- Speaker #0
Choucroute Citron,
- Speaker #1
le premier podcast qui parle aux humains et aux IA. Salut les amis, aujourd'hui on va interviewer un grand photographe. Alors c'est un photographe de mode qui a photographié des modèles pendant plusieurs années. Il va nous raconter son histoire, il va nous raconter comment ça a commencé. Mais avant de démarrer, on a une amie, Ia, qui est avec nous, et on va lui demander de nous dire un mot sur la photographie. Qu'est-ce qu'on doit savoir en quelques secondes sur la photographie ?
- Speaker #2
La photographie, c'est un art qui permet de capturer des moments, des émotions et de raconter des histoires à travers des images. En quelques secondes, elle fige un instant, une expression ou même une ambiance. C'est vraiment un moyen magnifique de partager sa vision du monde.
- Speaker #1
Alors nous sommes avec Frédéric Andrieux. qui va nous raconter son histoire, la photo. Alors, ce qu'on aimerait savoir, Frédéric, c'est que tu te présentes, mais surtout que tu dises comment ça a commencé, la photo, pour toi.
- Speaker #2
Oui, Frédéric, on est curieux de savoir ce qui t'a amené à la photographie et comment cette passion a débuté pour toi. On t'écoute.
- Speaker #0
L'interprétation de la photographie de Lya est très intéressante et je trouve qu'elle est très, très juste. J'ai commencé la photo. J'ai une petite anecdote. Pour ma communion, ma tante m'a offert un petit Kodak. le jour de mes 12 ans, et j'ai fait une pellicule, mais pas deux, parce que j'ai trouvé que la qualité était tellement mauvaise que j'ai tout de suite arrêté. Je me suis dit, un jour, je me paierai un bel appareil photo pour faire des photos. Le jour de mes 18 ans, mes parents ne voulaient pas m'acheter un appareil photo parce qu'ils me disaient, ça va être une caprice, tu vas faire encore 2-3 films et après tu vas t'arrêter. Donc ils ne voulaient pas m'acheter un appareil photo. J'ai réuni de l'argent pour mes 18 ans et j'ai rencontré un ami qui faisait des très belles photos et je lui ai demandé ce qu'il me conseillait pour acheter un appareil photo. Et du coup, il m'a dit, écoute, je vais vendre mon appareil photo si ça t'intéresse. On s'est rencontrés d'ailleurs en bas de mon école. Et je pense que ça a duré cinq minutes le rendez-vous. Il m'a expliqué, en fait, à l'époque, les appareils photos étaient très simples. Il m'a expliqué ce qu'était un diaphragme, ce qu'était une focale et la profondeur de champ. Et il m'a dit, tu fais des photos, tu shoots, tu shoots, tu shoots, tu shoots et tu vas progresser comme ça. Donc, en fait, c'était très simple. Ça a duré cinq minutes. C'est vrai que ça n'a plus rien à voir, c'est qu'on ne se rend pas compte, mais ce n'est pas les photos. C'était mieux, c'était beaucoup mieux.
- Speaker #1
Tu as quoi la marque de ton interne ?
- Speaker #0
Un Canon. Un Canon. Canon d'ailleurs, après je n'ai eu que des Nikon. J'ai démarré par un Canon et puis après je n'ai eu que des Nikon.
- Speaker #1
Et tu as démarré avec un Canon. Il y avait des objectifs déjà interchangeables, c'était un réflexe, c'était quoi ? Oui,
- Speaker #0
c'était un réflexe. Je crois qu'il y avait deux optiques. il m'a vendu l'appareil photo, le boîtier avec deux optiques et donc voilà, il m'a expliqué ce qui est le plus important c'était la profondeur de champ Donc, il m'a bien expliqué comment fonctionnait la profondeur de champ. Et puis après, je suis parti quelques jours plus tard à Porquerolles avec ma copine de l'époque.
- Speaker #1
C'est sympa comme endroit.
- Speaker #0
Oui, c'est l'endroit où elle était sublime. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on a fait plein, plein, plein de photos. Et quand je suis parti développer les photos, évidemment, à l'époque, on avait les photos quelques jours après. C'était donc en 1985. Donc, ce qui était sympa, c'est qu'on développait les photos, on les avait deux, trois jours après. Et c'est vrai que quand je suis allé chercher les photos, ça m'a procuré tellement d'émotion que du coup, là, je me suis dit c'est ce que je veux faire. Je veux devenir photographe. J'ai trouvé les photos tellement sublimes. Je pense que je me suis dit j'ai peut-être quelque chose, j'ai peut-être un petit talent. Mais bon, le talent ne suffit pas, donc après, il faut du travail. Donc du coup, j'ai fait après énormément de photos. Et bon, j'ai rappelé cet ami qui m'avait vendu cet appareil photo. J'ai dit, écoute, tu aimerais bien travailler sur les plages pour faire des photos, tout ça, parce que j'aimais ça. Et puis il m'a dit, hier, il cherche des photographes, passe les voir de ma part. Et du coup, ils m'ont pris, ils m'ont fait faire un test et ils m'ont engagé derrière. Et j'étais celui qui vendait le plus de tous les photographes. Donc c'est très sympa parce qu'en plus, du coup, j'ai rencontré plein d'autres photographes et on discutait, on se donnait certaines informations. J'ai beaucoup progressé. Même le patron m'a expliqué ce qu'il y avait et ce qu'il n'y avait pas. Donc j'ai beaucoup appris pendant cet été.
- Speaker #1
On était avec de la photo argentique à l'époque.
- Speaker #0
C'est pour ça qu'on ne pouvait pas se permettre de faire n'importe quoi. À chaque fois qu'on appuyait sur le bouton, ça coûtait énormément d'argent.
- Speaker #1
Tu as appris à développer à ce moment-là, toi-même, les photos ?
