- Speaker #0
bonjour à tous et bienvenue dans ce second épisode de changer demain le podcast qui explore les grands enjeux climatiques et énergétiques avec celles et ceux qui pensent construisent et interrogent notre avenir aujourd'hui nous avons le plaisir de recevoir Damien Ernst damien bonjour bonjour alors vous êtes notamment professeur à l'université de liège et spécialisé dans les questions liées à l'énergie et au système électrique Est-ce que vous pouvez pour commencer revenir un peu sur votre parcours et nous dire comment vous en êtes venu à vous spécialiser justement dans les systèmes énergétiques et dans le domaine de l'énergie ?
- Speaker #1
J'ai commencé à faire de la recherche dans le domaine des réseaux électriques dès l'âge de 20 ans. J'étais évidemment un étudiant très très brillant, classé parmi les premiers de ma promotion en ingénieur. Et là je me suis fait repérer directement par une professeure très brillante, grande spécialiste internationale des réseaux électriques. qui m'a essaié très rapidement dans son équipe de recherche. Je ne voulais pas faire de la recherche pour les réseaux électriques à l'époque. Je ne savais même pas qu'on pouvait faire de la recherche là-dedans. Pour moi, c'était juste des câbles qu'on connectait. Ça ne m'excitait pas trop. Je voulais faire de la recherche en physique fondamentale. Et voilà, c'est comme ça que j'ai été happé dans le secteur des réseaux électriques. Et puis, depuis lors, j'ai continué à travailler dans le domaine de l'énergie, avec quand même beaucoup de travaux aussi dans le domaine de l'intelligence artificielle, parce que j'ai commencé... à appliquer des techniques d'intelligence artificielle au secteur de l'énergie. Puis j'ai développé aussi des techniques d'intelligence artificielle. Bref, en gros, ça fait 29 ans maintenant, 30 ans. Donc voilà, à vos auditeurs, oui, j'approche les 50 ans, mais je parlais évidemment toujours beaucoup plus jeune, que je travaille dans ce secteur-là avec beaucoup de plaisir, d'autant plus que maintenant, les choses changent de manière très très rapide.
- Speaker #0
Alors on va essayer d'abord de poser un peu le décor. Comment est-ce que vous décririez l'état du système énergétique en Belgique et en Europe aujourd'hui en 2025 ?
- Speaker #1
C'est une transition. On est dans une transition. Donc on vient d'un monde avec du nucléaire en fait et du fossile. Du nucléaire beaucoup au niveau d'électrique et du fossile j'ai envie de dire pour les autres usages. Donc maintenant on arrive dans un monde plus j'ai envie de dire fossile, renouvelable. Avec de moins en moins de nucléaire en Belgique, on va passer de 6 gigawatts à 2 gigawatts vers 2026. On n'est plus qu'à 4 gigawatts maintenant de nucléaire. Donc ça reste très peu et beaucoup de renouvelables. Donc ce qui change vraiment maintenant dans le secteur de l'énergie, il va peut-être y avoir une nouvelle vague de nucléaire en Belgique, mais c'est le renouvelable. Et il ne vient même plus maintenant pour des questions idéologiques ou des questions de décarbonation de nos sociétés. il vient principalement pour... des questions de coûts, c'est le gros changement. Donc on arrive vers un système électrique où les sources de production sont des sources renouvelables et où tous les usages, une grande partie des usages, sont en train de se faire électrifier. Donc voilà, le chauffage est en train de se faire électrifier au travers des pompes à chaleur, donc beaucoup de changements qui vont augmenter la consommation électrique et qui créent quand même des problèmes au niveau des réseaux de ces autoroutes de l'électricité. Enfin, autoroutes, grands routes, mini-routes, petits chemins. dépendant où vous habitez, bien entendu, de la manière dont vous vous connectez au réseau.
- Speaker #0
Alors, vous avez utilisé ce mot, transition. Quand on parle de transition énergétique, en gros, en quoi est-ce que ça consiste aujourd'hui ? Quels sont les défis de cette transition ?
