Speaker #0Hello, hello et bienvenue dans ce nouvel épisode de Cindy en vrai. Alors aujourd'hui, je vais vous raconter une histoire. Alors je vous préviens d'avance, soit vous êtes bien avec la gestion de vos émotions et vous n'avez pas la larme facile, mais si ce n'est pas le cas, préparez vos mouchoirs. Je ne suis pas là pour faire pleurer l es chaumières, ni pour me plaindre, je voudrais simplement vous raconter une histoire aujourd'hui. Une histoire en mémoire d'une femme formidable et exceptionnelle. Cette femme, elle s'appelle Inès. Inès est une maman de trois enfants. Elle travaillait, elle avait une vie saine, elle ne buvait pas, elle ne fumait pas, elle faisait du sport régulièrement, elle mangeait équilibré, active. Mariée, une personne profondément honnête. Une femme qui a souvent été jugée aussi. Parce qu'elle avait les émotions faciles. Elle exprimait ce qu'elle ressentait au moment où elle le ressentait. Elle disait toujours ce qu'elle pense. Et ça, c'était très mal perçu par beaucoup de gens autour d'elle. A l'époque, peu comprise, ça ne se faisait pas ces choses-là. Beaucoup d'exigence envers elle-même. Une mère aimante. Inès, c'est ma maman. Et samedi dernier, le 17 octobre, eh bien ça fait 22 ans que je ne l'ai pas vue. Pas parce qu'elle nous a abandonnés, non. Parce qu'elle est morte. Ouais, j'ai le droit de l'utiliser ce mot-là. C'est le bon mot, celui qui fait mal, et qu'on déteste dire, entendre. Et vous savez de quoi elle est morte ? D'un cancer des ovaires. Qui s'est généralisé. Elle est partie en moins de 3 mois. Putain, je vais réussir à mettre de l'humour même ici. J'ai l'image en écho de la réplique 3 mois d'Astérix et Cléopâtre qui finit par le chat, vous voyez, en écho, en résonance, là, bref. Fallait bien que je vous sorte une petite connerie durant cet épisode, parce que sinon, on va chialer direct. Donc du coup, les médecins lui donnaient plus de 70% de chances de survivre. Malheureusement, ça n'a pas été son cas. Éternelle incomprise, même par son médecin traitant. Il avait pourtant une épouse gynécologue. Il ne l'a jamais vraiment prise au sérieux. Elle faisait des malaises pendant ces périodes de cycle depuis des années. Elle était tordue de douleur. Elle était mal. On la voyait livide, en fait, se transformer à ce moment-là et devenir toute pâle. Avoir des cernes toutes bleues autour des yeux, de vraiment pas être bien et de plus avoir d'énergie, alors que c'était une femme hyper active, courageuse, qui ne se plaignait jamais. Alors il lui faisait faire des prises de sang, pas d'examen approfondi. « Mais non, c'est rien. » C'était sûrement la première inoppose qu'il lui disait à chaque fois. Après tout, il en avait rien à foutre, ce mec. Il ne s'est même pas cherché vraiment à savoir ce qu'elle avait. Et puis un jour, c'était trop tard. Les ovaires s'effulgurant. Quand ce n'est pas pris à temps, c'est trop répandu. Malheureusement, il n'y avait plus rien à faire. Mais ça, je ne le savais pas. J'avais 19 ans, bordel. J'étais encore qu'une gamine. Je ne me rendais pas compte. Moi, je pensais que les médecins disaient la vérité. 70 %, c'est beaucoup quand même. Est-ce qu'on nous cachait quelque chose ? Ou est-ce que c'était son choix à elle de ne pas tout nous dire ? Je ne sais pas et je ne saurais jamais. Ce que je sais, c'est qu'elle me manque. Une maman, c'est vraiment ce qu'on a de plus précieux. Et ça ne se remplace jamais. Le mois d'octobre, c'est toujours déchirant pour moi. On va faire un petit flashback et on va revenir en 2004, le 7 octobre. C'est sa date d'anniversaire. Et donc cette année-là, on venait de fêter ses 42 ans à l'hôpital. Ouais, c'est pas ouf quand même. Et dix jours après, le 17 octobre, elle nous quittait. L'enterrement, c'était le 20. Mon frère et moi, on n'a pas eu le temps d'arriver à l'hôpital. Pas eu le temps de lui dire à quel point on l'aimait. Pas eu le temps de la serrer dans nos bras une dernière fois. Quand