Description
Déconstruire Ensemble — le podcast qui explose les clichés sur le handicap.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Déconstruire Ensemble — le podcast qui explose les clichés sur le handicap.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Demander de l'aide ce n'est pas si simple. Tu sais ce qui peut être le plus difficile quand on vit avec un handicap ? Ce n'est pas toujours la fatigue ni la douleur. C'est demander de l'aide. Le fait de demander de l'aide, parfois... Cette phrase-là, franchement, elle peut faire beaucoup plus de mal qu'on ne l'imagine. Hello à toi et bienvenue dans Déconstruire Ensemble, le podcast qui explose les clichés sur le handicap. Je suis Nathalie. Une femme engagée, unijambiste, vivant avec un spina bifida, une hydrocéphalie evaluée et une urostomie. A travers cette chaîne, je parle sans filtre de handicap, de santé mentale, d'autonomie, d'image de soi, de fatigue émotionnelle. d'hospitalisation, de féminité et de reconstruction. Et aujourd'hui, j'ai envie de parler d'un sujet très intime mais très important, la santé mentale quand on vit avec un handicap. Et plus précisément, pourquoi demander de l'aide peut être si difficile quand on est une personne à mobilité réduite ? Parce qu'on entend souvent cette phrase, demander de l'aide, ce n'est pas une faiblesse. Oui, sur le papier, c'est beau, mais dans la vraie vie... Ce n'est pas si simple Aujourd'hui, je pourrais vous dire J'ai compris que demander de l'aide, ce n'est pas une faiblesse Mais ce serait vous mentir Parce que dans ma tête, ce n'est pas encore aussi simple Quand on est une personne à mobilité réduite, demander de l'aide, ce n'est pas juste dire j'ai besoin d'aide, tu peux me donner un coup de main, non. Parfois, demander de l'aide, c'est avoir l'impression de perdre un morceau d'autonomie. C'est se retrouver face à une réalité qu'on essaie parfois de tenir à distance. Là, toute seule, je ne peux pas. Et cette phrase-là, elle peut faire mal. Parce que quand on vit avec un handicap, on passe souvent sa vie à prouver qu'on est capable. Capable. de travailler, capable de voyager, capable de gérer son quotidien, capable de se débrouiller, capable de ne pas déranger. Alors demander de l'aide parfois ce n'est pas seulement une demande pratique, c'est une blessure qui se réveille parce que ça touche à l'identité, ça touche à la dignité, ça touche à cette question profonde. Est-ce qu'on va encore me voir comme une charge ? ou est-ce qu'on va encore me voir comme une femme incapable ou une femme diminuée ? Il faut comprendre quelque chose de très important. Quand une personne à mobilité réduite refuse de demander de l'aide, ce n'est pas forcément de l'orgueil, ce n'est pas toujours de la vie. fierté mal placée. Parfois, c'est un mécanisme de protection parce que demander de l'aide, c'est s'exposer, c'est accepter que quelqu'un voit une limite, c'est accepter que l'autre entre dans notre espace. Et parfois, c'est aussi prendre le risque d'être mal aidé. Parce que oui, on peut être aidé et se sentir humilié. On peut être aidé, mais infantilisé. On peut être aidé, mais avec des gestes brusques, des paroles maladroites, ou cette petite phrase qui pique. Mais pourquoi vous êtes venu seul ? Comme si la personne handicapée devait toujours avoir un accompagnateur dans sa poche, rangé entre la carte vitale et le ticket de caisse. Et ça, mentalement, c'est lourd. Parce que demander de l'aide, ce n'est pas seulement demander un geste, c'est gérer tout ce qui vient autour. Est-ce que je dérange ? Est-ce qu'on va souffler ? Est-ce qu'on va me juger ? Est-ce qu'on va m'aider correctement ? Est-ce qu'on va me parler comme à une adulte ? Et là, on entre dans ce qu'on appelle la charge mentale. La charge mentale, ce n'est pas seulement penser à ce qu'il faut faire, c'est devoir anticiper en permanence. Pour une personne à mobilité réduite, ça peut vouloir dire repérer les escaliers, vérifier l'ascenseur, penser à la fatigue du retour, prévoir si le lieu est accessible, imaginer un plan B, se demander qui pourra aider si quelque chose