- Speaker #0
Bienvenue dans C'est pas que de la com, le podcast des communicants qui s'engagent. Je suis Laëtitia Laurent, communicante et fondatrice de ce podcast. Après deux saisons consacrées à l'impact des enjeux RSE sur la communication des entreprises, place à l'impact de l'intelligence artificielle sur notre métier. Ce qu'elle change, ce qu'elle bouscule, ce qu'elle révèle aussi. Comment les professionnels de la communication intègrent-ils l'IA dans leur quotidien et leurs stratégies ? Quels sont leurs usages, leurs expérimentations ? Les opportunités qu'ils identifient, les arbitrages qu'ils font, mais aussi qu'est-ce que l'IA change dans la construction des récits, la réputation et la visibilité des organisations. Avec eux, je cherche aussi à comprendre ce que nous pouvons vraiment déléguer à l'IA, automatiser, ce qu'elle rend possible, ce qu'elle accélère, mais aussi ce qu'on choisit de ne pas lui confier et ce qui fait la valeur de notre métier de communicant. Je partage avec vous ces conversations autour de leurs expériences, de leurs convictions, de leurs doutes aussi. et avant tout de ce qu'ils apprennent en chemin. Et n'oubliez pas, si vous aimez c'est pas que de la com, pensez à vous abonner et à laisser 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute pour soutenir le podcast. Merci ! Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Sandrine Chauvin, fondatrice de The Good Voice. Pendant 10 ans chez LinkedIn, Sandrine a façonné la stratégie éditoriale internationale du plus grand réseau professionnel au monde. Elle y a notamment développé le programme Top Voice, pour accompagner la prise de parole des dirigeants et leaders d'opinion. Elle y a aussi construit les équipes éditoriales, réparties un peu partout dans le monde, avec lesquelles elle a travaillé sur les tout premiers articles générés par l'IA. Aujourd'hui, avec The Good Voice, elle met cette expérience au service des dirigeants et des organisations pour construire leur communication et leur influence sur les réseaux sociaux. Alors avec Sandrine, j'ai voulu parler de ce que l'IA change dans la manière de construire une voix, de créer de l'influence et de la confiance, mais aussi de ce qui, dans ce nouveau paysage, reste... profondément humain. Dans cet épisode, Sandrine partage aussi quelques chiffres. 9 dirigeants sur 10 du SBF 120 publient régulièrement sur LinkedIn et leurs posts génèrent 4 fois plus d'engagement que la moyenne des autres publications. Alors comment construire une voix singulière et crédible quand chacun peut produire du contenu en quelques secondes ? Pour Sandrine, tout commence par un point de vue, une expertise et une histoire personnelle. Elle nous explique pourquoi elle passe du temps sur la biographie des dirigeants qu'elle accompagne afin d'identifier ce qui les distingue et ce qu'ils ont vraiment à apporter. On parle ensuite de la façon dont Sandrine traduit ses singularités en une stratégie éditoriale avec une méthode claire pour construire un territoire à la croisée d'une expertise propriétaire, d'un point de vue authentique et des attentes des publics, tout en composant avec l'algorithme de LinkedIn. La suite avec Sandrine. Bonne écoute ! Bonjour Sandrine, merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Oui, bonjour, merci à toi.
- Speaker #0
Alors, première question de chaque épisode finalement de ce podcast, quand est-ce que l'IA est entrée dans ta vie ? Depuis combien de temps tu observes l'IA transformer ton métier et celui de tes clients, ou en tout cas ta relation à tes clients ?
- Speaker #1
En fait, depuis assez longtemps, dans le sens où Microsoft, LinkedIn appartient à Microsoft, et Microsoft détient 49% des parts de ChatGPT. Et ça, c'était déjà vrai juste après le Covid, donc en 2021. Et il s'avère qu'en 2021, chez LinkedIn et notamment chez Microsoft, on a commencé à tester les premiers articles générés par l'IA, où on a en gros généré 200 à 400 compétences, ça dépendait des pays. Et ensuite, on a demandé à l'IA d'écrire des articles sur ces compétences, par exemple comment faire un PowerPoint, comment mener une bonne interview, etc. Et ensuite, on avait créé ce qu'on appelait des articles collaboratifs, à vous. les articles étaient générés par l'IA, donc évidemment il y avait une mention qui précisait que c'était généré par l'IA, et ensuite les membres commentaient dans cet article pour enrichir l'expérience d'exemple, de contribution personnelle, etc. Donc ça c'est resté peut-être un ou deux ans en service, et moi mon rôle était, un, de produire une partie de ces articles, et surtout de vérifier la pertinence. du contenu généré par les IA dans d'autres cultures, d'autres langues, etc., que les États-Unis notamment. Puisque quand on répond à un entretien d'embauche, si on parle des entretiens, ce n'est pas exactement pareil en Inde versus au Japon, versus en France, versus même entre la France et l'Allemagne, il y a quelques petites différences, en tout cas, sur les bonnes pratiques. Et comme c'était des articles très conseils, il fallait s'assurer de la pertinence de ces articles. Puis ensuite, les articles étaient distribués. par l'algorithme sur LinkedIn. Après, je pense au final que l'IA est présente dans la vie de tout le monde depuis très longtemps puisque les algorithmes, c'est une forme d'intelligence artificielle déjà puisqu'elle prend en compte les intentions des gens ou la façon dont on consomme du contenu pour nous suggérer du contenu. Donc, ce n'était pas de la création in extenso comme ce qu'on connaît aujourd'hui, mais au final, c'était déjà des systèmes algorithmiques. Et ce qui a changé, c'est les large language models. D'où la présence d'articles et le fait d'être capable de générer du contenu, de générer des présentations, etc. Donc voilà, les premiers tests sont vraisemblablement les premiers articles générés par l'IA au monde.
- Speaker #0
Alors avec quels résultats ? J'ai envie de te demander si c'était satisfaisant ou pas à l'époque, mais tu vas peut-être y revenir. À quel moment tu as compris que ça allait profondément changer notre manière de produire et de faire circuler aussi des contenus ? J'imagine que l'exemple que tu viens de nous citer a été une grande révélation, mais est-ce que tu imaginais tout le chemin ? que tu allais toi-même parcourir et que tu as parcouru depuis ? Et à quel moment tu as commencé à structurer vraiment ton approche et l'intégration de l'IA peut-être chez LinkedIn d'abord, effectivement, par quoi vous avez... continuer, puisque j'allais te dire comment c'est, mais tu viens de nous l'expliquer. Si tu peux revenir un peu sur l'intégration finalement de l'IA peut-être chez LinkedIn et en tout cas dans le cadre de tes fonctions.
- Speaker #1
Donc au final après, ce qui s'est passé, c'est que pour générer ces articles, on a dû développer des compétences, notamment des compétences en prompt engineering, parce qu'à l'époque c'était un peu moins simple quand même qu'aujourd'hui sur les interfaces. Donc, on a tous été formés au prompt engineering pour arriver à générer des outputs qui soient assez pertinents, notamment dans nos langues et aussi dans nos cultures.
- Speaker #0
Et je t'interromps, mais j'imagine qu'il n'y avait pas ce conversationnel et ce no-code qu'on a aujourd'hui avec l'interface LGPT ou Cloud ?
