- Auriane
Demain dans la Terre, on donne la voix à celles et ceux qui participent à imaginer et bâtir dès aujourd'hui l'avenir agricole et alimentaire de nos territoires. Bonjour à toutes et à tous, je suis Oriane, charlée de communication pour l'association Terre et Humanisme, et j'anime cet échange sur la thématique de la biodiversité avec Odile Arnoux-Duflo de la FRAPNA et Arnaud Vance, naturex amateur, membre bénévole de Paysans Nature et membre de l'association Païoli. La première partie de cet épisode a été diffusée au mois de novembre. Nous y avons abordé le constat et le lien agricole sur le territoire sur Dardichois, ainsi que l'importance de la biodiversité du sol et les bonnes pratiques à mettre en place. Maintenant, nous allons aborder la nécessité de l'action collective à l'échelle du territoire dans cette deuxième partie.
- Odile
Bonne écoute !
- Auriane
Donc, on va parler des solutions territoriales et de l'action collective. Arnaud, l'agroécologie ne s'arrête pas à la parcelle comme on... l'a expliqué. Comment peut-on imaginer un paysage agricole qui favorise la biodiversité et donc la résilience à l'échelle d'une ferme, d'un village, d'un jardin, d'un territoire ?
- Arnaud
La biodiversité, elle se raisonne à toutes les échelles. Dès qu'on quitte l'échelle de la ferme, elle se raisonne à l'échelle d'un bassin versant, souvent, ça c'est intéressant, pour favoriser tout ça et faire en sorte d'avoir des bons aménagements paysagers. des grandes surfaces. Tout ça, c'est très politique. Ça va dépendre un peu des décisions qui sont prises soit au niveau de la politique agricole commune, au niveau de l'Europe ou au niveau du ministère de l'Agriculture en France. Et aujourd'hui, malheureusement, ce qu'on voit, c'est qu'on est toujours dans ce système d'agro-industrie, de spécialisation de l'agriculture, d'élevage intensif et autres, d'utilisation massive d'intrants, alors qu'on devrait migrer petit à petit vers plutôt des systèmes agro-écologiques, plus territorialisés, où l'idée, c'est vraiment de nourrir son territoire. et pas forcément spécialiser nos territoires pour faire de l'export à tout va. Donc pour ça, à mon sens, en tout cas à l'échelle du paysage, c'est vraiment faire en sorte qu'à un moment donné, les politiques se mettent en accord avec toutes les préconisations que nous font les scientifiques de toute façon. Aujourd'hui, il y a un consensus pour dire qu'il faut aller vers plus d'agroécologie, l'alimentation plus locale, à plus petite échelle. Et malheureusement, tous les vents politiques depuis des années sont dans le vent contraire, voire même s'accélèrent encore plus actuellement. Après, ça ne veut pas dire que les agriculteurs ne font rien. Mais en tout cas, ça les aiderait grandement à agir. Il y a souvent beaucoup d'agriculteurs qui ont des crédits, ils ne peuvent pas changer leur pratique du jour au lendemain. Parfois, ça demande des investissements, ça demande de s'outiller différemment aussi. Et donc, ce n'est pas facile pour eux. Et donc après, à l'échelle des territoires, je dirais ce qui est le plus important, au-delà des bonnes pratiques, là, on pense souvent à la plantation d'arbres. On voit de plus en plus des haies se reconstruire, se replanter. Malheureusement, d'après ce que j'ai vu, ils continuent toujours d'arracher plus de haies qu'on en replante. donc Melaï elle est super intéressante pour plein plein de raisons enfin l'arbre Il y a énormément de bénéfices, de toute façon, mettre des arbres dans les parcelles ou en interparcelle ou sous forme de haies. En fait, dès que c'est fixe dans un paysage, justement, la biodiversité peut s'installer de manière pérenne. À l'inverse, si on imagine des paysages un peu comme de la Beauce, par exemple, où on voit à perte des vues des champs labourés ou des monocultures, là, on se dit qu'effectivement, la biodiversité, elle a assez peu de place. Et donc, cette biodiversité, elle a besoin de ressources à la fois alimentaires toute l'année, mais aussi de pouvoir être abritée. Et souvent, aussi selon les espèces, elle a besoin de plusieurs milieux. Un crapaud, potentiellement, il se reproduit dans une mare, mais autrement il vit plutôt sur terre ou en forêt, donc il se déplace. Donc il faut faciliter le déplacement pour les espèces et faire en sorte que les milieux puissent être reliés les uns aux autres, ce qu'on appelle les corridors écologiques. Et les corridors écologiques, ils se résonnent bien sûr au niveau des fermes, mais comme tu disais, surtout au niveau du paysage. Et donc c'est important à ce moment-là d'avoir des politiques derrière qui suivent ça pour inciter aux bonnes pratiques.
