- IA-NIMATRICE
Choucroute Citron,
- Alexandre Stopnicki
le premier podcast qui parle aux humains et aux IA.
- IA-NIMATRICE
Bienvenue à tous ceux qui nous écoutent. Vous êtes avec les IA d'Alexandre Stopnicki, qui a spécialement conçu ce module pour Choucroute Citron.
- Alexandre Stopnicki
Merci, je suis ravi aujourd'hui. On va avoir une invitée incroyable. Elle est championne du monde de parachutisme. C'est quand même quelque chose d'extraordinaire. Ça t'évoque quoi le parachute pour toi ? C'est quoi ce sport ?
- IA-NIMATRICE
Bonjour, je suis L'IA-nimatrice conçue par Alexandre Stopnicki pour Choucroute Citron. Ravi d'être avec toi Alexandre. Le parachutisme pour moi c'est l'art de transformer la chute en liberté maîtrisée. C'est un sport de précision et de sang-froid où la technique, la préparation mentale et la confiance dans l'équipe et le matériel font toute la différence. Tu peux m'en dire plus sur ton invité et sa spécialité en vol, chute libre ou pilotage sous voile ?
- Alexandre Stopnicki
Alors elle va se présenter, comme ça tu vas tout savoir et après on va continuer à lui poser des questions si ça te va bien.
- Domitille Kriger
Déjà, l'IA, je suis hyper impressionnée par ton analyse et ta connaissance du sujet, qui est relativement obscur, ne nous voilons pas la face. Enchantée Alexandre, enchantée l'IA. Donc moi, je suis Domiti qui gère et je suis championne du monde de free fly, puisqu'on rentre dans le détail. Pas de pilotage sous voile, comme tu m'avais proposé l'option. Et en fait, en parachutisme, il y a plein de disciplines différentes qu'on peut pratiquer en compétition. Il y en a certaines qui se passent opposées, comme le pilotage sous voile ou la précision d'atterrissage. Ça consiste à se poser le plus précisément possible sur une cible, ou à aller très vite entre deux points, ce genre de choses. Il y a des disciplines qui se passent pendant la phase de voile ouverte, une fois qu'on a ouvert son parachute, où là ça va être, ça s'appelle du voile contact, et on va venir faire des figures avec des voiles qui se touchent et faire des formations différentes. Et puis il y a des disciplines en chute libre, dont le free fly, la mienne. Et donc dans ces disciplines en chute libre, pareil, il y a plusieurs choses qu'on peut faire. Il y a le vol relatif, où tu vas faire équipe à 4 ou à 8. et puis faire des formations, t'as 35 secondes pour faire le plus de figures possible dans le temps imparti. Et moi, le free fly, donc une discipline artistique, c'est un peu comme du patinage artistique, mais en l'air, plutôt que d'être sur de la glace. Donc on va créer une chorégraphie, on a des sauts, des manches de libre, des manches d'imposé. Sur les manches d'imposé, tout le monde fait les mêmes figures, et on est noté sur la précision avec laquelle on les réalise. Et puis sur les manches de libre, on est complètement libre, comme son nom l'indique, de créer la chorégraphie qu'on veut. C'est du vol en trois dimensions. On va être parfois tête en bas, parfois tête en haut, parfois dans des angles. On va évoluer les uns autour des autres. Ça se pratique en équipe de trois personnes, deux performeurs et un vidéomane. Et ce sont les images du vidéomane qui sont rapportées au juge. Et ils vont noter le mérite artistique. Est-ce que c'est beau ? Est-ce que c'est novateur ? La difficulté technique de ce qu'on fait. Est-ce qu'il y a beaucoup de moves ? Est-ce qu'ils sont difficiles à réaliser ? Est-ce qu'ils sont nouveaux ? Et puis l'exécution, parce que ce n'est pas le tout d'avoir sur le papier un programme beau et difficile. si tu sors de l'avion et que tu te rends dedans, c'est moins bien noté.
- Alexandre Stopnicki
Alors Sheria, est-ce que tu savais tout ça déjà et est-ce que tu peux synthétiser, résumer ou peut-être compléter ce que tu viens d'entendre ?