- Speaker #1
Alors, si, il y avait déjà. Ça fonctionnait déjà comme ça, mais il fallait prompter. Puis, tu avais plein d'ajustements que tu pouvais faire. Qui sont encore là, mais beaucoup moins visibles et un peu plus intuitifs. Donc, il y avait un côté très technique. si je peux dire ça comme ça, à l'époque. Mais il y avait déjà la chatbox conversationnelle où en gros, tu mettais quand même une ligne. Tu parlais comme tu pourrais parler finalement à quelqu'un ou à ce qu'on appelle aujourd'hui les agents. Ce système-là existait déjà. Et honnêtement, je pense que j'ai commencé à me rendre compte de l'impact et du changement, pas en le mesurant totalement, mais en tout cas en voyant la réaction des autres. C'est-à-dire que même en interne, Quand j'expliquais ce qu'on était en train de faire avec la génération d'articles et que c'était fait par un robot finalement, les gens me disaient « mais non, c'est pas possible, qu'est-ce que tu racontes ? » Donc il y avait comme ça tout un gap et après les gens voyaient que ça marchait. Donc ils ont commencé à comprendre que oui, il allait y avoir un changement énorme. Et ensuite j'ai aussi compris quand ça a accéléré, qu'on a fait tous les développements dans plusieurs pays, dans plusieurs langues, que ce robot était capable de parler plein de langues. et il les parlait plutôt bien. Alors au début, plus ou moins, dans certaines langues, par exemple l'allemand, il avait un peu plus de mal à parler l'allemand parce qu'il avait un amant très bureaucratique, mais depuis ça s'est largement amélioré. Et donc là j'ai compris qu'il y allait avoir une énorme révolution, notamment dans les métiers de la communication, les métiers du journalisme aussi, qui sont de la production en lien avec la production d'écrit ou la production d'images. Voilà, donc ça je l'écoute. compris assez tôt. Et après, c'est ce que je te disais, on a mis en place des formations, notamment au prompt engineering. Après le prompt engineering, je pense que c'est temporaire. Toi comme moi, on a vécu aussi toute la révolution d'Internet, de Google Search, etc., où on a été formés à la recherche booléenne. On a fait les limites codées pour faire des recherches en Google. La réalité, c'est que 25 ans plus tard, on ne fait pas de la recherche booléenne. On cherche comme on parle et on a appris à chercher. dans ces robots-là. Et je pense qu'il va y avoir la même acculturation qui va se faire avec l'IA, avec les systèmes qui eux-mêmes vont s'améliorer à la façon dont nous, on interagit et dont on parle. Donc, ça sera beaucoup moins technique avec le temps pour que ce soit facile à implémenter par les gens. En tout cas, c'est une conviction personnelle et je le vois d'ailleurs si tu regardes là, Chad, JPT et Claude, comment ils évoluent toutes les semaines. Tu vois, aujourd'hui, même créer un site Internet, les deux ont créé un petit onglet, cliquer, faire ton site. Il suffit de cliquer sur un bouton, quoi. Enfin, à peu près. Je schématise, mais voilà, c'est à deux, trois bases. Donc, je pense au final que ça va être accessible sur pas mal de gens. Après, il y aura une différence entre ceux qui maîtrisent tout ce qu'il y a derrière et comment on le fait bien. Et puis, il y aura ceux qui n'ont pas pris le train en route.
- Speaker #0
Et alors, peut-être dans ton propre travail aujourd'hui, tu as créé The Good Voice. Si tu peux revenir peut-être sur les raisons de la création de cette entreprise et puis comment ton rapport à l'IA dans le cadre de The Good Voice.
- Speaker #1
The Good Voice est né de l'idée que ça faisait depuis plus de 15 ans que j'accompagne des créateurs de contenu ou des dirigeants. Avant LinkedIn, j'ai créé le site de Harvard Business Review en France où il y avait déjà des contributeurs sur la plateforme, des contributeurs en français qui étaient des experts dans leur domaine et j'avais créé toute une communauté de contributeurs. Je pense que c'est en partie la raison pour laquelle LinkedIn m'avait recrutée. Et dix ans plus tard chez LinkedIn, pendant dix ans, non seulement j'ai créé tous les contenus via des équipes en interne, plus les contenus que moi-même je produisais pour faire revenir les gens quotidiennement sur la plateforme. Et ensuite, on a créé des programmes et j'ai créé des programmes, notamment le plus connu, le programme LinkedIn Top Voice, d'accompagnement des dirigeants d'entreprises. Ça va de Thomas Pesquet, Emmanuel Macron, au patron du CAC 40, Bill Gates, Richard Branson, etc. Pour leur dire qu'il fallait publier, qu'ils partagent leur expertise, leurs expériences. expérience en tant que dirigeant d'entreprise sur la plateforme. Donc ayant fait ça pendant une dizaine d'années, je me suis dit, finalement, j'ai quand même une compétence d'accompagner et de conseiller tous ces dirigeants-là sur comment on prend la parole, de quoi on parle, comment on s'assure que ça reste authentique, même si on utilise en partie l'IA, et comment surtout on se différencie. Et je suis convaincue aussi qu'avec le temps, dans la société dans laquelle on évolue aussi, les entreprises vont devoir s'appuyer et créer de la confiance. Et pour créer cette confiance, ce capital confiance, ça passe beaucoup par l'incarnation. et la prise de parole des dirigeants. Donc, il faut qu'il y ait une personne qui parle et qu'on vérifie qui parle finalement et qu'on ait confiance dans cette personne qui reste le plus authentique possible. Si c'est que derrière des messages corporate, ça marche assez peu aujourd'hui. Aussi parce que tous les codes de la communication ont changé, ont été beaucoup plus incarnés, pas seulement avec LinkedIn, mais c'est aussi l'évolution sur Instagram, sur TikTok, sur YouTube, etc. Et c'est pour ça que les dirigeants sont devenus finalement des médias à part entière. donc ils ont leur... podcasts, ils ont leur newsletter, ils ont leur compte sur les réseaux sociaux, parce que ça leur permet de prendre la parole, d'occuper tous ces écosystèmes médiatiques qui aujourd'hui composaient des médias, donc en fait ça a multiplié les canaux de communication, donc il y a toujours les médias avec la presse. Aujourd'hui, il y a aussi les créateurs de contenu qu'il faut activer, et ensuite il y a les dirigeants qui eux-mêmes deviennent des créateurs de contenu et des influenceurs entre guillemets sur les réseaux sociaux. Du coup, ça m'a amenée à créer The Good Voice puisque je pense que j'ai une valeur ajoutée d'abord sur l'expérience LinkedIn puisque je connais l'algorithme et le fonctionnement de LinkedIn de l'intérieur. Et ensuite, j'ai toute cette expérience créative et journalistique derrière moi qui fait que je sais écrire, je sais produire des formats de vidéos, des formats de podcasts et rester créative pour justement développer cette confiance et garder cette authenticité pour les marques.
- Speaker #0
Et alors justement, quand tu accompagnes la prise de parole de dirigeants sur différents canaux et à travers différents formats, où est-ce que l'IA peut vraiment apporter de la valeur ? Et qu'est-ce que tu délègues finalement à l'IA ? Et peut-être, est-ce que tu as tenté des usages qui se sont révélés presque contre-productifs ? Est-ce que tu as des exemples à nous partager ?
- Speaker #1
Alors sur l'utilisation de l'IA en tant que telle, moi j'ai beaucoup délégué la partie administrative, parce que ce n'est pas ce que je préfère faire. Donc l'IA gère une partie de mon agenda, gère une partie de ma boîte mail, mais je ne laisse jamais l'IA envoyer seul ces éléments-là. Je vérifie tout et tout le temps parce qu'au final, c'est ma crédibilité, c'est ma marque, etc. Donc je veux vérifier. Ensuite, le deuxième, c'est vrai que c'est quand même très efficace, notamment pour formaliser une présentation. Après, comme disent les Américains, c'est un peu grossier, mais shit in, shit out. Donc il faut quand même lui donner un template ou un framework. ou un plan, lui donner les grandes lignes de ce que tu veux faire pour que tu aies un résultat qui soit pertinent parce que sinon, tu arrives avec des présentations et moi d'ailleurs, j'en vois qui sont toutes les mêmes, toutes identiques et du coup, ça a peu d'intérêt. Donc voilà, moi au final, je passe beaucoup de temps quand même à regarder quelle est la stratégie de mes clients, quels sont les messages qu'ils veulent porter, comment ils l'inquiètent, comment ils peuvent l'incarner. Je passe aussi beaucoup de temps sur la biographie en fait des gens. parce que c'est intéressant de comprendre un peu leur passé, leur expérience, pour savoir qu'est-ce qu'ils ont de différenciant, qu'est-ce qu'ils peuvent apporter. Et c'est là que j'apporte une vraie valeur ajoutée. Et ça, l'IA, en tout cas pour l'heure, elle ne pourra pas le faire à notre place. Et ensuite, tu as toute la partie créative que tu ne peux pas déléguer. Tu dois venir avec un format, une idée, un thème de conversation que tu pourras décliner soit en vidéo, soit en audio, soit en texte. sur des formats différents. Ça peut être sur Instagram, ça peut être sur YouTube, etc. C'est ce qui fait la richesse de mon métier. Et c'est ce que j'aime, en fait. C'est la partie créative et relationnelle qui fait tout ce que j'aime dans mon métier depuis toujours.
