- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast Changez pour mieux, le podcast qui aide les femmes à aligner leurs aspirations personnelles avec leurs aspirations professionnelles. Je m'appelle Sophie et je suis consultante en accompagnement professionnel. Ici, je parle de carrière seule ou avec des experts et des invités. Si vous souhaitez avoir des conseils, des astuces, des expériences inspirantes pour vous aider dans vos réflexions professionnelles, vous êtes au bon endroit. Bonne écoute ! Aujourd'hui, nous recevons Myriam Barbarin qui va nous parler de son parcours d'entrepreneuse et de ses nouveaux projets. Merci Myriam d'avoir accepté cette invitation dans le podcast « Changer pour mieux » . Je suis ravie de vous recevoir pour que vous nous partagiez votre expérience qui peut être inspirante pour les auditeurs et auditrices du podcast et qui a un parcours très riche, paie de plein de... projet dont vous allez nous parler aujourd'hui. Et donc, je vais vous laisser la parole, je vais vous laisser vous présenter qui vous êtes, qu'est-ce que vous avez fait, et puis après, voilà, on découvrira votre parcours et tout ce que vous avez mené.
- Speaker #1
Alors, bonjour Sophie, et puis c'est à moi de vous remercier pour cette interview. Donc, je suis Myriam Barbarin, j'ai 58 ans, j'ai un enfant qui est grand maintenant, j'habite... dans la Drôme, à Valence, enfin à Guirand, à côté, à Ardèche même d'ailleurs. Il faut se méfier entre la Drôme et l'Ardèche. Et mon parcours professionnel est le suivant, qui est quand même finalement assez simple. J'ai démarré mon entreprise à 24 ans et j'ai vendu mon entreprise à 55 ans, 30 ans plus tard. J'étais dans une entreprise qui était, j'ai créé une entreprise de nettoyage ou alors on va dire de propreté, parce que le mot nettoyage, C'était un petit peu ingrat. Donc de propreté et en démarrant moi-même, en faisant le ménage et en me disant, écoutez, l'investissement, il n'est pas très important. Je le tente, je tente l'aventure. Si ça marche, tant mieux. Si ça ne marche pas, ce n'est pas grave puisque du coup, l'investissement n'étant pas lourd, je n'avais pas beaucoup de charges et voilà, c'était un petit peu l'aventure parce que j'avais un besoin effréné peut-être de liberté et de me dire, je vais être mon propre patron et je ferai ce que je veux. Là où je me suis beaucoup trompée, mais on en parlera plus tard. Et il se trouve que tout au long de ma vie professionnelle, je dirais que la création de cette entreprise m'a permis une belle ascension. C'est un ascenseur en fait pour moi. C'est un ascenseur social, si on veut, et qui m'a permis de gravir pas mal de steps. Et chaque fois de me poser la question en me disant, tiens, est-ce que je suis en capacité de gérer 10 salariés ? Est-ce que je suis en capacité d'en gérer 20 ? Etc. Jusqu'au nombre de 350, puisque quand j'ai vendu, on était 350 personnes. Et j'avais deux structures, une auprès du particulier, une auprès de l'industrie. Et le petit bébé de la fin, c'était le centre de formation pour nos équipes. Voilà un petit peu la... Cette aventure qui a quand même pris une grande partie de ma vie. Et donc, le vrai projet autiste, ça a été de vendre la société que j'ai vendue il y a quelques temps. Et du coup, je suis à nouveau entrepreneur novice sur un autre métier actuellement.
- Speaker #0
Et du coup, qu'est-ce qui vous a poussé ? On en parlera du coup après sur cette deuxième partie d'entrepreneuriat. Vous avez monté votre entreprise très jeune. Est-ce que vous aviez du coup un bagage entrepreneurial au départ ? C'était quoi votre bagage ? Sachant que votre envie, c'était d'être indépendante, d'être libre, d'être votre propre patron. Mais du coup, est-ce que vous étiez armée pour être entrepreneur ?
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas si on peut être armée un jour, parce que finalement, il n'y a jamais, dans une vie entrepreneuriale, il n'y a jamais tous les codes ouverts. Donc ça, c'est déjà, il faut le savoir, il y a toujours une part de risque. Et c'est là où il y a un peu d'adrénaline quand même aussi. Non, en fait, j'ai eu un parcours scolaire plutôt, pas chaotique, mais en tous les cas, je suis un peu une hyperactive. Donc du coup, j'avais un peu de problème de concentration. C'est ce qui m'a valu de redoubler ma quatrième et de me retrouver en BEP. Et j'ai été dans un BEP banque. Et là, j'ai adoré parce que c'était la vraie vie, l'économie d'entreprise, le système de la banque, la bourse, etc. Donc là, on était dans du concret. Et là, j'ai excellé en BEP. Et grâce à ça, j'ai pu réintégrer à l'époque, ça s'appelait le bac G. Donc maintenant, c'est le STMG, on va dire, c'est l'équivalent du STMG. Et encore que maintenant, ce n'est plus STMG, puisque avec toutes les options, c'est encore autre chose. Mais du coup, j'étais plutôt sur un bac professionnel. Et j'ai trouvé que le bac, c'était injuste. Donc déjà, la justice aussi, c'est très important pour moi. Et j'ai trouvé qu'évaluer une personne sur ses capacités sur un examen, j'ai trouvé que c'était quand même dommage parce que finalement, on pouvait tomber sur une matière, sur un sujet qu'on aimait beaucoup ou qu'on avait beaucoup appris, on avait tout compris. Et à ce moment-là, on avait une super note et je trouvais ça injuste. Donc, je me suis dit, plus jamais de ma vie, parce qu'il fallait 216 points, j'ai eu 216 points au bac. Je me suis dit, plus jamais de ma vie, je ne veux passer d'examen. J'ai trouvé que c'était trop stressant, j'ai trouvé ça injuste. Enfin voilà, j'avais mes idées à moi bien définies. Donc je voulais faire l'IUT à l'époque, l'IUT Tech Deco. Et bien entendu, l'IUT Tech Deco, je vous parle des années 90 quand même, ne prenait que les bacs S, les bacs scientifiques, les bacs B, enfin les économiques, mais les bacs G certainement pas. Donc m'a pris l'idée de me dire, je ne vois pas pourquoi je n'y arriverais pas. Donc j'ai été très clairement faire un sitting à l'IUT. Et tous les jours, j'allais voir l'assistante de direction du directeur en disant, je voudrais voir M. X. Et elle me dit, non, mais il n'est pas disponible. OK, ce n'est pas grave. Demain, il est là. Donc, je reviens, etc. Donc, je pense que je les ai eus un petit peu à l'usure quand même. Elles ont dit, celle-là, on ne va jamais y arriver. Et du coup, j'ai fini par être reçue par le directeur. C'est un homme superbe. Voilà, très bien. Et en sortant, il m'a dit, c'est bon, je te prends. C'est bon, c'est bon. Arrête, je te prends. Donc j'ai eu mon IUT Tech2Co grâce à une amie à moi qui venait du scientifique et qui m'a appris