- Speaker #0
La difficulté, c'est à quel point nos cerveaux qui sont plastiques sont en train de muter et à quel point notre capacité d'attention diminue. Et ça, ça peut avoir évidemment un impact sur notre manière de nous construire, sur notre manière de penser en tant qu'individu. C'est assez frappant quand on regarde des émissions de télé, de reportages, 30-40 ans avec 30 ou 40 ans d'écart en fait. Le temps long, cette capacité à ne pas se couper, à garder du rythme et à rentrer dans l'imaginaire ou dans l'idée de la personne qui parle, il est évidemment beaucoup plus difficile maintenant, ça c'est certain.
- Speaker #1
Bienvenue dans DeepMedia, le podcast qui décrypte les médias à l'heure du numérique. Je suis Julien Bougeaud, consultant en IA générative responsable. social media et formateur auprès de professionnels depuis plusieurs années. Mais avant tout, je suis un passionné et curieux de l'univers média depuis plus de 15 ans. Dans un écosystème en perpétuelle transformation, comment les médias s'adaptent-ils ? Comment se réinventer face aux nouvelles technologies et aux géants du numérique ? Quel avenir pour l'information et ceux qui la produisent ? Si ces questions vous intriguent, alors vous êtes au bon endroit. Deep Media, c'est un temps de réflexion et d'échange avec celles et ceux qui façonnent l'avenir du secteur. A présent, place à la deuxième partie de l'interview de Jérôme Dutoit. Fondateur et dirigeant de Dutoit Média, société de conseils indépendants spécialisée dans les médias, le streaming, les plateformes ainsi que les industries de l'entertainment. Bonne écoute ! Depuis des années et des années, on connaît les web radios, on a vu que la radio a démultiplié ses offres autour, très thématisées. Du côté de la télé, ça existe aussi avec les fast-télés qui se sont développées depuis quelques années, qui sont un bon relais de... un bon relais de croissance, en tout cas, on va en discuter. Selon vous, est-ce que ce développement des phases télé, est-ce que c'est une opportunité réelle ou surtout un relais de croissance temporaire ? Est-ce que ça a un avenir, selon vous ?
- Speaker #0
Alors, indéniablement, c'est un concept qui a creusé son sillon et qui a marqué son territoire. Je l'ai vécu de très près chez Paramount parce que Paramount avait deux services de streaming. Un qui est Paramount Plus, service payant, et l'autre qui est plutôt TV, qui est le plus... précurseur du fast en fait.
- Speaker #1
Plutôt TV,
- Speaker #0
c'est une société qui avait été rachetée par le groupe.
- Speaker #1
Ça va être très en avance dans le domaine, parce que Plutôt TV, ça a déjà quand même beaucoup d'années et c'est vrai que ça a apparu avant tout la multiplication des fast TV par bien des acteurs. Plutôt TV, c'est quand même très installé.
- Speaker #0
Et c'est un super concept, contre-intuitif, parce que lancé avec une promesse de chaîne linéaire, donc de lean back, c'est-à-dire je vais consommer en me positionnant dans mon fauteuil tranquillement pour regarder ce que le programmateur me propose alors qu'on était dans l'ère du à la demande en fait et sur des thématiques en effet le parallèle avec les web radio il est assez proche sur des thématiques vraiment très ciblées des chaînes qui sont pas simplement des pas vraiment des chaînes généralistes mais des chaînes très ciblées avec même parfois une chaîne dédiée à une marque ou une série en fait comme Baywatch pour Alerte Malibu ou des séries d'Hélène et les garçons. ou les filles d'à côté.
- Speaker #1
C'est vrai que tout ce qui est sitcom et télé-novella, notamment, fonctionne très très bien en fast-télé.