- Speaker #1
Attention, transition énergétique, on a l'impression que c'est nouveau, en fait. Mais depuis le 18e siècle, 19e siècle, on est en transition. 18e siècle, enfin, avant le 18e siècle, ce qui... Alimenter nos sociétés en énergie, c'était principalement de la biomasse. La filière de transport, c'était de la biomasse, c'était de l'avoine que vous donniez aux chevaux. Le 19e siècle, on est passé au charbon, c'était la révolution industrielle. Le 20e siècle, c'est beaucoup de pétrole qui a influencé un peu le nucléaire dans la seconde partie, mais beaucoup de pétrole qui a permis le développement de la mobilité, cette mobilité rapide. Donc maintenant, on est dans un autre type de transition, on est une transition vers le renouvelable. Donc c'est ça qui définit la transition à l'heure actuelle. Et je pense qu'en tout cas au niveau du XXe siècle, on retiendra qu'on sera en 2250, 2200, 2250. On retiendra que le XXIe siècle aura été le siècle du renouvelable.
- Speaker #0
Et alors justement au niveau des défis, des nouvelles choses qu'on doit mettre en place aujourd'hui en 2025, comment est-ce qu'on la réalise cette transition énergétique ? Comment est-ce qu'elle se matérialise sur le terrain ?
- Speaker #1
C'est pas si facile que ça. A la fois, vous avez envie de dire que c'est terriblement facile, parce qu'il suffit de mettre du PV, du photovoltaïque, des batteries, des éoliennes, les composants, les... Ils ne deviennent pas chers pour le photovoltaïque. Vous êtes à l'heure de 10 cents le watt installé. Le panneau photovoltaïque de 1,5 m² de surface, pour 350 watts, vous êtes à un prix de plus ou moins de 35 euros. C'est un menu au McDonald's pour deux personnes. Vous avez un panneau photovoltaïque. Ça ne coûte plus rien. Il y a quelques années... Vous étiez pris 10, 15, 20 fois, 30 fois ce prix-là. Donc les composants de coup de purée, c'est l'assemblage des composants. Le fait de faire passer l'électricité d'un composant de production vers un composant de consommation, d'assurer l'équilibre entre production et consommation, d'avoir la surface nécessaire pour mettre tous ces dispositifs de capture d'électricité renouvelable. Donc c'est faire exister ce dispositif de ce qu'on appelle... d'un point de vue système, dans son ensemble, où tout est bien coordonné, qui est difficile. Ce sont les réseaux électriques, ce que les réseaux électriques et l'ensemble qui relie tout ça ensemble sont des éléments assez complexes en termes d'ingénierie. Et là, effectivement, vous avez quand même pas mal de problèmes.
- Speaker #0
Et alors, ce qui rend la question encore plus complexe, c'est qu'aujourd'hui, on voit vraiment une démultiplication des différentes technologies disponibles, notamment au niveau des énergies renouvelables. Qu'est-ce que ça induit pour M. Tout-le-Monde, enfin pour le consommateur ?
- Speaker #1
Multiplication, non. J'ai envie de vous dire, c'est du panneau photovoltaïque de marques différentes, de types différents. Vous avez déjà les panneaux classiques, monocouches, des panneaux photovoltaïques. Évidemment, vous avez beaucoup de marques, des différences de qualité. Vous avez aussi d'autres cellules, des nouvelles cellules qui apparaissent, perovskites, mais c'est toujours le même composant. La difficulté, c'est vraiment la connexion de ces composants, la connexion de ces composants avec des batteries qui doivent recharger au bon moment, la connexion de ces composants avec la consommation, les dispositifs de consommation qui s'adaptent un peu à la production. Je pense notamment, surtout, les véhicules électriques à qui vous rechargez quand il y a beaucoup de renouvelables. Donc, c'est faire exister tout ça de manière harmonieuse ensemble. C'est plein de composants qui doivent danser ensemble. Et c'est d'autant plus difficile de les faire danser ensemble que vous n'avez pas un maître d'orchestre, un conducteur, quelqu'un qui s'occupe du spectacle de manière centralisée. C'est un système avec beaucoup d'acteurs, décentralisés. Vous n'êtes pas en Corée du Nord où quelqu'un décide pour tout le monde. C'est plein d'acteurs qui interagissent avec différents types de marchés d'électricité, avec différentes structures, des réseaux de distribution, des réseaux de transport, différentes bourses. Et c'est faire exister cet ensemble qui est quand même difficile, avec en plus, comme c'est une machine quand même assez complète, qui peut avoir un peu des phénomènes un peu bizarres, elle peut tomber malade à un moment donné. On l'a encore vu en Espagne très récemment, c'est une maladie en fait à laquelle on n'avait pas pensé d'un système électrique, ça rend les choses assez complexes.
