- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans Changer Demain, le podcast qui explore les grands enjeux climatiques et énergétiques avec celles et ceux qui pensent, construisent et interrogent notre avenir. Après avoir abordé des sujets tels que la crise climatique ou les enjeux énergétiques de notre pays, place à l'accompagnement même des entreprises de la transition énergétique. Et pour parler de tout ça avec moi aujourd'hui, j'ai la chance de recevoir... Olivier Bouchat,
- Speaker #1
bonjour. Bonjour.
- Speaker #0
Alors Olivier Bouchat, pour un peu se lancer, notre petit tour d'échauffement, pouvez-vous vous présenter à nos auditeurs s'il vous plaît ?
- Speaker #1
Je suis membre du comité de direction de Wallonie Entreprendre et j'ai en charge avec ma collègue Anne Veregg tous les aspects de transition énergétique du tissu économique wallon.
- Speaker #0
Donc vous venez de le dire, vous êtes un peu plus spécialisé dans tout ce qui est transition énergétique, énergie circulaire. Wallonie Entreprendre, on sait que ça joue un rôle très large dans le paysage wallon, donc stimulation de l'entrepreneuriat, de l'innovation, de la croissance. Mais si on zoome spécifiquement sur votre pôle transition énergétique et circulaire, comment est-ce que vous définiriez son rôle, sa mission ?
- Speaker #1
Tout d'abord, notre vision au sens large, parce que nous venons de définir une nouvelle feuille de route 2025-2029, c'est d'être un accélérateur de création de valeur durable pour la Wallonie, plus entreprenante, plus compétitive, plus innovante et plus circulaire. C'est aussi le cas pour la transition énergétique, où nous souhaitons être un vrai partenaire de transformation, avec des missions qui s'articulent entre trois piliers. La sensibilisation, parce que tout commence par la compréhension des enjeux, l'évolution de prix, l'évolution de la réglementation, les opportunités technologiques en termes de solutions. L'accompagnement, avec un réseau d'experts. attitrer, activer en fonction des différentes situations qui se présentent. Et ensuite, le financement avec des solutions qui sont adaptées à chaque nature de projet et à chaque taille d'entreprise.
- Speaker #0
Quand vous m'expliquez un peu tout ça, c'est la théorie, je vais dire. Alors concrètement, en tant qu'entreprise, qu'est-ce que je peux attendre de votre pôle ? Un accompagnement, un accès à un réseau d'experts, des aides publiques ? Comment est-ce que ça se traduit sur le terrain ?
- Speaker #1
Alors, ce que nous souhaitons apporter aux entreprises, c'est une vraie... capacité à transformer une attention en un projet structuré, à déclencher le passage à l'action. Et pour cela, on s'appuie sur tout d'abord un diagnostic stratégique pour identifier vraiment les bons leviers d'action, ensuite des mises en relation avec des bureaux d'études, des auditeurs, des fournisseurs de solutions. et ensuite, enfin, Car la transition, c'est un processus, c'est un accompagnement de l'opération qui ne doit pas être un one shot, mais une opération continue.
- Speaker #0
Accélérer la transition vers une économie décarbonée et circulaire en soutenant les entreprises Wallon, ça c'est l'ambition annoncée, mais dans les faits, comment est-ce que vous y parvenez ? Quel est le modus operandi ?
- Speaker #1
Alors, on pourrait le résumer en trois étapes. La première étape, ça, elle va commencer sur le terrain, où nos équipes vont à la rencontre des entreprises pour... dresser un état de lieu, analyser les flux, analyser les installations, analyser les équipements, comprendre les habitudes, de manière à identifier les leviers d'action concrets et à fixer des priorités. Ensuite, on va activer notre écosystème, c'est-à-dire mettre en relation l'entreprise avec les bons acteurs pour réaliser par exemple une étude de faisabilité avec une estimation du retour sur investissement. et calibrer la technologie par rapport aux besoins. Une fois que le projet est validé, on va ensuite mobiliser le levier financier de manière à transformer ce projet qui est techniquement viable en un projet économiquement finançable.
- Speaker #0
Alors voilà, on entend ces mots-là, économiquement, finance, donc évidemment il y a un enjeu économique, un enjeu financier. Alors j'ai mes petites antisèches avec moi. Dans votre rapport annuel de 2024, on peut lire que 492 millions d'euros ont été investis par Wallonie Entreprendre, dont environ 30% pour la transition énergétique. Je ne suis pas très bon en maths, mais ça fait plus ou moins 150 millions d'euros. Concrètement, ces montants, comment est-ce qu'ils sont utilisés ? Dans quel type de projet on s'investit chez Wallonie Entreprendre ?