bloque. Et à force, ce n'est pas le corps seulement qui fatigue, c'est le mental. Parce que le cerveau reste en vigilance, il scanne. Il calcule, il prévoit, il protège. Et quand ton cerveau est toujours en mode préparation au problème, il finit par s'épuiser. C'est pour ça que la santé mentale et le handicap sont profondément liés. Le handicap ne touche pas seulement le corps. Il touche aussi la sécurité intérieure. Il touche l'estime de soi. Il touche la confiance. Il touche le rapport aux autres et il touche cette fameuse autonomie dont on parle tout le temps mais qu'on comprend parfois très mal. Parce que l'autonomie ce n'est pas forcément tout faire seul. Ça c'est une vision très dure, très individualiste, presque brutale de l'autonomie. La vraie autonomie ce n'est pas je n'ai besoin de personne. La vraie autonomie, c'est je peux organiser ma vie, faire mes choix, décider pour moi-même, même si parfois j'ai besoin d'un appui. Et ça, c'est très différent. Mais entre le comprendre avec la tête et l'accepter dans son cœur, il y a un chemin. Moi, je suis encore sur ce chemin. Il y a des jours où je demande de l'aide plus facilement. Et il y a des jours où ça me coûte. Parce que derrière la demande, il y a parfois la peur qu'on oublie tout ce que je sais faire seule. La peur qu'on me résume à ce que je ne peux pas faire. La peur qu'on voit ma limite avant de voir ma personne. Le moment clé pour moi, c'est quand j'ai compris que je ne refusais pas toujours l'aide parce que je n'en avais pas besoin. Parfois, je refuse l'aide parce que j'ai peur de ce que cette aide raconte de moi. Et ça, c'est une prise de conscience importante. Parce que le problème n'est pas seulement l'aide. Le problème, c'est le sens que je lui donne dans ma tête. demander de l'aide. veut parfois dire je suis moins forte, je suis moins autonome, je suis un poids, je dérange, je suis une charge mais en réalité ce n'est pas forcément vrai, ce sont des croyances construites par des années d'adaptation, de regard, de remarques, de fatigue, de société pas toujours accessibles. Quand le monde n'est pas pensé pour ton corps, tu finis parfois par croire que c'est ton corps le problème Alors que non, le problème souvent, c'est l'environnement, c'est l'escalier sans rampe, c'est la porte trop lourde, c'est le trottoir mal conçu, c'est le guichet trop haut, c'est le lieu qui se dit inclusif mais où rien n'est vraiment prévu. Et après, on vient te dire, il suffit de demander de l'aide. Oui. Mais demander de l'aide dans un monde mal adapté, ce n'est pas de la liberté, c'est parfois une stratégie de survie. Et ça, il faut le dire, parce que beaucoup de personnes handicapées vivent ça en silence. Elles sourient, elles disent ça va, elles minimisent, elles font comme si ce n'était pas grave. Mais à l'intérieur, elles sont fatiguées. Fatiguée de devoir s'adapter à tout. Fatiguée de devoir prouver qu'elles sont capables. Fatiguée de devoir demander ce qui devrait déjà être prévu. Et moi, c'est ce que je veux poser comme vérité aujourd'hui. Demander de l'aide peut-être nécessaire, mais ça ne devrait jamais remplacer l'accessibilité, le respect et la dignité. Alors non, je ne vais pas vous... Vendre une phrase toute faite Je ne vais pas dire Demandez de l'aide C'est facile Ce serait mentir Je vais dire quelque chose de plus honnête. Demander de l'aide quand on vit avec un handicap, ça peut être difficile, douloureux, parfois humiliant intérieurement. Mais ça peut aussi devenir un outil de sécurité, de dignité, de préservation. Le vrai travail, ce n'est pas de faire semblant que ça ne touche pas. Le vrai travail, c'est d'apprendre à demander de l'aide sans se retirer de la valeur. Parce que j'ai besoin d'aide à un moment donné, ça ne veut pas dire que je ne suis pas capable. Ça veut dire que je suis humaine. Et franchement, ça devrait nous apprendre à être humain sans avoir honte. Si cet épisode t'a parlé, dis-moi en commentaire. Est-ce que toi aussi, tu as déjà eu du mal à demander de l'aide ? Et si tu veux plus de contenu vrai, humain et sans filtre sur le handicap, la santé mentale et l'autonomie, abonne-toi. Merci d'avoir écouté Déconstruire Ensemble. Et surtout, reste fier de qui tu es.
