- Speaker #0
Chou Podcast,
- Speaker #1
le podcast de référence sur l'univers canin, pour tout savoir sur les races de chiens, la santé, l'alimentation et l'éducation.
- Speaker #0
Chou Podcast, par Maud Fédière, l'émission que mon chien ne rate jamais.
- Speaker #1
Bonjour à tous et bienvenue dans Chou Podcast. Aujourd'hui, j'avais envie d'aborder un sujet à la fois très fréquent, mais finalement encore assez mal compris. La dermatologie vétérinaire, c'est une question qui me touche particulièrement parce qu'avec Mariko j'y suis moi-même confrontée et aussi parce que autour de moi j'ai l'impression de croiser de plus en plus de chiens concernés par des problèmes de peau. Démangeaisons, rougeurs, otites, allergies, léchages excessifs, des troubles souvent impressionnants, parfois chroniques et qui peuvent vraiment peser sur le quotidien du chien comme de son humain. Alors pour mieux comprendre ce que recouvre vraiment la dermatologie, Ce qu'elle dit de la santé globale du chien et pourquoi ces problématiques sont si fréquentes, j'ai eu le plaisir de recevoir le docteur Amaury Briand, vétérinaire spécialiste européen en dermatologie vétérinaire. Alors docteur Amaury Briand, vous venez tout juste de terminer votre journée de consultation. Quel a été aujourd'hui le sujet qui est revenu le plus souvent ?
- Speaker #2
Bonjour, et bien sans surprise, c'est les grattages. J'ai eu énormément de chiens qui sont présentés. pour des démangeaisons. Nous, dans notre jargon, on appelle ça le prurite. Et c'est vrai que c'est un des motifs les plus fréquents en dermatologie. Moi, comme vous le disiez, je suis dermatologue, donc je ne vois que des problèmes de peau toute la journée, chez les chiens, chez les Ausha. Et ce qui revient le plus, c'est les démangeaisons.
- Speaker #1
Mais quelle formation il faut suivre pour devenir dermatologue pour animaux ?
- Speaker #2
Pour devenir dermatologue, plus précisément pour obtenir un diplôme européen de spécialiste en dermatologie vétérinaire, il faut d'abord après le cursus global vétérinaire suivre une année d'internat en école en général et à la suite de cet internat si on est chanceux on peut directement entrer dans un programme de formation qui s'appelle une résidence, un résidana qui va se faire pendant trois ans on est accompagné par un mentor qui lui-même est spécialiste en dermatologie et qui va nous encadrer tout au long de ce parcours et Et à l'issue de ces trois années qui nécessitent de voir des cas cliniques, de publier des articles, de faire de la recherche, on a le droit de passer un diplôme final européen, donc en anglais, très difficile, qui nécessite de beaucoup travailler. Et ensuite, on obtient ce diplôme et on est spécialiste. Et ce qu'il faut savoir, c'est qu'on doit réactualiser ce diplôme tous les cinq ans. Donc justifier qu'on a fait des publications scientifiques, qu'on a assisté à des congrès. En soit, on a continué à se former et à être toujours au top de ses connaissances et de l'actualité en dermatologie.
- Speaker #1
Donc on a fait de la formation continue.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Donc trois ans de spécialisation et avant pour être vétérinaire, combien de temps c'est ?
- Speaker #2
Alors il faut faire, à mon époque c'était deux années de classe préparatoire suivie de cinq ans d'études vétérinaires. Actuellement on a des passerelles ou des voies qui permettent de faire directement après le bac l'entrée à l'école. Mais là, c'est des voies un petit peu différentes. Mais globalement, c'est ça qu'il faut avoir en tête. Cinq ans d'études. Plus trois ans de spécialisation. Exactement. Oui, donc moi, pour la petite histoire, ma grande soeur est médecin généraliste. Et quand je la voyais faire ses études, je me disais mais jamais je ferais des études aussi longues. En fait, j'ai fait plus long qu'elle. J'ai compté 12 ans.
- Speaker #1
Et c'était Maison Alfort, non ? Oui,
- Speaker #2
c'est ça. J'ai fait l'école vétérinaire de Maison Alfort et j'ai fait ensuite ma spécialisation. entre l'école vétérinaire et une clinique privée, donc la clinique Advecia. Et donc c'était assez intéressant d'avoir les deux facettes, à la fois le côté universitaire et à la fois le côté, on va dire, la vraie vie d'un exercice en clinique privée.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Ok, alors maintenant on va aller rentrer dans le vif du sujet.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #1
Comprendre la peau du chien. Alors, quelles sont les grandes particularités de la peau du chien ?
- Speaker #2
Alors déjà, si on veut comparer avec la peau de l'humain... C'est le fait que la peau est poilue, elle est velue, elle est recouverte de poils. Et ça, ça change énormément déjà son aspect et pour nous l'approche déjà diagnostique, parce qu'on ne voit pas la peau en tant que telle, on voit d'abord le pelage. Et puis ça peut changer aussi les durées d'action des produits, parce que sur une peau velue, c'est comme le cuir chevelu, on n'a pas la même durée d'action. Ça va changer aussi pour nous quels produits on va appliquer. Un autre paramètre qui va changer et dont on parle souvent, c'est le pH cutané. qui va être différent chez les chiens. Il est légèrement plus alcalin que chez les humains. Et c'est d'ailleurs une particularité qui fait qu'on ne peut pas utiliser n'importe quel produit sur la peau d'un chien. Voilà. Et après, la grande particularité aussi, c'est que le chien n'a pas la même hygiène de vie que nous. Il vit au ras du sol, va se salir beaucoup plus, va être en contact avec des agents particuliers, agents pathogènes, parasitaires, etc. Et donc, il nécessite des soins particuliers, une attention particulière.
- Speaker #1
Ok. Et quel rôle joue la peau dans la santé globale du chien ?
- Speaker #2
Alors, dans la santé globale du chien, la peau, c'est une barrière. C'est vraiment ce qui va protéger l'animal de tout ce qui se passe à l'extérieur. Et ça va vraiment être ce qui va empêcher la pénétration d'agents pathogènes dans l'organisme. Ça va aussi permettre de voir si l'animal est en bonne santé. Parce que la peau, c'est vraiment le reflet de la santé interne. Si la peau est belle, que le pelage est beau, c'est que tout va bien à l'intérieur, a priori.
- Speaker #1
C'est un organe miroir, comme on pourrait le dire. Exactement.
- Speaker #2
C'est quand même le plus grand organe du corps. Ça recouvre l'entièreté du corps. C'est un organe qui va consommer énormément d'énergie, de protéines, donc qui va avoir besoin d'énormément de nutriments. Et c'est pour ça que c'est un miroir de la bonne santé, parce que si on n'a pas assez d'apports nutritionnels, par exemple, ou qu'on a une perte d'état, ça va se ressentir sur le pelage et sur la peau.
- Speaker #1
Alors c'est une bonne transition. Quelles sont les red flags, comme on peut dire, qui doivent alerter un propriétaire de chien ?
- Speaker #2
Alors, tout dépend de la maladie, mais c'est vrai que ce qu'on rapporte souvent quand on vient en consultation, ça peut être. Mon chien se démange, donc va présenter des grattages ou du léchage, parce qu'on l'oublie souvent, mais le léchage, ça peut être une expression des démangeaisons. Ça peut être mon chien a percé poils, a un pelage terne, sec, alors qu'avant le pelage était brillant. Mon chien sent mauvais, et quand on s'approche des poils, en fait, ça vient des poils et de la peau. Mon chien présente des croûtes, un changement d'aspect de la peau, des pellicules, donc nous on appelle ça des squams. En fait, il y a énormément de lésions qui peuvent apparaître sur la peau et sur le pelage et qui vont être des red flags, des vrais signaux d'alerte pour les gens et pour nous également quand on va les voir en consultation.
- Speaker #1
D'accord. Et à partir de quand une démangeaison devient anormale ?
