Description
L'été 2026 n'est pas terminé.
Près de 68 000 hectares ont déjà brûlé en France au 27 juillet. Le record annuel datait de 2022, 66 300 hectares sur douze mois.
Il est tombé avant le mois d'août.
Quatre sapeurs-pompiers sont morts depuis le début de la saison.
En Corse, la Restonica a brûlé quinze jours. Un millier d'hectares sur un relief où les engins n'entrent pas, où il a fallu ouvrir des pistes pour amener les hommes.
Des bergers évacués avec leurs bêtes.
Le paysage mettra des années à revenir. Tout le temps médiatique est allé à la question des moyens.
Combien de pompiers, combien de largages, et surtout où sont les Canadairs.
De la Gironde à la Corse, les feux sont fixés pour l'instant.
Ils laissent derrière eux des zones de désolation, des habitants qui ont tout perdu, des assureurs qui calculent ce qu'ils couvriront et ce qu'ils cesseront de couvrir.
Dans ce paysage, des voix répètent le même constat depuis des décennies.
Le réchauffement déplace le problème.
Le risque est installé.
La priorité n'est plus la lutte, elle est la prévention.
Jean-Louis Rossi est enseignant chercheur à l'université de Corse, physicien, spécialiste de la modélisation de la propagation des incendies. Il a porté le projet Goliath, premier programme au monde à avoir mené des feux expérimentaux de forte puissance en montagne, et premier à avoir associé sciences dures et sciences humaines sur le risque incendie. Il a cosigné en 2020 le rapport du bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe sur l'évolution du risque incendie en Europe.
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