- Speaker #0
Civis
- Speaker #1
Waves, Surfing through the sounds and diving into the voices of our civic university alliance, and beyond. Nous faisons tous les deux partie de l'Alliance Civis, un réseau d'universités qui porte en son cœur l'engagement citoyen. Et aujourd'hui, nous vous proposons de plonger dans une approche scientifique qui transforme la manière de faire de la recherche. C'est la recherche participative.
- Speaker #2
Dans notre premier épisode, on parlera de projets de recherche participative sur la qualité de l'air. On verra ce qui pousse les chercheurs et les chercheuses à se lancer, ce qui change concrètement pour elles et pour eux, et comment les citoyens et citoyennes participent dès le début du projet. Prêt pour notre premier épisode ? Alors installez-vous confortablement, ouvrez grand vos oreilles et plongeons ensemble dans cette première série de Civis Connect sur la recherche participative. Dans ce premier épisode, nous allons découvrir des projets de recherche participative centrés sur la qualité de l'air. Les citoyennes et citoyens y jouent un rôle clé en installant chez eux des capteurs pour mesurer l'air qu'ils respirent. Pour en parler avec nous aujourd'hui, nous accueillons Pierre Dornier, directeur de l'association Les Chercheurs d'Air.
- Speaker #3
Bonjour Christelle, bonjour Robin, enchanté.
- Speaker #1
Pierre, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer un peu plus concrètement ce que vous faites et quel est le rôle de votre association ?
- Speaker #3
Oui, bonjour, je m'appelle Pierre Dornier, je suis le fondateur et le directeur de l'association Les Chercheurs d'Air que j'ai fondée en 2019. dont la mission est de lutter contre la pollution de l'air en région bruxelloise. Et pour lutter contre la pollution de l'air, entre autres, nous faisons de l'assurance participative.
- Speaker #2
Merci Pierre. Nous entendrons aussi Nolwenn Buller, chercheuse à l'Université de Lausanne, que nous avons préalablement interviewée et qui nous a présenté le projet auquel elle participe.
- Speaker #4
Bonjour, merci de m'accueillir dans votre podcast. Je m'appelle Nolwenn Bühler, je suis anthropologue, féministe des sciences et des technologies. C'est-à-dire que je m'intéresse à la manière dont les sciences et les technologies participent à fabriquer nos sociétés, à les transformer, comment elles façonnent aussi nos manières de faire sujet, de nous construire comme des sujets. Et j'étudie également comment le social, les normes culturelles, les valeurs, le fonctionnement de nos sociétés influencent le développement des sciences et des technologies. Dans ce projet, on donne ces outils, ces capteurs aux résidents de la ville. Ça leur permet d'objectiver la qualité de l'air.
- Speaker #1
Pierre Dornier, notre première question pour vous est de savoir qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans ces sciences participatives, cette recherche participative ? Quel était le levier, les motivations personnelles ou à la fois aussi méthodologiques pour votre association ?
- Speaker #3
Alors, les campagnes de sciences collaboratives ou de sciences participatives, elles ont commencé en 2016 à une échelle très très petite. Parce qu'en 2015, je ne sais pas si vous vous souvenez, il y a eu ce qu'on a appelé le scandale du Dieselgate. On s'est rendu compte que les constructeurs automobiles émettaient beaucoup plus de pollution que ce qui était écrit sur le papier. Et en me confrontant à ce scandale du Dieselgate, je me suis posé une question. Je me suis demandé, ok, moi à Bruxelles... Qu'est-ce que je respire ? J'ai cherché un petit peu et je me suis rendu compte de deux choses. La première chose, c'est qu'il n'y avait presque pas d'informations sur ce que je respirais. Et quand il y avait de l'information, elle était très compliquée à comprendre. Et donc, j'ai eu envie de créer de l'information, de créer de la donnée. Et pour créer de la donnée, le seul outil qui était à ma disposition à ce moment-là, c'était la science collaborative.
- Speaker #2
Pour Nolan Buller ? Cette approche permet d'aller bien au-delà de la simple collecte de données inédites sur la qualité de l'air intérieur. Sur le plan qualitatif et participatif, le dispositif offre surtout une occasion de comprendre le rapport des personnes à l'air qu'elles respirent, leurs préoccupations, leurs expériences quotidiennes, mais aussi les inégalités qui peuvent exister entre savoir expert et savoir vécu. On l'écoute.
