- Speaker #0
Bonjour à toutes et bonjour à tous, bienvenue sur ce nouvel épisode de podcast, toujours Claire Bardin à la barre, je suis absolument ravie, comme d'habitude, de vous retrouver pour vous présenter une invitée remarquable, encore une fois aujourd'hui, mais avant de plonger dans la conversation qui va nous réunir aujourd'hui, je voulais quand même prendre quelques secondes de cette introduction. tout simplement pour vous remercier. Vous remerciez de tout l'amour que reçoit le podcast, les invités et Paris Cocher, moi-même, depuis plusieurs semaines. Vos commentaires, votre écoute jusqu'à la fin des épisodes, vos partages, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans vos réseaux privés, entre amis ou dans vos familles, font toute la différence. Vous donnez, et en tout cas vous contribuez largement à la propulsion de cette émission. Simplement un gros merci. Aujourd'hui, je reçois Astrid. Vous le comprendrez au ton de la discussion, au fur et à mesure des différentes rencontres que nous avons eues, nous sommes devenus, je crois, amis. Astrid, c'est une athlète de haut niveau. Elle a été triathlète professionnelle en longue distance, avec un parcours qui s'est construit avec rigueur, patience, constance, jusqu'à se tailler une place dans le classement mondial. Mais au fond, évidemment, ce qui m'intéressait dans cette conversation, ce n'était pas le palmarès. C'est ce qu'il dit d'une façon d'être au monde. C'est la manière dont Astrid est au monde. Avec elle, on a parlé de triathlon, bien sûr, de comment elle est tombée un peu par inadvertance dans ce sport, de ce qu'il exige, de ce qu'il révèle. Mais on a surtout parlé de maturité, de lucidité et de cette idée simple et forte que oui, les limites peuvent être repoussées. Mais non, elles ne sont pas toutes faites pour être brisées. Astrid dit très justement « no fun, no gain » . Plutôt que le fameux dicton « no pain, no gain » . Et je trouve que cette phrase résume à elle seule une vraie posture. Une façon de parler de performance sans glorifier la souffrance. Une façon de parler de mouvement, de santé, de discipline avec plus de justesse. Mais aussi avec plus de joie, de plaisir et presque une forme d'innocence au sens noble du terme. Cette capacité à ne pas perdre ce qu'il y a de vivant, de libre et de profondément humain dans l'effort. On a aussi parlé de son rôle de professionnel de santé, puisque Astrid est pharmacienne, de notre rapport à la santé, de ce privilège qu'il constitue, de responsabilité, de leadership, et de ce que ça veut dire au fond, devenir pleinement acteur ou actrice de sa propre santé. Prenez papier et crayon, car Astrid a le talent d'avoir de nombreuses citations inspirantes dans sa boîte à outils, alors comme moi, vous aurez peut-être envie d'en garder certaines sur votre frigo ou dans votre carnet. Astrid est éloquente, très inspirante. Alors à toi ma chère Astrid, merci de rejoindre la grande famille des invités du podcast. Et à vous, auditeurs, auditrices, je vous laisse plonger dans cette conversation inspirante, joyeuse, et vous mettre en mouvement pendant l'écoute, ou en tout cas juste après. Je vous souhaite une belle écoute. Salut Astrid.
- Speaker #1
Salut Claire.
- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Je suis absolument trop contente de te recevoir. Ça a été assez évident pour moi que... Toi et moi, on allait s'entretenir bien plus publiquement que ce qu'on se retient déjà. Il fallait que ça sorte. Il fallait que ça sorte, exactement. Astrid, pour le bénéfice de toutes et tous qui nous écoutent, veux-tu te présenter, s'il te plaît ? Oui,
- Speaker #1
merci Claire. Déjà, écoute, oui, gros bonheur d'être avec toi. C'est un bon moment partagé. depuis le début, je pense, à chaque fois qu'on se voit, c'est du bonheur pour moi aussi. Écoute, j'ai 35 ans, je suis au Québec depuis presque 12 ans maintenant, je suis d'origine française, si l'accent ne me suffisait pas. Je suis pharmacienne, je suis avec un peu la force des choses, le sport a toujours été un dans ma vie, mais c'est vrai que depuis quelques années, ça en fait vraiment énormément partie, ça prend une grosse, grosse place pour moi. J'habite à Montréal, c'est une ville de cœur que j'adore. J'ai mon cercle d'amis ici maintenant, d'origine bretonne, donc j'y retourne de temps en temps quand j'ai le temps.
- Speaker #0
J'adore. Pour les gens qui n'ont pas compris, on va forcément parler de santé, de sport, de mouvements aussi avec toi. Moi, ce qui m'a interpellée la première fois qu'on s'est vus, c'était vraiment déjà cet enthousiasme que tu as, assez naturel et évident pour changer les choses et avoir envie, je pense, de conscientiser les gens qui t'entourent aussi sur... L'importance d'être en santé, je pense par ton métier, mais aussi par ce que toi t'observes tous les jours de ta pratique personnelle. Le sport, tu ne le mentionnes pas, mais c'est le triathlon qui t'anime et qui t'a emmené quand même loin. Tu n'es pas juste une sportive amateur du dimanche. Il y a un petit peu plus de pédigré en face de moi aujourd'hui.
- Speaker #1
On a mis un peu de temps là-dedans.
- Speaker #0
Oui, un petit peu de temps, je pense que ça en prend. Une des questions que j'avais pour toi, tu n'as pas parlé du triathlon. Qu'est-ce que le triathlon dit de toi ? Comment t'es tombée dedans aussi ? Quelle part de toi ça représente ?
- Speaker #1
Écoute, c'est un sport qui m'est tombée dessus un peu, je pense. Comme je te dis, le sport, ça a toujours fait partie de ma vie. Je pense que c'est vraiment à 24 ans. J'avais 24 ans, tu vois, ça fait un peu plus de 10 ans. J'ai commencé à courir, j'aimais ça, je trouvais que ça me donnait un objectif. Premier demi-marathon, t'entraînes un peu et tout. Si on veut rentrer, comment je suis arrivée vraiment avec le triathlon, c'est avec une fracture du genou en 2015. Je m'étais fait rentrer dedans par un skieur. Bon, je vous passe les détails. J'ai été super bien prise en charge ici. Les opérations du genou, c'est quand même assez fréquent aussi. Puis ma récupération s'est bien faite. Ça a été très long, par contre. Puis j'ai détesté ces mois de canapé où je ne pouvais pas poser le pied par terre. Et donc, au début, une rééducation avec un genou cassé, c'est sûr que ce n'est pas idéal la course à pied. Donc, ma physio m'avait dit, tu vas pouvoir nager, puis tu vas pouvoir faire du vélo. Donc, on a acheté le vélo. Je ne savais pas trop faire ça. Je savais faire du vélo comme tout le monde. Mais bon, et puis nager, pareil, je savais être dans l'eau, on va dire, mais je ne savais pas nager. Et donc, en 2015, en fait, finalement, c'est 2017. Vraiment, pour mettre fin un peu à toutes mes mois de rééducation, j'avais dit, finalement, j'ai les trois sports, j'avais pu recommencer à courir et tout ça. Et j'ai fait mon premier triathlon sprint, donc vraiment courte distance à Sherbrooke. Je suis allée toute seule avec mon petit sac. Je ne connaissais absolument personne. Je suis arrivée là-bas seule, repartie seule. Pour l'anecdote, je me souviens que j'avais gagné mon groupe d'âge. C'était tellement drôle. Je n'ai même pas de photo parce que j'étais toute seule.
- Speaker #0
Non, mais j'adore.
- Speaker #1
Donc, c'est génial. Je ne chercherai jamais de photo de ce truc-là. Personne ne le sait, je pense d'ailleurs. J'adore. Et donc, j'ai laissé ça de côté parce que j'avais quand même compris que le triathlon, c'était beaucoup d'investissement en... temps, en énergie. J'ai laissé ça de côté. J'y suis revenue plus sérieusement en 2019. Et là, vraiment l'envie de dire, ok, j'ai le temps. Je pense que là, je peux et que c'est un bon moment. Et donc, je suis inscrite dans un premier club et je me suis mis comme défi un demi Ironman. Donc, c'est la distance qu'on dit 70.3. On rentre dans le longue distance du triathlon. C'est divisé en court et en longue distance. Là, on parle d'endurance, on parle de... Oui, c'est ça, c'est plus long comme épreuve. C'était un gros défi pour moi et j'aimais le... Tu sais, j'ai vraiment un amour pour l'inconnu et pour... J'ai de la chance, je n'ai pas peur de l'échec. Je n'ai pas d'anxiété de performance, ça je pense. Je ne sais pas si on est avec, mais en tout cas, ça n'a jamais fait partie de mon équation. Et j'aime cet inconnu. J'ai toujours dit que si je me lançais sur une ligne de départ et que je connaissais le résultat, je n'irais jamais.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Ça n'a aucune importance. Ça n'a plus de valeur pour moi. J'espère que beaucoup qui font du sport ont cette chose en tête de dire si je savais que j'allais gagner. Moi, si tu me disais, Astrid, cette course-là, tu pars et tu la gagnes, je trouve que ça perd tout l'intérêt.
