- Speaker #0
Moi, j'ai plutôt une âme de guerrière, en fait. Donc, je l'ai fait. Et je l'ai fait parfois comme ça. Donc, aujourd'hui, si tu me demandes comment je veux faire les choses, c'est que justement, je ne veux plus être comme ça. Mais je veux y mettre plus de douceur, en tout cas. Donc, voilà, ça, c'est dans ma transformation, en tout cas, même dans l'apprentissage. Et j'aime être ignorante en fait, ça me va aussi. Mais ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est d'être vraiment sur de l'apprentissage d'humain en humain. C'est ça qui m'intéresse en fait. En tout cas, là c'est ce qui m'anime, c'est le sens que j'y vois là aujourd'hui. Moi j'ai été, il faut quand même me dire, j'ai été quelqu'un qui a été bourrée de préjugés toute sa vie. par la famille, la société et la canopée entre autres, le Canada aussi avant le grand, bien évidemment, m'ont permis de tout déconstruire et ça, ça a été assez fabuleux dans ma vie. Et tu peux enfin reconstruire tes propres pensées à toi en fait. que la canopée, elle a des valeurs de respect, elle a des valeurs d'obéixité, elle a des valeurs d'accueil, de solidarité. C'est vrai que je ne pouvais pas faire médecine, ça c'était un point sûr, pour ne pas refaire le schéma familial. Mes parents, tous médecins. La manière dont la médecine est un métier de passion, mais vient entamer la vie personnelle. Donc, en tant qu'enfant, parce que là, du coup, c'est la petite fille qui parlait aussi à ce moment-là et qui disait mais finalement, la médecine me prend mes parents. Donc ça, c'était une première chose. Et puis, je n'avais pas envie que mes parents me voient à travers les études que je pouvais faire parce qu'il y aurait eu toujours une comparaison. Enfin, je ne sais pas comment exprimer ça, mais j'avais envie de les emmener dans un autre monde qu'ils ne connaissaient pas. D'accord. Pour qu'on ait d'autres discussions. Je pourrais être aimée pour autre chose, en fait. C'est juste... a été le plus utile finalement dans ma vie. Lorsqu'on n'a aucune autre matière où on est bon, l'école ne nous laisse pas beaucoup de chance,
- Speaker #1
je trouve.
- Speaker #0
Je voyais plus les maths comme un outil pour moi de m'épanouir aussi. Ça me rendait aussi intelligente, dans la résolution de problèmes, dans le côté... J'aime bien partir d'une difficulté et qu'on me laisse la... détricoter et tricoter la solution telle que j'ai envie qu'elle soit en fait. Moi je considère que j'ai commencé à aimer justement apprendre quand je suis rentrée en fac de droit. En tout cas j'ai aimé ça, j'ai commencé à aimer ça parce que je me sentais libre quand je suis rentrée en fac. Avant ça j'avais l'impression que c'était de l'apprentissage subi. En tout cas on ne me donnait pas la possibilité les outils pour transformer le savoir en quelque chose dans la vie. Alors avant, parcours très classique. Donc à chaque fois, ça a été plutôt un choix fait par défaut. C'est-à-dire que je ne veux pas être littéraire, je ne veux pas être scientifique, donc du coup, je serai US. La fac de droit, ça a été un peu pareil, en fait. Je ne voyais pas ce que je pouvais faire d'autre. Par contre, je ne voulais pas me fermer trop de portes. Et j'aime bien parce qu'il y a des énigmes dans le droit aussi. Et donc ça, clairement, il y a toujours ce côté-là de résolution. Parce que le droit, c'est... En fait, tout ça, c'est des choses que l'on vit tous les jours. C'est notre vie de citoyen. Et ça, ça me plaît. Il y a une évolution dans le droit aussi, du fait de la jurisprudence, etc. Donc ça veut dire que rien n'est acquis. J'ai tout de suite été... Alors ça peut paraître un peu... Comment dire ? Un peu machiavélique ou je ne sais pas, mais j'ai toujours été attirée, mais comme beaucoup de petites filles peut-être, par l'histoire des tueurs en série. Non pas sur le côté voyeuriste de la chose, de ce qu'ils font, mais plutôt de ce qu'ils sont. En me disant que finalement, pourquoi eux sont passés à l'acte ? Et d'analyser ça, qu'est-ce qui fait que moi en tout cas je ne passe pas à l'acte, pourquoi eux ils l'ont fait, ça, ça m'a toujours passionnée. Et donc je me suis dit... Le droit va m'emmener au droit pénal, va m'ensuivre, va m'emmener, etc. Plutôt criminologue. Criminologue, d'accord. J'ai bifurqué. D'accord. Donc, je suis allée jusqu'en... J'ai