- Speaker #4
Moi, d'un point de vue qualitatif, je pense qu'on pourrait tout à fait faire un projet qualitatif, anthropologique, sur la question de l'air. sans forcément passer par ce dispositif-là. Néanmoins, d'être dans un dispositif interdisciplinaire avec l'utilisation des capteurs, ça rend les choses vraiment intéressantes pour nous parce que ça change. Il y a un élément qui est introduit dans la vie quotidienne des gens qui vient troubler quelque part leur rapport à l'air aussi, qui vient les questionner là-dessus, les mettre en démarche, les mettre en mouvement par rapport à ce que c'est qu'un bon air. Parce qu'au fond... Dans la vie quotidienne, on n'y pense pas tellement à l'air ni à ce qu'on respire. Ce n'est pas vraiment à moins de vivre dans une zone très polluée ou d'avoir une sensibilité très forte à ça. La plupart des gens ne font pas énormément attention, on n'y pense pas tout le temps. Et donc, c'est vrai que d'avoir ces capteurs, ça venait vraiment créer une opportunité pour mieux comprendre ce qui se joue dans notre rapport à l'air.
- Speaker #1
On a aussi demandé à Nolwenn ce que cette approche change concrètement par rapport à une recherche plus classique en tant que chercheuse et en quoi cela se transforme-t-il, sa manière de formuler les questions, de collecter les données et aussi de partager les résultats avec les différents participants et participantes.
- Speaker #4
Travailler de façon engagée, collaborative avec les personnes du terrain, ça peut être vraiment porteur. Ça donne du sens aussi, ce n'est pas forcément exclusif d'une... D'une démarche classique au sens où ça permet des fois aussi d'accéder à une compréhension plus en profondeur de ce qui est en jeu pour les personnes. Ça peut augmenter aussi la pertinence sociale de certaines démarches de recherche, au sens où elles sont mieux ancrées dans des préoccupations, des besoins du terrain. Maintenant, dans les distinctions, mais peut-être aussi dans les limites ou dans les difficultés que je vois, qui sont un peu des défis que je vois par rapport à ce type de démarche. Par rapport à une démarche classique, je pense que c'est très engageant quand même, au sens demandant, au niveau relationnel, au niveau du temps. Parce que du moment qu'on crée aussi du lien avec les personnes, qu'il y a une forme de socialité qui se crée dans le projet, qu'on veut réfléchir ensemble, en fait ça demande beaucoup de temps, d'énergie, tant de la part des chercheuses que de la part des participantes et participants qui ne sont pas tous les mêmes. tout ça même de participer. Là, il y a aussi beaucoup d'inégalités qui se rejouent dans l'accès à ce genre de projet, en fait. Mais c'est vrai qu'une démarche participative implique à faire des compromis par rapport à... Enfin, il faut lâcher sa posture, en fait, un peu en amont, ou de dirigeant du projet pour réussir à vraiment s'engager dans une forme de... peut-être de... Un peu de réflexion conjointe autour des questions qu'on se pose et des réponses qu'on peut apporter. Ce n'est pas forcément évident. Il y a aussi, malgré tout, une distribution du travail de recherche qui reste un peu asymétrique. Parce que si les participants à une recherche commencent à participer activement, à donner de leur temps, ils le font pour eux ? Est-ce qu'ils le font pour eux ? Est-ce qu'ils le font pour les chercheurs et eux ? Je trouve que ces questions-là, elles ne sont pas toujours très claires, au fait.
- Speaker #1
Pierre, on a une autre question pour vous. Vous avez mentionné que c'était vraiment une envie de comprendre ce que vous respirez en tant que personne. C'est comme ça que vous avez lancé le projet. Concrètement, comment vous intégrez des participants dans vos projets ? Quel type de participants vous cherchez ? Comment vous arrivez à les inclure dans vos projets ? Concrètement, comment vous faites toutes ces différentes étapes ?
- Speaker #3
Comme je le disais, le projet qu'on a lancé en 2016, c'était vraiment tout petit. très bricolage. Donc on a décidé d'en relancer un beaucoup plus grand en 2020. Et là, on s'y est pris de la manière suivante. On a d'abord lancé un appel à participants dans les médias, dans de grands journaux nationaux. On a reçu des centaines de candidatures. Et ensuite, on a sélectionné des candidatures en fonction de la répartition géographique. Bruxelles est une... ville-région qui est divisée en 19 communes. On voulait avoir des points de mesure, donc des participants, des participantes, au moins un ou une dans chaque commune. Et on voulait aussi avoir des écoles qui participent à ce projet. Donc on a aussi fait un gros travail en collaboration avec les 19 communes pour qu'au moins un point de mesure soit installé dans au moins une école de chaque commune. Et donc en tout, on a eu 130 points de mesure, 50 en gros de citoyennes-citoyens et 70 en gros d'écoles. Et on a fait ce travail de mesures participatives sur une durée totale de 1 an 12 mois.