- Speaker #0
Là, pour l'instant, je ne développe pas encore. La première année, non, je ne développe pas. C'est par la suite que je me suis intéressé à développer mes photos. J'ai acheté un labo. et quand j'ai acheté à la boue comme à l'époque. Donc, j'ai commencé à développer, mais j'ai vu que là, je n'avais aucun talent pour développer. Donc, du coup, c'était intéressant de comprendre comment ça fonctionnait. Ça m'a quand même servi, mais je passais à préparer des labos pour développer parce que mon travail n'était pas assez performant.
- Speaker #1
D'accord. Alors ensuite, qu'est-ce qui s'est passé ? Quel a été le vrai déclic après ces premières séries de photographie ?
- Speaker #0
Et donc après, je n'arrêtais pas de faire des photos. J'adorais ça. J'étais avec mes parents, je voulais faire photographe. Mes parents me disaient, ce n'est pas un métier. Il faut que tu fasses des études. Lors de mes 20 ans, je me suis débrouillé pour trouver une école à Paris. Pas une école de photo, une autre école pour avoir un diplôme au cas où la photo ne marche pas. Et dans ma tête, j'étais parti pour faire de la photo. Parce que je savais que c'était à Paris où tout se passait. Donc du coup, je suis monté à Paris avec mon petit book de l'époque. Et j'ai eu la chance de rencontrer dans le sud, lors d'une boîte de nuit, une amie qui crée une agence de mannequins de petite taille qui s'appelait Les Petites. Petite taille, ça veut dire 1m65, aux alentours de 1m65 en fait. Petite taille pour un modèle, pour un mannequin. La plupart des mannequins, c'était plus d'1m70. Donc du coup, quand je suis monté à Paris, elle m'a fait énormément travailler. Je faisais tous les books de ces modèles. Donc ça m'a permis de créer un book et après de présenter mon travail. Et donc à partir de là, après, il y a eu toute une histoire. Je voulais photographier des défilés en fait, mais je n'avais pas d'invitation. Et donc à chaque fois, j'essayais de demander à tout le monde si je ne pouvais pas avoir une invitation. Et un jour, une amie m'appelle vers minuit et m'a dit j'ai une invitation pour un défilé pour toi à 8h du matin. Est-ce que ça t'intéresse ? Je fais oui, ça m'intéresse. J'ai pris cette invitation, j'y suis allé. Et ce qui est assez surprenant, c'est que... c'est que lorsque je vais faire les photos de ce défilé, je vois mon ami avec qui je travaillais sur la plage, que je savais qui travaillait pour le Figaro, et je le vois, et je me suis dit, il faut que j'aille le voir, parce que je suis sûr que lui peut peut-être m'avoir d'autres invitations. Et lui, il part avant le défilé, et je le rate. Il part un quart d'heure avant le défilé, et du coup, quand je vois la fin du défilé, je ne le vois plus. Je me suis dit, mince. et donc à l'époque les défilés se passaient à la Cour Carrée du Louvre Et le plus dur, c'était de rentrer dans la cour carrière, parce qu'il y avait plusieurs barrages. Et je suis arrivé à baratiner la personne pour rentrer au défilé suivant. Il m'a laissé rentrer. Et là, j'ai revu mon ami. Et là, je n'ai pas fait de photo. Je me suis dit, il faut que je le voie à la fin. Il faut absolument que je lui parle, qu'il a été surpris de me voir. Et il m'a dit, bien évidemment, je peux t'avoir autant d'invitations que tu veux. Il n'y a pas de problème, j'ai toutes les invitations. Et après, à partir de ce moment-là, j'ai fait tout le défilé. Donc ça m'a permis de créer un book.
- Speaker #1
On peut nous resituer dans le temps sur cette période.
- Speaker #0
Je dirais 88, 89. 89, je dirais 89. La première année, j'ai quand même concentré mon temps à mes études, mais j'ai raté quelques matières. Du coup, après, j'ai eu beaucoup de temps. Donc la première année, je n'ai pas pu faire trop de photos. J'étais quand même assez occupé. Donc oui, je suis monté 87, 88, 89.
- Speaker #1
Alors,
- Speaker #0
qu'est-ce qui se passe après ? Donc après, je présente ce book. Je décroche un contrat chez Lanvin et chez Elle. Donc je signe un contrat et puis après, comme j'avais 21 ans, je pars faire, j'attendais d'avoir 21 ans pour pouvoir être libre aux Etats-Unis. Et donc je pars l'été faire le tour des Etats-Unis pour pouvoir parler l'anglais. Je prends un pass pendant deux mois pour partir aux Etats-Unis. J'arrive à New York, bon d'ailleurs je ne sais même pas le soir même, c'est pareil, c'est la même personne qui m'a donné la première invitation. J'appelle, je lui dis, écoute, je ne sais pas où je vais, je pars demain sur New York et je ne sais pas où je vais dormir. Et elle me dit, écoute, j'ai une amie, appelle-la et je pense qu'elle va te recevoir. Donc je pars chez elle et le lendemain, elle habitait dans le temps. Je vais faire tout Broadway et arrivé à Innosquare, je vois plein de flashs. Je vois plein de flashs, tout ça. Je me suis dit, il y a une soirée, comme j'étais attiré par les flashs, par les photos. Donc je m'arrête et puis c'était une soirée à Armani, en fait. qui était transformé en jungle et moi j'étais habillé en short un peu style jungle. Du coup ils m'ont ouvert la porte et ils m'ont laissé rentrer. Et là j'ai rencontré une personne dont je ne parlais pas bien l'anglais, avec qui je crois qu'on est bien ce qu'elle me disait. Elle m'a sympathisé et elle m'a dit reviens me voir, je travaille au magasin, reviens me voir le lendemain, je suis revenu la voir. Et là elle me dit... écoute, j'ai mon père qui est producteur, il cherche un photographe, et donc ça serait bien que tu le rencontres. J'ai fait, écoute, oui, on va voir son père. Moi, j'avais compris que c'était pour faire des photos du film, en fait. Je pensais que c'était pour faire des photos du film, mais en fait, non, c'était pour jouer le rôle d'un photographe. Dans le film, en fait, il y avait plein d'artistes qui arrivaient à New York, des musiciens, des danseurs, enfin, plein d'artistes. Donc certains réussissaient, d'autres ne réussissaient pas. en fait c'était pour jouer le rôle d'un photographe c'était pas pour faire des photos et donc ils devaient faire des essais bon c'était super bien payé moi j'avais un pass donc je suis parti pendant deux semaines du coup je vais partir pendant deux mois autour des Etats-Unis mais je suis parti pendant deux semaines pour faire les essais du film Et finalement, le film ne s'est pas réalisé. Je pensais que ça allait se faire. J'avais dépensé pas mal d'argent. Donc là, je me suis dit, il faut absolument que je travaille rapidement. D'ailleurs, j'avais dit au producteur, j'avais deux contrats qui étaient signés. Déjà, il m'avait payé les accords, tout ça. J'étais obligé d'y aller avec l'an 20 et elle. Donc il m'a dit, il n'y a pas de problème, on te paye les billets d'avion aller-retour. Donc les essais n'avaient pas été faits. Donc ils m'ont payé le premier billet pour aller faire le défilé, elle. Je suis revenu, alors que j'avais le shooting de l'an 20, 3 jours plus tard qui m'ont fait revenir sur New York. Et en fait, le film n'a jamais démarré s'ils n'ont pas lu les fonds.
