- Speaker #0
On l'a vu sur nos révélations avec Nemesis, on l'a vu sur nos révélations avec Pierre-Edouard Sterrin, où en fait le travail d'enquête provoque l'abonnement, de manière assez mathématique. Et quand on en fait bien la promotion sur les réseaux sociaux, on voit que les réseaux sociaux ont une incidence. Ce n'est plus seulement une incidence de notoriété sur le titre, ça peut également... Aujourd'hui c'est encore assez marginal, mais c'est en progression.
- Speaker #1
Bienvenue dans Deep Media, le podcast qui décrypte les médias à l'heure du numérique. Je suis Julien Bougeot, consultant social média et IA générative, mais avant tout passionné et curieux de l'univers média depuis plus de 15 ans. Dans un écosystème en perpétuelle transformation, comment les médias s'adaptent-ils ? Comment se réinventer face aux nouvelles technologies et aux géants du numérique ? Quel avenir pour l'information et ceux qui la produisent ? Si ces questions vous intriguent, alors vous êtes au bon endroit. Deep Media, c'est un temps de réflexion et d'échange avec celles et ceux qui façonnent l'avenir du secteur. A présent ! place à la deuxième partie de l'interview de Mathilde Gros, social media manager pour le journal L'Humanité. Bonne écoute ! Si on revient un petit peu sur journalisme, actualité, faits de société, etc., comment est-ce qu'on raconte un petit peu, comment est-ce que les réseaux sociaux, ils transforment un petit peu, en tout cas, ils transforment. Plutôt, comment est-ce que ça change la manière d'écrire et de raconter l'info sur les réseaux ? Je vais reprendre un exemple que tu connais peut-être, peut-être que tu suis alternative économique, tu l'as déjà vu. Et eux, effectivement, j'invite ceux qui nous écoutent à aller voir par curiosité. Donc, effectivement, ils ont une manière de raconter qui est très ludique, qui est très Playmobil, petite maquette, etc. Et donc, voilà, ça fait partie notamment des références que je cite souvent pour une manière assez singulière de raconter l'actu. Et toi, comment est-ce que tu juges que les réseaux sociaux, ça change la manière de raconter l'actu ?
- Speaker #0
C'est vrai ce que tu dis sur Alter Ego, moi, j'aime bien, parce que je trouve aussi qu'ils s'éclatent quand ils font leur truc. Sur TikTok, on voit qu'ils prennent du plaisir à faire ça. Sur comment ça change l'actu, c'est vrai qu'on passe d'un... Nous, on est sur du papier à la base. Donc, ce n'est même pas de la radio. La radio, on est déjà un peu plus incarné dans l'essence même du média. Donc, nous, tout le jeu réseaux sociaux et vidéos, ça va être d'incarner, de proposer une incarnation, qu'elle soit via forme de carousel, via poste, pour permettre aussi une identification et une envie. d'aller lire le matériel papier. Donc, c'est vraiment toute une adaptation d'aller chercher la bonne citation, le bon perso aussi dans un article, la bonne image. C'est-à-dire, peut-être tel article sur papier, il a une très bonne accroche, tout ça, mais l'article sur le web n'a pas la vidéo. Nous, on sait que la vidéo existe, quand c'est des vidéos libres de droit, bien sûr, ou qu'on peut... ou dont on nous offre l'utilisation. Nous, ça va être aussi d'aller croiser un petit peu tous les médias existants sur la même info, avec évidemment l'accord du journaliste, tout ça. Mais voilà, il y a eu un cas de violence policière à Noisiel hier. Ce qu'on a fait, c'est qu'on a une journaliste qui est partie directement en reportage là-bas et qui a fait un papier écrit. et nous... dans la foulée. On lui a demandé d'avoir la réaction du maire en vidéo, la réaction d'un habitant, et on a mis la vidéo de témoin pour un peu, en fait, créer un sujet vraiment vidéo à partir de ce qu'elle allait faire en papier. Donc ça demande, en fait, une adaptation, une recherche aussi de notre côté, qui est parfois indépendante des recherches des journalistes, toujours concertée avec eux, mais qui ne se fait pas forcément sur le même moment. C'est une... C'est une recherche en plus en tête.
- Speaker #1
Ça passe par le récit, ça passe par l'histoire. Et d'ailleurs, je reprends l'exemple que tu viens de citer sur le fait d'hiver. Quand tu as ton journaliste qui part sur place, etc. Et que toi, tu lui demandes, ou en tout cas par habitude maintenant, il sait qu'il doit aller faire le petit facecam avec le maire, avec deux, trois personnes, etc. Ils sont formés. Est-ce que ça fait partie aussi des choses que tu as mis en place en disant, voilà, journaliste qui va sur place, il prend ses notes pour son papier écrit, mais aussi... Il doit avoir cette double compétence, cette triple compétence aussi d'aller produire un peu de contenu pour nous.
