- Speaker #0
Bienvenue dans DanceLab, le podcast dynamique et éducatif où la passion de la danse rencontre le monde de l'entrepreneuriat, du bien-être, de la santé mentale et bien plus encore. Des conseils, des histoires, des conversations captivantes avec des experts et des personnalités, où recommandations et partages d'expériences enrichissent le quotidien des danseurs et pas que. Je suis Maywen Bramoulé, danseuse professionnelle aux multicasquettes, passionnée de danse depuis toute petite, ayant pour objectif de lever les voiles sur les fantasmes et les clichés du métier, en vous partageant toutes les facettes, les difficultés, les richesses et les challenges que ce métier comporte. Si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager autour de toi, à me laisser une note et un commentaire sur Spotify ou Apple Podcast, et si tu souhaites participer au podcast, écris-moi ! Et toi, tu t'es dit, en fait, non, moi, les autres, c'est pas forcément mes concurrents. Oui. Mais c'est moi, mon propre concurrent.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pourquoi ? À quel moment tu t'es dit ça, en fait ? Parce que... À quel moment t'as compris ça ?
- Speaker #1
En fait, assez tôt. J'ai compris ça quand j'ai fait la Stark au Québec. Et que mon nom commençait à circuler. Et ça... Il y a eu une certaine jalousie d'autres photographes qui étaient là depuis 15 ans. Et que eux, ils voyaient la place que je commençais à prendre, qu'ils n'aimaient pas ça. et en plus ce qu'il faisait Ce qu'ils n'aimaient pas, c'est que je n'avais aucune technique. Genre, ils me disaient, c'est quoi tes réglages ? Je disais, je ne sais pas. Mais j'étais sincère, je ne savais pas ce que je faisais. Je savais que quand je bougeais tel truc, puis que je faisais tel truc là, ça faisait une bonne photo. C'était potable. Donc, j'ai appris sur le tas, mais eux, ils n'aimaient pas ça, parce que j'avais les contrats qu'eux avaient avant. Parce que là, c'était ma créativité qui m'a sauvé, qui a permis de me... Parce qu'eux, ils ne faisaient pas... Je me souviens que quand on m'a aussi fait une remarque, c'était un jour à un autre gala. Et là, c'était en plein, on est encore plus proche de la pandémie, c'était au printemps 2021. Et donc les célébrités arrivaient un par un, mais ils restaient dans leur voiture pour être distancés. Donc moi, j'ai fait les photos du drive. Donc j'allais dans leur voiture pour les prendre en photo. Et comme ça, un par un, je les ai... Donc, tu vois, ça, c'était aussi un autre concept que j'ai créé sur le tas et tout. Mais eux, ils attendaient qu'ils soient sur le tapis rouge, enfin, tu vois. Et donc, je me suis dit, bon, bah, il faut que je me challenge dans mes idées parce que c'est ça qui va me permettre d'aller plus haut, qui va permettre de faire encore plus mon style. Et je m'en fous de ce que les autres font. Je vais saluer ce qu'ils font. Il n'y aura pas de... Sincèrement, il n'y aura pas de jalousie. Je vais trouver ça trop cool quand ils ont telle ou telle idée. Et après, je ne vais pas me comparer. C'est sûr qu'il y a des photographes, je ne suis pas gêné de le dire, comme David Lachapelle, Peter Lindbergh. Annie Lebovic, c'est pour sa théâtralité, même si je suis loin d'elle, parce que c'est une lumière très théâtrale et tout, mais qui est très dosée, mais c'est comme s'il n'y avait pas de lumière, alors qu'il y a une lumière. J'adore ce qu'elle fait, et moi, c'est beaucoup plus flash. Donc, c'est ça, c'est des artistes que j'adore. Greg Williams aussi, c'est un artiste qui fait plus dans le backstage. Tous les grands événements et tout, c'est magnifique ce qu'il fait. En France, il y a Audioboby que je trouve que c'est magnifique. Mais lui, il a tellement son style que... Tu vois, je trouve que la force d'un photographe, c'est quand on voit sa photo. Quand on voit une photo, on sait de qui c'est. Donc ça, c'est une reconnaissance de fou quand tu peux accéder à ça. Et c'est ça que j'essaye de mettre en place en France. Au Québec, j'avais la chance d'avoir ça, que les gens me disaient quand on voit ta photo, on n'a même pas besoin de voir qui... C'est le crédit parce qu'on sait que c'est toi. Donc ça, j'aimais ça. Après, là, c'est sûr que je viens dans un milieu qui est beaucoup plus saturé, où il y a beaucoup plus de photographes. En effet, avec les portables, même tout récemment, la photo qui a fait le buzz en une de New York Times, le couple, pour les changements climatiques, le couple qui est sur la plage, qui a l'air bien relax, peut-être que ce n'était pas le cas, mais qui a l'air bien relax pendant que le monde brûle en phase 2, c'est une photo portable. Et ça, c'est comme, ça permet une instantanéité, une rapidité aussi. Mais après, je le vois que la photo est magnifique et c'est le moment et les couleurs sont super bonnes. Et c'est vrai que les téléphones portables, maintenant, ont une capacité de faire de super bonnes photos. Plus que ce qu'on avait à l'époque avec nos petits carrés qu'on ne voyait rien. Et donc, maintenant, tout le monde peut être un peu photographe, mais on a notre style. Donc, tant qu'on a notre style, c'est pas... Enfin, moi, j'ai pas très... C'est pour ça que je sentais en venant en France aussi que certains étaient stressés ou... Il y en a aussi que des fois, ils m'ont rapporté des choses qu'on disait sur moi, alors que j'aurais dit, bah merci de me l'apprendre, parce que je suis pas au courant que j'ai fait ça. Mais ça, pour moi, c'est de la malveillance. Je m'en fous, je trouve ça juste triste. Par contre, je vais pas me tenir proche d'eux. Pour moi, c'est... C'est pas la peine d'être proche d'eux, c'est des énergies négatives. Et c'est là où ça me renforce mon idée de me dire, en fait, je suis en compétition contre moi-même. Tant mieux qu'ils aient tel ou tel contrat. Est-ce que j'aimerais avoir ces contrats ? Oui. C'est sûr que ça pourrait être cool, mais je ferais les choses différemment. Et eux, ce qu'ils font, c'est magnifique, donc tout est bien, tu sais. Enfin, j'ai pas d'animosité envers eux. Alors qu'eux, je pense qu'ils ont travaillé énormément pour avoir... Que ça fait longtemps qu'ils sont là, qu'ils... Eux, ils ont fait des trucs, ils ont aussi un chemin qui leur est propre. Moi, j'ai mon chemin qui m'est propre. Donc, arrêtons de toujours se comparer. Il dit, il fait ci, il fait ça. Parce qu'en fait, on disperse nos énergies, on n'émet pas la bonne place.
- Speaker #0
Ça mène nulle part.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et là, tu me parlais de quelques inspirations. Quand on est inspiré, comment on fait pour s'inspirer mais pas copier ?
- Speaker #1
Parce qu'en fait, on s'inspire d'un style, mais notre personnalité fait partie du style aussi. Et notre œil fait partie du style, et notre sensibilité fait partie du style. Donc, il y a des choses que notre inspiration va voir, que nous, on ne verra pas, et inversement. Et puis aussi, il y a des époques. Tu sais, Robert Doisneau avait... C'était des... Comment ? Des appareils photos qui existent encore aujourd'hui. Mais là, nous, ceux qu'on a maintenant, on a évolué. Après, avec les retouches, on peut faire un style qui était propre avant. Mais donc, en fait, c'est pour ça qu'inspirer... Comme mettons, tu vois, le baiser de l'hôtel de ville. Si j'avais vraiment copié, j'aurais fait un couple hétéro, habillé à peu près pareil, en noir et blanc aussi. Alors que là, il y avait un message un peu politique derrière, où il y avait une histoire, où là c'était une évolution de la photo. Il y avait le côté résistant aussi, qu'il y avait un couple qui s'embrase dans les années 50. C'est très banal finalement. Chose qu'il n'y avait pas dans ma photo. donc c'est pour ça que évolué là aussi pour Thomas qui était inspiré d'eux mais en même temps pardon pour Thomas c'était inspiré d'eux mais il y avait quand même l'image qui vivait d'elle même,
- Speaker #0
certains ont compris la référence il y en a qui ont cru qu'on avait fait ça sans montage oui et puis en fait c'est ça qui est dur aujourd'hui aussi c'est qu'avec l'IA maintenant quand tu vois des vrais concepts des vraies directions artistiques les gens pensent que c'est de l'IA parce que ça parait fou Bye !
- Speaker #1
Après, moi, j'ai les coulisses au comment ça marche.
- Speaker #0
Ouais, mais comment aujourd'hui, en tant que photographe, tu fais pour te sentir aussi par rapport à ça ?
- Speaker #1
Je pense que ça se voit.