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Demander de l'aide ce n'est pas si simple. Tu sais ce qui peut être le plus difficile quand on vit avec un handicap ? Ce n'est pas toujours la fatigue ni la douleur. C'est demander de l'aide. Le fait de demander de l'aide, parfois... Cette phrase-là, franchement, elle peut faire beaucoup plus de mal qu'on ne l'imagine. Hello à toi et bienvenue dans Déconstruire Ensemble, le podcast qui explose les clichés sur le handicap. Je suis Nathalie. Une femme engagée, unijambiste, vivant avec un spina bifida, une hydrocéphalie evaluée et une urostomie. A travers cette chaîne, je parle sans filtre de handicap, de santé mentale, d'autonomie, d'image de soi, de fatigue émotionnelle. d'hospitalisation, de féminité et de reconstruction. Et aujourd'hui, j'ai envie de parler d'un sujet très intime mais très important, la santé mentale quand on vit avec un handicap. Et plus précisément, pourquoi demander de l'aide peut être si difficile quand on est une personne à mobilité réduite ? Parce qu'on entend souvent cette phrase, demander de l'aide, ce n'est pas une faiblesse. Oui, sur le papier, c'est beau, mais dans la vraie vie... Ce n'est pas si simple Aujourd'hui, je pourrais vous dire J'ai compris que demander de l'aide, ce n'est pas une faiblesse Mais ce serait vous mentir Parce que dans ma tête, ce n'est pas encore aussi simple Quand on est une personne à mobilité réduite, demander de l'aide, ce n'est pas juste dire j'ai besoin d'aide, tu peux me donner un coup de main, non. Parfois, demander de l'aide, c'est avoir l'impression de perdre un morceau d'autonomie. C'est se retrouver face à une réalité qu'on essaie parfois de tenir à distance. Là, toute seule, je ne peux pas. Et cette phrase-là, elle peut faire mal. Parce que quand on vit avec un handicap, on passe souvent sa vie à prouver qu'on est capable. Capable. de travailler, capable de voyager, capable de gérer son quotidien, capable de se débrouiller, capable de ne pas déranger. Alors demander de l'aide parfois ce n'est pas seulement une demande pratique, c'est une blessure qui se réveille parce que ça touche à l'identité, ça touche à la dignité, ça touche à cette question profonde. Est-ce qu'on va encore me voir comme une charge ? ou est-ce qu'on va encore me voir comme une femme incapable ou une femme diminuée ? Il faut comprendre quelque chose de très important. Quand une personne à mobilité réduite refuse de demander de l'aide, ce n'est pas forcément de l'orgueil, ce n'est pas toujours de la vie. fierté mal placée. Parfois, c'est un mécanisme de protection parce que demander de l'aide, c'est s'exposer, c'est accepter que quelqu'un voit une limite, c'est accepter que l'autre entre dans notre espace. Et parfois, c'est aussi prendre le risque d'être mal aidé. Parce que oui, on peut être aidé et se sentir humilié. On peut être aidé, mais infantilisé. On peut être aidé, mais avec des gestes brusques, des paroles maladroites, ou cette petite phrase qui pique. Mais pourquoi vous êtes venu seul ? Comme si la personne handicapée devait toujours avoir un accompagnateur dans sa poche, rangé entre la carte vitale et le ticket de caisse. Et ça, mentalement, c'est lourd. Parce que demander de l'aide, ce n'est pas seulement demander un geste, c'est gérer tout ce qui vient autour. Est-ce que je dérange ? Est-ce qu'on va souffler ? Est-ce qu'on va me juger ? Est-ce qu'on va m'aider correctement ? Est-ce qu'on va me parler comme à une adulte ? Et là, on entre dans ce qu'on appelle la charge mentale. La charge mentale, ce n'est pas seulement penser à ce qu'il faut faire, c'est devoir anticiper en permanence. Pour une personne à mobilité réduite, ça peut vouloir dire repérer les escaliers, vérifier l'ascenseur, penser à la fatigue du retour, prévoir si le lieu est accessible, imaginer un plan B, se demander qui pourra aider si quelque chose bloque. Et à force, ce n'est pas le corps seulement qui fatigue, c'est le mental. Parce que le cerveau