une méthode de travail parce que comme je n'étais pas scolaire, il y a plein de choses sur lesquelles j'ai eu des difficultés. Et du coup, là, j'étais plus sur un contrôle continu. Donc ça voulait dire que si je me rate à un moment donné, je reprends, etc. Donc voilà, j'ai fait l'IUT. Après, j'ai voulu faire une école internationale, mais c'était le problème de l'alternance. Et à l'époque, il n'y avait pas beaucoup d'alternance et je n'ai pas trouvé d'entreprise. qui me prenaient en alternance. Donc, j'ai intégré une entreprise où j'étais secrétaire, puisque ce mot existait beaucoup à l'époque. De toute façon, ma mère m'avait dit, maintenant, tu vas travailler, ça suffit les études au travail, et même si tu gagnes le SMING, parce qu'à l'IUT, ce n'est pas tout à fait ce qu'on nous dit, tu vas bosser. Et donc, je suis rentrée dans cette entreprise qui faisait du bâtiment, qui faisait de la construction, qui faisait les hôtels primeverts, qui construisait les hôtels primeverts un temps record. Et là, j'étais secrétaire. Et alors, le mot secrétaire, là aussi, c'est vrai que je suis quand même quelqu'un d'assez rebelle. Je veux bien l'admettre. Et là, le mot secrétaire, déjà, il y a le mot secret. Donc, voilà. Et je lui dis, mais moi, je ne suis pas un meuble. Enfin, un secrétaire, pour moi, c'est un meuble. Donc, je lui dis, je ne suis pas un meuble. Je veux qu'on m'enlève le mot secrétaire sur mon but. Donc, il m'a dit, on ne me l'a jamais fait, celle-ci. Et du coup, j'avais dans l'idée, comme j'avais fait des études de commerce. Je ne savais pas si vraiment j'étais faite pour faire du commercial, puisque quand j'avais fait un peu de porte-à-porte, je ne me sentais pas non plus là-dedans. Et puis la vente à tout prix, ce n'est pas mon truc du tout. Donc du coup, un jour il m'a dit, écoutez, puisque vous voulez faire du commerce, ils ont créé une société de nettoyage à l'époque. Et ils m'ont dit, du coup, si vous voulez être… Non, pardon, avant ça, ils avaient une partie bâtiment industriel. Et ils m'ont dit, si tu veux faire du commercial, tu peux faire du commercial dans le bâtiment industriel. Sauf qu'ils ne m'ont pas du tout donné les moyens, donc je ne connaissais absolument rien. Et comme j'ai un franc à parler et que je ne sais pas trop vendre des choses que je ne connais pas, mon premier client, mon premier prospect m'a dit, vous me mettez une charpente métallique, pourquoi pas béton ? Je lui ai dit, monsieur, excusez-moi, je n'ai pas la formation, je ne sais pas faire. Donc, je suis allée voir mon patron, je lui ai dit, soit vous me payez une formation et moi je vais vous en vendre du bâtiment, soit ça ne va pas être possible. Donc en parallèle, ils ont créé une société de nettoyage. Et dans cette société de nettoyage, c'était une entreprise où c'était, comment dire, ils avaient repris quelqu'un qui était dans une autre entreprise, dans une grosse structure. Ils avaient repris un directeur et ils avaient lancé une activité. Donc ils m'ont dit, vous allez faire du commerce dans le nettoyage. Donc là, l'idée a déjà commencé à me dire, tiens, pourquoi pas, c'est une bonne idée. Avant ça, ils m'ont demandé de faire un état des lieux financiers. Ce n'était pas trop compliqué. Il y avait cinq fois plus de charges que ce qu'il y avait de chiffre d'affaires. Résultat des courses, je me suis dit, il y avait une personne qui était là aussi commerciale. Je me suis dit, pourquoi on ne créerait pas notre propre société ? Je suis allée voir mes patrons. Je leur ai dit, financièrement, ça ne va pas être possible, cette société que vous êtes en train de faire, on ne va pas y arriver. Là, ils avaient des méthodes pour faire du gain qui ne me convenaient pas. notamment par rapport aux agents, etc. Donc, je leur ai dit, moi, vous me laissez la société de nettoyage et tous les trimestres, je vous rends des comptes sur cette partie-là. Et ils n'ont pas souhaité. Donc, j'ai démissionné. à l'époque, démissionner, c'était quand même quelque chose parce que ça ne veut dire pas de chômage, rien du tout. J'ai démissionné et j'ai créé ma propre structure avec la personne en question. Mais bon, on est resté pas longtemps associés parce qu'on avait une différence d'âge et de valeur sur l'aspect gestion d'entreprise. Mais voilà, donc voilà un petit peu l'histoire.
- Speaker #0
Donc, vous avez quand même pris des risques parce que c'est vrai que quand on écoute le début de votre histoire, vous dites, bon... J'ai monté ma société, je n'avais pas beaucoup de charges. Oui, mais en fait, vous étiez dans une entreprise en CDI, avec du coup un poste à l'issue de votre DUT, je pense à l'époque c'était ça, DUT Tech Deco. Et du coup, vous avez démissionné, finalement tout lâché pour tenter l'aventure de l'entrepreneuriat dans un secteur où en fait, finalement, je n'ai pas l'impression que vous y connaissiez grand chose, grand chose quand même.
- Speaker #1
Rien du tout, hormis que j'avais une mère très maniaque qui m'avait bien formée, donc là j'étais formée au top. Mais c'est vrai que sur la partie entrepreneuriat, il n'y a pas vraiment de formation non plus. Aujourd'hui dans les écoles, on parle d'entrepreneuriat, mais à l'époque on n'en parlait pas vraiment. Après, moi je n'ai pas l'impression d'avoir pris trop de risques, puisque du coup j'étais démissionnaire, j'avais 24 ans. Et à 24 ans, on n'a pas des besoins, on n'a pas d'enfants, moi je n'avais pas d'emprunt, je n'avais rien. Je me suis dit, j'ai vécu quand même un peu sur mes congés payés. À l'époque, j'avais mon petit ami. J'étais un peu pas au crochet, mais en tous les cas, j'ai trouvé que le risque n'était pas très important. Je vivais plutôt une aventure en disant, je tente, si ça marche, allez, pourquoi pas ? C'était un peu le pourquoi pas. Et maman, à l'époque, me dit, mais ça ne va pas, tu n'as pas fait un bac plus deux. Je lui ai dit, maman, si en fait, tout est nettoyable, je suis partie d'un principe, tout est nettoyable. On aura toujours besoin de nettoyer. J'ai un potentiel de client qui est énorme. Et mon investissement n'était pas important au départ. Donc, du coup, je lui ai dit, mais en fait, c'est quoi le risque que je prends ? Je ne te demande pas d'être caution. Je n'ai pas d'emprunt sur le dos. Donc, c'est juste, j'essaye. Et puis, si ça marche, tant mieux. Et voilà. Donc, du coup, le risque, c'est sûr que je n'avais pas de salaire puisque j'étais démissionnaire. Ça, c'est évident. Donc, j'ai vécu sur mes congés payés parce que je n'ai jamais pris de congé. Parce que je suis une... Je suis une grosse travailleuse quand même, donc voilà.