on est arrivé, c'était trop tard. Et cette dernière vue me hante, et elle me hantera pour toujours. Ces images restent gravées à jamais, dans ma tête, dans mon esprit, dans mon cœur. Et une fois cette douloureuse épreuve passée, eh bien, il y a la solitude derrière qui arrive. Parce que vous savez, c'est toujours délicat, personne ne veut trop vous parler. C'est tellement triste. On a peur de poser la question « comment tu vas ? » On ne nous sourit plus, on nous tire la tronche « alors ? » Ou on ne dit rien. Parce qu'en fait, on n'a pas envie d'entendre la vraie réponse de la personne. On n'a pas envie d'être dans l'empathie. Alors on la fuit. Si vous saviez le nombre de personnes que je n'ai plus vues après ça, ou pendant très très longtemps. C'est un peu dégueulasse quand on y pense. C'est à ce moment-là qu'on a besoin de soutien. Par contre, je me rappellerai toujours et toute ma vie des personnes qui étaient là, pour moi et pour mes proches. Parce qu'à ce moment-là, c'est vraiment terrible en fait. Les émotions, les sentiments qu'on peut recevoir, les gens qui ne comprennent pas que vous ayez envie de pleurer, mais on ne demande rien. On veut juste simplement qu'on comprenne notre douleur. On n'a pas envie de faire semblant, puis il y a des jours où ça va, puis il y a des jours où ça ne va pas. Mais bon, moi j'avais 19 ans, et me voilà avec des responsabilités. Soutenir mon père, faire les démarches administratives, tout gérer derrière, voir tout le monde, les gens qu'on n'a pas envie non plus. Mais bon, pour moi c'était normal. Certaines choses dans la vie vous font grandir plus vite que prévu. Et surtout, il y a des images que j'oublierai jamais. Son visage. Remplie de souffrance, son visage tout pâle, froid, ses mains crispées. Ça se voyait qu'elle avait souffert jusqu'au bout, mon Dieu. Ces images-là, je les oublierai jamais. Je peux pas oublier ça. Alors aujourd'hui, quand on me dit « Oh, mais tu regardes plus de films d'horreur, t'as peur, t'aimes pas ça. » Les trucs un peu glauques et tout ça, tes chochottes, non en fait. C'est juste que j'ai vécu des choses horribles, des horreurs en fait, mais ces horreurs elles étaient bien réelles. Alors à un moment donné, se distraire avec des images de mort, de violence, c'est plus surmontable. Et je pense qu'il faut respecter ça, respecter que certaines personnes... ont une hypersensibilité parce qu'elles ont traversé des épreuves terribles, des chocs émotionnels. Et donc cette année, donc en 2026, le 24 novembre 2026, eh bien, j'aurai 42 ans. Moi aussi, comme elle. Alors depuis mes 18 ans, j'entends la même chose de la part des médecins, des gynécos. des spécialistes, que je rédigeive la même chose qu'elle. J'imaginais cette angoisse depuis toute gamine, voilà, 22 ans j'entends ça sans arrêt. Mais tu sais que, voilà, ça peut t'arriver aussi, un cas sur deux, c'est héréditaire, ça peut t'arriver à toi aussi. Et en fait, direct à cet âge-là, de dire en fait, bon ben voilà, allez, commence ton compte à rebours en fait. Voilà, tu sais très bien qu'il te reste, voilà, en grosso modo 22 ans vifs quoi. Non mais ça va pas ou quoi ? Et en fait, cette épée de Damoclès au-dessus de la tête qu'on vous met, eh bien en fait, ça fait qu'accentuer cette angoisse permanente autour de ma santé. Mais au départ, on s'en rend pas compte. Après, on ne comprend pas pourquoi on a des peurs, pourquoi on a des angoisses, pourquoi on a certaines choses qu'on a du mal à gérer. Alors bien entendu, je me fais suivre de très près même, tous les ans. Frottis, échographie, prise de sang, contrôle poussée, recherche de gêne, IRM également, etc. Puis je vais vous dire, ce n'est pas agréable. Puis parfois même, ça fait mal. Personne n'adore vraiment le spéculum, n'est-ce pas mesdames ? Et messieurs, si vous nous écoutez, sachez que c'est une sensation hyper désagréable, parfois douloureuse et gênante. Si vous verriez l'engin, vous comprendrez tout de suite. Mais bon, on le fait quand même, parce qu'on n'a pas le choix. Comme les mammographies, c'est hyper important. Là on parle des ovaires, mais le cancer du sein c'est pareil. C'est la même chose, donc en fait, il faut s'autopalper, il faut faire des mammographies, il faut surveiller l'aspect des seins, d'en parler, de ne pas rester seule, de ne pas rester seule avec ses questions. Voilà, il faut le faire. La prévention, c'est ce qui vous préservera, mesdames. Et puis maintenant, il y a autre chose, maintenant, il y a ma fille. Et elle, elle a changé beaucoup de choses en moi. Son arrivée, donc celle de ma fille Charlie, elle a comblé un manque immense en moi. Pendant longtemps, j'ai pensé que je serais une mauvaise mère. Ouais, parfaitement. Parce que le manque était trop là, peut-être. J'avais peut-être plus assez d'exemples en tête de ce que devait être une bonne maman. J'avais peur. Est-ce que j'ai vraiment envie d'avoir un enfant, sachant que je peux mourir à 42 ans, comme ma mère ? Après tout... C'est ce que les médecins n'arrêtaient pas de me dire. Et puis la fête des mères. Je l'ai détestée pendant des années. Avec cette souffrance qui remonte à chaque fois. Mais depuis 9 ans, je la vis différemment. Parce que maintenant, c'est moi la maman. Je peux enfin renouer avec ces émotions-là, moi aussi. Alors tout n'est pas toujours tout beau, tout beau. C'est pas toujours tout gai. Mais l'autre soir, Charlie m'a demandé de sortir l'album photo pour voir à quoi ressemble la mamie. Et cette fois-ci, je lui ai dit non. Pas ce soir, ma chérie. Parce que je savais que je n'y arriverais pas, émotionnellement. Alors mon mari lui a dit doucement de ne pas insister. Et le lendemain, j'ai pris le temps de lui expliquer. Je lui ai dit, tu vois, des fois maman est triste. Des fois ça va. J'arrive à gérer. Et des fois, eh bien, c'est un peu plus compliqué. Et je lui ai dit, tu vois, si maman... Elle n'était plus là aujourd'hui. Si elle était au ciel, est-ce que toi, tu n'aurais pas aussi envie de pleurer en regardant simplement sa photo parce qu'elle te manque ? Et là, elle a compris. On s'est fait un gros câlin. Et maintenant, comme ça au moins, si je lui dis non, elle sait pourquoi. Et aussi, plus le temps passe, plus on se rend compte aussi qu'on oublie certaines choses. Parfois j'essaye, mais j'y arrive pas. J'essaye de me rappeler. J'essaye de me rappeler du son de savoir, mais j'y arrive pas. Et je m'en veux. Si vous saviez comme je m'en veux. J'arrive plus à me rappeler de ça. C'est triste. Simplement, ce que je veux vous dire, c'est que la perte, elle manque, ne s'en va jamais. On apprend simplement à vivre avec. Mais les blessures, elles sont là, profondes. Ne dites jamais à quelqu'un qui a perdu un être cher que ça passera avec le temps, qu'il faut avancer, et parfois même qu'il faut passer à autre chose. Non, on n'a pas envie, et on n'a pas envie de passer à autre chose. On apprend simplement à avancer et à vivre avec. Pensez à ça quand vous râlez après vos enfants. Pensez à ça quand vous râlez après votre maman. Je sais que les relations familiales, ça peut être vraiment très très complexe. Je ne juge personne absolument pas. Mais l'amour d'une mère, ça ne se remplace jamais. Message à vous mesdames, faites-vous suivre. Faites-vous dépister. Ne laissez jamais un membre de votre famille vivre ce calvaire. Et avant de terminer cet épisode, j'ai un message à transmettre. Un message personnel. À toi maman. J'espère que de là où tu es, tu me regardes et tu m'écoutes. Que tu es fière de moi. Je voulais te dire que je pense à toi tous les jours. Je parle de toi régulièrement à ta petite fille pour honorer ta mémoire. Et je t'aime. Je t'aime très fort. Mesdames, prenez soin de vous. Vivez heureuse. Que du love sur vous. La semaine prochaine, je vous le promets. ça sera beaucoup plus gai. Un grand merci à vous pour votre écoute. Je vous dis à la semaine prochaine. C'était Cindy. En vrai.