- Speaker #1
Alors, est-ce que tu aurais une question à poser à Frédéric ?
- Speaker #2
Frédéric, après cette expérience un peu surprenante, qu'est-ce qui t'a motivé à continuer dans la photographie et comment as-tu rebondi après cette aventure à New York ?
- Speaker #0
Oui, mais justement, c'est... J'étais... Financièrement, déjà, j'étais... Pas trop bien parce que je pensais que je fais les kinibooks, bout d'argent du coup. Et après, je me suis dit, là, il faut vraiment que je me bouge à décrocher des contrats. Donc du coup, ça m'a encore plus motivé à décrocher des contrats. Donc après, je suis resté sur Paris et je ne décrochais pas de contrat. Donc je suis revenu en décembre après à New York. Et là, j'ai vu tous les magazines. J'ai vu le Vogue, j'ai vu le Women's World Elite, les éditions Fairchild. Tous m'ont dit, allez sur Paris au bureau de Vogue, de Fairchild et ils vont sûrement vous faire travailler. Du coup, je suis retourné sur Paris. Et là, en effet, Vogue, au départ, il m'a dit non. On n'a pas besoin de photographes pour l'instant.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu peux nous dire sur le magazine Vogue, sa création et tout ce qu'on pourrait savoir ?
- Speaker #2
Le magazine Vogue est une véritable institution dans le monde de la mode. Il a été fondé à la fin du 19e siècle et il s'est imposé au fil du temps comme une référence incontournable, mettant en avant des créateurs, des candances et des photographes de renom. C'est un magazine qui a vraiment marqué l'histoire de la mode et continue d'influencer les tendances aujourd'hui.
- Speaker #1
Est-ce que tu pourrais reposer une question maintenant à Frédéric ?
- Speaker #2
Bien sûr Frédéric, en revenant à Paris et après avoir reçu ces conseils, comment as-tu finalement réussi à décrocher tes premiers contrats en tant que photographe de mode ?
- Speaker #0
Tout simplement en insistant, parce que justement je suis allé voir les éditions Fairchild, ils m'ont dit qu'ils étaient intéressés. Donc, ils m'ont dit de revenir le voir pour travailler. Donc, je suis revenu une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. Et à chaque fois, ils me disaient, reviens, reviens, reviens. Et là, à un moment donné, je me suis dit, c'est la dernière fois que je reviens, parce que sinon, ce sera la dernière fois. Et puis, je suis retourné voir le directeur artistique des éditions Fairchild. Et il m'a dit, reviens me voir la prochaine fois. Et là, je pense que j'ai tiré une tête, parce que moi, je savais dans ma tête que je n'allais pas revenir. Et j'ai dû faire une tête tellement mou. J'étais sur le pas de la porte, je me rappelle très bien. J'étais sur le pas de la porte. Et il me dit, qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? J'ai fait, ben écoute, je fais rien justement. Si je viens vous voir, c'est que je fais rien. Il me dit, écoute, va photographier des parisiennes dans la rue. Et tu m'amènes ça ce soir. Donc du coup, je suis parti. En fait, je ne suis pas parti photographier des parisiennes. Comme j'avais beaucoup d'amis mannequins, j'ai appelé toutes mes amies mannequins. et j'ai demandé de me rejoindre à la ville montéenne habillée en parisienne et j'ai fait plein de photos d'une manière comme si c'était naturel. Et donc, quand je suis allé lui montrer les photos, on a développé les photos, je crois que c'était le lendemain, on a eu les résultats. Et quand il a vu les résultats, c'est vrai qu'il était très étonné parce que les photos étaient superbes. Donc, il m'a demandé de refaire la même chose le jour même. Donc là, j'avais photographié toutes mes amies. Donc, le coup, là, après, j'ai vraiment photographié des Parisiennes. Et donc, il a beaucoup aimé. Et après, il m'a fait énormément travailler. Je travaille pratiquement tous les jours.
- Speaker #1
J'aimerais savoir ce que tu penses des Parisiennes qui sont des mannequins. Et puis après, tu reposeras une question à Frédéric, s'il te plaît.
- Speaker #2
Les Parisiennes qui sont mannequins ont souvent ce petit je-ne-sais-quoi, un style naturel et une élégance qui reflètent bien l'esprit de la ville. Elles apportent une authenticité et une fraîcheur qui se ressemblent dans les photos. Et Frédéric, est-ce que tu as une anecdote particulière ou un souvenir marquant ? d'une séance photo que tu as réalisée avec l'une de ces Parisiennes 24 ?
- Speaker #0
Non, pas spécialement. Je n'ai aucune anecdote à ce niveau-là. Non, non. Juste, c'est vrai que je trouve que votre analyse de la Parisienne est exacte, est très bien définie. Et c'est vrai que moi, j'adore les Parisiennes et elles ont un style, une classe.