- Speaker #0
C'est intéressant parce qu'on est dans une culture hyper sur la performance, justement.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
On voit beaucoup de gens qui se mettent au sport tout de suite avec des objectifs de... Vas-y, je fais le marathon de Paris, je fais le marathon de Cite, et je vais tout de suite pousser sans passer par le jeu et début.
- Speaker #1
Absolument. Puis je pense qu'on oublie en fait que... On dit toujours, oui, c'est le chemin qui compte, ce n'est pas l'objectif. Oui, absolument. C'est une belle parole dite comme ça, mais c'est cette incertitude qui est tellement belle dans le sport. Parce que là, on parle de... J'ai compris grâce au triathlon qui était tellement... intense dans ma vie. On a vite fait de se perdre aussi. Dans un sport qui prenait pour moi pratiquement 25 heures par semaine sur la fin, tu peux vite te perdre. Tu ne penses plus qu'à ça. J'ai fait beaucoup de travail de performance mentale aussi. Tu te rends compte qu'il faut vraiment faire attention à ne pas se définir seulement par ce genre de choses-là. Moi, je me suis rendu compte avec le temps que j'arrivais justement à me définir moi en tant que personne grâce à ce sport-là. Je me suis découverte disciplinée, je me suis découverte résiliente, je me suis découverte courageuse. Bon, team player, j'espère que mes camarades d'entraînement confirmeront, mais je pense que ça a toujours été en moi, mais ça a pu grandir vraiment en moi. Donc ça, ça prenait tellement de place dans ma vie que c'était comme trouver des morceaux de moi au fur et à mesure du temps. Ça a été vraiment très révélateur de la personne que je suis. Ça m'a permis de faire des choix. Ça m'a presque obligée, parce que j'aimais tellement ce que je faisais. J'aimais tellement ça. Je parle un peu au passé, parce que... On pourra peut-être en reparler, mais la compétition fait vraiment moins de partie de ma vie. Il y a eu justement un... Quand on dit « Ouais, il n'y a pas de limites » , moi, je pense qu'il y en a. Je pense que les limites sont malléables et que c'est très intéressant pour l'humain, quand il peut, d'aller les faire bouger un peu, d'aller les amener un peu plus loin. Mais il y en a des limites, c'est pas vrai qu'il n'y en a pas. Je pense que j'ai atteint ma limite au niveau de la capacité que j'avais à absorber de l'entraînement, disons. C'était des morceaux de moi que j'ai trouvés, quoi.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te rassasiait ? Parce qu'on comprend, ce n'est pas de gagner ou de perdre la course, parce que tu n'es pas animée par ça. C'est ce sentiment de sentir ton corps qui commence à saturer, mais tu pousses un cran. C'est la joie de dire, j'ai complété cette épreuve, peu importe le résultat. Tu disais, c'est la joie qui t'anime. Mais qui est-ce qui contribue à la joie concrètement ?
- Speaker #1
J'ai un intérêt pour la performance. Ça, c'est certain. Et je pense que c'est en moi depuis très longtemps. des fois il y avait un gros syndrome de l'imposteur de dire oh non la performance c'est pas pour moi c'est les autres des fois tu rencontres des bonnes personnes aussi sur le chemin qui te disent mais pourquoi on essaye pas à Astrid en fait pourquoi on essaye pas donc ça c'est sûr que tu vois aujourd'hui bien sûr j'ai un peu vraiment mis de côté la compétition mais c'était ce qui m'animait beaucoup très associé à une volonté de performance mais un amour inconditionnel pour l'incertitude quoi Parce que si on ne savait jamais, tu ne peux jamais savoir. Tu as beau avoir mis... Puis tu sais, je prends ça vraiment, c'est une chance énorme. Et c'est pour ça que, tu vois, on peut rebondir sur un autre sujet, mais c'est pour ça que j'aime tant le sport, parce que je trouve que c'est un vecteur extraordinaire qui malheureusement, en fait, n'est pas toujours sain, mais c'est comme, j'aimerais que ce soit cette bulle dans laquelle on peut... développer des habiletés de vie un peu, puis mettre le doigt vraiment sur ces belles valeurs humaines, tu vois, de partage. Je pense qu'on n'est jamais... Qui, j'espère, mon Dieu, qui me dira qu'il a passé une ligne d'arrivée sans être fier de lui ? Aïe, Et quel beau moyen, tu vois, de se dire « Ok, ben j'ai travaillé pour ça, j'ai mis des efforts, j'ai mis du temps, j'ai été curieux, j'ai été courageux. » Quel vecteur extraordinaire de belles valeurs humaines et d'habiletés de vie, mais qui se transpose après dans la vie de tous les jours.
- Speaker #0
Je vais te demander justement dans quel cas de ta vie, peut-être plus privée ou professionnelle, tu as observé que ça se transposait. Mais je suis complètement d'accord que souvent, on qualifie des qualités ou des valeurs, des valeurs sportives en fait. Mais on en a parlé, la résilience, le courage, c'est toutes des valeurs. si on en a... on en faisait plus preuve le commun des mortels qu'ils ne sont pas des athlètes de haute performance ou des athlètes professionnels comme tu l'es, le monde se porterait sans doute mieux de se dire je vais faire le cran de plus et je vais entreprendre quelque chose dont je connais, je sais où je m'en vais mais je ne sais pas le chemin que je vais emprunter pour le faire.
- Speaker #1
Exact. Je pense que ce n'est pas toujours évident non plus parce que je pense que si tu fais les choses sans conscience c'est... pas possible de transcrire ça. Donc ça, je fais un aparté, mais c'est vrai que ça a pris du temps pour moi. Ça a pris beaucoup de temps de dire, ok, attends, ça, j'ai fait ça, puis je parle là du triathlon, j'ai réussi ça, j'ai complété ça, j'ai eu un échec là-dessus. Mais ça, c'est l'école de la vie, en fait, tu vois. Et j'ai été très, très, très, très chanceuse de faire ça dans un environnement très sain et également tard. parce que je pense que c'est difficile en tout cas là je parle aussi haute performance et tout mais c'est dur pour des jeunes cet environnement là parce qu'il est un peu stérile il est un peu hors du c'est dur après de transposer des choses dans la vie du réel entre guillemets parce que tu n'es plus dans le réel t'es toujours dans ton entraînement, t'es toujours dans tes compètes on veut toujours plus et tout donc c'est difficile d'en sortir dans des trucs sains presque des fois mais moi qui avais peut-être je ne sais pas, plus eu le temps de goûter à ce que c'était aussi la vie en général. Mais au fur et à mesure, tu te rends compte, tu te dis, « Ok, attends, ce matin, j'étais à 6h dans l'eau, à 9h, j'ai couru, à 11h, j'étais sur le bike, ou 10h30, je faisais une sieste de 30 minutes, et puis j'étais au boulot à 13h. » Tu arrives au boulot, tu te dis, « Ok, moi, je balance, je n'ai aucun intérêt de raconter ce que j'ai fait de la matinée, tu vois, mais moi, comment je me sens ? » Et je dis, « Ok, ce matin, j'ai été courageuse, il y a des séances qui ont marché, des trucs qui n'ont pas marché, mais... ça me faisait tellement garder la tête froide dans mon métier aussi, de dire, attends, et puis c'est moi qui l'extrapole, si tu veux, je sauve pas des vides en faisant des longueurs de piscine. Mais je sais pas, je me sauve moi, peut-être. J'allais dire,
- Speaker #0
c'est la tienne, non ?
- Speaker #1
Mais t'as plus la tête froide, tu vois, c'est vrai qu'on est très stimulé à la pharma, on a plein de trucs à faire en même temps. Tu gardes ton calme, quoi. Tu gardes ton calme, on apprend à respirer, on apprend à se calmer, on apprend à gérer de la pression, qu'il y ait une pression qu'on crée, tu vois, là, je la... ça crée cette pression-là dans le cadre de mon sport. Après, comment je la transpose dans un milieu où je n'ai pas le contrôle ? Parce qu'en fait, tu vois, tout ça, je pense que ça te fait devenir un meilleur être humain. Et en fait, on est tellement aujourd'hui avec tellement d'histoires différentes. On a tellement besoin de... De douceur et de faire des efforts aussi, tu vois, pour tout le monde, pour mieux vivre ensemble, en fait. Parce que je pense qu'on partira peut-être pas sur des sujets politico.