- Speaker #0
Autre débat, celui sur le nucléaire, fermeture de certaines centrales d'un côté, prolongation de 10 ans pour d'autres, quelle place selon vous doit occuper le système électrique ? le nucléaire aujourd'hui dans notre mix énergétique, dans notre transition ?
- Speaker #1
Déjà il occupera la place qu'il peut occuper. Qu'est-ce qui nous reste en activité comme centrales ? Donc on en avait 3 à Tihange 1, Tihange 2, Tihange 3, on en avait 4 à Doule, Doule 1, Doule 2, Doule 3, Doule 4. Tihange 2, Doule 3 c'est terminé. Il y a eu ce problème d'hydrogène flakes, enfin d'hydrogène flakes, de flocons d'hydrogène en fait dans les cuves. Je ne pense pas que c'était dangereux, on aurait pu les garder. Mais voilà, pour des raisons un peu politiques, c'est fermé. Engie a déjà démantelé une bonne partie de ces centrales-là. La partie non électrique, vous n'allez plus savoir les relancer. C'est terminé. Donc il reste T-H1, T-H3, Doul1, Doul2, Doul4. T-H3 et Doul4, on a décidé de les prolonger encore dix ans après 2025 jusqu'en 2035. Donc on peut garder encore T-H3 et Doul4. Doul1, Doul2 non prolongeables à mon avis, des modèles trop vieux. Ça va coûter trop cher de les prolonger après cette année-là. Il reste encore Tienge, éventuellement, sur la table. Je pense qu'on peut le prolonger assez facilement. Mais il y a des normes, en fait, au niveau nucléaire, notamment la norme WENRA 0AG, qui définit des contraintes sur les centrales nucléaires par rapport aux risques sismiques. Elle ne répond pas à ça. C'est impossible de la modifier pour qu'elle réponde à ça. Donc, il faut changer la contrainte. Ça peut changer avec un arrêté royal. Mais les politiciens n'oseront jamais. faire sauter un arrêté royal en fait par rapport aux normes de sécurité nucléaire en disant voilà on enlève les normes de sécurité nucléaire, c'est politique, c'est politique, si vous faites ça comme politicien, vous allez avoir le parti écolo, enfin tous les antinucléaires qui vont vous sauter dessus en disant regardez maintenant ce que le gouvernement fait, il met la vie des citoyens en jeu, enfin voilà, c'est pas possible politiquement. donc il restera juste Tihange 3 DOOL4 à l'heure actuelle. Donc en 2026 vous n'allez plus avoir que Tihange 3 DOOL4. Donc 2 gigawatts sur les 6 gigawatts. initialement construit en Belgique. Et puis il y a le dossier de la construction de nouvelles centrales. Donc là vous avez deux filières, la filière des petites centrales des SMR, Small Modular Reactor, puis la filière des grosses centrales. Mais alors là il faut lancer les dossiers de construction, c'est vachement hard. Il faut définir le site, qualifier les sites, si vous n'allez pas vers des sites existants, il faut qualifier le site. Donc il y a le processus de qualification de site, il y a le processus du choix de modèle. Il y a le processus du financement en fait. Comment est-ce que vous faites pour le financement ? Il y a le processus de la construction. Vous trouvez un gars qui sait les construire, une compagnie qui sait les construire. C'est pas gagné. Il y a juste les Chinois et les Russes qui pour moi savent bien construire des réacteurs nucléaires. Les Chinois sont très très bons. Mais je pense pas que l'Europe va vouloir aller vers du chinois pour la construction. Mais eux savent bien construire à pas cher. Donc