- Speaker #0
Et tout de même, je vais creuser un peu sur la partie créative ou la partie en amont aussi de recherche, toute la partie de préparation éditoriale, finalement. Est-ce que tu as un cas concret où l'IA t'a permis de faire quelque chose que tu n'aurais pas pu faire avant, ou peut-être pas aussi bien, ou pas aussi vite qu'auparavant ? Est-ce qu'il y a forcément quelque part un gain de temps ? Vous êtes dans les recherches, dans une forme de synthèse ou dans l'extraction, l'identification de ce qui va faire vraiment une différence ou de ce qui va être très identitaire de la personne que tu accompagnes. Est-ce que tu sens vraiment que c'est une aide ?
- Speaker #1
En fait, elle fait gagner beaucoup de temps sur la… Par exemple, dans les métiers de la communication et dans les métiers du journalisme, c'est encore plus vrai, on passe beaucoup de temps à collecter de l'information, à prendre des notes, etc. Et en fait, la formalisation et la mise en forme de nos notes prenait beaucoup de temps. Et aujourd'hui, tu peux déléguer cette mise en forme à l'IA. Donc, tu passes beaucoup moins de temps à revenir dans tes notes, à essayer de les mettre en forme, à essayer d'imaginer comment ça va être et à bien tout remettre ensemble. Et ça, l'IA, elle te permet de remettre le puzzle tout ensemble. Après, ça ne dispense pas de relire, de vérifier. Moi, par exemple, je réécris parce que je trouve... parce que c'est très formaté l'IA. Tu sais, c'est des phrases très, très courtes. Des fois, tu n'as pas de sujet, pas de verbe. Voilà, c'est une écriture très formatée. Donc, d'un point de vue écriture, ça peut m'aider à avoir un premier jet, une première base, si c'est pertinent. Mais je réécris tout, parce que je trouve que sinon, ça perd un peu d'âme. Donc, c'est important de passer du temps à rajouter ce petit supplément d'âme. Mais oui, du coup, ça prend du temps à faire aussi les comptes rendus dans les unions, par exemple. du coup, tant à faire un compte-rendu, au final, il y a, une fois qu'elle a capté, notamment enregistré dans les meetings, ça, c'est une aide précieuse, ce qu'on dit, ce qu'on fait, il y a le mail qui est quasiment prêt sur le compte-rendu de meeting. Voilà, et moi, du coup, à côté, j'ai noté à la main, parce que je trouve que c'est un prolongement, en tout cas pour moi, de mémorisation, les trois points clés qui m'intéressent, et ensuite, le compte-rendu, lui, après vérification, chez le client, et il est déjà fait. Donc, on gagne beaucoup de temps sur la partie... Merci. partie de reporting en fait, pareil sur l'analyse des datas, ça tu le passes beaucoup de temps, moi j'aime bien voir, parce qu'on peut avoir plein de stratégies sur les réseaux sociaux, la question c'est de savoir si cette stratégie elle a un impact et si elle en a pas, bah il faut ajuster et si elle en a, bah tant mieux tout le monde est content et du coup il faut soit consolider, soit renforcer certains aspects, donc moi je passe en gros je fais des reporting mensuels sur lesquels je regarde la data et la performance ça me permet d'agréger des datas rapidement et d'avoir une petite synthèse sans Moi, il passait des heures et des heures d'analyse et de compréhension.
- Speaker #0
Et alors du coup, ceux qui nous écoutent ont cliqué sur le lien vers l'épisode en voyant que tu, effectivement, avais travaillé longtemps chez LinkedIn et que tu connaissais bien l'algorithme de LinkedIn. Est-ce que, Sandrine, s'il te plaît, tu peux nous dire à quelle heure et quel jour il faut poster sur LinkedIn pour être sûre d'avoir le plus de vues, d'engagements sur son poste ? Qu'est-ce que tu observes ? Il y a une recette ? Il y a une seule réponse à cette question ?
- Speaker #1
Non, il y a malheureusement... J'aimerais te dire qu'il y en a une, mais malheureusement, il n'y en a pas. Et d'ailleurs, il y a beaucoup de gens qui disent qu'ils ont la recette et cette baguette magique. Il ne faut pas les croire parce que ça n'existe pas. En fait, c'est la stratégie du bon sens. C'est-à-dire que les gens remarquent que ça marche mieux le matin, entre midi et deux, et grosso modo en fin de journée, et plutôt les jours de la semaine, parce que LinkedIn, qui est un réseau professionnel, est essentiellement conseillé. consommer autour de son activité professionnelle, essentiellement la semaine, le week-end, dans les temps, dans les transports, ou quand on arrive au bureau, ou quand on a une pause, quand on ouvre son ordinateur et qu'on ouvre l'onglet LinkedIn, ou dans les transports, quand on regarde LinkedIn sur son téléphone. Voilà, c'est juste du bon sens, et je peux vous dire aussi pourquoi, et la réalité est bien pragmatique, ça ne peut pas être une question d'heure, c'est que tous ces algorithmes, etc., sont calés sur les heures de San Francisco, c'est-à-dire de la Silicon Valley. Et je peux vous dire que je ne pense pas qu'à San Francisco, ils se soucient de quand est-ce que les Français consomment un contenu dans leur métro. Voilà, donc ça, c'est absolument un mythe. Il y a plein de mythes comme ça qui circulent.
- Speaker #0
Je suis dans le mythe, manifestement. Il n'y a pas une localisation quand même des algorithmes, une géolocalisation ?
- Speaker #1
Il y a une géolocalisation de ton algorithme, bien sûr, en fonction de tes paramètres et de où tu as indiqué que tu es. fonctionnement algorithmique, c'est-à-dire de notre distribution du contenu, il n'est pas calé sur des horaires spécifiques.
- Speaker #0
Bon, voilà, première idée déconstruite. Et ensuite, qu'est-ce que tu observes quand même dans tes datas, dans ce qui fonctionne ou pas ? On a souvent entendu, alors peut-être encore un mythe, là j'y crois moins, que finalement ce qui payait, c'était la récurrence ou la régularité et la constance dans les thèmes, les sujets abordés. Est-ce que du coup, c'est quelque chose auquel tu attaches beaucoup d'importance, à identifier des mots clés ? Merci. assez identitaire, la personne que tu accompagnes, pour les replacer régulièrement, pour installer finalement sa voix sur LinkedIn ?
