- Speaker #0
Bienvenue dans DanceLab, le podcast dynamique et éducatif où la passion de la danse rencontre le monde de l'entrepreneuriat, du bien-être, de la santé mentale et bien plus encore. Des conseils, des histoires, des conversations captivantes avec des experts et des personnalités, où recommandations et partages d'expériences enrichissent le quotidien des danseurs et pas que. Je suis Maywen Bramoulé, danseuse professionnelle aux multicasquettes, passionnée de danse depuis toute petite, ayant pour objectif de lever les voiles sur les fantasmes et les clichés du métier, en vous partageant toutes les facettes, les difficultés, les richesses et les challenges que ce métier comporte. Si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager autour de toi, à me laisser une note et un commentaire sur Spotify ou Apple Podcast, et si tu souhaites participer au podcast, écris-moi ! Toi, t'as arrêté tes cours réguliers à Paris, après un burn-out et certaines déceptions, avec des personnes dans le milieu, d'anciens élèves, peu importe. Est-ce que ça t'a fait perdre confiance dans la transmission ?
- Speaker #1
Alors pas dans la transmission, non. J'ai jamais perdu confiance dans ma transmission, parce que je sais ce que j'ai à transmettre à mes élèves, je suis consciente de ça. Et je suis consciente qu'il n'y a pas une deuxième Yasmine à Paris. Mais c'est vrai que quand tu donnes beaucoup humainement, et quand tu fais tout avec le cœur et que c'est vrai, c'est vrai que la déception peut être très grande. Et c'est ce qui s'est passé. Dans mon cas, et je pense que je ne suis pas la seule, on parle souvent parfois des professeurs, etc. Mais on ne parle pas assez d'élèves. Des élèves, ça peut être toxique. Parfois, il y a des élèves qui sont toxiques, qui n'ont pas forcément de bonnes attentions. Et je trouve ça dommage d'ailleurs qu'on ne parle pas assez d'élèves parce que je pense qu'il y a beaucoup de professeurs avec lesquels j'ai discuté, qui ont vécu un peu ce que j'ai vécu. Et voilà, ça reste encore un peu, je pense, tabou. Et parfois je pense que beaucoup d'élèves ne se mettent pas aussi à la place des professeurs. Et c'est un peu tout le temps aux professeurs de se mettre à la place des élèves, mais pas l'inverse. Et je trouve ça dommage parce qu'on est des humains aussi. Et même si on a ce rôle-là de professeur, de mentor, de modèle pour certains, etc., peu importe, on est des humains, on rentre chez soi, on a des émotions. Moi, je reviens sur le fait que je suis quelqu'un d'hypersensible. Il y en a qui ne vont pas l'être et qui vont être vraiment déconnectés de tout ça. Et moi, pendant des mois, ça a été éponge. Oh là là ! Éponge et un coup de massue pour moi. Et je l'ai très mal vécu, comme j'ai dit, quand tu fais tout avec le cœur et que c'est sincère, la chute, elle est grande. Et voilà, après, tu te relèves, comme d'habitude, à chaque épreuve que j'ai vécue, plus forte. Et t'apprends, surtout t'apprends. Je ne suis pas quelqu'un qui va boire des verres à la fin avec mes élèves ou quoi, non. Mais comme quoi, même quand tu t'imposes quand même, tu mets quand même une certaine limite, tu peux être déçue. Donc voilà, aujourd'hui je ne suis pas du tout en mode froide, je n'ai pas changé sur ça, je suis juste en mode, je mets mon énergie avec les bons élèves. Et surtout, je n'hésite pas, quand j'ai des élèves, aujourd'hui je n'en ai plus, mais si je peux voir un élève toxique ou quelque chose qui ne va pas me plaire, je vais le dire. Et puis après, tu ne reviens pas à mes cours.
- Speaker #0
C'est quoi concrètement un élève toxique ? Est-ce que tu as des exemples de choses que tu aurais pu vivre, qu'on comprenne vraiment le sens de tes propos ? Et du coup, quelle solution tu aurais à donner pour ces personnes-là, pour peut-être arrêter d'avoir certains comportements ?
- Speaker #1
En tout cas, moi, ce que j'ai vécu de mon vécu, un élève toxique, on va dire, ou pas forcément avec des bonnes intentions, C'est quelqu'un qui va... Peut-être penser que je suis son amie. Va pas voir cette limite de professeur et élève. Bon, après, voilà. Moi, il y a eu pas mal de choses, comme des mensonges. Je vais pas forcément rentrer dans les détails, mais des mensonges. Par exemple, on vient s'en payer mes cours. Et puis moi, en fait, je... Pas par honte, mais je voulais tellement pas blesser ces personnes-là que j'étais en mode... Ok, c'est pas grave. C'est pas grave. Parfois, ces personnes-là pensaient que j'étais leur amie. Mais en fait, non. Je ne sais pas pourquoi ces personnes pensaient ça. Mais du coup, en fait, même pour elles, si des élèves se reconnaissent dans ce que je dis, en fait, il faut savoir, quand tu viens en cours, je pense, mettre ton cœur. à l'extérieur, on va dire, et ta tête de l'autre côté. C'est-à-dire qu'il ne faut pas tout mélanger. Parce que quand tu mélanges tout, tes émotions, bien sûr, peuvent se mélanger. Par exemple, un professeur va juste te faire une remarque. Peut-être que toi, tu vas mal prendre cette remarque, alors que c'est pour toi. Peut-être que le professeur va te dire une remarque d'une certaine manière. Et en fait, comme tu as mis ton cœur et que tu penses que vous avez une certaine relation de ton côté, du côté de l'élève, va. Tu peux vite mal le prendre. Tu vois, c'est des choses toutes bêtes qui peuvent porter à confusion et qui peuvent vite dégénérer, on va dire.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc, ouais, une élève... Un ou une élève toxique, pour moi, c'est quelqu'un qui n'a pas forcément de bonnes attentions quand elle vient dans un cours. Dans un cours, c'est pour apprendre... Tu prends ce que tu as à prendre du prof, tu vois. Et aujourd'hui, je pense que beaucoup d'élèves... Ils viennent dans un cours peut-être pour faire ami-ami aussi avec le ou la professeur. Ça, c'est un gros problème. Ils viennent pour des intentions plus que d'apprendre.
- Speaker #0
L'opportunisme.
- Speaker #1
L'opportunisme, tout à fait. Et moi, c'est ce qui s'est passé en tout cas dans mon cas. Voilà. Et je le savais. Honnêtement, je le savais. Bien sûr, je suis éveillée, donc je le vois, je commence à le voir, à comprendre des choses. Mais tu as cette peur-là de ne pas blesser ces personnes-là parce que tu les apprécies quand même. Donc, c'est ce qui s'est passé.
- Speaker #0
Ok, ça me fait une transition sur la partie qui est un peu touchy, mais qu'il faut quand même aborder parce que c'était un espace d'échange et un podcast. On aborde plein de sujets.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Voilà, donc encore une fois, c'est l'expérience de Yasmine. Et il y a plein d'autres épisodes de podcast avec d'autres expériences, qu'elles soient positives ou négatives. D'ailleurs, on ne va pas mettre d'intention dessus. mais tu disais, toi... Parce que toutes les questions que j'ai préparées, elles se sont faites en fonction d'un bout de ton livre que j'ai eu la chance de lire et que tu m'as envoyé. Et donc, je me suis basée sur les lectures que j'ai faites. Et tu écrivais que tu n'étais pas faite pour ce milieu rempli d'hypocrisie. Je prends la phrase telle qu'elle est. Elle est comme ça, très, très dure. Mais on va en parler pour peut-être adoucir cette phrase ou pas. Mais voilà, qu'est-ce qui t'a fait écrire cette phrase ? Je pense que quand on écrit ça, c'est qu'on a vécu des choses, et donc je te laisse en parler.
- Speaker #1
Oui, ça c'est encore une fois mon vécu. Moi je dis les choses telles qu'elles sont, j'ai jamais eu de problème avec ça. Je suis au cas avec tout ce que je dis. Et on va pas se mentir, tout le monde sait que c'est un milieu rempli d'hypocrisie. C'est pas quelque chose de tabou, on le dit ou on le dit pas. Moi c'est vrai que j'ai eu mes expériences à moi, mais... Mais dans tous les cas, même quand forcément ça ne m'arrivait pas à moi, tu vois des choses, tu entends des choses. Il ne faut pas faire les bêtes, il ne faut pas faire les sourds. Malheureusement, beaucoup de personnes font les bêtes et les sourds aujourd'hui. Et moi, vraiment, quand j'ai fait mes premiers contrats, j'ai compris que là, ça allait être compliqué pour moi. Donc c'était soit je fais mes trucs de mon côté, ce que j'ai fait, ce que j'ai eu la chance, pour moi, ça a marché. Sinon, je pense que j'allais vite arrêter. Je n'étais pas faite pour ce milieu. Et j'avais aussi beaucoup de professeurs, sans dire les noms, qui disaient à des personnes que je connaissais qu'il fallait que je m'ouvre un peu plus, qu'il fallait que je sois un peu plus sociable, que je me mélange un peu plus. Mais pour moi, c'était au-dessus de mes forces. Et je parle de ça, déjà il y a plusieurs années. Je n'ai jamais arrivé à faire tout ça. C'est dans ma nature et il y en a qui arrivent. Et franchement, chapeau pour eux. Mais je sais que moi aujourd'hui, si j'avais réussi à me mélanger, à être... C'est même pas plus sociable, c'est juste à me mélanger et à faire la sourde oreille. Je sais que j'aurais pu, bien sûr, être plus loin aujourd'hui dans ma carrière. Mais c'était un choix. Et aujourd'hui, quand je rentre chez moi, je sais que j'arrive quand même à me regarder dans un miroir. Et voilà. En me disant que j'ai pas à faire l'hypocrite en fait. J'ai pas fait l'hypocrite pour arriver où je suis, j'ai pas léché les bottes de qui que ce soit. Et ouais, ça par contre c'est une grande force. Et ça, ça c'est ma force. C'est-à-dire que j'arrive de très loin, j'ai été aidée par personne. Et aujourd'hui, ce qui m'a amenée où je suis, c'est mon talent et mon mental. Tout ce que j'ai traversé et surtout en rentrant chez moi. J'ai envie d'inculquer de vraies valeurs à mes enfants, c'est-à-dire que... Des valeurs ? Ouais, c'est ce que j'ai dit dans un autre de mes podcasts, c'est notamment de lécher les bottes, surtout à personne. Vraiment, jamais. Jamais des vraies valeurs. Moi, combien de fois j'ai refusé des contrats parce que j'entendais des choses sur des personnes, des producteurs, ou voilà, de chorégraphes. Vraiment, je ne suis pas à la recherche de contrat, Non, je travaille avec des gens qui me respectent et je les respecte en retour. Mais voilà, loin de moi l'idée de me mélanger, de faire... C'est au-dessus de mes forces, sinon je l'aurais fait depuis bien longtemps.