reste en vigilance, il scanne. Il calcule, il prévoit, il protège. Et quand ton cerveau est toujours en mode préparation au problème, il finit par s'épuiser. C'est pour ça que la santé mentale et le handicap sont profondément liés. Le handicap ne touche pas seulement le corps. Il touche aussi la sécurité intérieure. Il touche l'estime de soi. Il touche la confiance. Il touche le rapport aux autres et il touche cette fameuse autonomie dont on parle tout le temps mais qu'on comprend parfois très mal. Parce que l'autonomie ce n'est pas forcément tout faire seul. Ça c'est une vision très dure, très individualiste, presque brutale de l'autonomie. La vraie autonomie ce n'est pas je n'ai besoin de personne. La vraie autonomie, c'est je peux organiser ma vie, faire mes choix, décider pour moi-même, même si parfois j'ai besoin d'un appui. Et ça, c'est très différent. Mais entre le comprendre avec la tête et l'accepter dans son cœur, il y a un chemin. Moi, je suis encore sur ce chemin. Il y a des jours où je demande de l'aide plus facilement. Et il y a des jours où ça me coûte. Parce que derrière la demande, il y a parfois la peur qu'on oublie tout ce que je sais faire seule. La peur qu'on me résume à ce que je ne peux pas faire. La peur qu'on voit ma limite avant de voir ma personne. Le moment clé pour moi, c'est quand j'ai compris que je ne refusais pas toujours l'aide parce que je n'en avais pas besoin. Parfois, je refuse l'aide parce que j'ai peur de ce que cette aide raconte de moi. Et ça, c'est une prise de conscience importante. Parce que le problème n'est pas seulement l'aide. Le problème, c'est le sens que je lui donne dans ma tête. demander de l'aide. veut parfois dire je suis moins forte, je suis moins autonome, je suis un poids, je dérange, je suis une charge mais en réalité ce n'est pas forcément vrai, ce sont des croyances construites par des années d'adaptation, de regard, de remarques, de fatigue, de société pas toujours accessibles. Quand le monde n'est pas pensé pour ton corps, tu finis parfois par croire que c'est ton corps le problème Alors que non, le problème souvent, c'est l'environnement, c'est l'escalier sans rampe, c'est la porte trop lourde, c'est le trottoir mal conçu, c'est le guichet trop haut, c'est le lieu qui se dit inclusif mais où rien n'est vraiment prévu. Et après, on vient te dire, il suffit de demander de l'aide. Oui. Mais demander de l'aide dans un monde mal adapté, ce n'est pas de la liberté, c'est parfois une stratégie de survie. Et ça, il faut le dire, parce que beaucoup de personnes handicapées vivent ça en silence. Elles sourient, elles disent ça va, elles minimisent, elles font comme si ce n'était pas grave. Mais à l'intérieur, elles sont fatiguées. Fatiguée de devoir s'adapter à tout. Fatiguée de devoir prouver qu'elles sont capables. Fatiguée de devoir demander ce qui devrait déjà être prévu. Et moi, c'est ce que je veux poser comme vérité aujourd'hui. Demander de l'aide peut-être nécessaire, mais ça ne devrait jamais remplacer l'accessibilité, le respect et la dignité. Alors non, je ne vais pas vous... Vendre une phrase toute faite Je ne vais pas dire Demandez de l'aide C'est facile Ce serait mentir Je vais dire quelque chose de plus honnête. Demander de l'aide quand on vit avec un handicap, ça peut être difficile, douloureux, parfois humiliant intérieurement. Mais ça peut aussi devenir un outil de sécurité, de dignité, de préservation. Le vrai travail, ce n'est pas de faire semblant que ça ne touche pas. Le vrai travail, c'est d'apprendre à demander de l'aide sans se retirer de la valeur. Parce que j'ai besoin d'aide à un moment donné, ça ne veut pas dire que je ne suis pas capable. Ça veut dire que je suis humaine. Et franchement, ça devrait nous apprendre à être humain sans avoir honte. Si cet épisode t'a parlé, dis-moi en commentaire. Est-ce que toi aussi, tu as déjà eu du mal à demander de l'aide ? Et si tu veux plus de contenu vrai, humain et sans filtre sur le handicap, la santé mentale et l'autonomie, abonne-toi. Merci d'avoir écouté Déconstruire Ensemble. Et surtout, reste fier de qui tu es.