- Speaker #0
Tu crois que ça se voit ? Ouais,
- Speaker #1
parce que l'IA a quand même encore un peu de faiblesse. Après, c'est des détails. Comme l'IA, je ne sais pas pourquoi mon Instagram me suggérait. Là, il y a apparemment des gars... qu'on voit qui sont hyper musclés c'est tout le cliché du gars musclé gay et tout mais que après ils disent parfait on va zoomer là dedans est-ce que vous connaissez telle compagnie ? c'est parce qu'en fait derrière la compagnie aérienne n'existe pas enfin il y a comme plein de détails que c'est genre vous trouvez pas que c'est complètement disproportionné tel jour il a tel bras le lendemain il a enfin le bras est différent et puis je pense que on est dans un moment je sais qu'il faut épouser Il y en a beaucoup qui disent qu'il faut vivre avec l'IA, qu'il faut épouser l'IA, que ça va être plus fort que nous qu'on va vivre avec. À un certain point, oui. Je pense que malheureusement, et là on le vit déjà, ça va être, ok, le choix c'est quoi ? Est-ce que les gens, ils ont à boire ? Ou est-ce que, bah en fait, on utilise l'eau pour refroidir l'IA parce qu'il y a besoin d'être refroidi, parce que ça consomme ? Bah je pense que j'espère vraiment que les gens vont dire, ouais, non, c'est peut-être mieux de garder l'eau pour les gens. C'est peut-être important qu'ils boivent quand même. Donc j'espère, vu l'état actuel du monde, à mon avis, qu'il va y avoir un moment donné, on va être freinés dans cette capacité-là parce qu'on n'aura pas les ressources en fait.
- Speaker #0
Il y a ça et puis il y a aussi, je pense, qu'on va vouloir se rapprocher de plus en plus de l'humain. Et du vrai. Et du vrai, c'est un peu comme quand tout est fait de mode, on va dire. Tu es beaucoup dessus et après tu te rends compte qu'en fait, l'humain, c'est ce qu'il y a de mieux. Parce qu'on va en avoir marre de voir les mêmes flyers. Exactement. Les mêmes textes écrits, la même manière de parler. Et je pense que ce qui va différencier, c'est vraiment l'identité. Encore une fois, on en revient à ça. J'en parlais avec Duy Laurent, qui est aussi photographe, que j'ai eu dans le podcast, qui lui photographie beaucoup des danseurs. Et on parlait de... Est-ce que les danseurs vont se faire remplacer par des robots ? Et tu vois, aujourd'hui, il y en a. Et je sais que certains pays... Voilà, mais moi, à titre personnel, ça me fait beaucoup rire. Et encore une fois, je ne me moque pas de tous les personnels qui travaillent sur ça, mais juste de... Tu dis, mais attends, tu compares, il y a des humains qui travaillent, ils font des formations depuis 25 ans, et là, tu as un robot qui arrive et il est complètement en crise épilepsie. Enfin, ça ne va pas du tout, quoi.
- Speaker #1
Et il pète une télé.
- Speaker #0
Et il pète une télé. Et donc, je pense que ça crée de l'émerveillement, c'est un wow effect.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Mais ça ne va pas du tout. Enfin, les gens, aujourd'hui, viennent dans des salles pour voir des artistes. D'ailleurs, les productions remplissent des salles parce qu'ils savent qu'il y a un public public qui a attendu, enfin, je pense que ça va pas durer.
- Speaker #1
Moi je pense aussi, et puis...
- Speaker #0
Pour certains métiers.
- Speaker #1
Oui, oui, après pour d'autres, malheureusement, je pense que l'industrie et tout, là c'est autre chose, l'industrie, je parle de l'industrie mécanique et tout, ça c'est autre chose. Mais tu sais, puis Thomas Jolie en a souvent parlé, mais lui il disait que le théâtre a survécu à tout.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et il dit aujourd'hui le théâtre existe encore, il a survécu à l'arrivée de la télé, le cinéma. Internet et en fait on continue à aller au théâtre. Complètement. Donc c'est pour ça qu'en effet on va avoir besoin de vrai. Et puis tu sais je trouve qu'une photo de l'IA pour l'instant, là il y a une fondation qui a fait toute sa campagne de pub cet été où c'est des photos d'IA. Et je suis désolé mais il n'y a aucune émotion. Je vois ça dans le métro et je me dis mais vous êtes passé à côté de votre cible quoi. Parce que vous voulez émouvoir les gens. Bah, vous êtes complètement à côté de la plaque. C'est un enfant qui saute dans une piscine avec un animal devant et il n'y a rien. C'est tellement grossier, les poils sont mal... Tout est mal fait, quoi. Vous vouliez nous émouvoir, moi, perso, vous m'avez zéro ému avec tout ça. Donc, c'est ça qui est dommage. Donc, je pense que il faut vivre avec, il faut s'en servir, mais il faut continuer à vivre.
- Speaker #0
Il faut le prendre comme un outil et pas comme une fin en soi aussi peut-être. Je reviens sur les opportunités dans le Québec. Parce que tu m'as dit qu'au Québec, on t'avait ouvert les portes. C'était assez facile d'y rentrer. Et quand tu es revenu en France, dans ton propre pays, ça a été beaucoup plus difficile de faire ta place. Là, ça fait deux ans que tu es revenu à Paris.
- Speaker #1
Un an et demi.
- Speaker #0
Un an et demi, oui. Et que ce n'était pas facile. Tu sentais qu'il y avait un peu de réticence.
- Speaker #1
Ouais, c'est parce qu'en fait... Alors après, est-ce que j'arrive dans la même énergie ? Mais là-bas, quand je suis arrivé, en fait, comme je disais, recherchiste, tu sais, j'avais jamais fait ça. Ils m'ont dit, ok, parfait, on essaye. À énergie.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Alors que, en fait, c'est ça. Je sais pas ce que c'est la différence. Est-ce que c'est peut-être le fait que là-bas, on n'oublie pas d'où on vient ? Donc, on a tous quelqu'un qui nous a donné une chance à nos débuts. Et donc, j'ai l'impression que eux continuent à faire ça, alors qu'ici, il y en a qui le font. Il y en a vraiment qui me prennent sous l'oreille, qui m'aident, qui me font rencontrer des personnes, et qui après me permettent de faire tel ou tel artiste qu'ils ont eux, que ce soit des managers ou des attachés de presse. Mais à l'inverse, il y en a que tu sens que tant que tu ne fais pas partie des cools, ils regardent un peu de haut parce que c'est genre, ben non, il n'est pas encore rendu là. Ou pourquoi je répondrais ? Le nombre de personnes qui ne répondent pas, moi, ça me met un peu hors de moi. Ça, c'est un fléau, franchement. Et puis après, même, je disais, quand on te propose d'aller prendre un café, au début, c'est ça, j'arrive, des gens que j'avais connus par des artistes qui me disent, ah, tu reviens trop cool, on va prendre un café. Je dis, avec grand plaisir. Donc, j'arrive, j'en réécris. Ah ouais, je suis vraiment occupé, dans trois semaines, parfait. Ils me donnent une date pendant trois semaines, parfait, je dis, toujours bon pour notre café ? Non, on se retrouve à quelle heure ? Ah, mon Dieu, j'avais complètement oublié. OK. Et non, je ne peux plus demain. Mais c'est quoi tes dispos de la semaine prochaine ? Dis-moi. Je donne mes dispos. Aucune réponse. Et donc ça, après, j'en parlais à quelqu'un. Puis il me disait, ouais, donc. Je dis, bah, comment ça, donc ? Enfin, non, ça ne se fait pas.
- Speaker #0
C'est du savoir-vivre, en fait.
- Speaker #1
Et ça, pour moi, c'est des gens qui ont oublié d'où ils venaient. Parce que qu'importe que tu viennes d'un milieu plus aisé ou autre, il y a toujours quelqu'un qui t'a aidé. Et je trouve que c'est comme donner au suivant. Donc c'est pour ça que même au Québec, quand... Il y avait une photographe que je me souviens, il y a des gens qui étaient attachés de presse dans le TF1 de là-bas qui s'appelle TVA. Une fois, elle m'avait dit, je pense qu'on a comme la nouvelle Bertrand et tout. Puis moi, je commençais à faire des trucs un peu en France, donc je me partageais un petit peu plus entre le Québec et Paris, même si j'habitais tout le temps au Québec. Et puis, elle, ça m'a fait plaisir de l'aider. Parce qu'on s'était rencontrés à un moment donné sur Masterchef, où là, je faisais les photos promo. On avait fait les photos des candidats et les photos des animateurs pour l'affiche et tout, puis elle faisait les photos de plateau. Et après, elle m'avait dit, moi je commence un peu plus, avant j'étais plus en lifestyle et tout. Je lui ai dit, bah écoute, si t'as besoin, s'il y a des trucs que tu veux faire, ou même si t'es dispo, mais que moi je le suis pas, est-ce que je peux te référer ? Elle m'a dit, bah écoute, avec grand plaisir, trop gentil, donc dès que je pouvais pas, je la référais.
- Speaker #0
Ce qui est cool, parce qu'en vrai ici, tout de suite t'as l'impression que si tu le fais... Enfin, je prends de l'exemple du moment de la danse, mais les gens ont peur que du coup, si tu mets une autre personne sur un plan, finalement, ils vont prendre ton plan, ou du coup, toi, tu ne seras plus rappelé.
- Speaker #1
Et encore là, c'est le style.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tant que tu as ton style, tu n'as pas peur. Et tu n'es pas comme ceux qui ont la chienne que tout s'écroule à tout moment. Parce que, oh mon Dieu, le gars, il a fait ça, puis moi, je n'ai pas fait ça. Donc, c'est ça qui est épuisant.