- Speaker #0
Et du coup, à 24 ans, est-ce que vous avez réussi à être tout de suite crédible en tant que chef d'entreprise ?
- Speaker #1
Alors, pas vraiment, non. Pas vraiment, surtout qu'une femme dirigeante, enfin dirigeante artisante, on va dire. Alors, il y avait deux choses. C'est-à-dire qu'en même temps, ce métier-là, excusez-moi, mais on voyait bien une femme faire du ménage. Quand même. Donc, du coup, quand je démarchais, que je disais à mes clients que c'était moi qui allais faire le ménage, ça matchait bien. Parce qu'on voyait quand même plus une femme. Et du coup, vis-à-vis des clients, je démarchais et c'est moi qui faisais. Donc, il y avait cette relation de confiance parce qu'il me laissait les clés, il m'avait vue. Donc, ça a été plutôt un atout. Et puis, j'ai eu certains clients quand même qui disaient, « Oh, cette gamine, on va l'aider, elle a trop la pêche. Donc, on va l'aider. » Donc, j'ai eu ça quand même, ça m'a quand même beaucoup aidée. sur la crédibilité vis-à-vis de mes clients. Je dirais que j'ai joué la carte de la jeunesse et de l'envie. Et comme j'avais affaire à des chefs d'entreprise, je pense que ça a pu marcher sur ce plan-là. Même, ils étaient mes conseils. Ils disaient, asseyez-vous, Mireille. Alors du coup, pas de caution, pas ci, pas là. Vous voyez, ils me donnaient des conseils aussi en parallèle pour l'entreprise. Là où c'était peut-être un peu plus compliqué, c'est au niveau des banques au début. Mais heureusement que je n'ai pas demandé d'emprunt parce qu'on me demandait des cautions des parents alors que je n'avais pas d'emprunt. Les banques ont été un peu plus frileuses. Mais comme j'avais fait un BEP CAP banque et que j'avais travaillé les étés dans une banque, la Banque Populaire pour ne pas la citer, mais ils m'ont fait confiance parce qu'ils m'ont vu travailler. Pendant cinq ans, j'ai été stagiaire, j'étais dans une banque. À la fin, c'est moi qui formais les nouveaux stagiaires. Donc du coup, heureusement, j'ai eu cette porte d'entrée. C'est pour ça que toute relation qu'on fait dans une vie, même quand on est sur une scolarité, est importante parce qu'on peut toujours avoir besoin. Et après, l'autre partie, c'était sur les collaborateurs, parce que j'ai pris rapidement des agents. Et ces collaborateurs-là, effectivement, je dirigeais des personnes qui étaient souvent plus âgées que moi ou qui étaient beaucoup plus... Par exemple, les labeurs de vitre, ils savaient faire les vitres. Moi, je ne savais pas. J'ai appris en les regardant faire et puis je ne voulais pas qu'ils sachent que je ne savais pas. Mais j'ai beaucoup joué sur l'exemplarité. Puisqu'il y avait des dames qui étaient plus âgées, qui ne pouvaient pas se mettre à genoux pour frotter par terre, je faisais le sale boulot. Donc, du coup, j'étais crédible. Ma crédibilité, elle a été faite par l'exemplarité. L'empathie aussi vis-à-vis de ces personnes-là en disant ça va être dur pour vous, je vais le faire. Et du coup, après, je pouvais les emmener avec moi, pas n'importe où, mais vous voyez. Donc la crédibilité, je l'ai acquise avec, moi j'appelle ça le bon sens paysan, mais à mon instant en me disant peut-être que ce que je le fasse comme ça, ça va être plus facile. Et j'ai des fournisseurs aussi qui m'ont aussi aidée, qui m'ont formée à ce métier parce qu'il y a plein de choses que je ne connaissais pas. Je ne vous dis pas que même sur ce qu'on parle de ménage, on parle de propreté, d'entretien de locaux, mais moi je faisais de la remise en état de chantier, c'est moi qui ai mis en place des systèmes de nettoyage dans de l'agroalimentaire, parce que comme j'étais sur le bon sens, j'étais sur de la technique et ça j'adorais, c'était un peu le mouton à cinq pattes. Et donc j'ai appris avec mes fournisseurs aussi qui étaient là pour m'aider.
- Speaker #0
Oui parce que du coup vos premiers clients c'était du B2B en fait, c'était des entreprises auxquelles vous vous adressiez ?
- Speaker #1
Oui essentiellement. Au départ, c'était... que du... Enfin, en même temps, je tapais un peu à toutes les portes et j'ai eu quelques particuliers aussi, au tout début. Mais c'était vraiment l'entreprise, parce que l'entreprise, quand même, il y a de la récurrence. Et puis, à l'époque, il n'y avait pas le chèque emploi-service, il n'y avait pas tout ça, il n'y avait pas toutes ces aides au niveau du particulier. Il y a peut-être moins de femmes aussi qui travaillaient, qui s'occupaient de la maison. Donc, finalement, je pense que, oui, c'était plus intéressant l'industrie, ouais. Et j'étais passionnée par l'industrie, en plus. J'aimais beaucoup l'industrie. Je me suis beaucoup inspirée de l'industrie parce que d'un point de vue purement pratique, c'est que l'industrie était présente avant le service, dans l'histoire économique. Et je me suis dit que ces personnes-là qui avaient beaucoup travaillé dans l'industrie, qui avaient testé des choses, l'ont fait avant les personnes qui arrivent dans le service. Mais si il y a des choses qu'ils n'ont pas faites, ça ne va pas marcher dans le service non plus. Vous voyez, j'étais un peu... Et j'ai appris beaucoup, beaucoup de mes paires, de mes clients.
- Speaker #0
Et ça ne vous a pas fait peur, cet aspect, justement, technique ? Parce qu'on pourrait se dire, le nettoyage pour des industries, notamment, l'agroalimentaire, avec toutes les normes, qui étaient peut-être un peu moins contraignantes quand vous avez commencé, mais quand même, voilà. Ça ne vous a pas freiné, en fait ?
