- Speaker #0
Bienvenue dans "Cœur en transition", le podcast qui parle d'amour, de rupture, de résilience mais surtout de renaissance. Je m'appelle Clara et ici je vais partager avec vous mon histoire, celle d'un mariage éclair qui a duré finalement que cinq jours et surtout d'un divorce au goût un petit peu d'inachevé et du chemin vers la reconstruction. Parce que parfois tout s'effondre en quelques jours mais chaque fin peut être un nouveau départ. Alors ce podcast est C'est vraiment une bulle d'authenticité pour que toutes celles et ceux qui traversent un chagrin, une séparation ou simplement une période de grand changement puissent s'y retrouver. On va parler vrai, on va parler cœur et surtout, on va avancer ensemble. Alors prends une grande inspiration, installe-toi confortablement et laisse-toi porter par les mots. Bienvenue dans le podcast Coeur en Transition ! Hello ! On se retrouve aujourd'hui pour un nouvel épisode du podcast Cœur en Transition qui va porter sur quelque chose d'un petit peu plus sérieux que certains sujets qui ont déjà été abordés et surtout sur un sujet qui m'a touchée personnellement pendant pas mal d'années et que j'avais donc très envie de partager avec vous. Cet épisode, on le réalise à deux puisque j'ai une copine qui se joint à moi pour pouvoir partager au fur et à mesure des sujets qu'on va aborder, son ressenti et sa vision à elle du sujet. Aujourd'hui, on aborde un sujet plutôt intime, un sujet qu'on vit très souvent dans le silence. On va aborder l'avortement. C'est une réalité que des centaines de milliers de personnes chaque année vivent, puisque depuis 1975, l'avortement est légal en France grâce à la loi Veil, pour ceux qui ne le sauraient pas, d'où la grande personnalité de Simone Veil qui a donc dépénalisé l'interruption volontaire de grossesse, donc l'IVG. Après des décennies et des décennies où c'était très clairement interdit, c'était dangereusement pratiqué, dans la clandestinité. Et donc, grâce à Simone Veil, en France, les femmes ont eu le droit de choisir si elles avaient envie ou pas de garder un enfant, mais aussi sur tous les cas notamment liés au viol, etc. En termes statistiques, aujourd'hui en France, il y a quand même environ plus de 230 000 IVG qui sont réalisées chaque année. Il y en a de plus en plus malheureusement. On dit en général qu'il y a une fréquence de 1 avortement pour 3 naissances. Donc, c'est quand même un chiffre qui est assez marquant. Et ça signifie aussi que si vous l'avez vécu ou si vous le vivez actuellement, eh bien, il y a beaucoup d'entre nous qui l'ont déjà vécu, qui sont déjà passés par là et qui donc vont pouvoir aussi vous partager votre expérience puisque ça reste quand même un sujet, je trouve, encore beaucoup trop tabou. Ce qu'il faut savoir, c'est que la majorité des avortements ont lieu quand même chez les plus jeunes. Souvent, c'est chez des femmes entre 20 et 34 ans et particulièrement dans la tranche 25-29 ans. Donc finalement, pas si jeune que ça où finalement on va prendre la décision d'arrêter volontairement notre grossesse. En France aussi, il y a quand même plus de 3 personnes sur 4 qui vont utiliser une méthode médicamenteuse plutôt que chirurgical pour interrompre une grossesse. Donc, il faut savoir que la partie médicamenteuse, vous n'y avez pas accès pendant toute la période où vous pouvez pratiquer une IVG. Il y a un certain moment où on ne peut plus faire en médicament, il faut forcément faire de façon chirurgicale. Donc forcément, le fait de pouvoir le faire en version médicament, ça a permis aussi quand même de témoigner des évolutions des pratiques médicales. À l'échelle mondiale, bien évidemment, il y a aussi beaucoup d'avortements, bien que certains pays l'interdisent. Et du coup, c'est vrai que cette réalité chiffrée nous rappelle que l'avortement, ce n'est pas juste une simple statistique, c'est une expérience humaine, personnelle et complexe. Et aujourd'hui, c'est ce que j'avais envie de vous partager parce que derrière tous ces chiffres, il y a quand même des histoires parfois singulaires. Et celles que vous allez entendre maintenant en sont par exemple des différentes. absolument pas pour but de porter des débats, ni débats politiques, ni des jugements. C'est juste du témoignage personnel. Bien évidemment que si on avait vraiment le choix, je pense qu'aucune femme qui avorte en conscience n'a réellement envie d'avorter en conscience aucune, très clairement pas. Ça crée beaucoup de traumatisme. Alors il y a des personnes qui vont le vivre plus ou moins bien, mais ça reste quand même une expérience extrêmement traumatisante. Donc, ce n'est vraiment pas un épisode pour débattre. C'est vraiment juste pour partager des témoignages et pour peut-être un petit peu ouvrir les pensées là-dessus puisque ça reste quand même un sujet qu'on n'évoque plus trop. Donc, ce n'est pas un épisode qui a pour vocation de convaincre, mais réellement de raconter. Alors déjà pour commencer, avant de parler de nos expériences personnelles, du coup je vous présente William qui est une de mes copines que je connais du coup du sud de la France et qui enregistre avec moi cet épisode de podcast à distance. Donc William, je te laisse te présenter rapidement un petit peu qui tu es, quel âge tu as, où est-ce que tu vis, dans quoi est-ce que tu travailles, enfin bref ta vie, tout ce que tu as envie de nous partager.