ce sera quoi de l'américain et du français ? L'américain c'est l'AP-1000 en fait de Westinghouse. Le français le PR-2. Mais je ne vois pas un gros réacteur qui... qui pourrait se construire avant 2035, 2035-2040, mais à 2035, personne ne va prendre commercialement le risque de construire un réacteur nucléaire qui ne serait peut-être en opération que vers 2037-2038. Pourquoi ? Parce que le prix du PV chute tellement, les batteries chutent tellement, que vous allez vous dire, attends, dans 10 ans, je vais me mettre hors business complètement par ces technos. Et toutes les technos dérivaient de ça. La source PV ne coûte plus rien. Pourquoi pas avec du PV faire de l'hydrogène en Afrique du Nord, apporter de l'hydrogène pour le brûler ? Si le PV ne coûte plus rien, vos électrolyseurs ne coûtent plus rien, c'est des business models qui peuvent effectivement se développer. Donc je dis attention, ça va être difficile pour le nucléaire. En tout cas, si vous n'avez pas un État fort derrière qui décide « je veux le faire » , l'État va toujours mettre des horloges, peut-être que vous n'y arriverez pas. Vous n'y arriverez pas, j'en suis même persuadé. Alors,
- Speaker #0
on parlait de date. La Belgique et l'Europe se sont fixés des objectifs climatiques pour 2030 et 2050. D'un point de vue énergétique, comment est-ce qu'on peut atteindre ces objectifs ? Est-ce qu'on peut atteindre ces objectifs, pardon ? Et peut-on y parvenir sans recourir à l'énergie nucléaire, par exemple ?
- Speaker #1
De toute façon, 2030, c'est foutu, les objectifs. C'est parce que personne n'ose le dire ouvertement. Au niveau politique, vous ne pouvez pas le dire. Mais si vous le dites en premier, un autre politique va dire « Oui, mais vous n'êtes pas assez volontaire, on va y arriver » . Non, c'est foutu. 2030, c'est foutu. En 2040, là vous ne savez pas dire parce que le photovoltaïque se développe tellement rapidement, avec des nouveaux business models qui arrivent, je vais revenir peut-être un peu plus tard sur les nouveaux business models, que là c'est joué à mai 2030. Après les chaînes de production arrivent tellement à maturité pour le photovoltaïque, les éoliennes, les batteries, que je pense que vous allez commencer à prendre une décroissance du fossile, décroissance qui alors peut être très rapide quand vos chaînes de production sont en opération. Mais avant 2030, c'est foutu. Donc ça veut dire que le... 1,5 degrés d'objectif climatique foutu, ça c'est foutu, tout le monde le sait on a déjà dépassé, on est en train de le dépasser le 2 degrés, foutu aussi vous pouvez faire ce que vous voulez, c'est foutu, il faut le dire ouvertement, je pense qu'on peut faire un atterrissage vers 2,5 degrés au niveau climatique et l'atterrissage je pense qu'il va se faire naturellement grâce au renouvelable en fait bon marché qui à un moment donné va mettre plus ou moins hors business le fossile ou en tout cas l'effort qu'il vous faudra faire pour ou passer du renouvelable financier du renouvelable au fossile sera très faible.
- Speaker #0
Alors, quand on parle de transition énergétique, souvent ça soulève la question de l'évolution de nos modèles économiques, de nos modèles sociaux. Concrètement, quelles actions vous semblent nécessaires à ces différents niveaux, citoyens, entrepreneurs et décideurs politiques ?