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Demander de l'aide ce n'est pas si simple. Tu sais ce qui peut être le plus difficile quand on vit avec un handicap ? Ce n'est pas toujours la fatigue ni la douleur. C'est demander de l'aide. Le fait de demander de l'aide, parfois... Cette phrase-là, franchement, elle peut faire beaucoup plus de mal qu'on ne l'imagine. Hello à toi et bienvenue dans Déconstruire Ensemble, le podcast qui explose les clichés sur le handicap. Je suis Nathalie. Une femme engagée, unijambiste, vivant avec un spina bifida, une hydrocéphalie evaluée et une urostomie. A travers cette chaîne, je parle sans filtre de handicap, de santé mentale, d'autonomie, d'image de soi, de fatigue émotionnelle. d'hospitalisation, de féminité et de reconstruction. Et aujourd'hui, j'ai envie de parler d'un sujet très intime mais très important, la santé mentale quand on vit avec un handicap. Et plus précisément, pourquoi demander de l'aide peut être si difficile quand on est une personne à mobilité réduite ? Parce qu'on entend souvent cette phrase, demander de l'aide, ce n'est pas une faiblesse. Oui, sur le papier, c'est beau, mais dans la vraie vie... Ce n'est pas si simple Aujourd'hui, je pourrais vous dire J'ai compris que demander de l'aide, ce n'est pas une faiblesse Mais ce serait vous mentir Parce que dans ma tête, ce n'est pas encore aussi simple Quand on est une personne à mobilité réduite, demander de l'aide, ce n'est pas juste dire j'ai besoin d'aide, tu peux me donner un coup de main, non. Parfois, demander de l'aide, c'est avoir l'impression de perdre un morceau d'autonomie. C'est se retrouver face à une réalité qu'on essaie parfois de tenir à distance. Là, toute seule, je ne peux pas. Et cette phrase-là, elle peut faire mal. Parce que quand on vit avec un handicap, on passe souvent sa vie à prouver qu'on est capable. Capable. de travailler, capable de voyager, capable de gérer son quotidien, capable de se débrouiller, capable de ne pas déranger. Alors demander de l'aide parfois ce n'est pas seulement une demande pratique, c'est une blessure qui se réveille parce que ça touche à l'identité, ça touche à la dignité, ça touche à cette question profonde. Est-ce qu'on va encore me voir comme une charge ? ou est-ce qu'on va encore me voir comme une femme incapable ou une femme diminuée ? Il faut comprendre quelque chose de très important. Quand une personne à mobilité réduite refuse de demander de l'aide, ce n'est pas forcément de l'orgueil, ce n'est pas toujours de la vie. fierté mal placée. Parfois, c'est un mécanisme de protection parce que demander de l'aide, c'est s'exposer, c'est accepter que quelqu'un voit une limite, c'est accepter que l'autre entre dans notre espace. Et parfois, c'est aussi prendre le risque d'être mal aidé. Parce que oui, on peut être aidé et se sentir humilié. On peut être aidé, mais infantilisé. On peut être aidé, mais avec des gestes brusques, des paroles maladroites, ou cette petite phrase qui pique. Mais pourquoi vous êtes venu seul ? Comme si la personne handicapée devait toujours avoir un accompagnateur dans sa poche, rangé entre la carte vitale et le ticket de caisse. Et ça, mentalement, c'est lourd. Parce que demander de l'aide, ce n'est pas seulement demander un geste, c'est gérer tout ce qui vient autour. Est-ce que je dérange ? Est-ce qu'on va souffler ? Est-ce qu'on va me juger ? Est-ce qu'on va m'aider correctement ? Est-ce qu'on va me parler comme à une adulte ? Et là, on entre dans ce qu'on appelle la charge mentale. La charge mentale, ce n'est pas seulement penser à ce qu'il faut faire, c'est devoir anticiper en permanence. Pour une personne à mobilité réduite, ça peut vouloir dire repérer les escaliers, vérifier l'ascenseur, penser à la fatigue du retour, prévoir si le lieu est accessible, imaginer un plan B, se demander qui pourra aider si quelque chose bloque. Et à force, ce n'est pas le corps seulement qui fatigue, c'est le mental. Parce que le cerveau reste en vigilance, il scanne. Il calcule, il prévoit, il protège. Et quand ton cerveau est