- Speaker #1
Oui, il y a quand même ça, parce que la façon dont l'algorithme fonctionne, il fonctionne sur des systèmes qu'on appelle de embeddings. En gros, c'est un mapping, un peu comme une toile d'araignée, si tu veux, où on va voir les thèmes qui intéressent telle ou telle personne, et toi, comment tu te situes dans ce thème-là ? Je vais être très schématique, et ceux qui sont experts vont s'arracher des cheveux. Mais en gros, c'est un peu comme ça que ça fonctionne. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut publier de façon régulière. Tu es pénalisé si tu t'arrêtes de publier à un moment donné. Il ne faut pas oublier qu'on est aussi sur des entreprises et que ces entreprises-là, que ce soit Instagram, TikTok, ou LinkedIn, ou je ne sais quoi, leur but, c'est de nous faire revenir le plus souvent possible. Parce qu'on consomme de la publicité, parce qu'on va consommer leurs services, etc. Et qu'on y passe le plus de temps possible. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut poster régulièrement. Si tu ne postes pas régulièrement, tu es pénalisé par l'algorithme. Ça, c'est vrai. Donc, la recommandation, c'est idéalement de poster une fois par semaine. Après, si tu y arrives deux fois par mois, c'est pas mal. Et souvent, on me demande, est-ce que je continue pendant mes vacances ? Dans l'idéal, oui, pour ne pas être pénalisé parce que sinon, vous allez devoir un peu pédaler et rattraper le train un peu plus tard. Donc, c'est important de garder de la régularité. Le deuxième chose, par rapport aux mots-clés... Je pense que c'est important d'un point de vue algorithmique pour qu'ils comprennent bien les sujets sur lesquels vous vous exprimez. Mais au final, si on en revient à une stratégie plus journalistique ou éditorialisée, on ne s'exprime pas sur tout. Un magazine, par exemple, ou un site Internet rattaché à un magazine, il y a une ligne éditoriale avec des sujets qu'ils traitent de façon régulière, etc. Par exemple, le quotidien du médecin, il va être très ciblé. Les échos, c'est pareil. Donc, je pense que c'est la même chose. pour les dirigeants. On a expliqué tout à l'heure qu'ils devenaient leurs propres médias. Donc, il faut construire une ligne éditoriale en lien avec ce média et commencer par identifier un, deux, trois. Moi, j'appelle ça des territoires éditoriaux, c'est-à-dire des sujets et des thèmes sur lesquels ils s'expriment régulièrement. Voilà, c'est pareil. C'est un peu comme l'heure à laquelle tu publies. C'est du bon sens éditorial de définir les sujets sur lesquels tu t'exprimes. Et puis, ça permet aussi à ton audience et ta communauté,
- Speaker #0
puisque ça fonctionne sur les abonnés à ton profil, ou en tout cas les personnes à qui tu es connecté, de savoir de quoi tu parles et qu'est-ce que tu fais. Alors que sinon, ils ne vont plus savoir et ils ne vont plus comprendre. C'est une question de clarté. Alors, je reviens sur peut-être le fond. Tu as cette conviction que même à l'ère de l'IA, les gens recherchent, ça rejoint un peu ce que tu commençais à dire, de l'humain et de l'authenticité, dans la pratique et dans ta pratique. Comment fais-tu pour préserver une voix réellement personnelle quand des contenus peuvent être générés ou retravaillés ou préparés par l'IA ? Comment est-ce que tu fais finalement pour réconcilier une performance liée à un algorithme et une performance éditoriale qui répond aussi aux enjeux d'identité de tes clients ?
- Speaker #1
Alors moi, j'en reviens toujours à quel est le point de vue ? Est-ce qu'il y a un point de vue différenciant ? Et quelle est l'expertise ? qui permettraient de se différencier, soit par rapport à la concurrence, soit par rapport à quelque chose qui est automatiquement généré. Et le troisième point, c'est d'en revenir à l'histoire personnelle, parce que ça, justement, elle est personnelle. Donc, elle est difficilement copiable, voire impossible à copier. Et c'est ce qui nous rend toutes ces histoires de vie sûrement profondément humaines. Et c'est ce qui fait qu'avec... Parfois, j'ai des dirigeants, par exemple, qui ne veulent pas parler quand ils ont raté quelque chose ou échoué. Et c'est dommage parce qu'ils ont souvent énormément appris, voire plus que quand ils ont réussi quelque chose. Donc, c'est ça qui m'intéresse, d'arriver à leur faire comprendre qu'il faut rajouter cette part du magnitude, si je peux dire ça comme ça, dans le discours porté par les entreprises aujourd'hui. Et cette part d'incarnation. Et d'ailleurs, c'est ce qui marche très, très bien chez les créateurs de contenu. Si tu regardes... L'inna situation, par exemple, elle s'est fait connaître avec ses imperfections et en montrant dans l'intime presque. Et c'est vrai des autres influenceurs. Et puis en revenir aussi à l'expertise, sa compétence, son point de vue par rapport à l'évolution de son secteur, l'actualité de son secteur, l'actualité de son expertise. Vous avez le droit d'avoir un point de vue. Et l'IA, elle, elle n'aura pas forcément de point de vue puisqu'elle a une notion beaucoup plus générique de l'information.
- Speaker #0
Et puis qui dit ? Point de vue dit aussi conversation. Plus on a un avis, pas tranché, mais en tout cas un vrai avis sur un sujet, un vrai point de vue, c'est là qu'on peut... créer de l'adhésion ou au contraire du débat ? Et j'imagine que c'est quelque chose que tu recherches aussi, créer de la conversation.
- Speaker #1
Moi, j'ai toujours dit chez LinkedIn, les posts initient une conversation. Et ensuite, c'est ce que je dis aux dirigeants, il faut surtout prendre le temps de répondre aux conversations et aux commentaires. Et d'ailleurs, il y a un nouvel algorithme chez LinkedIn et le nouvel algorithme de chez LinkedIn favorise essentiellement deux choses. Un, il va valoriser les commentaires. parce qu'il va comprendre que vous êtes en conversation avec les autres personnes. Et le deuxième point, il va même valoriser quand vous sauvegardez un poste ou un article parce que vous n'avez pas le temps de le lire, parce qu'il est trop long, etc. Mais ça veut dire que la personne a trouvé ça intéressant et elle a envie d'y revenir. Voilà, tous des indicateurs comme ça d'intérêt et de conversation. Et finalement, dans une conversation, c'est aussi beaucoup moins préparé. Les gens, ils ne vont pas aller demander à l'IA d'écrire le commentaire à leur place. Souvent, ils font ça de façon assez spontanée. Donc, c'est aussi intéressant dans les conversations. Et d'ailleurs, c'est ce que je dis aux dirigeants, et moi, je passe du temps à les aider à le faire, de prendre du temps tous les jours, si ce n'est toutes les semaines, d'aller commenter quelques posts, voire parfois même de leurs concurrents ou de leurs pairs, parce que c'est comme ça qu'ils vont gagner en visibilité.
- Speaker #0
Justement, là, tu parles d'influence et de visibilité. Tu as forcément observé, on l'a déjà vu, lu, que les prises de parole de personnes et de dirigeants génèrent beaucoup plus d'impression et d'engagement que les autres contenus, en tout cas ceux des marques, des entreprises. Pourquoi leur voix personnelle compte autant aujourd'hui ? Quand tu rencontres un dirigeant peut-être qui, si tu es approché par un dircom, qui te dit « on aimerait travailler » . La ligne éditoriale de notre dirigeant, il est un peu réticent, il ne sait pas trop. Voilà, comment tu arrives à convaincre selon les profils que tu as en face de toi ?