- Speaker #1
Peut-être que ce serait bien de recontextualiser votre projet. Quelles étaient les différentes étapes ? Vous avez fait cet appel à participation. Oui, un appel à participation. Un appel à participation. Puis après, vous venez vous amener des capteurs et les installer ? Ou est-ce que c'était les participants qui les installaient ? Et aussi pour la collecte des données, comment les différentes personnes interagissent ? Si vous pouvez un peu nous décrire plus précisément les différentes étapes du projet et le protocole expérimental.
- Speaker #3
Excellente question, ça fait partie. La première étape, c'était en effet de faire cet appel à candidature. La deuxième étape, c'était de rédiger, de construire le protocole. Avec certaines difficultés, il fallait que ce protocole soit fiable d'un point de vue scientifique. Donc on a réfléchi à ce protocole avec Bruxelles Environnement, qui est donc le... L'institution qui s'occupe entre autres de la qualité de l'air en région bruxelloise, il fallait que ce protocole soit simple aussi. pour que monsieur, madame, tout le monde puisse facilement le suivre. Donc on a passé beaucoup de temps à faire par exemple des schémas, à simplifier au maximum les étapes, et je peux parler des étapes après. Et ensuite, s'assurer que les participantes et les participants lisent bien le protocole et suivent bien le protocole. On avait un petit peu des garde-fous pour s'assurer de ça. Ça c'est vrai avec les citoyennes et les citoyens. Pour les écoles, c'est nous-mêmes la plupart du temps qui sommes allés installer les capteurs. En gros, c'est un tout petit système, des tubes en plastique qu'on collait sur une fenêtre. On faisait ça avec les enfants pour qu'ils soient aussi consentisés au projet. Et ensuite, chaque mois, il fallait changer les tubes, les remplacer par des nouveaux tubes. Et donc, si je reviens sur le protocole, pour rentrer un petit peu dans les détails, les deux grandes difficultés de ce genre de projet, allez, on va dire trois, les trois grandes difficultés, c'est Première chose, de s'assurer que le système soit bien installé. Donc comme je disais, on avait fait des schémas, c'était très simple avec des couleurs, mais on avait prévu à nouveau un système de vérification et donc on demandait à ce qu'une fois que le système était installé, on nous envoie une photo. Sans photo, les mesures ne commençaient pas pour nous et donc avec la photo, on a pu voir par exemple qu'une personne l'avait installé à l'envers. Ensuite, la deuxième difficulté, c'était de s'assurer que les tubes étaient bien changés chaque mois. Si on dépasse la durée d'un mois, alors les... Les données ne peuvent plus être utilisées. Donc là, on avait développé un système de rappel par SMS. On envoyait beaucoup de rappels. On téléphonait aussi si on voyait que les tubes n'avaient pas été changés. Et tant qu'on n'avait pas la confirmation écrite que les tubes avaient été changés, alors on continuait les rappels. Et dans la plupart du temps, ça s'est bien passé. Et la troisième difficulté, c'est que les tubes nous soient bien renvoyés aussi à la fin d'une certaine période, pour qu'on puisse ensuite, nous, les envoyer au laboratoire pour analyse. Et alors là, on avait un système de lettres, d'enveloppes préaffranchies qu'on avait donné dans le petit paquet du départ avec le système de mesure.
- Speaker #2
De son côté, Nolwenn Buller précise plus en détail la manière dont les participants et participantes ont été impliqués dans le dispositif du projet Intérieur.