toujours en mode préparation au problème, il finit par s'épuiser. C'est pour ça que la santé mentale et le handicap sont profondément liés. Le handicap ne touche pas seulement le corps. Il touche aussi la sécurité intérieure. Il touche l'estime de soi. Il touche la confiance. Il touche le rapport aux autres et il touche cette fameuse autonomie dont on parle tout le temps mais qu'on comprend parfois très mal. Parce que l'autonomie ce n'est pas forcément tout faire seul. Ça c'est une vision très dure, très individualiste, presque brutale de l'autonomie. La vraie autonomie ce n'est pas je n'ai besoin de personne. La vraie autonomie, c'est je peux organiser ma vie, faire mes choix, décider pour moi-même, même si parfois j'ai besoin d'un appui. Et ça, c'est très différent. Mais entre le comprendre avec la tête et l'accepter dans son cœur, il y a un chemin. Moi, je suis encore sur ce chemin. Il y a des jours où je demande de l'aide plus facilement. Et il y a des jours où ça me coûte. Parce que derrière la demande, il y a parfois la peur qu'on oublie tout ce que je sais faire seule. La peur qu'on me résume à ce que je ne peux pas faire. La peur qu'on voit ma limite avant de voir ma personne. Le moment clé pour moi, c'est quand j'ai compris que je ne refusais pas toujours l'aide parce que je n'en avais pas besoin. Parfois, je refuse l'aide parce que j'ai peur de ce que cette aide raconte de moi. Et ça, c'est une prise de conscience importante. Parce que le problème n'est pas seulement l'aide. Le problème, c'est le sens que je lui donne dans ma tête. demander de l'aide. veut parfois dire je suis moins forte, je suis moins autonome, je suis un poids, je dérange, je suis une charge mais en réalité ce n'est pas forcément vrai, ce sont des croyances construites par des années d'adaptation, de regard, de remarques, de fatigue, de société pas toujours accessibles. Quand le monde n'est pas pensé pour ton corps, tu finis parfois par croire que c'est ton corps le problème Alors que non, le problème souvent, c'est l'environnement, c'est l'escalier sans rampe, c'est la porte trop lourde, c'est le trottoir mal conçu, c'est le guichet trop haut, c'est le lieu qui se dit inclusif mais où rien n'est vraiment prévu. Et après, on vient te dire, il suffit de demander de l'aide. Oui. Mais demander de l'aide dans un monde mal adapté, ce n'est pas de la liberté, c'est parfois une stratégie de survie. Et ça, il faut le dire, parce que beaucoup de personnes handicapées vivent ça en silence. Elles sourient, elles disent ça va, elles minimisent, elles font comme si ce n'était pas grave. Mais à l'intérieur, elles sont fatiguées. Fatiguée de devoir s'adapter à tout. Fatiguée de devoir prouver qu'elles sont capables. Fatiguée de devoir demander ce qui devrait déjà être prévu. Et moi, c'est ce que je veux poser comme vérité aujourd'hui. Demander de l'aide peut-être nécessaire, mais ça ne devrait jamais remplacer l'accessibilité, le respect et la dignité. Alors non, je ne vais pas vous... Vendre une phrase toute faite Je ne vais pas dire Demandez de l'aide C'est facile Ce serait mentir Je vais dire quelque chose de plus honnête. Demander de l'aide quand on vit avec un handicap, ça peut être difficile, douloureux, parfois humiliant intérieurement. Mais ça peut aussi devenir un outil de sécurité, de dignité, de préservation. Le vrai travail, ce n'est pas de faire semblant que ça ne touche pas. Le vrai travail, c'est d'apprendre à demander de l'aide sans se retirer de la valeur. Parce que j'ai besoin d'aide à un moment donné, ça ne veut pas dire que je ne suis pas capable. Ça veut dire que je suis humaine. Et franchement, ça devrait nous apprendre à être humain sans avoir honte. Si cet épisode t'a parlé, dis-moi en commentaire. Est-ce que toi aussi, tu as déjà eu du mal à demander de l'aide ? Et si tu veux plus de contenu vrai, humain et sans filtre sur le handicap, la santé mentale et l'autonomie, abonne-toi. Merci d'avoir écouté Déconstruire Ensemble. Et surtout, reste fier de qui tu es.