fait un master 1 en criminologie, droit pénal. D'accord. J'ai fait un master 2 également en criminologie, médecine légale, etc. Donc là, j'ai poussé encore un peu plus loin. J'allais à Aix-en-Provence faire un master 2. Et c'est là où il fallait faire des stages. le plus compliqué pour moi parce qu'il y a ce qu'on imagine et puis il y a ce qu'on vit en fait. Et là, sur le terrain, ça a été, j'ai été en brigade des mineurs, brigade des stups, et j'ai eu la chance, on va dire, de vivre ces stages vraiment de l'intérieur. C'est-à-dire qu'on m'a permis d'être aux côtés des agents. Disons que mon côté sensible, que je ne connaissais quand même pas à l'époque, pas à ce point-là en tout cas, hyper sensible. ça m'a percuté de plafond. Tu te dis mais comment je vais faire pour rentrer à la maison tous les soirs ? Je suis pas armée en fait. Je suis armée intellectuellement. Je suis, oui, je suis pas armée foncièrement à l'intérieur pour faire ce travail là. Donc il y avait une perte de sens qui était en train de s'opérer en fait. Et là, je savais plus vraiment ce que je voulais faire. Là, ça a été un peu vide mais je sais que j'avais encore envie d'apprendre. Mais... Mais je sentais que dans une vie, en fait, si on ne se saisit pas de ce moment-là, après, on ne le fait plus forcément. Moi, mon désir, ce n'était pas d'avoir un homme, d'avoir une maison, des enfants. Enfin, voilà. Donc, dans ma tête, j'étais libre, en fait. Et donc, je me suis dit, qu'est-ce qui, encore une fois, m'ouvrirait le plus de portes ? Chance politique, donc. Et donc, j'ai bifurqué. Donc avec un Master 2, on n'est pas obligé de refaire tout Sciences Po, heureusement. Moi qui voulais être un puits de savoir et qu'on donne les outils. Et c'est ça que j'ai aimé à Sciences Po. Et en fait, Sciences Po qui m'a permis aussi d'approfondir mes connaissances en droit public, et donc en droit des collectivités, et donc de services publics. Mais oui. m'a emmenée vers cette direction-là. On était vraiment sur la capacité à agir sur un territoire. Tu sais, on est vraiment là-dessus. Et puis, encore une fois, le fait de se sentir utile, en fait. Mais je ne peux pas te dire, à l'époque, que j'y allais parce que je ressentais dans le service public de l'honnêteté, de la mixité. Après Sciences Po, pour rentrer dans la fonction publique, j'ai vu qu'il fallait passer des concours. Donc c'est des CEPAG, Centre de Préparation à l'administration générale. Et donc j'ai fait une année de CEPAG. J'ai même refait derrière une année d'IPAG. Donc là, c'est l'Institut de Préparation à l'administration générale. Donc j'étais libre en fait. Parce que le fait de ne pas choisir, déjà, t'empêche de renoncer à quoi que ce soit. C'est la liberté devant toi. Donc, ben non, les concours, il s'avère que j'en magasinais beaucoup de savoirs. sauf que je n'étais pas une bête de concours pour avoir des concours il faut quand même avoir un esprit où on rentre dans les caves moi les concours il s'avère que c'était pas mon truc donc ce qui était désolant c'est à dire que je peux être une professionnelle aguerrie très bonne dans ce que je fais mais à un moment donné si j'ai pas le concours on peut pas me laisser là c'est pas ma chance j'ai passé attaché que je n'ai pas eu et j'ai passé les IRA que je n'ai pas eu Merci. Donc à chaque fois, j'allais jusqu'à l'oral. Et puis après, je pense que je ne passais pas. En tout cas, j'étais forcément à un moment donné moins bonne que les autres parce que je concours aussi aux autres. Donc voilà. Du coup, j'ai passé le concours de rédacteur. Donc là, il s'avère que je l'ai eu. Donc j'étais très contente. Et là, ah là là, oui. Non mais comme quoi, je ne me suis jamais arrêtée en fait. Et là, je me suis dit, mais Maud, tu as le concours en poche, mais justement, tu n'as pas l'expérience. Et donc, tu vas faire l'essence professionnelle sur les métiers territoriaux. Et là, on te proposait la moitié cours théorique, la moitié cours pratique. Enfin, stage, pardon. Donc, on repart pour une aide plus. Et en plus de ça, je fais un stage. Donc là, je trouve un stage à la mairie de Petit-Mar. Et là, génial. Je m'éclate. Et en effet cette licence m'a apporté encore une fois la matière que je n'avais pas. Et je me suis rendu compte quand même qu'il y avait un sacré décalage entre ce qu'on nous apprend