- Speaker #2
C'est vrai que les démangeaisons, ça fait partie du comportement de toilettage normal. Typiquement, le chien qui va se réveiller de sa sieste, qui va se secouer, qui va se gratter, Bon, à partir du moment où ça devient trop fréquent, où le chien par exemple va s'arrêter en balade pour se gratter, pour se lécher, ne va plus écouter les consignes, ne va plus vouloir jouer, ou même va commencer à être un petit peu irritable avec les congénères notamment, moins joueurs, là ça peut vraiment être des signes d'appel.
- Speaker #1
Qui dort moins.
- Speaker #2
Voilà, alors là clairement le chien qui se réveille pour se gratter, pour se lécher, c'est qu'il y a vraiment une vraie démangeaison. Donc les gens le voient assez rapidement en fait, puisque les gens connaissent leurs animaux, donc ils comprennent que l'animal est inconfortable, et que l'expression de démangeaison, de se gratter, elle devient un peu trop intense. Donc parfois il y a des gens qui sont très très otakés, qui vont venir très rapidement, et puis d'autres qui ne vont pas se rendre compte tout de suite, mais au final ça finit par venir.
- Speaker #1
Oui c'est ça que j'ai envie de dire, observez bien votre chien et vous le connaissez. Mieux que personne, parce que je sais que, par exemple, les Ausha, ils aiment bien faire la toilette des pattes. Bon, c'est pas qu'il y a un souci, mais ils aiment bien, comme les Ausha, faire leur propre toilette. Bon, là, c'est normal. Mais oui, OK. Et un chien qui se lèche beaucoup, c'est pas forcément un chien qui a un problème de peau. On peut dire aussi peut-être que c'est...
- Speaker #2
Du stress, c'est ça ? C'est vrai que ça fait partie du diagnostic différentiel. Diagnostic différentiel, ça veut dire les hypothèses possibles face à un symptôme. C'est vrai qu'un animal qui va se lécher, dans certains cas, ça peut être l'expression d'un trouble du comportement, d'un stress. On le voit notamment chez certains chiens qui vont présenter ce qu'on appelle des plaies de léchage. Le chien va se lécher au même endroit constamment, à tel point qu'on va avoir une perte de poils, puis des érosions de la peau, donc une perte de la peau, et puis parfois des petites pastilles toutes irritées, voire ulcérées. Et ça, c'est vraiment le léchage répétitif qui engendre cette lésion. On a certaines races qui sont prédisposées pour certains troubles du comportement, mais heureusement ça reste très rare, notamment je pense au Doberman, qui fait parfois du léchage ou du mordiment du flanc de manière complètement exacerbée, et ça c'est pas du tout un problème dermatologique, c'est vraiment comportemental. Alors heureusement ça reste rare, mais il est vrai que les gens me demandent souvent, mais est-ce que c'est pas lié au stress ? Mon chien se gratte, j'ai l'impression qu'il est stressé. Et en fait, on fait un rapprochement avec l'eczéma des humains. C'est qu'on se dit, quand je suis stressé, je fais des plaques d'eczéma. Moi, ce n'est pas exactement la même chose. Ce que j'explique aux gens, c'est que parfois, un stress lié à un problème dermatologique peut aggraver. les symptômes. Donc imaginons un chien qui se gratte, qui a une sensation désagréable de démangeaison, il va commencer à se gratter, à se lécher et puis comme c'est inconfortable et que ça va commencer à le stresser, ça va amplifier le comportement.
- Speaker #1
Et puis c'est vrai qu'il y a des chiens qui se lèchent les pattes, où on pourrait dire en effet c'est plutôt du stress, et quand on observe bien, il y a des chiens qui viennent ouvrir limite à l'intérieur de la patte et venir vraiment se...
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #1
se mordiller quoi. Se mordiller à l'intérieur de la patte et là on voit que c'est rouge et...
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Et quelles sont les pathologies dermatologiques les plus courantes chez le chien ?
- Speaker #2
Alors, est-ce que je peux juste rebondir sur quelque chose ? Parce que c'est vrai que ce que vous avez évoqué, quand le chien se retourne la patte, se mordit et qu'on voit des lésions sur la peau, c'est aussi une manière de distinguer parfois troubles du comportement et problèmes dermatologiques. Parce qu'en général, quand on a des problèmes dermatologiques, il y a des lésions sur la peau. Quand on a des... troubles du comportement avec un léchage comportemental, quand on regarde la peau, tout va bien. Donc ça, ça peut être quand même un petit indice. Alors bon, bien sûr, on n'a pas des loupes à la place des yeux, donc parfois on peut louper des lésions, même microscopiques, et parfois on a de l'inflammation sans le voir vraiment, mais ça peut être quand même un tips pour les gens qui se posent la question.
- Speaker #1
Oui, je suis d'accord.
- Speaker #2
Désolé, je suis passé... Il n'y a aucun problème.
- Speaker #1
Ok. Et donc, on était aux pathologies dermatologiques les plus courantes.
- Speaker #2
Oui. Donc, ce qui est le plus fréquent, en tout cas dans ma pratique quotidienne, c'est la dermatite atopique. Donc, le chien qui présente de l'eczéma, pour faire schématique et simplifié. C'est vraiment ce qu'il y a de plus courant. Après, j'aurais tendance à dire qu'en pratique généraliste dans les cabinets de tous les jours, et donc les cas les plus fréquents chez les animaux de compagnie au final, c'est... Des démangeaisons liées parfois à des parasites, donc les puces, les tiques, les aoutas lorsque c'est la saison, des infections par des bactéries ou des petits champignons, c'est vraiment ça qui va être la source la plus fréquente de problèmes dermatologiques. Nous, en dermatologie spécialisée, on nous envoie souvent les cas un peu complexes pour lesquels on a du mal à bien contrôler les choses et c'est vrai que la plupart du temps, ce qui est compliqué, c'est les maladies chroniques, récidivantes. Et c'est typiquement le cas de la dermatite atopique.
- Speaker #1
Oui, dont ma chienne, je pense, est sujette. Et donc, on va parler après des solutions et de ce qu'on peut mettre en place. Par rapport aux allergies, est-ce qu'on peut différencier une allergie alimentaire, environnementale, parasitaire ? Est-ce qu'on peut faire des prises de sang comme on fait chez les humains ?
- Speaker #2
C'est vrai que cliniquement, en regardant l'animal, on ne peut pas distinguer. en général une allergie alimentaire, d'une allergie environnementale aux acariens ou aux pollens. Quoique, si votre chien se met à présenter de l'urticaire, une diarrhée profuse après avoir mangé un aliment, c'est assez facile d'identifier que la source est alimentaire. Mais quand on est face à un animal qui se gratte de manière chronique, qui est rouge, ce n'est pas toujours facile de se dire que c'est lié aux pollens dans l'environnement. tiens, c'est lié aux acariens ou à l'aliment qui va ingurgiter régulièrement. Donc, à ce moment-là, si on veut établir un diagnostic d'allergie, ou en tout cas de sensibilisation, on peut faire des tests. Quand on va rechercher des allergies environnementales, acariens, pollens, il y a deux modalités pour faire des tests. Ou bien on fait une prise de sang qu'on envoie dans un laboratoire spécialisé, ou bien on fait des tests cutanés, c'est-à-dire qu'on va faire des injections d'allergènes dans la peau. Et on va voir si ça réagit, un peu comme ce qu'on fait chez les humains. En ce qui concerne l'allergie alimentaire, on ne peut pas se fier aux tests. Prise de sang, prise de... J'ai même vu des tests avec de la salive, où on envoie des poils, notamment en Angleterre. Ça, on ne peut pas s'y fier, c'est vraiment à déconseiller. D'ailleurs, pour la petite histoire, ils ont fait le test, ils ont envoyé des poils de peluche pour faire un placebo, quoi, dans ces laboratoires, et ils ont retrouvé des allergies. Donc... Bon, c'est pas très fiable. Donc pour l'alimentation, il vaut mieux faire ce qu'on appelle des régimes d'éviction. Donc en fait, on va changer l'alimentation. Le plus simple, c'est d'utiliser des croquettes hypoallergéniques avec des protéines qui vont être spécifiquement traitées pour ne pas être « allergisantes » , c'est-à-dire qu'elles sont hydrolysées. Donc, petit point technique, parce que c'est quand même intéressant. Il faut imaginer que le système immunitaire, c'est comme s'il avait un lecteur de code barre. Et il voit des allergènes passer. Donc quand on a le système unitaire dans les voies digestives, il a son petit code barre et il voit les molécules passer. Il est capable de reconnaître si c'est du poulet, du bœuf, du poisson. Et donc s'il est allergique au poulet, il va... flashé le code barre poulet et il va se mettre à réagir. Quand on donne un aliment hydrolysé hypoallergénique, les protéines sont coupées en tout petits morceaux. Donc le code barre n'existe plus. Donc le système immunitaire voit passer des petits morceaux, mais il n'identifie pas que c'est le code barre du poulet, et donc il ne réagit plus. Et donc le principe, c'est de donner cet aliment à votre animal et de voir si, grâce à ça, les symptômes s'estompent, voire disparaissent. Si c'est le cas, on est ravi. On réintroduit les anciens aliments et on voit si ça rechute. Voilà, donc c'est éviction et provocation. Si on n'est pas fan des croquettes ou si l'animal refuse les croquettes et qu'on préfère faire une ration ménagère, on peut tout à fait cuisiner et donner une nouvelle source de protéines pour voir si ça fonctionne.