- Speaker #1
Bonjour à tous ! Merci Clara de m'inviter sur ton podcast et de me donner la parole. Moi c'est William, j'ai 31 ans, je vis dans le sud de la France, à Nice. Je vis avec mon chéri et en ce moment je fais des missions d'intérim en tant qu'hôtesse de caisse. Donc voilà.
- Speaker #0
Vous partagez maintenant chacune un petit peu notre histoire ? Et on va commencer du coup par le contexte. Donc avant l'avortement, je vais commencer. Moi quand je suis tombée enceinte, j'étais en couple avec quelqu'un depuis plusieurs années mais j'étais jeune puisque j'avais 17 ans. J'étais en terminale, c'était l'année du bac et donc j'étais en couple depuis plusieurs années avec quelqu'un que je pensais aimer beaucoup mais que finalement je n'aimais peut-être pas tant que ça Donc, c'était quelqu'un qui était plutôt pas forcément violent psychologiquement, mais un peu spécial, on ne va pas se mentir. On n'avait pas la même religion, j'en ai déjà parlé dans un épisode de podcast. On ne s'entendait pas forcément toujours très bien, il me trompait, bref, pas mal de choses. Et je me rappelle que quand j'ai appris que j'étais enceinte... j'avais fait un test de grossesse avec une copine dans un centre commercial de Nice et en fait au premier test je n'y ai pas cru j'ai fait le test et je me suis dit non c'est impossible pas moi, c'est impossible que ça m'arrive à moi à ce moment là et je me rappelle j'ai dû faire 5, 6 ou 7 tests de grossesse en me disant non c'est impossible ça doit être des faux, c'est impossible et je pense qu'à l'époque je ne réalisais pas Et donc, quand le test est revenu positif, comment vous dire ? Ça a été panique à bord. Je ne l'ai pas dit à mes parents en fait. Avec ma copine, on en a parlé à l'école, en fait à l'assistante de vie scolaire du lycée. Et puis j'ai pris rendez-vous à l'hôpital. L'assistante de vie scolaire avait couvert mes absences auprès de mes parents pour me rendre à l'hôpital. Et je me rappelle que voilà, j'avais pris un rendez-vous à l'hôpital pour avorter. le souci c'est que je ne savais pas à combien de semaines du coup j'étais et donc je suis allée faire une prise de sang tout simplement et je me suis rendu compte que j'étais à plus de deux mois de grossesse que donc je n'allais très probablement pas pouvoir avorter de façon médicamenteuse puisque c'était trop tard et que ça devenait donc assez compliqué Il faut savoir qu'à ce moment-là, donc moi, la personne avec laquelle j'étais en couple était quand même plutôt pas instable. Mais enfin voilà, en fait à aucun moment dans ma tête, jamais, je me suis dit je vais le garder. À aucun moment je me suis dit ok, on va y réfléchir. Ou je lui annonce en mode on va être parents ou quoi. Pas du tout. Je me rappelle que c'était panique à bord. Et quand je lui ai annoncé, il a fait un truc génial. Il m'a quittée. Et donc je me suis retrouvée vraiment toute seule à affronter ce trauma. Donc j'avais 17 ans, ça fait plus de 10 ans que ça s'est passé. J'avoue qu'aujourd'hui j'en parle de façon un petit peu plus facile, mais ça reste quand même super dur pour moi d'en parler, je vais pas vous mentir là-dessus. Et donc je me suis retrouvée célibataire, heureusement j'avais ma copine qui m'avait accompagnée à l'hôpital, j'ai pris un rendez-vous. et donc la question est... Et voilà, on m'a dit, t'as une semaine en gros pour réfléchir, pour être sûre de toi, tu veux vraiment avorter, tout ça. Et puis après, une fois que la décision est prise, la décision est prise. Par contre, il n'y a plus de marche en arrière possible. J'ai commencé à en discuter avec mes copines autour de moi. Je me suis rendue compte que j'avais la sœur de ma meilleure amie qui avait déjà avorté mais qui avait vécu une expérience vraiment méga traumatisante au planning familial. où on lui avait... Enfin, je ne vais pas le raconter d'ailleurs parce que ce n'est pas mon histoire perso et peut-être qu'un jour elle en parlera aussi. Mais voilà, c'était vraiment des choses. J'ai entendu pas mal de choses et c'est vrai que je commençais un peu à stresser, on ne va pas se mentir. Et donc, j'ai pris rendez-vous au hôpital. L'avortement était programmé, tout ça. Je pars en vacances au ski avec mes parents Et je pensais pas avoir un comportement vraiment différent, en fait. Pas du tout même. Je me disais « Tout est normal, en fait. Rien de foufou. » Et en fait, instinct maternel de dingue, ma mère qui me dit un soir « Je sens qu'il y a un truc chelou. T'es pas enceinte par hasard ? » Et là, je me suis dit « Merde ! » J'avais pas forcément un super bon rapport avec ma mère à ce moment-là. C'était un peu conflictuel entre nous et je me suis dit « Elle va me défoncer la gueule ! » Et du coup, j'avais très, très peur. Mais comme je ne sais pas mentir, du coup, forcément, je lui ai dit la vérité. Donc, j'ai dit « bah oui, voilà, je suis tombée enceinte. J'ai fait déjà tous les trucs. Je suis allée à l'hôpital. Voilà, tout est bon. » Et on était donc au ski, hein. Voilà, Valbergue, pour ceux qui