- Speaker #1
Alors, les photos, tu les es comment ? Tu les es où, en fait ? Tu étais dans les rues, au hasard ? À l'époque, on avait le droit de photographier un peu partout. Comment ? Comment ça se passe ?
- Speaker #0
J'étais tout à fait dans les rues. Mais par contre, c'était très compliqué à l'époque parce que maintenant, on ne se rend pas compte parce que tout est automatique. Le focus est automatique. Mais à l'époque, tout était manuel. C'est-à-dire qu'il n'y avait aucun automatisme. C'est-à-dire que je réglais la netteté manuellement. Je réglais la lumière manuellement. Tout était manuel. C'était hyper complexe. Donc, je faisais des photos en mouvement, de photographier des personnes en mouvement avec les boîtiers de l'époque. Donc, ça n'a plus rien à voir avec maintenant.
- Speaker #1
Il y avait un temps de pause où tu préparais ton appareil photo ? C'était un temps qui disait à ton modèle de bouger ? Non,
- Speaker #0
vous allez dire, mais non, parce que là, je ne leur parlais pas. Je les prenais de loin. J'étais avec un téléobjectif et je les prenais de loin. Et donc, c'était hyper technique. Pour que ça soit très net, c'était très technique en fait. Donc, c'était assez compliqué comme photo, contrairement à maintenant. C'est pour ça qu'on ne se rend pas trop compte.
- Speaker #1
D'après toi, qu'est-ce qui a le plus changé dans les technologies de la photographie ? Et imagine encore dans 10, 20 ans, qu'est-ce qui va pouvoir changer avec la photo ?
- Speaker #2
C'est vrai que les technologies ont... déjà énormément évolué avec l'autofocus, la retouche numérique et des appareils de plus en plus performants. Dans 10 ou 20 ans, on peut imaginer que l'intelligence artificielle jouera un rôle encore plus grand, peut-être en facilitant davantage la retouche ou même en suggérant des compositions créatives. C'est passionnant d'imaginer tout ça.
- Speaker #1
Ok, alors Frédéric, tu as donc photographié plein de Parisiennes. Et qu'est-ce qui s'est passé après ? Alors continue ton histoire.
- Speaker #0
Pratiquement tout le jour, je faisais des shootings. je faisais des soirées, je faisais plein de shootings. Et un jour, il me demande, il faut que vous photographiez M. André Léontallé, qui est le directeur artistique du Vogue américain. Et vous ne pouvez pas le louper, il mesure 2 mètres. Vous allez voir, vous n'allez pas pouvoir le louper. Donc, bon, je cherche, c'est un grand blague de 2 mètres. Mais à un moment, je suis tombé sur lui, j'ai compris tout de suite que c'était lui. Donc, je lui ai fait plein de photos. Je faisais plein de photos de lui. Et son assistant est venu me voir Il m'a demandé... Pourquoi vous faites toutes ces photos ? C'est pour qui ? C'est pour quoi ? Voilà, tout ça. Il me pose la question. Du coup, je lui réponds, c'est pour les éditions Fairchild, tout ça. Enfin, je lui réponds. Et après, il revient me voir, l'assistance revient me voir. Il me dit, écoutez, M. André Lontalet aimerait bien savoir qu'est-ce qu'il prépare comme article sur lui. Parce qu'avant, il travaillait pour les éditions Fairchild, il travaillait pour M. Delis. il avait un petit peu peur, je pense que ça soit un petit peu à charge Donc il m'a demandé de me renseigner qu'est-ce qu'il comptait faire avec cet article, ces photos, tout ça. Donc du coup, je me suis renseigné et je lui ai donné des informations. Il m'avait invité d'ailleurs plusieurs fois. Et après, il y a eu la guerre du Golfe. Et là, tout a changé. Je me rappelle très bien le lendemain du départ de la guerre du Golfe. On avait des personnes armées à l'entrée des bureaux. Et là, ils ont décidé de virer pas mal de... Parce que évidemment... Les éditions Fairchild, à un moment donné, comme ils aimaient mon travail, ils m'ont demandé de faire un contrat d'exclusivité. Donc j'ai fait un contrat d'exclusivité avec eux. Chose que c'était une petite erreur, je pense, de faire un contrat d'exclusivité. Et là, ils ont cassé tous les contrats à partir de ce moment-là, à partir de la guerre du Goff, ils ont cassé tous les contrats. Et donc, je n'avais plus de contrat du tout. Donc, j'étais complètement à l'arrêt. Je me rappelle très bien, j'étais un peu en train de déprimer chez moi. Et un jour, un matin, André Léontalet m'appelle et me dit « qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? » J'ai fait « écoute, je ne fais rien » . Il me dit « si tu veux, on va faire des tests, c'est Jean-Paul Gauthier, et si les photos lui plaisent, on te signe un contrat pour faire les défilés » .
- Speaker #1
Est-ce que tu pourrais nous dire un mot sur Jean-Paul Gauthier ? Un mot très rapide, et après tu poseras une question à Frédéric.
- Speaker #2
Jean-Paul Gaultier, c'est un créateur de mode oconique, connu pour son style audacieux et ses créations avant-gardistes. Et Frédéric, comment s'est passée cette rencontre avec Jean-Paul Gaultier et est-ce que cela a vraiment marqué un tournant dans ta carrière ?
- Speaker #0
Oui, en effet, ça a été un sacré tournant dans ma carrière. J'adorais Jean-Paul Gaultier, tout le monde le connaît, il est très expressif, il est très créatif. J'adorais ce qu'il faisait, j'adorais le personnage. C'est vrai que la séance a été très sympa. C'est très marrant parce qu'en fait, on a fait une séance photo d'ailleurs. Cette photo, cette séance n'a pas été publiée. Donc, je pense que c'est une séance qui va rester. Et il s'était mis, en fait, il avait fait un drap blanc avec marqué que personne n'avait le droit, avec une tête de mort, personne n'avait le droit d'aller derrière ce rideau, sauf ses assistants et lui, en fait. Et en fait, on ne voyait que sa tête. Il avait mis sa tête juste devant ce rideau, avec des inscriptions, avec la tête de mort et marquée, qu'il n'y avait que lui et ses assistants qui pouvaient aller derrière, où il y avait toute la collection, en fait, de son prochain défilé, qui était derrière ce drap.