- Speaker #0
Mais on sait que ça va mal.
- Speaker #1
C'est pas la grosse forme, honnêtement. Et en fait, je pense qu'on a fondamentalement besoin de retrouver comment vivre ensemble en paix et tranquille, quoi.
- Speaker #0
Tu vois, tu parles de paix, de tranquillité. j'entends aussi dans ce que tu dis que la maturité que tu as, tu avais en commençant tard aussi, tu as servi plus que desservi. On pourrait avoir tendance à dire si tu n'as pas trouvé ton sport à 14 ans, tu ne feras jamais carrière. Et toi, tu as le contre-exemple complètement de ça aussi, puis que ça t'a sans doute préservé aussi ta santé mentale et ton équilibre de manière générale. J'ai déjà entendu dire en panel, on est au même événement, on salue d'ailleurs Bianca et les femmes dans le sport, que tu es un peu anti no pain, no gain.
- Speaker #1
Ah ouais, le poison.
- Speaker #0
poison parce que justement ce côté on n'a rien sans la douleur et quand t'as pas eu mal, très très mal tu peux pas profiter du coup t'as un autre dicton qui si tu veux m'en parler,
- Speaker #1
je pense ça va éclairer bien du monde mes années de quelques années de travail de perte mentale quand j'étais athlète justement ont tellement aidé, on a créé à... Moi aussi, j'ai tel no pain, no gain. Dans l'inconscience, un peu. Puis de dire... Parce qu'on confond se dépasser et se faire mal. Ça n'a aucun rapport. La douleur d'une séance difficile dans le sport, ça existe. Évidemment. Mais le but de ça n'est pas de se faire mal. De ne pas briser ton corps. Ce n'est pas ça du tout. Le but, c'est de le renforcer. Et si tu fais les choses... sans arrêt ou souvent dans la douleur, mais il n'y a pas de plaisir. Ça n'existe plus. Et si tu enlèves le facteur plaisir de tout ce qu'on fait, moi, j'ai une bonne amie, une super bonne amie à moi qui a été une partenaire d'entraînement exceptionnelle. On avait toujours dit, mais ce qu'on fait, il faut que ce soit fun. Sinon, on arrête. Et on s'était fait comme un pack, tu vois. Ce n'est pas toujours pour le fun. Ce n'est plus toujours pour le fun. 25 heures par semaine, écoute, du lundi au dimanche, je suis fatiguée. Pas toujours pour le fun de remettre les chaussures, mais il faut que ce soit fun. Et no fun, no gain. C'est ça qu'on avait développé avec ma coach en perf mental, Sarah Brisson, à qui je fais un coucou aussi. Pour moi, tu perds tout l'intérêt de ce que tu fais. C'est quoi ça ? Qu'est-ce que tu as à aller chercher pour te faire mal comme ça ? Qu'est-ce qu'il faut ? Moi, je ne pense pas qu'on développe des athlètes et qu'on leur permet de soutenir leur santé mentale avec des discours aussi... drastiques et dures, ça fait aucun sens.
- Speaker #0
Je pense qu'on est à l'aube d'une nouvelle ère où c'est encore trop ou encore très la majorité de la façon de penser où est-ce que tranquillement on t'observe que c'est quand même possible d'être à la fois performant et équilibré, performant et dans le plaisir justement parce que c'est rare qu'on entend plaisir, joie et performance associés.
- Speaker #1
Écoute, je me définis comme une utopiste rêveuse, malgré tout réaliste. Et il y a un concept que j'aime beaucoup, c'est l'optimisme tragique. Que peu importe, ça ira bien. Que j'ai envie d'y croire, évidemment, Claire, franchement, j'ai envie d'y croire. Parce que je pense que sinon, on va créer des générations de brisés aussi. Puis, tu sais, des fois, je me dis même, mais putain, les gars, mais quitte à... On arrête de se faire mal. les courses au record, les trucs mais quoi, ça va prendre quelques années on va comme remettre tout ça on va faire du bien à nos athlètes, on va les soulager on va les soutenir, on va les aider on va vraiment les accompagner, on va arrêter de leur dire mais si tu te fais pas mal, t'y arriveras jamais des discours qu'on entend encore bien sûr, c'est beaucoup par contre il y en a plein des belles formations maintenant tu vois j'en ai fait une il y a pas longtemps c'est sur l'entraînement puis en anglais c'était love versus fear Qu'est-ce que c'est d'entraîner avec amour ou bienveillance ? Et qu'est-ce que c'est d'entraîner avec la peur ? Et je pense, il y en a plein encore des entraîneurs et des coachs qui entraînent avec la peur. Moi, je pense qu'on brise les gens. Est-ce que c'est ça vraiment le but ? Est-ce que c'est... On s'arrête deux secondes. Est-ce que c'est ça l'objectif ? Est-ce qu'on veut briser nos jeunes ? Est-ce qu'on veut créer des athlètes malheureux ? Écoute, moi, j'ai toujours dit, et c'est sincère, et qui me dirait que je mens, n'importe quoi, mais j'ai... toujours dit que je préférerais arriver quatrième et heureuse que première et malheureuse. Quel est l'intérêt de ça ?
- Speaker #0
Le prix à payer...
- Speaker #1
Mais c'est trop cher. Trop cher. Le sport, c'est un privilège. Pouvoir faire du sport et pouvoir évoluer et penser même à atteindre la performance, c'est un privilège. Donc, utilisons-le à bon escient et traînons derrière nous le reste du monde, soit qui a moins accès ou qui a moins l'option de faire. Mais en plus, les gens regardent tellement le haut du panier, les grands athlètes de haut niveau et tout. Je ne sais pas si je peux m'inclure là-dedans, mais en tout cas, vraiment pas. qui a touché à la haute performance, soyons moteurs de la bonne manière.
- Speaker #0
Alors, tu fais complètement écho et je ne sais pas si tu l'as vu passer, mais la ville de Montréal a lancé, le conseil du sport de Montréal a lancé une campagne par amour du sport.
- Speaker #1
Merveilleux.
- Speaker #0
Sur justement la bienveillance dans le sport. En fait, on va leur pousser cet épisode et on va leur dire de te mettre comme combassadrice parce que ça sort naturellement. Et je pense que oui, il y a... Et en fait, moi, j'observe quand même, je ne peux pas dire que tous mes amis sont des athlètes, mais de plus en plus, il y en a dans mon cercle proche. Et je crois qu'on en revient, en fait, de se briser pour briller.
- Speaker #1
Oui, absolument.
- Speaker #0
Non, en fait. Mais non. Certains l'ont fait, l'ont vécu et aujourd'hui disent, mais en fait, si c'était à refaire, je ne le referais pas.
- Speaker #1
Non, je ne crois pas non plus.
- Speaker #0
Parce que pour avoir des médailles dans mon placard, que finalement, je veux dire... boire un café, j'en vis pas aujourd'hui ou peu importe, c'est ça aussi. Je suis célébré le temps de quelque chose mais après je ne suis plus personne et j'ai fait moi tout ça je me suis cassé en X, fragmenté littéralement pour finalement pas grand chose. Je pense qu'on en revient et je trouve que d'imaginer pouvoir élever la prochaine génération d'athlètes quand même de performance dans ce niveau de conscience d'eux-mêmes aussi. Je te pousse parce qu'il faut évidemment se pousser. Si tu n'as personne sur le dos, peut-être que tu ne te feras pas. Elle s'en met de plus, ta longueur de plus. Exact,
- Speaker #1
ce n'est pas vrai.
- Speaker #0
Mais par contre, quand même, le respect de sa personne. Il y a des limites. Mais jusqu'où ? La limite, tant qu'on arc-bout la ligne, ça va bien. Absolument.