- Speaker #0
Et c'est un modèle qui est très puissant aux Etats-Unis. Je pense que le groupe, je ne suis pas sûr qu'il recommunique à nouveau, mais il y a quelques années, je pense que c'est encore 2001 ou 2002, le chiffre d'affaires publicitaire de Pluto TV était annoncé à 1 milliard d'euros. Donc, modèle très puissant, évidemment. Simplement, est-ce que c'est vertueux pour tout le monde ? Ce n'est pas un modèle qui permet facilement de créer des contenus. En fait, on est plutôt dans la valorisation d'un catalogue et la rediffusion d'un catalogue de séries qui ont déjà été exploitées. Donc en ça, il y a un appel d'air vraiment, qui est plutôt dans un modèle de partage de revenus. C'est-à-dire qu'on est moins dans des financements où un opérateur fast va acquérir des séries ou des programmes. mais en revanche, proposer des partages de revenus, donc assez proche du modèle de YouTube. Donc c'est vertueux pour ça, pour permettre de continuer à faire vivre des catalogues. Il y a évidemment des productions sur certains opérateurs fast, notamment Tooby aux Etats-Unis, qui est très puissant. C'est peut-être pas encore tout à fait assez mûr pour permettre de le faire aussi fortement que le... une grosse chaîne de télévision ou un puissant service de streaming pays
- Speaker #1
Intéressant. En tout cas, quand vous regardez un petit peu cet écosystème des fastes télé, que ce soit ce qui se fait à l'étranger aussi, ce qui peut potentiellement se faire sur le marché français, c'est quoi, selon vous, ce qui fonctionne le mieux ? Là, on a parlé du catalogue plutôt fiction. Est-ce qu'il y a d'autres thématiques que vous imaginez comme étant les plus porteuses ou en tout cas celles avec le plus fort potentiel de développement ?
- Speaker #0
Dans le domaine des fastes,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Alors évidemment, certains services sont nés au bon endroit. Samsung a toute la puissance de l'écosystème Samsung. L'intelligence des équipes qui permettent de choisir des contenus appropriés, cette capacité à les mettre en avant sur l'interface. Donc il y a un certain nombre de groupes à suivre de près, évidemment. Et les groupes nationaux, TF1 avec TF1+, M6 avec M6+. évidemment continuent à investir et certainement de manière pertinente et au bon endroit.
- Speaker #1
Oui, effectivement, avec les constructeurs, c'est vrai que les constructeurs misent souvent, mettent fortement en avant des phases TV dès leur home. D'ailleurs, sur cette logique de phase TV, on comprend bien que c'est valable l'exploitation des catalogues, etc. C'est à moindre coût. ça peut aussi rentrer en écho pareil je refais un petit pointage avec l'actualité Alexia Laroche-Joubert la patronne de BanitJFrance a récemment déclaré, pareil j'ai pas la déclaration exacte mais j'ai l'essence de ce qu'elle a dit en disant que les chaînes allaient de plus en plus être amenées aussi à réexploiter leur contenu et à faire des rediffusions mais même pas forcément de stock parce que jusqu'à présent on avait des rediffusions de stock c'est à dire tout ce qui était fiction et compagnie mais même de flux, c'est à dire qu'on parle des missions de divertissement de jeux, de choses comme ça. Qu'est-ce que ça vous inspire, au-delà de l'aspect, on va dire, économique, qui paraît assez évident dans le contexte actuel, mais qu'est-ce que ça vous inspire, un petit peu, cette stratégie de rediffuser des programmes de flux, chose qui n'est pas naturelle, en tout cas, dont on n'a pas l'habitude dans les médias généralistes ?
- Speaker #0
En fait, c'est certainement très juste, et, par exemple, c'est ce qu'on a fait euh... sur la chaîne Melody, qui est une chaîne patrimoniale qui rediffuse le meilleur de la variété française des années 70 à 90, et donc qui rediffusait les grandes émissions qui ont marqué l'inconscient collectif. C'était des émissions incroyables, les émissions de Maritzi Gilbert Carpentier, qui prenait des réalisateurs exceptionnels, qui arrivaient à fédérer des talents de chanteurs, d'artistes. mais qui étaient sublimés par des décors qui étaient vraiment construits sur mesure, des costumes incroyables, parfois les chansons étaient faites sur mesure, et ces émissions n'étaient pas rediffusées. C'était un one-shot, il n'y avait pas la multidiffusion, évidemment il n'y avait pas la catch-up, et le fait de les faire revivre sur une chaîne de télé actuellement, on voit bien évidemment la valeur que ça a. Donc on pourrait se dire que c'est du flux, mais c'est du flux qui est devenu patrimonial, parce qu'il a une valeur très forte. Donc je dirais que oui, en effet, il y a évidemment une valeur, mais vous aviez tout à fait raison, il y a un enjeu économique, les chaînes généralement n'ont pas les droits à du TAM, et donc c'est une très bonne occasion pour le producteur de monétiser à nouveau ses droits.