- Speaker #1
Non, parce qu'alors là, chaque fois, c'était des petits challenges, en fait, et comme j'aime ça. chaque fois c'était est-ce que je vais pouvoir le faire parce que finalement faire de l'entretien de bureau je l'ai fait, après rapidement j'ai mis des collaborateurs en place, mais c'est vrai que j'étais quand même beaucoup plus sur, bon allez maintenant j'ai appris moi quand je passe une journée où j'apprends, ça me nourrit donc forcément dès que je pouvais avoir un petit challenge je prenais donc je co-concevais des systèmes de nettoyage avec l'ingot alimentaire surtout.
- Speaker #0
Oui, parce que vous parlez de fournisseurs, de chefs d'entreprise qui vous ont un peu mentoré, etc. Comment vous avez construit votre réseau, du coup, toutes les personnes qui ont pu vous apporter leur aide d'une façon ou d'une autre au cours de ce démarrage notamment, mais aussi par la suite certainement ?
- Speaker #1
Je dirais qu'au départ, c'est le… oser, c'est-à-dire que je tapais des portes tous les jours, il faut le savoir quand même. Je tapais des portes et en même temps, je faisais les ménages et en même temps, je faisais les devis. Donc du coup, je changeais de tenue dans ma voiture, j'avais un petit peu tout ce qu'il fallait. Et du coup, en tapant des portes, quand on fait du porte-à-porte, c'est une sacrée école de commerce. Les personnes déjà vous voient, donc ça aide aussi au lien. Et les personnes qui étaient satisfaites, notamment sur Valence et Romand, et notamment sur ma roman, il y avait beaucoup de bouche à oreille. Donc, en fait, j'ai beaucoup compté sur le bouche à oreille pendant longtemps pour avoir du client. C'est comme ça, en fait, que j'ai fonctionné. Et puis, quelques années plus tard, quand j'ai eu un peu plus de temps, enfin, quand je dis de temps, en tant que vraie dirigeante, parce qu'au départ, on est artisan, et puis on passe à la TPE, et puis après, on passe à la PME. Donc, dans certaines étapes de ma vie professionnelle, J'ai participé, j'ai adhéré à la CPME, je suis au conseil d'administration après dans le temps, j'ai été élu à la CCI, j'avais un mandat au niveau des tribunaux du Prud'homme. Donc, vous voyez, tout ça, en fait, fait qu'il y a des rencontres qui se créent aussi et qui fait qu'on partage des problématiques entrepreneuriales les uns avec les autres, qui fait que parfois on se sert les coudes, parfois on s'entraide, et du coup, si à un moment donné, on a besoin d'une prestation de service ou d'un assureur, ben, Si on connaît la personne et qu'on a échangé avec lui, c'est un petit peu aussi comme ça que ma place s'est faite petit à petit. Mais au tout début, pendant longtemps quand même, pendant très longtemps, j'ai fait du porte-à-porte. Et puis quelques années plus tard, je crois que c'est en 2000, mon premier achat c'est en 2001, parce que j'ai fait le commercial de 1993 à 2013, mais en 2001, j'ai connu la croissance externe. Et donc dans ma carrière professionnelle, j'en ai fait 13. C'est un accélérateur aussi, parce que comme vous pouvez le constater avec mon débit de parole, je n'ai pas une patience. Donc du coup, la croissance externe est un très bon accélérateur. de croissance. Et donc, j'ai repris quand même, j'ai repris une entreprise, alors au départ, tout petit pour vivre l'expérience encore une fois, et puis après une autre, etc. Donc, ça aussi, ça a permis de pouvoir rentrer du contrat et de développer l'entreprise rapidement, enfin rapidement, 30 ans quand même.
- Speaker #0
Oui, mais en fait, il faut oser. Et justement, pour en revenir sur la partie porte à porte. Donc, c'était il y a un certain temps. Est-ce que vous pensez aujourd'hui, pour des personnes qui voudraient se lancer, que ça a toujours sa place ? Parce que moi, je me suis posé la question d'aller dans les zones industrielles, les zones d'activité, et puis aller poser ma carte, présenter. Est-ce qu'aujourd'hui, à l'ère du numérique, à l'ère des nouvelles technologies, il y a toujours, vous pensez, une place pour cette démarche physique ?
- Speaker #1
Alors, je dirais que ça dépend peut-être du secteur d'activité. En tous les cas, dans le nettoyage, je pense que oui. Après, il y a le porte-à-porte auprès du particulier, où là, c'est un petit peu technique, mais c'est quand même assez compliqué. C'est ce que fait mon fils cet été. C'est assez rigolo, d'ailleurs. Et qui a monté une entreprise via l'IA. Donc, vous voyez, c'est assez…
- Speaker #0
Ah oui, il fait quand même du porte-à-porte.
- Speaker #1
Non, mais alors, pas sur l'IA, justement. Il est sur un autre métier en attendant. Mais justement, ils vivent ces jeunes générations. Ils sont sur via LinkedIn, etc. Ils sont beaucoup là-dessus. Et je me rends compte que je ne suis pas sûre que ça fonctionne tant que ça. Parce qu'on est tellement avec l'IA et puis tous les réseaux sociaux, ça va tellement vite, on reçoit tellement d'informations que je pense qu'il y a aussi un mix à faire avec la vraie vie et les vraies personnes. Parce que du coup, ça attire la confiance. Parce qu'on se dit, ah, enfin, on n'est pas sollicité via autre chose. Après, je pense que ça dépend des métiers. Moi, dans le métier de la propreté, Je pense que ça marche encore d'aller taper des portes dans les entreprises et puis effectivement de dire, aujourd'hui vous avez quelqu'un, soit ça ne coûte rien de vous faire un devis, vous verrez. Et en général, on est dans un métier où la satisfaction n'est pas permanente dans le nettoyage, mais il y a toujours quelque chose qui ne va pas à un moment donné. C'est rare que moi, en 20 ans, un client qui tenait 20 ans avec moi, il ne faut pas croire que pendant 20 ans, tout s'est passé comme une lettre à la poste. Il y a eu forcément des problèmes. Donc, si vous arrivez au moment où il y a le problème avec le concurrent, vous avez votre place. Après, il y a des métiers peut-être qui s'y prêtent un petit peu moins. Je ne sais pas. Moi, je suis sur la relation humaine et le contact. Donc, je me dis que je pense qu'il y a encore de la place pour le porte-à-porte. Et on oublie un peu, je pense qu'on oublie un petit peu ça. Mais peut-être que je suis de l'ancienne génération aussi. Donc, je pense qu'il faut utiliser les deux,
- Speaker #0
alterner. Ce qui est intéressant aussi, c'est ce que vous disiez, vous êtes après assez rapidement passé à du relationnel via des clubs, la CPME, des mandats, etc. Ça, c'est peut-être des choses, en effet, que les personnes qui envisagent de se lancer n'ont pas spécialement en tête et qui, pour le coup, je pense, en effet, sont importantes pour trouver des clients, pour se faire connaître. Puis, même si le côté business ne sera pas immédiat, ça peut faire marcher du bouche à oreille, etc. se faire connaître par ses biais. Comment vous avez choisi, du coup, les clubs d'entrepreneurs, parce qu'il en existe un certain nombre, pourtant Valence, ce n'est pas très grand, et il y en a beaucoup, donc j'imagine bien dans les grosses villes, toutes les sollicitations qu'il doit y avoir. Comment on choisit, du coup, son ou ses clubs d'entreprise, ses syndicats ?