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Déconstruire Ensemble — le podcast qui explose les clichés sur le handicap.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Demander de l'aide ce n'est pas si simple. Tu sais ce qui peut être le plus difficile quand on vit avec un handicap ? Ce n'est pas toujours la fatigue ni la douleur. C'est demander de l'aide. Le fait de demander de l'aide, parfois... Cette phrase-là, franchement, elle peut faire beaucoup plus de mal qu'on ne l'imagine. Hello à toi et bienvenue dans Déconstruire Ensemble, le podcast qui explose les clichés sur le handicap. Je suis Nathalie. Une femme engagée, unijambiste, vivant avec un spina bifida, une hydrocéphalie evaluée et une urostomie. A travers cette chaîne, je parle sans filtre de handicap, de santé mentale, d'autonomie, d'image de soi, de fatigue émotionnelle. d'hospitalisation, de féminité et de reconstruction. Et aujourd'hui, j'ai envie de parler d'un sujet très intime mais très important, la santé mentale quand on vit avec un handicap. Et plus précisément, pourquoi demander de l'aide peut être si difficile quand on est une personne à mobilité réduite ? Parce qu'on entend souvent cette phrase, demander de l'aide, ce n'est pas une faiblesse. Oui, sur le papier, c'est beau, mais dans la vraie vie... Ce n'est pas si simple Aujourd'hui, je pourrais vous dire J'ai compris que demander de l'aide, ce n'est pas une faiblesse Mais ce serait vous mentir Parce que dans ma tête, ce n'est pas encore aussi simple Quand on est une personne à mobilité réduite, demander de l'aide, ce n'est pas juste dire j'ai besoin d'aide, tu peux me donner un coup de main, non. Parfois, demander de l'aide, c'est avoir l'impression de perdre un morceau d'autonomie. C'est se retrouver face à une réalité qu'on essaie parfois de tenir à distance. Là, toute seule, je ne peux pas. Et cette phrase-là, elle peut faire mal. Parce que quand on vit avec un handicap, on passe souvent sa vie à prouver qu'on est capable. Capable. de travailler, capable de voyager, capable de gérer son quotidien, capable de se débrouiller, capable de ne pas déranger. Alors demander de l'aide parfois ce n'est pas seulement une demande pratique, c'est une blessure qui se réveille parce que ça touche à l'identité, ça touche à la dignité, ça touche à cette question profonde. Est-ce qu'on va encore me voir comme une charge ? ou est-ce qu'on va encore me voir comme une femme incapable ou une femme diminuée ? Il faut comprendre quelque chose de très important. Quand une personne à mobilité réduite refuse de demander de l'aide, ce n'est pas forcément de l'orgueil, ce n'est pas toujours de la vie. fierté mal placée. Parfois, c'est un mécanisme de protection parce que demander de l'aide, c'est s'exposer, c'est accepter que quelqu'un voit une limite, c'est accepter que l'autre entre dans notre espace. Et parfois, c'est aussi prendre le risque d'être mal aidé. Parce que oui, on peut être aidé et se sentir humilié. On peut être aidé, mais infantilisé. On peut être aidé, mais avec des gestes brusques, des paroles maladroites, ou cette petite phrase qui pique. Mais pourquoi vous êtes venu seul ? Comme si la personne handicapée devait toujours avoir un accompagnateur dans sa poche, rangé entre la carte vitale et le ticket de caisse. Et ça, mentalement, c'est lourd. Parce que demander de l'aide, ce n'est pas seulement demander un geste, c'est gérer tout ce qui vient autour. Est-ce que je dérange ? Est-ce qu'on va souffler ? Est-ce qu'on va me juger ? Est-ce qu'on va m'aider correctement ? Est-ce qu'on va me parler comme à une adulte ? Et là, on entre dans ce qu'on appelle la charge mentale. La charge mentale, ce n'est pas seulement penser à ce qu'il faut faire, c'est devoir anticiper en permanence. Pour une personne à mobilité réduite, ça peut vouloir dire repérer les escaliers, vérifier l'ascenseur, penser à la fatigue du retour, prévoir si le lieu est accessible, imaginer un plan B, se demander qui pourra aider si quelque chose bloque. Et à force, ce n'est pas le corps seulement qui fatigue, c'est le mental. Parce que le cerveau reste en vigilance, il scanne. Il calcule, il prévoit, il protège. Et