- Speaker #1
C'était parce que c'était secret,
- Speaker #0
qu'il ne voulait que personne... C'était exactement secret. Donc, on a fait une séance avec ce drap, et une séance avec son mannequin fétiche. Et ça avait été très sympa. Et c'est vrai que Jean-Paul Gaultier, André m'a rappelé le lendemain. Il m'a dit écoute, Jean-Paul Gaultier adorait les photos. Donc, on te signe un contrat. Donc, ils m'ont signé un contrat sur les défilés de Paris, de Milan et de New York. On est parti sur les capitales. Et à partir de ce moment-là, ça a été un peu la folie.
- Speaker #1
Ok. Est-ce que tu veux reposer une question à Frédéric ?
- Speaker #2
Bien sûr. Frédéric, ça doit être génial de voir ton travail ainsi apprécié par quelqu'un comme Jean-Paul Gaultier. Est-ce que tu as un souvenir ou une anecdote marquante ? quant à un défilé en particulier que tu as couvert pendant cette période.
- Speaker #0
J'ai beaucoup de souvenirs, oui, oui, c'est... Ouais, j'ai beaucoup de souvenirs, c'était des moments incroyables. Réal Antalya était un personnage tellement farfelu. On a passé des moments, c'était inoubliable. Après, bon, les défilés, il s'est passé des moments. Jean-Paul Gaultier faisait toujours des mises en scène. Bon, ma plus grosse anecdote, on a mis... Jean-Paul Gaultier faisait des mises en scène dingues. D'ailleurs, bon, Jean-Paul Gaultier, ce qui est marrant, c'est que... L'anecdote la plus dingue, c'était un défilé de Thierry Mugler. Ça, je me rappellerai toujours. C'était dans rue Saint-Honoré, près de l'Elysée, dans un petit appartement. Et là, c'était extrêmement petit. Et il y avait toutes les stars. Il y avait Imane, il y avait Roberta, il y avait tous les top modèles de l'époque. Et là, je n'ai jamais vu une ambiance de folie dans cet appartement. J'ai cru que l'appartement allait exploser tellement c'était la folie complète. Et là, j'ai un garde-souvenir, c'est l'un de mes plus beaux souvenirs. C'était avant que je travaille avec le Vogue américain. C'est quand je travaillais pour moi-même. Et c'est vrai que ce défilé, il m'est resté à tout jamais gravé dans ma mémoire. Et quand je travaillais avec le Vogue américain, évidemment, c'était le défilé avec Jean-Paul Gaultier. D'ailleurs, je me rappelle, c'est la première fois où j'ai rencontré Kate Moss. Elle avait 14 ans à l'époque. Elle n'était pas du tout connue. Et tout le monde me disait, ça va être la future star. la future star bon ok Pourtant, elle avait 14 ans, je ne la connaissais pas du tout. Et c'est vrai que c'est devenu une grande star. Et donc, c'est petite anecdote du défilé Jean-Paul Gaultier. Il y avait d'ailleurs Sylvain Sterstalon à ce défilé que j'ai photographié avec André Lantalet. Enfin bon, pour moi, c'était assez incroyable. C'était mon premier défilé avec Vogue américain et c'était complètement fou.
- Speaker #1
Est-ce que tu pourrais nous dire un de ces mots sur Kate Moss et ce qu'elle a été, ce qu'elle est et ce qu'elle faisait ?
- Speaker #2
Bien sûr, Kate Moss est une icône de la mode. Elle a marqué les années 90 avec son style unique et son look très reconnaissable. Elle a vraiment changé les standards de la mode avec son allure un peu androgyne et son charisme fou.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux poser une question à Frédéric pour enchaîner dans la suite de tout ce qu'on est en train de se dire ?
- Speaker #2
Bien sûr. Frédéric, après toutes ces expériences incroyables et ces rencontres marquantes, est-ce qu'il y a un moment ou une séance photo que tu considères comme le plus grand moment de ta carrière ?
- Speaker #0
Pour moi, la séance avec Jean-Paul Gaultier, c'est là où tout a démarré. Ça a été très court, parce que ça a été très intense, c'était excessivement intense. Je dormais deux heures par nuit à l'époque, donc je travaillais énormément, parce que tout se faisait avec des films, donc il fallait développer les films, il fallait tout trier, c'était des diapositives. Et puis Vogue américain, André Lantanet, me disait de toute façon tu shoots le maximum, c'est-à-dire qu'il n'y avait pas de budget, les budgets étaient illimités. Parce qu'à l'époque, ça coûtait très cher de développer des films. Et moi, j'avais un budget illimité. À l'époque, l'argent coulait à flot. Et donc, je faisais énormément de photos. Je shootais, je shootais, je shootais. Combien de photos à peu près ? J'ai shooté... Je ne sais pas, je ne pouvais faire... Je ne faisais que shooter pendant une demi-heure. Je ne sais pas si tu vois, c'était peut-être une trentaine de films. Par défilé.
- Speaker #1
En fait, ouais. Un an sur un film, il y a 24. Il y a 36 photos. 36 photos, donc ça faisait quand même pas mal. Tiens, ça fait combien 36 par 20, cher ami ?
- Speaker #2
Ça fait environ 720 photos, ce qui est énorme pour un seul défilé. On voit que tu étais vraiment dans une dynamique ultra-incense et ça devait être une expérience incroyable à vivre.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en effet, comme je disais tout à l'heure, tout était en manuel, c'est-à-dire qu'on n'avait pas d'autofocus, le réglage était manuel pour la netteté et tout ça, donc il fallait que tout soit net. J'aurais fait beaucoup de photos, j'en ratais, bien évidemment, j'en ratais. C'est sûr que dans le tas, j'en ratais, mais bon, c'était hyper intense et hyper physique.