- Speaker #0
Oui, alors ça, ce n'est pas moi qui l'ai mis en place du coup, mais je suis loin d'être contre. C'est plutôt la vidéo qu'on a mis en place. Et ça fait vraiment... C'est vraiment un truc sur lequel on essaie vraiment d'imprimer cette patte-là à l'intérieur de la rédaction. Et on voit que ça prend, et notamment... On ne va pas se cacher, il y a quand même un fossé un peu générationnel entre la Gen Z qui est née avec... son téléphone dans les mecs, il sait très bien filmer, même sans formation, où des fois ils sont meilleurs que des gens qui ont déjà été formés. Et qui vient du coup, on a souvent des stagiaires qui viennent spontanément, voir en disant, ah, j'y vais pour le papier, est-ce que ça vous intéresse en vidéo, tout ça ? Donc c'est vraiment, nous on essaie de l'instiller de manière générale dans la rédaction, mais ça vient aussi de certaines personnes qui sont venues en premier nous dire ça en fait. Nous, c'est vrai qu'on était un peu concentrés sur nos trucs au début, très dans le studio, tout ça. Et quand un jour, quelqu'un nous a dit, moi, je peux filmer, en fait, j'y suis. On a dit, oui, bien sûr. Ce n'est pas si compliqué. Oui, donc après, évidemment, ça, c'est quelque chose que propose la vidéo chez nous, de former nos journalistes.
- Speaker #1
D'accord. Puis du moment qu'il y en a un qui le fait, il y en a deux qui le font, etc. Après, ils se disent, c'est possible et on va le faire. Mais en tout cas, ils sont formés, mais il n'y a pas forcément de... de cadrage sur vraiment... Après, ils produisent un petit peu ce qu'ils veulent et ce qu'ils peuvent surtout. Et après, c'est vous qui mettez en scène.
- Speaker #0
C'est ce que tu disais. On ne va pas non plus leur rajouter une triple journée parce qu'on sait qu'écrire en papier, ça prend du temps. Donc voilà, c'est... On le prend pas mal s'ils n'ont pas le temps de le faire ou quoi que ce soit. Mais après, c'est vrai que certains qui ont pu prendre le temps de le faire voient à quel point ça peut aussi valoriser les contenus du journal. Et ça, c'était... C'était un peu une bataille, ça, tu vois, de montrer que... Au début, on a eu un peu de mal de dire on ne fait pas ça juste pour être plus vu. On fait ça pour que nos contenus soient plus lus au global. Oui,
- Speaker #1
bien sûr. La conversion n'est pas toujours facile à faire. Après, j'imagine, du côté de l'humanité, on n'est pas forcément lancé au niveau de la conversion. C'est des choses que tu regardes, sur lesquelles tu es un peu challengé, que tu es un petit peu bousculé.
- Speaker #0
Ça fait partie des KPI qui nous intéressent, quand même. On n'a pas totalement lâché l'affaire sur trafic et réseaux sociaux.
- Speaker #1
C'était intéressant de savoir. D'ailleurs, une question, parce qu'on sait que ces réseaux sociaux sont bourrés d'algorithmes. On sait qu'il faut essayer de répondre aux algorithmes pour être présent. Quand on est un média d'information, des fois, ce n'est pas toujours évident. Comment est-ce qu'on fait la part des choses ? Comment est-ce que tu fais la part des choses entre ta rigueur journalistique et celle de ton journal que tu portes via les publications ? répondre un petit peu aux attentes des algorithmes ? Est-ce que ça passe par un nombre de publications que tu t'es limité par jour ? Est-ce que ça passe par, en te disant bah oui, effectivement, tout à l'heure tu nous disais que t'avais 45% de publications Instagram qui étaient de la vidéo, etc. Est-ce que tu te donnes quelques lignes directrices par rapport à ça ?