- Speaker #1
Je pense que c'est une question quand même un petit peu de personnes qui viennent taper à votre porte et qui viennent vous voir. Là, moi, c'est vrai que la CPME, à mes débuts, c'était la secrétaire générale qui était venue et Et le courant était bien passé. Et puis, je trouvais que ça correspondait à ma taille d'entreprise. Il faut aller dans du réseau où ça correspond à votre taille d'entreprise et où, à un moment donné, ça va faire écho avec vos problématiques. Bien sûr que si, avec 10 salariés, vous allez au MEDEF, le MEDEF, c'est quand même des tailles d'entreprise un peu plus importantes. Sans aucune… Voilà, il n'y a pas de… Voilà, donc, par exemple, la CPME, c'était cette partie-là. et puis après, on est sollicité. on est sollicité pour du mandat pour donner au territoire. Donc, il faut savoir aussi que quand on crée son entreprise au début, franchement, on n'a pas le temps. C'est après. Et comme vous dites, c'est du réseau. Alors, c'est aussi du réseau de soutien ou d'expérience. C'est-à-dire qu'on gagne du temps, à savoir que finalement, au-delà du réseau, dire je vais faire du business avec, comme maintenant, il existe plein de choses. Il existe les BNI, il existe... Enfin, il y a beaucoup, beaucoup de... Je pense qu'il y a aussi, auprès de ces... Tout de suite. tous ces clubs ou syndicats patronat, etc., il y a quand même, on vient chercher aussi de l'expérience des autres qui peuvent nous apporter pour aller plus vite. en disant tiens toi t'as racheté des boîtes comment t'as fait toi du coup qu'est-ce que tu fais t'achètes les voitures ou tu les loues t'as fait une analyse il y a aussi le partage d'expérience qui est riche parce que finalement on réfléchit toujours mieux à plusieurs donc il faut savoir s'enrichir un petit peu des autres il y a aussi cette partie là qui finalement n'est pas forcément que du client mais aussi aller chercher des solutions c'est un Moi, j'appelle ça des co-dev. C'est un peu un co-dev à plusieurs. Ce n'est pas tout à fait du co-dev, mais c'est quand même un échange d'expérience et vous avez le retour. Moi, quand j'ai construit mon deuxième bâtiment, je me suis dit, qu'est-ce que je fais ? Je le fais ou je ne le fais pas ? Bien sûr que j'ai les personnes autour de la table. Elles m'ont dit, qu'est-ce que tu vas aller faire un bâtiment ? Ça ne sert à rien dans ton métier, etc. Et j'avais une autre personne qui me disait, non, mais fais-le. Donc, du coup, quand on a plusieurs avis, il faut faire très attention quand même. Moi, j'aime bien avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup d'avis. Parce que du coup, ça veut dire que j'ai étayé tous les arguments, les comptes arguments, et après, vous faites votre choix. Après, vous faites attention, quand on n'est pas tout à fait décidé, si on a beaucoup, beaucoup d'avis, au bout d'un moment, on se perd. Moi, j'arrive toujours à un moment donné, c'est quoi mes plus, c'est quoi mes moins, et je prends la décision comme celle-là, comme ça.
- Speaker #0
Et la croissance externe, du coup, je dérive un peu, mais comment vous avez... Parce que c'est quand même un sacré cap quand on n'est pas issu d'un... d'une formation business ou d'une famille d'entrepreneurs, etc. de se dire, je monte ma boîte et en plus après, je vais faire de la croissance externe. Du coup, on a compris ce qui vous a poussé à le faire, cette envie de développement accéléré quelque part. Mais quelles difficultés vous avez pu rencontrer ? éléments positifs, parce que vous l'avez fait 13 fois, donc j'imagine du coup vous avez été satisfaite de vos expériences. Puis voilà, techniquement justement, comment vous avez réussi à surmonter les difficultés techniques de ce type de choses ?
- Speaker #1
Alors, sur la partie croissance externe, l'analyse, là aussi, moi j'utilise beaucoup le bon sens paysan, Donc, c'est quand même… Enfin, pour moi, c'était… c'est quand même assez simple. Vous avez un chiffre d'affaires de l'entreprise et vous regardez les charges qu'il y a en face puisque nous, dans notre métier, c'est assez simple. Enfin, quand je dis simple, on a une masse salariale, on a du chiffre d'affaires, on a une marge qui est très, très faible. Et du coup, à partir de là, à quel moment, si je rachète, dans combien de temps je fais un emprunt, dans combien de temps je rembourse ? Vous voyez, je fais très court. Je fais quelque chose de très, très court. Mais c'est quand même un petit peu ça. Et quand j'ai été présentée ça à mon expert comptable la première fois, il m'a dit, c'est exactement comme ça qu'il faut faire. Parce que je l'avais fait en... Je l'ai aligné que sur une page. Je n'ai pas fait des tableaux Excel, surtout au début. J'ai dit, si je reprends tel chiffre d'affaires, en masse salariale, globalement, en face, j'ai combien ? Moi, qu'est-ce que je vais gagner ? Le salaire du dirigeant qui ne sera plus là. Il a un local, je l'enlève. Vous voyez, j'ai fait beaucoup de... J'appelle ça du bon sens. Et c'est vrai qu'après, sur d'autres affaires... J'ai échangé toujours avec mon expert comptable qui a été pour moi quelqu'un aussi de très important parce que finalement, quand on est seul entrepreneur, il faut savoir s'entourer aussi de personnes qui ont des connaissances très techniques. L'expert comptable, l'avocat en droit social, l'avocat juridique. Et moi, c'est vrai que je reconnais que j'ai fait des belles rencontres à ce niveau-là. J'ai bossé pratiquement pendant 30 ans avec les mêmes personnes, quasi. Donc, j'ai fait des jolies rencontres qui m'ont beaucoup aidée. Quand à un moment donné, j'avais une problématique, qui pouvaient correspondre à ces deux ou trois personnes, je les mettais autour de la table. Parce que c'est vrai que quand on a des conseils, la problématique qu'on peut avoir aussi, c'est qu'il y a quelqu'un qui va nous dire « tu fais ça » , mais si on fait ça, d'un point de vue social, ça va faire ça, d'un point de vue juridique, ça va faire ça. Donc en fait, quand on met tout le monde autour d'une table, on se met tous d'accord sur une solution. Ça aussi, c'est important de brainstorm. Enfin, ce n'est pas du brainstorm là pour le coup, mais en tous les cas, de prendre des décisions en ayant tout l'étonnant et aboutissant. Parce que je trouve que quand on est entrepreneur, comme on est seul, La décision, on se dit, bon, alors juridiquement, on me dit qu'il faut faire ça, mais fiscalement, voilà ce qui va se passer, mais d'un point de vue social, voilà ce qui va se passer. Donc, c'est bien aussi de réunir et de partager.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que ce n'est pas évident. Oui, quand on parle à son expert comptable, il y a peut-être des choses au niveau fiscalité qui lui échappent. Il faudrait peut-être mettre un avocat fiscaliste en face, etc. En effet, oui.
