi. Troisième gros changement dans la vie des parents, c'est le niveau d'attention. Bien évidemment, on a évoqué le manque de sommeil qui va altérer les facultés psychologiques. Ça va entraîner une baisse de la concentration, de la vigilance et parfois même de la coordination. On va être moins attentif et donc par la force des choses, on va augmenter notre risque d'erreur. Ce qui va avoir, effet boule de neige, un effet sur le moral. sur l'humeur, sur le stress, sur l'irritabilité. Certains peuvent même aller jusqu'à un développement de troubles anxieux et on parle même de plus en plus de burn-out, le burn-out parental. Mais le burn-out mixte aussi puisque souvent les parents ont aussi des fonctions en parallèle dans leur vie professionnelle. Alors cette baisse de l'énergie et du niveau d'attention va pouvoir se solder malheureusement par moins d'envie. Moins de projets, moins d'implications et ce cercle vicieux qui va se répéter finalement et peut avoir des conséquences à long terme sur l'organisation de la carrière. Plus pragmatique mais non moins important à prendre en compte, le chamboulement de l'arrivée d'un enfant qui va avoir des répercussions sur toute l'organisation de la famille et de la vie parentale. Fini de se lever et de ne penser qu'à soi, Aujourd'hui, on se réveille souvent dans les cris pour s'occuper principalement de quelqu'un d'autre. Il va falloir réfléchir à un mode de garde, penser à l'organisation du matin et du soir, et fonctionner avec des horaires beaucoup plus contraints. Le week-end, on aura un emploi du temps qui est moins maîtrisé, avec son lot d'imprévus, et donc moins de capacité à faire des choses pour soi. Il va falloir quelque part réfléchir à tout anticiper, tout planifier. pour pouvoir faire de la place à tout ce qui va être imprévu. Au début, on a tendance à se laisser un petit peu aller, à laisser venir, et petit à petit, on se rend compte que mieux on est organisé, et plus on a du temps de qualité. Je pense souvent à cette citation du géant du meuble suédois, qui dans une de ses publicités disait « Ranger pour faire de la place à la vie. » Pour moi, la maxime, ce serait « Organiser fait de la place à l'essentiel. » La cinquième conséquence va être tout à fait en rapport puisque c'est la gestion du temps. Déjà, le rapport au temps va être totalement modifié puisque avec un enfant, le temps passe à une vitesse incroyable. Et en plus de tout ça, le temps que vous avez pour faire les choses va être tout à fait différent. Souvent, on se demande entre parents, mais qu'est-ce qu'on faisait de notre vie avant ? Parce qu'on a moins de temps pour soi, ça c'est une évidence, et on a aussi cette difficulté à se recentrer et cette impression de ne plus vivre pour soi-même. Surtout quand on a un travail assez prenant et des enfants au bas âge, même des enfants un peu plus grands, finalement, tout le temps qu'on passe dans la journée, on le met à profit de quelqu'un d'autre, de son employeur, de son enfant, et puis ensuite de sa famille, de ses amis, de son couple, etc. Et parfois, on peut avoir cette difficulté à se recentrer. Et c'est nécessaire pourtant, pour souffler et pour traverser certaines difficultés, de pouvoir prendre du recul et un peu de temps pour soi. Ce qui change aussi énormément dans la vie des parents, c'est, et là c'est le point ultra positif, le niveau de bonheur. Et il va falloir apprendre à se connecter à ce bonheur. Il sera fait de petits moments et de grandes émotions. Et tous ces moments-là, toutes ces émotions qu'on va vivre, il va falloir apprendre à en profiter. Mais pour savoir en profiter, il faut que nous, on se sente bien. Ces petits moments, il faut savoir les garder en mémoire, s'en imprégner, les enregistrer dans sa bibliothèque des sensations pour pouvoir les ressortir dans les moments de moins bien ou les instants de doute. Par exemple, regarder son enfant s'endormir paisiblement, les premiers sourires, les échanges, jouer à coucou caché et le voir éclater de rire. Il est là le sens en fait et c'est ça qui est plus fort que tout. Et finalement, ce niveau exceptionnel de bonheur, à côté duquel il ne faut pas passer, il mène à la mise en perspective des priorités. Parce que comme on a moins de temps pour tout, on est obligé de se concentrer sur l'essentiel, de faire des arbitrages, et ces arbitrages ne dureront qu'un temps. Et ça, il faut avoir la capacité de se le dire. La priorité dans un premier temps, ce sera pour la majeure partie d'entre nous, le bébé. Son bien-être, ses besoins, et parfois nous, on risque un petit peu de s'oublier. On a notre carrière avec ses contraintes, ses horaires, et on a cette nécessité de parfois prendre un peu de hauteur, un peu de recul. Et ça peut mener parfois à une certaine démobilisation. Et c'est un petit peu dommage parce qu'on voit beaucoup de parents qui se disent que la carrière, ça passe après, et on peut perdre de nombreuses années de sa carrière à ne pas se poser cette question-là. Ça peut être dommage si ça dure sur le long terme, Parce que... peut avoir quand même envie de mener une carrière épanouissante, même si la priorité reste notre famille. Je l'ai vu moi-même quand un mauvais choix professionnel a tellement pesé sur ma vie de couple et ma vie de famille que finalement je ne me sentais pas bien. Et puis c'est d'autant plus dommage parce que les enfants, vous le savez bien, ressentent tout. Et ils peuvent avoir cette impression qu'un travail c'est forcément une contrainte et pas une passion, une envie ou un vrai projet. Quoi qu'il en soit, les premières années de nos enfants passent vite, alors profitons-en. Trouvons des moyens de traverser ces difficultés. Pour vivre vraiment sereinement ces merveilleux moments, et pas passer notre temps à nous répéter « ça ira mieux demain » , parce qu'il n'y aura pas de retour en arrière possible demain. Le mode survie qu'on active ces premières années peut nous mener à passer à côté de l'essentiel. Mais il existe des solutions, des ajustements, des arbitrages, et on va voir tout ça ensemble bien évidemment, c'est le but de ce podcast. Si cet épisode vous a rendu curieux et vous a donné envie d'en savoir plus, mettez-le en favori dans votre application d'écoute. pour ne rater aucun conseil. Si vous pensez qu'il peut aider quelqu'un, parlez-en autour de vous et dites-moi ce que vous-même vous en avez pensé. Merci pour votre écoute et je vous dis à très bientôt.