- Speaker #0
Les lignes directrices, ça va être en effet de ne pas faire du clic pour du clic, de ne pas euh... ne pas saturer nos algorithmes. Vraiment, oui, on a un nombre de publications limité où ça va plutôt être l'actualité qui va dicter notre rythme de publication et pas forcément la production de contenu chez nous. C'est-à-dire qu'il peut y avoir des jours où on va avoir beaucoup d'articles à l'UMA, ça ne veut pas forcément dire qu'il y aura plus de publications sur Instagram. Sur Twitter, sur tout ce qui est micro-blogging, Threads, X, Blue Sky, là, vraiment, on met absolument tout parce que, ne serait-ce que sur Blue Sky, on sait qu'on a plusieurs niches aussi d'audience qui s'intéressent également au théâtre, tout ça. Plus sur la culture, qui est quelque chose où, par exemple, notre audience Instagram va être moins sensible, tandis que sur Facebook, ça va être beaucoup plus. Mais par contre, un jour où, typiquement... Quand on a eu des journées où il y avait vraiment tout qui s'enchaînait, là, on va un peu plus ouvrir les vannes sur le rythme de publication.
- Speaker #1
D'accord. Par exemple, typiquement, une journée, on va dire une journée à peu près médiane sur Facebook et Instagram, c'est à peu près combien de publications ? Juste pour qu'on se rende compte un petit peu. Alors,
- Speaker #0
sur Facebook, je vais dire ça tout de suite. Sur Facebook, on publie une fois toutes les heures, de 7h à 21h. Ok, d'accord. Et sur Instagram... on est plus sur
- Speaker #1
6 publications par jour donc ça reste encore un rythme relativement modeste pour un média il y a des médias qui font beaucoup plus fort que ça on choisit aussi notamment sur Instagram là où on va être le plus limité on
- Speaker #0
choisit vraiment selon les intérêts de l'audience c'est bon généralement enfin non notre audience sur Instagram ce qui l'intéresse c'est l'actualité l'actualité politique l'actualité internationale par chance c'est ce qu'on fait aussi le plus à l'humanité et l'actualité sociale évidemment c'est ce qu'on fait le plus à l'humanité donc forcément c'est là que ça va se retrouver ok là tu t'as donné un mot clé intéressant audience et d'ailleurs c'est une belle partie de
- Speaker #1
ton poste bon l'audience l'électorat l'humanité Je ne pense pas que ça fasse partie des plus jeunes. De manière générale, le lectorat de la presse est assez âgé. Effectivement, le lecture papier, c'est plutôt ancien. Qu'est-ce que ça donne au niveau des audiences sur les plateformes pour l'humanité ? Je pense que le gap doit être assez intéressant à analyser.
- Speaker #0
Le gap est vachement intéressant parce qu'au début, on a relancé les réseaux sociaux. L'audience qui s'abonnait, c'est une audience qui disait « Ah tiens, l'Huma est sur les réseaux sociaux. » Donc, plutôt des gens qui avaient certaines... Enfin, les statistiques nous montrent qu'on était plus sur du plus de 34. C'était vraiment de... Ah tiens, je me souviens, ça c'est le journal que mon père ou mon grand-père lisait. Ah ben oui, pourquoi pas. Là, depuis un an et demi, on a vraiment des gens qui nous découvrent via les réseaux sociaux. Et du coup, on a vraiment, par exemple, sur TikTok, on est à 60% de moins de 34 ans. Et ça, ça s'est vraiment passé en un an, un peu, je crois, six mois, où on n'a pas trop fait gaffe aux chiffres et où, du coup, on a refait un point après où on était tous un peu étonnés de... Ah ouais ! Et ça, je pense que ça vient aussi de certains formats vidéo, d'humour qu'on a développé avec des journalistes de la rédaction, le fait de développer aussi des partenariats avec des créateurs de contenu. où en fait, ça a ramené leurs audiences et ça a fait un peu cet effet boule de neige. Donc voilà, ce rajeunissement, il se constate pas mal. Il se constate aussi pas mal sur YouTube où la majorité, la tranche d'âge majoritaire qu'on a maintenant, c'est plutôt les 25-34, alors qu'avant, c'était 34-50 ou 40. 35 ans. Ouais, 45. Voilà. Donc non, non, on le constate. mais voilà c'est vraiment un glissement au début on sent que c'était la notoriété du papier qui nous faisait gagner des abonnés ou c'était juste en fait on tombait nos publications prenaient un petit peu de la valeur numérique via ces gens qui se disent ah bah c'est bien ils sont sur les réseaux sociaux ou là c'est vraiment genre ah tac qu'est-ce que c'est ce truc et après les gens redécouvrent ou ça connecte un petit peu ah oui bah c'est l'UMA qui est vendu dans les kiosques aussi quoi ok et tu penses que autant
- Speaker #1
Donc, tu disais une première passerelle presse-réseau. Est-ce que tu penses qu'elle semblait fonctionner ? Est-ce que tu penses que la passerelle réseau-presse, elle peut fonctionner, voire elle fonctionne ?