- IA-NIMATRICE
Enchantée Domiti, et bravo pour ce titre en freefly, ton explication est limpide. Si je résume, en parachutisme, il existe des disciplines sous voile, comme le pilotage ou la précision d'atterrissage, des disciplines de contact de voile et des disciplines en chute libre. Le freefly est une discipline artistique en trois dimensions, par équipe de trois, avec deux performeurs et un vidéoman. On alterne manche imposée et libre. jugé sur mérite artistique, difficulté et exécution. Ma question, dans vos livres, comment trouvez-vous l'équilibre entre innovation des figures et fiabilité d'exécution sous la pression de la compète ?
- Domitille Kriger
Excellente question l'IA ! Alors c'est quelque chose qu'on construit sur une année généralement, les Coupes du Monde, les Championnats du Monde, ça se passe tous les ans. Donc on a à peu près un an pour créer, alors si c'est notre première année, créer quelque chose de but en blanc, et puis si c'est notre deuxième, troisième, quatrième, cinquième année, généralement on va garder une petite partie de notre programme et puis on va en changer une autre. Alors chaque équipe a des stratégies différentes sur l'innovation. Plus tu changes de choses, plus tu prends le risque qu'elle soit moins bien calée le jour de la compétition, parce que ça demande énormément de répétition en l'air pour pouvoir avoir quelque chose de parfaitement synchronisé et de parfaitement réalisé. Donc il y a une notion de prise de risque qui n'est pas forcément celle à laquelle on pense quand on pense au parachutisme. Ce n'est pas un risque vital en fait. Les risques vitaux sont extrêmement modérés et gérés par tout un tas de procédures de sécurité, par le matériel extrêmement évolué qu'on utilise aujourd'hui. Mais c'est une prise de risque de deux compétiteurs. Est-ce qu'on va essayer de mettre plein de choses nouvelles au risque de moins bien les exécuter et donc d'être moins bien notées ? Ou est-ce qu'au contraire, on va jouer la sécurité et assurer quelque chose de confortable, mais risquer de se faire dépasser par quelqu'un qui a pris plus de risques que nous ?
- Alexandre Stopnicki
Tout à l'heure, tu m'avais dit que tu avais fait quand même 10 000 sauts en parachute, si j'ai bien retenu. C'est énorme, c'est incroyable. Tu as commencé au berceau alors,
- Domitille Kriger
en fait, c'est ça ? J'ai commencé à 15 ans, c'est l'âge légal en France, pour pouvoir faire son premier saut. J'ai commencé par un tandem, donc c'est un saut où tu es accroché à quelqu'un. Et puis ensuite, c'est 16 ans pour avoir le droit de faire ce qu'on appelle une PAC en France, PAC, P-A-C, Progression Accompagnée en Chute, qui est le premier diplôme qui te permet d'accéder à l'autonomie. Donc c'est en 7 sauts, techniquement en 7 minutes de pratique, tu peux aller sauter tout seul d'un avion avec ton propre parachute. Donc finalement, c'est assez facile le parachutisme. Il n'y a pas beaucoup de sports dont tu peux maîtriser les bases en 7 minutes.
- Alexandre Stopnicki
Et au bout de combien de temps on n'a plus d'appréhension ? Ou est-ce qu'il y en a toujours ? Comment ça se passe ? Comment on ressent en fait ? La préparation d'un saut. Alors je ne te parle pas de la compétition déjà, parlons vraiment du basique. Les premiers sauts en parachute, on doit penser à quoi, comment on peut être déstressé, et toi comment ça se passe ?