- Speaker #1
Alors moi, j'aime bien en revenir aux chiffres parce que c'est factuel. Aujourd'hui, il y a 9 dirigeants sur 10 du SBF 120 qui publient sur LinkedIn régulièrement, c'est-à-dire au moins une fois par mois. Et tous ces postes-là, ils ont, par rapport à la moyenne des autres potes, quatre fois plus d'engagement que tous les autres postes sur la plateforme. Donc, il y a l'effet dirigeant, c'est-à-dire qu'il va s'adresser à cet endroit-là à la fois à ses salariés, donc il y a de l'interne, à ses pairs, à ses prestataires, à ses fournisseurs, à ses futurs clients, au pouvoir public, donc au journaliste même. Donc, en fait, c'est le seul écosystème où il a, en tout cas sur LinkedIn, tout ça à la fois. C'est aussi vrai un peu d'Instagram. Il a tout cet écosystème-là à la fois et c'est le seul endroit où il pourra le faire et prendre la parole en maîtrisant ce qu'il va dire. Parce que quand on parle à un journaliste, on maîtrise ce qu'on dit nous, mais on ne maîtrise pas ce qui est transcrit dans l'article. Là, il va maîtriser ce qu'il va dire. Donc, il y a de plus en plus de dirigeants et nous, en tout cas moi, sur les dix dernières années, ça a été une partie de mon boulot, qui était de dire, annoncez d'abord l'actualité de votre entreprise ou votre actualité sur LinkedIn et ensuite... les médias viendront vérifier et viendront reprendre la parole et vous interviewer et maintenant cette mécanique elle est dans ce sens voilà ça c'est le premier point donc ça permet quand même de maîtriser un peu son narratif de maîtriser sa communication et surtout de prendre des parts il faut aussi rappeler on parlait d'IA tout à l'heure que l'IA elle scrolle l'internet mais elle scrolle aussi tous les réseaux sociaux et notamment LinkedIn et LinkedIn est une des plateformes les mieux référencées et donc si vous n'avez pas de problème profil, si vous ne publiez jamais, vous perdez en référencement. Parce que l'IA va vérifier au-delà de quel site dit telle ou telle chose, elle va vérifier aussi qui le dit et est-ce que vous avez la légitimité pour dire telle ou telle chose. Donc, si vous décidez de ne pas du tout vous exprimer, il y a un risque d'invisibilisation qui peut être un choix dans certains secteurs, que je peux comprendre, mais qui peut être un choix risqué pour au final pas mal d'entreprises. Après, ça ne passe pas forcément par la voie des dirigeants, ça peut passer par la voie d'ex... experts en interne. Donc, il y a des programmes d'ambassadeurs. Moi, j'ai par exemple mis des programmes d'ambassadeurs chez L'Oréal, mais aussi chez Décathlon. Chez Décathlon, on avait pris les équipiers Décathlon qui sont vraiment experts de leur sport et qui en parlent avec passion. Donc, c'était bien plus pertinent que d'aller interviewer telle ou telle personne ou que telle ou telle personne parle, je ne sais pas moi, du biathlon sinon pas passer dans le biathlon. Voilà, ce qui n'empêchait pas la dirigeante de Décathlon par exemple, Barbara Coppola, quand elle est partie, elle a annoncé sur LinkedIn qu'elle partait. Donc, nous, on avait l'info sous embargo. Et ensuite, c'était la source pour les journalistes. Puis ensuite, elle a donné toutes les interviews, etc. Mais elle a annoncé d'abord sur LinkedIn qu'elle partait. Pareil, chez L'Oréal, où ils ont tout un programme d'ambassadeurs sur des métiers qui vont de métiers d'ingénierie, dans la beauté, recherche, etc. à des profils beaucoup plus dans le marketing. Ce qui leur permet aussi de valoriser toute la marque employeur et d'attirer aussi des talents pour montrer qu'ils sont modernes et que les salariés ont une voix. leur mot à dire en fait sur les évolutions de L'Oréal. Et au final, c'est bien plus crédible parce qu'une personne qui raconte son métier en général est passionnée, elle sait en parler, etc. Et ça démultiplie les parts de voix. J'expliquais tout à l'heure que les dirigeants ont des postes qui ont quatre fois plus d'engagement. Et si on prend le nombre total des followers sur les employés dans une entreprise en moyenne, ils ont douze fois plus de followers que n'importe quelle page d'entreprise. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les profils aussi, c'est un point important à préciser, c'est que LinkedIn, il y a deux écosystèmes. Il y a... l'écosystème de la page entreprise, donc la page corporate, par exemple la page The Good Voice en ce qui me concerne, et il y a la page profil, avec le profil de Sandrine Chauvin, par exemple. LinkedIn a été développée au départ pour développer le réseau, donc les profils des gens. Ensuite, il y a les pages entreprises qui ont été créées parce que les gens étaient rattachés à une entreprise par leur CV, mais ces pages entreprises, elles ont été créées aussi pour vendre de la publicité. Donc la diffusion et le reach de ces pages entreprises est en final assez bas, sauf qui vous achetez de la page entreprise. Par contre, les profils, eux, en organique, c'est-à-dire sans aller mettre des tickets payants sur de la publicité, même si ça existe, il y a ce qu'on appelle des self-leadership ads où vous pouvez payer pour booster votre poste à titre personnel. Il peut se développer de façon organique, ce qui n'est pas le cas de la page entreprise. Voilà, donc deux écos de ce système, le profil LinkedIn avec votre CV, votre réseau. vos contenus, c'est ce que vous voyez dans le fil d'actualité. Et ensuite, les pages d'entreprise, c'est ce que vous voyez dans les publicités.
- Speaker #0
Donc, on voit un peu moins pour avoir géré une page d'entreprise bien connue.
- Speaker #1
Tu ne les vois pas parce que tu ne les vois que si tu payes pour avoir une pub. Donc, je te confirme.
- Speaker #0
On a beaucoup parlé finalement de LinkedIn. Si je reviens sur les LLM, comment tu accompagnes aussi ou qu'elles… Comment tu commences peut-être par un diagnostic de qu'est-ce qu'on peut trouver comme information sur la personne que tu accompagnes et qu'est-ce qu'on aimerait trouver et comment combler le gap ? Peut-être qu'il y a entre les deux, est-ce que parfois tu as dû corriger des images qui n'étaient pas les bonnes, des projections qui n'étaient pas les bonnes ou est-ce que tu es arrivé avec des dirigeants qui n'étaient absolument pas présents, qui avaient fait le choix d'être invisibles, peut-être jusque-là ? Comment tu construis et tu commences à construire l'image que le dirigeant souhaite ? que les personnes qui vont se questionner à son sujet trouvent sur les LLM ?
- Speaker #1
Alors moi, déjà, je regarde s'ils ressortent dans les LLM, dans les résultats de cette recherche sur les LLM, et ensuite, je regarde s'ils sont rattachés à leur entreprise. Il s'avère que moi, les dirigeants que j'accompagne, soit ils sont totalement absents, il faut tout construire. Donc là, tu pars de zéro, donc tu ne les trouves pas vraiment, sauf s'ils ont une page Wikipédia ou s'ils ont par chance une page... pages qui les présentent dans leur entreprise, mais ce n'est pas toujours le cas. Donc, ils peuvent être totalement invisibles. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est que même quand ils ont un profil LinkedIn, je passe du temps à refaire leur profil pour qu'il soit beaucoup plus détaillé qu'il ne l'est, parce que très souvent, ils se contentent de quelques lignes ou de la dernière expérience, ils ne détaillent pas la section informations, par exemple. Et du coup, les IA, mais aussi les résultats de recherche dans Google, au final, ne les identifient pas, ou mal. Donc, c'est un peu dommage parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils ne vont pas remonter dans les premiers résultats. Moi, si tu regardes, si tu fais une recherche sur mon profil et que tu demandes les conseils sur l'expertise d'une team, etc., je ressors au moins en top 1 parce qu'on l'a déjà dit. Donc, voilà. Normalement, un dirigeant sur son secteur d'activité, il doit ressortir au premier résultat de recherche. Sinon, c'est qu'il a un peu de boulot. Ou alors, c'est encore une fois, ça peut être un choix de ne pas être visible et de ressortir. c'est-à-dire que si on cherche des experts notamment, avec des experts dans l'entreprise, dans ce cas-là, c'est un choix qui doit être assumé.