- Speaker #1
Il faut aussi analyser, une transition énergétique se fait toujours sous forme de contrat. Et vous avez aussi des contrats de social. Donc vous ne pouvez plus faire une planification énergétique en parlant d'efforts, de contraintes, d'arrêtés de véhicules, etc. Voilà, ça ne marche pas parce que de toute façon, si vous faites ça, vous arrivez dans les démocraties, un pouvoir en place, des partis politiques gagnent à la régulière dans une démocratie, qui va gagner sur un message inverse avec ça. Donc ça ne va plus aller. Dans les deux cas, ça ne va pas aller. Soit vous maintenez le discours, et c'est un autre parti qui prend le pouvoir, soit vous êtes convaincu que votre discours est bon, mais vous ne le maintenez pas parce que vous voulez rester au pouvoir. Voilà, c'est ça. Donc la contrainte, je pense, environnementale, elle va se relaxer. Elle va se relâcher à ce niveau-là. Maintenant, je pense que ça va s'imposer, en fait, naturellement. L'avantage au niveau du renouvelable, c'est qu'il va s'imposer pour des raisons économiques. Et donc je pense que c'est ça la chance. Donc on est face à des scénarios quand même assez inquiétants, interpellants. Mais la chance dans cette histoire-là, c'est que le renouvelable, tout ce qui est clean tech, voitures électriques, les lampes, les batteries, le PV, ou le clean tech, devient vraiment bon marché. Ils sont en train de mettre tout hors business. Donc je pense que les gens, ça va s'imposer naturellement. Pour les entreprises, ça va s'imposer naturellement. ... Maintenant, pour les entreprises, ça coûte combien ? L'installation PV est 0,5, 0,4 euros par watt installé, une industrielle. Un industriel qui n'en fait pas, avec son autoconsommation qu'il peut avoir, c'est un industriel qui ne sait pas compter. Donc maintenant, vous pouvez mettre en avant chaque fois l'argumentaire économique. Donc voilà, je pense que maintenant vous pouvez décider. En tant qu'entreprise, vous avez de l'argent d'être un peu plus volontaire ou moins volontaire, mais je pense qu'il y a juste moyen de réfléchir au niveau prix, au niveau futur, et de se rendre compte que c'est les investissements dans les clean tech qui sont de terriblement bons investissements pour les entreprises à l'heure actuelle. Il faut bien choisir son investissement. Donc si les entreprises... où les privés ont des budgets, on va dire 5 ou 10 000 par an, un exemple comme ça, à mettre dans les clean-tables, ils doivent choisir leur bon investissement. Sans doute maintenant, le bon moment, c'est le PV. Dans trois ans, le meilleur, ce sera peut-être le véhicule électrique, et puis la batterie, ce genre de choses, là où la pompe à chaleur. Donc en gros, ils doivent juste, je pense, raisonner euro à l'heure actuelle. En fait, je pense que c'est une meilleure affaire. Il faut que les gens, quand ils pensent environnement, en tout cas... En ce qui concerne la décarbonation de nos sociétés, liée au secteur de l'énergie, pensez euro, pensez intelligent au niveau euro, je pense que c'est la meilleure chose à faire.
- Speaker #0
Je viens vous trouver, vous Damien Ernst, je veux lancer mon entreprise, et la transition énergétique est un sujet qui me trotte un peu ici derrière la tête. Si vous deviez me donner les grands axes de réflexion, les quelques conseils, les choses auxquelles je dois faire le plus attention.