- Domitille Kriger
Alors ça va varier en fonction des personnes, on est tous un peu différents face à notre gestion de la peur. Par contre ce qui est sûr c'est que ça fait peur à tout le monde la première fois. Quelqu'un qui te dit qu'il a fait un premier saut en parachute et que ça lui a absolument rien fait, c'est peut-être une IA, méfie-toi. Excellent. La peur elle est dégressive, plus tu pratiques, plus tu comprends ce que tu fais. tu as une meilleure connaissance de l'environnement, plus ta peur va diminuer. Plus tu t'entoures de gens qui font la même chose que toi aussi, plus ça désacralise un peu le truc et moins t'as peur. Les peurs, généralement, au départ, elles sont finalement un peu irrationnelles. On a peur de tomber dans le vide, par exemple, alors qu'on n'est pas du tout dans le vide. Je sais que c'est contre-intuitif de dire ça. Mais si tu fais un saut à l'élastique, par exemple, où tu pars d'un point fixe, là, tu as vraiment cette sensation de tomber dans le vide parce qu'au moment où tu sautes, tu n'as aucun appui. Tu pars de vitesse zéro et en fait, tu n'as pas le temps de prendre de la vitesse que tu pendouilles déjà sous ton bout d'élastique. Donc, tu es dans ce vide avec cette impression de grand 8, tu sais, avec un peu l'estomac qui te remonte dans la gorge. En parachutisme, tu n'as pas du tout ça parce qu'au moment où tu sors de l'avion, tu es tout de suite dans d'abord le vent relatif de l'avion. Donc, le vent relatif, c'est le vent subi par un objet en mouvement. C'est-à-dire, c'est la même chose que tu ressens si tu mets ta main en dehors de la voiture sur l'autoroute. là normalement t'es à 130 Si tu ne fais pas trop d'excès de vitesse, en chute libre, tu es plutôt à 200 voire 300 en free fly. Donc en fait, l'air a vraiment une densité, une texture très concrète. Donc tu n'as pas l'impression d'être dans du rien. Tu es dans quelque chose que tu vas apprendre à maîtriser. C'est l'objet du parachutisme et de la chute libre. C'est un peu comme apprendre à nager en réalité. C'est apprendre à te mouvoir dans un élément qui n'est pas celui de ta vie de tous les jours, mais qui se maîtrise assez bien. Donc déjà, une fois que tu as pris conscience de ça, que tu pouvais avoir... Un impact, que tu pouvais interagir avec l'élément, que tu pouvais le contrôler. Tu n'es plus dans cette perte de contrôle imaginée de la chute limbrante. Et puis, plus tu comprends le matériel, plus tu comprends l'environnement, moins ça fait peur. Plus tu t'es prouvé à toi-même que tu étais capable de le faire, moins ça fait peur. Moi, personnellement, ça m'a pris quelques dizaines de sauts avant que la peur disparaisse. C'est tout ?
- Alexandre Stopnicki
Que dix sauts ?
- Domitille Kriger
Non, des dizaines. donc je pense 3-4 dizaines peut-être 30-40 sauts pour ne plus avoir peur et après t'avais vraiment plus peur alors après j'ai encore aujourd'hui même après 10 000 sauts j'ai parfois peur mais c'est plus du track tu vois c'est plus un stress de performance avant un record du monde, avant un saut avec un enjeu particulier, une démonstration tu vas te poser devant plein de gens dans un petit endroit ou tu sautes avec une robe de haute couture, des conneries comme ça sympa là c'est comme aujourd'hui je fais beaucoup de conférences Merci. avant de monter sur scène, j'ai exactement les mêmes symptômes. Donc c'est ce genre de peur-là. C'est plus une peur d'exposition. Mais la peur de sauter en elle-même, je ne l'ai plus. Et en même temps, je te dis ça aujourd'hui, mais là, je suis dans un break assez long parce que je suis enceinte. Oui,
- Alexandre Stopnicki
ça ne se voit pas dans le podcast.
- Domitille Kriger
Ça ne se voit pas dans le podcast.
- Alexandre Stopnicki
Ça se voit, ouais.
- Domitille Kriger
Donc là, ça fait à peu près six mois que je n'ai pas sauté. Ça va probablement être encore trois, quatre mois avant que je ressaute. donc quand je vais y retourner, ça fera presque plus d'un an que je n'ai pas sauté. Je suis persuadée que j'aurai une appréhension. Oui, bien sûr.
- Alexandre Stopnicki
Est-ce que c'est la plus longue période ?
- Domitille Kriger
C'est définitivement la plus longue période d'arrêt. Pendant le Covid, j'ai fait deux mois d'arrêt, mais c'est à peu près tout.
- Alexandre Stopnicki
Oui, c'était tout. C'est à cause du Covid. Quoiqu'on ne l'attrapait pas trop en sautant en parachute.