connaissent dans le Sud. Et ma mère a eu une réaction. Et franchement, je leur serais reconnaissante toute ma vie, je pense. Il n'y a eu aucun jugement. Elle a contacté le gynécologue de famille, sachant que moi j'avais jamais vu un gynéco de ma vie avant. Elle l'a contactée et puis elle lui a demandé un rendez-vous en urgence. Et donc tout s'est enchaîné assez rapidement et elle a été vraiment là à mes côtés. Donc forcément la décision, comment vous dire, elle a été prise assez rapidement puisque j'avais 17 ans, j'étais en train de passer le bac, c'était incroyable. absolument pas du coup une question de savoir est-ce que tu avortes, est-ce que tu n'avortes pas. Enfin c'était sûr que de toute façon j'ai avorté. Heureusement que ma mère a été là, vraiment. Ça a été fait assez rapidement quand même. Je crois que la semaine d'après j'avais le rendez-vous avec le gynéco tout ça. Enfin deux trois jours on avait courté le séjour au ski et tout, on est rentrés. Et en fait je crois que j'ai été opérée sous anesthésie générale la semaine d'après. Ce qu'il faut savoir, ce qui m'a énormément marquée dans cette histoire... c'est que quand je suis sortie j'en ai très peu parlé ça c'est aussi une thérapie de l'exprimer comme ça mais c'est un peu compliqué quand je suis sortie de l'hôpital et que j'ai envoyé un message du coup à mon ex je crois qu'on était plus ensemble parce qu'il m'avait larguée, je crois pas qu'il était revenu entre temps il faut savoir que il m'a insultée et il m'a dit que j'étais une grosse PUTE que c'est tout ce que je méritais etc et Donc moi, j'étais en train de me réveiller de la léséginie générale. J'étais dans la voiture, je me rappelle, j'étais en train de me vider de mon sang parce que quand vous avortez comme ça, de façon chirurgicale, vous avez comme des règles après. Psychologiquement, je ne me rendais pas forcément encore... Je savais que c'était grave, etc., mais je n'avais pas encore les impacts que j'ai eus des années après. Et en plus, il me disait ça et là, je me suis dit « Waouh ! » Mais heureusement que ma mère était là, vraiment heureusement que mes parents étaient là. Mon père ne m'en a jamais parlé. Il était venu me chercher à l'hôpital, mais on en a... plus jamais parlé et ça n'a plus jamais été mis sur la table. Du coup, c'est vrai que ça a été une expérience extrêmement traumatisante mais je pense qu'avant de vous raconter en quoi ça a été une expérience traumatisante pour moi, William, ce serait cool qu'on ait peut-être ton histoire, toi, du coup, sur comment ça s'est passé, comment est-ce que tu t'es rendu compte que tu étais enceinte, comment qu'est-ce qui t'a poussé peut-être à prendre la décision ? On va commencer déjà avec l'histoire de base, du coup, À quel moment tu t'es rendu compte que tu étais enceinte et quelle a été ta réaction ?
- Speaker #1
Alors moi, du coup, j'étais en couple avec mon ex depuis à peu près 4 ans et demi, il me semble. Et on était en pleine séparation. Donc on vivait ensemble, on était en pleine séparation car je venais de découvrir qu'il m'avait trompé une énième fois. Notre relation, elle était mi-toxique, mi... Ouais pas très stable quoi. Par contre je sais qu'on s'est vraiment aimé, autant lui que moi, c'était vraiment un amour très fort et tout mais voilà on se correspondait pas. Et comment j'ai découvert du coup ? J'avais un retard de règles donc j'ai fait un premier test sachant que j'étais très réglée. Mais vu qu'on était en pleine séparation des fois avec les émotions tout ça tu te dis que ton cycle peut être un peu perturbé donc j'ai fait un test, il était négatif. Et c'est vrai que trois semaines après, toujours pas de règles, énormément mal au sein, tout ça. J'ai refait un test et là, malheureusement, il était positif. C'était le test Clear Blue, je crois qu'il fait avec écrit trois semaines et plus. Donc la première fois que j'ai fait le test qui était négatif, je devais déjà être enceinte, mais le test ne l'avait pas détecté. Ma réaction, ça a été choqué. Je me suis mise à pleurer. Mon ex était dans le salon. À ce moment-là, en train de jouer à la Play en live avec ses collègues, donc il avait le casque et tout ça. Il m'a vu pleurer et j'avais le test dans la main, donc il a directement compris. Il a tout coupé, il est venu me rejoindre dans la chambre. C'est vrai qu'il a été mignon sur ce moment-là parce que vous allez voir la suite, c'est pas du tout le cas. Il m'a dit « Qu'est-ce que tu comptes faire ? » Et moi, je n'ai même pas réfléchi. Pour moi, c'était « J'allais avorter » . Je ne me suis même pas posé la question. Vraiment, c'était… Mais voilà, je pleurais parce que ça faisait quand même 10 ans que je prenais la pilule. Ça ne m'était jamais arrivé. Je ne l'avais jamais oubliée. J'étais hyper régulière mais ça m'est tombé dessus. Donc j'étais en train de me séparer de mon ex, on allait rendre l'appartement parce que toute seule je n'aurais pas pu l'assumer. J'apprends que je suis enceinte. Là niveau émotions j'étais vraiment dans le plus