- Speaker #0
Je pense que... Alors, aujourd'hui, on est au balbutiement, mais je pense qu'elle se met de plus en plus à fonctionner. On l'a vu sur nos révélations avec Nemesis, on l'a vu sur nos révélations avec Pierre-Edouard Sterrin, où en fait, le travail d'enquête provoque l'abonnement, de manière assez mathématique. Et quand on en fait bien la promotion sur les réseaux sociaux, on voit que les réseaux sociaux ont une incidence. Ce n'est plus seulement une incidence de notoriété sur le titre. Ça peut également... Aujourd'hui, c'est encore assez marginal, mais c'est en progression.
- Speaker #1
Ok, intéressant. Là, c'est chouette, parce que c'est toujours intéressant, un journal comme ça qui arrive à rajeunir son audience grâce au réseau. Et c'est aussi assez encourageant sur le fait qu'une certaine forme de jeunesse, ou en tout cas un lectorat plus jeune, On s'en a de l'intérêt pour l'activité et les sujets sociétaux. Je voulais aussi qu'on aborde, parce que l'humanité, vous produisez plein de contenus. Tu as ton binôme qui est en charge du pôle vidéo. Ça fait un an de ma part, tu interviens aussi dans des formats vidéo pour le journal. Qu'est-ce que tu peux me raconter un petit peu sur ces formats que vous faites ? Vous avez un studio, vous avez un petit plateau. Et comment ça a paru ? Ça a paru sur ton impulsion conjointe de toi et de ton collègue dans le binôme vidéo ? Est-ce que c'est quoi un peu la genèse du projet ? C'est quoi un petit peu les ambitions avec cet équipement-là ?
- Speaker #0
Alors, au début, pour tout ce qui est l'incarnation des vidéos, en fait, ça vient vraiment de système T. C'est-à-dire qu'on avait des journalistes débordés qui ne pouvaient pas incarner leur sujet vidéo. Donc, ce qu'on faisait, c'était, écoute, on te propose, on réécrit l'article pour une vidéo, tu nous le valides. et on l'incarne. Donc, c'est un peu comme ça qu'on s'est tous fait la main, tout ça. Et du coup, et petit à petit, donc, il y a eu cette volonté aussi d'aller sur Twitch pour avoir du format long, pour avoir du direct et renouer. En fait, l'humanité a toujours été très attachée à l'interaction avec ses lecteurs. Voilà, moi, c'est le seul média où j'ai travaillé où il y a une asso des lecteurs. C'est ce que je trouve super parce que ça permet un vrai dialogue sur ce qu'attendent des gens qui sont engagés auprès de nous, sur comment on peut ça permet d'être aussi présent localement, de faire des débats, des trucs comme ça, avec des membres de la rédaction. Et donc, quand il y a eu cette volonté de la part de la direction aussi d'aller sur Twitch, c'est là qu'on s'est dit, il nous faut un dispositif un peu ambitieux. pour pouvoir à terme multiplier ce genre d'émissions. C'est pour ça qu'on a voulu commencer un peu avec un talk show politique qui s'appelle Saïra, pour une raison assez simple, c'est que ce découpement en séquence nous permettait de garder l'ADN de l'humanité, c'est-à-dire qu'on fait une partie un peu plus sociale, société, où on s'entretient avec des acteurs en lutte. On a eu des agriculteurs, des soignants. Donc tous ces panels de la société, suivis par une partie politique, une interview politique et une interview culture. Ce qui nous permettait aussi de nous faire vivre après sur YouTube, de réemployer tout ça. Et Twitch, ce qui marche, c'est aussi la régularité. Et c'est aussi de créer des rendez-vous différents. Et à partir de là, on a un peu dit, qui ça pourrait intéresser ? qu'est-ce qu'on pourrait faire ? On a eu des sollicitations. L'an dernier, on avait une émission féministe, ce qu'on n'a pas continué malheureusement, mais parce que c'était à la demande de notre chroniqueuse féministe d'essayer des choses. Et ça aussi, on a eu ce luxe d'essayer, de réajuster, d'annuler, de recréer des choses. Et ça, ça s'est fait. C'est une impulsion conjointe. Le développement de Twitch, la volonté de développer Twitch, ça a été une impulsion conjointe vidéo-réseau. Et après... sur tout ce qui est, on va dire, l'organisation quotidienne. Évidemment, les réseaux vont être consultés sur les nouvelles idées d'émissions. On peut en être moteur, mais ça va être plutôt la vidéo qui doit en être à l'origine.