- Speaker #4
Dans ce projet-là, effectivement, ils reçoivent le capteur et ensuite ils ont accès à une sorte d'interface, c'est comme une application si vous voulez, où ils peuvent décrire. tout ce qu'ils font dans une journée et qui pourrait éventuellement influencer la qualité de l'air. Tout ça, ça va faire des données qu'on peut ensuite analyser avec des outils statistiques. Ça, c'était une partie du projet. Mais on a également essayé, pour les personnes qui étaient intéressées, parce qu'effectivement, pour certaines personnes, juste faire ça, c'était trop en fait. Mais pour certaines autres personnes qui avaient un peu plus de temps ou d'énergie, c'était de pouvoir... répondre vraiment à leurs questions, qu'elles puissent utiliser le capteur hors du protocole qui avait été établi à la base pour pouvoir, par exemple, le mettre dehors, près de leur poêle, ou l'utiliser ou l'amener au travail, si elles se soucient pour la qualité de l'air au travail ou des choses comme ça, pour pouvoir elles-mêmes se mettre quelque part un peu dans la position du chercheuse elle-même, qui va essayer de comprendre la qualité de l'air, ce qui l'influence. C'est une des limites ou un des gros enjeux, je trouve, autour des démarches participatives, C'est-à-dire que... qui peut participer, si les intentions sont toujours louables, qui peut participer, à quel prix, comment. Pour moi, ça reste une vraie source de questions et de préoccupations. Dans le cadre du projet intérieur, il n'y avait pas de critères de sélection stricte qui étaient mis en place en termes, par exemple, socio-économiques ou de genre. Par contre, il fallait habiter la ville de Lausanne. Donc, c'est des résidents de la ville de Lausanne. c'était pour euh établir une forme de périmètre. Après, pour certaines personnes, on a un peu élargi ce périmètre-là. Mais le but principal, le critère de sélection principal, c'est d'être motivé, d'avoir envie de participer à ce projet. Après, quand on voit qui participe, et ça c'est très souvent dans les démarches de ce type, un peu participative, c'est quand même soit des personnes qui sont déjà scientifiques et qui sont familières de ces outils. Par exemple, il y a plusieurs personnes qui viennent de l'EPFL ou qui travaillent à l'UNIL, ou alors des personnes qui sont occupées ou qui travaillent dans le domaine de la santé, par exemple. C'est quand même des personnes, j'aurais envie de dire, majoritairement socio-économiquement privilégiées.
- Speaker #2
Pierre, vous vous êtes lancé dans une recherche collaborative alors que vous n'êtes pas chercheur au départ. Et qu'est-ce qui fait que vous ayez suivi ce chemin-là ? Vous avez dit, effectivement, il y a eu le Dieselgate, mais tous les citoyens qui sont offusqués par le Dieselgate ne se sont pas lancés dans ce type de démarche.
- Speaker #3
Très personnellement, je pense que c'est une curiosité qui a créé le lancement de ce projet-là. Après, je pense qu'il ne faut pas être scientifique pour... comprendre ou pour vouloir comprendre ce qu'on respire. Donc je crois que ça partait quand même aussi beaucoup de ça, qu'il y a des recherches scientifiques mais qui sont parfois un petit peu difficiles à comprendre justement parce qu'elles sont scientifiques et donc c'est peut-être intéressant de faire des recherches aussi citoyennes, pour qu'elles soient plus proches des citoyennes et des citoyens, peut-être mieux vulgarisées. Et l'autre élément important aussi, c'est qu'on le sait bien, les universités, les centres de recherche ont des moyens qui sont limités, ne peuvent pas... Forcément, travailler sur tout ne veut pas créer des données sur tout. Et c'est clairement ce qui se passe avec la problématique de la pollution de l'air en région bruxelloise. Il y a, il me semble, 11 stations de mesure officielles qui surveillent la qualité de l'air. 11 stations de mesure pour une région qui a une superficie de 160 km², c'est vraiment pas beaucoup. Donc, avec la science collaborative, avec la science citoyenne, on peut venir boucher des trous, combler des trous. pour complémenter justement la recherche scientifique et l'enrichir. Je crois que c'est important de préciser qu'on ne fait pas ça tout seul, parce qu'en effet, nous ne sommes pas scientifiques, même si on a un protocole qui est robuste, qui est co-écrit avec des scientifiques, on ne peut pas, je pense, faire ce genre de campagne tout seul. Et donc on a collaboré, c'était très important pour nous, avec Bruxelles Environnement, qui nous a permis par exemple de nous assurer que notre système de mesure de la qualité de l'air était bien fiable. Donc ce qu'on a fait de manière très concrète, c'est que pendant quelques mois, avant de lancer le projet de science collaborative, on a placé nos détecteurs sur les machines officielles de Bruxelles Environnement pour voir si on obtenait bien les mêmes résultats, ce qui était le cas. Et à la fin du projet, on a rédigé deux rapports. un rapport, on va dire, plutôt citoyen, assez simple, simplifié avec les résultats. Et puis un deuxième rapport qui a été rédigé là plus tôt par Bruxelles Environnement, un rapport scientifique qui entre vraiment dans les détails pour les personnes qui voudraient avoir vraiment une granularité élevée.