bas. Et après j'ai pleuré aussi parce que j'avais peur parce que je connaissais à peu près l'avortement même si je ne l'avais jamais vécu. Je m'étais assez informée parce que je pense qu'on a quand même... Ce n'est pas un sujet qu'on me parle beaucoup, mais je m'y connaissais. On savait qu'après un certain laps de temps, c'était par opération. On va éviter les mots techniques comme tu l'as précisé. Et qu'il y avait aussi la méthode du médicament. Mais je ne savais pas encore vers quoi le médecin allait me diriger parce que moi, je me suis vraiment laissée porter par mon gynéco du coup. Du coup, oui comme je t'ai dit moi du moment où j'ai su que j'étais enceinte, je me suis pas posé 36 000 questions vu dans le moment où j'étais. C'était pas du tout le moment d'accueillir un enfant même si j'avais quand même 26 ans. Donc ouais c'était en début 2021 donc j'avais 26 ans et j'avais la maturité. J'avais je pense le potentiel d'accueillir un enfant. Sauf que j'étais en pleine séparation, ma relation n'était pas du tout saine, stable. On était en train de se séparer, on avait carrément envoyé l'avis pour l'appartement pour le rendre. Mais j'ai quand même eu ce 90% quand j'ai su que j'étais enceinte, c'était directement « j'avorte » . Mais il y a quand même eu ces 10% de doute dans ma tête. Pas de « est-ce que je le garde ou est-ce que je l'enlève ? » Ce n'était pas ça, c'était parce que moi j'étais sûre que j'allais l'enlever. mais me dire "est-ce que tu es sûr de toi ? " Juste 10 petits pourcents dans un coup de ma tête, mais sinon ma décision était prise et je n'ai pas perdu de temps à réfléchir. J'avais également un mélange d'émotions parce qu'il faut savoir que ma maman m'a eu très jeune. Elle est tombée enceinte de moi à 17 ans et donc elle m'a eu à 18 ans. Et c'est vrai que j'ai un lien avec ma maman qui est hyper fusionnel, on est hyper proches. Je peux tout lui dire, c'est vraiment une très bonne relation et depuis ça, moi je me suis toujours dit J'aurais des enfants jaunes comme ma mère. Je me suis toujours, toujours dit ça. J'ai toujours aimé les enfants. J'ai ce truc-là avec les enfants. Ils viennent facilement à moi. Ils viennent facilement se jouer avec moi, parler avec moi, échanger avec moi. C'est vraiment un truc que j'ai naturellement. J'adore ça. Je les attire. Donc, me dire que je suis enceinte et de me dire que j'allais l'enlever et que c'était... En fait, j'avais la tête sur les épaules de me dire : "Ok William, t'es capable d'élever un enfant, t'as la maturité, mais c'est pas la vie que tu veux." Et je pense que j'ai eu assez les pieds sur terre pour me dire ça et je suis assez fière de moi pour ça parce qu'à l'heure actuelle, j'aurais peut-être un enfant. Du coup, je serais liée à vie avec cette personne. Donc en vrai, je sais que j'ai pris la bonne décision. Mais ça reste dans le moment, voilà, je voulais des enfants jeunes, mais ce n'était pas mon destin quoi. J'ai vraiment les up and down au niveau des émotions, donc ça a été hyper compliqué. Mais j'étais quand même hyper bien entourée, donc ma maman était au courant, ma petite sœur et puis mon groupe de copines de l'époque. Donc voilà, dans ce moment, elles ont été quand même assez présentes. Mais ce moment où ces filles-là ont été assez présentes a été de courte durée parce qu'elles m'ont très vite tourné le dos et je me suis très rapidement... retrouvée toute seule. Et puis les jours ont passé et mon ex commençait à être odieux avec moi, il m'a accusé d'avoir fait exprès. D'avoir fait exprès. Quand je y repense en vrai je suis choquée. Je sais qu'il y a plusieurs disputes qui ont éclaté, je lui ai sorti toutes mes plaquettes de pilules, puis je lui ai lancé à la gueule en lui disant "mais tu crois vraiment que je veux un enfant de toi ? " enfin bref c'est parti dans les tours avec des mots très forts tout ça. Donc ouais non, mes copines pareil on avait un groupe et puis sur le groupe Snapchat elle s'envoyait des fois la nourriture qu'elle faisait à manger tout ça. Moi je me suis désabonnée de ça parce que faut savoir que mon début de grossesse du coup je l'ai très très très mal vécu. Donc déjà j'étais fatiguée mais très très fatiguée, je faisais que dormir. En plus t'es en pleine séparation donc je faisais que vomir. Vraiment dès que je buvais un verre d'eau, dès que je mangeais quelque chose... qui me faisaient du bien, il n'y a rien qui restait dans mon estomac. Donc même une gorgée pour prendre un cachet ou quelque chose, ça ne passait pas. Je ne m'alimentais plus, je ne buvais plus. La moindre odeur me faisait vomir. Je l'ai hyper mal vécu. C'est vrai que mes copines n'ont pas compris. Elles ont dit que je me renfermais, que je m'isolais, alors que juste leur snap de merde... Ça me faisait juste vomir et le peu de temps où j'étais tranquille, où je ne vomissais pas, elles envoyaient ça. Et donc elles m'ont un peu tourné le dos de cette façon-là. Donc voilà, je n'ai pas trop culpabilisé mais voilà, ça a été un mélange d'émotions de tout ça en fait.
- Speaker #0
Ok, et on en arrive du coup un peu au vécu de l'avortement. Sans vous donner de détails médicaux crus, on va vraiment vous parler de notre ressenti sur comment est-ce qu'on l'a vécu. Moi je sais que le jour J j'étais sortie, je me rendais compte sans trop me rendre compte. C'est plutôt après que ça a commencé à être un peu compliqué. J'avais un peu un truc de tristesse. culpabilité, je me disais ok t'as 17 ans mentalement c'était difficile honnêtement tout le monde a pensé que j'allais rater mon bac au final je l'ai eu avec mention je me suis raccrochée peut-être à ça dans ma vie à chaque fois je fais plus ou moins ça dès qu'il y a un truc qui se passe et que enfin bref je me raccroche toujours beaucoup au travail et je pense qu'à ce moment là ce qui m'a le plus manqué c'est d'en parler parce qu'en fait quand ça s'est passé j'en ai plus jamais parlé Je l'ai un peu enfermé dans une boîte rangée dans un tiroir. Le tiroir lui-même enfermé dans une autre boîte et rangé dans un placard. Et en fait, on n'en a plus parlé jusqu'à ce que je traverse des choses plus difficiles dans ma vie personnelle où je me suis rendu compte « Ok, ça a eu un impact » . Je ne sais pas toi William, comment tu l'as vécu du coup le jour J quand ça s'est passé ?
- Speaker #1
Du coup, le jour J, alors il faut savoir que le jour où j'ai avorté, je rendais l'appartement peut-être 3 ou 4 jours après. Je n'ai plus trop la notion du temps, mais je sais que j'ai un peu fait tout en même temps. Donc le jour J, je me suis rendue chez mon gynéco avec ma maman. Dans son bureau, il m'a donné un premier cachet et après il m'a donné... Un deuxième à prendre chez moi le soir. Donc j'avais pris des affaires, je ne voulais pas du tout rester chez moi seule avec mon ex qui clairement s'en battait les couilles. Donc je l'avais quand même prévenu de ce qu'allait se passer. Mais voilà, pas de réaction de sa part, pas forcément de mots gentils. Vraiment, je lui ai dit je vais chez ma mère ce soir. Ok, d'accord, j'ai peut-être eu un message dans la soirée mais c'est tout. Enfin bref. Donc je prends ce fameux premier médicament en présence de mon gynéco et de ma maman dans le bureau. On va chez ma maman. Et là il est temps de prendre du coup le deuxième cachet. Alors il me semble que le premier c'est pour arrêter le cœur et le deuxième pour expulser l'embryon. Donc j'avais pris des pyjamas très cocooning, ma mère m'avait pris des petits trucs à grignoter que j'aime tout ça. On s'est mis devant la télé et j'ai commencé à avoir mal au ventre comme des grosses règles. douloureuse. Je vais passer les détails parce que j'ai failli mourir clairement ce soir-là. Bref, toute la soirée se passe donc je fais des allers-retours aux toilettes car je perds du sang ce qui est normal donc voilà et sauf qu'à un moment donné j'ai très très très très mal. Je sens des choses tomber dans les toilettes mais je regarde pas, je me refuse de regarder mais je suis pas bien. Ma mère à chaque fois que j'allais aux toilettes était devant la porte en en me demandant si je vais bien, tout ça. Et c'était vraiment comme des règles très douloureuses, plus que des règles, mais je sentais que c'était un peu le même style de douleur. Et à un moment donné, je dis à ma maman que ça ne va pas et que j'ai très chaud. Et là, blackout. Blackout, je suis tombée dans les pommes. Je sais pas combien de temps exactement, mais quand je me suis réveillée, je n'étais plus sur les toilettes, mais j'étais dans le couloir allongée à terre avec ma mère en train de durler au-dessus de moi, au téléphone avec les pompiers. Ma fille est en train de convulser, elle a les lèvres violées, elle a les yeux qui bougent dans tous les sens. S'il vous plaît, venez, venez, venez. Bref. Et je me réveille. Et quand je me réveille, je la rassure directement parce que je me sens bien au moment où je me réveille. T'inquiète pas maman, ça va. Et elle m'a expliqué que les pompiers ne voulaient pas venir car ils avaient trop de travail ce soir-là et qu'il fallait que ma maman me porte, qu'elle m'emmène elle-même à l'hôpital. Sauf que j'étais clairement inconsciente au sol. Je ne me souviens même pas de ce qui s'est passé. Un moment assez perturbant parce que j'avais perdu énormément de sang d'un coup, donc je pense que je tombais dans les pommes tout simplement. Et bizarrement après ça allait bien, j'avais plus mal au ventre. J'étais juste très fatiguée mais ça allait. Donc j'ai demandé à maman d'aller me coucher. Donc ça elle me couchait, je me suis endormie. J'ai très bien dormi, j'ai passé une très bonne nuit. Le lendemain un peu de douleur au ventre mais ça va. Très fatiguée par contre. Et du coup, deux jours après, faire les cartons de mon emménagement pour retourner chez ma maman. notre appartement. Donc là, pareil, j'ai été la seule à repeindre les parties qui manquaient de l'appartement, à reboucher les trous avec ma sœur, des amis à ma sœur, mes parents et mon ex, lui n'a absolument rien fait, sachant que je venais d'avorter deux jours avant. Donc, donc voilà, pareil, mes copines, pas forcément de nouvelles, rien du tout. Et ce jour-là, le jour où on a rendu les clés de l'appartement, donc moi, j'étais déjà très mal de ce que j'avais vécu, très mal de ma séparation parce que... malgré qu'il m'ait trompé, malgré qu'on ait envoyé le préavis de l'appartement et tout, je n'acceptais pas cette séparation. J'étais vraiment, je pense, indépendante affective. En fait, je voulais être avec lui, même si je sais que je n'étais pas bien dans cette relation. Il ne me rendait pas heureuse, on se disputait tout le temps. J'avais envie d'être avec lui. Donc, je n'acceptais pas du tout cette séparation. Et ce jour-là, lui, en rendant les clés, il est parti faire un barbecue avec... tous nos amis, donc avec ses potes, avec mes copines. Et personne ne m'a invité, personne ne m'a proposé de l'aide pour le déménagement, personne... Voilà, et ça a mis des snaps, ça a mis des stories, des vidéos où chacun se filmait pour bien me montrer qui était là. Enfin, ouais, psychologiquement, c'était très, très dur parce que je me suis retrouvée genre toute seule. Mais genre toute seule, toute seule, plus de copines, plus de mecs, plus d'appart. Je retourne chez ma mère à 26 ans, enfin... Genre vraiment, je me suis retrouvée mais seule, mais vraiment seule, ça a été... Ça a été hyper, hyper, hyper dur. Vraiment.
- Speaker #0
Et on attaque du coup le plus dur en fait. Donc une fois que tout ça est vécu, je trouve que le plus rude en fait c'est le après. C'est ce qui se passe, c'est notre reconstruction. Un peu dans la solitude du coup. Moi la reconstruction elle a été quand même très très longue et je pense qu'elle n'est toujours pas achevée. Pendant pas mal de temps, pendant de nombreuses années. J'ai eu beaucoup de soucis sur ma sexualité liée à l'avortement. Je supportais pas qu'on me touche, je supportais pas que quoi que ce soit sur mon intimité. Ça allait aussi sur la période de menstruation, etc. J'ai jamais mis de tampons. C'était vraiment très compliqué pour moi. Ça a eu un impact forcément sur mes relations amoureuses puisque j'avais quasiment pas d'intimité, pas de sexualité. Je refusais vraiment... vraiment tout ça, un peu comme si je m'auto-punissais de ce qui s'était passé et je pense que c'est comme j'en avais pas parlé et comme je l'avais pas extériorisé c'était très compliqué pour moi du coup de m'en rendre compte et en fait j'ai accumulé pas mal d'années comme ça et puis forcément avec le temps on grandit il y a deux expériences, on discute autour de nous on se rend compte qu'il y a beaucoup de personnes à qui c'est arrivé et donc forcément ça aide un peu, on va pas se mentir quand même là dessus Et je me suis rendue compte à un moment donné de ma vie, et notamment quand j'ai divorcé. En fait, quand mon ex-mari s'est barré, là au bout de cinq jours après le mariage, j'ai fait un reset complet sur ma vie en me disant « Ok meuf, il y a un problème là quand même. Ça fait plusieurs années que je suis tirée des putains de casseroles. » C'est peut-être le moment de réagir et de faire quelque chose. Et donc, c'est le moment où je me suis un peu, voire même beaucoup, remise en question, où j'ai pas mal étudié ce qui avait pu causer certains traumas, en me disant, ok, maintenant tu vas travailler dessus, en fait, et on va trouver des solutions ensemble. J'étais déjà allée voir plusieurs psys. J'avoue que je n'ai jamais été... assez de rendez-vous pour venir aborder ce sujet-là, mais je sais qu'il fallait que je le traite. En fait, je me disais, mais tu as les ressources nécessaires. Je n'en ai jamais vraiment reparlé avec ma mère parce que qu'est-ce qu'elle pourrait me dire de plus que ce qu'elle a fait, de comment est-ce qu'elle a été présente à ce moment-là. En réalité, pas réellement. J'ai beaucoup de copines autour de moi qui n'ont pas connu ça, donc difficile d'en parler aussi. Donc, je pense que je me suis un peu enfermée dans une bulle. Et puis, quand j'ai divorcé, il y a eu le moment où je me suis dit, ok maintenant tu fais une pause et en fait tu vas accepter ce qui s'est passé tu vas te pardonner aussi parce que je pense que je m'en suis beaucoup voulue en fait je prenais pas de contraception parce que chez moi on m'avait jamais parlé de contraception j'avais 17 ans, c'était pas tabou mais un peu dans ma famille on n'en parlait pas, j'avais jamais été voir un gynéco etc et je remets pas du tout la faute sur mes parents ou quoi que ce soit pas du tout mais du coup il y avait plein de choses que je connaissais pas j'ai pris des risques j'ai été surtout très très mal entourée puisque j'étais avec une personne qui était vraiment pas quelqu'un de correct et en fait je pense que le fait que de pas avoir été soutenue par cette personne là ou par le père dans ce moment a été a eu un impact énorme moi sur mon après et sur comment je l'ai vécu et je pense qu'en fait le blocage est parti de là je pense qu'en fait peut-être que ma haine des hommes est partie de là en fait je me suis dit ok Et... t'es capable de tomber enceinte, t'es deux et on t'abandonne comme une merde faut se dire que cette personne là aujourd'hui je crois qu'il est marié et je sais qu'il a un enfant donc c'est un peu ouf j'espère qu'il a pas fait ça à sa femme que c'était le premier coup et que tout s'est bien passé mais bref et en fait du coup c'est vrai que j'ai quand même vachement grandi grâce à cette épreuve là mais en fait, donc j'avais 17 ans ça fait 12 ans et je crois que j'ai fait vraiment mon deuil il y a 3 ans en 2022 donc vous voyez le temps que j'ai mis pour me pardonner d'avoir fait ça pour me dire ok ça arrive et t'y es pour rien et ça doit pas t'empêcher d'évoluer ça doit pas empêcher ta sexualité d'être présente etc et en fait du coup je pense que c'est super important pour les jeunes femmes et les jeunes filles qui traverseraient peut-être cette épreuve toute seule de ne pas rester toute seule justement. D'en parler, je ne sais pas toi, William, comment ça s'est passé du coup ? Est-ce que la reconstruction après, elle a été assez facile ou est-ce que tu as eu un petit chemin avec plein d'embûches et plein de petits ponts à enjamber ?
- Speaker #1
Donc voilà, les semaines ont passé et en fait, pendant toutes ces semaines, je suis retournée chez ma maman. Et j'avais ces douleurs, j'avais continuellement des douleurs au ventre. Bon, j'ai saigné encore un peu, mais le gynécologue m'avait dit, m'avait prévenu que c'était normal. Donc sur ça, je ne m'étais pas inquiétée, mais c'est vrai que j'avais tout le temps, tout le temps mal au ventre, vraiment énormément mal au ventre. Et quelques semaines après, on a du coup l'échographie de contrôle pour voir que tout s'est bien expulsé. Donc je vais dans un centre de radiologie pour faire une écho. Et là, pendant l'examen... La femme me dit « Ah bah oui, c'est normal que vous avez mal au ventre. » Parce que du coup, le fœtus n'est pas du tout expulsé. Et là, c'est le choc. Je me dis « Comment ça ? » Je dis « J'ai perdu énormément de sang, j'ai entendu, j'ai senti des choses tomber dans les toilettes. » Elle m'a dit « Oui, c'était juste du sang, des caillots de sang. Mais c'est normal que vous ayez mal au ventre. Le fœtus est mort dans votre ventre. » Donc ça fait trois semaines que je me... que j'ai un foetus mort dans mon ventre, mais qui ne s'est pas expulsé. Donc, c'est pour ça que j'avais très mal au ventre. Et du coup, on m'a programmé une intervention en urgence, parce que ça aurait pu s'infecter et ça aurait pu être grave, pour faire du coup un deuxième avortement, donc un cure-tage. Donc là, deuxième choc. On sait que c'était derrière moi, que j'allais pouvoir me reconstruire tout ça. Au final, non. Je crois que je préviens même pas mon ex, parce que du coup, on avait rendu l'appartement et j'avais plus de nouvelles. J'avais plus de nouvelles, plus de lui, plus de mes copines, plus personne. Donc c'est ma maman qui m'a emmenée. C'était à l'hôpital. La clinique Saint-Jean. Jean-Jannis, pour ceux qui connaissent, l'équipe très, très, très au top, franchement au top. Donc, bon, ça a été sous anesthésie générale, donc je n'ai rien senti, je n'ai rien... Voilà, c'est juste avant beaucoup de stress. Mais pareil, je suis toute seule sur mon brancard. Et je me souviens que j'arrive du coup dans la salle d'opération, donc j'avais cette espèce de blouse. Donc déjà, dans cette salle-là, il fait très froid, mais je tremblais de peur. J'étais en panique, j'étais en panique. Et donc, on m'a expliqué ce qu'on allait me faire. Donc, voilà. Donc, on m'a endormie. Et avant de m'endormir, je me souviens que la femme, elle vérifie bien les informations, savoir qu'elle a bien le bon patient qui correspond à sa fiche. Et elle me dit, donnez-moi votre nom, votre prénom et votre date de naissance. Et je lui dis à peine mon nom, je me mets à chialer. Je me mets à pleurer. Et là, elle a été hyper humaine. Elle m'a pris la main. Mais ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer. Je suis là, je ne vous lâcherai pas. Enfin, bref. Et après, je me suis endormie, carrément endormie. Et je suis sortie. Du coup, dans la journée, maman me récupérait, et encore très fatiguée aussi. Pas de douleur. En tout cas, je ne m'en souviens pas. Donc pas de douleur, je ne m'en souviens pas. Je crois que j'ai prévenu... Il me semble que j'ai prévenu... Je n'ai plus trop la notion, mais il me semble que j'ai prévenu mon ex que j'avais du coup avorté une deuxième fois du même faitus, parce que les médicaments n'avaient pas marché. Il m'a juste dit comment ça se passe. Il m'a posé trois questions, mais rien de plus. Donc, en fait, ça a été dur, tout ce que je viens de vous raconter. Mais à partir du moment où je suis sortie de l'hôpital et que c'était fini, je n'ai pas sombré. J'ai vraiment mal vécu le moment présent. Mais une fois que tout était fini, ça m'a impactée. Mais je n'ai pas sombré. J'ai peut-être sombré beaucoup plus tard, quelques années plus tard, pour plein de choses qui se sont ajoutées. Mais cet épis-lode-là, en tout cas, je l'ai mal vécu son moment. Mais me connaissant hyper fragile, hyper sensible, tout ça, ça va. Franchement, ça va. Et bien sûr, mon ex-copain, peut-être un mois et demi après, deux mois, est revenu comme une fleur me disant... qu'il était dégoûté que j'ai avorté, qu'on aurait pu fonder une famille, blablabla. Chose qui m'a profondément dégoûtée de lui, sachant ce que je venais de vivre toute seule, et qu'il ne s'y était même pas intéressé. Enfin bref. Donc c'est vrai que cette période-là, tout le monde m'a tourné le dos, ainsi que mes copines. Donc ça a fait le gros tri en vrai dans ma vie, donc je suis contente. Il a fallu que je vive ça pour me rendre compte que mon entourage n'était pas bon. Donc voilà. Suite à tout ça, depuis 2026, je ne prends plus la pilule. Je suis passée au stérile et en cuivre. Ça, c'est propre à moi parce que je sais qu'il y a beaucoup de femmes et de jeunes femmes qui ne le supportent pas. Donc ne vous dites pas que c'est trop bien. C'est trop bien pour moi, pour mon corps. Personnellement, je parle qu'à moi, ça me va très très bien. Je n'ai pas eu d'effet secondaire ou quoi que ce soit. Mais étant donné que je suis tombée enceinte sous pilule, que ça faisait dix ans que je la prenais sans oubli, je me suis dit que c'est peut-être un signe de la vie qu'il fallait que je change de contraception. Je l'ai toujours à l'heure actuelle, je n'ai pas de problème. Maintenant, je le vis bien. C'est vrai que la dors parla, ça m'a remonté un peu des émotions, mais je n'en pleure pas. Alors qu'encore l'année dernière, je vais en pleurer. Mais ça va, ça fait partie de moi, ça fait partie de ce que j'ai vécu, ça fait partie de mon histoire. Et je sais que je ne suis pas toute seule et qu'on est plein, plein, plein. Et il y en a plein qui en parlent, il y en a plein qui n'en parlent pas. On le vit tous différemment. Mais voilà, ne vous faites jamais culpabiliser de vivre quelque chose comme ça. Si vous voulez avorter, c'est votre droit. C'est votre choix et pareil dans le cas contraire, même si vous êtes jeune et que vous voulez le garder, l'assumer, c'est aussi votre droit, c'est votre corps et personne n'a à juger. On peut vous conseiller, des bonnes personnes bienveillantes autour de vous, on peut vous conseiller, on peut vous donner des pour, des contre, mais le choix final, ça sera le vôtre et voilà, c'est tout ce qui compte.
- Speaker #0
Je sais que cette épreuve, elle a été super difficile. Mais honnêtement, ça m'a vraiment forgé le caractère. Ça m'a montré que j'étais capable aussi de m'en relever toute seule. Et le fait d'avoir travaillé après pendant des années dessus. Après, c'est vrai que... Je sais qu'il y a quelques années, quand j'avais dit à une personne que ça m'était arrivé, que j'avais avorté, je m'étais sentie jugée. Ça, c'est quelque chose que je déteste. Et donc, si vous avez quelqu'un dans votre entourage qui est en train de traverser ce moment-là, surtout ne le jugez pas. Parce que vous ne savez pas d'où ça peut venir. Parfois, c'est un viol. C'est des choses qu'on n'a pas choisies. Parfois, c'est parce qu'on ne peut pas avoir un enfant. Tout simplement parce qu'on n'a pas la situation aussi. Il y a plein de raisons, finalement. Et donc, c'est vrai que si aujourd'hui, vous traversez peut-être cette épreuve-là, c'est vraiment de vous déculpabiliser, de se dire que quelles que soient les émotions que vous allez traverser, c'est OK et ça va passer. Mais aussi de rappeler qu'il n'y a pas une bonne façon de vivre un avortement. Des fois, il y a des gens autour de vous qui avortent comme s'ils allaient acheter un bon chocolat. il y en a qui ne se rendent pas forcément compte et il y a des personnes pour lesquelles c'est beaucoup plus conscientisé et beaucoup plus difficile je pense qu'on est toutes différentes là-dessus mais c'est important de vraiment prendre le temps en tout cas de se pardonner prendre le temps aussi d'en parler dans son entourage, de sensibiliser moi je sais que si un jour j'ai un enfant, du coup je ferais très attention en fait à tout ça, je ne sais pas, oui même si tu as un truc à rajouter
- Speaker #1
En tout cas, Clara, je voulais te remercier une nouvelle fois de m'avoir donné la parole sur ton podcast. C'était un réel plaisir. Et je vous fais de gros bisous à tous.
- Speaker #0
Eh bien, on vous remercie d'avoir suivi cet épisode du podcast Cœur en transition. On espère qu'il vous a plu. Du coup, je vous remercie vraiment beaucoup, Yem. Merci de m'avoir accompagnée dans ce projet pour pouvoir parler et partager ton expérience. Et puis on vous rappelle que chacun vit les expériences de vie différemment. Si vous avez une copine qui traverse ça, écoutez-la avec bienveillance. N'hésitez pas à partager si ça peut aider aussi votre entourage peut-être à en discuter. Et n'hésitez pas à venir en discuter avec nous directement sur nos réseaux sociaux. Vous les retrouverez en description. Du coup, de l'épisode de podcast, vous pouvez venir parler ou à William ou à moi-même de vos expériences si vous êtes seul, par exemple, et que vous traversez ce moment difficile ou si juste vous avez envie de vider votre sac. Merci encore William et puis on se retrouve très vite pour un nouvel épisode du podcast Coeur en Transition.