- Speaker #0
Alors, une fois qu'on a le bon profil sur LinkedIn, et puis qu'on a trouvé son expertise, qu'on a acté un point de vue, comment tu proposes d'organiser la publication ? Tu le disais en début d'épisode, idéalement deux fois par mois, encore mieux une fois par semaine. Comment tu construis finalement cette stratégie éditoriale et puis la stratégie de publication ? et de modération, si on groupe la boucle.
- Speaker #1
La stratégie éditoriale, finalement, pour moi, elle doit répondre à trois questions qui sont assez simples. Un, en lien avec l'audience. Quels sont les principaux centres d'intérêt de votre audience ? Le deuxième, c'est votre expertise. Qu'est-ce qui rend votre expertise unique ? Et ensuite, le troisième, c'est votre point de vue. Quel point de vue est authentique ou va vous permettre de rester authentique ? Et au final, la stratégie éditoriale... territoire éditorial, il sera la croisée de ces trois chemins. Il faut savoir aussi qu'il y a des études qui ont quand même été faites sur pourquoi les gens vont sur les réseaux sociaux, notamment sur LinkedIn, et qu'il y en a plus de la moitié qui viennent lire des tendances et des analyses des secteurs, de leur secteur. Donc, ça leur permet de s'informer. Donc, c'est important de valoriser l'expertise et vos analyses. Et ensuite, on sait qu'il y en a 40% à peu près qui viennent et qui attendent des apprentissages, c'est-à-dire qu'ils viennent... apprendre concrètement avec des retours d'expérience. Donc, par exemple, pour un entrepreneur, c'est important de partager, lui, ses retours d'expérience au-delà de faire la promotion de son produit. Et ensuite, tu parlais d'initier des conversations. Je pense qu'il faut justement rester à l'écoute de ces conversations et de répondre aux questions. Je pense à la patronne de Veolia, par exemple, qui, elle, interpelle les membres, leur demande s'ils ont des questions. Et ensuite, les membres... pose des questions dans les commentaires et ensuite elle y répond soit via un poste, soit la vidéo. Et c'est vraiment elle qui y répond. Du coup, tu vois, ça crée de la proximité comme ça avec les clients et surtout ça montre qu'il y a quelqu'un derrière qui traite les problématiques.
- Speaker #0
De mémoire, c'est Estelle, je ne veux pas écorcher son nom, Brachliano.
- Speaker #1
C'est ça, Brachliano. Du coup, après, il y a savoir faire un bon poste. On me demande souvent, qu'est-ce qu'un bon poste sur LinkedIn, comment il est fait. C'est assez systématique. comme méthode, mais ça commence par une accroche. Alors, on me dit pourquoi il faut toujours cette accroche avec deux lignes ? C'est un peu comme dans un article ou une ligne de journal qui passe dans le fil d'actualité, c'est les deux premières lignes du poste plus les images. donc ça veut dire que les images sont importantes les deux premières lignes sont importantes parce que sinon les personnes ne vont pas cliquer si on n'arrive pas à les attraper dès les premières lignes ensuite il faut idéalement étayer de quelques chiffres ou de contextes pour expliquer pourquoi on parle de tel ou tel sujet et ensuite il faut multiplier les formats, il y a des formats qui fonctionnent très bien par exemple le carousel sur LinkedIn fonctionne bien, la vidéo fonctionne bien il y a une formule aussi de sondage qui permet de bien fonctionner, qui génère pas mal de commentaires parce que ça encore une fois ça... favorise l'interaction et ça favorise les échanges avec les commentaires. Et moi, pour accompagner mes clients, ce que je fais, c'est que je mets en place un calendrier éditorial où on travaille en gros quelle sera l'actualité de l'entreprise, voire l'actualité en général. Là, en ce moment, il y a le projet de loi de finances. Pour certains secteurs, c'est important d'être positionné, par exemple, dans la pharmacie, le projet de loi de finances, si on discute du prix des médicaments. Donc, c'est intéressant d'être là. Ensuite, comment on va en parler ? Donc ça, c'est l'angle. Et ensuite, sur quel format ? Est-ce que ça va être du texte plus que photo ? Est-ce que ça va être un sondage ? Est-ce que ça va être une vidéo ? Comme ça, on peut anticiper sur plusieurs mois. Il ne faut pas avoir peur d'ailleurs de faire ce qu'on appelle dans le métier des journalistes du marbre, c'est-à-dire du contenu d'avance un peu plus froid, mais qui permet de tenir le rythme quand on a moins le temps de le faire. En tout cas, le calendrier permet d'anticiper.
- Speaker #0
Merci pour ces tips, ce partage plus pratique. Peut-être une question sur les risques que tu as pu identifier dans l'utilisation de l'IA. Tu nous expliquais en début d'épisode que tu as testé des choses très très tôt. Soit pour justement ne pas tomber dans l'uniformisation, ou par rapport à ta façon d'utiliser l'IA, quelle garde-fou tu as peut-être posée, ou qu'est-ce que tu t'autorises à tester, ou peut-être qu'est-ce que tu as testé et tu t'es dit que tu étais... pas dans la bonne direction ?
- Speaker #1
Moi, déjà, je pense qu'il y a un conseil de base, mais c'est de verrouiller où vont nos données. Et ça, il faut aller dans les paramètres des outils pour leur dire ce qu'ils ont le droit d'utiliser ou pas. Après, est-ce que c'est 100% fiable ? C'est la même question que quand on faisait une recherche sur Internet. On s'est posé aussi ces questions-là, où quand vous mettez toute votre vie sur les réseaux sociaux, c'est pareil. Voilà. À partir du moment où on utilise un... un modèle étranger ou même français d'ailleurs, les données sont bien hébergées quelque part. Donc ça, c'est le premier point. Et ensuite, je pense que le deuxième conseil, c'est un peu du bas à bas, mais c'est vraiment de vérifier, de prendre le temps de relire, de corriger, parce qu'il y a… Elle n'est pas intelligente, en fait. C'est un terme qui est galvaudé. Elle produit juste quelque chose. Elle arrive à reproduire quelque chose. c'est différent que d'être intelligent et donc elle ne va pas forcément le voir ou savoir l'interpréter donc c'est important puisque au final derrière ce que vous envoyez c'est vous qui l'envoyez,
- Speaker #0
c'est pas l'IA ça pose toujours finalement le sujet qui revient, ça a été traité dans l'épisode que j'ai enregistré avec Kassel Adari la science de la question, donc savoir se questionner, questionner ce que l'IA va nous proposer et ça c'est l'expérience qui nous l'apprend aussi
- Speaker #1
prendre du recul, prendre de la hauteur c'est peut-être le retour des sciences humaines la science politique et de la philosophie je sais pas mais en tout cas il faut savoir prendre du recul par rapport à ces idées et d'un point de vue peut-être plus éthique je sais que tu t'intéresses aux enjeux de représentation des femmes dans la tech et dans l'IA quel regard tu portes sur les
- Speaker #0
biais de représentation que peuvent reproduire les IA et les contenus qu'elles génèrent puisqu'on sait que C'est Angélique Gérard qui porte beaucoup le sujet également à travers Women's STEM Europe. Elle en est la présidente et elle expliquait il n'y a pas très longtemps encore que je crois que c'est un quart des métiers de la tech sont occupés par des femmes, donc trois quarts par des hommes. Donc les IA seraient programmées, développées, entraînées majoritairement par des hommes, ce qui n'est pas sans créer quelques biais.