- Speaker #1
Et une opportunité assez inespérée, parce que c'est vrai que jusqu'à présent, ces émissions-là, comme vous me disiez, s'étaient diffusées une fois à peu près. Il y avait les replays depuis plusieurs années, mais au-delà de ça, il n'y avait pas de nouvelles fenêtres. en diffusion linéaire classique. C'est intéressant parce qu'on brosse pas mal de points. Je reviens un petit peu sur le côté numérique. On va partir un petit peu plus sur le côté numérique. On a déjà pas mal évoqué. On voit dans la consommation de contenu, forcément, on parle de verticalité puisqu'on a tout ça avec nos téléphones et on regarde sur de la verticalité. Est-ce que vous pensez que ces formats ultra courts de type vertical, à suivre de quelle manière ça influence aussi la narration audiovisuelle, et en tout cas les contenus audiovisuels à l'heure actuelle, et puis peut-être à l'avenir ?
- Speaker #0
C'est intéressant parce qu'évidemment, tout le monde observe de près le vertical drama. Ce qui est un petit peu contre-intuitif, c'est que la télévision a été passée d'un format 4 tiers à un format 16 neuvième, et a eu tendance à s'élargir. Parce que ça correspond tout simplement au regard de l'œil. On a cette capacité à avoir une vision plutôt horizontale. On aime voir des paysages et c'est la force du cinémascope et du cinéma. Et donc, on pourrait se dire que c'est complètement contre-intuitif. En revanche, ça correspond à un besoin et ça montre... En tout cas, ça correspond à un usage de snacking, en fait. et que, évidemment, les médias évoluent toujours en fonction de la manière dont les technologies sont appropriées. Je rappelle juste un fait un peu étonnant, c'est que comment a été inventé le téléphone filaire ? La raison fondatrice du téléphone filaire, c'était de pouvoir écouter l'opéra à distance.
- Speaker #1
Ah oui !
- Speaker #0
On voit comment, finalement, ça a évolué. Et donc, le format vertical, évidemment, il correspond à ce qui est devenu un usage dans de très nombreux cas. Il n'est pas forcément adapté à l'écran principal, bien sûr.
- Speaker #1
Mais il influence l'écran principal.
- Speaker #0
Exactement. Il influence dans ses codes, dans les rythmes. Et donc, ça, il faut le prendre en compte. C'est évident.
- Speaker #1
C'est ça. C'est-à-dire que maintenant, quand on regarde des émissions, et quand je parle d'émissions, ce ne sont pas des émissions de feu, ça peut être des documentaires, des émissions d'informations, etc. On se rend compte que, moi en tout cas, j'ai le sentiment que de plus en plus, tout est découpé en micro-séquences qu'on voit en fait à l'antenne. On se dit, ok, ça c'est découpé pour partir sur Anri's Instagram, ça c'est découpé pour aller en TikTok, etc. On a un peu ce sentiment-là quand même que ces codes-là ont tellement infusé que même sur le linéaire, finalement, on a l'impression de regarder du snack content, quand même pas, mais que... tout est très chapitré et tout est très clipé finalement, on arrive sur une télévision de clip.
- Speaker #0
Alors oui, et vous avez raison, et c'est révélateur de quelque chose assez profond. Hélas, c'est révélateur de à quel point notre capacité d'attention est perturbée en fait. Souvent, les médias sont perçus comme recherchant à capter notre attention. Patrick Lelay parlait de capter le temps de cerveau disponible. La difficulté, c'est à quel point nos cerveaux qui sont plastiques sont en train de muter et à quel point notre capacité d'attention diminue. Et ça, ça peut avoir évidemment un impact sur notre manière de nous construire, sur notre manière de penser en tant qu'individu. C'est assez frappant quand on regarde des émissions de télé, de reportages, 30-40 ans avec 30 ou 40 ans d'écart, en fait. Le temps long, cette capacité à ne pas se couper, à garder du rythme et à rentrer dans l'imaginaire ou dans l'idée de la personne qui parle, il est évidemment beaucoup plus difficile maintenant. Ça, c'est certain. Et donc, il y a une responsabilité en tant que média, pour chacun des médias, en fait.
- Speaker #1
Non, non, effectivement, c'est vrai que c'est cette capacité d'imaginaire. Moi, quand vous dites ça, ça me fait penser aussi à l'évolution qu'on voit maintenant depuis bien des années avec la radio filmée. et je trouve qu'effectivement, écouter la radio, on a tous ce sentiment, c'est quand même l'imaginaire. Quand une personne parle derrière un micro, on s'imagine la personne et c'est vrai que maintenant, on n'a plus besoin de se l'imaginer puisqu'on démarre YouTube notamment, et ça peut être d'autres, Dailymotion et compagnie, et on voit tout de suite toutes les émissions qui sont filmées, etc. Et puis maintenant, c'est plus filmé juste à la webcam. C'est vraiment filmé, c'est produit. C'est vraiment une production.
- Speaker #0
Oui, vous avez raison, et ça casse l'imaginaire. Il y avait un chroniqueur de New York Post qui a sorti un bouquin il y a une vingtaine d'années qui s'appelait Internet rend-il bête ? Son auteur, c'est Nicolas Scar. Son raisonnement, c'était de dire que c'était un des premiers journalistes papiers à bloguer, à écrire sur des blogs. Et il s'est rendu compte qu'il avait moins cette capacité d'attention. Il perdait un petit peu le fil, il ne se souvenait plus de ce qu'il avait lu. Je caricature. Et en fait, il a poussé les analyses. Il s'est rendu compte que c'était en grande partie lié aux médias numériques. Beaucoup d'études ont été faites dans le cadre de son livre. Il a pris, par exemple, des groupes d'étudiants d'Harvard, deux groupes représentatifs, même niveau. Le premier groupe demande aux deux groupes de lire un document et de le commenter. La seule différence, c'est que le premier groupe le lit sur une version print, papier. Ils ont une feuille à quatre. Et le deuxième a un petit avantage, il le lit sur l'écran, donc il fait défiler, et ils ont la possibilité de voir les liens hypertextes pour avoir une définition du mot. Et le résultat, il est incroyable. Alors que les étudiants sont de même niveau, le deuxième groupe, qui était un tout petit peu avantagé par ces liens hypertextes, en réalité a eu l'impression de ne pas bien se souvenir de ce qu'ils ont lu, et pire, de ne pas avoir bien compris en fait. Ils ont démontré qu'en fait, tout simplement, c'est qu'en fonction du média dans lequel on lit, on ne sait pas la même zone du cerveau qui est adressée en fait. Dans un cas, on est dans la zone du cerveau droit, de la mémoire profonde, donc du langage. Et dans l'autre, on est dans le cerveau gauche de l'action des mémoires directes. C'est-à-dire qu'on est avec notre souris, on est prêt à cliquer, on est prêt à décider. Donc, c'est super utile parce qu'on va prendre une action. En revanche, on ne va pas le mémoriser de la même façon, en fait. Et donc, tout ça, par rapport à ce que vous disiez sur l'imaginaire, c'est important. En tant qu'individu, mais même en tant que média, notre rôle, c'est de continuer à proposer du temps long, de l'imaginaire. Et c'est par rapport à tout ce que vous disiez au tout début sur les chaînes de télévision linéaires, la force d'une chaîne linéaire, comme la force d'un long métrage, par rapport au vertical drama, c'est de proposer de rentrer dans l'état d'esprit et l'imaginaire d'un auteur. Et ça, c'est très très précieux.
- Speaker #1
C'est précieux, c'est vrai que c'est un peu contrebalancé actuellement par tout ce qu'on peut vivre. Et d'ailleurs, pareil pour... Peut-être un petit peu avancé sur ce sujet-là, mais est-ce que maintenant on peut se dire que les contenus, ils sont finalement d'abord pensés pour l'algorithme plutôt que pour une grille ou pour un diffuseur par rapport à tout ce qu'on se dit là ?
- Speaker #0
Quand on en arrive là, c'est une erreur.
- Speaker #1
Oui, mais est-ce qu'on n'a pas le sentiment que des fois, l'algorithme est un peu le patron de la chaîne ou le patron de la radio ?
- Speaker #0
Je ne le pense pas, mais c'est mon état d'esprit optimiste. Pour moi, la très bonne manière d'utiliser un algorithme, c'est d'être capable d'analyser la data. Et ça, on doit avoir un état d'esprit, réveiller l'esprit scientifique en nous pour analyser les données, analyser comment sont perçues, consommées, entre guillemets, les œuvres. Mais on doit garder notre capacité de discernement, évidemment.
- Speaker #1
Heureusement, et en tout cas je souhaite que ça soit un état d'esprit qui soit largement partagé, parce que parfois on peut avoir un peu le sentiment qu'il y a des choses qui sont un peu tendanceuses et qui jouent un peu sur les deux niveaux. Je continue un petit peu dans le domaine technique, et on va arriver sur le buzzword depuis 3-4 ans qui s'appelle IA Générative. IA Générative et médias, maintenant ça va un petit peu de paire, en tout cas de plus en plus. Et selon vous, est-ce que l'IA Générative, en tout cas son irruption dans le monde des médias, c'est comparable à l'arrivée d'Internet ? Maintenant, allez, 25 ans ou moins, ou plus ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est évidemment plus que comparable. Ça va être une rupture encore plus puissante à tous les échelons de la chaîne de valeur. On n'en prend pas encore pleinement la mesure, mais dès la génération de scripts, de nombreux outils existent pour aider à formuler ou faire avancer les scripts. retravailler les discours, les charper, les rendre plus formatés, avec les avantages et les inconvénients que ça peut apporter, jusqu'au doublage, ce qui paraît évident, le doublage, le sous-titrage des œuvres, qui a donné une puissance, en tout cas un levier très fort. Et ça va toucher toutes les chaînes de valeur dans tous les systèmes, aussi bien l'audiovisuel, la radio, que l'écrit, évidemment. sur cette capacité à packager des offres, à les proposer au public, à optimiser les offres commerciales. Évidemment, l'IA générative pour moi, c'est un outil. Un outil extraordinaire. Un outil, il en est ce qu'on en fait. Ce qui compte, c'est de ne pas en être esclave et de savoir l'utiliser au mieux de ce qu'il peut donner.
- Speaker #1
Et parmi vous, dans les cas concrets que vous pouvez voir, ou en tout cas dans les relations que vous pouvez avoir avec les diffuseurs, avec différents médias, est-ce que vous voyez des médias qui vous paraissent déjà bien anticipés, ou en tout cas bien s'emparer même de ces outils ? Et si vous voyez ça, c'est quoi un petit peu les usages vraiment, le top des usages que vous voyez mis en place avec ces outils d'IA ?
- Speaker #0
Je pense qu'on est vraiment à la préhistoire.
- Speaker #1
Ouais, encore ?
- Speaker #0
On est vraiment à la préhistoire pour l'instant. Il y a évidemment des messieurs ou des madames, il y a dans les grands groupes qui viennent évangéliser. Il y a plein de use cases très, très intéressants. Mais un use case, ce n'est pas une stratégie. Et je vois peu de médias qui ont vraiment reconstruit ou réinventé leur stratégie avec ces outils. C'est un tout petit peu tôt, en fait. pour le voir de façon très visible.
- Speaker #1
C'est intéressant votre réflexion, parce qu'effectivement, quand on écoute un petit peu les médias, etc., dans les grandes messes qu'ils peuvent faire, on a déjà l'impression que la bascule est quasiment en place. Et là, vous parlez de sessions d'évangélisation, d'acculturation, etc. Donc, on en est encore à ce niveau-là. Et effectivement, il y a des use cases très précis sur des petits modules, mais finalement, la bascule complète vers... De l'automatisation, ce n'est pas tout à fait ça, mais en tout cas vers un usage intégré de l'IA. En tout cas, de ce que vous voyez, on n'en est pas encore.
- Speaker #0
Il y a des out-case extraordinaires, évidemment. Mais de là à basculer dans vraiment une stratégie d'entreprise avec une vision à cap clair. On voit bien ce qui s'est passé avec Disney et Sora. En fait, Disney a annoncé il n'y a pas très longtemps, il y a deux mois et demi. un accord très important avec Sora qui a finalement été arrêté juste après. Donc on sent bien qu'il n'y a pas encore de maturité très très forte et que c'est un secteur qui est en train de se constituer en fait.
- Speaker #1
C'est la fin de la deuxième partie de cette interview de Deep Media avec Jérôme Dutoit, fondateur et dirigeant de Dutoit Media. Je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite et fin de cet échange où l'on va continuer d'explorer le futur des médias à l'heure du numérique. En attendant, pour ne pas manquer les prochains épisodes, abonnez-vous à ce podcast et mettez les commentaires et étoiles adéquates. DeepMedia, c'est désormais une newsletter mensuelle, un chatbot de veille appelé IA Media Lab, ainsi qu'Explore DeepMedia, mon nouvel outil d'exploration des archives de ce podcast. Pour accéder gratuitement à ces trois outils, je vous mets les liens en commentaire d'épisode. DeepMedia est un podcast autoproduit par FollowMeConseil, agence de formation et conseil stratégique spécialisé en IA générative et social media. A très bientôt !