- Speaker #1
Il ne faut pas que ça casse. Non, parce qu'on ne revient pas. On ne revient plus après. Puis tu sais, il y a un truc. J'aime beaucoup les mots. En français, on dit... Est-ce que ça a valu la peine ? Est-ce que ça a valu la peine parfois que tu as mis là-dedans ? C'est tellement lourd à porter parfois. Là encore à ça, on parle de privilèges, on parle de gens qui ont pu se rendre là et tout, mais il y a un accompagnement vraiment à avoir pour faire les choses de façon saine. Parce qu'on peut se briser dans le sport, ça c'est vrai. Et j'ai eu la chance de faire ça sainement, j'ai eu la chance d'observer. autour de moi, des gens brisés, je les ai vus, j'en vois encore. Il y a des choses dans le bon sens, en tout cas. Ça,
- Speaker #0
j'y crois vraiment. On a parlé de la maturité comme étant peut-être une barrière naturelle à ce que tu t'oublies pas. Mais est-ce que tu as eu d'autres choses ? Est-ce qu'il y a eu des moments dans ton parcours où tu t'es vue aller dans « Ouf, je pourrais tomber du côté plus intense avec moi-même, plus dur » . Qu'est-ce qui t'a ramenée ?
- Speaker #1
Écoute, tu sais, C'est vite de tomber dans une roue d'entraînement et de dire, il faut que je coche mes cases, il faut que je fasse mes entraînements. Mon show-off, c'était lundi, donc c'était du mardi au dimanche. C'était tous les jours, c'était 3-4 entraînements par jour. Ça devient ta vie, même malgré toi. Donc, c'est vite de tomber dans la roue, tu vois. Mais j'ai eu la chance, encore une fois, je pense, de commencer tard, d'avoir du recul sur ce que je faisais. De mieux me connaître, donc de savoir ce qui importait vraiment pour moi aussi. Puis mon cercle social, même si j'ai eu des amis qui me suivent encore et qui ont vécu tous ces trucs-là. Et de, tu sais, c'était jamais, ah, qu'est-ce que t'es emmerdante de rentrer à 21h30, t'es toujours fatiguée. Bon, ça, non, ou en tout cas, c'était plus là au fur et à mesure. Mais t'es vite pris dans cette roue-là. Mais ma maturité, mon recul et le fait que j'étais très bien entourée ont fait que... Puis il y a peut-être des gens qui étaient plus proches de moi qui pourraient me le dire, mais oui, tu sais, des fois, tu es un peu sur la limite de dire « Ah, ça me définit, c'est tellement moi, c'est ça que j'aime. » Parce que ça te donne tellement un sentiment d'accomplissement énorme que ça devient bien évidemment cette espèce de drogue d'adrénaline et de roue qui tourne et qui est tellement épuisante. Et en même temps... gratifiante, tu vois. Moi, j'avais un groupe extra, en plus, sur les dernières années, un groupe de jeunes. On m'a vouvoyée dans l'eau la première fois quand je suis allée. Bonjour, vous pouvez y aller. Alors non, tu, éventuellement, mais pas vous.
- Speaker #0
Vous, le collectif.
- Speaker #1
Nous, nous, allons ensemble. Mais pas vous. Écoute, je suis privilégiée là-dedans. J'ai pas eu, tu sais, le gros... J'ai eu des blessures, j'ai eu des trucs. Le rythme avec la pharmacie, c'était pas facile. Mais là, encore à ça, j'ai eu la chance de pouvoir, tu vois. Tu sais, il y a un autre truc, on parle de no pain, no gain. Un truc que j'ai dit, je vais être honnête. Mais un autre truc que j'ai dit, une bêtise, sans nom. C'est le, on veut, quand on veut, on peut. Je ne peux plus entendre ce truc-là. Quand j'entends ça, je me dis, mais il y en a des belles histoires. Il y en a des belles histoires. Parlons-en, c'est merveilleux. Je me suis sortie d'un trou. J'étais self-made. Je me suis débrouillée tout seule et tout. Je voulais, donc j'ai pu. Mais ça, ce n'est pas vrai pour la majorité quand même, tu vois. Et moi, je pouvais, donc je me suis mise à vouloir. Donc, je pouvais ajuster mon horaire à la pharmacie. Sans mentir encore, en toute transparence, le triathlon, pour ceux qui me mettent un pied dedans, savent que ça coûte énormément d'argent. Il y a de l'équipement, il y a des voyages là-dedans. Je commence à avoir des compétitions à l'international. Moi, je n'étais pas financée par aucun organisme là-dedans. C'était que sur des fonds privés. Donc, oui, j'ai un métier qui me permettait de le faire. J'ai eu des pharmaciennes, c'était toutes des femmes, des pharmaciennes propriétaires super compréhensives qui m'ont laissé partir, qui me laissaient mes horaires d'entraînement. Quand on veut, on peut arrêter. Non, quand on peut, ensuite on peut vouloir. Mais j'ai eu beaucoup de chance, j'ai très bien entouré.
- Speaker #0
Tu vois, moi, je suis d'accord avec toi que cette phrase, j'ai un peu du mal à l'entendre. Je pense qu'on en revient. Par contre, je crois que... Alors oui, quand on peut, c'est facile de vouloir. Mais par contre, je crois quand même qu'il y a un... De vouloir, c'est aussi s'organiser pour pouvoir. Oui, là où il ne faut pas que ça aille dans l'extrême, c'est... Ben voyons, t'as voulu, t'as essayé, t'as... ta foirie, c'est que t'as pas assez voulu. Tu vois, c'est ça qui me... Et donc, du coup, tu n'as pas réussi. Ben non, en fait, j'ai voulu, justement, j'ai fait des choses, et non, le résultat n'est pas celui que je voulais. Mais de revenir à ce... Je pense qu'il faut quand même, des fois, se mettre en mouvement avant même de se dire qu'on a la capacité de le faire, juste, vas-y. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Mais par contre, en ayant conscience que c'est fort probable que... Je vois une grosse différence entre l'acharnement... Oui. Puis la détermination.
- Speaker #1
On mêle les deux des fois.
- Speaker #0
Et on mêle les deux des fois. Et tu vois, tu parles de sport, mais il y a des fois, évidemment, des résonances avec l'entrepreneuriat. Moi, on m'a posé la question si j'avais abandonné mon entreprise parce que c'était rendu trop dur.
- Speaker #1
Mais oui, mais...
- Speaker #0
Ou est-ce que c'était vraiment moi qui ne voulais plus ? Pourquoi je ne voulais plus ? Je ne voulais plus parce que c'est dur et du coup, je suis lâche ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ou je ne veux pas juste parce que c'est plus aligné ?
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Et donc, il y a des personnes qui vont te dire... Bah non, en fait, t'aurais pu la pousser plus loin, il suffisait de faire encore trois ans, puis franchement, ça y est, c'est dur, t'arrêtes. Bah non, parce qu'en fait, les cinq années précédentes n'étaient pas faciles. C'est ça ! À la base, je veux juste ramener que j'ai pas juste surfé sur quelque chose de simple initialement. Et c'est là, je trouve, que par contre, on...
- Speaker #1
Tu sais, des fois, la ligne, elle est mince entre la persistance et l'obstination. À quel moment c'est bien de persister ? Parce que tu sais, là, je refais un parallèle au sport. Et effectivement, je pense que l'entrepreneuriat, c'est un des plus beaux parallèles qui peut se faire parce que tellement de choses qui se recoupent. Mais à quel moment j'arrête ? Et je pense que c'est une question qu'on peut toujours se poser quasiment. Mais à quel moment je persiste et à quel moment je m'obstine et je continue de cogner dans un mur qui ne cédera pas ? Et ça, tu sais... Un truc de perf mental aussi que j'ai toujours aimé, c'est ceux qui posent les questions des fois ou ceux qui disent, ceux qui jugent. Il faut toujours garder ceux qui sont dans l'arène avec toi. Ceux qui savent, ceux qui ont été avec toi depuis le début, ceux qui t'ont accompagné, eux, ils savent. Eux, ils peuvent avoir les bonnes paroles. Eux, ils vont avoir les... On en prend en jette toujours, mais eux, ils vont avoir des conseils un peu plus pertinents de... Est-ce qu'on n'est pas en train d'aller trop loin, là ? Parce que pareil, ce truc-là, c'est des fois la ligne entre le précipice et rester sur ses deux pieds, elle est mince. Et tu vois, pareil, je pense que l'été dernier, quand j'ai tiré la plug, j'étais sur le bord de faire « ok, c'est plus fun du tout, là, genre » . Donc je m'obstinais dans un truc. J'aurais pu me blesser, j'aurais pu me faire bien plus mal psychologiquement aussi. Ça n'avait plus de sens.
