- Speaker #0
Bienvenue dans DanceLab, le podcast dynamique et éducatif où la passion de la danse rencontre le monde de l'entrepreneuriat, du bien-être, de la santé mentale et bien plus encore. Des conseils, des histoires, des conversations captivantes avec des experts et des personnalités, où recommandations et partages d'expériences enrichissent le quotidien des danseurs et pas que. Je suis Maywen Bramoulé, danseuse professionnelle aux multicasquettes, passionnée de danse depuis toute petite, ayant pour objectif de lever les voiles sur les fantasmes et les clichés du métier, en vous partageant toutes les facettes, les difficultés, les richesses et les challenges que ce métier comporte. Si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager autour de toi, à me laisser une note et un commentaire sur Spotify ou Apple Podcast, et si tu souhaites participer au podcast, écris-moi !
- Speaker #1
Et c'est vrai que c'est un truc qu'on a du mal à se créditer en France, d'artiste pluridisciplinaire, tu sais, on a beaucoup de mal avec ça, tu vois, on déteste ça.
- Speaker #0
Et on a du mal aussi à voir, je trouve, autrui réussir dans plusieurs domaines.
- Speaker #1
Ouais, tu vois, même dans la danse, mais juste, parlons, tu vois, juste dans la danse. Moi, ça a été l'enfer, toutes mes années danse, à dire tu fais quoi comme danse ? Bah oui, je danse. C'est un bon début, non ? Je danse. Tu sais, d'être obligée de te mettre dans un truc, bah ouais, en fait, je fais du contemporain, je fais du commercial, j'ai même fait des années de break à m'entraîner à Châtelet, sur la place de Châtelet avec des breakers. Ça fait partie de mon apprentissage, ça fait partie de moi, tu vois ? Est-ce que j'ai vraiment... Alors, je ne dis pas que je ne me suis jamais revendiquée breakuse, non. Mais je suis alimentée de tout ça, en fait. Ça fait de moi la personne que je suis. Tu vois ce que je veux dire ? Et ça, c'est un truc qui m'a posé problème beaucoup en France et qui a été une force aux États-Unis. Aux États-Unis, on adore. Tu fais plein de choses, on a envie de te voir chanter. On adore ça, tu vois. En France, on n'aime pas, je ne sais pas pourquoi. Et je me suis retrouvée dans le même problème avec la broderie. Tout d'un coup, il fallait que je prouve... que j'étais une vraie brodeuse, tu vois. Genre, pourquoi je te ferais confiance plus à toi qu'une autre qui a fait une école de broderie depuis 30 ans et machin truc. Tu vois ce que je veux dire ? C'est que encore une fois, il faut que tu te retrouves avec ce truc de...
- Speaker #0
Prouver les institutions, bien sûr. Regarde, je suis pas journaliste.
- Speaker #1
Et pourtant, t'es en train de faire exactement ça, là maintenant tout de suite, tu vois.
- Speaker #0
Je dis ça si jamais il y a des personnes qui veulent se lancer en tant que journaliste et qui n'ont pas fait des écoles, juste lancez-vous.
- Speaker #1
Il faut juste avoir envie.
- Speaker #0
Il y a toujours des choses à travailler, c'est sûr, mais je pense qu'il vaut mieux faire que de regarder les autres faire.
- Speaker #1
Le point de départ, il est juste déjà d'avoir très envie.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Voilà, c'est tout.
- Speaker #0
Écoute, Émilie, on arrive bientôt à la fin de l'épisode. J'ai encore des petites questions, deux, trois. Quel regard aujourd'hui tu portes sur les danseurs aujourd'hui ? Quelles sont selon toi leurs forces et leurs faiblesses ?
- Speaker #1
Oh, je suis personne pour dire... Toi, t'es hyper faible parce que ton tête, c'est hyper dur.
- Speaker #0
Je vais te lancer une bombe en fin d'épisode. Oh ouais, grave. Un ultimatum. Non, déjà,
- Speaker #1
très fort, juste le fait de vouloir en faire son métier aujourd'hui. Il faut une force incroyable. Donc voilà, leur force, elle est là déjà. Faiblesse, franchement.
- Speaker #0
Peut-être faiblesse, il est peut-être un peu dur mon mot, mais peut-être, c'est Nathalie Lucas qui parlait de ça dans l'épisode qu'on a fait, c'est qu'il y a les qualités, les forces et les axes d'amélioration. Peut-être que, tu vois, de ce que tu as pu déceler récemment, en travaillant avec des danseurs, des axes d'amélioration à donner ? Peut-être que c'est plus positif vu comme ça ?
- Speaker #1
Alors, si je veux être plus dans une démarche de vouloir améliorer, je dirais de faire attention au sens qu'on veut de nos choses. C'est-à-dire qu'il y a effectivement tout le travail exécutif qu'on te demande en tant que danseur, mais ce n'est pas là-dedans que tu vas trouver ton identité, ce n'est pas là-dedans que tu vas raconter ton histoire, pas forcément en tout cas, et que je pense qu'un danseur est charismatique. Quand il raconte son histoire, quand il a sa propre énergie, je pense que c'est indispensable. C'est pour ça que je dis, tu vois, aujourd'hui, ils prennent beaucoup de cours et tout ça, c'est cool, c'est bien, il faut, c'est important. Mais à un moment donné, il faut savoir se décrocher de tout ça et dire, ok, maintenant, je suis qui ? Qu'est-ce que ma signature chorégraphique ? Pourquoi je suis plus différent qu'un autre ? On est tous différents de par nos histoires, mais... Parfois je trouve que c'est trop scolaire, mais c'est peut-être aussi aujourd'hui, avec le recul, je le vois avec un œil forcément différent de quand j'ai 20 ans. Mais parfois je trouve qu'on est un peu dans le paraître plutôt que dans l'être. Je ne sais pas si c'est... Ça a répondu à ta question.
- Speaker #0
Ça a répondu à la question et je trouve que les mots que tu as employés résonneront en plus selon... Là où chacun sera dans sa vie, peut-être en écoutant cet épisode.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Tu me parles de quand t'avais 20 ans, justement, qu'est-ce que t'aurais aimé entendre à 20 ans ? Pas forcément dans la danse.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Perdre pas trop de temps à ne pas avoir confiance en toi. Voilà. Parce que c'est des années très précieuses. Là, je reviens à la danse parce qu'on parle de ça, mais c'est vrai qu'une carrière de danseur, c'est quand même relativement court. Après, je ne parle pas de chorégraphe. Vraiment, la carrière de danseur pure, pure, elle est forcément limitée par le corps. Et quand on manque de confiance, on peut aussi se louper dans l'évolution de notre carrière. Parce que moi, j'ai eu sur mon chemin l'impression d'attirer un peu les profiteurs, tu vois. Alors qu'au final, c'est peut-être moi qui étais attirée par les profiteurs. À cause de mon manque de confiance, besoin d'être validée par d'autres personnes. un peu au-dessus de moi, tu vois. Alors qu'au final, c'est une perte de temps parce que je pars du principe que si tu veux qu'on te respecte, comme je te disais, je ne sais pas si on l'a dit à la caméra, mais si tu veux qu'on se respecte, il faut que tu te respectes. Ça prend un travail fou, ça prend beaucoup de confiance de se respecter. Beaucoup d'assurance. Beaucoup d'énergie, c'est énergivore d'avoir confiance en soi. Parce que si toi tu ne l'as pas, personne ne l'aura pour toi. Personne ne l'aura pour toi. Par contre, les gens vont savoir déceler. les choses que tu fais bien, les choses qui pourront leur être utiles dans leur travail. Ils vont faire les confiants qui vont venir te presser comme un strom. Et après, tu diras « Attends, j'ai commencé à travailler pour eux, j'avais 20 ans, et puis je ressors, j'en ai déjà 26. Ah ! » Ça va vite, le temps passe vite. Et quand on a envie d'évoluer, il faut se faire confiance, il faut se respecter, il faut croire en ses valeurs. Et il n'y a rien de plus beau que de jamais trahir ses valeurs. C'est magnifique. Quand tu arrives en fin de cycle, je n'ai pas envie de dire carrière, parce qu'une carrière, ça ne s'essouffle jamais. Une fin de cycle, et que tu regardes derrière, tu te dis, waouh, c'est aligné. Je suis alignée avec mes valeurs, c'est magnifique.
- Speaker #0
Tu prêches une convaincure. Merci pour ce rappel, c'est important. Est-ce que tu aurais un dernier mot, un dernier message pour le clôturer ?
- Speaker #1
Vive la danse ! Non, c'est nul. Non, je dirais qu'on a des métiers totalement fous, totalement incertains. mais que franchement quelle vie incroyable on a en tant qu'artiste Je souhaite à tout le monde de goûter à ce que c'est que de se lever le matin pour faire quelque chose qu'on aime. Franchement, c'est un game changer. Parce que quand t'as pas l'impression de travailler, en fait, t'es hulk. Tu peux faire des tonnes de choses. Tu sais même pas, c'est insoupçonnable la force qu'on a.