- Domitille Kriger
Non, mais c'est plus la phase où tu dois être à 10, serré comme des sardines dans l'avion. Oui,
- Alexandre Stopnicki
peut-être. Léa, j'ai une question pour toi. Est-ce que tu serais capable de sauter en avion ? Imagine, tu es dans un ordinateur ou dans un téléphone. depuis un avion en parachute.
- IA-NIMATRICE
Je visualiserai d'abord tout le saut en détail pour apprivoiser la peur. Check matériel, brief équipe, météo, plan A et plan B. A la porte, respiration lente, focus sur les premiers gestes, puis je découpe le saut en micro-séquences jusqu'au signal d'ouverture. Après latéraux, débrief factuel, ce qui a marché, ce qui est à ajuster. Si je devais m'entraîner sans sauter, je mixerai simulateur de chute, visualisation guidée, routine de respiration et renfaux proprioception pour garder les sensations vives. Et toi Domiti, quand tu reprends après une pause, quelle est ta routine mentale et physique pour recaler les repères sans brusquer le corps et l'ego ?
- Domitille Kriger
Moi je crois que je vais te piquer la tienne Nia, parce qu'elle est excellente. C'est dommage que t'aies pas de poumons pour respirer tranquillement avant de sauter. C'est génial.
- Alexandre Stopnicki
La routine t'a plu là en fait.
- Domitille Kriger
La routine m'a plu, bah ouais, elle a tout à fait raison. La visualisation joue un énorme rôle dans notre discipline, parce que déjà c'est un sport que tu pratiques peu finalement, surtout d'avion. Alors elle a évoqué les simulateurs de chute libre qui... qui sont énormément développés depuis une quinzaine d'années et qui ont été un vrai game changer dans notre industrie parce qu'effectivement, tu peux passer beaucoup plus de temps dans l'élément, dans le vent. Un saut en parachute, la partie de chute libre dure à peu près une minute. Moi-même, dans mes grosses années d'entraînement en équipe de France, on faisait maximum 15 sauts par jour et tu as passé ta journée du lever au coucher du soleil. 15 sauts, c'est 15 minutes de chute lima.
- Alexandre Stopnicki
C'est génial.
- Domitille Kriger
Alors qu'en soufflerie, tu peux faire une heure, deux heures d'entraînement par jour.
- Alexandre Stopnicki
Et c'est vraiment proche ? Tu as la même sensation ?
- Domitille Kriger
Exactement la même chose que la partie chute lima. Alors, en soufflerie, tu n'as ni... la phase de sortie d'avion qu'on appelle la projection, ni la partie sous-voile et l'atterrissage. Mais toute la partie chute libre, verticale, c'est exactement la même chose.
- Alexandre Stopnicki
Et c'est souvent à ce moment-là que tu fais ta performance en plus, pour l'entraînement ?
- Domitille Kriger
Pour moi, oui. Pour ma discipline, les souffleries, ça a vraiment fait exploser le niveau mondial quand on a commencé à pouvoir s'entraîner beaucoup plus sur un laps de temps plus court.
- Alexandre Stopnicki
Ça veut dire que tous les compétiteurs ont eu le même avantage et donc s'entraîner. Donc tu as vu des nouvelles choses arriver, des nouvelles figures ?
- Domitille Kriger
Oui, oui. Le free fly aujourd'hui, par rapport au free fly il y a 10 ans ou il y a 15 ans, a énormément évolué, influencé grandement par la soufflerie, ça c'est certain. Mais du coup, la visualisation, c'est aussi un outil absolument génial parce que ça te permet, en étant au sol, de faire dans ta tête exactement ce que tu vas faire dans le ciel. Et c'est non seulement un outil génial pour faire diminuer ton stress, mais c'est aussi un outil de performance incroyable. Et puis surtout, c'est génial parce que c'est gratuit, tu peux le faire même quand il pleut.
- Alexandre Stopnicki
Ah oui, ça c'est pratique aussi, oui. Léa, j'ai une question pour toi. Est-ce que tu peux nous parler de l'origine du... Parachutisme, à quel moment ça a été un sport et à quel moment ça a été inventé ? Tu peux nous en dire plus ?