- Speaker #0
C'est ça. Mais oui. Et puis tu sais, oui, il trouve votre pourquoi. Des fois, on le perd, on le retrouve. Mais c'est vrai que... Ben non. Puis tu sais, il y a un truc que j'ai écrit il n'y a pas longtemps, c'est je vous souhaite de vous planter parce qu'alors, ça voudrait dire que vous aurez essayé. Et dans tout ça, tu vois, est-ce que c'est le bon moment ? Est-ce que je fais les bons choix ? Il y a de la prise de risque dans tout ça. Obligatoire. Quand tu te lances dans quelque chose, il y a une prise de risque. Peux-tu la mesurer si ça implique ta famille, ton loyer, ton argent, tes trucs ? Oui, je pense que sauter dans le vide pour sauter dans le vide, ça n'a aucun intérêt. C'est ça que j'aime dans le sport, c'est que je trouve que c'est un environnement un peu plus, encore une fois, peut-être stérile. Il y a moins de risques là-dedans. Genre, au pire, j'ai perdu ou je n'ai pas fait le résultat que je voulais. Au pire quoi ? Au pire rien, tu vois.
- Speaker #1
L'été dernier, tu choisis de tirer la plogue, comme tu dis. Oui. Et tu tires la plogue de quoi, concrètement, pour les gens qui nous écoutent ?
- Speaker #0
de cette roue d'entraînement qui devenait trop pesante. Je n'arrivais plus justement, tu sais, le pourquoi, parce que je trouve ça fun, parce que j'aime ça. Écoute, franchement, là, carte honnêteté aussi, mais moi, quand j'allais aux entraînements, c'était avec le sourire aux lèvres et je me suis toujours considérée comme un élément moteur dans mon groupe, tu vois. Et quand je commençais à trouver que je ne l'étais plus, que je ne comprenais plus beaucoup, Pourquoi je me levais à 5h pour aller dans l'eau à 6h ? J'étais là, mais qu'est-ce qu'on fout là ? Mais pourquoi on fait ça ? Mais c'est quand même dingue. Et il y a un beau problème peut-être, c'est sûr, mais il fallait manger suffisamment, il fallait dormir suffisamment. Ok, est-ce que j'ai eu mes 4000 calories par jour ? Est-ce que j'ai eu mes 7, 8, 9 heures de sommeil ? Est-ce que j'ai eu ma sieste ? En fait, tout ça, au bout d'un moment, j'étais là, mais attends, mais ça n'a plus de sens. Et alors que pendant des années, c'était même pas une question. Là, écoute, je me reverrai toujours à Étienne Desmarteaux avec une séance d'intervalle que j'aime tellement la piste, m'effondrer en larmes, que je n'ai jamais fait ça de ma vie, toute seule dans ma bagnole comme une peau vraiment peine à me dire non mais là, Astrid, on a déconné là, on a dérapé, on a dérapé, on n'est pas obligé de se rendre là. Et là, en tout cas, pareil, je suis bien entourée. Tu demandes conseil à ceux très proches dans l'arène et tout. Puis là, on fait OK, stop. Pourquoi on fait ça ? que des beaux problèmes.
- Speaker #1
C'est aussi que tu as accepté, toi, il y a une forme d'humilité, c'est que tu as accepté ton sport et tu as accepté d'être nulle en commençant.
- Speaker #0
Ah, mais tellement !
- Speaker #1
Tellement aimé ça ! Je voulais rebondir sur le on saute de l'avion, puis il faut se lancer et tout machin. Oui, mais il faut se lancer en acceptant de se lancer des fois dans des choses où nous ne sommes pas bons. Ou moyens. Ou pas tout de suite le meilleur, en fait.
- Speaker #0
Non, puis alors j'avais une carte naïveté aussi. Puis comme je te dis, pas d'anxiété de performance et zéro peur de l'échec. Donc au pire quoi ? Au pire rien. Donc on le fait, tu vois. Et encore une fois, je ne jouais pas ma vie là-dessus, tu vois.
- Speaker #1
Mais tu ne t'imaginais pas finir athlète professionnel.
- Speaker #0
Ah non. Et puis ça, ça a pris de l'acceptation, mon syndrome de l'imposteur. Mais tu vois, j'aime dire que même mon syndrome de l'imposteur ne me le prendra pas. C'est arrivé, j'ai eu une carte pro, j'ai compétitionné à l'international en tant qu'athlète pro. Écoute, ça me fait encore drôle de le dire, mais c'est arrivé.
- Speaker #1
Je vais pouvoir l'avoir, cette carte-là,
- Speaker #0
vite moins quelque part. J'ai une place dans le classement mondial. C'est très cool. Je ne sais plus, j'étais 385e, je crois. Mais si on aime les chiffres. Ouais, c'était... Ouais, vraiment. Parce que j'aime jouer. Moi, je suis une gamine. Et puis, j'ai l'enclair à faire les choses un peu dures. Donc, ça a l'air dur, vas-y, je fais.
- Speaker #1
Une femme de défi, on adore. Oui, c'est cool. Le plaisir, la joie, ça fait aussi des liens avec le livre que tu viens de terminer, qu'on aime particulièrement, de Chloé Rochette. Tu es quand même aussi une professionnelle de la santé. On a dit qu'on ne va pas parler que du sport, mais tu as cet aspect-là aussi qui probablement t'a ancré aussi dans ne pas tomber dans certains travers de ton sport, parce qu'en même temps, à 13h, tu étais attendue à la pharmacie, au comptoir, avec des clients qui ont des problèmes de santé. C'est quoi la santé pour toi, Astrid ?
- Speaker #0
C'est un privilège. C'est quelque chose pour lequel on doit travailler très fort. Il faut être acteur. Ce n'est pas être heureux, pouvoir faire tout ce qu'on veut. C'est plus vaste que ça. On ne naît pas tous avec la santé non plus. Il y a beaucoup d'incertitudes là-dedans. Puis tu sais, autant il y a des incertitudes dans le sport qui sont tolérables. Je trouve que les incertitudes de santé, parfois, tu sais, un attente de diagnostic, un truc, ça, ce sont des incertitudes proches de l'intolérable, souvent. Et c'est un état qui nous permet de faire... Être en santé, c'est nos personnes âgées, souvent nos plus âgées, le 1er janvier, c'est ce qu'on souhaite. Ils ont tout compris, de toute façon, ils ont tellement plus d'années d'expérience, on nous dit quoi ? La santé, la santé, je vous souhaite la santé.
- Speaker #1
Et le reste suivra.
- Speaker #0
Et le reste suivra. Mais parce que si t'as ça, mais alors, mais en fait, il n'y a pas grand-chose qui... Bien sûr, on a tous des défis, tu vois, des deuils, des problèmes au boulot et tout, mais c'est vrai que si t'as la santé, tu pourras toujours te ramener avec un truc de dire OK. Je ne vais pas avoir à m'inquiéter justement d'un diagnostic, d'une incertitude, d'un truc. Et ça, après, ça permet beaucoup de choses.
- Speaker #1
Et comment tu vis le fait de tous les jours côtoyer des gens qui ont besoin du curatif pour prendre soin de leur santé ? Et en même temps, toi qui as toute cette facette-là de ta vie, de ta personnalité, qui crois que la santé, c'est aussi la prévention. Vous m'arrêtez comme deux... Le point de jonction entre deux mondes que tu observes, que tu vis, et l'autre que tu vis aussi, mais je veux dire, au service des gens qui ont besoin de se soigner. C'est une forme de dichotomie qui est particulière quand même.
- Speaker #0
Tu vois, je m'entraîne moins, donc j'ai plus de place mentale pour penser à d'autres choses que l'entraînement. Puis c'est vrai que ce n'est pas toujours évident. Moi, je suis chanceuse, je suis privilégiée. On m'a montré comment faire, on m'a montré comment bouger, on m'a appris l'amour de l'effort, le goût de l'effort. On m'a montré, tu sais, c'est pas vrai que tout le monde arrive avec les mêmes cartes dans les mains. Encore une fois, quand on veut, on peut, n'importe quoi. Moi, on m'a montré, j'ai eu les cartes. Donc, c'est sûr que je me sens privilégiée, je me sens chanceuse. Puis, c'est vrai que la maladie, ça existe. Il y a plein de monde qui a besoin de traitement, de soins, d'accompagnement. Il y a du monde à qui on a besoin de remettre les cartes dans les mains aussi. Puis ça, c'est très compliqué parce que souvent, ça prend du temps. Ça prend des échecs, ça prend des erreurs. Les gens ne veulent pas toujours de la carte au début. Il y a tout un aspect de mon métier où il y a quasiment presque de l'inévitable. Bon, ça, on s'en occupe. On gère. Puis ça, il y a besoin de gens qui peuvent et qui veulent pour s'occuper de ces gens qui ne peuvent pas et qui donc ne peuvent pas vouloir, je pense. Puis il y a ceux qui pourraient, mais qui ne veulent pas. Et ça, j'avoue que c'est confrontant. Ça, c'est très confrontant pour moi et c'est de plus en plus dur, je te dirais. Ça prend beaucoup de place dans ma tête. Ceux qui me connaissent ne doivent plus être capables de m'entendre parler de tout ça. Mais oui, tu l'as dit, c'est dichotomique. Puis après, ça vient chercher des valeurs très profondes. Moi, je pense qu'il n'y a pas plus grand accomplissement qu'après un effort, tu vois. Donc quand la solution magique, la pilule magique, la solution immédiate... C'est très sociétal tout ça, c'est un problème de fond, on veut tout tout de suite, on veut sûrement trop, mais il faut plus, Mais ce que j'ai en tête va complètement à l'encontre de l'élan de la société dans sa majorité, c'est-à-dire que je prône l'effort, le temps, la patience, les échecs. J'adore le mot échec, j'adore le mot échec. On dirait que des fois il faut l'enlever du vocabulaire, mais non, c'est pas un échec, c'est un apprentissage, non.
