Speaker #0Aujourd'hui, c'est vendredi. Et vendredi, c'est stratégie. Je suis Séverine Le Loire-Nomère, je suis chercheure en sciences de gestion spécialisée en entrepreneuriat féminin. Je suis professeure de stratégie dans une école de management où je suis aussi middle manager. Et bien évidemment, je suis présidente des Premières Auras, votre association dédiée à l'accompagnement des femmes d'ambition qui entreprennent sur la région Auras. C'est avec ces quatre casquettes aujourd'hui que je vous parle dans le podcast Culture d'Ambition. des premières auras. Et oui, aujourd'hui, on est vendredi. La rentrée est toute proche, en tout cas c'est bien le moment d'en parler, et on va terminer les livres plaisir, les livres ébasion, pour ouvrir les livres académiques. Sans pensant à cela, je me suis rappelé quelque chose que les écrivains... On a l'impression qu'ils écrivent avec passion, on a l'impression que c'est naturel, et je crois que ce n'est pas du tout le cas, surtout pour certains. Et en fait, tout cela relève d'une discipline de travail. Si, par exemple, on écoute Amélie Nothomb ou d'autres auteurs assez connus, on se rend compte qu'il y en a certains, ils travaillent le matin, ils ont une routine. Et je me suis appliquée cette routine à moi-même. Je voudrais en échanger un petit peu avec vous. Je voulais vous parler de la pratique de la stratégie. Et je voulais vous parler également d'un article publié dans le Journal of Business Research, co-écrit avec Stacey Breck. Stacey Breck, elle a travaillé pour Grenoble École de Management. Elle a fait sa thèse de doctorat là-bas, son 10 billets en tout cas. Et Stacey, elle a observé, notamment dans la région de San Diego, Les pratiques des femmes entrepreneurs. Alors, par femmes entrepreneurs, ce n'est pas forcément des femmes qui créent des... des boîtes de la tech, quoique il y en avait aussi dans son échantillon, c'est surtout des femmes qui sont dans la zone de San Diego, qui sont dans des accélérateurs, et ces femmes-là se sont prêtées au jeu, lui ont passé leur agenda. Et Stécie, elle a analysé les agendas de ces femmes, qu'est-ce qu'ils faisaient, qu'est-ce qu'elles font concrètement, quand elles font de l'entrepreneuriat, quand elles créent leur activité. Et elle s'est rendue compte que ces femmes-là... Déjà, elle ne travaille pas autant que ce que la rumeur pourrait le laisser penser. En moyenne, elle travaillerait entre 35 et 40 heures par semaine. Certaines collègues américaines disent oui, mais parce qu'elles sont méchamment... évidemment, elles sont en Californie. Ce n'est pas tout à fait le cas. En fait, on trouve des résultats analogues sur d'autres femmes, dans les agendas d'autres femmes. Mais ce qui était surtout important, c'est qu'elles prenaient du temps. Alors c'était très marrant parce qu'en fait, les premières activités, c'était surtout de pouvoir se consacrer au bizdev, c'est-à-dire à la collette de nouveaux clients et aussi à la production ou gestion de nouveaux clients. Vous me direz, ok, ce n'est pas surprenant de faire ça. Ce qui est assez intéressant aussi, c'est qu'elles marquaient dans leur agenda plein de choses sur ce qu'elles devraient faire dans leur vie personnelle. Elles marquaient beaucoup de choses sur leurs activités perso, mais surtout les enfants. Les enfants, c'était la deuxième activité. activité derrière la gestion de projet, donc pour vous dire quand même que c'était quelque chose qui prenait de la place. Et puis, on s'est rendu compte que celle qui dégageait le plus de temps à une activité spécifique, c'était celle qui avait une croissance la plus forte de leur entreprise. Et cette activité dont je vous parle, c'est l'activité réflexion stratégique. La réflexion stratégique, c'est un peu le temps que l'on prend. Deux heures par semaine suffiront, peut-être, dans un premier temps, pour penser, ok, pour ne pas avoir le nez dans le guidon ou la tête dans le guidon, qu'est-ce qu'on va faire ? Pourquoi on fait ça ? Quel sens ça a ? Comment on va faire les choses ? Comment on peut s'y prendre ? Si ça ne marche pas, on va le prendre différemment. Alors évidemment, interrogées, toutes les femmes vous diront, oui, mais ça on le fait tout le temps, oui, mais est-ce que c'est formalisé ? Est-ce que ça prend du temps ? C'est pour ça que... Je vous invite maintenant à voir cette nouvelle rubrique dans le podcast Culture d'Ambition. C'est de vraiment réfléchir à quel temps vous donner. à la réflexion stratégique pour votre entreprise. Et quand est-ce que vous placez dans votre agenda comme une routine ? Une routine, ça veut dire que ce n'est pas quelque chose en disant « je vais me poser et puis je le ferai quand il faudra le faire » . Non, c'est cette routine, c'est-à-dire l'habitude de le mettre en place. Moi, personnellement, c'est le genre de choses que je trouve le vendredi. Pourquoi ? Parce que ça rime avec stratégie, non ? Parce que vous me direz tous les autres jours et que c'était samedi et dimanche, même pas le samedi d'ailleurs, et que c'était dimanche, ben finalement je peux me permettre de faire rimer le mot stratégie. Non, le vendredi c'est la fin de la semaine, c'est le moment qui me permet de me poser en me disant ok, qu'est-ce que j'ai fait cette semaine ? Qu'est-ce que je n'ai pas fait ? Est-ce que j'ai bien fait les choses ? Est-ce que j'aurais pu faire les choses différemment ? Et quel sens je vais donner à la semaine suivante ? D'autres collègues me diront qu'ils réfléchissent avec leurs équipes, surtout lorsque il y a des salariés dans l'entreprise, plutôt le lundi matin. Peu importe. En tout cas, vous l'aurez compris, choisissez-vous un moment, deux heures, sanctuarisé pour penser votre stratégie. À très bientôt ! Pour un nouvel épisode de Culture d'Ambition, le podcast des premières auras.