- Speaker #1
Est-ce qu'on sait quelle est la protéine animale la plus âgée ?
- Speaker #2
En général, on parle du bœuf, des produits laitiers, le poulet. peut aussi être incriminé. Parfois certains poissons, mais c'est vrai qu'en général, sur les rations ménagères, on conseille plutôt poissons, agneaux, parfois des viandes un peu exotiques comme l'autruche, le kangourou, ou même cheval. Des choses auxquelles le chien n'aura pas été confronté auparavant.
- Speaker #1
C'est intéressant. Et est-ce que les Ausha, parce que je ne vous ai pas demandé, mais est-ce que les Ausha sont autant sujets à ces problèmes de peau ?
- Speaker #2
Oui. Oui, on en voit énormément. Et eux aussi peuvent être atteints d'allergies alimentaires, aux aéroallergènes, pollens acariens, et même des grands hypersensibles sans allergies associées, un peu comme les humains qui font parfois de l'eczéma sans qu'il y ait d'allergie. Et c'est vrai qu'on a vraiment, au cours de la journée, aussi bien des Ausha allergiques que des chiens allergiques. Quand je dis allergie, c'est sens large, je me gratte et je suis rouge.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Par rapport aux parasites, on avait parlé de puces, tiques, aoutas, acariens, parce que nous les humains, on est allergique aux acariens.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Ce qu'il faut savoir, c'est que dans tous les cas, les chiens qui sont sensibles et qui vont facilement se gratter, typiquement un chien qui a une dermatite atopique, Lui, il va être sensible particulièrement aux piqûres de puces, parce que la salive des puces est très allergisante. Donc, c'est pour ça qu'on leur conseille d'être vraiment traité toute l'année. Ça, c'est une allergie bien particulière et c'est différent de l'allergie aux acariens, parce que les acariens, ce n'est pas des parasites, c'est vraiment des petites bêtes qui vont vivre dans nos matelas, dans les tapis, dans l'environnement, et auxquelles l'animal va être confronté, et comme les humains. peut devenir sensible et allergique. Donc on ne va pas donner de traitement anti-acarien. On peut nettoyer l'environnement, faire attention, bien aérer. Et surtout, si on a une forte sensibilisation, on peut proposer une désensibilisation, comme chez les humains.
- Speaker #1
Ça marche bien ?
- Speaker #2
Alors ça ne marche pas forcément bien. Dans les données, ce qu'on a tendance à rapporter, pour simplifier, c'est qu'il y a à peu près 70% des chiens qui vont plutôt bien... qui vont répondre à la désensibilisation. Et dans ceux-là, il y a un tiers de très bons répondants, un tiers moyens, un tiers un peu décevant.
- Speaker #1
Et c'est long et c'est quand même contraignant.
- Speaker #2
C'est assez fastidieux parce que c'est un traitement qui va durer un an, qui nécessite des injections régulières d'allergènes. On essaie de faire des protocoles simplifiés, on a différents protocoles qui existent et donc chaque spécialiste applique en général des protocoles assez similaires, mais il peut y avoir des variantes. Ce qu'il faut quand même avoir en tête, c'est que c'est un traitement qui va être très bien toléré. Il n'y a aucun effet secondaire en général. C'est vraiment ça l'aspect positif, c'est l'inocuité. Et dans certains cas, quand même, ça fait vraiment partie du traitement multimodal et ça apporte un vrai bénéfice.
- Speaker #1
Et ça, ça peut se faire partout en France, dans les zones rurales,
- Speaker #2
aussi bien tout le monde y a accès. Ce n'est pas uniquement en ville ou dans les centres de spécialistes. Chacun peut faire des tests. Le plus fréquemment, c'est les tests sanguins qui sont plébiscités parce que c'est plus facile à faire. Moi, j'effectue les deux types de tests en fonction des situations. Et c'est vrai que j'ai des consoeurs et des confrères qui font ensuite les commandes des sensibilisants. Et ça se passe très bien, c'est très accessible.
- Speaker #1
Et alors les aoutas, c'est vrai que désolé, je reviens là-dessus, mais moi, ma chienne dans le cantal, dès qu'elle y va, elle se fait piquer, elle a des piqûres partout sur le corps. C'est vraiment un problème. Je veux dire, heureusement qu'elle n'y est qu'en vacances, parce que les gens qui y habitent et qui ont des chiens très sensibles, du coup, ils font comment pour les aoutas ?
- Speaker #2
À part raser la pelouse et mettre du béton à la place, il n'y a pas vraiment de solution. En fait, le problème des aoutas, c'est qu'une fois qu'ils sont sur les animaux, on a du mal à s'en débarrasser. Ça fait des espèces de petites grappes oranges qu'on voit très bien dans les zones des plis, entre les doigts, au niveau du pli de laine, dans les oreilles. J'en ai même trouvé un jour dans l'oreille. Donc ça va vraiment un peu partout. Et donc la seule façon de faire, c'est de retirer. Le parasite, quand on le voit, avec une compresse, quelque chose d'un peu humide pour ne pas que ça irrite trop la peau, appliquer un insecticide que vous trouverez chez le vétérinaire ou en pharmacie, et puis faire en sorte qu'il n'y ait pas de recontamination. Et c'est ça qui est très difficile, voire impossible, c'est que les aoutas vivent dans l'environnement. Et donc le cycle va se faire de manière perpétuelle durant la belle saison. et on voit qu'en plus qu'avec le réchauffement climatique, on a... Un étalement de la saison, c'est censé s'appeler Aouta parce que c'est en août. En fait, ce n'est plus du tout ciblé sur le mois d'août. Donc, éviter les zones qui sont connues pour être infestées. C'est le meilleur conseil que je puisse donner. Et puis, vérifier régulièrement au retour des balades. Mais c'est vrai qu'il y a des jardins particulièrement infestés et on ne sait pas pourquoi.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des plantes ? Il faudrait que je me renseigne s'il y a des plantes qui sont... Parfois,
- Speaker #2
c'est des murets. Parfois, c'est des sous-bois. C'est dans les feuillages. En fait, les aoutas, ce qui va piquer, ce n'est pas les formes adultes, c'est les larves d'aoutas. Donc les adultes, ils vivent dans la terre tranquille, ils font leur vie. Et c'est les petites larves qui vont aller se nourrir sur la peau.
- Speaker #1
Et ça, en région parisienne, vous en avez ? Oui, en région parisienne,
- Speaker #2
on peut en avoir dans certains jardins ou même dans les parcs, en forêt.
- Speaker #1
Ça, c'est vraiment une plaie, mais je sais qu'il y a des humains qui sont très sensibles aussi. Et moi, par exemple, je ne suis pas du tout sensible. Ma belle-mère est très sensible et elle, c'est aussi très compliqué. Moi, je me suis déjà fait piquer, c'est horrible.
- Speaker #2
On a des espèces d'irruptions cutanées à rebours, en fait, quelques jours après, et c'est vraiment désagréable. On imagine pour les chiens et les Ausha...
- Speaker #1
Très, très compliqué. Donc désolée, parce que je sais qu'il y a une personne qui m'avait posé cette question, mais à part ce qu'on a dit, il n'y a pas non plus de solution miracle. Non, non,
- Speaker #2
c'est vrai qu'à chaque fois, c'est une question qui revient souvent en conférence ou même entre nous, quand on se retrouve et qu'on discute de ce sujet-là. C'est vraiment... On a du mal à appliquer des traitements qui vont prévenir les infestations. Et une fois que les parasites sont sur place, le simple fait de les chercher, ça peut être compliqué parce qu'on ne les voit pas bien. Et puis après, il faut vraiment réussir à les retirer, parfois au canton de Tige,
- Speaker #1
appliquer de l'insecticide sur les zones. Ça fait des petites croûtes, des petites piqûres.
- Speaker #2
C'est orange vif.
- Speaker #1
Oui, mais moi, parfois, je ne le vois même pas forcément. Parce qu'avec un chiba, avec le pelage, vous pouvez imaginer, c'est compliqué. Mais ce que je me rends compte, c'est qu'en fait, après, ça lui fait des croûtes partout. Et quand je le mène chez le toiter et qu'on pulse, ça enlève toutes les petites croûtes. C'est là que je vois à quel point il y en avait des piqueurs partout. Bon, bref. OK, on va parler justement un peu plus en détail des allergiques. Et pour moi, j'ai l'impression un phénomène en augmentation. Mais bon, vous allez me dire parce qu'on a l'impression qu'il y a de plus en plus de chiens allergiques aujourd'hui. Alors, est-ce que c'est une vraie augmentation ou est-ce que c'est un meilleur diagnostic ?
- Speaker #2
Il y a un peu des deux. En fait, on est vraiment... mieux équipés et plus sensibilisés au diagnostic des dermatites allergiques et de la dermatite atopique. Mais en fait, c'est exactement le même phénomène qu'en médecine humaine. Il y a une augmentation des cas et on pense que ça doit être notamment lié à notre mode de vie. Au contact de l'environnement, on a plus de pollution, on a plus d'irritants, ça agresse la barrière cutanée et la dermatite atopique, c'est une maladie de la barrière cutanée et de l'inflammation cutanée. Donc, sachant qu'on est de plus en plus dans des... environnements où on a des agressants pour la peau, donc des polluants, des choses qui vont irriter, une vie parfois un peu trop aseptisée en parallèle, on va être sur des populations d'animaux qui vont devenir de plus en plus sensibles et atopiques.
- Speaker #1
Alors on disait, là on est au printemps, moi j'ai la sensation aussi que ma chienne, c'est de plus en plus tôt, donc mars, avril jusqu'à septembre, octobre. Donc je me suis dit, j'en ai déduit, elle est allergique aux pollens.
- Speaker #2
Oui, et pas forcément. Oui, en fait, c'est vrai que quand on a une évolution saisonnière du prurite et des symptômes, on a tendance à se dire que ça revient au beau jour, donc c'est forcément du pollen. Et en fait, il y a une étude très sympa qui s'est penchée sur le sujet. Donc, ils ont pris des chiens atopiques qui étaient positifs au pollen sur leur test allergologique, donc sensibles au pollen, et ils ont regardé au cours de l'année si les poussées de dermatite atopique étaient liées aux pics polyniques dans l'atmosphère. Et en fait, pas du tout. Ce qui est ressorti de cette étude, c'est que les pics de poussées de dermatite atopique étaient liés à des changements d'hygrométrie dans l'atmosphère. Et donc, ils en ont conclu... que finalement sur de nombreux chiens atopiques, les poussées saisonnières, elles sont en fait possiblement liées à des changements de température, changements hygrométriques, changements de météo. Et en fait on le voit bien quand on est soi-même atopique, il y a des changements de saison qui sont rédhibitoires, on sait que ça va gratter, on sait que la peau va être plus sèche ou au contraire plus humide. Par exemple les atopiques qui souffrent en hiver avec la sécheresse cutanée, ils ont les mains rouges avec beaucoup d'eczéma, et ça va se calmer au retour des beaux jours. Il faut savoir aussi que ces animaux sont au ras du sol, donc ils sont un peu tout le temps dans les pollens toute l'année. Donc au final, ils sont un peu sensibilisés à tout. Autre chose à avoir en tête, c'est que, comme je le disais tout à l'heure, on a des facteurs de pollution qui peuvent jouer. Donc quand il fait plus chaud, quand il fait plus beau, on est plus pollué, on le voit dans l'atmosphère. Et puis, même sans être complètement allergique, de manière très spécifique à des pollens, là en ce moment, moi je suis à vélo à Paris, c'est le moment où il y a tous les pollens. je me mouche, j'ai des yeux rouges, j'ai ternu, je ne suis pas allergique, mais je suis irrité. Donc les chiens, ils subissent les mêmes agressions. Donc c'est pour ça qu'il peut y avoir des espèces de pics saisonniers.
- Speaker #1
Et je dirais aussi, on peut le voir, quand il y a de l'humidité, est-ce qu'il n'y a pas des chiens qui sont allergiques ? ou plus sensibles à l'humidité. Si on ne vient pas leur sécher les pattes après les balades sur des sols très humides, finalement, ça crée de...
- Speaker #2
Oui, en effet. Au contraire, il y a des chiens qui sont sensibles à l'humidité. Mais vraiment, quand ils arrivent à l'automne, ils vont faire des otites.
- Speaker #1
Des otites ?
- Speaker #2
Oui, étonnant. Ils vont parfois faire ce qu'on appelle des pododermatites, donc des rougeurs au niveau des doigts. En fait, on ne sait pas si c'est vraiment, encore une fois, le facteur hygrométrique qui joue un rôle dans la survenue d'une poussée. Est-ce que c'est l'humidité ? Du pli qui va être augmenté, ça vraiment c'est dur à dire, mais c'est intéressant déjà de voir qu'il y a des zones particulières. Là je parlais des oreilles, là vous me parlez des pattes.
- Speaker #1
Moi elle devient toute rouge après dans les pattes et on m'a parlé d'un champignon finalement qui se développe. C'est ça.
- Speaker #2
Alors en fait c'est très intéressant, c'est que d'une part quand on commence à aborder ça, on se rend bien compte du fait qu'il y a des zones typiques dans la teinte, dans la dermatite atopique. Ça va être les zones des plis, donc les doigts. L'intérieur des pattes, donc entre les coussinets, le pli des coudes, le pli des aisselles, les babines, le tour des yeux, les oreilles, le dessous de la queue, le tour de l'anus. Donc typiquement, un chien qui se frotte les fesses par terre n'a pas forcément besoin d'un vermifuge si c'est déjà à jour. Il n'a pas forcément les glandes anales impactées, il a peut-être juste de l'eczéma des fesses. C'est un peu bête dit comme ça,
- Speaker #1
mais en fait,
- Speaker #2
il faut y penser. Et pour revenir aux champignons, c'est des levures. qu'on appelle des malassezias, qui se développent dans les plis, typiquement, et qui vont avoir tendance à être en trop grande quantité. Leur population est un peu déséquilibrée chez les atopiques. Et donc, au lieu d'être tranquille et de faire leur vie sur la peau, tout le monde en a, moi j'en ai, vous en avez, eh bien, elles vont se multiplier, être un peu trop présentes. Et là, ça va provoquer un déséquilibre, des démangeaisons, une inflammation, parce qu'il faut savoir qu'il y a vraiment comme un... Un dialogue constant entre les bactéries, les microbes, les levures qui sont à la surface de la peau et la peau en elle-même et le système immunitaire. Donc en fait, le système immunitaire, il se dit « Tiens, je suis capable de sentir qu'à la surface de ma peau, j'ai des petites bactéries, des petits champignons, des levures, tout va bien, la vie est belle, on se calme. » Ou alors, c'est le branle-bas de combat, il y a une dérégulation, il y a des populations qui vont prendre le pas sur les autres, ça fait des messages inflammatoires et là, ça gratte. C'est pour ça que... Chez les chiens topiques, quand on a des rougeurs, souvent c'est associé à une prolifération de bactéries, de champignons, et ça amplifie le problème de démangeaisons et d'irritations. Et tant qu'on ne va pas gérer ces surinfections, on ne s'en sort pas.
- Speaker #1
Exactement, oui. Ah bah alors, parce que j'ai très envie de savoir, mais j'ai tellement de questions. Alors, on va après justement parler de comment on peut traiter. Mais avant ça, j'avais une question par rapport aux races et aux prédispositions. Est-ce qu'il y a des races qui sont plus sujettes aux problèmes de peau ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Déjà, les races qui ont des plis.
- Speaker #0
Charpeille.
- Speaker #1
Charpeille, n'en parlons pas.
- Speaker #0
C'est vraiment une catastrophe.
- Speaker #1
C'est juste la catastrophe en dermatologie. Parce que, bon, ils ont des plis partout, donc ça massère plus facilement. Ils ont des oreilles complètement refermées, repliées, donc ça favorise les otites. Ça, c'est des hypertypes. Basset hound. Oui. Alors, le basset, lui, il est particulier parce que, déjà, il est plissé, il est un peu tordu, il a des grandes oreilles. Alors, trop mignon, trop sympa, mais c'est des nids à champignons aussi. Ils sont remplis de Malassezia. Et puis, tout ce qui est brachycéphale, donc les faces écrasées, Cavalier King Charles, Bulldog français, Bulldog anglais, les petits... Les carlins. Shih Tzu. Et donc, c'est vrai que c'est des races qu'on voit plus souvent en dermatologie. Et en plus des races appli, on a les races atteintes de dermatite atopique. Donc, on a des races vraiment prédisposées comme les Bulldogs français. Les bulldogs anglais, les westies.
- Speaker #0
Ah, les westies. Oui,
- Speaker #1
les westies, c'est vraiment des grands atopiques.
- Speaker #0
Est-ce que c'est parce qu'ils sont très blancs ? Est-ce que la couleur du poil joue ?
- Speaker #1
C'est un peu une légende urbaine, c'est-à-dire qu'il y a des études qui se sont penchées sur le sujet. Et en fait, bon, a priori, c'est encore un sujet à débat, mais en fait, certainement que les poils blancs, en fait, on voit mieux les lésions. Donc, on a l'impression que c'est lié à la couleur. En fait, c'est plutôt lié à la race.
- Speaker #0
Je vous demande ça parce que... Au niveau des Shiba, justement, moi j'avais un Shiba noir et feu et là j'ai un Shiba rousse. Et en tout cas, c'est elle, celle qui est rousse, qui est plus sujette aux problèmes de peau. Et j'avais demandé dans ma communauté, où j'ai pas mal de gens qui me savent qui ont des chiens japonais, il y avait une majorité de Shiba roux qui avaient des problèmes. Après, peut-être que le roux est aussi plus fréquent que le noir et feu dans la population, c'est ça ? Mais on avait l'impression.
- Speaker #1
Il faudrait faire une étude sur les Shiba. Parce qu'on peut faire des études par race. Chaque race a tellement son phénotype, son expression particulière, que c'est parfois difficile de comparer des races entre elles. Et d'ailleurs, le chiba en fait partie.
- Speaker #0
Le chiba, vous aussi, vous voyez.
- Speaker #1
Nous, on ne les voit que pour ça en dermatologie. C'est dermatite atopique. Et l'akita ? Akita, eux, ils ont d'autres problèmes.
- Speaker #0
J'ai vu aussi, oui.
- Speaker #1
Alors l'akita, eux, ils ont de la dermatite atopique, mais ils ont aussi une maladie qui n'est pas sympa du tout, c'est l'adénite sébacée. Donc ça fait des poils qui tombent.
- Speaker #0
J'en ai vu sur les aquitablans aussi d'ailleurs.
- Speaker #1
Donc c'est un autre problème, mais encore une fois lié à la race.
- Speaker #0
Donc on était au Westie.
- Speaker #1
Au Westie, Labrador.
- Speaker #0
Labrador, Golden.
- Speaker #1
Golden. Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Les Staphy.
- Speaker #0
Ah ouais.
- Speaker #1
En fait, on a quand même des races qu'on voit très régulièrement pour ça. Donc c'est vrai que ce qui est intéressant, ce que je disais un peu avant, C'est que chaque race a un peu son expression particulière. Donc les Ausha, c'est très drôle. Soit ils ont très peu de lésions, mais c'est des gros démangeurs. Donc ils vont énormément se gratter, se lécher, presque en devenir fous en fait. Et c'est souvent les doigts, les yeux, les babines. Et soit sinon, ils ont des formes gravissimes où ils sont cartonneux au niveau de la peau. Ils perdent leur poil, très infectés. Les Labradors, souvent... Ils sont cools, ils ont juste les doigts un petit peu rouges, les oreilles un peu sales, ils se gratouillent. Ce n'est jamais des formes très graves. Et les bulldogs français, ça peut être des formes gravissimes. Donc, en fait, on a tout un panel d'expressions de la maladie en fonction des races. Et nous, on est assez habitués à les reconnaître quand on les voit arriver dans celles de consultation.
- Speaker #0
Ah oui, il faudrait voir. Je ne sais pas comment éviter ça ou voir si les parents, quand on va chez un éleveur, voir si les parents sont sujet à ça.
- Speaker #1
C'est très intéressant parce que... De toute manière, la prédisposition raciale est liée à la sélection des races. Ce qui est intéressant, c'est que souvent les gens me disent « mais l'éleveur ne m'avait pas dit qu'il avait cette maladie, où on connaît les parents, il n'y a pas la maladie. » Parfois même les gens sont un peu remontés sur les éleveurs et moi j'ai tendance à leur dire de ne pas leur en vouloir parce qu'on peut très bien avoir un fond génétique avec des gènes prédisposants. Mais on n'est pas forcément tous similaires sur l'expression de la maladie, et ça peut être en fonction de l'environnement, du stress, de l'alimentation, de l'histoire. Donc on peut avoir des parents atopiques très modérés, un enfant qui va être très très intense dans l'expression de la maladie. Il faut quand même faire attention parce qu'il y a quand même des lignées connues. Il y a des signes cliniques peut-être qu'on a tendance à sous-estimer et à passer outre. Alors qu'en fait, si les parents ont les doigts rouges, se grattent, ont des otites récurrentes, en général, on peut dire qu'ils sont atopiques et il ne faudrait pas les faire reproduire entre eux.
- Speaker #0
Mais c'est pour ça et c'est tout le but de mon podcast. C'est que les personnes qui nous écoutent là, qui ont entendu les races qui sont prédisposées, qui se posent les bonnes questions quand ils vont chez l'éleveur ou qui faisaient la bonne observation des parents, pour essayer de détecter comme on peut. Parce qu'on sait qu'il y a des éleveurs qui vont peut-être être très transparents, qui vont le dire naturellement, qui pourront en parler. Puis il y a des éleveurs qui pourront peut-être aussi le cacher. On ne sait pas sur qui on peut tomber. Donc c'est intéressant d'être informé.
- Speaker #1
Voilà, moi je pense que la majorité du temps, les gens sont de bonne foi. Ils ont envie de bien faire les choses. C'est juste parfois par méconnaissance qu'on ne va pas diagnostiquer la maladie. faire de la reproduction quand même sur des individus qui devraient peut-être être mélangés avec des... j'allais dire un conjoint, un autre chien plus sain, mais là encore, il vaut mieux en cas de doute ne pas le faire.
- Speaker #0
Et la dernière question par rapport à ces sorts de races, mais est-ce qu'un croisé présente moins de risques ?
- Speaker #1
Il y a moins de risques. Il y a quand même moins de risques. Après, c'est vrai que tout est possible.
- Speaker #0
Mais vous en voyez moins.
- Speaker #1
Beaucoup moins.
- Speaker #0
On va parler du diagnostic et comment on identifie le problème. Alors déjà, quand une personne vient chez vous, comment se passe, comment se déroule une consultation en dermatologie vétérinaire ?
- Speaker #1
Alors, en général, c'est des consultations assez longues. C'est-à-dire que les gens arrivent avec leur animal. Déjà, on prend le temps de s'asseoir tranquillement, de discuter. On ne met pas tout de suite l'animal sur la table. Et d'ailleurs, en général, ça apaise les choses. En fait, le chien voit que tout se passe bien, qu'on n'est pas en train de tout de suite lui faire une injection ou d'aller manipuler. Et donc, les jambes racontent l'histoire de l'animal, depuis quand durent les symptômes. Donc, il y a toute une phase de recueil de l'historique, de l'évolution de la maladie. Et ensuite, on passe à l'examen dermatologique où on va regarder toute la peau, du bout de la truffe au bout de la queue. Et on va regarder toutes les lésions dermatologiques, toutes les anomalies du pelage de la peau. Donc ça, ça permet de faire un bilan clinique. Et ensuite, en fonction des hypothèses diagnostiques, on est capable d'effectuer des examens complémentaires ou bien des examens complémentaires qu'on fait tout de suite lors de la consultation. Et c'est ça que moi j'adore en dermatologie, c'est qu'on en a beaucoup. Donc on va avoir... Moi, j'ai mon microscope sur mon bureau à côté de la table de consultation. Et donc, je vais être capable de prélever de la peau... Enfin, pas de la peau, mais des poils, des cellules à la surface de la peau. et de regarder au microscope ce qui se passe. Est-ce qu'on a des parasites ? Est-ce qu'on a des cellules inflammatoires ?
- Speaker #0
Est-ce qu'on a des champignons ?
- Speaker #1
Voilà, les fameuses malassezias. Est-ce qu'on voit des petits champignons ? Est-ce qu'on voit des bactéries ? Et en fonction, on peut tout de suite mettre en place un traitement adapté. On a certains examens complémentaires qu'on envoie dans des laboratoires spécialisés. Par exemple, si on doit faire des biopsies cutanées ou des bactériologies, ça, on fait appel à des laboratoires extérieurs. Donc, les résultats ne sont pas instantanés. On doit attendre quelques jours. Mais la majeure partie du temps, on fait énormément d'examens qui nous permettent d'avoir des bonnes pistes sur le diagnostic, voire de l'établir directement.
- Speaker #0
Ok. Et c'est vrai que moi, ce que j'entends autour de moi souvent, c'est qu'il y a des maladies de peau qui sont difficiles à traiter. J'entends que ça fait deux ans. Là, j'ai donc demandé à ma communauté s'ils avaient des questions. Et puis, j'ai une personne qui me dit que mon chien est sous croquettes hypo-allergéniques depuis deux ans sans résultat pour son allergie. Que faire ? C'est long souvent ces problèmes de peau ? Mais oui,
- Speaker #1
en fait c'est ça qui est particulier dans la dermatologie, c'est qu'on voit la plupart du temps des maladies chroniques, c'est-à-dire des maladies qu'on ne soignera jamais. Et donc notre but à nous, c'est déjà d'établir un diagnostic correct, ensuite d'expliquer la maladie, et ensuite de faire une prise en charge adaptée au cas par cas et d'accompagner les gens. Parce qu'en fait on ne pense pas assez aux gens, mais c'est très important parce que c'est... le propriétaire qui a le poids de gérer son animal de tous les soins. Donc en fait, typiquement dans le cas de la dermatite atopique, c'est une maladie qui parfois est très lourde parce qu'il faut gérer les traitements, les médicaments, les rendez-vous chez le vétérinaire, et les gens en fait sont parfois perdus, complètement perdus dans est-ce que mon alimentation est la bonne ? Alors typiquement, dans l'exemple que vous citez, un aliment hypoallergénique, soit il est efficace et on le garde, Donc, typiquement, ça fait du bien au niveau digestif, ça fait du bien au niveau cutané. Mais si ce n'est pas le cas, on laisse tomber, on passe à autre chose. Donc, c'est là que nous, parfois, on intervient, c'est que... Les gens ont eu des bons conseils et se sont un peu parfois perdus au fil du temps. Moi je le vois moi-même, pour moi quand je dois me faire un traitement, ou même pour mon chien, j'ai du mal à suivre le traitement. C'est quand même un comble pour un vétérinaire. Donc je comprends la souffrance des gens quand il y a énormément de traitements à faire et face à une maladie qui ne guérira jamais. Donc face à une maladie chronique, ce qu'il faut avoir en tête, c'est qu'on va essayer de simplifier la prise en charge. de faire en sorte que les gens comprennent pourquoi tel ou tel traitement est important, et être capable aussi de modifier les choses si les choses ne fonctionnent plus. Parfois, nous, on fait un espèce de reset, où on fait le point, et on dit « Bienvenue, on va faire le point sur la maladie, on va poser concrètement les questions. Est-ce que vous pouvez faire ces traitements ? Est-ce que c'est réalisable ? Est-ce que vous êtes en capacité de faire des shampoings ? » De faire des lingettes, de faire des médicaments tous les jours, au niveau financier aussi, il y a des contraintes. Donc ça, c'est important que nous, on soit là pour épauler les gens. Parce qu'on est là pour soigner les animaux, mais les pets de parents, ils sont là aussi et ils ont besoin de nous.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Oui, d'accord. Donc là, en tout cas, en l'occurrence, il serait peut-être temps de faire un autre point avec un vétérinaire spécialisé en dermatologie et pour essayer autre chose. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
OK. Et donc, quels sont les grands types de traitements existants ?
- Speaker #1
Alors, dans le traitement de la dermatite atopique, il faut savoir que c'est souvent un traitement qu'on appelle multimodal. C'est-à-dire qu'on va jouer sur plusieurs choses en même temps pour avoir une meilleure efficacité. Donc, il y a plusieurs axes de traitement. Donc, le traitement déjà de base chez ces animaux-là, c'est d'être correctement déparasité. Donc, ça, on le fait, on n'y réfléchit pas. Deuxième axe, c'est pour moi un des axes les plus importants, c'est les soins locaux. Pourquoi ? Parce que dans cette maladie-là, on a un défaut de barrière. Et sur cette barrière cutanée qui est mal formée, on va souvent avoir des surinfections. Donc moi, j'aime beaucoup effectuer des soins locaux avec des shampoings, des sprays, des mousses, des lingettes. On a tellement de choses sur le marché qui nous permettent d'être efficaces que ça serait dommage de s'en priver. Donc typiquement, des chiens atopiques qui vont avoir un défaut de la barrière vont vraiment... avoir un vrai bénéfice d'être shampooiné régulièrement parce qu'en shampooinant, on va nettoyer la peau, on va enlever les allergènes, on va enlever les surpopulations bactériennes et en plus, il y a des shampoings qui sont spécifiquement formulés pour apporter des bienfaits à la barrière cutanée. C'est vrai que je rebondis d'ailleurs là-dessus, c'est qu'on en parlait juste avant. Une idée reçue, c'est que les gens me disent souvent « mais un chien, ça ne se lave pas » ou alors « vous inquiétez pas docteur, je n'ai pas trop lavé mon chien » alors que moi, je veux que les gens lavent leurs chiens. Autre exemple, on parle souvent des petites levures entre les doigts. Il y a des lingettes qui contiennent des agents hydratants, antifongiques, antiseptiques. Et en fait, ça change la vie des animaux atopiques. Vraiment, gros point important sur l'utilisation des shampoings, des mousses. Moi, j'aime beaucoup cette formulation de faire un peu de shampoing, un peu de mousse, c'est comme un shampoing sec. Parce que notamment chez les grands chiens, On a parfois du mal à faire les shampoings. Moi, je suis en région parisienne. Dans des appartements parisiens, c'est la galère de faire une douche à son chien. Donc, on va appliquer par exemple un spray ou une mousse. On va bien masser. On va brosser sans rinçage. Et ça fait un bon lien entre les prochains shampoings.
- Speaker #0
Et justement, moi, c'est vrai que c'est quelque chose que j'utilise pour Mariko. J'utilise notamment la marque Duxo. qui fonctionne bien, où il y a une gamme pour ce type de problème-là. Oui, tout à fait. Et je le fais généralement au niveau des pattes. Mais est-ce que finalement, ce n'est pas une erreur de faire que les pattes ? Parce que s'il y a le pollen qui tombe sur le pelage, je ne me rends pas compte.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est bien de faire régulièrement des shampoings de tout le corps. Mais là encore, il faut s'adapter au cas par cas. Si votre chien va être plus... plutôt touché sur les pâtes, on peut très bien se contenter de faire des mousses, des lingettes régulièrement au niveau des pâtes. Et si tout va bien par ailleurs, à la limite, on ne l'embête pas plus que ça. Typiquement, un chibac n'aime pas l'eau.
- Speaker #0
Oui, voilà. Et là aussi, j'ai une autre question. J'avais l'impression que justement, ces champignons n'aimaient pas l'humidité. Est-ce que ce n'est pas contre-productif de laver régulièrement les pâtes ? Est-ce qu'il ne faut pas plutôt que ça reste sec ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Quand on fait des shampoings ou qu'on utilise des soins locaux, c'est quand même bien de faire en sorte que les plis restent secs et sains et d'éviter toute macération. Donc en général, on conseille de bien sécher les animaux après avoir fait des shampoings. Les lingettes, elles sont souvent un peu humides et c'est quand même intéressant parce qu'elles contiennent des principes actifs. Donc le but, c'est aussi d'apaiser la peau quand on va l'utiliser. En fait, la peau, elle va sécher. En général, ça se passe bien, ça ne provoque pas de macération.
- Speaker #0
Ok, donc là, c'est les traitements locaux ?
- Speaker #1
Oui, et après, on a des traitements dits systémiques, c'est-à-dire qui vont être soit par voie orale, par injection, et qui vont aider à gérer l'inflammation et les démangeaisons. Donc, on a vraiment une gamme assez variée de molécules. en dermatologie et ça c'est une vraie chance et qu'on peut s'adapter au cas par cas selon la situation et on est capable à l'heure actuelle d'adapter vraiment en fonction du patient de son profil de son historique le traitement qui va lui être donné on peut agir on en parlait un petit peu tout à l'heure avec l'alimentation avec des compléments alimentaires donc déjà donner une alimentation de bonne qualité enrichie en acides gras et des compléments alimentaires enrichi ou même en acides gras par exemple voilà on peut avoir des bienfaits. Alors, prix seul, ça va parfois être insuffisant, mais si on ajoute les briques tout ensemble, là, on va avoir une prise en charge optimale et un effet qui va être amélioré.
- Speaker #0
Dans les compléments alimentaires, je sais que là, je reviens de Biarritz, où elle a eu sa piqûre de cytopoïde, donc on en parlera dans d'autres types de traitements. Et il m'avait parlé en effet d'un complément alimentaire palmidol, PEA, qui est intéressant aussi.
- Speaker #1
Oui, en fait, dans les... compléments alimentaires, on a globalement c'est vrai, plus couramment des oméga 3, oméga 6, donc c'est des acides gras essentiels qu'on va trouver dans des aliments, mais aussi typiquement dans des compléments donc c'est déjà dosé, c'est très pratique d'utilisation ça ne s'oxyde pas et donc comme ça se conserve bien a priori il n'y a pas de perte d'efficacité et il y a certains composés, donc comme le PEA, donc c'est le palmitoyl éthanolamide, c'est un composé qui va avoir en plus des actions Presque anti-inflammatoire, très légère, mais qui peut aider en parallèle de tout le reste. Seul, c'est souvent pas suffisant, mais en association avec le reste, ça peut être une aide supplémentaire.
- Speaker #0
Pendant une période ? Ça peut être en traitement de fond.
- Speaker #1
Dans certains cas, les gens le font assez régulièrement parce qu'ils voient un réel bénéfice.
- Speaker #0
Et dans les autres traitements ? Alors moi, j'aimerais bien qu'on parle de Cytopoint parce que j'en fais, et là j'ai vraiment vu... Un changement, comment on appelle ça, c'était très soudain, ça a été spectaculaire. Et je me suis même demandé après, est-ce qu'il n'y a pas des effets secondaires dont on ne connaîtrait pas encore ? Et ça dure généralement un mois. Moi, j'arrive à le faire durer deux mois, deux mois et demi. Je lui fais de piqure entre avril et octobre, vraiment au moment les plus durs. Est-ce qu'on a du recul sur le cytopoint ? Et qu'est-ce que c'est pour les gens qui ne connaissent pas ?
- Speaker #1
Déjà, ce médicament... Son vrai nom, entre guillemets, la molécule, c'est locivetmab. C'est un mot un peu à coucher dehors, mais qui veut dire, le mab, à la fin du nom, c'est monoclonal antibody. Donc, c'est un anticorps monoclonal. C'est en fait des anticorps qui sont caninisés. Donc, on crée des anticorps qui peuvent être injectés dans le chien et que le chien ne va pas détecter comme des éléments étrangers. Donc, il ne va pas les détruire. Ça veut dire que c'est un médicament qui va être très bien toléré. Et l'avantage, c'est que c'est un médicament qui est très ciblé. Il va cibler précisément une molécule qui est très importante pour les démangeaisons et qui n'a pas vraiment d'autre rôle dans l'organisme de l'animal. Donc quand on va bloquer cette molécule, on va gérer très efficacement les démangeaisons, mais on ne va pas avoir un danger parce qu'on ne va pas aller agir sur une autre fonction importante, notamment sur le système immunitaire. Et c'est souvent ça qu'on veut éviter, c'est les effets secondaires. L'avantage de ce traitement, c'est qu'il a une action très ciblée, et donc, par cette action très ciblée, il a très peu d'effets secondaires. C'est un médicament, donc comme tous les médicaments, il peut y avoir des effets secondaires, mais maintenant on a quand même un bon recul, et c'est une molécule qui est appréciée particulièrement pour ça, pour son inocuité, son efficacité. Elle marche très bien sur certains profils, notamment les Ausha, ou les chiens qui se grattent beaucoup et qui n'ont pas beaucoup de lésions. Parfois, on est en échec. alors que c'est un très bon médicament et donc il faut utiliser d'autres molécules qui peuvent avoir des efficacités différentes et des degrés et des niveaux d'inocuité différents. Là, en soi, c'est vraiment au vétérinaire de faire le choix au cas par cas en fonction de la situation, du stade de la maladie. Et c'est ça qui est très intéressant, c'est que moi j'observe qu'avec les nouveaux traitements auxquels on a accès, on est vraiment capable de commencer un traitement, de voir comment ça évolue, de changer de molécule. et ensuite de pouvoir trouver petit à petit le rythme de croisière parce qu'en fait ce qu'on nous apprend et ce qu'on explique aux gens c'est que le but c'est de contrôler la maladie en donnant le moins de médicaments possible. Et quand on donne un médicament, c'est de trouver la dose minimale efficace. Donc là, c'est très bien ce que vous avez décrit. C'est le fait que, in fine, vous, le locivetmab, vous l'utilisez tous les deux mois, voire tous les trois mois, alors qu'initialement, c'est fait pour être fait tous les mois. Mais en fait, vous le faites au besoin.
- Speaker #0
Sur une période donnée. Généralement, vous ne vous en voyez pas qui en fait ça toute l'année. De toute façon, ça coûte très cher. Je préfère aussi préciser.
- Speaker #1
C'est vrai que ça coûte cher parce que ce n'est pas remboursé par la sécu. Voilà, donc on se rend compte des prix. Il faut savoir qu'en médecine humaine, c'est dix fois ça. C'est dix fois le prix sur le même type de molécule. Donc on est chanceux, même si ça représente un réel coût pour les propriétaires. C'est vrai qu'en dermatologie, on est les premiers à avoir les médicaments dans les mains. Et donc en fait, c'est relativement récent dans l'histoire de la dermatologie et du monde vétérinaire. Mais on commence à avoir quand même un bon recul sur ce genre de molécule. Là encore, moi, ce que je trouve génial, c'est que c'est avec ces médicaments, on a révolutionné la prise en charge. C'est qu'auparavant, c'était cortisone. Parfois, il n'y avait que ça qui fonctionnait. Et pour le coup, la cortisone, tout le monde est au courant. On a des effets secondaires assez marqués et assez rapidement. Donc, ces médicaments, ils ont vraiment permis d'améliorer la vie des chiens, des vétérinaires qui avaient plus de choix aussi dans la thérapeutique. Et puis des propriétaires qui ont vraiment vu un avant-après avec une inocuité qui est quand même vraiment supérieure à celle des corticoïdes.
- Speaker #0
Est-ce qu'il existe des alternatives naturelles efficaces ?
- Speaker #1
Les alternatives naturelles, en gros, on parle souvent de phytothérapie. Il y a des composés qui peuvent être intéressants. Encore une fois, il faut toujours faire attention parce que sur une peau atopique, des huiles essentielles, ça peut être très irritant. Donc moi, j'aurais tendance à déconseiller l'automédication. En faisant par exemple un parallèle entre ce qu'on fait pour soi et ce qu'on va faire sur son animal, on peut vraiment faire des grosses bêtises et créer des intoxications. Il existe des gammes de dermocosmétiques qui sont plus à viser, justement, phytothérapeutiques, avec des extraits naturels qui peuvent être intéressantes. L'aloe vera, typiquement, ça c'est vraiment très bien toléré, c'est un très bon produit, c'est des choses qui peuvent calmer l'inflammation. Encore une fois, ça dépend des cas. C'est-à-dire qu'on a des chiens qui vont avoir une atteinte très modérée et puis on va essayer un traitement local avec un shampoing, avec de l'aloe vera typiquement par exemple, on va avoir une super bonne réponse et puis un autre ne va pas du tout bénéficier de ce traitement-là. Donc il faut s'adapter.
- Speaker #0
Ok, très clair. Dans la partie hygiène et prévention, on en a parlé, quand on disait à quelle fréquence est-ce qu'il faut laver son chien, il faut le laver, à quelle fréquence peut-être ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai que si un chien va bien, n'a pas de problème de peau, ne sent pas mauvais, à la limite on le lave quand il est sale.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Genre pragmatique. En ville, les chiens se salissent plus vite parce qu'ils sont pleins de pollution, ils sont sur les trottoirs, donc c'est pas choquant de le faire un peu plus régulièrement, surtout sur les poils longs. Un chien atopique, dans certains cas, il a besoin d'un shampoing par semaine. S'il a la peau très infectée ou qui est très sèche et qui a besoin de baume après shampoing ou de shampoing très hydratant, parfois je le conseille. Et puis, on peut espacer si on voit que ça va un peu mieux. Mais vraiment, il y a des différences énormes sur des chiens qui arrivent qui n'ont jamais été nettoyés de leur vie et pour lesquels on dit « Attendez, avant de faire tout traitement par voie orale, on va faire des soins locaux. » Et parfois, le avant-après est extraordinaire.
- Speaker #0
Oui, je veux dire, c'est pour des chiens qui n'ont pas de tendance atopique, comme vous dites, qui n'ont pas de problèmes spécifiques, comme moi, mon mâle, le chiba qui était. Noir et feu qui n'avait vraiment pas de problème de peau. Un brossage par contre régulier. On aère la peau.
- Speaker #1
Tout à fait. Et c'est ok.
- Speaker #0
Le brossage joue un rôle important.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. En fait, il y a de l'hygiène quotidienne, brossage. Ça peut en plus être assez agréable pour le chien si on veut faire des massages. Les lingettes entre les plis. Ce qui est bien, c'est qu'il y a de plus en plus de cosmétiques disponibles.
- Speaker #0
Oui, parce que les gens m'ont demandé... Les shampoings, est-ce que vous avez des recommandations ?
- Speaker #1
Alors, en fait, il faut prendre des choses qui sont assez sérieuses. Donc, des shampoings, les marques vétérinaires, les grands labos vétérinaires, ils ont fait des tests, des essais. Donc, il y a quand même des reculs. Il y a certaines marques de dermocosmétiques qu'on voit arriver et qui sont bien parce qu'on voit que les produits sont bien sourcés. En fait, ce qu'il faut regarder, c'est est-ce que les ingrédients sont simples ? Voilà. Et est-ce qu'on n'a pas trop de choses qu'on ne comprend pas avec des milliards d'ingrédients et qu'on a même du mal nous-mêmes à déchiffrer ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et puis, c'est vrai qu'il faut faire attention quand même. On voit parfois, à contrario... des gens qui vont recommander des marques qui ne sont pas du tout faites pour la peau des chiens, on va avoir un espèce de marketing hyper agressif. Heureusement pour les soins locaux, on n'a pas trop ce problème-là. Et c'est marrant, on a des gammes que nous on ne rencontre pas du tout dans le monde vétérinaire et qui est très connu dans les mondes des toiletteurs par exemple et qui vont être superbes. Donc là on a chacun les uns à apprendre les uns des autres. Mais je parlais par exemple des compléments alimentaires, parfois c'est complètement n'importe quoi, c'est juste du marketing. Et donc, il faut faire attention et en cas de doute, il faut toujours demander à son vétérinaire.
- Speaker #0
Est-ce que l'alimentation a un réel impact sur la peau ?
- Speaker #1
Oui, elle a un impact très important parce que, comme je le disais, la peau a vraiment besoin de nutriments de bonne qualité. Elle a besoin de protéines, elle a besoin d'oméga 3, d'oméga 6. Et donc, il faut apporter un aliment de très bonne qualité, aussi bien pour la peau que pour le pelage. Et d'ailleurs, ça se voit parfois quand un aliment... est parfait pour le chien, le poil est brillant, la peau est douce, tout va bien. Et puis si on change et que ça ne lui convient pas, le poil va devenir terne, on va voir apparaître des petites pellicules, on appelle ça des squams dans notre jargon. Le poil peut être parfois un peu gras quand on passe la main. Ça, c'est vraiment des signes que l'alimentation peut ne pas convenir. Donc vraiment, l'aliment, c'est un point clé. Et c'est vrai que, je ne sais pas si je l'ai évoqué tout à l'heure dans les différents points, parce que c'est vrai qu'on a un peu dévié après sur les... les soins locaux et puis l'eau qui vêtemab, etc. Mais l'alimentation, ça fait partie du pilier du traitement, de la dermatite atopique, en tout cas de sa prise en charge, parce que c'est très important pour nourrir le poil et la peau.
- Speaker #0
Je pense qu'on a fait un bon tour du sujet. J'avais encore plein de questions.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on a dévié, mais peut-être une prochaine fois.
- Speaker #0
Si vous aviez un seul conseil à donner à tous les propriétaires de chiens qui ont ressentent dans la peau, ça serait lequel ?
- Speaker #1
Alors... C'est compliqué, mais c'est vrai que le premier truc qui me vient en tête, en tout cas pour les chiens qui ont des problèmes de peau, c'est d'utiliser des soins locaux. C'est bête, mais lavez votre chien. Sous réserve de bonne tolérance, bien sûr, mais regardez la peau de votre chien, essayez de détecter les choses le plus tôt possible. Et vraiment, n'hésitez pas à ajouter des soins locaux dans la routine parce que ça peut vraiment tout changer.
- Speaker #0
Et je dirais aussi qu'avec le pulseur,
- Speaker #1
on voit beaucoup de choses.
- Speaker #0
quand on va chez le toiletteur si... On ne va pas investir peut-être pour chez soi, mais le pulseur au toiletteur, c'est-à-dire le séchage très fort, ça permet de voir beaucoup de choses sur la peau.
- Speaker #1
Oui, sur des races avec un pelage très très dense, donc Shiba. Alors moi, j'y pensais plus sur le terre-neuve. Parce qu'un terre-neuve atopique, je pense à des patients qui se reconnaîtront s'ils m'écoutent. Adorable, mais ça peut être un cauchemar à traiter et le pulseur, ça change tout.
- Speaker #0
Bon, merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
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