- Speaker #1
Pour le contrat fournisseur en fait. Il y a des nouveaux modèles de fournisseurs que j'aime beaucoup, le fournisseur d'électricité. Si vous avez du PV partout, vous allez peut-être avoir trop peu d'électricité, trop d'électricité, peut-être trop peu aussi à d'autres moments, vous ne savez pas dire. Vous avez des modèles fournisseurs qui vous permettent de vendre votre électricité directement excédentaire en contrats bilatéraux à d'autres. Il faut aller là-dedans, des contrats bilatéraux, qui vous permettront de bien valoriser votre excès d'électricité. Et si vous voulez vraiment, parce qu'il y a quand même beaucoup d'industriels qui veulent se décarboner, que ce ne soit pas uniquement pour l'image de la société. Ils ont envie de faire le bien pour la société, pour la planète. C'est aussi aller vers ces modèles-là, peut-être pour racheter l'excès de renouvelables d'autres sociétés ou directement l'électricité des éoliennes. Donc ça, je crois beaucoup dans ces modèles-là. Beaucoup de PV, plus des modèles bilatéraux, des échanges directs du renouvelable. Ce qui permettra à des entreprises de vraiment devenir vertes. Je préfère le terme décarbonée pour leur approvisionnement d'électricité. Ça, c'est un truc que je conseille. Ça, c'est un truc que je conseille. Probablement, d'ici un ou deux ans, pensez à investir dans une batterie. De toute façon, avec ce type de modèle-là, vous êtes en contrat dynamique, vous êtes tarifié quart d'heure par quart d'heure, sinon ça ne peut pas exister. En tout cas, pour votre résiduel, vous serez tarifié sur les marchés de gros par rapport au prix sur les marchés de gros, quart d'heure en quart d'heure. Donc, essayez d'y aller avec des batteries d'ici deux, trois ans. La flotte de véhicules électriques, j'ai envie de dire... Si vous avez des vieilles voitures maintenant, ne changez pas maintenant. Restez encore à l'essence au diesel, encore 2-3 ans. Attendez que la frappe des véhicules chinois au niveau prix arrive sur l'Europe. Au niveau du chauffage, très clairement, surtout si vous avez du PV et des batteries, c'est les pompes à chaleur. Les pompes à chaleur ne coûtent plus grand-chose. La pompe à chaleur est un objet que j'adore en termes énergétique. ça consomme une calorie électrique et ça produit trois calories thermiques. Donc vous avez une sorte d'effet multiplicateur qui la rend tellement intéressante. C'est ça, le chauffage électrique classique, c'est une calorie électrique, c'est une calorie thermique. La pompe à chaleur, c'est quelque chose qui a un aspect multiplicateur. C'est ça qui fait son succès.
- Speaker #0
Aujourd'hui, une entreprise qui ne monte pas dans le train justement de la transition énergétique et tous les conseils que vous avez dit, est-ce que dans quelques années, ça signifie qu'elle sera hors business ?
- Speaker #1
Oui, transition, je serai un peu plus fin. Moi, je déteste en fait les caricatures au niveau énergie et je ne supporte pas parce que je trouve que c'est ça qui a aussi détruit toute la politique énergétique qui n'a pas été géniale au niveau européen. Donc, je préfère venir avec des chiffres, des raisonnements. Donc voilà, il est clair qu'une entreprise... Sur la scène internationale, si une entreprise, si vous ne mettez pas du PV sur vos toits, vous perdez de l'argent. Moi je pense qu'il faut être très intelligent pour les entreprises, se dire ok, il y a des opportunités qui me sont offertes par les clean tech, je vais essayer de jouer au mieux possible avec ces opportunités.
- Speaker #0
Et je terminerai par là, une dernière petite question à vous poser. S'il ne devait rester qu'un message, de nouveau, vous Damien Ernst, à transmettre à un jeune adulte qui se retrouve aujourd'hui face à... à l'avenir énergétique, l'avenir climatique qui se profile face à nous. Qu'est-ce que vous aimeriez dire à ce jeune adulte ?
- Speaker #1
J'ai envie de lui dire, appelle-moi si tu as vraiment un problème d'investissement en énergie, c'est très fin, ou appelle un spécialiste. Ne crois pas ce que tu as lu ou entendu. Il y a un brouhaha comme ça qui est très mauvais. Deuxième chose, j'ai quand même envie d'avoir un message d'espoir. Je suis extrêmement confiant par rapport au futur au niveau énergétique. Je sais qu'il y a une transitoire qu'on va se prendre en termes d'émissions de CO2, mais je suis persuadé que vers 2035-2040, décarboner complètement la planète sans se priver d'énergie comme ça, ça ne va poser aucun problème. Quand je vois tous les nouveaux modèles qui existent, notamment tous ces modèles liés au fait que vous implantez des dispositifs de capture d'énergie renouvelable dans des endroits où vous avez beaucoup de vent, beaucoup de soleil, au général vous n'avez peu de personnes qui habitent là. et vous transformez cette énergie-là, souvent d'énergie chimique, pour la rapatrier vers des centres de consommation, ou bien directement avec des batteries que vous utilisez comme vecteur d'énergie, ce genre de choses-là. Je suis extrêmement confiant, en fait. Je suis terriblement confiant. Donc je pense qu'il faut être extrêmement confiant, en fait, par rapport à ce qui est en train de s'arriver. On n'est pas du tout sous une trajectoire planétaire qui nécessite des contraintes. Il n'y en aura pas. De toute façon, les gens n'en veulent pas. Les contraintes, on l'a vu aux États-Unis, n'en veulent pas. Donc moi, je vois un monde, en tout cas au niveau énergie, d'abondance. une abondance qui peut être parfaitement en adéquation avec les contraintes écologiques que vous voulez vous imposer, qui sont tout à fait raisonnables, légitimes d'imposer. Je suis très confiant en fait. Et je pense qu'ils doivent raisonner en se disant, il y a de la tech, il y a de la super tech qui apparaît, ça ne coûte plus rien, je le dis encore, un panneau photovoltaïque, c'est un menu pour deux personnes au Quick ou au McDonald's. sans même forcer sur le menu, vous ne prenez pas de dessert, pas trop de sauce ou des choses comme ça, petit menu en fait, pas d'eau photovoltaïque, donc voilà, on le voit bien que ça ne coûte plus rien, donc il faut agir dans cette direction là, et par rapport à cet état de fait, créer des opportunités, je discutais récemment avec des agriculteurs, Je me dis, t'es agriculteur, moi je ne veux pas mettre des panneaux photovoltaïques sur mes champs, ils pourraient générer de l'argent dans des choses comme ça, mais vous n'avez même plus la permission, mais qu'est-ce qu'on voit ? On voit maintenant des agriculteurs qui utilisent des panneaux photovoltaïques pour leur clôture. Donc ils les mettent à la verticale. Bien entendu, à la verticale, il va vous produire moins d'électricité qu'à l'horizontale. Vous ne pouvez plus mettre à l'horizontale sur des champs, vous mettez des vaches ou du blé. Mais vous vous en foutez puisqu'il ne coûte plus rien. Vous l'utilisez pour faire des barrières. Donc vous voyez, il y a plein d'opportunités comme ça qui existent. Et en étant un peu malin, il y a plein de produits qui existent pour faire maintenant du PV avec des barrières. Vous savez, fameusement, réduire votre facture d'électricité. Donc vous pouvez être un peu créatif. Je pense que l'industrie, je ne dis peut-être pas la toute grosse industrie, mais la PME qui se retrouve quand même un peu étouffée sous le prix de son électricité, elle peut être créative. Elle peut travailler avec des voisins, des fermiers, racheter de l'électricité, ce genre de choses-là, investir dans les clôtures du voisin. Il y a plein de trucs à faire. Donc il faut juste être malin, bien comprendre le secteur, bien comprendre que pas mal de coûts sont complètement écrasés dans le secteur et en fonction de là, générer des opportunités.
- Speaker #0
C'est sur ces mots positifs d'espoir qu'on va conclure cet épisode. Merci Damien pour cet échange, merci aussi pour vos réponses, pour votre expertise. Et si cet épisode vous a plu, vous n'hésitez pas à partager le podcast autour de vous, à le noter et à nous suivre sur vos plateformes d'écoute préférées. Damien, je ne sais pas si on peut rediriger éventuellement vers des liens, des réseaux potentiellement.
- Speaker #1
Oui, moi je tweet énormément, je ne sais plus si je dois dire tweeter ou xer maintenant, ou des choses comme ça sur les réseaux sociaux, j'ai mon site web damiatirian.be, je poste toujours beaucoup de choses, beaucoup d'articles, si ça les intéresse, ils peuvent me suivre et j'essaye toujours de répondre, évidemment quand les questions sont intelligentes, de répondre aux personnes qui m'écrivent, donc je répondrai avec beaucoup de plaisir à vos auditeurs.
- Speaker #0
Et bien voilà, vous pouvez alors retrouver Damien Ernst ainsi que Broptimaï sur les réseaux sociaux, notamment LinkedIn et X pour prolonger la réflexion mais aussi découvrir nos prochains invités. Donc tous les liens utiles seront dans la description de cet épisode et moi je vous dis à très vite pour un nouvel épisode de Changer de Main.