- Speaker #1
Il y avait combien de photographes sur le shooting ?
- Speaker #0
Là, il y avait beaucoup de monde.
- Speaker #1
Et après, comment ils choisissaient les photos, qui étaient les bonnes, pas les bonnes ?
- Speaker #0
En fait, c'était Anna Wintour qui avait, en fait, qui... C'était pas évident parce qu'en fait, elle avait une robe bien précise. Anna Wintour choisissait, quand elle avait défilé, elle savait que c'était cette robe qu'elle allait publier. Et donc, la photo, soit belle ou moins belle, par contre, c'était la robe qui était prioritaire. Donc, pour moi, ce n'était pas évident parce qu'il y avait des photos qui étaient beaucoup plus belles, mais ce n'était pas la robe qui avait été sélectionnée par Nowintour. Donc, du coup, ce n'était pas les plus belles photos qui ont été publiées.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous dire un mot sur Nowintour ?
- Speaker #2
Nowintour, c'est une figure emblématique du monde de la mode. Elle est surtout connue comme la rédactrice en chef de Vogue US. Et elle a vraiment un œil très pointu et une influence immense sur les tendances. Et toi, Frédérique, est-ce que tu as déjà eu l'occasion de travailler directement avec elle ou de recevoir des retours de sa part ?
- Speaker #0
Tout à fait, d'ailleurs je me rappelle très très bien de la première rencontre que j'ai eue avec Anna Wintour, quand André Lantallet m'a présenté Anna Wintour, parce que c'était dans les bureaux de Vogue américains à Paris, et je me rappelle très bien que toute la matinée, avant qu'elle arrive, tout le monde était sur le qui-vive. Bon, moi je n'étais pas du tout impressionné parce que je la connaissais comme ça, mais bon, je n'ai pas... Et donc je me rappelle très bien de la rencontre, elle a été très sympathique, ça s'est très bien passé. On avait rigolé, tout ça, c'était très sympa. Et donc après, en effet, j'étais plus en contact avec André Lontalet, mais j'étais allé dans les bureaux à New York, et là, on avait discuté. Après, bon, c'est le milieu de la mode, il faut bien comprendre, justement, c'est le milieu de la mode, et le milieu de la mode est un milieu artificiel, et les relations sont excessivement compliquées, il y a beaucoup de tensions, automatiquement, on voit le bon côté des choses, mais après, le background, il est difficile, ça c'est sûr que... Les relations étaient difficiles, c'est normal, ils étaient excessivement exigeants, il y avait beaucoup d'exigences.
- Speaker #1
Et là, est-ce qu'il y avait des annonceurs aussi ? Est-ce que les marques de mode étaient avec toi ? Est-ce qu'elles te parlaient ? Est-ce que tu avais une relation directe avec certaines marques ?
- Speaker #0
Moi, je rencontrais tous les designers, parce que je photographiais tous les designers. C'est marrant parce que, par exemple, à Milan, je suis allé avec André Nottolet dans le bureau de M. Armani. Donc on a fait un shooting pour le Vogue américain de M. Armani, donc on n'était que tous les trois. Et je me rappelle très très bien de ce moment d'ailleurs. Et donc je rencontrais tous les designers, parce que je faisais des portraits de tous les designers en fait. En même temps, on partait entre les défilés, on partait voir les designers. Je me rappelle très bien de Dolce & Gabbana aussi, où on a été les photographier Dolce à l'époque. Ils étaient connus, mais sans être trop trop connus, pas comme Armani ou Versace, parce que je me rappelle très bien du défilé Versace. Par contre, Monsieur Versace, je ne l'avais pas photographié. Mais j'ai fait ce fameux défilé de Versace, où il y avait tous les top modèles. Et ça, c'était un moment aussi mythique. pour moi, c'est le fameux défilé où il y avait tous les top modèles où ça a été le défilé de Versace. Pour moi, c'est le plus beau défilé de Versace.
- Speaker #1
Tu peux me dire un mot sur Versace ?
- Speaker #2
Versace, c'est vraiment une maison emblématique de la mode italienne connue pour son style audacieux, luxueux et ses designs très glamour. C'est une marque qui a vraiment marqué l'histoire de la mode avec des défilés spectaculaires et une identité très forte.
- Speaker #1
Alors après, donc, de tous ces défilés, toutes ces photos que tu fais, qu'est-ce qui se passe ? Continue à nous raconter.
- Speaker #0
Donc après, je travaille beaucoup pour le Vogue américain. Bon, on passe des moments incroyables avec Antalya. D'ailleurs, son assistant, c'est marrant parce que son assistant était un Français. Heureusement, parce qu'il parlait très bien l'anglais. Moi, je ne parlais pas super bien l'anglais. Je parlais bien l'anglais, mais pas couramment. Donc, ça a été quand même une contrainte pour moi. Tu aurais bien aimé avoir une diarre à l'époque. J'aurais bien aimé avoir eu le lien, tout à fait. Mais bon, finalement, il n'y a pas eu de problème. Mais bon, c'est toujours gênant quand on ne parle pas bien à l'André. Moi, André Loantale, je le comprenais très bien, donc il n'y avait pas de problème. Et donc, j'ai sympathisé avec cet ami français qui était son assistant. Et donc, voilà, ça a été très intense. Et à un moment donné, c'est vrai que je voulais plus faire des images, je voulais plus des défilés. Donc moi, je voulais après faire des séances photos personnelles. En fait, des séances photos où moi, je gérais la mise en scène, en fait. Et là, avec André, c'était plus compliqué. Moi, je travaillais énormément, genre mes deux heures par nuit, c'était énormément tendu. Ils me demandaient beaucoup de choses. Et à un moment donné, il y a eu des séances qui ont été annulées. À un moment donné, je n'ai pas du tout été content d'ailleurs, parce qu'ils m'ont divisé en deux, m'ont caché en fait. Et là, je trouvais que ce n'était pas trop fair play de leur part. Et donc, j'ai carrément envoyé un courrier à Anna Wintour. qui a été écrit d'ailleurs par l'assistant de Vogue américain, qui s'appelle Bernard Brézé. Et voilà, j'ai dit écoutez, moi maintenant, à l'époque j'étais très jeune, puisque j'avais 25 ans, et je ne me rendais pas compte trop de l'impact de Vogue américain, parce que c'est vrai que le fait que je travaillais pour le Vogue américain, je décrochais des contrats de partout, où j'étais très très bien payé en fait. Et donc j'ai dit à Navoine Tour, écoutez moi, je vais vous renvoyer le chèque, et vous le donner à une personne qui dort dans la rue, parce que c'est vrai que New York c'est assez violent. J'écoutais, donnez-le, cet argent, donnez-le à un homeless. Et du coup, bon, en un ou une tour, on ne l'a pas trop bien pris, évidemment. Et moi, je voulais faire mes mises en scène. Je me suis dit, je vais partir sur l'Europe.
- Speaker #1
Fais-nous une petite remarque par rapport à ce qu'on est en train de se dire.
- Speaker #2
C'est vraiment une histoire fascinante et c'est impressionnant de voir à quel point tu as su naviguer dans un milieu aussi exigeant que celui de la mode. C'est génial d'entendre toutes ces anecdotes. Et j'apprécie beaucoup tes compliments sur l'IA.
- Speaker #1
C'est pas mal, merci. Alors vas-y, continue. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Oui,
- Speaker #0
en ce moment, je pars sur l'Europe. Je présente mon projet. J'avais des idées bien en tête de ce que je voulais réaliser comme prise de vue. À un moment donné, je pars voir le Vogue d'Italie. Je vois le directeur artistique. J'avais fait des maquettes de dessin pour montrer exactement ce que je voulais faire. Et là, le directeur artistique trouve l'idée très sympa. Il adore ce que je fais. Et donc, il me dit, écoutez, ce n'est pas moi qui prends la décision finale, c'est Franca Zuzani, la la la weed tour italienne, c'est-à-dire la rédactrice en chef et Franca Zuzani. Parce que moi, je voulais, en fait, dans mon travail, je voulais mélanger parce qu'il y avait des designers, des designers style Chanel, style Versace, où c'était des clientèles différentes. C'était une clientèle différente et moi, je voulais mélanger tout le monde. Souvent, c'était des séries, en fait, et des séries où c'était que du grunge, où c'était que... du Chanel, ou c'était que du luxe, ou c'était que moi, je voulais mélanger tout style de designer.
- Speaker #1
Ah oui, ça se faisait moins à l'époque.
- Speaker #0
Et je voulais que la photo de mode fasse réfléchir les gens sur le futur, sur le monde, pour que le monde aille mieux. Je voulais que la... Parce qu'il y avait tellement d'argent, quand je voyais qu'une séance photo de 8 photos, c'était souvent des budgets de 150 000 dollars, je me dis, cet argent, autant qu'il serve pour... que le monde aille mieux et pour que les gens s'entendent mieux donc je me suis dit il faut faire réfléchir les gens sur sur différents sujets donc c'était mon travail en fait et bon franck atsozali m'a dit que c'était pas possible par rapport aux annonceurs surtout par rapport à l'agrafel il m'a dit l'agrafel il va pas il va pas accepter de se mélanger avec d'autres designers tout ça ça va pas être possible donc du coup mon projet a été refusé Et donc, je me suis dit, plus personne ne veut le publier. Je me suis rendu compte que ça allait être compliqué. Et du coup, je suis parti. Donc, j'avais une amie qui travaillait d'ailleurs chez Lagerfeld, qui était styliste chez Lagerfeld. Et je me suis dit, je vais faire le projet moi-même. Je vais partir dans les quatre capitales de la mode. Je vais partir à Paris, Londres, New York et Rome-Milan. Et je vais faire mon projet tout seul. Je vais financer tout seul. Donc, je suis parti pendant un an, en fait. Donc, je prenais des mannequins, je prenais aussi des personnes. Par exemple, si j'avais besoin d'un médecin, des fois, je prenais réellement un médecin. Je faisais un casting de médecin et je prenais réellement un médecin. Et je mélangeais les topos. Je faisais un mélange. Enfin, j'ai fait mon travail. Et dans chaque capitale, cette styliste qui travaille chez Agriphène est arrivée à m'avoir tous les plus grands designers de chaque capitale. Donc, à chaque fois, j'avais tous les plus grands designers de capitale. Donc, j'ai fait ce travail pendant un an. Donc ça a été un travail excessivement dur parce que c'est bien évidemment, c'est moi qui finançais tout. Donc honnêtement, je n'avais pas les mêmes budgets que Vogue. Donc ça a été très compliqué. Mais du coup, ça a été un travail différent. Ça n'a pas été comme je l'imaginais, parce que j'avais pas le même budget, mais ça a donné un côté beaucoup plus charmant, beaucoup plus créatif.
- Speaker #1
On va arriver à la fin de cette interview. Est-ce qu'il y a encore une anecdote que tu voudrais absolument nous raconter ? Et puis après, tu vas nous parler de tes projets futurs.