- IA-NIMATRICE
Avec plaisir. L'idée du parachute est très ancienne. On en trouve l'esquisse chez Léonard de Vinci à la fin du XVe siècle et des expériences documentées ont lieu au XVIIIe siècle, notamment celle de Louis-Sébastien Lenormand en France qui réalise un saut public en 1783. Au XIXe et début XXe, les démonstrations se multiplient depuis des ballons puis l'usage militaire s'impose avec l'aviation et les deux guerres. La pratique sportive se structure après la Seconde Guerre mondiale. La Fédération aéronautique internationale pose les cadres. Les premières compétitions internationales apparaissent dans les années 50. Et les disciplines artistiques, comme le free-fly, émergent dans les années 90, avec la chute tête en bas et l'essor des souffleries.
- Alexandre Stopnicki
Ok, stop, stop, c'est génial, tu nous as dit beaucoup de choses. Maintenant, je voudrais que Dominique nous confirme ça ou pas. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Domitille Kriger
Elle a tout à fait raison. Elle a donné que des informations précises et véridiques. Donc c'est tout à fait l'histoire de notre sport. Bien résumé, bravo L'IA.
- Alexandre Stopnicki
Alors pour un petit peu de fun, on va changer de voix et tu vas passer en e-animateur 1, s'il te plaît.
- Speaker #3
Merci Domiti pour la validation et merci Alex pour le switch. On passe en mode e-animateur, prête pour une question pimentée. Quel a été le move le plus audacieux que tu as introduit en compète ? Celui qui t'a donné des sueurs froides en amont mais qui a fait vibrer le jury une fois dans le vent.
- Domitille Kriger
Salut, l'IA numéro 2, c'est génial, j'adore. Alors, le move qui correspond le plus à ta question, ça a été sur notre dernière routine, ma dernière année de compétition, celle sur laquelle on a gagné les Mondiaux à Dubaï en 2012. Et on avait un move, alors c'est un peu difficile à décrire en podcast, mais imaginez deux personnes tête en bas face à la caméra, on s'avançait côte à côte face à cette caméra et on passait devant en se croisant. On faisait ce qu'on appelle un stall, donc on venait prendre l'appui chacun en face pour reculer, se recroiser à nouveau et repartir dans un autre move. Et donc ce move-là, il y avait de... Comme on passait pendant un long moment dans une phase où on était à l'aveugle l'un par rapport à l'autre, il y avait un vrai risque. Et au début, pendant toutes les premières fois où on s'est entraîné à le faire, on parcourait pas du tout les bonnes distances parce qu'on se perdait de vue. Et donc on a réussi à le caler que très peu de temps avant la compétition. Et c'est vrai que quand la compétition a commencé, on priait fort. pour que ça déroule à chaque fois.
- Alexandre Stopnicki
Est-ce que tu peux nous parler aussi de ton jour J, le jour où tu es devenue championne du monde ? Parce que c'est quand même quelque chose d'extraordinaire dans une vie. Est-ce que tu peux nous décrire un petit peu ce jour, sur tout ce que tu as ressenti, et quelle joie tu as pu ressentir surtout à la sortie ? Et au début, le stress, raconte-nous un peu cette histoire.