- Speaker #1
On s'est foiré.
- Speaker #0
On s'est foiré, ça a merdé. Qu'est-ce qu'on fait avec ça ? On n'a pas le temps, des fois, à la pharmacie. Les gens attendent tellement. Pourtant, ils doivent se demander ce qu'on fait. Je sais bien. Il y a un peu de frustration dans ce que je fais à la pharmacie. Parce que j'ai l'impression que je pourrais apporter d'autres choses. Mais j'ai besoin de tout ce que la société ne m'offre pas en ce moment. C'est-à-dire des moyens. On a besoin de salles privées. On a besoin de temps. Bien sûr que ça prend de l'argent, puis ce sont des choses qui vont à contre-courant, donc c'est frustrant.
- Speaker #1
C'est comme si tu côtoies deux vitesses, en fait. L'instantané, le temps court, le tout de suite maintenant, l'urgence. Et en même temps, toi, tu te places dans quelque chose de beaucoup plus temps long, endurance, tu l'as dit. C'est quasiment has-been, en fait. Et en fait, on en revient, je pense, tranquillement. parce que tout ce qui est instantané est souvent éphémère.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Apprendre aussi aux gens, chaque jour, tu vas faire quelque chose qui va contribuer à un résultat final.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Ce n'est pas naturel. Non. Ce n'est pas ce que les médias sociaux veulent bien nous dire et la société dans laquelle on vit.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
C'est quoi être acteur de sa santé,
- Speaker #0
Astrid ? Je pense que ça prend de la curiosité. Du courage aussi, parce qu'il y a des choses pas agréables. Il y a un besoin de confrontation aussi. Est-ce que... Je pense que c'est... On le sait, dormir 7h, boire de l'eau, cuisiner ses repas, aller marcher. On le sait, tu vois. Pour autant... Est-ce qu'on arrive à rentrer ça dans nos horaires si chargés et à vraiment se dire, OK, non, mais là, c'est plus une option, tu vois. Puis de se regarder dans le miroir et de dire, OK, là, quand même, j'aurais pu, tu vois. J'aurais peut-être pu, mais bon, qu'est-ce qu'on fait tranquillement ? Encore une fois, du temps, personne ne doit courir un marathon ou doit s'entraîner 25 heures semaine comme je l'ai fait, tu vois. C'est pas ça, le mouvement, la santé, bouger. Mais on est dans un système de santé qui sature, si les gens ne le savaient pas. et pour déjà, de un, soulager ce système et ne plus en être si dépendant je pense qu'on doit être plus curieux, plus acteur en fait on doit s'intéresser on doit poser les questions, là encore c'est pas possible pour tout le monde, j'ai du monde à la pharmacie qui sait pas lire, qu'est-ce que tu veux comment on fait, c'est pas possible mais encore une fois il y a une base de ceux qui peuvent et qui veulent, ceux-là on les garde continuons C'est... qu'on conduit le train, on y va. Il y a ceux qui peuvent et qui ne veulent pas. Il faut qu'on essaie de trouver la switch pour faire les deux. On soutient encore plus un modèle qui va perdurer. Il y a ceux qui ne peuvent pas et qui ne veulent pas. On va les aider si on arrive à se soutenir plus comme une base. Mais c'est sûr qu'il faut poser des questions. Il faut s'informer, puis c'est vrai que la désinformation est partout aussi, donc trouve les bonnes infos. On se mêle dans un océan de ramassis de conneries, pourrait être voli, donc c'est pas évident.
- Speaker #1
Tu vois la désinformation au comptoir ? T'as des gens qui te lient avec des claims alors que...
- Speaker #0
Oui, parce que tu vois encore à ça comme... En fait, moi je pense que 99% de l'humain, des humains qui viennent me voir ont quasiment tous seulement besoin d'écoute en fait. On a besoin d'écoute. t'as pas besoin d'une pilule moi quand je fais repartir malheureux et la tête bien bien peinant que le meilleur remède ce sera l'eau chaude le miel et le citron pour moi qui commence à perdre ma voix parce que j'en parle trop mais on n'a pas besoin de beaucoup c'est pas facile mais c'est simple c'est pas facile mais c'est simple j'aime ça parce qu'effectivement c'est de ramener à
- Speaker #1
à son gros bon sens aussi, puis que la solution n'est pas toujours à l'extérieur de nous. On nous le vend quand même pas mal, mais tout commence par soi, c'est cliché. Oui, c'est que c'est dur.
- Speaker #0
Tout le monde a des vies, des familles. Je pense toujours, quand on dit rien n'est impossible, encore une fois, non. J'aime le truc de dire, c'est vrai que rien n'est impossible, mais tout n'est pas possible. Et une femme monoparentale à qui on va dire « Mais si, tu vas finir ton triathlon. » Comment veux-tu ? Qu'est-ce que tu racontes ? Allons avec du simple. Mais on peut. Il y a des options, il y a des solutions. Il y en a qu'il faut aider un peu plus que d'autres. Et tu vois, je t'entends avec le Conseil des sports de Montréal et tout, il y a plein de belles initiatives. Il y en a plein. Ça, c'est de l'espoir et puis c'est moteur.
- Speaker #1
Mais est-ce qu'on en discutait hors micro ? Il y a de l'espoir en théorie. Et puis ensuite, il y a comment on descend l'espoir en pratique.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Toi, quel levier tu as envie d'activer sur les prochaines années aussi pour contribuer ? Contribuer à la santé par ton métier. Mais on entend aussi que c'est parfois compliqué de contribuer à la hauteur que tu souhaiterais.
- Speaker #0
Écoute, j'ai eu la chance justement, encore une fois... d'être bien entourée et tout. Quand j'ai dit, OK, l'entraînement, c'est too much, on essaye de lever le pied, j'ai pu mettre un pied dans le coaching. Donc là, j'ai commencé des formations, ma coach à moi m'a mis un pied là-dedans, elle a besoin de remplacement sur son groupe à l'UDM. J'ai commencé là-dedans, au début, tu es là, oh là, qu'est-ce que je... je ne sais rien. C'est génial.
- Speaker #1
Des jeunes triathlètes ?
- Speaker #0
Exact. C'est des jeunes triathlètes qui ont, je pense, entre 18 et 24, peut-être pour la plupart. C'est un groupe que j'adore. C'est un groupe exceptionnel que j'apprends à connaître aussi, que je trouve, justement, on ne connaît pas tout, je ne vois pas tout et tout le monde, mais que je trouve quand même relativement sain. et qui me redonne beaucoup d'espoir dans la race humaine. De dire, wow, à 6h30, il y a des kids qui vont aussi aller faire leur journée après, mais qui sont pour l'instant là dans l'eau, à être courageux, à se dépasser, à se donner. Ils sont en groupe, ils s'apprécient, il y a une belle dynamique. Ça, encore une fois, c'est des choses qui peuvent, je pense, s'extrapoler dans leur vie de tous les jours. Et ça, encore une fois, on ne peut pas être de tous les combats, mais je crois fondamentalement Merci. que créer, arriver à créer des zones dans lesquelles les gens peuvent bouger, puis je te dirais que c'est vaste, c'est à tout niveau, créer des environnements dans lesquels on va leur permettre d'eux, ben ça, c'est positif. Ça, ça, c'est des parties de solution pour notre société, parce que si on arrive à faciliter ça, si on arrive à rendre l'effort, la patience, la curiosité au goût du jour, Je te promets, je ne sais pas si on peut croire qu'est-ce qu'on croit, mais ça, j'y crois.