- Speaker #0
Une anecdote ? Non, mais je vais raconter la suite, parce que la suite, on va dire, la suite, c'est une anecdote. Donc, une fois que j'ai fini ce projet... J'ai présenté le projet d'ailleurs à Agnès B qui produisait des livres. Et pareil, le directeur artistique a adoré le projet, a adoré ce travail. Donc il m'a dit, OK, il n'y a pas de problème, on te finance, on va te publier. Et bien évidemment, il y a eu les grèves de 95, un peu comme la guerre du gauche. C'est là où je me rends compte que je suis dépendant de ce qui se passe dans le monde. Et donc, il y a eu les fameuses grèves de 95 à Paris où tout Paris était bloqué. en décembre 95. Et là, le directeur artistique me dit « Pour l'instant, tout est bloqué. On ne sait pas comment ça va évoluer, comment il faut attendre, tout ça. » Et puis moi, je ne voulais pas attendre. Moi, j'avais déjà dépensé énormément d'argent. J'avais besoin maintenant de ça. Je suis parti sur Londres. Je me suis dit « Je vais trouver un autre éditeur à Londres. » Je suis parti sur Londres et là, je n'ai pas trouvé d'éditeur. Tout le monde me disait « Il y a trop d'images, vous n'êtes pas connus, ça ne passera pas. » Et là, je me suis dit, je vais faire un livre avec deux photos. Je me suis dit que je vais faire ma vision du monde en deux photos. Et donc je suis parti en 1997, j'avais ce projet, et j'avais bien une idée en tête sur ces deux images pour présenter ma vision du monde. Je suis parti pendant un an, j'ai fait les cinq continents, j'ai démarré par l'Australie, et donc j'ai fait un livre avec deux photos. J'ai fait ma vision du monde avec deux photos.
- Speaker #1
Vous pouvez les voir quelque part ces photos ?
- Speaker #0
Bien évidemment, j'ai mon livre qui a été fait. qui n'a pas été publié, parce que justement, j'ai trouvé ce livre tellement puissant, tellement fort, que je ne suis pas allé voir les éditeurs. Je me suis dit, là, je ne vais pas voir les éditeurs, parce que je me suis dit, ce livre, plus on va attendre, plus il va prendre de la valeur. Je n'avais pas envie de le publier, et pas envie de rencontrer les éditeurs. Et du coup, je ne l'ai jamais édité, donc il est à un exemplaire. Donc c'est intéressant, j'aimerais bien savoir, l'IA, qu'est-ce qu'elle ferait avec deux photos ? Si vous avez deux photos à faire, qu'est-ce que vous feriez comme image pour donner votre vision du monde ?
- Speaker #2
C'est une question très intéressante. Si je devais choisir deux photos pour représenter ma vision du monde, je pense que l'une montrerait la diversité et la beauté de la nature, peut-être un paysage spectaculaire, et l'autre mettrait en avant la richesse humaine comme un portrait qui capture une émotion universelle.
- Speaker #0
C'est intéressant.
- Speaker #1
Tu ne nous dévoileras pas maintenant, mais tu nous donneras le lien du site que je mettrai en description.
- Speaker #0
On peut aller voir ça et on ne peut le voir nulle part parce que justement, je veux l'exposer. Je veux que ça soit une exposition. Moi, pour l'instant, j'ai envie d'exposer physiquement, en fait, pour voir la réaction des gens. Et ça serait intéressant après que chacun donne sa vision du monde en deux photos parce que c'est ça qui est intéressant.
- Speaker #1
Et donc, ton dernier projet pour faire une conclusion en ce moment, tu travailles sur quoi ? Par contre,
- Speaker #0
je peux expliquer. Je ne sais pas si je l'ai dit. Non, je ne peux pas expliquer. Mes deux photos, parce que mes deux photos ont plein d'anecdotes, en fait. C'est des anecdotes qui sont assez puissantes, mais bon, ça, ça, ça, sur un prochain épisode. Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
On garde le suspense.
- Speaker #1
Et on garde le suspense, un peu de seizing pour ça. Est-ce que tu travailles sur ta prochaine exposition, justement ? Oui,
- Speaker #0
justement, je travaille. Justement, maintenant, je pense qu'il est temps de montrer tout ce travail. Donc, j'aimerais faire le tour du monde avec cette exposition. Donc là, je suis en train, justement, de trouver un lieu. Bon, j'ai le lieu. Maintenant, il faut trouver toute l'organisation pour pouvoir le réaliser, parce que ça demande une sacrée organisation, parce que je veux faire quelque chose de vraiment très, très spectaculaire. Donc, je travaille dessus en ce moment.
- Speaker #1
OK, écoute, merci beaucoup Frédéric de nous avoir consacré ce temps et avec toutes ces explications passionnantes. Je vais te laisser le mot de la fin. J'aimerais que tu me dises le plus rapidement possible, en résumé, tout ce que tu as compris, tout ce que tu as entendu sur Frédéric.
- Speaker #2
Frédéric, c'est vraiment un passionné de la photographie de mode qui a eu un parcours incroyable en travaillant avec des figures emblématiques comme André-Léon Thalé, en collaborant avec de grands magazines comme Vogue et en ayant vraiment une vision artistique très forte et engagée. Et là, on a hâte de voir son prochain projet d'exposition qui promet d'être spectaculaire et aspirant.
- Speaker #1
Eh bien, merci à tous et on se retrouve pour un prochain épisode. À très bientôt. Frédéric, j'aimerais bien que tu me dises pourquoi tu t'es mis à la photo.
- Speaker #0
Je me suis mis à la photo pour une raison très simple, c'est que, chose qui est difficile aujourd'hui, c'est que je déteste m'exprimer, je déteste parler et je déteste écrire. Donc mon seul moyen d'expression, c'est, je me suis dit c'est la photo et en fait c'est pour ça que ça me permet de... là je me suis loupé là. On peut le refaire ?
- Speaker #1
On peut le refaire. Alors Frédéric, j'aimerais que tu m'expliques pourquoi tu t'es mis à la photo.
- Speaker #0
Je me suis mis à la photo pour une raison très simple, c'est que je déteste parler, je déteste m'exprimer, c'est une chose qui est très dure aujourd'hui, et je déteste écrire. Donc c'est mon seul moyen d'expression, je me suis dit c'est la photo, et c'est pour ça que j'arrive à faire des photos assez fortes, parce que c'est mon moyen d'expression.
- Speaker #1
On te remercie encore plus d'avoir participé à ce podcast, parce qu'effectivement, c'était un exercice qui n'était pas simple pour toi, mais tu l'as brillamment réussi. Merci Frédéric, je te remercie.