quand ton cerveau est toujours en mode préparation au problème, il finit par s'épuiser. C'est pour ça que la santé mentale et le handicap sont profondément liés. Le handicap ne touche pas seulement le corps. Il touche aussi la sécurité intérieure. Il touche l'estime de soi. Il touche la confiance. Il touche le rapport aux autres et il touche cette fameuse autonomie dont on parle tout le temps mais qu'on comprend parfois très mal. Parce que l'autonomie ce n'est pas forcément tout faire seul. Ça c'est une vision très dure, très individualiste, presque brutale de l'autonomie. La vraie autonomie ce n'est pas je n'ai besoin de personne. La vraie autonomie, c'est je peux organiser ma vie, faire mes choix, décider pour moi-même, même si parfois j'ai besoin d'un appui. Et ça, c'est très différent. Mais entre le comprendre avec la tête et l'accepter dans son cœur, il y a un chemin. Moi, je suis encore sur ce chemin. Il y a des jours où je demande de l'aide plus facilement. Et il y a des jours où ça me coûte. Parce que derrière la demande, il y a parfois la peur qu'on oublie tout ce que je sais faire seule. La peur qu'on me résume à ce que je ne peux pas faire. La peur qu'on voit ma limite avant de voir ma personne. Le moment clé pour moi, c'est quand j'ai compris que je ne refusais pas toujours l'aide parce que je n'en avais pas besoin. Parfois, je refuse l'aide parce que j'ai peur de ce que cette aide raconte de moi. Et ça, c'est une prise de conscience importante. Parce que le problème n'est pas seulement l'aide. Le problème, c'est le sens que je lui donne dans ma tête. demander de l'aide. veut parfois dire je suis moins forte, je suis moins autonome, je suis un poids, je dérange, je suis une charge mais en réalité ce n'est pas forcément vrai, ce sont des croyances construites par des années d'adaptation, de regard, de remarques, de fatigue, de société pas toujours accessibles. Quand le monde n'est pas pensé pour ton corps, tu finis parfois par croire que c'est ton corps le problème Alors que non, le problème souvent, c'est l'environnement, c'est l'escalier sans rampe, c'est la porte trop lourde, c'est le trottoir mal conçu, c'est le guichet trop haut, c'est le lieu qui se dit inclusif mais où rien n'est vraiment prévu. Et après, on vient te dire, il suffit de demander de l'aide. Oui. Mais demander de l'aide dans un monde mal adapté, ce n'est pas de la liberté, c'est parfois une stratégie de survie. Et ça, il faut le dire, parce que beaucoup de personnes handicapées vivent ça en silence. Elles sourient, elles disent ça va, elles minimisent, elles font comme si ce n'était pas grave. Mais à l'intérieur, elles sont fatiguées. Fatiguée de devoir s'adapter à tout. Fatiguée de devoir prouver qu'elles sont capables. Fatiguée de devoir demander ce qui devrait déjà être prévu. Et moi, c'est ce que je veux poser comme vérité aujourd'hui. Demander de l'aide peut-être nécessaire, mais ça ne devrait jamais remplacer l'accessibilité, le respect et la dignité. Alors non, je ne vais pas vous... Vendre une phrase toute faite Je ne vais pas dire Demandez de l'aide C'est facile Ce serait mentir Je vais dire quelque chose de plus honnête. Demander de l'aide quand on vit avec un handicap, ça peut être difficile, douloureux, parfois humiliant intérieurement. Mais ça peut aussi devenir un outil de sécurité, de dignité, de préservation. Le vrai travail, ce n'est pas de faire semblant que ça ne touche pas. Le vrai travail, c'est d'apprendre à demander de l'aide sans se retirer de la valeur. Parce que j'ai besoin d'aide à un moment donné, ça ne veut pas dire que je ne suis pas capable. Ça veut dire que je suis humaine. Et franchement, ça devrait nous apprendre à être humain sans avoir honte. Si cet épisode t'a parlé, dis-moi en commentaire. Est-ce que toi aussi, tu as déjà eu du mal à demander de l'aide ? Et si tu veux plus de contenu vrai, humain et sans filtre sur le handicap, la santé mentale et l'autonomie, abonne-toi. Merci d'avoir écouté Déconstruire Ensemble. Et surtout, reste fier de qui tu es.
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