- Speaker #1
Tu as conscience qu'ils ont de la chance de croiser des gens comme toi à cet âge-là ? Parce que toi, tu as parlé de ta maturité qui t'a préservée, mais là, c'est des jeunes de 18, de 24 ans qui rencontrent quelqu'un qui a eu non seulement le parcours, mais la maturité, qui a fait d'autres choses dans sa vie et qui promeut, qui incarne, même au lieu de promouvoir, un modèle sain. Ça veut dire que pour les parents de ces enfants-là, à quel point c'est rassurant aussi de se dire que le coach ne va pas le péter en douce, puis toujours lui faire cultiver l'amour de son sport avant d'aller chercher la performance. C'est incroyable, quand même.
- Speaker #0
C'est gentil et clair. Je ne voyais pas trop ça sous cet angle-là. Encore une fois, peut-être que je ne m'exprime pas tout le temps non plus. Je pense qu'encore une fois, ça passe par la conscience et par les mots, beaucoup. Donc, peut-être qu'il le ressent en moi, et tant mieux. Après, il y a des choses qui se disent. Je ne pense pas que le silence a fait bouger non plus. Je pense que le silence, c'est... Le silence et le mutisme sont des facteurs immobilisants. Donc, j'aspire, tu vois, parce que c'est beaucoup, entraîner des jeunes, je trouve que c'est énormément de responsabilité aussi. Puis, je ne veux pas aller vers là où je ne sais pas trop, parce qu'il y a beaucoup de responsabilité dans ces humains. Je trouve qu'il y a de la responsabilité dans un coach envers des humains. Donc, il faut faire attention et tout. Mais c'est vrai qu'avec le temps, je pense qu'il y a des choses qui peuvent se développer. Tu vois, prendre de la conscience sur ce que vous faites le matin, que ça a un impact sur votre vie de tous les jours. Ça, ça se développe, ça. Parce que eux,
- Speaker #1
c'est leur cassette routinière. Ils ne se rendent même plus compte qu'ils font quelque chose que la majorité des gens ne font pas.
- Speaker #0
Exact. Et si tu ne dis jamais, tu ne peux pas cliquer tout seul. En tout cas, moi, ça a pris beaucoup de temps et du monde autour de moi pour que je clique.
- Speaker #1
un peu hors sujet, mais c'est quoi le secret pour se lever à 5h du matin sans se nouzer et finir par être dans la piscine à 6h ?
- Speaker #0
Si tu dois être dans l'eau à 6h et que tu sais que tu as 30 minutes de trajet, comme c'était mon cas, je me levais 5 minutes, mon réveil sonnait 5 minutes avant. C'est-à-dire que je savais que je devais être dans la voiture à 5h30, donc mon réveil sonnait à 5h25.
- Speaker #1
Pas la place à la quête ? Non,
- Speaker #0
pas la place. Pas la place parce que... qui dit franchement tu te bloques tu te bloques débrouille toi 5h25 qu'est-ce que tu veux que je fasse sinon je vais pas être à l'heure dans l'eau donc quasiment le maillot de bain est déjà mis t'auras avec le bonnet toujours prête non mais qu'est-ce que tu dis il y en a qui s'y sont essayés j'adore on en parlait aussi tout à l'heure mais j'ai envie de t'entendre sur sur... ce que c'est pour toi un leader, une leader ? J'aime bien l'idée... L'exemple, c'est ma coach qui est so underrated. Pardon ma langue française. Mais j'aime l'idée de la conductrice de train. Quelqu'un qui a envie d'amener du monde avec elle ou lui. Pour les bonnes raisons, ça c'est tout un autre débat. Mais je sais pas. Je n'explique pas, Claire, comment certains êtres humains sont plus allumés que d'autres à vouloir faire les choses avec d'autres et les amener, tu vois, avec des visions, avec des passions de base, tu vois. Ça se voit dans l'entrepreneuriat, ça se voit dans le sport, ça se voit dans plein de domaines. C'est la musique. Je ne sais pas expliquable, je pense, de toute façon, mais c'est vrai que l'élan d'enthousiasme que je ressens parfois, tu vois. Souvent.
- Speaker #1
Ça ne vaut rien que je te pose la question. Tu as parlé d'avoir conscience de beaucoup de choses. J'espère que tu as conscience aussi que tu es une conductrice de train.
- Speaker #0
Il y a des choses qui m'animent. Il y a des choses qui m'animent. Il y a des choses qui me... qui réveillent des choses en moi. Je vois l'impact positif de beaucoup de choses dans certaines actions. Tu vois... Tu vois, on avait l'aquatelon de l'UDM samedi dernier, je pense que 85% des inscrits, c'était nos jeunes de l'UDM. Putain, mais quelle journée on a passé, tu vois, on se bouge, on est ensemble, on est content d'être content. En même temps, on avait tous, même moi, j'étais là, oh là là, la petite pression du départ et tout, on créait des choses, tu vois. Je crois énormément à ça, on a le privilège de pouvoir se créer des émotions. Puis moi, les motifs, là, laisse tomber, mais... Je trouve ça merveilleux, tu vois. Je crois énormément à ça. Donc, je pense qu'il y a des humains qui développent une vision des choses, puis qui, encore une fois, il y a des leaderships très néfastes et très toxiques, bien évidemment. Loin de moi l'idée de penser que c'est jamais fait de la mauvaise façon ce que j'ai envie de faire. Je ne demande qu'à apprendre. En plus, c'est tellement complexe. Mais ouais, c'est vouloir conduire un train, puis vouloir qu'il y ait plein de monde à monter dedans. Venez, vous allez voir, ça va être cool.
- Speaker #1
Puis en même temps, c'est d'accepter de partir un train vide, des fois.
- Speaker #0
Ah, c'est absolument...
- Speaker #1
C'est le courage, là aussi. C'est la même action que tu parlais. Souvent, pour tracer le chemin, il faut écarter les branches d'abord, faire le sillon. C'est qu'après, il y a beaucoup de monde qui va monter dans le sable.
- Speaker #0
Faciliter un peu le trajet, pour savoir se mouiller.
- Speaker #1
Mais ce que j'aime, c'est que tu me parles aussi d'action, tu sais, et pas juste du pêletage de nuages dont on a un syndrome assez clé dans le leadership. On peut beaucoup avoir de bonnes idées, puis les vendre et les marketer, mais en fait, qui fait vraiment quoi ?
- Speaker #0
Mais tu sais, il y a une expression d'anglais, je vais la mettre en français, mais faire la chose, c'est dix fois plus cool que de parler de la chose. Ça, on peut parler. Toi et moi, j'espère que c'était les mots débouchés sur des choses, tu vois. Mais on peut parler, on peut parler longtemps. Mais tu vois, moi être à 6h30 avec eux sur le bord de l'eau, il n'y a personne qui a son téléphone là. On est dans l'instant, parce que je crois beaucoup au moment présent aussi. Le passé, c'est terminé. Le futur n'existe pas. Tout ce qui compte, c'est maintenant. Et il n'y a pas plus belle manière que de trouver le moyen de faire. Parce que si tu fais... alors tu es dans l'instant. Et donc, il n'y a plus que ça qui compte. Tu vois, je te dis, nos téléphones, c'est nos poisons là aussi. C'est notre gratification instantanée qui ne nous mène nulle part. Donc, trouvons le moyen de faire. Les mots, c'est super. Les actions, c'est dix fois mieux. Comme dans tout, de toute façon.
- Speaker #1
Oui, complètement. Mon Dieu, j'adore. On a parlé de beaucoup de choses. On a parlé de l'effort, de la discipline. du regard que tu as sur ce que tu as vécu aussi, ce que tu fais, ton regard sur la santé. Qu'est-ce que tu as envie de partager pas comme mot de la fin, mais comme message aussi, alors pour les jeunes peut-être que tu entraînes, pour les gens qui m'écoutent qui ne sont pas du tout du monde du sport aussi, parce que j'en ai, et pour les gens qui hésitent à se bouger le derrière.
- Speaker #0
Je pense que c'est important de savoir Ou de réaliser un peu quels sont nos freins. Qu'est-ce qui fait que je n'arrive pas à bouger ? Est-ce que c'est vraiment... Parce que, tu sais, mettre mes chaussures 5-6 fois par semaine, j'avais pas envie. Puis tu sais, on dit toujours, la motivation suit l'action. Donc, arrêtez de vous dire que vous allez être motivés à le faire. Ça se peut que ça n'arrive jamais. Ça arrive, puis tant mieux quand c'est là. Sarah Brisson dirait, oui, tant mieux quand c'est là la motivation. Mais ça ne tombe pas du ciel, en tout cas rarement. C'est des petits pas, tu vois. Tu sais, j'aime bien qu'on se fasse rêver sur les réseaux. Encore une fois, je trouve ça génial. Il y a des gens qui font des choses extraordinaires et c'est super, mais c'est pas atteignable, tu vois. C'est pas réaliste, ça. C'est beau, le rêve, mais c'est quoi ta vie aujourd'hui, là ? Toi, avec peut-être deux heures à dégager dans ta semaine. Ouais, attends, mais... Parce que du coup, ça... Ça te met un frein. En fait, tu te dis, ça, je n'y arriverai jamais. Mais c'est quoi y arriver ? C'est aller prendre une marche. C'est aller danser dans la rue. Moi, je danse tout le temps dans la rue.
