- Speaker #0
Je suis Maywen Bramoulé, danseuse professionnelle aux multicasquettes, passionnée de danse depuis toute petite, ayant pour objectif de lever les voiles sur les fantasmes et les clichés du métier, en vous partageant toutes les facettes, les difficultés, les richesses et les challenges que ce métier comporte. Si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager autour de toi, à me laisser une note et un commentaire sur Spotify ou Apple Podcast, et si tu souhaites participer au podcast, écris-moi ! Quand on évalue une douleur, est-ce que c'est par exemple un système de 1 à 10 ? Je sais pas, de 1 à 3 c'est vert, 3 à 6 c'est orange, 6 à 10 c'est rouge ? Ou est-ce qu'il y a d'autres systèmes pour évaluer la douleur ? Après j'imagine qu'avec des exercices t'évalues rapidement s'il y a une douleur ou pas.
- Speaker #1
La douleur ça dépend quel type de douleur c'est. Et en fait moi ce qui m'oriente énormément c'est le mode d'apparition. Comment la douleur elle est apparue. Si c'est une douleur, après que je lui ai fait faire des squats avec 40 kilos sur le dos et c'est une douleur au niveau des cuisses qui est assez diffuse. bon bah c'est une courbature voilà tout dépend de comment elle est apparue et où est-ce qu'elle est localisée quand c'est une douleur très précise et localisée déjà ça sent moins bon, quand c'est une douleur qui est assez diffuse où tu peux pas avoir un point précis je trouve que c'est moins alarmant et souvent c'est que soit c'est une fatigue musculaire, une courbature ça peut pas être par exemple une déchirure musculaire, c'est un point précis t'as mal sur des tests très précis donc nous aussi on fait nos tests et c'est ça qui nous permet de savoir exactement Bon. Pareil pour les entorses, tu as des tests précis qui redéclenchent la douleur, des appréhensions, la personne a du mal à poser le pied par terre ou ne veut plus faire certains mouvements. C'est surtout ça. Après, tu as une échelle de la douleur EVA, ça s'appelle. Ça me permet plus de voir l'évolution de la pathologie. Ce n'est pas ça qui me donne mes feux verts ou mes feux rouges. C'est de 0 à 10. Et ça me donne plus des axes. Par exemple, sur mes exercices, je refuse... Enfin, je ne veux pas que la personne ait plus que 2 sur 10 de douleur. Sinon, ça veut dire que l'exercice n'est pas adapté et qu'il faut le modifier, par exemple. C'est plus comme ça que j'utilise l'échelle.
- Speaker #0
Ok, donc ça aussi, c'est important de le connaître pour soi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pour se dire, voilà, en fait...
- Speaker #1
Pour la quantification de la charge que tu mets à la personne.
- Speaker #0
Même quand tu trainings, quand tu vas faire tes entraînements, c'est important de... Encore une fois, on parlait d'écoute de soi, c'est important de connaître ça.
- Speaker #1
Mais la douleur, c'est vraiment le premier signal que le corps t'envoie pour te dire qu'il y a quelque chose qui ne va pas. donc en fait il faut pas l'ignorer quand elle est supportable et quand elle est en fait voilà ça dépend de comment elle se manifeste ça peut être ok mais s'entraîner avec une douleur c'est pas bon et ça peut du coup aggraver la pathologie potentiellement et puis c'est vraiment un signal où le corps te dit là il y a un truc qui va pas c'est peut-être juste une mauvaise position t'es en train de faire ton squat ou je ne sais quoi avec une mauvaise position t'as juste à changer un truc et c'est bon mais il faut jamais forcer sur les douleurs qui sont en trucs bien importants, mais moyenne en fait, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
- Speaker #0
Et aussi pour s'appuyer sur parfois des blessures ou des douleurs qu'on a, il y a les IRM, les échographies, les radios. Parfois, il n'y a rien sur les radios, sur les IRM, mais par contre, la personne, elle a ultra mal. Comment on explique ça ? Est-ce qu'il y a des choses qu'on peut complètement zapper sur une lecture de radio ou est-ce que c'est parfois aussi des douleurs qui sont un peu liées à l'émotionnel, au mental ? Comment est-ce que tu pourrais traduire ça aussi ?
- Speaker #1
Déjà, il y a plusieurs examens complémentaires possibles. Donc si la radio ne montre rien, peut-être que le médecin peut ensuite décider de pousser un peu plus l'imagerie et de faire un IRM ou un scanner, parce que tu as des imageries qui sont plus ou moins précises. Donc déjà, tu as ça. Et après, ce n'est pas parce qu'une imagerie ne montre rien que ça veut dire qu'il n'y a rien. Parce que déjà, la douleur, dans tous les cas, la personne, elle l'aperçoit. Donc ça veut dire qu'il faut quand même régler le problème. On ne peut pas dire que vous n'avez rien, donc vous repartez. C'est pas possible. Et après, ça veut peut-être dire que la douleur n'est pas liée à une pathologie avérée. C'est-à-dire que parfois, il y a des douleurs qui ne se voient pas. Et c'est pas parce que l'imagerie ne la montre pas qu'elle n'est pas réelle. Et donc, ça veut dire que nous, on doit quand même trouver un moyen de soulager cette douleur. Donc, c'est là où c'est aussi notre bilan. à nous et notre traitement est intéressant, c'est qu'on a quand même des moyens de diminuer une douleur, même si l'imagerie ne montre rien. Et d'ailleurs, parfois, j'ai des patients qu'on m'envoie sans la moindre imagerie parce qu'en fait, les médecins parfois aussi avec qui je travaille savent très bien qu'on peut déjà faire quelque chose en kiné sans qu'on ait besoin de savoir exactement ce que c'est grâce à nos bilans et aux traitements qu'on peut mettre en place donc et parfois aussi la douleur peut être plus ça peut être des rappels de douleur dont le cerveau se souvient par exemple t'as pu t'être blessé à un endroit la douleur disparaît tu traites le problème et parfois tu peux avoir des rappels de douleur de cet endroit-là, donc parfois tu sens, généralement les gens disent je sens la zone, je sens qu'il y a un truc, sans qu'à l'imagerie il y ait le moindre problème. C'est juste qu'il y a une mémoire du corps quand même sur certaines lésions et certains antécédents qui partent parfois avec de la fatigue, avec une période qui n'est pas facile, en fait ça peut ressurgir et puis ça repartira spontanément au bout d'un moment.
- Speaker #0
Donc ça peut être lié à, comme tu disais, les facteurs externes. Les facteurs externes, pardon. La fatigue ou même l'émotionnel.
- Speaker #1
Ou juste l'émotionnel ou malade. Tu es malade pendant plus de différents stades de maladie. Mais même juste tu es affaibli, parfois tu as des douleurs qui ressortent sans qu'il y ait le moins de problèmes anatomiques, on va dire.
- Speaker #0
Puis il suffit, comme tu dis, tu tombes malade, il suffit d'une perte de poids. Pour que du coup, tu perds sur le quadri, ton genou il est moins tenu, donc tu as peut-être ton syndrome fémoropatélaire qui revient, parce que juste il est moins tenu, et parce que tu es tombée malade.
- Speaker #1
Ou pareil dans l'autre sens, une prise de poids même pas énorme, même 2 ou 3 kilos, mais sur une activité physique qui demande énormément de sauts, les genoux et les chevilles prennent vraiment en tarif en fait. Sur 50 sauts, quand tu as pris 2 kilos... Ou que t'as pris 2 kilos soit physiquement, soit que tu portes 2 kilos aussi en plus, de costume par exemple, ça ça peut créer des pathologies, sans que ça montre quoi que ce soit à l'imagerie, tu vois. C'est juste des pathologies de surcharge où il faut un petit peu décharger et renforcer correctement pour que le muscle soit capable d'accepter la contrainte que t'es en train de lui mettre, qu'il n'était pas habitué à tolérer avant, quoi.
- Speaker #0
Complètement. Est-ce que le mental il joue sur la récupération physique et l'inverse aussi ?
- Speaker #1
Alors, c'est dur à dire parce qu'il n'y a rien qui le prouve, en fait. Mais moi, je pense quand même qu'une mauvaise récupération physique, donc un mauvais sommeil, une mauvaise alimentation, ou juste un jour où tu es malade, ou bien des douleurs chroniques, au bout d'un moment, forcément, ça joue sur le mental. En fait, c'est usant à la longue. Ou un mauvais sommeil qui dure sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Donc une mauvaise récupération, parce que la récupération, ça passe par le sommeil aussi. Évidemment que le mental, au bout d'un moment, il en pâtit.
- Speaker #0
Mais par exemple, de se répéter et de se dire, ça va aller, ça va se guérir, d'avoir des mots aussi positifs, ça peut aider.
- Speaker #1
L'optimisme, ça aide. Non mais pour de vrai, dans pas mal de formations, ils nous le répètent. Un patient qui est très négatif. On n'a pas l'explication de pourquoi, mais ça rallonge les délais de récupération et de guérison. Alors que l'optimisme, ça stimule je ne sais quoi, mais ça stimule et tu arrives... Enfin en fait, t'es plus efficace et t'arrives mieux quand même à guérir finalement. Donc c'est hyper important, l'optimisme, dans ta rééducation, dans ta prise en charge.