- Speaker #1
Ce qu'il faut bien comprendre ici, c'est qu'on parle de financement des projets. Et donc ce qu'on finance, c'est trois types de projets. On finance l'offre, on finance la demande et on finance l'infrastructure. Donc quand on dit qu'on finance l'offre, on finance des entreprises qui proposent des solutions technologiques. Quand on dit qu'on finance la demande, c'est qu'on finance l'intégration de ces solutions au sein même des entreprises. Et quand on dit qu'on finance des infrastructures, on finance par exemple une installation de production photovoltaïque ou un parc éolien. En 2024, c'est 156 millions d'euros qui ont été dédiés à la transition énergétique. C'est un tiers du volume d'investissement total de Wallonie Entreprend. Donc c'est une augmentation de 50% par rapport à l'année 2023, qui est elle-même en augmentation de 30% par rapport à l'année 2022. Ça témoigne quand même d'une certaine tendance affirmée vers la transition énergétique. Alors en termes de dossiers, cela se traduit par environ 250 projets qui sont soutenus au sein de 250 entreprises, et ils sont répartis de la manière suivante. on a 40 millions d'euros qui sont dédicacés en prêts standards, c'est-à-dire pour des projets relativement courants, efficacité énergétique, photovoltaïque, du LED, remplacement de chaudière. Près de 50 millions d'euros pour des prêts sur mesure, c'est-à-dire pour des projets qui sont un peu plus complexes et calibrés technologiquement. On parle par exemple de l'électrification d'un procédé de production. Et 70 millions d'euros qui sont en prise de participation dans des entreprises. pour des projets industriels ou pour des projets d'infrastructures, comme je l'ai dit tout à l'heure, stockage, production d'énergie renouvelable ou encore mobilité durable.
- Speaker #0
Parmi les différents types de projets que vous venez de me citer, est-ce que vous ciblez des projets en particulier ? Est-ce qu'il y a des priorités ?
- Speaker #1
Alors tous les projets sont importants, ils dépendent de la maturité propre de chaque entreprise et nous avons défini 11 axes stratégiques d'investissement au sein de notre business unit. Transition énergétique et circulaire, tout d'abord l'économie circulaire, c'est la valorisation des déchets typiquement, mais c'est aussi l'éco-conception, le recyclage, des synergies industrielles. On a l'éco-innovation, où là on va sortir de nouvelles solutions environnementales. On a la production d'énergie renouvelable, on a les technologies de stockage et les bornes de rechargement. On a l'optimisation de l'efficacité énergétique. de l'eau, des bâtiments et des outils de production. On a la gestion intelligente de l'énergie avec des compteurs intelligents, la supervision énergétique. On a la géothermie et les réseaux de chaleur. On a le captage, l'utilisation et le stockage du carbone. On a des projets qui sont focalisés sur l'hydrogène. On a ensuite le transport durable et enfin la production de composants nécessaires à la transition énergétique, comme des composants qui interviennent dans... la production de panneaux photovoltaïques.
- Speaker #0
On voit quand même que ça brasse large et énormément. Très large, tout à fait. Et donc ça c'est les types de projets, mais est-ce qu'il y a aussi des types d'entreprises, des profils d'entreprises qui bénéficient, qui sont plus disposés à bénéficier de ce type de soutien financier ?
- Speaker #1
Alors on s'adresse vraiment à tout type d'entreprise, de l'indépendant à la grande entreprise, tout secteur confondu. Je vais dire presque toute forme juridique d'entreprise, y compris les ASBL, mais qui sont à finalité commerciale. C'est vraiment, chaque dossier est analysé individuellement selon son réalisme, selon son impact et suivant son modèle économique.
- Speaker #0
Et donc du coup, sur base de votre expérience de terrain, donc là on a parlé des différents projets, des différents types d'entreprises, mais concrètement, une fois qu'on a envie de se lancer dans la transition énergétique ? Moi, avec ma petite entreprise, par où est-ce que je dois commencer ? Quelle est la première, je vais dire, bonne question à se poser avant de se lancer ?
- Speaker #1
Alors, il n'y a pas de recette unique, évidemment, mais un bon départ, c'est déjà de se poser de bonnes questions. Et donc, tout dépend de la maturité de l'entreprise, de ses moyens, de ses enjeux, de ses ambitions. Mais il y a à chaque fois un point commun, c'est oser commencer, même par un petit projet. L'important, c'est d'enclencher la dynamique. Et donc on va... Tout d'abord, commencer par le diagnostic clair pour savoir exactement où on est, pour savoir d'où on part et où on veut aller. Donc, il faut prendre le temps d'établir cet état de lieu. Où en sont mes consommations ? Quels sont mes coûts cachés ? Quelles sont les pertes ? Quelles sont les contraintes techniques ? Quelles sont les contraintes réglementaires ? Quelle est la situation de mes concurrents ? Quelle synergie je peux envisager ? Donc, vraiment, cet état de lieu est... très très important pour pouvoir se lancer dans la dynamique de la transition énergétique.
- Speaker #0
Alors vous vous en doutez, je vous demande les bonnes pratiques pour commencer. Question opposée, donc à contrario, est-ce qu'il y a des erreurs classiques que vous remarquez ou j'ai appelé ça des fausses bonnes idées dans mon petit antisèche, que vous remarquez dans cette, on va appeler ça la première phase de la transition énergétique ?
- Speaker #1
Oui, ce qu'il faut éviter, c'est de chercher directement la perfection ou vraiment tout vouloir faire d'un coup. Ça, ça freine souvent les entreprises. Donc il faut vraiment structurer la trajectoire avant d'avancer. Ce qu'on voit aussi, c'est qu'on attend le bon moment, on attend la bonne solution avant de commencer.
- Speaker #0
On continue notre petit chemin de notre entreprise, lancé dans la transition énergétique. une fois qu'elle a eu Qu'elle a passé ce lancement, ces premières bonnes questions, comme vous les avez appelées, qu'est-ce qu'elle va rencontrer, qu'est-ce qu'elle va vivre cette entreprise durant les premières semaines ou mois ? Quels interlocuteurs est-ce qu'elle va rencontrer ? Quels outils elle va pouvoir activer par exemple ?
- Speaker #1
Alors l'entreprise est prise en charge dès le départ, on ne va pas la laisser livrer à elle-même. Elle va avoir un parcours clair, elle va avoir des visages identifiés, elle va rencontrer donc par exemple un référent carbone. pour les PME où elle va rencontrer un membre de l'équipe Wall Energy si c'est une entreprise industrielle. Et ce premier contact va permettre d'analyser globalement l'entreprise, ses bâtiments, ses process, ses usages, ses habitudes, ses projets à venir. Donc de nouveau, on va parler de diagnostic. Et ce diagnostic va être transformé en un plan d'action structuré pour voir quels sont les investissements les plus rentables dans un premier temps. Quels sont les investissements les plus lourds mais qui sont quand même nécessaires ? Et puis quel est le calendrier réaliste pour avancer ? L'idée c'est vraiment donner un fil conducteur à l'entreprise.
- Speaker #0
Vous me voyez venir, vous avez de nouveau donné les bonnes pratiques, la bonne théorie, le bon chemin à suivre. Mais à contrario, est-ce que vous voyez assez régulièrement des freins ou quels sont les principaux obstacles ? qu'une entreprise qui avance sur ce chemin à transition énergétique peut rencontrer ?
- Speaker #1
Alors, il y a deux catégories de freins. Il y a les freins classiques à l'action qui sont « je n'ai pas le temps, je suis versé dans l'opérationnel, j'ai la tête dans le guidon, donc je n'ai vraiment pas le temps » . Il y a le manque de compétences en interne, ça c'est souvent pour les petites structures. Il y a peu d'entreprises qui savent s'offrir un énergéticien à la maison. il y a... Le manque de lisibilité de l'écosystème moelleux, on ne sait pas vraiment à qui s'adresser, quel outil choisir, est-ce qu'on a droit à un subside, est-ce qu'on a droit à faire un audit, donc il n'y a pas assez parfois de clarté. Et donc c'est pour ça qu'on oriente aussi les entreprises vers le 1890 pour avoir toutes ces informations. Il y a parfois des blocages administratifs tels que les permis, ça c'est la première catégorie. La deuxième catégorie, ce sont plutôt des freins qu'on appelle... Des freins culturels ou des freins mentaux, en disant la transition ce n'est pas pour moi, ce n'est pas mon cœur de métier, le retour sur l'investissement va vraiment être trop long, ou alors on a une mauvaise perception du risque. Donc on se cherche un peu des excuses pour ne pas avancer. Et ce qu'on va faire chez OUI, c'est tenter de lever ses freins en proposant d'être un interlocuteur unique, en proposant un parcours lisible. Un fil rouge de nouveau très clair où on va adapter les solutions à chaque réalité de terrain. On reste disponible tout le temps, même si le projet prend du temps. Nous sommes des investisseurs qui sont des investisseurs de long terme. Et surtout, on va valoriser les quick wins pour créer vraiment ce déclic qui va permettre d'emporter l'entreprise dans une dynamique.
- Speaker #0
Olivier Bouchard, je continue avec vous. de cheminer sur notre petit chemin de la transition énergétique. Une fois qu'on a bien défini le projet en tant qu'entreprise, qu'on a notre plan d'action en tête, qu'on a nos informations, nos datas, on va dire que c'est le moment de passer un peu à l'action. Il faut passer au concret. Comment ça se passe à ce stade-là ? Quel accompagnement est proposé aux entreprises Wallon aujourd'hui ?
- Speaker #1
Une fois que le diagnostic est posé, une fois que les projets sont identifiés, il faut faire le grand saut. Le grand saut, c'est lancer les études techniques, activer ses partenaires financiers pour enclencher les investissements et organiser la mise en œuvre du projet. Alors, à notre égard, il n'y a pas toujours d'accompagnement qui sont proposés dans la mise en œuvre des projets. Ça reste vraiment de la responsabilité de l'entreprise, mais les équipes de Wallonie Entreprendre restent disponibles, elles ne disparaissent pas dans la nature, on reste présent après le diagnostic. On est toujours disponible pour conseiller, pour relire, pour orienter, mais l'entreprise peut aussi mandater un bureau d'études, comme c'est généralement le cas, pour suivre la concrétisation du projet.
- Speaker #0
Vous l'avez déjà un peu abordé au début de notre discussion. Je ressors mes petits antisèches. On peut lire dans votre rapport annuel de 2024 qu'il y a plus de 950 actions de transition bas carbone qui ont été proposées au PME. Alors ces actions-là, de nouveau, Comment est-ce qu'elles se répartissent ? Qu'est-ce qui se cache derrière ce chiffre, derrière ces actions ?
- Speaker #1
950 actions, c'est tout à fait correct, mais c'est plus qu'un chiffre. Derrière ces 950, ce sont des diagnostics, ce sont des feuilles de route, ce sont des aides à l'élaboration d'un business plan, ce sont des projets qui sont identifiés et même lancés. Donc derrière chaque action, il y a une réduction des émissions de carbone, il y a une économie qui est générée, il y a une adaptation de l'entreprise. Et donc toutes ces actions sont issues de rencontres du terrain, d'ateliers, de missions comme celle d'Easy Green, celle du PMA Green Challenge ou encore celle de Wall Energy pour accompagner au mieux les entreprises.
- Speaker #0
Et donc, on le voit de nouveau. Un panel assez large, plein d'actions, un nombre élevé d'actions. Est-ce que les bénéficiaires sont aussi variés ? Ou alors est-ce que vous vous identifiez sur le terrain des secteurs un peu plus spécifiques ou des secteurs qui sont un peu plus sensibles à ces actions ?
- Speaker #1
Non, vraiment on a des bénéficiaires qui sont très variés. Ce ne sont pas que des PME industriels. On retrouve des indépendants, on retrouve des petites et moyennes entreprises, on retrouve des ASB, la visée économique. On retrouve également des grandes entreprises qui viennent voir. Il n'y a pas vraiment de profil type. On constate néanmoins que le secteur agroalimentaire est très actif, puisqu'on parle de consommation de froid et donc la question du remplacement des frigos et des congélateurs se pose systématiquement. Les distributeurs logistiques ou les entreprises multisites sont aussi très actives. Les TPE, souvent peu outillés, trouvent chez nous un accompagnement structurant. pour traiter de l'efficacité énergétique, de l'efficacité des procédés industriels, de la production d'énergie renouvelable, du stockage, de la flexibilité réseau, des bandes de recharge et de la réduction des gaz fluorés.
- Speaker #0
En 2025, on parle de plus en plus évidemment de transition énergétique, c'est quand même un sujet phare, un enjeu phare de notre société actuelle, encore plus pour les entreprises. Alors est-ce que vous... Au niveau de la philosophie, vous observez une proactivité croissante du niveau des entreprises dont je m'explique. Est-ce qu'en fait les entreprises viennent de plus en plus vers les acteurs de la tradition énergétique ou est-ce qu'il faut encore aller chercher ? Est-ce qu'il reste du progrès à faire à ce niveau-là ?
- Speaker #1
Alors même si les entreprises avancent, il reste encore beaucoup à faire. Il faut vraiment accélérer le mouvement, aller plus vite et plus loin. On en revient à notre... Premier métier, que je citais tout à l'heure, la sensibilisation. Je ne sais même pas si je l'ai cité. Je ne sais pas si je l'ai cité. Notre premier métier chez Wallonie Entreprendre, c'est la sensibilisation. Donc la transition énergétique, elle doit être perçue non pas comme une contrainte, mais vraiment comme une opportunité de compétitivité, de résilience et d'innovation. plutôt que vraiment à un frein.
- Speaker #0
Et pour qu'il y ait justement une montée en puissance de ces actions, on voit qu'on investit de plus en plus, on a envie que les actions augmentent. On va rester sur ce mot de sensibilisation que vous avez utilisé. Comment est-ce qu'on y parvient ? Comment est-ce qu'on sensibilise ? Comment est-ce qu'on monte en puissance au niveau des actions qu'on a envie d'entreprendre pour faire avancer la transition énergétique ?
- Speaker #1
On constate quand même une montée en puissance des projets. Ça c'est indéniable. Ils sont plus structurés, ils sont plus ambitieux. Surtout quand ils offrent une meilleure compétitivité pour les entreprises. Elles arrivent maintenant avec des idées qui sont précises, parfois même elles arrivent avec des feuilles de route. Et ce qu'on veut c'est vraiment élargir encore plus le cercle en incluant les plus petites structures et des secteurs qui sont moins exposés à la pression carbone. Et donc c'est par notre métier de sensibilisation qu'on arrive à toucher ces cibles-là.
- Speaker #0
Et comment vous le faites ce métier-là ? Comment est-ce que vous sensibilisez les entreprises ? Comment est-ce qu'on le fait ?
- Speaker #1
Alors, on organise des campagnes de sensibilisation à la fois au niveau de Wallonie Entreprendre, mais on passe aussi par pas mal de relais qui sont plus locaux, qui sont décrits sur notre site internet. Donc on travaille avec des institutions qui, localement, sont actives pour vraiment toucher territorialement les entreprises plus spécifiquement.
- Speaker #0
On parle beaucoup de projets, on vient de parler d'un nombre de projets, mais quand je lis les chiffres et que je vois 950 actions bas carbone menées, ça me donne parfois l'impression d'actions un peu ponctuelles, d'actions voire un peu isolées. Mais vous l'avez dit tantôt, si je ne dis pas de bêtises, la transition ça ne se limite pas à ça en fait, ce ne sont pas des one-shot. Alors selon vous, comment est-ce qu'on fait ? pour que cette transition ne se limite pas justement à une série de petites actions ponctuelles et que ça s'inscrive vraiment dans une dynamique durable et un peu plus structurante.
- Speaker #1
Donc un projet, c'est souvent vu comme quelque chose de technique, de limiter à la fois dans le temps et dans son périmètre d'action. C'est vraiment un point de départ pour enclencher un mouvement, mais évidemment, il ne doit pas rester un acte isolé, il ne doit pas rester une fin en soi. Donc trop souvent, les entreprises lancent une action, elles changent un type d'éclairage, elles vont installer du... Les photovoltaïques, généralement, vont remplacer un équipement qui est moins énergivore. Et puis, la tentation va être de s'arrêter un petit peu. Elles se disent, voilà, j'ai fait quelque chose pour avancer, mais je vais me concentrer sur mon business. Or, ce qu'on vise, nous... Ce n'est pas une succession d'opérations isolées, c'est vraiment une transformation en profondeur, ancrer ces transformations dans la culture même de l'entreprise pour changer la manière de produire, changer la manière de consommer, changer la manière dont elle va coopérer avec ses fournisseurs, avec ses clients, changer la manière finalement de se projeter. La clé c'est vraiment changer de paradigme, c'est-à-dire de passer de l'obligation réglementaire à l'opportunité de compétitivité. Donc intégrer ces projets de transition dans les indicateurs de performance de l'entreprise, dans la gouvernance, dans sa vision long terme, c'est vraiment ce qu'on veut, agir sur les valeurs, agir sur les équipes, agir sur son territoire. Et ce qu'on voit, c'est que si on travaille sur ces valeurs, sur les équipes, cela peut être un facteur d'attractivité pour... pour recruter des jeunes talents qui vont chercher à être alignés, aligner leur quête de sens avec les valeurs de l'entreprise. Notre rôle chez Oui, c'est vraiment de structurer, de connecter, de pérenniser ces actions.
- Speaker #0
Vous parlez de changement de paradigme, de changement de philosophie, de manière de voir les choses. Ce que vous me dites là, c'est quand même quelque chose de très profond. Est-ce que vous, votre avis personnel, est-ce que vous y croyez dans le milieu des entreprises Wallon, à ce changement de... de philosophie, ce changement de paradigme, est-ce que c'est quelque chose selon vous qui est réalisable ?
- Speaker #1
Oui, quand on réalise qu'en fait on ne travaille pas que sur la réduction de l'empreinte carbone, mais que cette réduction carbone peut générer une diminution des coûts et donc une augmentation de notre résultat financier, peut générer un changement culturel qui emporte les équipes qui sont vraiment... aujourd'hui focalisés sur le sens et sur les valeurs. Quand on remarque qu'à travers la mise en œuvre de ces projets, parfois on se dit, ah ben tiens, pourquoi est-ce qu'on ne développerait pas un autre service, un autre produit ? Donc il y a un facteur d'innovation aussi qui peut être aussi source de revenus. Quand on remarque tous ces bénéfices accumulés à côté de la diminution de l'empreinte carbone, en général, c'est bingo pour l'entreprise.
- Speaker #0
Et puis, je pense qu'on est aussi quand même... Une génération, je parle pour moi, la génération ici de jeunes travailleurs qui arrivent sur le marché du travail, c'est aussi une génération, comme vous l'avez dit, qui est vraiment en quête de sens, en quête de se dire « moi je fais un travail qui peut faire un peu bouger les choses, bouger les frontières » . Donc c'est aussi, je pense, ça c'était ma petite digression, c'est aussi je pense une opportunité pour la transition énergétique aujourd'hui.
- Speaker #1
Tout à fait, le salaire n'est plus le premier facteur qui est avancé par le jeune talent qui frappe à nos portes. Ils sont vraiment en quête de sens. aligner leurs valeurs sur la raison d'être de l'entreprise. Et si ces valeurs ne sont pas alignées sur leur quête de sens, ils partent en général ces talents. Donc vraiment, c'est vraiment important d'ancrer culturellement cette transition comme un bénéfice et pas comme une contrainte dans la raison d'être de l'entreprise.
- Speaker #0
Alors maintenant, je vais faire un peu appel à votre mémoire, à vos souvenirs, parce que des projets, il y en a un paquet. Mais est-ce que dans les projets que vous avez pu croiser au fil des années, au fil de votre carrière, est-ce qu'il y en a un peut-être en particulier ou un type de projet, une manière de travailler qui vous a marqué un peu plus ? Et si oui, pourquoi ?
- Speaker #1
Alors oui, c'est l'entreprise qui me vient à l'esprit. C'est une entreprise qu'on a été d'ailleurs visiter il y a à peu près huit mois. C'est celui d'une PME wallonne qui est active dans le secteur industriel, principalement dans la découpe plazaire, qui a été reprise il y a quelques années par un descendant de la famille. C'est une entreprise qui était en pleine croissance, avec une culture de l'engagement. Déjà, par cette transmission familiale, il y avait un vrai volontarisme sur les questions environnementales. Sa première action, ça a été, comme de nombreuses entreprises, de placer des panneaux photovoltaïques. Et là, pour cela, on a aidé via un pré-Easy Green. Ensuite, un nouveau hall a été construit, suivi d'une seconde installation de panneaux photovoltaïques, toujours soutenus financièrement par nos soins. Et puis, elle a commencé à réfléchir à son process, à investir dans des matériaux... et dans des machines qui étaient plus performantes, qui consommaient moins d'énergie. Et puis il s'est dit, finalement, je vais me lancer dans un diagnostic complet. Je vais me lancer dans le PMI Green Challenge, qui est une suite de journées thématiques d'accompagnement pour vraiment ouvrir le focale sur des pistes à explorer. Et à partir de ce bilan, des quick wins de nouveau ont été identifiés, le remplacement de l'éclairage, l'isolation d'autres bâtiments. On a structuré une série d'étapes à poursuivre. Il y a une troisième installation photovoltaïque qui est arrivée, une batterie de stockage qui a été étudiée grâce à l'intervention d'un expert qu'elle avait rencontré lors des journées thématiques. Et puis elle est passée à l'électrification. progressive de sa flotte de véhicules. Bref, c'est vraiment la démonstration qu'une PME, quand on aligne l'engagement, les bons outils et un accompagnement, se transforme complètement par étape mais sans bouger d'une trajectoire. Elle a vraiment emprunté une trajectoire. Chaque étape été pensée pour préparer la suivante dans une logique vraiment... cohérentes et dans une logique de durabilité.
- Speaker #0
C'est clair que ça, c'est toujours des chouettes projets à voir, surtout quand on voit évidemment qu'au-delà de la théorie, ça se concrétise, ça sort de terre, etc. C'est toujours assez...
- Speaker #1
Oui, et le mouvement s'amplifie et on emporte de plus en plus les équipes dans ce courant qui vont être aussi sources de propositions pour vraiment dynamiser et décupler le mouvement.
- Speaker #0
Alors l'entreprise que vous avez prise comme exemple ici, bah Elle rentre dans la transition énergétique par une porte, par une étape, mais on voit qu'il y en a plein d'autres. J'ai eu aussi l'occasion de croiser pas mal d'entreprises qui démarrent chacun par leur porte d'entrée, celle qui semble la plus propice. Est-ce que vous pensez qu'il y a une bonne ou une mauvaise porte d'entrée ? Ou finalement, le plus important, c'est de se dire « je me lance » .
- Speaker #1
Non, ce qu'il faut, c'est vraiment enclencher le mouvement et se lancer. Et percevoir, comme je l'ai dit, la transition énergétique comme…
- Speaker #0
Bien sûr, l'ambition c'est de réduire l'émission de CO2, mais c'est aussi un levier de compétitivité. Ça permet de mettre en place des mesures pour s'affranchir progressivement des énergies fossiles, mais vraiment on va trouver des réductions de coûts au bout du compte. C'est aussi une source d'innovation comme je l'ai dit, donc la transition n'est pas qu'écologique, elle est aussi industrielle et économique.
- Speaker #1
Il a été annoncé récemment dans la presse que Wallonie Entreprendre allait investir 2,5 milliards d'euros dans l'économie wallonne d'ici 2029, si je ne dis pas de bêtises. Alors de nouveau, si on met le focus sur le sujet qui nous intéresse, évidemment sur la transition énergétique, tout cet argent, il va permettre de faire quoi concrètement ? Où est-ce qu'on va mettre le curseur ?
- Speaker #0
Donc en effet, toujours dans cette feuille de route 2025-2029, il y a un cap clair, il y a des moyens inédits. Donc on a vraiment l'ambition d'investir. 2 milliards et demi, dont des investissements à hauteur de 700 millions d'euros qui sont liés à l'industrialisation ou la réindustrialisation. Et pour ce qui concerne la transition énergétique, il y a deux priorités qui sont claires. Premièrement, le déploiement d'infrastructures bas carbone pour la production, pour le stockage de l'énergie ou encore pour des solutions émergentes. Et là, on peut penser au développement des SMR. Donc l'objectif... réduire fortement les émissions de CO2. Sur la période, on a à peu près l'équivalent de 150 000 voitures qui seraient supprimées de la route. Et puis le deuxième focus, c'est la décarbonation des tissus industriels. Et là, on va accompagner et soutenir financièrement 1 000 entreprises ou infrastructures de santé dans des opérations de réduction de leur empreinte carbone.
- Speaker #1
Alors c'est quand même des objectifs assez ambitieux avec des montants quand même pas mal du tout. Est-ce que justement tous ces investissements, ça va peut-être changer quelque chose dans notre manière d'aborder ou de percevoir la transition énergétique ?
- Speaker #0
Donc la direction est claire, il faut aller vers une économie qui utilise moins d'énergie et une énergie qui est décarbonée. La Wallonie elle s'est fixée comme objectif ambitieux de réduire ses émissions de 55% à l'horizon 2030. Elle a déjà divisé ses émissions par deux depuis 1990, mais pour atteindre les moins 55% à l'horizon 2030, il faut accélérer la transition des secteurs du transport, du bâtiment, de l'agriculture et des commerces. Et c'est vraiment sur ces secteurs qu'on va mettre l'attention.
- Speaker #1
C'est moins 55% que vous citez l'objectif 2030. J'ai eu l'occasion de parler avec... Jean-Pascal Veniperset, l'ancien vice-président du GIEC, j'ai aussi l'occasion de parler avec Damien Ernst, donc j'ai eu un peu plusieurs avis, c'est une question qui est quand même revenue. Vous, vous y croyez, à cet objectif-là ? Est-ce qu'on peut y arriver avec justement en plus les missions et les objectifs que nous on se fixe ? C'est quelque chose en laquelle vous croyez ?
- Speaker #0
En tout cas, je pense qu'il y a déjà eu un effort considérable qui a été fait. Je pense que le cap... Il est toujours atteignable. Peut-être qu'on sera quelques années en retard, mais il y a quand même des efforts considérables qui sont prévus. Maintenant, c'est aussi au niveau de l'Europe qu'on attend des mesures à impact. Donc une vraie stratégie, parce qu'en théorie, l'Europe a beaucoup d'idées, mais effectivement, il faut que cela se... traduisent par des directives claires pour pouvoir réindustrialiser aussi l'Europe en termes d'équipements de transition énergétique.
- Speaker #1
C'est ce que vous dites, c'est super intéressant parce qu'on le voit, il faut bouger au niveau de l'Europe, mais on voit aussi, c'est toute la discussion qu'on tient ici entre nous, il y a aussi des leviers, on peut bouger à des échelons plus petits en Wallonie, on a aussi notre part d'action à faire, et moi personnellement je trouve que c'est quand même quelque chose d'assez galvanisant. Est-ce que, je reviens sur mes chiffres, est-ce que ces investissements, ces nouveaux investissements, ça va aussi nous permettre d'accompagner de nouveaux publics, d'aller chercher de nouvelles cibles, de nouvelles personnes et aussi les inciter à bouger au niveau de la transition énergétique ?
- Speaker #0
Oui, tous les publics sont visés et on arrive à toucher dorénavant des entreprises qui... sont habituellement moins informés, parce qu'on a des outils qui sont vraiment ciblés et on utilise pour ça nos relais locaux. On a un accompagnement sur le terrain qui est renforcé, on a des produits financiers qui s'adressent à toute la palette de situations. Et donc, par ces mesures, le but c'est vraiment d'emporter le plus grand nombre sur le chemin de la transition énergétique. en tout cas Ce qui est certain, c'est que les partenaires financiers, comme les banques, vont demander de plus en plus d'informations sur la trajectoire de décarbonation des entreprises. Et donc l'accès au financement va également se poser pour toutes ces entreprises. Donc c'est véritablement une opportunité de nouveau de choisir d'y aller.
- Speaker #1
Vous venez de le dire, en fait, ici, les entreprises, au-delà de... d'un frein, ça va vraiment devenir des opportunités. Alors, je me mets dans la peau d'un petit entrepreneur. Qu'est-ce que vous me diriez, Olivier Bouchard, si je vous disais, moi, je ne vois pas spécialement ce que je vais avoir comme impact, je ne vois pas spécialement ce que moi, je peux faire pour le grand enjeu de la transition énergétique. Qu'est-ce que vous me répondriez ?
- Speaker #0
Je te dirais, viens tester chez nous. Viens te prêter. viens te prêter un peu au jeu, viens faire un diagnostic et tu verras que tu vas vite changer d'avis par rapport aux opportunités qui vont se présenter pour ta société, qui sera vraiment pérennisée économiquement dans le futur.
- Speaker #1
Alors maintenant, je vous demande de jouer le jeu avec moi. On ferme les yeux, on pense un peu dans le futur, on se projette dans, allez, on va dire dans 10 ans. On se projette dans dix ans, Olivier Bouchard, à quoi devrait ressembler une entreprise Wallon, pleinement engagée dans la transition énergétique selon vous ? Donc, à quoi est-ce qu'elle va ressembler ? À quoi est-ce qu'on va la reconnaître ? Quels seront ses réflexes, sa posture ou même son modèle économique ?
- Speaker #0
C'est une entreprise responsable qui aura intégré la transition dans sa vision stratégique, au même titre que sa rentabilité, sa croissance, son innovation. Elle prendra ses décisions au regard de critères qui sont... non seulement financiers, mais qui sont aussi environnementaux et sociaux. Et elle formera ses équipes de manière à partager ses flux. Elle va créer de la valeur circulaire. Bref, c'est une entreprise qui va aligner ses valeurs avec sa trajectoire et qui aurait de l'agilité pour anticiper, coopérer dans un écosystème décarboné. On parle par exemple de la mutualisation énergétique, de la logistique partagée. et qui va innover davantage. Vraiment, c'est une transformation culturelle autant que technologique.
- Speaker #1
Cette entreprise-là, que vous venez de me dépeindre, de me décrire, vous en avez déjà vu un peu ? Elle existe déjà ou c'est vraiment l'entreprise rêvée que vous imaginez dans dix ans ?
- Speaker #0
Non, elle existe déjà. J'ai cité l'exemple de cette PME de Florène qui se reconnaîtra, qui a emboîté le pas. plusieurs années déjà et qui a fait de la transition un engagement et un vecteur de rentabilité, d'innovation. Et c'est vraiment un vecteur pour mobiliser les équipes.
- Speaker #1
Donc, comme quoi, on peut voir ici que concrètement, ce n'est pas que de la fiction. Quand je vous demande de fermer les yeux et de penser à dans 10 ans, c'est possible. En fait, c'est réalisable.
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr.
- Speaker #1
Alors, est-ce qu'on reste dans le futur ? Est-ce que pour vous, il y aura des enjeux ? qu'on va privilégier d'attribution énergétique ? Est-ce qu'on va se focus sur certains points en particulier ?
- Speaker #0
Les marqueurs concrets de cette transformation seront effectivement l'autonomie énergétique, qu'elle soit partielle ou collective. On parlera d'autoproduction, on parlera de communauté d'énergie, de flexibilité via le stockage par batterie. On parlera aussi de circularité des flux, la manière dont on utilise les matières premières, la manière dont elles valorisent la chaleur. Elle réutilise son eau dont la logistique est partagée avec des synergies territoriales avec d'autres acteurs. Une troisième dimension, c'est la formation des équipes en continu avec des compétences axées sur l'énergie, sur l'empreinte Cardone, sur l'éco-conception. Et oui, il y a vraiment un critère de compétitivité pour demain qui va s'ouvrir. et demain il ne faut pas oublier que L'entreprise qui n'a pas entamé cette transformation, elle risque aussi d'être écartée de certains marchés, lancés par des grands comptes ou lancés par des entreprises internationales. Et donc elle pourrait finalement être fragilisée financièrement pour ne pas avoir entamé sa trajectoire de transformation.
- Speaker #1
Donc au-delà d'être dans une bonne démarche pour résoudre la crise climatique, pour rendre le monde de demain, je vais dire, un peu meilleur, il y a aussi vraiment un enjeu Un enjeu de compétitivité, un enjeu économique.
- Speaker #0
Oui, on pourrait résumer que les investissements qu'elle va réaliser aujourd'hui vont générer demain sa prospérité.
- Speaker #1
Est-ce que vous, au même titre que je parle personnellement, au même titre que moi, au même titre que beaucoup de jeunes travailleurs, comme on le mentionnait tantôt, est-ce que pour vous c'est important de vous dire, voilà, en fait, avec le métier qu'on fait, quand on se lève le matin, on peut faire bouger les choses, en fait, on se rend compte que c'est possible ?
- Speaker #0
Oui, c'est plus qu'un métier. C'est une véritable raison d'être. On se lève pour faire bouger les choses. Et à notre niveau, c'est vraiment très agréable de pouvoir le faire dans les trois métiers que j'évoquais tout à l'heure. Et sensiblement au contact des entreprises. Il n'y a rien de tel que... pouvoir déclencher un investissement et de voir sa réalisation sur le terrain et de voir la manière dont il impacte à la fois directement et indirectement l'entreprise dans sa trajectoire.
- Speaker #1
Quand vous voyez tout ce qui se passe au niveau du monde, de la planète, puis de l'Europe, puis de la Belgique, qu'est-ce que ça éveille en vous comme sentiment de se dire qu'en Wallonie il se passe aussi des trucs ?
- Speaker #0
C'est sûr que notre impact au niveau de la Belgique, on a peut-être moins d'un pourcent d'impact sur les émissions mondiales, mais on veut être un exemple aussi, donc ce serait trop facile de se retrancher derrière cet impact mondial négligeable que pour pouvoir stopper la démarche. Il faut être fier de ce qu'on a entrepris et pouvoir montrer qu'avec beaucoup de créativité, beaucoup de volontarisme, on arrive à faire des choses merveilleuses.
- Speaker #1
Vous parliez de créativité, vous venez d'utiliser le mot créativité. Si vous aviez une baquette magique pour changer un élément, un truc, ici en Wallonie, en Belgique peut-être, ou pourquoi pas, soyons ambitieux, dans le monde, si vous pouviez changer une chose pour justement servir notre mission, qu'est-ce qui vous viendrait en tête là tout de suite ?
- Speaker #0
Je dirais que c'est l'accès à une énergie qui est sécurisée, qui est à bas prix ou à bon prix et qui est une énergie décarbonée. Je pense que c'est vraiment ça qu'il faut s'employer à faire en Belgique pour vraiment rendre tout le secteur économique performant.
- Speaker #1
Votre plus grande fierté ?
- Speaker #0
Ma plus grande fierté chez Wallonia Entreprendre.
- Speaker #1
Ou dans la vie personnelle, c'est vous qui décidez. Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est chez Wallonia Entreprendre.
- Speaker #0
Ma plus grande fierté, c'est d'arriver ici et de voir les gens avec le sourire parce qu'ils sont convaincus de leur action. C'est vraiment génial de parcourir les différents bureaux, certes. évidemment on rencontre aussi des difficultés, on rencontre des problèmes, on a des obstacles à surmonter, mais il y a une détermination et au bout du compte il y a un sourire, donc c'est vraiment génial ça.
- Speaker #1
On arrive déjà tout doucement à la fin de notre entretien, il y a une question que j'ai pris l'habitude de poser dans ce podcast, je me mets toujours à la place d'une entreprise, je vous demande de jouer le jeu. Alors... Quel conseil est-ce que vous pourriez me donner aujourd'hui, moi, entrepreneur ou entrepreneuse qui souhaite me lancer dans la démarche de transition énergétique avec l'envie évidemment d'avoir un projet à impact, utile, porteur de sens, comme on le disait tantôt ?
- Speaker #0
Je dirais en avant, en avant, contactez-nous. Vous pouvez nous contacter d'ailleurs très facilement sur l'adresse mail transition-entreprendre.be. J'espère que c'est clair pour tous nos auditeurs. Donc le plus difficile, ce n'est pas de changer, c'est vraiment de décider de changer. Et donc, il faut commencer petit, il ne faut pas rester seul face à la complexité d'une situation. Poser le bon diagnostic, comme on l'a dit tout à l'heure, il faut prioritiser les étapes et il faut poser un premier geste pour engager la dynamique de transformation à l'échelle d'une entreprise. On peut vraiment changer énormément de choses, sa consommation, ses flux, ses partenariats, ses produits, même sa culture d'entreprise.
- Speaker #1
Donc vous l'avez entendu, c'est possible, on peut faire bouger les choses avec un peu d'envie, un peu d'accompagnement aussi. Olivier Bouchat, je vous remercie je vous remercie pour l'entretien Je vous remercie pour vos réponses aussi. Donc voilà, si jamais vous voulez redonner les quelques liens de contact, éventuellement on peut vous joindre.
- Speaker #0
Donc contactez-nous sur transition-entreprendre.be
- Speaker #1
Super, et bien moi, comme d'habitude, je vous invite à vous abonner, à suivre notre podcast le lendemain. Vous pouvez également retrouver Broptimize sur les réseaux, donc LinkedIn, Facebook, Youtube. et n'hésitez surtout pas à nous contacter sur broptimise.be si vous avez... des questions. Olivier Bouchard, je vous remercie encore une fois pour le sympathique entretien et je vous dis à bientôt pour un prochain épisode. Ciao, ciao !