- Speaker #0
Hello ! Bienvenue sur mon podcast Danse avec l'Histoire. Moi c'est Val, archiviste de métier, très curieuse de tout et plus particulièrement d'histoire. Si vous êtes comme moi, alors suivez-moi. Prenez ma main, je vous emmène dans cette folle danse qu'est l'histoire.
- Speaker #1
Suivons l'exemple, c'est une César.
- Speaker #2
Je ne m'épatte que je me sois excité comme ça à propos du don d'un sang.
- Speaker #1
Le roi est mort, vive le roi !
- Speaker #0
Hello ! Petite question pour commencer ce nouvel épisode. En ce mois de galette des rois, tu es plutôt galette à la frangipane ? Au chocolat ? A la pomme ? Oui, on est sur un débat aussi important et vibrant que le pain au chocolat et la chocolatine. Mais évidemment, chacun ses goûts. En tout cas, pour la faire court, moi je suis plutôt galette des... reines. Et ouais, aujourd'hui, on va parler des femmes et à la façon dont elles ont été exclues du pouvoir en France. Il serait... impossible en si peu de temps d'énumérer les conditions des reines en France depuis le commencement. Je vais donc me focaliser sur une période plus réduite et parler de ce qui est considéré la plupart du temps comme la fin du Moyen-Âge, à savoir le XIVe-XVe siècle et le début de l'époque moderne. Comment en est-on arrivé à se poser cette question sur l'exclusion des femmes ? Qui s'est chargé d'en décider ? Et sur quels fondements on s'est appuyé ? Autant Attention, accrochez-vous parce que des infos, il va y en avoir. Bon, des reines, il y en a eu beaucoup. Ces femmes, ces épouses qu'elles étaient la première, deuxième ou troisième compagne d'un roi sont présentes, citées, représentées et comptées malgré une absence de souveraineté propre. Beaucoup d'entre elles ont su montrer une capacité d'action politique ou diplomatique importante. Certaines d'ailleurs ont même gouverné. que ce soit chez les Mérovingiens, les Carolingiens ou les Capétiens. D'ailleurs, si tu es actuellement enceinte et que tu recherches des idées de prénoms pour une fille, laisse-moi t'aider un peu avec ces quelques reines aux prénoms très fleuris. On commence avec Frédégonde, Brunehilde, Nantilde, Bathilde, Plectrude ou encore Bertrade. Ne me remercie pas ! Et oui, elle n'était pas juste la femme du roi Figure importante dès le départ dans notre pays La reine parfois adulée, parfois répudiée A dû avancer sur des chemins semés d'embûches C'est sur le XIVe siècle que notre regard va se poser aujourd'hui Siècle charnière pour ces femmes Où leur pouvoir va subir une sorte de reconfiguration qui va non pas révolutionner la situation des femmes, car en réalité, déjà bien avant le XIVe siècle, elle ne succède pas au roi, mais qui va établir, si je puis dire, des règles et les inscrire véritablement dans les mœurs propres à la France sur ce point. Et notre histoire nous amène en 1316, lors du décès de Louis X, dit le Hutin. Au moment de sa mort, cet homme n'a pas d'héritier mal. En effet, il laisse une jeune fille âgée de 4 ans, prénommée Jeanne, et une épouse enceinte. Du coup, la France qui n'a jamais rencontré de problème pour transmettre la couronne de père en fils depuis Hugues Capet se retrouve dans une situation bien compliquée. Et les débats sont lancés. Qui va monter sur le trône ? Un mâle de la famille ? L'enfant à naître si c'est un garçon ? La petite Jeanne ? Laissant dès lors la porte ouverte à la possibilité aux femmes d'accéder à la couronne du coup. Dans les faits, voici ce qui devrait être établi si l'on se base sur la coutume que l'on rencontre beaucoup en Europe à ce moment-là. En gros, si l'enfant qui va naître est un garçon, c'est lui qui deviendra roi. Si c'est une fille, alors c'est son aîné qui deviendra reine. Donc, dans un premier temps, on doit patienter et attendre que ce petit bébé pointe le bout de son nez. Même si, héhé, plus d'un commence évidemment dans leur coin à réfléchir à la suite et à songer sérieusement à réussir à se placer sur cet échiquier. C'est là... que la première personne importante de cette histoire arrive. Non pas sur un cheval blanc, beau et fort, mais plutôt sur un cheval aux couleurs de l'opportunité. Philippe de Poitiers, le frère du Feu-Roi, l'oncle de la petite Jeanne, quoi. Et non, non, il ne vient pas pour la prendre dans ses bras et lui dire que tout va bien se passer en lui racontant comment ils s'amusaient entre frères lorsqu'ils avaient son âge. Il décide plutôt de réunir un conseil afin d'établir la suite des événements, en sa faveur tant qu'à faire. Et ils décident tous ensemble qu'il sera régent si l'enfant à naître est un garçon et roi s'il s'agit d'une fille. Simple, basique. Sauf que, haha, tout ne peut pas être si simple mon filou. Et c'est là que Eudes 4 entre en jeu. Hein ? C'est qui lui ? Eh bien, Eudes IV, c'est le duc de Bourgogne, un autre oncle de Jeanne qui est d'ailleurs son co-tuteur. Et lui, il ne veut pas lâcher le morceau et souhaite défendre les droits de la petite Jeanne. Mais Philippe a plus d'un tour dans son sac et réussit à corrompre Eudes grâce à la promesse d'un mariage.
- Speaker #3
Non, vraiment ? Vous êtes capable d'arranger un mariage ?
- Speaker #0
Il lui promet en effet de le marier avec sa propre fille Jeanne. Oui, encore une. Parallèlement à tout cela... Car oui, il ne faut pas l'oublier, pendant ces tractations, la reine était toujours enceinte. Donc dans le même temps, la reine accouche le 15 novembre 1316 d'un garçon. Malheureusement, ce dernier décède seulement quelques jours après. Dès décembre, Philippe prend le titre de roi de France et de Navarre. Et bien que ce ne soit pas du goût de tout le monde, il ne targiverse pas et se rend dès janvier 1317 à Reims pour se faire sacrer. Assez rapide cela dit, parce qu'il se rend bien compte au vu des protestations que sa façon de s'accaparer le pouvoir ne plaît pas à tout le monde. Il se voit même obligé de fermer les portes de la ville de Reims et de les faire garder par des troupes armées durant la cérémonie. Son propre frère Charles compte de la marche et Eudes, oui le même Eudes que tout à l'heure, font le choix de ne pas y assister non plus. Malgré le sacre, la grand-mère de Jeanne, Agnès de France, prend parti pour sa petite fille et proteste grandement. Philippe, devenu maintenant Philippe V d'Ile-le-Lond, se rend bien compte qu'il va devoir légitimer son pouvoir d'une autre façon. En février 1317, il fait se réunir une assemblée de nobles et de docteurs d'université de Paris pour discuter et bien sûr valider son avènement. Leur fondement pour ce choix ? Le fait qu'aussi loin qu'on s'en souvienne, les femmes ne succèdent pas au roi. Euh, vraiment ? Mais ceci pose tout de même problème, car il y a un chapitre dans la Bible, au passage des nombres, qui dit que si un homme meurt sans avoir eu de fils, il faut transmettre l'héritage à sa fille. Ah zut, les plans tombent à l'eau là. Du coup pas le choix, plan B, on part sur la proximité que Jeanne et Philippe ont avec le roi Saint Louis. Jeanne en est éloignée par trois générations, et Philippe deux. Philippe gagne quoi ? C'est la raison invoquée pour préférer l'oncle. À la fille.
- Speaker #4
Non, Charles. Charles-Math ? Mais c'est pas Charles-Math, c'est Saint-Louis ! Allons, allons, vous voyez qu'il faut encore travailler. Reprenons ce problème.
- Speaker #0
Sauf que c'est mal connaître Agnès de France. Mais si, la grand-mère, souviens-toi. Qui ne lâche rien. Qui a dit que les femmes n'étaient pas capables d'aller au bout des choses ? Aristote, tu peux te rhabiller, tiens. Quoique, je parle peut-être un peu trop vite. Voyons voir ce que l'avenir réserve à cette petite Jeanne. Elle lance donc en avril 1317 une protestation solennelle mentionnant que l'enfant revendique la succession de son père. Agnès, avec l'aide d'une assemblée de nobles de Champagne, appuie cette défense sur la base, je cite, « des coutumes et usages gardés en royaume, empire, péri, principauté et baronie qui tous établissent le droit des femmes s'il n'y a pas d'héritier mâle » . Philippe V n'a cela dit pas donné son dernier mot non plus. Et toujours par un savant mélange de négociations et d'intimidation, il parvient à faire flancher Agnès ainsi que d'autres grands du royaume. Philippe arrive donc à ses fins. Et en mars 1318, il fait signer à Eudes et à Agnès, qui sont les deux co-tuteurs de la petite Jeanne, une renonciation pure et simple de ses droits sur la couronne de France et de Navarre, avec engagement de faire signer ce traité à la petite lorsqu'elle aura 12 ans. On n'est jamais trop prudent.
- Speaker #5
Il faudra observer la plus grande prudence car toute erreur nous serait fatale.
- Speaker #0
Et c'est après tout ce tintouin que Philippe V le Long s'éteint en 1322, soit seulement 5 ans après son couronnement. L'ironie du sort, vous voulez la connaître ? C'est qu'au moment de sa mort, il n'a pas d'héritier mâle mais il laisse plusieurs filles. Et du coup, c'est reparti pour un tour. Vous suivez toujours parce que là c'était seulement l'entrée. On va vraiment rentrer dans le dur là.
- Speaker #6
Accrochez-vous !
- Speaker #0
A son décès donc en 1322, Jeanne a alors 10 ans. Oui oui, elle est toujours là, sauf qu'elle n'a pas de partisan. Zut, ça aurait pu être sacrément cool de la voir revenir en mode badass. Le trône semble fraîchement disponible pour un personnage dont nous avons déjà brièvement parlé, Charles, le frère de Philippe, qui souvenez-vous n'avait pas voulu assister à son sacre parce qu'il semblait plutôt du côté de Jeanne. Mais il ne semble pas question pour lui de laisser le trône à ses nièces.
- Speaker #4
Écoutez, cette histoire d'amnésie, c'est vrai ou c'est du pipeau ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe ? Le pipeau !
- Speaker #0
Bien que rien, aucun écrit n'existait permettant de les éloigner du trône. Rappelons-le ça. Comme le mentionne l'historien Paul Violette, on commençait donc à s'accoutumer à l'exclusion des femmes et le fait commençait à créer le droit. Charles, devenu le roi Charles le Bel, décède en 1328. Ah oui, je fais un bond dans le temps parce que bon, en 20 minutes, pas le choix. On reste focus sur notre sujet, les femmes. Lorsqu'il décède donc, il ne laisse qu'une fille. Bon, stop deux secondes là. On ouvre une petite parenthèse. Toutes ces filles, ça serait pas un signe qu'une femme devrait monter sur le trône là ? Je referme la parenthèse. Donc il meurt. Sauf que l'histoire se répète. Sa femme est enceinte. Spoiler alert. ce serait une fille, les deux petites sont évidemment écartées du trône. Du coup, qui y monte ? Ou plutôt, quel mâle y monte ?
- Speaker #6
Vive le roi ! Le roi sommeure !
- Speaker #2
Vive le roi !
- Speaker #0
Luz, pour faire une petite pause ici, je souhaite simplement mentionner le fait que ces années dont on vient de parler, 1316-1328, marquent une étape qui va être fondamentale. car elle valide véritablement, même si aucune loi écrite n'existe, l'exclusion des femmes du pouvoir et ouvre le champ, on va le voir, à une deuxième phase. Alors là, accrochez-vous, je vais tâcher d'être le plus clair possible. Les trois derniers rois, Louis X le Hutin, Philippe le Long et Charles le Bel, dont on vient de parler, avaient une sœur, Isabelle, qui était, elle, reine d'Angleterre et qui avait un fils, Édouard III. Sur le principe, ce petit Édouard avait toutes ses chances pour atterrir sur le trône de France. Mais si tel était le cas, cela signifierait donc que son pouvoir lui serait transmis par une femme. Du côté de la France, il y a aussi des prétendants au trône. Et c'est un cousin, Philippe de Valois qui est le favori. Oui, alors allez, on va le dire une bonne fois pour toutes, comme ça, ça sort et on sent mieux. Les Philippes là, ça va 5 minutes sur ce prénom ? Voilà, terminé. Bon, du coup, on réunit à nouveau les grands, les nobles pour trancher. Ils finissent par préférer Philippe de Valois, qui devient donc le roi Philippe VI en 1328. Ce dernier se protège en faisant signer en Angleterre à Isabelle une renonciation à la couronne. Jeanne, étant toujours dans le coin, est une fois de plus évincée, on lui donne le royaume de Navarre en compensation. Et voilà, tout est fini ! Non, c'est faux, évidemment. Je continue du coup ? Allez, accrochez-vous, on y est presque. Évidemment, Édouard III ne va pas se laisser faire. Et en 1337, il va revendiquer la couronne de France, arguant que l'hommage qu'il avait dû prêter avait été fait sous la contrainte. Et il va finir par débarquer sur le continent pour trouver des appuis. Philippe VI, de son côté, tente de trouver des arguments également pour sortir de cette impasse. Il met à nouveau sur le tapis des lois anciennes qui établissent que les femmes sont exclues de la succession. Où sont ces lois ? Où sont ces écrits alors ? Les Anglais, eux, en appellent de leur côté au pape, lui demandant son aide et son appui. Du coup, en France, vous vous