- Speaker #1
C'est pour ça que la réunion de toutes les compétences, c'est quand même très important aussi. Et pour prendre la décision en tant que dirigeant d'entreprise...
- Speaker #0
C'est quand même bien. Par contre, je suis un peu contre les poules bancaires.
- Speaker #1
Je ne sais pas ce que c'est que les poules bancaires.
- Speaker #0
Les poules bancaires, c'est en fait que vous avez un projet et puis vous contactez les banques et tous les banquiers sont autour d'une table et vous dites, le financement, c'est ça, comment vous allez faire ? Et à la sortie, ils peuvent se mettre d'accord. Donc, je me méfie.
- Speaker #1
Ce n'est pas la même démarche. Ce n'est pas une complémentarité de compétences parce que c'est les mêmes compétences autour de la table.
- Speaker #0
Après, ce qui se passe, c'est que moi, je n'ai pas eu… Je n'ai pas eu des investissements très lourds dans mon métier. Donc, j'ai fait mes deux bâtiments, mais je n'ai pas eu trop cette problématique-là.
- Speaker #1
Et du coup, devenir chef d'entreprise, c'est une chose, mais après avoir 350 salariés, non ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Arriver à 350 salariés, ça commence à être une structure d'une taille quand même assez conséquente. Vous êtes obligé d'avoir… En tout cas, vous êtes obligée d'organiser des élections, d'avoir un RH, etc. Comment vous avez réussi à vivre cette évolution de votre métier qui n'était plus le même entre le démarrage et l'arrivée à 350 personnes ?
- Speaker #0
En fait, moi j'ai toujours été quand même sur l'échange et puis les personnes sur le terrain pour moi ont toujours été très importantes. Parce que je l'ai fait, certainement. Et puis parce que c'est quand même eux qui produisent tous les jours. Donc, c'est des personnes très importantes. Donc, justement, au niveau du CSE, je voulais qu'il y ait des personnes de terrain. Je ne voulais pas que ça soit justement que des personnes administratives ou fonction support. Il fallait vraiment que j'ai des personnes du terrain. Vraiment, je voulais qu'ils s'expriment. Et le contre-pouvoir, moi, ça ne m'a jamais trop dérangée. Parce que s'il est productif, ça peut faire de très belles choses. Donc, Donc je ne suis pas, et puis on n'est pas l'un contre l'autre, chacun sa mission. Moi, ma mission, c'est, moi j'expliquais souvent que j'étais le capitaine de l'équipe, et que parfois je prenais des décisions qui n'étaient pas toujours, ce n'était peut-être pas toujours ce qu'ils attendaient, mais en tous les cas, mon objectif c'était que j'étais payée pour qu'ils aient leur salaire à la fin du mois, tous les mois, et que je n'en laisse aucun sur la route. C'était ça mon objectif, de ne pas être en déperdition et de ne pas pouvoir payer les salaires. Donc ma mission, elle était là. Et donc après, j'expliquais souvent comme ça. Mais globalement, je n'ai pas eu trop de soucis avec des membres CSE. Après, oui, bien sûr, comme tout le monde dans une vie d'entreprise, ça peut mettre parfois un petit peu en colère. Ça dépend comment c'est fait, mais c'est toujours une question de personnes et d'écoute aussi, comment on écoute les personnes, comment on leur fait comprendre les choses en se mettant à leur niveau aussi. ne pas prendre « moi je suis le dirigeant » . Je pense qu'il faut respecter chaque être humain et essayer d'être empathique, mais en même temps diriger. Donc parfois, ça peut blesser certaines personnes, mais si chacun a une mission dans une entreprise, ce n'est pas pour rien non plus. En plus, j'étais sur l'organigramme à l'envers. Je m'étais mis moi en bas, et moi tout en haut, c'était la prod, mes agents d'entretien, mes polyvalents. Parce que pour moi, j'étais juste, voilà, j'aimais bien le faire, justement. Je n'aime pas les choses descendantes. Moi, j'aimais quand ça monte, c'est beaucoup mieux.
- Speaker #1
Et justement, est-ce que vous vous êtes fait aider, vous vous êtes formé pour arriver à diriger une telle proportion de salariés ? Est-ce que, voilà, comment vous avez pu monter en compétence ? Est-ce que c'est juste ? empirique sur le terrain ou est-ce que vous avez aussi suivi de la formation ?
- Speaker #0
Alors, j'ai déjà, je ne sais pas, je pense que c'est peut-être un petit peu féminin. Je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui se reconnaîtront. Mais du coup, la remise en question, je ne dis pas qu'elle est systématique, mais c'est est-ce que je peux diriger 10 personnes ? Est-ce que je peux en diriger 20 ? Est-ce que je peux en diriger 50 ? Et je pense qu'à chaque step, on se pose plein de questions. Et moi, quand je me pose plein de questions et que j'ai un problème de... Est-ce que je vais y arriver ? Je vais chercher chez mes pères de l'information. Donc, oui, j'ai fait une formation de management que j'ai suivie sur Lyon sur une année. C'était chaque fois une journée par mois. Là, j'étais avec des dirigeants, mais qui n'étaient pas du tout de mon métier. Il y avait plutôt de l'industrie. Donc, je me suis effectivement formée. Je me suis fait accompagner aussi d'un point de vue développement personnel parce que je pense que... C'est comme les sports de haut niveau, ils ont des coachs, ils ont des psys, et ça aussi j'ai fait, donc j'ai fait beaucoup de développement personnel aussi, pour arriver à la remise en question, la légitimité. appréhender les choses, il y a plein de... Moi, je crois beaucoup entre le corps et aussi les maladies, l'esprit, etc. Je suis passionnée aussi un petit peu de tout ça. Donc, je pense que le mélange des deux a fait que je me suis remise en question et qu'avec toute modestie, c'est-à-dire que quand j'arrive dans un métier, moi, je dis, je ne connais pas, expliquez-moi s'il vous plaît. Je pense qu'il faut partir toujours de... On est toujours bébé à un moment donné d'un sujet et il faut savoir écouter beaucoup les autres. poser des questions, s'intéresser. Et c'est comme ça qu'on apprend. Et puis après, on se fait sa propre opinion. Enfin, sa propre opinion et ses proches décisions.