- Speaker #1
OK. Et donc, ça, c'est quelque chose qui est directement présent dans la rédaction ? Vous n'avez pas de... C'est votre pôle vidéo live ? Oui,
- Speaker #0
on a un studio dans la rédaction,
- Speaker #1
vraiment,
- Speaker #0
qui est juste à côté de nos bureaux.
- Speaker #1
OK. Et donc, effectivement, je vois que c'est un peu un mode laboratoire. Il y a pas mal de formats. Il y a des résultats qui sont plutôt bons. Moi, j'ai regardé un petit peu des résultats. Là, notamment sur Twitch, vous avez plus de 20 000 abonnés. Puis là, vous avez fait pas mal de lives. On enregistre, on le dit, entre les deux tours des élections municipales. Donc là, vous avez notamment fait des lives à l'occasion de ça. Et donc là, pareil, ça doit aussi permettre de rajeunir pas mal de gens.
- Speaker #0
En plus, c'était la première fois qu'on faisait ce format soirée électorale. Et ça a très bien marché. Les deux journalistes qui l'ont animé étaient super à l'aise. C'était vraiment... Pour une première, je pense que ça a bluffé tout le monde. Et les résultats étaient au rendez-vous. Parce que sur Twitch, moins que sur YouTube. Mais sur YouTube, moi, j'étais occupée à faire des tweets, évidemment, dans les fermes et sans trucs. Et je tourne la tête et là, je vois 1200 personnes. C'est des scores sur YouTube. On n'a pas l'habitude forcément de les faire du simultané. Donc, c'est très encourageant. Et voilà, on a... En fait, on n'a pas du tout été bloqué par la direction qui disait « Ah, vous êtes sûr sur une telle échéance ? Est-ce qu'il ne faudrait pas faire un pilote ? » Ça a été de dire « Bon, allez-y et on verra. »
- Speaker #1
Est-ce que... J'avoue que je n'ai pas un journal d'humanité sous bras. Est-ce qu'il y a des relais qui sont faits dans la version papier sur vos dispositifs digitaux, typiquement ? Il y a des annonces, des lives, par exemple, qui sont faites dans le numéro au kiosque ?
- Speaker #0
Alors, on essaie de le faire. Le problème des kiosques, c'est que ces autopublicités, en fait, prennent du temps à faire et que parfois, on a les programmes du jour au lendemain, quoi, où on monte les trucs un peu dans la précipitation. Mais par contre, pour Syrah, la mensuelle, ça, c'est toujours annoncé dans le magazine et dans l'humanité de la semaine, du jour avant, quoi. Ça, c'est un truc auquel on... Oui, on essaie quand même de faire communiquer les audiences. Et c'est marrant parce qu'on a eu... à la soirée des vœux de l'humanité qui est ouverte au public il y avait une dame plutôt âgée qui est vraiment allée voir notre présentateur les présentateurs de Sahara en se présentant en disant qu'elle aimait beaucoup ce qu'on faisait qu'avec son compagnon il ratait jamais une émission Twitch et c'est vrai que ça, enfin je pense que certains journalistes qui étaient à côté ont été un peu se sont rendus compte que qu'on ne faisait pas ça juste pour avoir des jeunes c'est pas très podcast de... radiophonique, mais je fais des guillemets avec mes doigts, on fait ça aussi pour une audience beaucoup plus large que juste rajeunir l'audience qu'on a déjà. C'est-à-dire que, ben voilà, pour des gens qui peuvent pas forcément être sur Paris, qui peuvent pas assister à des émissions de télé ou des débats live, tout ça, ben en fait, Twitch leur permet aussi une certaine interactivité et de se sentir un peu plus dans la communauté de l'humain, quoi.
- Speaker #1
C'est la fin de la deuxième partie de cette interview de DeepMedia avec Mathilde Gros, Social Media Manager pour le journal L'Humanité. Je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite et fin de cet échange où l'on va continuer d'explorer le futur des médias à l'heure du numérique. En attendant, pour ne pas manquer les prochains épisodes, abonnez-vous à ce podcast et mettez les commentaires étoiles adéquates. DeepMedia, c'est désormais une newsletter mensuelle pour poursuivre l'exploration ainsi qu'un chatbot de veille IA et Média appelé IA Media Lab. Pour accéder gratuitement à ces deux outils, je vous mets les liens en commentaire d'épisode. DeepMedia est un podcast autoproduit par FollowMeConseil, agence de formation et conseil stratégique spécialisé en IA générative et social media. A très bientôt !