- Speaker #1
Donc déjà, je suis au comité de pilotage de Womanistem Europe, aux côtés d'Angélique, depuis le début, où on essaye justement de faire comprendre aux filles, aux femmes, qu'il faut aller vers les sciences en général. Les mathématiques, il ne faut surtout pas les abandonner, puisque tous ces modèles dont on parle, au final, c'est des modèles mathématiques, pour bien les comprendre et savoir les maîtriser. Et pareil sur tous les métiers scientifiques. En ce qui concerne la tech, effectivement, il y a une pénurie, puisqu'il y a, tu le disais, un quart seulement de femmes. Et en plus, si on monte dans les fonctions de direction, c'est encore beaucoup moins bien. Et en plus, du coup, c'est fait essentiellement, pour l'instant en tout cas, aux États-Unis, donc par des hommes blancs dans la Silicon Valley. Il y a des biais énormes, en fait. Par exemple, en anglais, il n'y a pas de genre. dans la langue, alors que le français, l'espagnol, l'allemand, même le japonais, ce sont des langues qui sont genrées. Ça veut dire aussi que quand vous demandez à l'IA de créer une image, là par exemple, j'ai travaillé avec Frédéric Mazzella parce qu'il a publié un livre en ligne qui s'appelle Robots premiers, je vous invite à aller le lire, qui s'appelle robotspremiers.fr.
- Speaker #0
C'est le CEO de Blablacar.
- Speaker #1
C'est le président et c'est le cofondateur de Blablacar, il a fondé aussi Dift, et là il a écrit ce livre durant... l'été et avant, et c'est un projet sur lequel il travaille encore, il sortira bientôt en librairie. Et le principe, c'est qu'il y a un candidat à la présidentielle qui se fait accompagner d'une IA et l'IA finit par prendre le pouvoir. C'est ça l'histoire. Et en fait, ça a posé plein de questions et d'ailleurs, on était parti sur une vingtaine de chapitres. Aujourd'hui, il y en aura vraisemblablement plus de 40 parce que ça pose des problèmes, des questionnements sur la santé, sur l'éducation, sur le pacte de société, même le contrat social de Rousseau, tel que défini en... France, nos libertés, nos libertés d'opinion, etc. Donc voilà, ça pose plein plein de questions. Ça nous a amené justement à réfléchir sur cette place de l'IA dans la société. Pourquoi je te dis ça ? Parce qu'au final, ça pose plein plein de questionnements. Je pense qu'on n'aura pas toutes les réponses maintenant. On va apprendre à évoluer avec et à l'embrasser. Il y aura sûrement des garde-fous à mettre en place pour protéger nos libertés individuelles. c'est-à-dire les droits de l'homme fondamentaux au final, mais qu'on n'aura pas toutes les réponses tout de suite. Après, moi j'ai observé les Américains, ils disent toujours qu'on ne lutte pas contre la technologie. Et je pense que c'est assez vrai. Donc il vaut mieux l'embrasser, essayer de se former comme on peut, sans avoir peur aussi, parce que ça évolue tout le temps. Un algorithme, chez LinkedIn par exemple, tout le monde me demande la recette de l'algorithme. La réalité, c'est que l'algorithme, il change toutes les semaines, c'est des centaines d'ingénieurs. Mais pour répondre à ta question sur le genre, c'est des centaines d'ingénieurs. Aux États-Unis, fait essentiellement... par des Américains et ou des gens expatriés aux États-Unis. Donc voilà, très peu de femmes, très peu de gens de couleur. Et donc, quand tu demandes à l'IA, j'en reviens à mon exemple de robot premier, quand on lui a demandé de générer des images de à quoi ressemblait mon robot premier, eh bien, c'était un homme avec une cravaille qui prenait la présidence, etc. Ce n'était pas une femme. Voilà. Et cet homme-là, il était blanc et il était en costume bleu. Voilà. Alors après, on y a réfléchi la réalité c'est qu'il reproduit aussi les biais qui sont dans la société il y a des choses à corriger voilà dans nos sociétés il y a des choses à corriger dans la société en même temps que corriger c'est sûr qu'il faut augmenter cette part de femmes dans la tech et Angélie grâce à Women System Europe fait avec Léna Touchard fait beaucoup de travail pour les mettre en lumière mais la réalité c'est qu'il faut garder nos filles dans ces systèmes-là pour qu'elles comprennent comment ça marche et surtout qu'elles contribuent et qu'elle puisse apporter ce regard différent et faire en sorte qu'on existe. Pourquoi Lya ne serait pas une présidente ? Mais la réalité, c'est que dans nos sociétés, le biais est déjà existant. Lya n'invente pas que les biais qu'elle s'autocrée.
- Speaker #0
Lya n'est pas intelligente, sinon peut-être qu'elle aurait corrigé la crise. Elle n'est pas intelligente,
- Speaker #1
c'est le reflet de notre société. quand même sur le point, si on arrive à mettre plus de femmes dans les IA, une femme va être interpellée et peut-être choquée par le fait que l'IA ressorte ça. Et elle va peut-être chercher à trouver une solution. Donc, je peux te prendre un exemple sur LinkedIn, par exemple. Pendant plusieurs années, tous les noms de jobs genrés ne ressortaient pas parce que ça avait été développé en anglais. Donc, j'ai commencé mon travail par faire en sorte que toutes les femmes, si je peux dire ça comme ça, dans plusieurs pays au monde, puissent trouver un job et surtout être trouvées par les recruteurs. des directrices, c'est un nom qui est féminisé, tu n'es pas directeur. Donc maintenant, ça fonctionne bien, rassurez-vous.
- Speaker #0
Oui, oui, oui, effectivement. Travailler sur quelques job offers, et voilà. Même en France, maintenant, la réglementation impose le naming non genré, ou au contraire, femme-homme. Parmi mes dernières questions, qu'est-ce qui t'a le plus surpris jusqu'ici dans l'impact de l'IA sur la communication dans tes usages ?
- Speaker #1
Écoute, tu vas croire que je suis ultra positive, mais en fait, je vais bientôt sortir une étude sur les voies de l'IA. Ce qui ressort, c'est que les communicants l'utilisent déjà énormément. Donc, en fait, souvent, les gens nous disent qu'ils ont peur ou qu'ils ne savent pas l'utiliser, etc. Moi, ce que je constate, c'est l'inverse. C'est que les gens l'utilisent, voire même c'est l'inverse. Ils sont freinés dans leur boîte pour l'utiliser parce qu'il faut s'assurer que ce soit compliant, etc. Mais je pense qu'il y a une vraie envie de comprendre, une vraie envie de savoir l'utiliser, une vraie envie d'apprendre. Donc, oui, ça va changer notre façon de le faire. Dans un sens, on va être… augmenté, ça va nous faciliter sûrement certaines tâches et ça, tout le monde l'a bien compris. Puis il y en a d'autres qui vont sûrement rester. Comme l'email n'a pas remplacé le fax. Je ne veux pas être complètement naïve et je pense qu'il y a des révolutions qui sont encore bien plus avancées en lien avec la robotique. Donc oui, il y a une révolution industrielle qui se prépare. Il y a beaucoup de craintes par rapport à ça, mais j'ai envie d'être optimiste parce que les gens savent, la majorité en tout cas de moi, ceux que je vois, que je fréquente, etc. Finalement, ils savent l'embrasser, ils savent informer, apprendre, changer. Et oui, ça les bouscule, ça c'est sûr. Et après, il faut redonner de l'espoir à nos jeunes aussi par rapport à ça. Nos jeunes, en fait, ils ont grandi avec. Donc finalement, ils seront normalement encore meilleurs que ce que nous on est. et sur les trentenaires qui sont déjà encore jeunes mais qui sont déjà sur le marché du travail, c'est pareil ils vont évoluer, grandir avec être sur le marché du travail donc je pense qu'il faut arrêter de les décourager et de leur dire que tout va mal et qu'ils n'arriveront jamais.
- Speaker #0
C'est peut-être plus qu'effectivement on a pu aborder ce sujet avec Asa Aladari à nouveau et je pense que ça reviendra dans de nombreux épisodes la question est peut-être plus de comment devenir senior quand on ne peut pas être junior. et que beaucoup de tâches qu'on pouvait confier à des apprentis, des stagiaires. Oui,
- Speaker #1
mais ils seront peut-être juniors à créer des agents qui seront hyper bons à faire des tâches de juniors, alors que le senior, il ne saura pas créer ces agents-là.