- Speaker #1
Tu viens au silent disco du Café des Habitudes.
- Speaker #0
Mais je t'en supplie. Oui,
- Speaker #1
on va faire ça. On a des casques. On n'entend évidemment pas la musique dehors. On est juste dans les casques. Donc on peut danser sur le trottoir, on peut danser dans le café, on peut danser partout, le DJ est incroyable, Johanna nous organise ça d'une main de main.
- Speaker #0
Quel bonheur !
- Speaker #1
C'est pas par moi. Quel bonheur !
- Speaker #0
Amen ! Ouais, je sais pas, c'est vraiment... Et puis, tu sais, j'aime bien l'expression aussi, y'a pas de petite victoire. Aujourd'hui, tu t'es levée à 5h30 pour aller dans l'eau, à 6h30, t'as eu une séance pas comme t'aurais voulu, ben... Mais tu t'es levée, tu t'es levée, t'étais là, t'étais avec le groupe.
- Speaker #1
T'as bougé.
- Speaker #0
T'as bougé, t'as créé un moment, on a vécu dans l'instant. Allez, c'est bon, victoire. Hop, tac, coché. Et peut-être qu'on se décourage vite des fois, justement, parce que par tout ce qu'on voit, ah, mais elle, elle a fait, puis je suis peut-être le mauvais exemple pour certains aussi. Oui, mais toi, t'es pro et tout. Ben oui, mais encore une fois, j'ai pu, j'ai eu la chance de... Mais il y a tellement d'autres manières de faire. Il y a tellement d'autres manières de faire. Il y a tellement... Il n'y a pas un truc qui est mieux que l'autre, tu vois. Ah, t'es mieux que les autres parce que t'as couru 160 kilomètres sur un trail. Mais attends, mais ils arrivent tout pétés. Ils ne savent même plus pourquoi ils ont commencé. Je ne crois pas qu'ils sont mieux que les autres, tu vois. T'as réussi, t'as bouclé ta semaine, t'as tes enfants, ton boulot, ton conjoint, ta conjointe, tes affaires à régler et tout. Puis dans la semaine, t'as réussi à dégager un peu de temps. Je ne sais pas, une heure de yoga, ça t'a fait plaisir. Deux fois 15 minutes de marche, c'était bien. Hé, mais victoire gagnée, c'est trop bien. C'est ça que j'avais dit une dernière fois, mais laissons-nous de l'air un peu. Ça nous met une pression telle.
- Speaker #1
Ce qui est beau, c'est une forme de simplicité. Comme tu l'as dit, tu n'as jamais été empreinte de l'anxiété de performance non plus. Donc, juste commence, bouge.
- Speaker #0
Oui, commence.
- Speaker #1
Essaye de ne pas se comparer aussi.
- Speaker #0
C'est notre prison moderne, ça.
- Speaker #1
Incroyable. Un temps en moyen pour finir un marathon, non, ce n'est pas sous 4 heures.
- Speaker #0
Mon meilleur temps sur marathon, c'est 4h35. Quand je commençais la course à pied, je m'étais super mal entraînée, j'ai fait toutes les erreurs, je me suis blessée. 4h35, j'étais la plus fière du monde avec mon père. Bref, il n'y a pas de petite victoire.
- Speaker #1
Moi, j'ai fait 4h40 et j'étais super fière.
- Speaker #0
Bravo ! Yes ! Oui, marathonienne à bien !
- Speaker #1
Ah mais complètement, t'es le premier, tu t'en souviens.
- Speaker #0
Mais oui !
- Speaker #1
Tu t'en souviens et puis tu... Puis par contre, ce qui est bien, c'est qu'effectivement, tu vas pousser des choses où normalement ton cerveau était déjà en train de te trouver des excuses en mode « Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu fais ça ? » Puis après, quand t'es confronté à quelque chose dans la vraie vie, tu te dis « Mais en fait, non. 1. J'ai accouché sans épidural. 2. J'ai fini un marathon sans gagner, sans frapper le mur. Ce n'est pas vrai que je ne peux pas gérer ce meeting-là de manière absolument incroyable. Mais en fait, ça te crée un référentiel.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Où ensuite, finalement, tu t'appropries une forme de peur et puis tu passes au... Oui. Et donc, c'est incroyable. Et sans parler de vous inscrire à un marathon, mais juste de se dire, OK, c'est quoi que j'ai fait de complètement fou dans ma vie où je ne pensais pas que je serais capable. Et donc après, c'est ça ta base. Et donc, non, en fait, je suis désolée. Je suis capable de plus parce que... C'est capable de faire ça.
- Speaker #0
Et encore une fois, ça peut être dans les plus petites choses. Ce n'est pas vrai ce qu'on nous montre. Tous les tableaux, les beaux tableaux, il y a tourner les médailles. Posez-vous les questions, soyez curieux, allez chercher. Parce que là, ça va démystifier tout un tas de trucs. J'aime bien comparer l'idée de château de sable. C'est des beaux châteaux de sable, ce n'est pas durable par contre. Et puis c'est vite effacé par la marée tout ça. Donc, la bretonne,
- Speaker #1
ça fait le fil conducteur du podcast.
- Speaker #0
Mais ouais, donnons-nous de l'air avec tout ce qu'on voit, c'est super. Faisons-nous rêver, l'humain, ce qu'on part de façon très naturelle, mais comparons-nous pour nous élever. Moi, dire, ah, quand on se compare, on se console, je trouve ça horrible aussi comme truc. Comparons-nous des bonnes manières. Oh, qu'est-ce qu'il fait de bien, lui ? Comment je peux apprendre de ça ? Comment, moi, ça va me servir dans ma pratique, dans mes trucs ? Mais comparer pour dire au moins les autres c'est pire, ça c'est horrible aussi. Au moins moi c'est mieux parce que les autres c'est pire. Ah non, ça c'est terrible. Et après l'inverse aussi de dire je me compare et donc je me ridiculise et je m'infériorise et tout. Aïe, aïe, aïe, enlevons-nous ça de la tête vite, Ça ne peut pas. Et je sais que ce n'est pas facile, c'est du travail et puis ça ne se fait pas en un claquement de doigts non plus. Mais je pense qu'il faut se rattraper.
- Speaker #1
Je pense que c'est officiellement l'épisode où j'aurais eu le plus d'expressions et de dictons. Astrid ! Moi, je te remets un titre professionnel aussi. Je te remercie. J'adore, j'adore, j'adore. Je tiens de ma mère. Si les gens veulent te suivre, se connecter à toi, c'est quoi le meilleur moyen de te trouver ?
- Speaker #0
J'aime bien raconter des bêtises sur les réseaux de temps en temps. J'aime bien partager, donc je fais plus pour moi. J'écris beaucoup. Donc Instagram en général, Instagram, Facebook,
- Speaker #1
les sites classiques. Astrid, un million de fois merci pour tout ça, est-ce qu'on n'a pas trop parlé de triathlon, c'est bon ?
- Speaker #0
J'espère,
- Speaker #1
moi tu sais que je pourrais en parler de la journée Oui mais je pense que c'était adéquat ça contribue aussi je pense les auditeurs vont le dire c'est un sport qui fascine quand même donc je pense que ça réanime aussi tu l'as absolument bien amené la joie, la bonne humeur qui te caractérise donc bonheur absolu Merci,
- Speaker #0
merci de m'avoir fait parler d'autre chose aussi
- Speaker #1
Facile A bientôt tout le monde, merci. Et voilà, chers amis, l'épisode touche à sa fin. J'espère que vous avez pu en tirer quelques pépites qui feront potentiellement un bout de chemin avec vous. Merci sincèrement pour votre écoute. Il ne me reste qu'à vous laisser avec quelques suggestions d'usages pour faire de cette saison 1 un succès, mais surtout permettre le rayonnement maximum des personnalités invitées à mon micro. N'hésitez pas, pour ce faire, à nous laisser un commentaire sur la plateforme d'écoute de votre choix, à en parler autour de vous. A le plaisir. partager sur vos différents réseaux sociaux. Ce sera super apprécié. Je compte sur vous et je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode.