- Speaker #0
Bonjour à toutes et bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. Aujourd'hui, on ouvre une conversation qu'on a trop longtemps laissée sur le banc. Et je vous le dis d'emblée, pour moi aussi, c'est une première de parler de ce sujet-là au micro. Mais justement, je pense que si certaines conversations nous rendent un peu inconfortables, c'est peut-être parce qu'elles sont absolument nécessaires. Vous le savez, dans le sport, on parle de performance, de discipline, de dépassement, de mindset, de résilience. Mais on parle encore trop peu, voire... pas du corps réel des femmes athlètes. On ne parle pas de sang, de règles, de santé pelvienne, bref de tout ce qui influence pourtant leur quotidien, leur santé globale et peut-être même, et c'est d'ailleurs la question qu'on se pose, leur performance. Dans le cadre de la campagne Parlons Sang, portée par Femmes dans le Sport, j'ai eu évidemment envie de recevoir Bianca d'En Cause Guillaume-Baptisteau, la fondatrice, l'initiatrice, elle-même ex-athlète et aujourd'hui professionnelle de la santé. Marie-Frédérique Poulin, athlète à découvrir, à suivre et surtout l'une des ambassadrices de cette campagne. Avec elle, on va parler sans détour d'un sujet encore trop tabou et surtout de ce qu'il faut changer pour faire évoluer la culture sportive. Je vous invite à plonger dans ma conversation avec Bianca et Marie-Fréd, à découvrir tous les outils de la campagne, à les répandre partout où vous le pouvez et surtout à faire circuler cet épisode. Parce que ce sujet mérite mieux que le silence. Ils méritent d'être entendus, compris et surtout portés plus loin.
- Speaker #1
Faites partie du mouvement et rejoignez la large conversation en commençant par cet épisode avec Bianca et Marie-Frédérique. Bonne écoute ! Bonjour les filles, je suis ravie de vous recevoir sur le podcast.
- Speaker #0
Merci d'avoir répondu à l'invitation. Aujourd'hui, c'est un épisode spécial puisque non seulement j'ai deux invités et c'est super rare que j'ai deux invités. Double pépite au micro aujourd'hui. Je reçois Bianca, Marie-Frédérique. Les filles, pour commencer, je vous inviterais à vous présenter.
- Speaker #1
Oui, salut Claire, merci de nous recevoir. Donc moi, c'est Bianca. J'ai évolué dans le monde de gymnastique quasiment toute ma vie. Maintenant, je dis que ça fait 10 ans que je suis retraitée de ma vie d'athlète. À 31 ans, c'est spécial quand même de dire ça. Donc j'ai évolué, j'étais sur l'équipe nationale de gymnastique. Ensuite de ça, je suis allée aux États-Unis pour compétitionner au niveau collégial américain. J'ai fini ma carrière de gymnaste là-bas. Et ensuite de ça, je suis devenue physiothérapeute. je me suis spécialisée en physiothérapie, en rééducation pérenniale et pelvienne, donc tout ce qui a rapport avec la santé pelvienne et donc la santé des femmes. Et j'ai fondé Femmes dans le sport, une initiative qui vise à mobiliser l'écosystème du sport pour prioriser la santé des filles et des femmes dans le sport.
- Speaker #0
Merci pour ça, c'est un beau parcours sur lequel on va aussi avoir l'occasion de revenir. Ce n'est pas pour rien que tu es au micro avec nous aujourd'hui. Marie-Frédérique, veux-tu te présenter s'il te plaît ?
- Speaker #2
Oui, moi dans le fond, ça fait, je dirais plus de 15 ans que je pratique l'athlétisme. Ma spécialité, c'est le 400 mètres haies. Je termine présentement une maîtrise en santé publique. J'ai commencé mes années à l'Université Laval, puis j'ai transféré pour terminer mon bac à l'Université du Delaware. Puis sinon, après ça, j'ai décidé de revenir à l'Université Laval pour ma maîtrise. Donc là, je me considère encore étudiante-athlète, étant donné que je suis sur la fin de terminer ma maîtrise. Il y a une belle année qui s'en vient, je pars en camp la semaine prochaine, ça me décrit quand même bien.
- Speaker #0
On est particulièrement chanceuse de savoir du compte à attraper au bon moment, parce qu'en plus c'est de Québec, donc merci d'être ici à Montréal, merci aussi à Iris et Arlo qui nous reçoivent dans leur bureau. On est ensemble quand même pour un sujet particulier, tu l'as dit Bianca, tu as fondé Femmes dans le sport, mais tout récemment, tu viens de lancer, vous venez de lancer la campagne Parlons-en, alors parlons-en si tu veux bien. Et ensuite, Marie-Frédérique, tu es une des ambassadrices, un des nombreux visages qui prend part à ce mouvement-là. Parlons-en, qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #1
Parlons-en. Premièrement, c'est un vraiment bon jeu de mots. On est d'accord. Ça, c'est Katia Aubin. Merci. J'ai pensé, avec Florence Morin, qui est, je vais dire, le deuxième cerveau derrière la campagne, à lancer un projet pour sensibiliser, éduquer, mobiliser l'écosystème du sport autour des enjeux de santé de la femme. En ce moment, on vous... On entend beaucoup sur les réseaux sociaux par rapport à la santé menstruelle. Il y a de la bonne information, mais il y a aussi de la désinformation. Donc, une de nos valeurs chez Femmes en sport, c'est la rigueur scientifique. Puis une des activités qu'on fait, c'est la démocratisation de la science pour la rendre accessible. Et en voyant beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux par rapport à la santé menstruelle, on s'est dit, ah, il faut faire quelque chose pour non seulement en parler, mais aussi... éduquer les gens dans le sport par rapport à tout ce qui est menstruation, mais aussi plancher-pellier, parce que ces deux problématiques, donc les troubles du cycle menstruel ou les dysfonctions pernéales, sont hyper prévalentes chez les athlètes féminines, chez les femmes qui font du sport. Puis entre nous, entre les athlètes ou cliniciens, les personnes sur le terrain, on en parle et tout, mais dans l'écosystème globalement, on n'en parle pas. C'est encore super tabou. En tant qu'athlète, j'ai vécu un peu les angles morts dans le système par rapport à la prise en charge de la santé des athlètes féminines. Et maintenant, en tant que clinicienne, je vis encore les angles morts avec les athlètes féminines qui viennent me voir dans le bureau. Et c'est le temps, honnêtement, de faire quelque chose, de brasser un peu le système pour qu'il y ait des changements concrets. Donc, on est là pour sensibiliser par rapport aux enjeux de santé menstruale et pélvienne dans le sport. Mais au-delà de sensibiliser, on veut éduquer. les filles, les femmes, les athlètes qui font du sport, pour connaître qu'est-ce qui est normal dans un cycle menstruel, qu'est-ce qui n'est pas normal dans un cycle menstruel et dans la santé pelvienne, pour ensuite pouvoir aller chercher l'aide qu'elles ont besoin. Donc d'être des, en anglais on dirait « advocates » pour leur propre santé. Et au-delà de la sensibilisation, éducation, pas juste au niveau des filles et des femmes qui font du sport, mais toutes les personnes qui les entourent. On parle des coachs, on parle des professionnels de la santé qui les entourent, qui ne sont pas... pas nécessairement spécialisées en santé de la femme parce qu'à la base, à l'université, on n'apprend pas ça. C'est fou, là. Et au-delà de la sensibilisation, de l'éducation, on voulait faire, on voulait mettre en place quelque chose qui allait changer la culture sportive et donc mobiliser les gens. Puis, on a lancé le défi d'équité menstruelle dans le corps de la campagne. On pourra en parler un peu plus tard. Donc, en gros, c'est ça la campagne. Il y a beaucoup de stock. On a embarqué une vingtaine d'athlètes ambassadrices. pour porter ces messages-là par leur vécu, par leur expérience d'athlète, parce qu'on fait ça pour les athlètes. En ce moment, il y a tellement un essor de l'industrie du sport féminin qui est incroyable. On a de la visibilité, les marques investissent, tout ce qui est secteur privé commence à avoir le potentiel dans l'industrie du sport féminin. Mais cette industrie-là n'existe pas si on ne priorise pas la santé des athlètes qui la rendent possible. Et à la base, c'est ça, Femmes en sport. Avec la campagne, on veut mettre la lumière sur ces enjeux-là. Et on commence avec la première campagne sur la santé de monstrelle et pélvine. Mais on ne va pas arrêter là. On va faire toute la santé globale. Je suis super contente d'avoir Marie-Fred comme ambassadrice pour parler de son vécu. Pour qu'on commence à comprendre les athlètes féminines et qu'est-ce qu'elles vivent au quotidien dans leur corps d'athlètes féminines.
- Speaker #0
C'est vraiment un constat que vous êtes partie. Puis on le voit pour le grand public même avec les Jeux olympiques récemment et Paralympiques sans doute, les athlètes qui sortent de plus en plus en disant « c'est pas juste, je suis une femme et je fais du sport, c'est que j'ai une réalité féminine dans mon sport, puis c'est intéressant que le grand public s'y intéresse. » Puis en fait, tu portes un mouvement plus sociétal quasiment que juste sportif.
- Speaker #1
Exactement. Exactement parce qu'en ce moment, la campagne, on est à semaine 2 de la campagne, c'est tellement bien reçu, pas que par le monde sportif, parce que... la santé des femmes, la santé en général, touche tout le monde. C'est comme si on faisait de la promotion de la santé. C'est pour ça que je vais être vraiment curieuse, Marie-Fred, quand on parle de ton background en santé publique. Parce que c'est vraiment de la promotion de la santé qu'on fait. Promotion de la santé de la femme, notre véhicule pour le faire, c'est via le sport. Parce que le sport unit tout le monde et la santé unit tout le monde. Donc quand on parle des deux en même temps, c'est une super belle synergie.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #0
Alors Marie-Fred, si tu veux nous partager ta réalité vraiment de toi qui es athlète, qui es femme, comment tu résonnes avec ce que Bianca vient de dire, pourquoi tu es ambassadrice de ce mouvement et tu as choisi d'embarquer ?
- Speaker #2
Si tu résonnes vraiment avec moi, comme ce que tu viens de mentionner, je trouve vraiment que c'est un vecteur de changement. Quand on dit que le sport, la santé féminine, cette campagne-là, je pense que le plus c'est avec mon point de vue de santé publique, je pense vraiment que ça va être un levier de changement. Pourquoi j'ai embarqué dans cette... Dans le fond, quand Bianca m'a offert d'être ambassadrice, parce que ça me parle comme campagne. À la base, c'est quand j'ai appris à connaître Bianca, puis c'est un mouvement-là, comme ce projet-là de femmes dans le sport. Tout de suite, moi, c'est venu me parler, vraiment. Puis je trouve ça le fun qu'elle apporte ça dans la réalité comme québécoise, puis même, tu sais, je pense qu'elle va se rendre au niveau canadien. On dirait que j'étais contente, parce que même à la base, ma première réaction, c'était quand même un peu toujours cette gêne-là. Je vais être fière d'en parler, puis ça va me faire plaisir, mais je pense que ça représente quand même un défi pour moi, parce que, autant que toutes les femmes le vivent au quotidien, on n'en parle pas. Puis c'est ça que j'ai réalisé. Puis là, ça fait comme deux semaines que la campagne est lancée, puis là, ça fait comme deux semaines que j'en parle plus. Mais c'est comme plus que j'ai jamais parlé dans ma vie. C'est ça que je réalise.
- Speaker #0
Combien de temps que t'es dans ton sport ?
- Speaker #2
Depuis que j'ai comme 4 ans que je fais du sport. J'ai réalisé qu'avec mes coéquipières, j'en parle pas vraiment. Qu'est-ce que c'est avec mes coachs, qu'avec les professionnels de la santé. Puis de nommer les mots aussi, d'utiliser les vrais mots. Menstruation, c'est des mots des fois qui peuvent faire peur. Fait que là, on dirait que je suis fière d'être ambassadrice parce que j'aurais aimé ça avoir des exemples quand j'étais plus jeune. que là, même moi, je trouve que ça me sort de ma zone de conflit. fort, puis c'est un beau défi, mais je trouve que c'est vraiment pertinent comme campagne.
- Speaker #0
Absolument. Oui, c'est pas juste que tu es indisposé. C'est-à-dire qu'à un moment donné, t'es dans une normalité cyclique. Comment quotidiennement, tu l'as vécu, toi, dans tes entraînements, dans ta performance, le fait d'ouvrir le sujet aujourd'hui, ça change quoi ou qu'est-ce qui est gênant de dire ou j'ai vraiment envie de plonger dans ta réalité pour qu'on comprenne le... Quand tu as 15 heures d'entraînement par semaine pour te rendre au niveau où tu es, parce que quand même, on n'a pas parlé de ton palmarès, mais les conséquences, ça a impliqué quoi ? Est-ce qu'il y a des fois où tu t'es interdit de faire tes entraînements, où tu as moins performé ? Comment vraiment tu le vis si on plonge dans ta réalité d'athlète ?
- Speaker #2
Je pense que tous les sports ont leurs spécificités. Toutes les femmes aussi, on le dit souvent, comme avec la campagne, chacun a leur cycle, chacun a leurs symptômes, comment ils vivent leur cycle. Moi, personnellement, je dirais que je ne vais pas m'empêcher de faire des entraînements. C'est sûr que des fois, je vais moins me sentir bien, puis peut-être que c'est lié à d'autres facteurs, mais souvent, des fois, on va faire des liens avec notre cycle menstruel. C'est sûr qu'il y a des journées que je vais me sentir les jambes plus lourdes, les entraînements dans les répétitions, je vais me sentir moins bien, puis des fois, j'aurais le goût de le nommer. En même temps, je ne vais pas trop associer les symptômes à les performances. Je pense que c'est ça que j'ai appris, surtout dans les dernières années. Personnellement, j'ai un cycle régulier, puis on compétitionne souvent. Quand on se met à y penser, là... Dans une année, je vais avoir combien de courses que je vais être menstruée ? C'est drôle à dire, mais j'ai appris à ne pas associer les symptômes négatifs aux résultats. Dans le sens que je suis capable de performer quand même. Est-ce que je vais me sentir des fois moins bien ce matin-là ? Oui, sûrement. Il y a des matins de compétition que je me lève, puis comme je me sens plus ballonnée, je vais me sentir comme moins « sharp » , on va dire. Mais d'essayer de faire « ok, qu'est-ce que je contrôle ? » Puis là, c'est vraiment mon préparateur mental qui m'a aidée aussi par rapport à ça. d'associer ce que je contrôle. Mais ça, c'est ma réalité personnelle. Mais c'est sûr que ça n'empêche pas qu'il va y avoir des trucs que je vais devoir m'adapter, que ce soit en entraînement, en compétition, parce que tu sais, comme là, tu traînes les tampons, parce que là, il faut que tu t'ajustes pour pas qu'il y ait des débordements et tout. C'est sûr que c'est quand même une réalité.
- Speaker #0
Est-ce que tes équipes sont au courant, les gens qui sont autour de toi, qui t'entraînent ? Est-ce que c'est quelque chose que tu arrives à nommer ?
- Speaker #2
En coéquipière, on peut se le nommer, mais tu sais, c'est pas des grosses discussions qu'on va avoir. Il y a certaines filles qui prennent la contraception en continu. Eux, ils ne seront pas dans leur semaine. Sinon, ça m'est arrivé peut-être une ou deux fois de le nommer à mon entraîneur, mais ce ne sera pas comme la réalité. Ce n'est pas nécessairement pris en compte précisément. Je pense que dans l'avenir, ça pourrait, mais en même temps, il n'y a pas d'études. Oui, c'est ça. C'est bien grave. Oui, bien sûr,
- Speaker #0
j'aime les yeux.
- Speaker #2
Mais tu sais, moi, je suis quand même rassurée parce qu'il y a l'entraîneur adjoint du Rouge et Or, donc entraîneur de sprint, Imane. C'est le fun parce qu'elle a fait son PhD, puis là, elle commence une nouvelle étude au printemps qui va être avec les femmes dans le sport et leur cycle menstruel. Mais tu sais, comme on parle de mouvement, je pense vraiment que c'est ça. Je suis sûre que Bianca, tu as beaucoup de choses à dire là-dessus.
- Speaker #1
Moi, je voulais rebondir sur ton expérience et ce qu'elle t'a dit parce que je pense qu'une des raisons pour lesquelles on a fait la campagne, c'était de démystifier l'impact du cycle menstruel sur l'entraînement et sur la performance. Parce qu'on voit beaucoup de messages en ce moment du fameux psychosyncing, qui est une méthode d'entraînement qui encourage de modifier la façon qu'on s'entraîne selon notre phase du cycle menstruel. Certaines personnes vont dire aussi « Ah, le cycle menstruel a vraiment un impact important sur la performance, sur les blessures. » Puis à ce stade-ci, la science ne soutient pas ces pratiques-là. Et de l'entendre d'un athlète qui dit « C'est pas réaliste, on a des compétitions. » Tout le long de l'année, on ne peut pas tout modifier selon notre cycle menstruel. C'est ça la réalité d'athlète de haut niveau, c'est ça la réalité de beaucoup de femmes. Même pour une femme qui n'est pas athlète de haut niveau, je ne peux pas, moi, une semaine, m'entraîner à avoir un abonnement au CrossFit, l'autre semaine, aller dans un cours de pilates ou de yoga, l'autre semaine, rien faire. Pour la plupart des femmes, ce n'est pas réaliste de complètement changer. modifier notre horaire selon le type d'activité physique qu'on va faire dans un mois. Puis en plus, la science ne soutient pas cette pratique. Puis de partager une pratique qui n'est pas fondée sur des données probantes, c'est de mettre plus de barrières dans les roues des femmes. On s'entend que, à moins que tu sois athlète de haut niveau, c'est tough d'atteindre les recommandations d'activité physique qui sont recommandées par le gouvernement du Canada. Puis en plus, il y a de la rigidité autour de qu'est-ce que tu peux faire selon ta phase du cycle. Je ne suis pas fan de cette idée-là. Enlevons des barrières. Le cycle menstruel est super important. Mais est-ce que ça veut dire que toute notre vie doit changer selon ce cycle-là ? Pas du tout. Il y a des affaires que, oui, on va devoir prendre en compte. Par exemple, les symptômes liés au cycle menstruel. Puis ce que j'ai adoré dans ce que t'as dit, Marie-Fred, c'est que oui, tu vas prendre en compte comment tu te sens. Ça va pas nécessairement avoir un impact sur ta performance cette journée-là. Et il y a tellement de pouvoir dans cette réalisation-là. De créer un espace, un safe space, au sein de l'équipe, avec les entraîneurs, avec ton équipe, avec les femmes autour de toi, dans l'écosystème globalement, de « Hey, t'es en sécurité ici pour nommer » . que ce que tu vis aujourd'hui. Ça ne va pas nécessairement avoir un impact sur ta performance de la journée, mais de pouvoir le nommer, ça fait du bien. De se faire valider dans comment on se sent. Puis de se dire, on commence un entraînement comme aujourd'hui, je ne me sens pas bien, mais on y va quand même, parce que c'est ça la réalité d'athlète féminine. Tu sais, on ne peut pas tout contrôler. On peut contrôler certains aspects. Puis c'est pour ça que de faire plus de recherches sur l'athlète féminine et la santé de l'athlète féminine, c'est tellement important parce que... on va avoir plus d'outils pour être capable de gérer les symptômes qui peuvent être causés par le cycle menstruel. J'aime beaucoup... Bien, pas que j'aime ton expérience, parce que ton expérience est propre à toi. Puis une autre athlète peut absolument... Exactement. Ce que tu vis, on le voit aussi dans les études scientifiques. Puis aussi le fait de... En ce moment, tu le nommes, ton entraîneur, il ne va pas nécessairement changer ton planning. Puis ça, c'est parce qu'on ne le sait pas encore comment le changer. Il y a... pas beaucoup d'éducation pour les entraîneurs. C'est pour ça qu'on fait la campagne. Pour qu'on commence à en parler premièrement, puis qu'on apprend par rapport à ces choses-là. Puis j'adore le fait que ta coach a fait un doctorat parce qu'on en a besoin.
- Speaker #0
Ce que j'aime, c'est que je comprends que oui, il faut sans doute adapter des choses structurantes, mais que t'as pas envie de véhiculer le fait que parce que la femme a ses règles, elle est fragile.
- Speaker #1
Exactement, puis c'est pour ça qu'en anglais, le slogan, c'est « own it, period » , parce qu'on a tellement vu la femme. comme étant quelqu'un de fragile. Il faut vraiment faire attention à la femme. On n'ira même pas dans tout ce qui est étudier la femme qui est enceinte. On n'ose pas l'étudier parce qu'elle est fragile encore plus qu'en étant enceinte. La femme n'est pas fragile, puis on n'est pas fragilisé par notre cycle menstruel. Ce n'est pas vrai. Ce que tu as dit par rapport à mettre des mots, nous, quand on a eu toute l'idéation de la campagne, on s'est assis avec tous les collaborateurs pour les outils éducatifs, égale action. et l'Institut national du sport du Québec. Et c'était vraiment important pour nous d'utiliser les mots « menstruation » . Puis même au-delà de ça, les mots par rapport aux troubles du cycle menstruel « aménoré » , « oligoménoré » , « ménoragie » , « disménoré » . Puis au début, tu vois ça, t'es comme « mais on dirait du chinois, il faudrait peut-être utiliser des mots plus accessibles » . Puis on était comme « non, il faut utiliser les mots et éduquer qu'est-ce que ça veut dire ces mots-là et utiliser le mot « menstruation » . parce que c'est ça la réalité puis ça contribue, les mots qu'on choisit contribuent à déstigmatiser puis briser les tabous. Quand c'est dans ta face, un peu comme avec le défi d'équité menstruelle, tu mets des produits menstruels partout, c'est dans ta face, t'as pas le choix d'en parler. Un peu avec notre affiche de campagne, elle est tellement cool, elle est tellement vibrante, il y a des doodles, des caractères partout qui font rire, c'est dans ta face, t'as pas le choix d'en parler. puis tout d'un coup, tu réalises même pas que t'es en train de dire ovule, utérus, plancher pelvien, vessie, utérus, rectum, t'sais. On a réussi dans la campagne, là, de faire en sorte que les deux coexistent. On a étudié des doodles vraiment le fun et drôle, mais en même temps, on a le contenu qui est rigoureux scientifiquement pour baquer ça, parce que les deux peuvent exister, selon moi. Je sais pas pour qu'est-ce que t'en penses, Marie-Fraide, là.
- Speaker #2
100%. Puis t'sais, en plus, là, mettons, on parle de sport de performance, on utilise tous les bons termes scientifiques dans toutes les autres sphères. Donc, pourquoi on ne le ferait pas pour notre santé menstruelle et notre santé pelvienne ? Quand on parle d'optimisation de la performance, ça fait partie aussi, je crois.
- Speaker #1
Tellement. Je suis tellement d'accord avec toi.
- Speaker #0
En étant une ambassadrice des visages, je sais qu'il y a potentiellement d'autres femmes qui vont venir peut-être en parler parce que, tu l'as dit, c'est tabou. Comment tu reçois ça de potentiellement tenir des discussions informelles ? Celle-ci est très formelle parce qu'elle va être publique, mais Tu vas être aussi actrice de changement dans l'ombre, entre guillemets, d'athlètes qui vont potentiellement te dire « Moi, je ne peux pas sortir publiquement et en parler comme ça, ça me gêne. » Comment tu vis cette mise en lumière de ta réalité et potentiellement d'aider d'autres femmes à en parler ? s'approprier ce qui est naturel finalement.
- Speaker #2
Bien, tu sais, premièrement, on est comme plusieurs athlètes ambassadrices dans la campagne. Fait que, tu sais, je pense que je ne suis pas toute seule là-dedans. Tu sais, il y a Bianca aussi, Florence, qui aussi fait partie du projet. Mais, tu sais, je pense que je serais touchée si quelqu'un vient s'ouvrir à moi, que ce soit, tu sais, une femme ou même, tu sais, un allié.
- Speaker #1
Tu sais,
- Speaker #2
ça peut être un homme qui est... Tu sais, je veux dire, les hommes, ils nous côtoient au quotidien. Ça fait aussi techniquement partie de... leur vie, principalement les coachs, les professionnels de la santé et nos coéquipiers masculins. Je serais touchée, plus qu'on va en parler, mieux dans la bonne direction qu'on va aller. Si je peux le formuler comme ça, je pense que c'est comme ça.
- Speaker #0
Tu as dit que tu avais commencé ton sport à 4 ans, donc ça a traversé plusieurs moments de ta vie, d'une femme qui évolue quand même, ton sport en athlétisme. Qu'est-ce que tu aurais aimé recevoir ? conseils ou approches peut-être, quand justement tu as eu tes règles et que tu étais déjà une athlète ?
- Speaker #2
J'ai commencé mes règles quand même plus vieilles, mais la plupart de mes amis coéquipières, ils avaient déjà eu leurs règles, c'était comme moins si mystérieux pour moi, ça a été plus naturel, donc je pense quand même que j'ai été chanceuse, mais rapidement, moi, ça a été comme tampon, parce que dans mon sport, c'était comme, ça alliait plus, comme c'était plus facile, mais sinon, je parle... je pense plus que c'est au niveau de la gêne. Je pense vraiment que si on enlève cette gêne-là de comme, OK, pourquoi quand je vais aux toilettes, il faut que je cache mon tampon ? Moi, c'est vraiment ça, mon souvenir. Même encore, des fois, il faut que je me force à comme... J'ai pas besoin de le cacher dans mes poches ou comme dans ma manche. Je pense que c'est comme un réflexe qui reste. En tout cas, moi, il est encore présent, ce réflexe-là. Fait que je pense que ça serait plus au niveau de ça, de comme pouvoir en parler, pas avoir à chuchoter, de comme, « Ouais, t'es dans ta semaine. OK. » Fait que je pense que c'est vraiment... que ça devienne une discussion comme une autre, sans que ça devienne omniprésent. Mais techniquement, on est dans notre semaine, on est menstrué une semaine par mois environ. C'est vraiment omniprésent.
- Speaker #0
Marie-Fréd, est-ce que tu aurais des anecdotes concrètes à nous raconter justement sur ta santé menstruelle et ton sport ?
- Speaker #2
Je pourrais dire malheureusement oui. Oui, j'en ai quand même quelques-unes, mais par la première qui s'est quand même bien terminée. J'étais au final de la conférence quand j'étudiais à l'Université du Delaware. Donc je faisais mon warm-up, tout allait bien, puis je devais bientôt rentrer dans la chambre d'appel. Puis c'est en faisant un éducatif que je me rends compte que j'ai eu une fuite, puis que j'ai coulé comme il y a du sang partout. Fait que là je me rends aux toilettes, sauf que là je me rends compte que c'est attaché, mon habit de compétition. Puis là comme je regarde l'heure, comme il me reste pas beaucoup de temps pour aller à la chambre d'appel, fait que qu'est-ce que je fais ? Comme j'ai beaucoup de décisions à prendre vite, j'ai pas d'autres bouts de compétition de rechange. Je prends du papier brun, je le mouille un peu, puis je m'enferme dans les toilettes. J'ai comme essayé de tout faire partir, et non, de l'eau et papier brun ne fait pas tout partir. Mais j'avais comme deux choix, soit de me recentrer, ou de laisser cet événement-là me sortir de ma compétition. J'essaie de le considérer comme un facteur que je contrôle pas, entre guillemets, comme ça pourrait être la pluie, peu importe. Mais... C'est vrai que ça sort un peu de sa zone de confort et du focus, mais j'ai pris un 5 minutes, grande respiration. On s'en fout, on va espérer qu'on ne le voit pas dans les blocs de départ ou quand je passe les haies. Je me suis croisée les doigts. J'espère aussi que le live n'était pas de très haute résolution. Je pense que c'était correct. Finalement, j'ai monté sur le podium.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
le podium. Tu prends tes règles en compétition.
- Speaker #0
On en a parlé. On en a parlé.
- Speaker #2
Sinon, j'en ai une autre qui est peut-être un petit peu moins bien cuisinée.
- Speaker #1
T'avais-tu des produits menstruels à cette compé là ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Mais que t'avais amené.
- Speaker #2
J'en avais là.
- Speaker #0
Mais pas qui était disponible à la... Non, non, non.
- Speaker #1
Imagine, t'avais pas de produit, tu vas en toilette.
- Speaker #2
En même temps, je pense qu'il y a des filles qui auraient pu me dépanner. Ben oui, c'est sûr. On était une équipe juste de filles en plus. Mais comme... Il y a quelque chose. J'étais équipée, mais vu que mon bas n'était pas noir, je pense que pour la prochaine fois, je m'apporterai un de rechange. Je pense que ça sauve bien des situations comme ça. Mais je pense qu'il faut en rire. Ça s'est bien terminé, j'ai fait un record personnel. Mais le mindset,
- Speaker #0
à ce moment-là, je souligne quand même. Attends, il y a la femme qui aurait pu paniquer. Il y a l'athlète qui dit « j'y vais » . Puis en plus, record personnel et podium. Sur ça, vous me fascinez quand même. Il y en a plein qui sauraient jouer sur la concentration.
- Speaker #2
Il faut dire que j'ai paniqué. Je me suis donné comme 4-5 minutes de panique.
- Speaker #0
4-5 minutes, tu ne t'es pas décomposée. Bravo.
- Speaker #2
Ma deuxième histoire m'en doit un peu dans le même style, mais qui s'est moins bien terminée. C'était une course à Montréal sur le circuit mondial. C'était une course vraiment importante dans la saison. C'est dommage parce que cette course-là, j'étais super bien partie. J'étais bien placée au niveau de mes compétitrices. À moitié de la course, je franchis une haie. Puis en faisant le mouvement, je sens que encore tout court. Cool Et pourtant, t'sais, j'avais de la protection là, c'est ça que je comprends pas. Donc, après ça, j'ai comme perdu le rythme, j'étais déconcentrée, pis comme tout le reste m'est, ça l'allait pas. Donc finalement, le temps était pas super, et pourtant, t'sais, j'étais vraiment partie sur un pace de record personnel. Fait que t'sais, j'étais quand même déçue, pis t'sais, mon réflexe à l'arrivée, c'est vite des pantalons, parce que je sentais vraiment là, que comme, y'avait une bonne fuite. Pis t'sais, comme, je vais donner un câlin à mon chum, pis t'sais, j'avais juste le goût de pleurer. Mais là, les filles, le pire après, c'est comment tu annonces ça à ton coach. Il vient me voir, on a notre petit meeting, puis il me dit « ben voyons, qu'est-ce qui s'est passé ? » Après 200 mètres, tout allait bien. Puis après ça, c'était comme tu n'étais plus là. « Ouais, j'ai des petits problèmes. » Fait que tu sais, j'ai dû l'expliquer à mon coach. Après ça, il faut en rire, mais sur le coup, tu te dis « voyons donc, catastrophe » Et pourtant, tu sais, j'avais pris, c'est ça l'affaire, tu sais, quand on parle de gêne, j'avais pris les précautions nécessaires de le changer juste avant ma course. pour être sûre, puis finalement... Ça peut arriver à tout le monde. On aimerait ça que ça n'arrive pas trop souvent. Mon message, c'est que ça peut arriver à tout le monde. Des accidents comme ça, puis sur le coup, c'est vraiment plate. Ça peut être stressant, mais qu'au final, vous n'êtes pas le seul à la vivre. Moi, c'est ça que je veux dire aussi.
- Speaker #0
Ce qu'on souhaite, c'est que ce ne soit plus une gêne d'en parler au coach. Oui, exactement.
- Speaker #2
Mais tu sais, j'ai quand même dit, j'en ai parlé, j'ai verbalisé, j'ai dit ce que c'était, que j'étais dans ma semaine, que ça a coulé, que ça m'a complètement sortie de ma game, que je n'ai pas été capable de me ramener. Puis là, il a clairement compris. Mon message aussi, c'est de dire aux filles, si ça vous arrive, vous pouvez le dire à votre coach, il va comprendre. Encore là, on va déstigmatiser. J'adore. Un acte à quoi ?
- Speaker #0
Là, on se soucie. Il y a encore Bianca qui veut lui expliquer. Ben oui,
- Speaker #1
parlons-en.
- Speaker #0
Merci de te livrer comme ça. Ben oui. Marie-Fred, je pense que c'est précieux. Ça va donner des exemples concrets à aussi plein d'athlètes qui doivent avoir vécu des situations similaires, peu importe le sport.
- Speaker #2
En espérant. En plus, il n'y a pas beaucoup de monde qui était au courant de ces histoires. Ben là,
- Speaker #1
merci de l'avoir partagé. C'était quand même vulnérable. Ben oui. Oui. Merci. Comme ça qu'on change le discours aussi.
- Speaker #2
Spoiler.
- Speaker #1
Je suis curieuse. T'avais quel âge ? quand t'as eu tes menstruations pour la première fois ?
- Speaker #2
J'avais 14 ou 15 ans. C'est pas si vieux que ça. Mais dans le sens qu'il y a plusieurs de mes coéquipières et amis qui l'étaient comme à 11 ou 12 ans. Ben oui.
- Speaker #1
Typiquement, ça va être vers 12 ans. Puis on le dit, si quelqu'un n'a pas ses règles, à peu près à 15 ans, qu'on devrait commencer à penser à consulter. Chez les athlètes féminines, moi, je le savais pas. À 15 ans, si j'avais pas mes règles, que c'était pas grave. C'est ce que tu les avais à ce moment-là, toi ? Je le disais un peu plus tard. Les gens autour de moi, mes coachs, ma mère, elles le savaient pas. On est déjà indiqués. C'est ça qui est fou. C'est pas par un manque d'éducation de base, c'est juste qu'on ne nous l'a jamais partagé. C'est drôle parce qu'une des autres avocatrices, Ellie Black, elle nous disait maintenant, vu qu'elle est une des plus vieilles dans le monde des gymnastiques dans son club de gym, elle a le bon âge d'à peu près 31 ans, elle maintenant qu'elle va à sa levagne, elle prend son tampon et elle le tient de même. Elle est comme « je m'en vais à la toilette » , elle dit « tellement important pour décimatiser le tout » . J'étais curieuse d'entendre, comme tu as dit, chaque sport a ses spécificités. Moi, c'est la gymnastique. Toi, c'était le track ou l'athlétisme en français. J'étais curieuse, justement, en athlétisme, tu as dit c'est plus tampon. Pourquoi c'est plus tampon ?
- Speaker #2
Bien, moi, c'était personnel, dans le sens que, tu sais, mettons, surtout au niveau des compétitions, quand on décide de porter comme la bobette de course, tu sais, c'est un peu comme vous, un maillot. Oui. Tu as moins tendance à aller porter la serviette que comme les ailerons et tout. Mais tu sais, après ça, je pense que c'est vraiment comme préférence personnelle. Je pense qu'il n'y a pas de mauvaise réponse. On est quand même chanceux. On n'est pas comme natation. J'ai entendu en cyclisme que c'est encore plus compliqué. Tu es assise sur une selle. Mais moi, c'est ça. C'est vraiment été comme je suis allée vers le tampon et c'était quand même gagnant.
- Speaker #1
C'est vraiment la gêne autour de ça. C'est drôle parce que moi, quand j'ai eu mes règles pour la première fois, j'ai eu une famille, ma mère, hyper féministe. Quand j'ai eu mes premières règles, c'est comme on va chercher le champagne, on célèbre ça, tu es une femme. Moi, j'ai été socialisée. J'ai grandi dans une famille où est-ce que Merci. Avoir tes règles, c'est une célébration de « wow, t'es devenue une femme » . Moi, je me demande l'expérience des autres. Ok, toi, t'as été gênée. Dans ta famille ou autour de toi, c'était comment, mettons, avoir tes règles pour la première fois ?
- Speaker #2
Bien, j'ai pas de souvenirs super précis. Juste, moi, j'avais quand même hâte. Parce que, tu sais, vu que je les ai eues comme plus tard, j'avais hâte d'être comme mes amies. Tu sais, comme être vraie, là. Tu sais, de te fiter dans la gang, là. Moi aussi. Mais c'est comme, c'est ça un peu, c'est contradictoire parce que je parle de jeûne, mais en même temps, j'avais quand même hâte de comme, on est au secondaire, puis c'est comme, on va aller aux toilettes ensemble parce qu'on est toutes dans notre semaine en même temps.
- Speaker #1
Ouais, comme une sororité. Ouais, il est mon trésor.
- Speaker #2
Et comme, je peux pas croire que j'ai eu hâte d'avoir des crampes dans ma vie. Et ça, c'est une histoire. Ouais, c'est ce que...
- Speaker #0
J'adore. Et toi, Claire ? Ouais. Moi, j'ai trois sœurs. Donc déjà, je suis la troisième de quatre. Donc j'avais deux grandes sœurs qui l'étaient déjà, mais à ce moment-là, j'étais élevée par mon papa. Donc c'est sûr que... Moi, mon papa, il m'a fait une bonne tape dans le dos, puis il m'a dit, t'es une femme maintenant, mais moi, je ne l'ai pas du tout vécu comme une célébration. À ce moment-là, c'était plus la pudeur d'un papa qui, clairement, ne sait pas trop gérer ça, mais t'es deux grandes sœurs pour prendre le relais naturellement. Donc, ça s'est bien fait. Mais par contre, j'ai découvert par la suite, je ne suis pas du tout athlète de haut niveau, mais par moments, j'ai fait énormément de sport et j'ai vécu la ménorée de la sportive. Et même ma gynécologue, à ce moment-là, me disait que c'était normal. Ah bah oui, ça reviendra, ça reviendra. et pendant 14 mois j'ai pas eu mes règles et il y avait même pas de sujet en fait je veux dire tout le monde me disait c'est normal mais à ce moment là je suis pas sous contraception enfin je veux dire c'est vraiment pas normal voilà exactement sauf que tu le sais pas tu sais jusqu'à ce que finalement moi j'ai eu 2-3 incidents dans ma vie gynécologique et tu comprends que non en fait il y a une vraie santé à considérer et que non c'est pas normal mais jamais de 1 j'aurais enfin moi j'étais genre cool j'ai pas mes règles donc j'ai pas de sujet tu sais Merci. On a tellement diabolisé ça justement en disant « Tu as plein d'effets secondaires, tu n'es pas forcément bien, tu es un peu fragile quand tu es dans tes règles, que je suis toujours parfait pendant tout le mois, tout le long, quatre semaines, je peux enligner mes choses. » Non, en fait, non, parce que 14 mois plus tard, je t'aperçois que tu as bien des dysfonctionnements, et quand ça te pète au visage, tu frappes ton mur.
- Speaker #1
Ce qui est dangereux dans le sport, c'est que des fois, le fait de ne pas avoir ses règles, un, ça peut être vu comme « Ah, ça tombe bien, tu n'étais pas... » T'as pas à déler avec les règles. Fait que, tu sais, ça, c'est pas... Tu sais, ça peut avoir l'air banal, OK ? Mais quand tu te fais répéter ça toute ta vie d'athlète, de « Ah, ben, tu sais, c'est le fun pour avoir ses règles, j'ai pas besoin de gérer tout ça. » Mais, tu sais, ça peut aller aussi loin d'une athlète qui a pas ses règles, par exemple, pis qui a pas passé à travers la puberté. Il va pas avoir les changements corporels qui viennent avec ça. Des fois, c'est mis de l'avant même de... Hé, ça, c'est un exemple. qui démontre la minceur. Cette athlète-là, elle n'a pas serré, elle n'a pas passé à travers la puberté, elle est encore mince. Au début, elle peut avoir l'air comme si elle était plus performante ou avoir un corps qui serait plus performant, mais au contraire, ce qui se cache derrière ça, c'est un corps qui a un trouble d'icycle menstruel et que ce n'est pas normal. Au début, ça peut avoir l'air banal, puis là, ça grimpe en termes de, je dirais, de danger. Je ne trouve pas le bon mot pour le décrire, mais c'est grave de ne pas avoir ces règles. Ça ne devrait pas être banalisé et ça ne devrait pas être encouragé. Parce que de ne pas avoir ces règles, ça peut avoir un impact sur tous les systèmes du corps. Ça peut être un signe de déficit énergétique. Il n'y a pas assez d'énergie qui rentre dans ton corps pour être capable de faire tes activités sportives. Ça peut avoir des impacts long terme sur ta santé. Ça augmente tes risques de blessures. éventuellement, ça va avoir un impact sur ta performance. Fait que c'est pas parce que t'as pas tes règles, t'es peut-être plus mince que tu veux être plus performante. Pas du tout, là. Je serais curieuse, toi, Marie-Fred, en tant qu'athlète, tu baignes dans ce monde-là, t'as-tu entendu des affaires par rapport à, justement, l'aménorée ou, tu sais, d'avoir ou de pas avoir ses règles, puis un lien avec le sport ?
- Speaker #2
Bien oui, malheureusement. Puis, tu sais, je pense que c'est en train de changer, mais pendant longtemps, j'ai entendu, tu sais, l'espèce de discours de... j'ai plus mes menstruations, tant mieux. Je suis bon débarras. C'est ça. Puis oui, sûrement à court terme, on n'a pas... À chaque 3-4 semaines, ça peut sembler bien, mais comme là, on parle de plus en plus du Red S, qui est déficience en énergie. Moi, j'ai des coéquipières qui ont dû prendre leur retraite du sport parce qu'ils n'ont jamais pu « recover » de cette déficience-là. Quand on parle des effets graves, c'est à long terme de... tu peux plus pratiquer ton sport à haut niveau. Tu dois, comme, c'est des retraites médicales qu'ils appellent, là. C'est des cas, puis c'est des cas, comme, il y en a pas tant, mais il y en a pareil, puis ça serait plate que d'autres se rendent jusque-là parce que c'est comme valorisé, comme tu dis, un peu, le fait d'être en amélioré, là.
- Speaker #1
Je vais peut-être juste faire une parenthèse pour que les gens comprennent c'est quoi le déficit énergétique. C'est sur un spectrum, là, fait que tu peux être dans un déficit pendant un petit moment, mais si t'es dans un déficit long terme, puis... Dépendamment de la sévérité de ton déficit, un des symptômes de ça ou un des signes, ça serait l'aménorée. C'est pour ça qu'on prend ça vraiment sérieusement dans le sport. Les effets long terme graves qu'on parle, c'est risque de blessure, un impact sur ta santé osseuse, mais aussi plus tard sur ta fertilité. On le sait que celles qui ont eu dans le passé un diagnostic de déficit énergétique relatif dans le sport ont plus de complications. durant la grossesse, puis il y a plus de difficultés à tomber enceinte. Ça a un impact sur tous les systèmes du corps. C'est ton système cardiovasculaire, sur ton système urinaire. Si t'es en déficit, t'as plus de risques d'avoir des fêtes urinaires. Pas en rapport avec la force nécessairement de ton plancher pelvien. Fait que c'est de sensibiliser par rapport à tout ça. Faut qu'on commence à en parler.
- Speaker #0
C'est comprendre la globalité de la femme et pas juste son système reproducteur. À un moment donné, c'est un impact très pertinent que tu le rajoutes. J'ai envie de vous amener tranquillement vers... Si on avait une baguette magique. Vous êtes deux femmes engagées, évidemment, avec ta casquette aussi santé publique. Marie-Fred, tu souhaites quoi ? T'as lecture de tout ça, puis tu voudrais qu'on s'en aille où ?
- Speaker #2
Oui. Je pense que comme j'ai mentionné au début, je pense à les leviers de changement. Je pense vraiment qu'on parle souvent de ça en santé publique. Les leviers de changement vont permettre de créer, mettons, on parle au niveau populationnel, de créer du changement favorable. Fait que si on crée des environnements sécuritaires et favorables à la santé, ça va aider, puis ça va comme un peu être une cascade de changements. Puis ça va créer aussi, mettons, au niveau individuel, puis au niveau plus micro, que c'est de l'empowerment au niveau des femmes, qui vont se sentir plus autonomes au niveau de leur santé. Ça fait que ça va être super bénéfique à long terme. Je pense qu'un mouvement, des projets comme que Bianca a parti, Femmes dans le sport, la campagne, moi, je suis super contente que ce soit ce thème-là pour la première campagne. Je trouve que ça part fort, puis je trouve tellement que c'est pertinent. C'est sûr que je souhaite vraiment des changements favorables. petit Au niveau des environnements, que ce soit des milieux, là on parle des milieux sportifs, mais même des milieux scolaires, ça part même dans la jeunesse, au niveau de l'adolescence. Si on voit ces changements-là, qui sont favorables après ça pour toute la société, je pense qu'on s'enligne vers la bonne direction.
- Speaker #1
Moi, je vais demander peut-être une question un peu nounoune, mais tu sais la santé publique, on parle santé publique, puis on parle santé menstruelle pelvienne. Concrètement, comment... On adresse la santé menstruelle, qui est tellement quelque chose, on va dire, intime ou propre à chacune, d'un point de vue de santé publique. Tu veux-tu nous donner des exemples ?
- Speaker #2
Je ne sais pas jusqu'à quel point c'est abordé, que c'est un enjeu en ce moment prioritaire pour la santé publique. Mais ce que je peux mentionner là-dessus, c'est que ça concerne tout le monde. Parce que là, on parle de santé à long terme, on parle vraiment de la santé de la femme, c'est super important. Mais je pense que ça passe au niveau des campagnes. Ça passe au niveau des lois, sinon des politiques, que ce soit au niveau gouvernemental, que ce soit au niveau municipal, provincial, national, de créer des politiques, ça peut changer, mais c'est à long terme. On parle des années, mais moi, je pense que c'est possible. C'est vraiment là que je pense que le rôle de la santé publique peut avoir. Quand on élit des décideurs qui ont la santé des femmes à cœur, c'est par là qu'on peut changer. des choses,
- Speaker #1
je crois. Ben oui.
- Speaker #2
Peut-être que je suis optimiste, mais on peut espérer, là.
- Speaker #0
Il faut rêver comme ça, sinon le monde serait morbide si on ne se permettait pas de se dire qu'on peut changer. Puis je pense qu'en ouvrant la discussion, en parlant des choses qui sont dans l'ombre depuis trop longtemps, c'est exactement ce que vous êtes en train de faire. Donc, il n'y a aucune raison que ça ne change pas. Mais par contre, je pense qu'il va falloir effectivement faire preuve de patience parce que c'est systémique, en fait, ce que vous adressez.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est culturel, il y a vraiment quelque chose de structurant. Vous bougez des fondations. Donc forcément, ça ne peut pas être du jour au lendemain que tout opère. Mais en même temps, la force du mouvement, à peine deux semaines lancées, vous êtes déjà dans quelque chose qui fait du bruit. Donc après, c'est comment on passe du bruit à l'action. Puis que vous, vous arrivez à rallier et fédérer des gens qui ont un moyen d'agir sur une plus grande échelle aussi. Puis ça, je n'ai aucun doute que fédérer, vous allez le faire. Ensuite, c'est qui va être courageux. suffisamment dans les décideurs pour dire « Vous savez quoi ? Moi, je veux considérer le congé menstruel, par exemple. On a vu certains pays en Europe qui le considèrent. Pourquoi on ne le considère pas, nous ? Faut-il ? Faut-il pas ? Comment on s'ajuste aussi sans toujours se turadapter ? » Mais c'est une réalité. J'entends santé menstruelle, j'entends aussi précarité menstruelle. Donc, il y a aussi de rendre accessibles les protections, en fait.
- Speaker #2
Si je peux ajouter, c'est tellement une portion que je n'avais pas abordée, l'accessibilité des produits menstruels. Une des seules études que j'ai trouvées qui a été faite au niveau canadien et des pays développés, c'est la pauvreté au niveau de l'accessibilité des produits menstruels qui est quand même décriée. C'est sur une étude. Finalement, la conclusion, c'est qu'ils ne peuvent pas prédire à quel point il y a cette pauvreté-là qui est présente, mais clairement qu'elle est là. Ça devrait être changé. Ça fait quand même peur. Dans le fond, les statistiques qui étaient sorties, c'est qu'il y avait beaucoup de femmes qui n'ont pas accès. aux produits menstruels sur une base quotidienne. Donc ça, c'est pas normal.
- Speaker #1
J'avais même vu une statistique, et je crois que c'est une statistique canadienne, qui disait qu'une femme sur cinq, donc 20 %, ont peur de ne pas pouvoir se payer les produits le mois prochain. Quand on dit même au Canada, et même au niveau universitaire, j'avais fait un deep dive dans la littérature. Et j'avais vu au Québec, une athlète étudiante sur cinq n'a pas toujours accès à des produits en compétition et en entraînement. Ça, c'est une action concrète qu'on peut faire pour changer, qui est simple et qui a un impact sur la santé des athlètes, de rendre accessible des produits menstruels tout le temps. On le sait que les menstruations sont une barrière à la participation. des femmes dans le sport. On sait qu'à la puberté, il y a un énorme... Il y a beaucoup, beaucoup de filles qui arrêtent de faire du sport. Une des raisons majeures, c'est les changements qui arrivent dans notre corps, dont les menstruations. Si le système, si les espaces sportifs peuvent faire quelque chose pour enlever une de ces barrières-là, donc donner accès, c'est énorme. Parler de précarité menstruelle, d'équité menstruelle, c'est de faire en sorte que chaque personne qui a des menstruations... a ce dont elle a besoin pour gérer ses menstruations avec dignité. Mais l'équité menstruelle, ce n'est pas que donner accès à des produits. C'est donner accès à des installations qui sont propres, sécuritaires, qui ont des poubelles où est-ce qu'on peut jeter nos affaires. Mais c'est aussi de déstigmatiser et d'éduquer ces sujets-là.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Puis c'est pour ça que dans la campagne, oui, il y a le défi d'équité menstruelle pour offrir des produits dans les milieux. Et on est super heureuse de collaborer avec Iris et Arlo pour aider avec l'implantation de ça. Mais c'est aussi tous les outils éducatifs. Il y a des outils accessibles qui sont basés sur des données probantes qui ont été créées en collaboration avec Égale Action, avec l'Institut national du sport du Québec, qui a vraiment de la bonne information dedans, qui est accessible. Tout le monde peut avoir accès à ça, en français, en anglais, en affiches, numériques, pamphlets. On a tellement travaillé fort, puis il y a de la bonne information là-dedans. On veut que ça soit partout. Tu sais, quand on parle de politique, mon rêve pour la campagne, c'est que tous ces outils-là soient dans tous les milieux sportifs, tous les arénas, les clubs de gymnastique, qu'ils s'assurent dans les écoles secondaires, dans les universités, dans les cégeps. Il n'y a pas de raison qu'ils ne soient pas là. C'est tellement quelque chose de facile à faire. Il faut éduquer, il faut en parler, il faut éduquer et il faut mobiliser. Puis ce qu'on fait pour mobiliser, c'est de pouvoir offrir concrètement des produits menstruels, selon moi, dans ce contexte-ci.
- Speaker #0
C'est très bien dit d'ailleurs dans votre vidéo de campagne, puisqu'il y a une des athlètes qui mentionne qu'il y a bien des préservatifs dans les villages olympiques. Pourquoi il n'y aurait pas, s'il vous plaît, des protections menstruelles ? Donc la question est posée. Si le comité olympique canadien nous entend, on n'en souhaite pas moins. On arrive doucement vers les mots de la fin. Donc Marie-Fraide, toi ton message final aux athlètes qui vont écouter, aux athlètes qui participent à la campagne, puis surtout au grand public en fait aussi qui écoute, Est-ce que... Évidemment que dans mon auditoire, je n'ai pas que des athlètes. Qu'est-ce que tu as envie de dire aux femmes qui nous écoutent, mais pas que ?
- Speaker #2
D'utiliser les mots, d'utiliser les bons mots et aussi poser des questions. C'est normal d'avoir des questionnements. Posez-les, renseignez-vous. Juste se supporter aussi, comme je pense que c'est vraiment important. Puis encore une fois, enlever la gêne autour de tout ça. Vraiment, je pense que c'est ça le plus important.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Moi aussi, j'adore. T'es bonne. Ce que j'aurais à dire pour les filles et les femmes, les athlètes féminines qui font du sport, c'est valider ce que vous ressentez dans votre corps. Puis d'abord, apprendre à connaître un peu votre corps, de ce qui se passe, que vous vivez des symptômes. En ce moment, dans le monde médical, on fait beaucoup de banalisation de la douleur et de l'expérience des femmes. Mais moi, j'aurais le goût de dire, ne banalisez pas votre propre expérience. On veut le valider. Puis il y a des gens, il y a des professionnels de la santé. du sport, qui sont là, qui peuvent vous soutenir là-dedans. Pour ceux qui entourent les filles et les femmes dans le sport, donc je parle professionnels, entraîneurs, apprenez. Puis on n'a pas besoin de tout savoir. Mais faisons un pas vers l'avant pour en apprendre un peu plus, pour être capables de créer ces espaces-là pour que nos athlètes, pour que les femmes se sentent à l'aise d'en parler. Parce qu'en anglais, on le dit « just show that you care » . You don't have to know everything. Pas besoin de tout savoir, mais si tu démontres que tu veux aider l'athlète, même si tu ne connais pas tout par rapport à la santé menstruelle, les femmes vont le ressentir, ça.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Fait que même, tu sais, avant d'apprendre, c'est d'essayer de comprendre la réalité, puis d'avoir de l'empathie, tu sais, c'est tough de demander à quelqu'un d'avoir de l'empathie, mais ça serait de, c'est ça, d'être curieux sur l'expérience de l'autre. Puis, pour les institutions, les organisations, ceux qui ont du... pouvoir pour créer du changement, je dirais que c'est le temps de se mobiliser. Oui, c'est bien d'écouter, c'est bien d'offrir l'éducation, mais il y a des affaires concrètes que vous pouvez faire. comme par exemple offrir des produits menstruels dans vos milieux. C'est quelque chose qu'on peut vous aider à faire avec la campagne. On est là, on est prête. On est vraiment prête à aider.
- Speaker #0
Plus que prête.
- Speaker #1
À accompagner, vraiment. Il y a déjà plein d'organisations qui ont embarqué. Je pense que ça démontre qu'il y a cette ouverture-là à créer un espace qui est sécuritaire et d'aller au-delà de ça et créer vraiment du changement pour soutenir la santé des femmes.
- Speaker #0
Vous avez conscience qu'on est aux prémices de quelque chose de grand.
- Speaker #1
Je pense que je ne le réalise pas parce que je suis tellement dans le day-to-day. Moi, je vous le dis.
- Speaker #2
Moi, je veux te remercier Bianca. C'est incroyable. Merci à toi. C'est important parce que c'est comme, c'est parti de toi à la base. Si personne ne l'avait fait, on n'en serait pas là. Ça fait deux semaines et moi, j'ai l'impression qu'il y a plein de monde qui m'en parle. C'est fou. Des physios.
- Speaker #1
C'est qui, mettons ? Y a-t-il quelqu'un qui t'en a parlé que tu étais comme, « Ah, wow, ça m'a surpris que cette personne-là m'en parle. »
- Speaker #2
Je me rends à mon rendez-vous de physio. Ils ont reçu un courriel de la campagne. Je me rends à mon autre physio, puis il y a les dépliants dans mon local. Après ça, tu sais, c'est comme, on dirait que c'est un peu partout, mais je pense que tout le monde a comme sa voix là-dedans, puis si tout le monde apporte, comme tu le dis, bien le mouvement est là. Mais c'est ça, je voulais quand même te remercier parce que je trouve tellement que c'est hot comme projet.
- Speaker #1
Merci, c'est vrai que dans la campagne, il y a quelque chose pour tout le monde. Parce que tout le monde a un rôle.
- Speaker #0
Tout le monde est légitime à en parler.
- Speaker #1
Ben oui, puis c'est comme ça qu'on mobilise. On ne peut pas créer du changement si les gens ne se mobilisent pas autour de ça. En ce moment, on ne peut pas pointer du doigt comme « Ah, c'est à eux de le faire, c'est à eux de le faire » parce que dans la campagne, on a couvert tout. We covered all our grounds. Merci, ma frère, d'embarquer, de porter ta voix pour ce sujet-là. C'est encore tabou, puis j'espère qu'après la campagne, que ça ne sera plus tabou. Moi, j'ai du fun à tous les jours. Parlons sans. Sans tabou, sans complexe, sans gêne. Oui, bien dit. Et moi, j'adore l'action. Et là, il y en a de l'action. Il y a de l'action. Mais dans le sport, il faut qu'il y ait de l'action.
- Speaker #0
Sinon, ça ne marche pas. Mais celles et ceux qui nous écoutent, je vous invite à regarder, évidemment, le contenu de la campagne. Tous les liens seront en bio. Marie-Frédérique, merci. Ton témoignage, ton temps aussi. C'était un privilège de t'avoir au micro. Bianca, bah... Bon vent, mais c'est que le début de quelque chose. Merci pour tout ce que tu crées aussi. Pour les femmes de manière générale, qu'on soit athlètes ou non. Et puis à tout le monde, on se dit à très bientôt. Bye bye.
- Speaker #1
Bye, merci Clara.
- Speaker #2
Et voilà, chers amis, l'épisode touche à sa fin. J'espère que vous avez pu en tirer quelques pépites qui feront potentiellement un bout de chemin avec vous. Merci sincèrement pour votre écoute. Il ne me reste qu'à vous laisser avec quelques suggestions d'usages pour faire de cette saison 1.
- Speaker #0
Un succès, mais surtout permettre le rayonnement maximum des personnalités invitées à mon micro. N'hésitez pas, pour ce faire, à nous laisser un commentaire sur la plateforme d'écoute de votre choix, à en parler autour de vous, à le partager sur vos différents réseaux sociaux. Ce sera super apprécié. Je compte sur vous et je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode.