Speaker #1Pendant longtemps, j'ai cru que j'étais simplement quelqu'un de généreux, toujours là pour écouter, toujours là pour rassurer, toujours là pour sauver tout le monde. Et puis un jour, j'ai compris quelque chose de beaucoup plus inconfortable. Si je voulais autant réparer les autres, c'était peut-être aussi. Parce que je ne savais pas comment me réparer moi-même. Et honnêtement, je pense que beaucoup de personnes vivent ça sans s'en rendre compte. Hello à toi et bienvenue dans Déconstruire Ensemble, le podcast qui explose les clichés sur le handicap. Je suis Nathalie, je vis avec Aspina Bichida, Guillaume Ménagocel. une hydrocéphalie valvée, une neurostomie. Je me déplace principalement avec des béquilles. Mais aujourd'hui, on ne va pas seulement parler de handicap physique, on va parler d'un sujet beaucoup plus invisible, l'autonomie émotionnelle, le besoin de sauver les autres, la dépendance affective et surtout de ces personnes qui donnent tellement aux autres qu'elles finissent par complètement s'oublier elles-mêmes. Tu sais, il y a des gens qui ont toujours le réflexe d'aider, toujours. Ce sont les personnes qu'on appelle à 23h quand ça ne va pas, les personnes qui trouvent toujours les bons mots, les personnes qui écoutent pendant des heures, les personnes qui comprennent tout. et tout le monde les personnes qui pardonnent énormément et souvent ces personnes là donne l'image d'être très forte émotionnellement mais parfois derrière cette force il y a surtout une immense fatigue parce que certaines personnes ne ne savent tellement plus recevoir qu'elles se sentent obligées de toujours donner. Pendant longtemps, moi, j'ai été comme ça. J'aimais aider, j'aimais réparer, j'aimais rassurer. Et attention, je ne jouais pas un rôle, j'étais sincère. Je suis profondément empathique. Quand quelqu'un souffre, je le ressens réellement. Mais avec le temps, j'ai compris qu'il y avait aussi autre chose derrière ça. Une peur, une énorme peur. Quand on vit avec un handicap, surtout depuis l'enfance, on développe parfois des mécanismes psychologiques très particuliers. On apprend très tôt à anticiper, à déranger le moins possible, à ne pas demander trop d'aide. à montrer qu'on est capable, à prouver qu'on peut gérer. Et parfois, sans même s'en rendre compte, on finit par croire qu'on doit mériter notre place. Alors certaines personnes deviennent indispensables émotionnellement, comme si leur valeur venait de ce qu'elles apportaient aux autres. Moi, par exemple, j'ai longtemps, longtemps... J'ai eu énormément de mal à demander de l'aide, même quand j'étais épuisée, même quand j'avais mal, même quand mentalement ça n'allait pas. Je préférais gérer seule et paradoxalement j'étais capable de porter les problèmes émotionnels des autres pendant des heures. Franchement, parfois, je gérais les émotions des autres mieux que les miennes. Et le pire, c'est qu'à force, on finit par croire que souffrir pour les autres est une preuve d'amour. Psychologiquement, ça porte un nom, le syndrome du sauveur. Ce besoin presque permanent de vouloir réparer les autres, sauver, comprendre. Porter, excuser, soutenir, même quand ça nous détruit à petit feu émotionnellement. Et attention, les sauveurs ne sont pas des personnes faibles. Bien souvent, ce sont des personnes extrêmement sensibles, très empathiques, très généreuses, mais qui ont parfois appris inconsciemment à mériter l'amour par l'utilité émotionnelle. Et ça, ça peut attirer des relations très déséquilibrées, très toxiques. Parce qu'un sauveur attire souvent des personnes blessées émotionnellement, indisponibles, toxiques parfois, ou des personnes qui aiment être sauvées, mais qui ne savent pas aimer correctement en retour. Et ça, ça fatigue profondément. La dépendance affective invisible, qu'est-ce que c'est ? Quand on parle de dépendance affective invisible, beaucoup de gens imaginent quelqu'un qui supplie qu'on l'aime. Mais parfois la dépendance affective est beaucoup plus discrète. Elle peut ressembler à toujours comprendre les autres, toujours s'excuser. Toujours accepter l'inacceptable, toujours vouloir guérir quelqu'un, avoir peur d'être abandonné si on arrête d'aider. Et honnêtement, je me suis tellement reconnue là-dedans, je me suis rendue compte d'une chose très douloureuse. Je savais prendre soin des autres, mais je ne savais pas prendre soin de moi-même. Et j'y travaille encore aujourd'hui. L'autonomie émotionnelle, et c'est là que j'ai commencé à comprendre ce qu'était réellement l'autonomie émotionnelle. L'autonomie émotionnelle, ce n'est pas devenir froide, ce n'est pas ne plus aimer, ce n'est pas repousser les autres, c'est arrêter de s'abandonner soi-même pour être aimé, parce qu'à force de vouloir sauver tout le monde, certaines personnes finissent complètement vides. L'autonomie émotionnelle, c'est apprendre qu'on a aussi le droit d'avoir des besoins, d'être fatigué, de demander de l'aide, de dire non, de ne pas porter tout le monde. Et honnêtement, ça, ça a été très difficile pour moi. Aujourd'hui encore, j'aime aider les autres, ça fait partie de moi. Mais j'apprends doucement quelque chose d'essentiel. Je ne suis pas obligée de me sacrifier émotionnellement pour mériter l'amour. Et si toi aussi, tu te reconnais dans ce besoin de sauver tout le monde, peut-être qu'il est temps de te demander qui prend soin de toi pendant que toi, tu prends soin des autres. Merci d'avoir écouté cet épisode de Déconseils. ensemble si cet épisode a parlé partage le autour de toi parce que beaucoup de personnes portent une fatigue émotionnelle invisible sans jamais en parler et surtout reste fier de qui tu