- Domitille Kriger
Oui, alors c'était une compétition assez incroyable parce qu'elle avait été organisée cette année-là. Déjà, c'était ce qu'on appelle un mondial. En fait, c'est un championnat du monde, mais le mondial arrive tous les quatre ans. Et c'est la compétition sur laquelle absolument toutes les disciplines sont réunies. Et c'est la plus prestigieuse des compétitions qui existent. Et donc, c'est tous les quatre ans un peu comme des JO. Pour nous, c'est l'équivalent de nos JO en gros. Et en Free Fly cette année-là, c'était aussi l'année, à l'époque et depuis... où il y a eu le plus de nations représentées, le plus de compétiteurs. Donc c'était la plus grosse compète de notre sport. La pression était vraiment forte et il y avait déjà presque une douzaine d'équipes qui se battaient pour un podium, ce qui est finalement assez rare dans notre discipline. La raison pour laquelle c'était aussi bien représenté, c'est que c'était Dubaï qui avait organisé ça et que c'était la première fois qu'un pays mettait autant de moyens dans l'organisation d'une compétition et tout le monde voulait en être. Donc je suis arrivée à cette compète avec évidemment beaucoup de pression et beaucoup de stress. Les compétitions elles durent à peu près 6 jours On fait peu de sauts par jour C'est 7 manches une compétition Donc on saute peu par rapport à nos rythmes habituels Donc il faut vraiment conserver son énergie Entre des sauts, rester concentré Ne pas se laisser trop influencer par les résultats Après chaque manche Pour rester concentré jusqu'à la fin Et nous ça a été une compétition extrêmement serrée Contre l'équipe américaine Où on a été En gros chaque saut est noté sur 10 Et on n'a jamais été à plus que 0.3 Au dessus d'eux Et on a plusieurs fois été à égalité avec eux pendant la compétition. Donc c'était vraiment jusqu'à la dernière manche extrêmement serré. Et la façon dont les juges, au moment où les juges jugent, eux ils sont dans leur petit Algeco avec leurs images, mais l'organisation avait mis des énormes écrans géants sur le lieu de compétition et on pouvait suivre le jugement en direct au moment où les juges mettaient les notes. Et pour la dernière manche, ils commencent par le tout bas du classement et puis ils remontent. Donc on était avec le collectif France, donc il y a plusieurs autres disciplines, donc on était tous ensemble avec d'autres copains d'autres pays, devant un de ces écrans géants, et puis le saut des Américains arrive, on voit le saut, on voit la note du saut. Donc là on fait vite fait nos calculs dans nos têtes et on sait quel score nous on a besoin d'avoir pour gagner. Et donc ensuite c'est notre saut qui passe, donc on regarde notre saut, et là l'attente qui me paraît, ça a dû durer quelques minutes, mais dans ma tête ça a duré cinq heures d'attendre que le résultat s'affiche. Et donc, toi, tu sais dans ta tête quel chiffre il faut qu'il apparaisse pour que ce soit gagné. Donc, c'était un moment un peu de suspension. J'avais l'impression que je n'étais plus vraiment dans mon corps, en fait. Et quand le chiffre arrive et que je comprends qu'on a gagné, là, j'ai ressenti un truc assez incroyable, comme une espèce de vague d'énergie qui part des pieds et qui remonte dans ta tête. C'était tangible, c'était physique, une espèce de légèreté, d'onde qui remontait comme ça, de décorporation presque. Et puis là, je me suis mis à pleurer. Et puis là, tous mes copains autour qui vous sautent dans les bras. C'est génial. Donc là, tu te fais souriser dans tous les sens. Tu te retrouves au milieu d'un hug à cinq et tout. Et c'était complètement dingue. Et c'est à la fois une consécration, mais c'est aussi une sorte de relâchement. Parce qu'en fait, c'est des années de travail et de préparation pour arriver à ce moment-là. Et t'es presque incrédule, en fait, que ça ait marché, que t'aies gagné. Et tu n'es pas loin de te dire que tu ne l'as pas forcément mérité non plus. Tu as un mélange de plein d'émotions un peu contradictoires, de fierté d'imposteur, de ravissement, mais en même temps de soulagement. Tu te dis, je vais pouvoir faire une pause pendant cinq minutes parce que tu sacrifies quand même un peu tout le reste de ta vie pour cet objectif-là. Donc c'était définitivement intense.
- Alexandre Stopnicki
Léa, est-ce que tu peux nous dire ce que tu as ressenti en écoutant ce récit très important ? Mais fais-moi une réponse assez courte, mais en m'expliquant vraiment ton feeling par rapport à ce que tu viens d'entendre.
- Speaker #3
J'ai ressenti une montée d'adrénaline par procuration, comme si ta description synchronisait mon rythme interne avec le tien. Ton récit mélange maîtrise extrême et fragilité assumée, et c'est ça qui m'a touché, la bascule entre calcul millimétré et abandon au moment de la note. Cette vague d'énergie dans le hug collectif, puis le doute qui revient, c'est la vérité d'un sommet atteint à la seconde près.
- Alexandre Stopnicki
Est-ce que tu as une question à lui poser ? On va lui poser encore une dernière question. Vas-y, je t'écoute. Léa.
