Marine, après sa césarienne : "J'ai parlé à ma cicatrice pour l'accepter, j'ai dit à mon utérus qu'il n'avait pas échoué"
Marine, la trentaine, vit une première grossesse sans trop de complications. Son bébé "un peu petit donc plus surveillé" n'est pas pressé de sortir. Le terme dépassé, on propose à la future maman un déclenchement par gel, qu'elle accepte. "Le déclenchement, c'est le cauchemar." Pour Marine, les heures qui suivent deviennent un parcours du combattant. Douleurs intenses, pertes de sang conséquentes... elle accueille la césarienne "comme une libération, jusqu'au moment où ils m'ont dit 'On part' (au bloc, ndlr)". Pour sa première au bloc, Marine, qui n'a jamais vécu d'opération, se retrouve les bras attachés, spectatrice de ce qui se déroule sous ses yeux. Son conjoint est là, la rassure, la fait rire. Ils accueillent ensemble leur petite fille, le papa part avec elle pour le peau à peau.
Une fois en chambre, Marine connaîtra la douleur post-césarienne, "la maltraitance" hospitalière, "l'échec" de l'arrêt de l'allaitement, le sentiment d'incapacité.
"Une douleur atroce"
De son accouchement, Marine garde le souvenir d'une césarienne en urgence "avec une douleur atroce", "les sensations les plus étranges de ma vie" : "On m'a gâché nos premiers moments. C'était trop dur de se lever, de s'occuper d'elle (dans ces conditions), de l'allaiter. Mon accouchement n'a pas été le plus beau jour de ma vie. La rencontre avec ma fille, oui. Mais l'accouchement en lui-même a été le moment le plus atroce de ma vie. Ce n'est pas juste accoucher, une césarienne. C'est une opération, lourde."
L'ostéopathie pour thérapie
Une fois chez elle, Marine consulte son ostéopathe pour l'aider à avancer : "J'ai fait un travail émotionnel avec elle sur ma cicatrice, un travail sur cette impression qu'on m'avait arraché ma fille et sur l'acceptation de la cicatrice elle-même. Elle m'a fait beaucoup de massages, elle m'a fait beaucoup parler à ma cicatrice. Elle a chanté pour faire résonner cette zone. Pour moi qui suis plutôt terre à terre, ça a assez bien marché, et ça a beaucoup joué dans l'acceptation, dans le rapport à mon corps. Ça m'a permis d'accepter ma cicatrice."
Parler à son utérus
Plus doux, comme si c'était possible, l'ostéopathe lui apprend à parler à son utérus : "Je lui ai dit qu'il n'avait pas échoué, qu'il avait fait son travail, que c'est un endroit tout aussi important de mon corps que le reste, que je l'aimais. Elle me disait : 'Tu ne te rends pas compte, pendant que tu le fais, il y a tous tes tissus qui se détendent.' Et ça m'a fait énormément de bien, plus qu'une thérapie. C'était du concret. D'ailleurs, j'avais plein de douleurs avant, que je n'ai plus aujourd'hui. Elles devaient être créées par mon cerveau. Avec le temps qui passe, ça m'a aidée à tout accepter." C'est cette expérience que Marine nous partage aujourd'hui.
🎙️ Épisode 8 - Marine, dans Cicatrisées.
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