- Speaker #0
Ça fait partie des points de vue qu'on partageait dans l'épisode.
- Speaker #1
Je ne lis pas le problème et j'en ai marre de ce discours ambiant qui leur mine tout espoir. Et oui, on ne sait pas quel job ils auront. Et oui, on ne sait pas comment on va être opéré tel ou tel job. parce que peut-être il ne sera pas du tout pareil. Et voilà. Mais il y a eu d'autres révolutions industrielles, il y a plein de choses qui ont disparu et il y aura autre chose en fait.
- Speaker #0
Oui, tu as un vrai point de vue et je suis convaincue qu'ils sauront justement encore mieux utiliser tous ces outils et leur potentiel pour résoudre un tas de problèmes qu'on n'aura peut-être pas le temps de résoudre en tant que dirigeant ou cadre dirigeant.
- Speaker #1
d'où la nécessité des sciences si on comprend bien le raisonnement mathématique la façon dont c'est construit moi par exemple sur ma carrière professionnelle au final qu'est-ce qui a fait que j'étais successée c'était de savoir et de comprendre les ingénieurs c'est-à-dire que depuis que je suis rentrée dans le métier de journaliste j'ai commencé en télé ensuite j'étais dans la presse écrite et j'étais convaincue que internet allait bouleverser les médias je n'avais pas trop tort à l'époque les rédacteurs en chef ne voulaient même pas en entendre parler moi je suis sortie en 2002 après l'expérience explosion de la bulle internet, donc autant te dire qu'ils disaient non mais attendez, on est dans une bulle, ça va pas durer, blablabla. Et en fait ça a duré, parce qu'on revient pas en arrière sur une évolution technologique. Sur l'IA on reviendra pas en arrière. C'est la même chose. Et ce qu'a fait ma force, c'est de comprendre que ça allait être un atout de me former. Donc je me suis formée au SEO, à la recherche booléenne, j'ai accepté des petits jobs qui me permettaient de me former à ça. Pas très bien payée, mais au final c'est pas grave, j'ai appris plein de choses et du coup je savais gérer un projet. de création de site internet à l'époque et de SEO. Mais oui, ça m'a demandé quelques sacrifices et quelques années d'efforts. Et ensuite, ce qui a fait ma force, c'est que comme j'avais fait ce parcours-là, je savais parler à des ingénieurs. Et chez LinkedIn notamment, ça a été hyper précieux parce que moi, j'étais rattachée pas aux équipes commerciales parce que c'était quand même la muraille de Chine où moi, je passais beaucoup de temps à dire non à nos clients sur la partie contenu parce que ça ne m'intéressait pas d'avoir de la publicité. Voilà, j'avais mis vrai. une notion éditoriale, et on était rattachés aux équipes de R&D, et les équipes de R&D, c'était 95% des ingénieurs. Donc, il fallait comprendre comment ils fonctionnent, comprendre comment ils développent, pour ensuite mettre de l'input et apporter cette partie soit sur les cultures locales, la langue locale, les spécificités locales, soit cette partie créative qu'ils n'avaient pas forcément. De savoir allier ces compétences techniques et... compétence créative de communicant, c'est hyper précieux. Mais moi, j'ai confiance dans nos jeunes pour embrasser ce changement-là et dessiner le monde de demain de façon intelligente.
- Speaker #0
Et on est revenu un peu sur ce qui s'est passé dans le passé, justement. Est-ce que tu as une prédiction ? Ce serait quoi ta prédiction par rapport à l'IA et la communication dans deux ans ? qui est énorme. On répond systématiquement. Oh là là, mais déjà dans six mois, on ne sait pas. Mais allez, deux ans.
- Speaker #1
Oui, oui. J'allais dire, c'est difficile parce qu'en fait, ça évolue tout le temps sur les modèles. C'est ce que je te disais sur le chat de J.P. Cyclone, mais tu as dû le voir aussi. Il sort des nouveautés toutes les semaines. Je pense que les fondamentaux sur la créativité, elle va rester. Sur la créativité, si on a choisi les métiers de la communication en général, c'est qu'aussi, on n'est pas trop mauvais en relationnel. Et ça, ça va rester. Et moi, je veux avoir... dans deux ans en tout cas qu'il y ait quand même ce vernis humain qui reprenne un peu de place aussi parce qu'aujourd'hui on est tous sur nos écrans de téléphone. Là j'ai vu que l'ancien d'Apple ou même Meta avec Zuckerberg, ils ont annoncé leur petit robot etc. Tu n'as plus d'interface écran. Alors est-ce que c'est bien ? Est-ce que c'est mal ? Je n'en sais rien, je ne connais pas le bien ou le mal, en tout cas ce n'est pas à moi de le définir mais tu vois je me dis qu'il y a ce besoin de revenir à la relation humaine. et qu'on aura, les communicants auront un rôle à jouer là. Est-ce que ça sera via de l'événementiel où les gens vont se rencontrer ? Est-ce que ça sera via des plateformes où on permet la rencontre ? Est-ce que ce sera via des réseaux sociaux, nouvelles moutures ? Je ne sais pas, mais en tout cas, je veux croire que l'humain primera.
- Speaker #0
Merci Sandrine. Ma dernière question, est-ce que tu as une compétence justement bien humaine, cachée ?
- Speaker #1
je suis toujours de bonne humeur une IA aussi Sandrine ils sont toujours d'accord avec nous c'est vrai je suis de bonne humeur mais pas toujours d'accord avec toi et assez positive j'espère que c'est une qualité mais je ne suis pas naïve donc voilà et j'aime bien les gens J'ai choisi mon métier de journaliste au départ. J'ai quand même raté dans ma carrière parce que je voulais être reporter de guerre, donc j'ai un peu échoué. Déviée ?
- Speaker #0
Déviée,
- Speaker #1
déviée. J'ai largement dévié, même si la guerre est aussi aujourd'hui de vie digitale, on peut dire ça comme ça, malheureusement. Mais fondamentalement, c'était parce que je suis attachée à l'histoire des gens, à leur histoire de vie. J'ai vu un film récemment qui racontait ça. qui racontait l'histoire de photos qui avaient été trouvées dans une brocante. Et en fait, il y avait la scénariste et un documentariste qui faisaient se croiser les histoires. Et au final, c'était Monsieur et Madame Soumonde et il s'avérait que l'histoire était formidable, par hasard. Mais on a sûrement tous un peu une histoire de vie formidable et la vie, sûrement, mérite d'être vécue pour toutes ces histoires et pour toutes ces rencontres. Ce qui reste, au final, c'est les rencontres, les gens qu'on a croisés, qui nous ont apporté quelque chose. Les émotions. Et ce n'est pas l'IA qui nous arrivera à dire X ou Y.
- Speaker #0
Elle nous facilite la vie, elle nous permet de gagner du temps. Mais oui, elle ne fait pas encore vivre des émotions.
- Speaker #1
Non, pas encore. Peut-être un jour, peut-être dans trois ans, pour répondre à tes questions. Peut-être,
- Speaker #0
peut-être. Encore merci, Sandrine. Si on veut te contacter, si des personnes souhaitent prolonger cet épisode, cette conversation ou des questions, on te retrouve sur LinkedIn, évidemment, régulièrement. en ton nom ou caché derrière certains dirigeants. Et puis sur le site de The Good Voice aussi.
- Speaker #1
C'est ça. Alors, je n'ai pas encore le site. C'est en cours, c'est en cours. Mais si vous suivez bien mon profil, je suis sûre que je vais l'annoncer.
- Speaker #0
Mais oui, prochainement. Donc sur LinkedIn, sur la page The Good Voice ou directement sur ton compte Sandrine Chauvin. Merci encore pour ton temps, pour tes éclairages et puis tous tes tips aussi techniques pour LinkedIn. Ça va nous être utile à tous. Merci encore.
- Speaker #1
Merci à toi.