- Speaker #1
Justement, vous dites, on est toujours un bébé à un moment, donc junior à un moment. Là, vous êtes de nouveau junior. Et du coup, déjà, cette transition, cette session, est-ce que vous voulez nous en dire deux mots ? Et puis après, c'est quoi la suite du coup ?
- Speaker #0
Donc, lorsque j'ai vendu, c'était effectivement aussi un choix personnel et stratégique de vendre. Donc, effectivement, il y a le démarrage d'une entreprise. C'est un peu comme un avion qui décolle. Vous décollez l'entreprise, vous faites le vol et après, vous atterrissez. L'atterrissage est aussi important que le décollage. On le sait d'ailleurs, parce que sinon, il y aurait des catastrophes. Donc, c'était vraiment un choix et j'étais heureuse de le faire. J'étais vraiment... Très bien de le faire. Après, très souvent, on dit qu'après l'arrêt d'un TGV, parce que c'est quand même un TGV qu'on arrête, il y a des clashs. Et effectivement, j'ai eu un petit accident mécanique qui m'a mis un peu à l'arrêt. Et puis, je pense que le corps aussi était bien fatigué. Donc, voilà, j'ai eu une fracture, cheville, etc. Double maléole, enfin bon, quelque chose d'un peu violent. Mais je pense qu'il n'y avait que des choses comme ça pour m'arrêter. Et du coup, pendant ce temps-là, comme je ne fais rien, effectivement, j'ai écrit pas mal de choses, mais sur l'entrepreneuriat parce que l'entreprise vraiment me passionne. J'ai pu aller dans des sessions comme 100 000 entrepreneurs où j'allais présenter l'entreprise à des jeunes. Dès qu'il y a des jeunes qui veulent que j'aille parler d'entreprise, je suis fan parce que je trouve que j'aime bien l'échange nouvelle génération. Je trouve que c'est très chouette. Du coup, j'ai pas mal écrit et puis je me suis dit qu'est-ce que je fais de tout ça. Beaucoup de chefs d'entreprise, effectivement, quand on vend, on se pose des questions. Qu'est-ce qu'on va faire ? Il y a beaucoup de consultants et moi, j'avais beaucoup reçu de mes pairs. Donc là, aujourd'hui, dans l'entrepreneuriat, si on vient me demander des conseils, je suis OK. Mais sans pour autant être consultant et accompagnant dans ce type-là. Et je me suis dit, pourquoi pas faire une conférence ? Sachant que quand j'étais enfant, je voulais être chanteuse. Donc, vous voyez, je ne sais pas si la boucle est bouclée. mais bon ça c'est sur le développement personnel l'enfant intérieur qui se réveille et du coup mais sauf que conférence je n'y connais absolument rien donc pareil je suis allée à l'association des conférenciers professionnels de France et je suis allée voir un peu qui étaient ces personnes là qu'est-ce qu'elles faisaient, comment ça se passait et donc je suis là alors effectivement je ne suis pas bébé, je suis junior comme vous le dites Merci. Parce qu'au moins, on sait lire, écrire et parler. On est d'accord. Et du coup, je suis junior sur cette partie-là. Et j'ai tout à faire. Donc, j'écoute. J'essaye. Forcément, quand on est en entreprise, on a quand même des bases économiques et de faisabilité de projet. Donc, j'essaye de même mettre un budget et en face me dire, voilà, j'alloue cette partie-là. Et puis, un peu pareil, c'est-à-dire que je me lance, puis je verrai bien si ça marche, et bien voilà, bien, t'as perdu le temps. Enfin, vous voyez, je suis... Donc, voilà, je suis novice dans ce domaine-là. Et mon objectif, c'est que, d'ici fin d'année, lancer un petit bout de ma conférence, enfin, tout du moins, dire un petit peu à toutes les personnes qui m'ont entourée toutes ces années, qu'est-ce que je vais faire de ma nouvelle vie, puis voir ce que ça donne. Mais je me suis donné une deadline, parce qu'attention... Dans une entreprise aussi, quand on est nombreux, quand on est 350, on n'en a pas parlé, mais la stratégie est super importante. Et je pense qu'à un moment donné, quand on prend des décisions d'aller sur l'entrepreneuriat, même si on n'a pas besoin de faire des plans stratégiques quand on est solo, on a besoin de savoir quel est notre objectif, parce qu'il peut bouger avec le temps et ça c'est désagréable. Et c'est quoi le chemin ? C'est quoi la route que je vais prendre ? Bien entendu, toutes ces périodes, il va y avoir des aléas, il va y avoir des changements. On a eu le Covid, mais il n'y a pas que ça, il y a l'environnement. Il y a un concurrent qui peut se monter en face de chez vous. Il y a des tas d'événements, mais en tous les cas, si on ne prévoit rien, il ne se passe rien. Ou alors, on part dans tous les sens. Ou alors, on part dans tous les sens. Du coup, moi, je suis plutôt quand même écrire des choses pour se rappeler quel est notre objectif final. et pour éviter aussi, même dans les réunions, quand vous voyez comment ça peut partir dans tous les sens. Je ne sais pas si j'ai répondu à la question, parce que je suis partie sur le tout.
- Speaker #1
Donc du coup, oui, en effet, quelqu'un qui serait en réflexion professionnelle, j'essaie à chaque fois de me dire quelles leçons il peut en tirer, et ce qui est intéressant dans ce que vous dites, c'est notamment le fait de se fixer aussi un objectif, une stratégie et une deadline, et se dire, je tente, Et je... avec des conseils, bien savoir s'entourer, se faire confiance, mais aussi, en effet, budgéter et se fixer une deadline, et puis, savoir renoncer aussi, ne pas être pris dans le biais de l'escalade de l'engagement, où en fait, finalement, ah bah oui, mais j'ai investi tant, j'ai mis tant de temps, tant d'énergie, et du coup, je ne m'arrête plus. Et donc, ça, le faire au préalable, et vous, même en tant que, enfin, même en tant, justement, peut-être, parce que vous avez déjà cette expérience entrepreneuriale, vous vous appliquez ces conseils là à vous même pour le lancement de votre voilà futur projet professionnel parce que ben voilà vous êtes sûr de rien et du coup vous dites allez je m'alloue ce budget je m'alloue cette deadline j'ai quand même ma stratégie et puis mon plan d'action qui commence à se dessiner mais après voilà au bout d'un moment c'est soit ça marche soit ça marche pas parmi... Et du coup, c'est vrai que je trouve intéressant aussi de se fixer des objectifs, chiffrer comme on peut le faire en entreprise quand on a notre chef qui nous fixe des objectifs, se dire, c'est quoi pour moi réussir en tant que conférencier, c'est décrocher une conférence payée à temps d'ici le 31 décembre 2026, par exemple. Essayer d'avoir un objectif smart derrière ces éléments-là pour ne pas se perdre. Et en fait, se laisser aller à quelque chose qui finalement nous use. C'est ça. C'est ça.
- Speaker #0
Et après, effectivement, il faut savoir... Quand on choisit, on dit toujours que choisir, c'est renoncer. Mais effectivement, si à un moment donné, on sent qu'on n'est pas sur la bonne voie, ce n'est pas la peine de... Je pense que quand même, il y a des choses qui s'éclairent parfois. Et je pense qu'il faut savoir aussi renoncer. Et parce que même si c'est un échec sur une partie, un échec, c'est comme ça qu'on apprend aussi. Parce que finalement, dans les réussites, on est tellement content de réussir que finalement, on ne regarde pas pourquoi on a réussi. Alors que dans un échec, ça cuit un peu plus. Et effectivement, dans un échec, on va apprendre. Donc, je pense qu'il faut savoir quand même se faire des steps justement dans le plan stratégique et se dire, là, si on n'est pas bon là, ce n'est pas la peine de continuer de... de s'enfoncer en fait. Je pense que, alors qu'on peut sortir largement grandi d'un échec en disant, c'est sûr que ça fait un petit peu mal. On est bien d'accord, mais c'est comme ça aussi. Quand on a appris à marcher, en même temps, on est tombé souvent. Donc, c'est un petit peu normal.
- Speaker #1
Donc, c'est intéressant, ce parcours de carrière aussi, pour se dire, on peut avoir plusieurs vies d'entrepreneurs sur des secteurs très différents, qu'il y a des... compétence transversale d'entrepreneuriat, notamment le management de projet dont vous parliez, où finalement on gère un projet quand on a une entreprise de propreté ou quand on est sur un projet entrepreneurial de conférencier. Et puis, il y a des choses qu'on doit complètement apprendre. Donc, il faut aussi être humble et accepter de développer de nouvelles compétences, de repartir à un niveau novice sur certaines compétences, malgré une très forte expérience sur d'autres domaines. Donc, ne pas hésiter, c'est intéressant aussi, à accepter de repartir quelque part de zéro sur certains éléments. Là, par exemple, il y a tout un pan de votre activité professionnelle, vos expériences professionnelles qui vont vous servir en tant que conférencière. Il y a des choses que vous devrez apprendre depuis le début. Et comment vous le...
- Speaker #0
vivez ça du coup de est-ce que ça vous fait peur ça vous ça vous fait vibrer les deux et ben et ben c'est ça qui est surprenant parce que justement je pense que vraiment quand on a envie de faire quelque chose il faut voir déjà le postulat de base c'est effectivement il faut y aller il faut oser parce que du coup il vaut mieux vivre pour moi avec en se disant bah tiens je les fais et puis ça n'a pas marché que de dire ben j'aurais dû le faire parce que ça moi c'est pas quelque chose qui me connaît mais en tous les cas C'est vrai que la partie... Comment ? J'ai perdu le fil du coup. la partie challenge non peur c'est à dire la peur mais bien sûr je me suis dit encore hier j'ai la trouille est-ce que je suis légitime de par mon parcours quand je vois des conférenciers il y a des personnes qui ont fait un parcours au niveau des études et au niveau professionnel et qui arrivent là et qui ont fait des choses moi je suis une autodidacte là encore une fois je suis Merci. Je ne me considère même pas comme junior. Donc, bien sûr que j'ai peur. Et puis, je me dis, une fois que tu vas avoir écrit, est-ce que ça va intéresser ? Parce que finalement, quand on fait une conférence, c'est pour les autres et ce n'est pas que pour soi. Donc, il faut savoir que dans un domaine comme celui-là, si j'ai bien compris, il y a beaucoup de critiques. Il y a du positif, il y a du négatif. Donc, il faut être en capacité de recevoir ce négatif. Alors, en même temps, moi, je me dis... Quand on fait quelque chose dans la vie, on est souvent critiqué. Il n'y a que celui qui ne fait rien qui n'est pas critiqué. Mais en tous les cas, si ça fait un flop et s'il n'y a personne, et si au moment où tu penses que les personnes, tu voudrais qu'elles adhèrent ou que, je ne sais pas, elles fassent un sourire, et que finalement, il ne se passe rien, j'apprends que c'est un métier où c'est sans arrêt des remises en question. Et là, finalement, il faut que je change ce mot parce que ça ne va pas. Donc, en même temps, j'aime bien parce que ce n'est pas une science exacte. Ça bouge tout le temps. Donc ça j'aime beaucoup Mais bien sûr que j'ai peur J'ai peur et je suis pas Même au début je pense que quand on entreprend Est-ce que je suis légitime Est-ce que voilà Mais bon c'est bon à un moment donné vas-y Mais bien sûr qu'on a des jours où on se dit Non mais ça va être une catastrophe Ça va pas être bon Donc je pense que quand on entreprend Justement quand on change pour mieux Quand on change de vie On a forcément cette période de... de doute et je pense qu'on l'a jusqu'à, même quand on a démarré, je pense qu'on a encore le doute parce que c'est pas sûr que ça fonctionne dans la durée. On peut se dire j'ai gagné, ça marche, mais bon, c'est parce que je suis débutant et j'ai la chance du débutant. Donc en plus, il faut durer. Donc c'est encore... Après, je pense qu'avec des si, on n'y arrive jamais. Donc je pense qu'au bout d'un moment, il faut y aller. Je ne dis pas qu'il ne faut pas se poser de questions parce que j'en ai parlé tout à l'heure, on s'en pose tout le temps. Mais oui, bien sûr que la troupe. trouille dans n'importe où. Ce n'est pas parce qu'on a inventé une boîte et que ça a marché. On peut faire plusieurs métiers. Il y a un métier où ça marche bien, un autre où c'est la cata. Non, non, là-dessus. Donc, j'ai peur, je vous confirme. Il y a bien... C'est dans un film, j'ai peur, mais j'y vais quand même.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est ça. Écoutez, merci beaucoup de votre témoignage, du coup. J'espère qu'il aura inspiré nos auditeurs, nos auditrices. qui leur aura montré qu'on peut avoir plusieurs vies professionnelles en tant qu'entrepreneur, qu'on peut changer de type d'entreprise en cours de route et que la vie est pleine d'opportunités et de projets. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci beaucoup Sophie, passez une bonne journée.
- Speaker #1
Bonne journée.
- Speaker #0
Au revoir à tous.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté ce nouvel épisode de Changer pour mieux. J'espère qu'il vous aura aidé et servi d'inspiration dans votre transition ou votre réflexion professionnelle. N'hésitez pas à vous abonner sur votre plateforme de podcast préférée pour ne rater aucun nouvel épisode.