- Speaker #2
Et quels étaient les grands résultats ?
- Speaker #3
Alors les grands résultats, sans beaucoup de surprises, étaient que... la région bruxelloise reste trop polluée au dioxyde d'azote, que certains lieux en particulier sont bien trop pollués. Je peux donner un exemple qui avait fait parler de lui dans la presse. Il y a une université, l'université Saint-Luc, qui est située le long d'un grand boulevard. Et notre point de mesure avait donné comme information que cet endroit était exposé à des concentrations au dioxyde d'azote. 5 fois au-dessus de la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé, ce qui est vraiment beaucoup, et ce qui est problématique quand on sait que c'est un endroit qui accueille des jeunes, des étudiantes, des étudiants, qui sont donc encore fort vulnérables à la pollution de l'air. Le recteur de l'université avait réagi, le ministre de l'Environnement bruxellois avait aussi réagi. Évidemment, ça fait aussi partie des objectifs de ce genre de projet, de faire réagir. et de sensibiliser la population la plus vaste possible à la problématique de la pollution de l'air.
- Speaker #1
Vous avez placé environ 130 capteurs dans Bruxelles. J'imagine que ça a un certain coût. Comment avez-vous réussi à trouver des financements ? Quel type de financement soutienne ce genre d'initiative ?
- Speaker #3
Alors, on a lancé cette campagne parce qu'on avait un financement. Je pense qu'on ne l'aurait pas lancé autrement, ça aurait été en tout cas beaucoup plus compliqué. On a divisé cette problématique en deux. pour le travail avec les écoles. on a demandé aux communes de payer les systèmes de mesures. Donc si une commune s'engageait à financer les mesures dans six écoles, alors elle devait payer pour six écoles. Si une commune disait, moi je n'ai pas trop le budget et je ne peux mettre qu'une seule école, ok, alors il n'y avait qu'une seule école qui participait. Pour les citoyennes et les citoyens, on n'a pas voulu faire ça, principalement parce que ça aurait voulu dire que quelqu'un qui n'a pas d'argent, qui a moins d'argent... qu'une autre personne ne peut pas participer. On ne voulait pas ça, on voulait que tout le monde puisse participer à ce projet. Donc là, c'est nous qui avons pris en charge les coûts. Et donc, on a pu prendre en charge ces coûts parce qu'on a eu un financement de Bloomberg Philanthropies qui a financé ce projet-là et qui a aussi financé l'autre projet dont je parlais tout à l'heure, Curieuse Zener, qui là a été beaucoup plus quantitatif sur une période d'un mois, mais sur plusieurs milliers. Et donc cette double approche, une partie du financement prise en charge par nous et l'autre partie du financement prise en charge par les communes, nous a permis d'avoir le projet final avec ces 130 points de mesure, un peu chez les citoyennes et citoyens, un peu dans les écoles.
- Speaker #1
Dans cet épisode, nous avons vu que la recherche participative permet d'ancrer la science dans la vie réelle des personnes concernées. Elle permet de changer la manière de poser des questions, de collecter les données et d'interpréter les résultats. en intégrant l'expérience vécue au savoir expert. Et concrètement, les participants deviennent de réels acteurs et actrices du projet. Ils peuvent ou elles peuvent utiliser les capteurs, tester leurs propres hypothèses et contribuer à mieux comprendre ce qui influence la qualité de l'air au quotidien, autant à l'extérieur qu'à l'intérieur.
- Speaker #2
Nous remercions Nollwein Bueller pour sa participation, ainsi que Pierre Dornier d'être venu dans nos studios. Dans le prochain épisode, nous continuerons avec Pierre pour explorer les motivations des associations et des citoyens. à s'impliquer dans ce type de projet. Nous y comprisons l'impact qu'ils peuvent avoir.
- Speaker #1
Cet épisode vous a donné envie de vous lancer dans une recherche participative ? Les OpenLAM de CIVIS sont là pour créer des ponts entre les universités et les sociétés. Ils peuvent vous accompagner dans votre formation et vous aider à construire des projets au-delà des frontières. Rendez-vous sur civis.eu pour en savoir plus.