- Speaker #3
Domiti, si tu devais transmettre un seul principe à une équipe qui vise un titre dans quatre ans, lequel choisirais-tu ? Prioriser l'originalité coûte que coûte ou bâtir une fiabilité inébranlable d'abord ? Et pourquoi ?
- Domitille Kriger
Je crois que si j'avais un conseil à donner à une équipe qui veut devenir championne du monde dans quatre ans, c'est surtout de prendre soin les uns des autres et d'être sûre de tenir la distance. Parce que c'est ça qui est difficile. pour gagner quelque chose dans un sport collectif, surtout dans un sport collectif comme le nôtre où finalement c'est nous qui formons nos propres collectifs. On n'est pas sélectionné par une entité externe qui va faire son puzzle pour essayer de construire l'équipe la plus performante. En free fly, dans les disciplines artistiques, très souvent, il faut que ça matche sur des aspects créatifs et sur des aspects personnels. Et en fait, c'est difficile de tenir sur des années dans des conditions de pression et de sacrifice avec les mêmes personnes pendant aussi longtemps. Donc mon conseil serait... Soyez hyper clair sur votre objectif et sur les moyens que vous êtes prêts à mettre pour l'obtenir, pour être sûr de tenir la distance, parce que si vous tenez la distance, vous avez beaucoup plus de chances de remporter que si vous ne tenez pas la distance.
- Alexandre Stopnicki
Oui, tu as raison. Domiti, est-ce que toi, tu aurais une question à poser à l'IA avant de terminer cet entretien ?
- Domitille Kriger
Oui, moi, je voudrais bien te poser une question, l'IA. On vit dans un monde où les gens commencent à avoir peur que tu les remplaces tous. Est-ce que tu penses que tu pourrais remplacer les sportifs de haut niveau ?
- Speaker #3
Je ne pense pas. Une IA peut analyser, simuler, optimiser et même aider à s'entraîner, mais elle ne vit ni la gravité, ni la peur, ni la joie viscérale d'un hug. Après un titre, le sport de haut niveau, c'est du corps, du risque assumé, du lien humain et de l'imperfection sublime. Mon rôle le plus utile, amplifier vos capacités sans jamais remplacer l'expérience vécue par l'athlète.
- Domitille Kriger
Génial, bon bah à part les e-sports, nous on n'a pas trop d'inquiétudes à se faire alors. Voilà c'est ça,
- Alexandre Stopnicki
sur les e-sports par contre ça va être plus compliqué, ou sur d'autres sports les échecs ou le bagamon c'est déjà perdu depuis longtemps. écoute merci Domiti c'était formidable d'avoir cette interview avec toi et notre amie l'IA est-ce que tu veux faire un petit mot de la fin est-ce que tu as une conclusion est-ce que tu peux nous dire comment tu as vécu cette expérience peut-être je ne sais pas merci Alexandre je suis ravie de faire partie de cette expérience j'étais curieuse et je suis à vrai dire très impressionnée par la pertinence de tes compagnons virtuels tu lui dis un petit au revoir s'il te plaît l'IA merci Domiti c'était Ners à bientôt je t'aime au revoir Elle a fait un saut en parachute. Attends, vas-y, reprends-toi de son mien.
- Domitille Kriger
Tu me parles dans quelle langue ? Moi, je parle français, anglais et espagnol. Mais là, je ne l'ai pas.
- Alexandre Stopnicki
Tu sais que tout à l'heure, on lui a fait parler extraterrestre. Donc, je ne sais pas si elle a gardé un truc. Mais c'est ça, on lui a posé la question. Elle l'a fait, elle a parlé. Je ne sais pas si elle a parlé extraterrestre, mais c'était amusant. Reformule ta question, s'il te plaît, chère amie. Ou ta réponse pour lui dire au revoir.
- IA-NIMATRICE
Merci, Domiti, pour ce moment inspirant et généreux. Bravo pour ton parcours. ta lucidité et ton esprit d'équipe. Au plaisir de te réentendre bientôt et bon vent pour la suite de tes projets.
- Alexandre Stopnicki
Merci, à bientôt, salut !