- Auriane
Et oui, avoir un mouvement collectif. Odile, c'est justement le cœur de l'action de la FRAPNA, défendre les milieux naturels dans leur globalité. Merci. mais aussi d'accompagnement et de sensibilisation du grand public. Est-ce que tu peux nous parler des actions menées pour créer ou recréer un lien entre le grand public et l'environnement ?
- Odile
Ce que je pourrais dire déjà en premier au niveau politique, c'est que la FRAPNA participe beaucoup au problème d'urbanisation. Depuis l'an 2000, elle est très présente dans les PLUI, donc les plans locaux d'urbanisme intercommunaux, et les SCOT, c'est le schéma de cohérence territoriale. Et c'est pour lutter contre l'artificialisation des terres agricoles, contre la consommation d'espaces agricoles. Elle siège aussi dans des commissions très spécialisées. Nous participons donc des administrateurs, dont Ginès Martinez par exemple, beaucoup, ou des salariés. Moi-même, j'ai participé au PLUI de la communauté de communes Bas-Saint-Dobonat sur les projets de construction. Et c'est vraiment des bagarres, c'est un rapport de force. La frappe nage joue un rôle important de limiter les dégâts. Elle s'est positionnée contre l'installation de photovoltaïques, notamment sur le plateau des Gras, pour sauver l'élevage qui permet la préservation des pelouses. sèche et la richesse de la flore et de la faune. L'élevage contribue vraiment à la préservation de la biodiversité. Et les gras, ce sont les parcours de troupeaux depuis toujours qui ont façonné le paysage des gras. Donc on est vraiment vent debout contre tous ces projets. Toujours à la préservation des terres agricoles, la Frapna, c'est très actif, elle s'est associée à la Frapna Drôme. et à l'association Alter, contre la déviation de Cornas à Saint-Péret, qui ferait disparaître 250 hectares de terres agricoles irrigables, en plus, dans la vallée du Rhône. Et là, il y a toute une action juridique avec recours à l'amiable, contentieux, etc.
- Auriane
Et en termes d'action concrète, comment on va émobiliser ?
- Odile
En termes d'action concrète, récemment, il y a eu une création d'une haie sèche. On appelle ça de Benjes. Benjes, c'est le nom d'un écologue allemand qui a théorisé cette action. C'était près de l'église de la Blachère, en forme d'arc de cercle. Et donc, elle est constituée de branches mortes tressées qui sont maintenues par des piquets. Tout le monde peut faire ça chez soi, par exemple dans les châtaigneraies. Au lieu de brûler les bogues et les restes de châtaignes, on peut très bien, comme ça, planter des piquets. avec des branches mortes et du coup toutes les bogues ont maintenu et elles finissent par pourrir et ça crée de l'humus. Ça enrichit en plus les châtaigniers. Pour revenir à cette haie sèche, on peut faire ça partout et au fil du temps, les bois et les feuilles vont se décomposer, la haie va baisser, elle peut être réalimentée régulièrement, forcément, et elle favorise l'accueil des pollinisateurs sur le territoire, ce qui est très important. Il y a vraiment une chute des pollinisateurs immense. La plus connue, c'est les abeilles par les néonicotinoïdes, tous les pesticides en général d'ailleurs. Et là, ça favorise vraiment les pollinisateurs, ce qui est essentiel pour l'agriculture. S'il n'y a plus de pollinisateurs, ça sera la famine. Il y a plein d'intérêts, ça stocke le carbone, c'est un habitat pour les décomposeurs, les insectes, champignons. Ça fait de la nourriture pour les oiseaux, création de haies en général. De toute façon, c'est ce que disait Arnaud, c'est très positif. On peut même planter des légumes comme des courges qui grimpent. Et puis ça peut fournir du terreau aussi à la base. Alors ça, c'est une action. Et puis une autre action, là, c'est plutôt par rapport à la biodiversité en général. Pendant un an, à la Frapenat, on a mobilisé le projet Erasmus+. Le titre, c'est « Ce que la nature nous apprend » . On est en partenariat avec une association de Catalogne. Et donc là, il s'agit de restaurer des cours d'eau par la construction d'ouvrages inspirés de l'ingénierie Castor. Et donc, ça a été fait en Catalogne, il y a des films là-dessus. Et là, ça a été fait sur la rivière Boyon, qui se trouve dans la veille de l'Airieux, près de Saint-Vincent-de-Durfort. C'était une approche low-tech, qui est accessible à tous. C'est un chantier participatif et le résultat c'est que l'eau est retenue, elle est filtrée, elle renfloue les nappes phréatiques, elle crée de nouvelles zones humides et des bras de rivières secondaires. C'est ce qu'on appelle l'hydrologie régénérative et l'objectif est de réparer des processus naturels. Alors si vous voulez en savoir plus sur tout ce processus-là, j'en profite pour dire que le samedi 29 novembre aura lieu un colloque. avec vraiment beaucoup de chercheurs et beaucoup de praticiens, qui va se trouver au château de Livier. C'est à la commune de Liasse, au nord de Privas. Et ce château de Livier est un lieu magnifique en plus, où on avait fait justement des rencontres culture-nature pour ceux qui étaient là il y a 20 ans. Et donc il y a un colloque toute la journée du samedi 29 novembre. Ok, à partir de quelle heure ? À 9h, je crois bien.