et ensuite derrière ce qu'on en fait. Moi je pense que c'est parce que je suis très généraliste en fait. Parce que j'ai toujours été généraliste en fait. Je ne me suis jamais vraiment spécialisée pour quelque chose. Et dans la fonction publique, souvent ce qu'il est demandé c'est une spécialisation. Enfin, c'est pas forcément ce qui est demandé, mais n'empêche que les postes sont faits que il y a toujours une spécialisation derrière. Ça demande quand même des compétences très spécifiques. Donc les profils en tout cas très généralistes comme les miens n'étaient pas forcément dans les catégories B, parce que les catégories B sont des postes très opérationnels. Les catégories A, je n'en fais pas des généralités dans ce que je dis, mais je n'en suis pas très loin. Les catégories A sont plutôt sur des postes stratégiques. En tout cas, je pense que je me suis donné les moyens derrière. A, 26 ans. Et donc là, j'avais 26 ans. Donc oui. Donc j'ai commencé à travailler ensuite quand même. Où là, j'avais postulé pour la mairie du Lyon-Danger en tant qu'urbaniste. Donc assez improbable, puisque je n'avais pas de compétences compagnistes. Mais du coup, je n'ai pas été retenue sur ce poste-là. Mais le maire m'a tellement bien aimée qu'ils m'ont recrutée à la communauté de communes en tant que directrice adjointe. Donc tu vois, profil encore une fois généraliste. Donc le poste rêvé quand tu démarres, en fait. Ça a été super, ça a été quatre ans. Oui, quatre ans. Quatre ans d'expérience. Finalement, ça m'a permis de tout apprendre. J'ai travaillé comme jamais je n'ai travaillé dans ma vie. On m'a demandé de faire l'intérim du directeur, et ça je l'ai fait pendant un an. Donc pendant un an, il a fallu qu'avec mon petit bagage universitaire, que je fasse tourner une communauté de communes, avec un président qui avait la dent dure, qui m'a accompagnée, certes, qui m'a beaucoup aidée, mais n'empêche qu'il avait la dent dure. Et avec une équipe de 10 personnes, ne sachant pas maladie. Donc très enrichissant, ça a été vraiment quatre années très très enrichissantes. Ça fait aussi la femme professionnelle que je suis aujourd'hui, c'est évident. Mais on en perd des plumes quand même un peu. Et puis moi je n'avais pas une grande estime de moi en fait. Donc pas de confiance en moi, donc je tenais beaucoup avec le regard des autres. Du coup je suis rentrée en politique, j'ai connu ce que c'était la politique. D'accord. Donc ça, c'était assez intéressant de prendre conscience de tout ça, en fait. Que finalement, une communauté de communes, une mairie, peu importe, elle est au service d'un territoire, certes, mais il y a des jeux de pouvoir à l'intérieur. Je suis partie de mes travails. Et ensuite, j'avais envie de découvrir ce qu'était un peu la vie d'une grosse mairie. Donc là, je suis partie à la mairie d'Angers. Et donc là, c'était M. Beats à l'époque, qui ouvrait un poste de manager de centre-ville. Et donc sur ce poste-là, qui était vraiment à créer de A à Z, une grosse distorsion entre la mairie et les commerçants. Il y avait un rôle de coordination, un rôle d'interface, un rôle de connaissance très transversale avec de l'ensemble des services. Donc voilà, un rôle touche-à-tout.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Alors ça, ça m'a vraiment plu. Je suis restée un moment. En tout cas, je suis restée jusqu'à 34 ans. Là, en fait, j'ai eu un déclic. Mais ça va paraître un peu comme dans les dessins animés. Je me réveille un matin en me disant, mais il me manque quelque chose dans ma vie. Je suis, comme je t'ai dit tout à l'heure, je suis remplie de liberté. Et je n'aime pas qu'on m'oblige à faire les choses, en tout cas. Et je me dis, mais ce qui va me manquer là dans ma vie, c'est de m'expatrier quelque part. Vraiment, j'ai envie d'aller découvrir un autre pays, une autre culture. Il y a vraiment, ça a été toujours un rêve, un rêve de gosse, tu sais. Le pays qui m'attirait, mais c'est surtout parce que j'avais 34 ans et que pour partir, je voulais partir avec un PVT, donc c'est permis vacances-travail, ce qui me permettait d'aller travailler dans les pays ciblés. ça c'était quand même un plus aussi parce que je voulais quand même y avoir une utilité et puis il fallait que je gagne de l'argent aussi et donc j'ai choisi le Canada parce que quand on a il prenait jusqu'à 35 ans le Canada j'ai pris une disponibilité par contre à la mairie parce que quand je partais avec l'idée je ne sais pas si je vais revenir mais si je reviens je veux être à la mairie et le Canada là moi je voulais vraiment ... lâcher prise totale sur ce qui m'attendait là-bas. Vraiment, je suis partie avec un sac à dos et rien en tête. Je savais où j'allais les deux premiers mois dans une auberge de jeunesse pour faire du wuffing, histoire quand même de ne pas être à la rue. Et après, j'y allais au gré des rencontres. Ça, ça faisait vraiment partie de l'expérience. Je voulais vraiment, sur le coup, arrêter d'apprendre par le savoir. Je voulais apprendre par l'expérience. C'est apprendre à se faire confiance. Un rêve de gosse, mais un peu inavoué, peut-être en tout cas qui ne sortait pas, mais c'était d'être libraire. Je ne me demande pas pourquoi. J'ai toujours aimé les livres. Je trouve que dans une librairie, ça... Ça transporte, ça élève, même si tu lis pas en fait. C'est un lieu que je sacralise quoi. Et qui me fait du bien. J'ai toujours aimé les bibliothèques. J'ai toujours aimé aller travailler en bibliothèque. Pendant toutes mes études. Et donc, il y a une ambiance aussi tu vois qui... En tout cas, je me suis dit au Canada, profitons d'être dans ce pays-là, pour aller vivre ce rêve-là. Donc bref, en tout cas j'ai postulé à une annonce, tu vois, j'avais postulé à des annonces à l'époque et là des indépendants qui cherchaient une gérante libraire pour leur petite librairie, elle était toute petite. Ça fait combien de temps que j'ai dû faire ça ? Six mois, six mois dans cette librairie. Alors ce que j'ai adoré aussi c'est que ces gens-là m'ont fait confiance, ces gens-là m'ont tout appris et ça au Canada le fait de laisser faire et de faire confiance. Je sentais qu'en tout cas en France, malgré... j'étais jeune, 34 ans, mais je sentais que c'était quand même pas ce modèle là en France. Ça marche totalement au feeling. Ils se disent que finalement les seuls critères qui comptent ça va être ton savoir-être. Parce que si tu as la curiosité, si tu as le côté téméraire, enfin voilà... Quand tu coches deux trois cases comme ça, tu sais que derrière la personne, elle va apprendre. Puis j'aime vraiment cette histoire de confiance entre l'employé et l'employeur qui s'instaure et qui s'installe. Et ces relations humaines qui sont très sincères. Peu de différenciation entre le professionnel et le personnel. Quand on s'entend bien, on s'entend bien. Quand on a gagné la confiance. d'un québécois c'est pour la vie en fait. Donc j'aimais ça en fait. Cette notion d'amour inconditionnel quoi. T'es pas obligé de refaire tes preuves tous les matins en fait. Et pour moi ça ça m'a vraiment adoré ça. Et ensuite j'ai été sur Montréal et là j'ai travaillé à Renaud-Bray. Renaud-Bray c'est une chaîne de librairies comme la Fnac. Donc voilà donc Renaud-Bray aussi super. ça a été encore une belle expérience où j'ai encore appris Encore une fois, ça n'a été que de l'apprentissage sur le terrain. Trois mois de wouching, six mois, j'en étais déjà un an et demi. Et là, il fallait que je prenne ma décision, à dire, pardonnez, je reste ou je ne pars. Donc là, événements personnels qui ont fait que, allez, je me suis dit, je rentre. La France me manque aussi, il faut quand même le dire. Et donc je rentre en France et je récupère mon job. J'étais censée récupérer mon job à la mairie. Et là il s'avère qu'ils avaient pris quelqu'un sur mon poste qui faisait très bien l'affaire. Et en fait moi je leur ai dit, en fait gardez cette personne sur mon poste. Moi je sais pas si je vais rester. Alors si, j'avais envisagé pourquoi pas de travailler dans une bibliothèque. Donc ça j'y ai pensé. J'ai aussi, si quand même, j'ai pu éprouver le monde des tiers lieux. Ça se dit pas forcément le monde des tiers lieux au Canada. Mais en tout cas les valeurs qu'on y trouve derrière, donc les projets d'initiatives citoyennes en partant de rien, sur des projets de territoire, ça c'était quelque chose déjà qui commençait, voilà, que j'avais visité des lieux à Montréal, enfin voilà. Ça commençait à se mettre dans mon esprit. J'ai dit à la mairie, mettez-moi sur un poste, n'importe lequel, le temps de me laisser réfléchir. Là, il s'avère qu'ils avaient un projet de déménagement de la mairie d'Angers. Donc, il fallait être celle qui coordonne tous les travaux et le déménagement de chacun. Ce qui m'a fait plaisir, c'est que la mairie d'Angers, et notamment ma directrice à l'époque, Ils savaient quel profil j'étais et ils savaient que j'étais un profil à tout faire. Le monde des tiers-lieux, j'ai eu un peu de temps pour m'y intéresser. J'avais été voir sur le site de la coopérative. Je savais qu'il fallait que je m'appuie sur eux. Je regardais les offres d'emploi nationales, le Nouvelle Aquitaine Tiers-Lieu, le réseau Nouvelle Aquitaine Tiers-Lieu. Et donc là j'ai trouvé, Amandine, ma responsable actuelle, avait mis l'offre, l'annonce, elle avait eu l'intelligence de mettre l'annonce là-dessus. Et donc c'était parti pour la canopée.
- Speaker #1
La canopée n'était pas née ?
- Speaker #0
Elle était en cours de construction, donc je suis arrivée dans les travaux. Je suis arrivée dans les travaux avec trois objectifs donnés.
- Speaker #1
Un peu de RH, c'est ça ? Oui,
- Speaker #0
des juridiques. Qui m'étaient beaucoup attendues. de comptabilité, je fais de la compta, de savoir-vivre, de coordination, pas de savoir-vivre dans le sens, c'est normal, oui, de coordination, de montage de projet.
- Speaker #1
C'est un lieu de...
- Speaker #0
C'est ma vraie coordination, en fait. Le fait de mobiliser des partenaires qui ne se connaissent pas, des acteurs qui ne se connaissent pas, et d'aller vers une vision commune. Pour se dire, il faut s'adapter continuellement, en fait. L'adaptation, c'est vraiment une des capacités la plus forte qu'il faut avoir pour ce type de lieu-là. Et le lâcher prise, le laisser faire, parce qu'on ne sait pas ce que ça va devenir. Et dans ces cas-là, ça va de pair, c'est en escalier la confiance. C'est-à-dire que c'est parce que les élus nous ont fait confiance que nous-mêmes... on a pu avoir confiance aussi en notre action et du coup on a aussi pu avoir confiance aux partenaires aux personnes qui nous ont accompagnés pour moi la confiance encore une fois elle se circule elle circule tout à fait et puis c'est un lieu qui est vivant et c'est ça qui est génial enfin déjà on vit le vivant enfin on est avec l'autre et et matin on se lève on sait pas ce qui va se passer quoi en tout cas j'ai aimé le même engagement à faire les choses et pour moi c'est plus qu'un job et c'est parce qu'en effet il y a la question aussi de pourquoi je le fais parce qu'il y a du sens, il y a de l'utilité, il y a tout ça tu ne joues pas un rôle je ne joue pas un rôle, c'est exactement ça oui oui tout à fait, je ne joue pas un rôle je ne suis pas Maud gestionnaire de la canopée en fait tu vois, je suis Maud en fait, et on me trouvera pareil demain si je vais boire un verre avec quelqu'un. Enfin, tu sais, voilà. Je parlais plus en disant ça en termes de personne. C'est-à-dire que je suis la même personne, j'ai les mêmes idées. Exactement, je parle plus d'authenticité. J'ai toujours à peu près réussi à ce que ma vie professionnelle n'empiète pas sur ma vie personnelle, en termes de temps, en termes de charge mentale. Et encore que, bon, voilà. Mais là, je parle vraiment en termes de... de ce qu'on peut apporter humainement en fait, dans un travail en fait. Pour moi, je ne conçois pas en tout cas d'être différente dans cette demande. Je ne sais pas séparer en fait, ce n'est pas possible pour moi. Donc à partir de là, forcément il faut que je choisisse des jobs en cohérence avec mes valeurs, avec des valeurs qui sont importantes pour moi, déjà personnellement, mais du coup le fait de les inscrire professionnellement c'est encore mieux, c'est toujours plus facile d'être en cohérence. Moi, j'ai toujours cette volonté, en tout cas. Je pense que d'ailleurs, c'est plus fort que nous. On ne parle même plus de volonté à ce stade-là. D'être très authentique entre mon volet professionnel et mon volet personnel. En tout cas, je n'ai rien à regretter aujourd'hui. Je suis quelqu'un qui vit comme ça. À mon dernier souffle, je veux pouvoir me dire que je ne regrette rien. J'observe ça, en fait. C'est tout ce qui s'est passé depuis 40 ans. Je me dis que... Tout était presque écrit, tu sais. J'ai senti que je me suis sentie énormément guidée par la vie. Je ne me considère pas comme une grande chanceuse dans la vie, mais il y a eu une guidance incroyable.
- Speaker #1
Donc comment
- Speaker #0
j'ai vécu ce moment avec toi ? C'était là-dessus que je voulais qu'on puisse échanger. Déjà je voulais te remercier pour m'avoir choisie et pour m'avoir offert en tout cas ce moment-là, cette chance de parler de moi. C'est des choses qu'on ne fait pas finalement souvent, et encore moins pendant une heure et demie. Je pense que c'était un peu le temps que durait notre entretien. Donc voilà, c'est rare de parler de son vécu, de son expérience, et surtout avec une oreille attentive. Je pense que ça dans notre société... En tout cas, cette écoute attentive et active, elle est essentielle pour permettre à l'autre d'accoucher ce qu'il a à dire. Et puis, ça m'a fait beaucoup avancer dans le fil rouge de mon histoire. Ça m'a permis de me replonger dans toutes ces années d'apprentissage et de vie. Ça m'a fait prendre conscience de tout le chemin que j'avais parcouru. Et je pense qu'il y a une certaine fierté, en tout cas, à l'écoute aussi, à l'écoute de ce podcast. Je me suis sentie fière d'être celle que je suis aujourd'hui. Donc, c'est plutôt une bonne chose. Ça vaut quatre séances de thérapie, je pense. Puis, ce qui m'a étonnée, c'est de constater que finalement, dans une vie, on ne retient souvent que des bribes de l'histoire. En les citant comme des chapitres, finalement, un peu déconnectés les uns des autres. Et on oublie de les lier entre eux. Et je pense que cette interview m'a permis de lier et de mettre de la cohérence et du sens dans ma propre histoire. Ça a eu un impact en tout cas assez significatif, ça m'a permis de révéler deux choses. Ça m'a permis de déceler mes instincts, en tout cas mes instincts de vie, qu'est-ce qui m'a guidée dans la vie. Et je pense qu'il y a deux mots qui reviennent, c'est vraiment la liberté. et la curiosité. Et à partir de ces deux mots, ça m'a permis également de m'inquestionner, de m'interroger sur ce que j'avais envie de faire plus tard. Et voilà, toujours guidée par ces valeurs-là. Et puis la deuxième chose, je vois bien que ma soif d'apprendre par les autres et par l'expérience sont mon modèle premier d'apprentissage. Je pense que je... Ce moment-là, en tout cas un peu charnière, je le vis vraiment comme ça aujourd'hui. Je pense que je ferai pareil, sûrement. En tout cas, je n'ai pas envie d'être une femme différente. Je pense que ça m'a permis de légitimer la femme que j'étais. Et donc finalement, ça ne m'a fait que me positionner en tant que celle que j'ai envie d'être demain. Ça m'a donné une fierté, je le redis. Et ça peut paraître prétentieux, mais en fait, je pense que dans la vie, j'ai envie pour une fois d'être prétentieuse vis-à-vis de moi. Et donc, ça m'apporte une stature en me disant, OK, Maud, tu as fait ça. Donc maintenant, aie confiance en ce que tu es et continue dans cette lignée-là.
- Speaker #1
J'espère que vous avez aimé découvrir Maud dans la saison 3 de ce podcast. À bientôt. pour un nouvel épisode. En attendant, portez-vous bien.