en doutez, c'est le branle-batte-combat pour trouver ce fameux document en question. Mais existe-t-il seulement ? Ces revendications anglaises vont finalement obliger les juristes français à rechercher des fondements anciens permettant de solidifier juridiquement cette idée d'exclusion des femmes et d'interdiction de transmission de pouvoir. Ainsi, vers la fin de la décennie 1350, après le décès de Philippe VI, c'est Charles V qui se retrouve avec les mêmes problématiques. Et c'est durant ces années qu'a lieu l'exhumation d'une loi très ancienne, appelée Lex Salica ou Loi Salique en français, datant du VIe siècle. Loi du royaume franc regroupant des textes juridiques et des coutumes franques. Elle sera utilisée dans les débats politiques pour appuyer la question de l'exclusion des femmes au pouvoir. Cependant, en y regardant de plus près, on se rend compte qu'en réalité, absolument rien dans la loi initiale n'interdisait aux femmes d'accéder à la couronne. Un article parle en effet des femmes et de la succession. Il y est dit « En ce qui concerne la terre salique, aucune part de l'héritage ne sera transmise à une femme, mais tout l'héritage de la terre passera au sexe viril. Donc en gros, il n'est absolument pas question de couronne, mais plutôt de réglementer l'héritage de terre. Mais alors pourquoi en vient-on au XIVe siècle à évoquer cette loi qui n'a finalement aucun rapport avec la problématique française ? Nous avons dans les années 1358 un début de réponse avec un homme, Richard Lescaut. moine de Saint-Denis, qui va, après avoir trouvé une version carolingienne de cette loi, rédiger un traité dans lequel il va lier cette ancienne loi à celle de la succession masculine de la monarchie française. Mais ce texte de Lescaut ne sera pas un best-seller de l'époque et passe aux oubliettes pour quelques temps encore avant de faire un grand retour fracassant comme nous le verrons par la suite. Pour l'heure, ce qui importe est de poser l'idée d'une coutume française sans pour autant pouvoir donc lui donner de nom ou l'appuyer d'un texte. En 1380, oui un nouveau petit bond dans le temps, Édouard III et Charles V sont morts et deux petits nouveaux montent sur les trônes, Richard II en Angleterre et Charles VI en France. On peut se dire que tout est calme, les femmes ont été exclues de la succession et cela semble être bien assimilé dans les moeurs. Deux rois sont aux commandes, on n'est pas mal. Eh bien non, car Charles VI, dit le folle, le fou, montre en effet des épisodes de folie.
- Speaker #7
Franchement, il a l'air zinzin.
- Speaker #0
Ce qui crée une certaine fragilité en France. Et les Anglais souhaitent profiter de cette faiblesse. Oui, ils n'ont pas laissé de côté leurs prétentions au trône. La France doit trouver le moyen de se débarrasser des prétentions anglaises. Et c'est sous ce règne que la fameuse loi salique fait son grand retour.
- Speaker #6
En France, par exemple, j'ai une surprise. Te revoilà enfin.
- Speaker #0
Un homme, Jean de Montreuil, va en proposer une nouvelle version où il va purement et simplement modifier le texte initial pour l'arranger à sa sauce et ainsi faire croire que les francs interdisaient aux femmes d'hériter de la couronne. Et dès lors, tout un scénario autour de ce faux va se mettre en place pour que cette histoire tienne la route, affirmant que cette loi salique avait été fondée par le roi Pharamon en 420 dans le royaume qu'elle avait toujours bel et bien été respectée et que de ce fait il n'était pas possible d'y déroger. Mais cela ne tenait pas trop trop la route. Dans ce laps de temps a lieu la signature du traité de Troyes en 1420, reconnaissant comme héritier au trône de France Henri V d'Angleterre. Il est ainsi décidé qu'au décès de Charles VI, ça ne serait non pas son fils Charles VII, mais bien Henri V d'Angleterre qui deviendrait roi de France. Beaucoup, évidemment, en France ne sont pas d'accord. C'est le cas de Jean de Terre Rouge qui utilise l'argument biologique pour appuyer son idée d'une continuité au trône direct de père en fils. Donc pour lui, il serait impossible au roi d'écarter son fils de la couronne.
- Speaker #8
Je n'ai absolument rien compris.
- Speaker #0
Oh là, c'est le bazar. En 1422, tout le monde meurt. Henri V, Charles
- Speaker #6
VI... Il fallait envisager de mettre un terme à cette hécatombe.
- Speaker #0
Henri VI d'Angleterre, qui est censé devenir roi de France, si on s'en tient au traité de Troyes, n'a alors que un an. Et Charles VII, exilé à Bourges, prend le titre de roi de France. S'en suit une reconquête, Jeanne d'Arc, la prise d'Orléans en 1429 et le sacre du roi Reims. Oui oui j'avance à vitesse grand V car ce qui m'intéresse ici c'est avant tout la finalité et les femmes. On se rend compte donc qu'une deuxième étape est... ou est en train d'être franchie ici. Depuis Philippe le Long jusqu'à la victoire de Charles VII, un fait se met en place, bien visible avec notamment la reine Isabelle d'Angleterre qui n'a pas pu transmettre la couronne de France à son fils Édouard III. Ce principe est celui donc de l'impossibilité pour une femme de transmettre le pouvoir. D'ailleurs, c'est sous Charles VII qu'est à nouveau redécouverte cette fameuse loi salique avec une volonté de la retranscrire en français. Elle va dès lors connaître une certaine renommée et s'appuyer notamment, comme le mentionne l'historienne Eliane Viennot, sur un courant moral qui calomniait les femmes, prétend ainsi à la loi salique toute sa certitude morale. En effet, la femme était considérée comme inférieure biologiquement. Héritiers d'une pensée antique, les contemporains de Charles VII n'inventent rien. Ils reprennent seulement les théories biologiques d'un Aristote, inférieure physiquement et intellectuellement. La femme n'a, selon la pensée aristotélicienne, uniquement qu'une fonction reproductrice. Cette loi va également connaître une grande influence lorsqu'un auteur anonyme rédige une nouvelle falsification qui sera largement diffusée sous le nom de loi salique, première loi des français en forme manuscrite dans les années 1460. et qui connaîtra grâce à l'imprimerie une grande diffusion avec plusieurs éditions jusqu'au milieu du XVIe siècle. La loi Salique est en cette fin du XVe siècle donc définie comme la première loi des Français. A la fin du XVIe siècle, la question des falsifications revient sur le devant de la scène. Les juristes auraient très bien pu dès lors rétablir la vérité et pourquoi pas soutenir le rétablissement des femmes au pouvoir mais... que Néni, il préfère se lancer dans la recherche de nouveaux préceptes pour valider cette exclusion. C'est ainsi qu'ils se basèrent sur une loi de nature présente bien avant la loi salique. Cette loi certifierait que le pouvoir devait être exercé par un homme. On repartirait ainsi sur l'idée que l'homme est supérieur à la femme. Donc, on glisse petit à petit de la loi salique à une loi de nature pour valider l'exclusion des femmes. Je vais essayer d'être le plus clair possible dans cet épisode où beaucoup de personnages et de décennies se succèdent. Mon but premier n'était pas de raconter l'histoire de ces rois qui montent sur le trône et comme vous l'avez vu d'ailleurs, j'ai omis intentionnellement de nombreux passages historiques. En effet, mon but ici était avant tout de tenter de replacer dans ce contexte général de succession le rôle des femmes, leur exclusion en plusieurs étapes et l'évolution juridique appuyant cette exclusion. J'ai également volontairement mis de côté la question des régences exercées par les reines, en ne parlant pas notamment des ordonnances de 1374 ou de 1407, car cette question fera probablement l'objet d'un autre épisode tant il y a à dire sur nos reines. Ces deux phases clés, que sont l'exclusion des femmes de la couronne puis l'impossibilité pour elles de transmettre le pouvoir, sont deux étapes importantes de notre histoire. Alors la prochaine fois qu'on vous demandera si vous êtes plutôt frangipane ou chocolat, eh bien je vous laisserai raconter l'histoire que vous venez d'entendre. Parce que derrière une simple couronne, il existe de bien nombreuses histoires. Si vous êtes arrivé jusque là, je vous remercie beaucoup pour votre attention car ce n'était pas un épisode super simple avec toutes ces dates et tous ces noms. Si l'épisode vous a plu, n'hésitez pas à laisser des petites étoiles et ou des commentaires sur la plateforme sur laquelle vous l'écoutez. De même, n'hésitez pas à me rejoindre sur le compte Instagram Danse avec l'Histoire sur lequel je mets des photos, des images, des illustrations à chacun de mes épisodes. Pour terminer, voici le mini-quiz avec deux questions. Question 1. Comment s'appelle le roi d'Angleterre qui aurait pu monter sur le trône grâce à sa mère Isabelle ? S1. N'hésitez pas à venir répondre à ces questions en post sur Instagram. On se retrouve le mois prochain. D'ici là, prenez soin de vous !