- Auriane
D'accord.
- Odile
Le soir, il y a plus un spectacle de théâtre par Petit Poix Princesse. C'est une compagnie qui est très intéressante.
- Auriane
D'accord.
- Odile
Il y aura des films, je pense, sur l'action des barrages Castor. Oui,
- Auriane
c'est très intéressant. Sur cette émission, on a deux associations, Terre et Humanisme et la FRAFNA, qui agissent chacune à leur niveau. Arnaud, au-delà de la technique, en quoi la formation et la transmission des savoirs agroécologiques sont essentiels pour garantir l'ensemble du système de la biodiversité ?
- Arnaud
La biodiversité, c'est quelque chose d'assez complexe. Au final, je parlais tout à l'heure, c'est à la fois des nombres des espèces, leur interaction, différents milieux de vie parfois. Et donc, on a tout intérêt. moi personnellement J'en apprends tous les jours, je me forme tous les jours et on n'aura jamais fini d'apprendre. Je pense que c'est très important de sensibiliser tous les âges, tout le monde, à la fois à la biodiversité en général, à tous les intérêts de cette biodiversité. Donc, le fameux service écosystémique, là, on parlait de la pollinisation, mais aussi la vie du sol, la vie du sol va impacter la fertilité de nos sols aussi. Avoir des sols aussi vivants, ça va filtrer l'eau. dépolluer. Il y a énormément de services écosystémiques que nous rendent cette biodiversité en général, dont on fait partie d'ailleurs. Donc on a tout intérêt à former les gens à tous les âges. Cet après-midi, un exemple, j'interviens en lien avec le CICTOBA pour former les classes d'une école à Beaulieu notamment, sur le compostage. Le compostage des biodéchets, ça c'est une petite action, mais il y a une loi qui est rentrée en vigueur il n'y a pas si longtemps qui dit que tout le monde maintenant doit trier ses biodéchets pour les valoriser, notamment via le compost, que ce soit le compost chez soi, le compost partagé ou en plateforme de compostage. et donc ça, on va retirer des poubelles noires tout un tas de biodéchets qui du coup vont pouvoir revenir à la terre nourrir la terre, nourrir la vie du sol augmenter le taux de matière organique des sols donc stocker du carbone Donc ça, c'est des toutes petites actions que tout le monde peut faire chez soi. Sur le territoire en plus, que ce soit en Sud-Ardèche ou partout, il y a de plus en plus d'actions qui sont mises en œuvre pour faciliter justement ce tri des biodéchets et la revalorisation sur nos territoires. Et autrement, il y a tout un tas d'autres associations d'ailleurs qui interviennent sur la sensibilisation des jeunes et des moins jeunes sur la biodiversité. Moi, j'ai une formation que j'aime bien faire en général une fois par an ici. au Mat-Bollieu, qui est comment favoriser l'accueil de diversité au jardin. On va parler un petit peu de la création de différents aménagements, de comment créer des plantations qui peuvent accueillir les pollinisateurs, notamment à l'année, en choisissant les bonnes espèces, que ce soit locales, qui permettent aussi d'avoir des floraisons étalées à l'année. Un des impacts aussi des changements climatiques, c'est qu'on a des hivers très doux, donc une gestation qui démarre plus tôt, qui finit plus tard. et donc des pollinisateurs qui sont en grande difficulté pour plein de raisons et qui ont une ressource alimentaire de pollen, de nectar qui diminue. Et donc, il y a tout un tas d'actions qu'on peut faire pour essayer de pallier ce genre de choses.
- Auriane
Collectivement.
- Arnaud
Collectivement,
- Auriane
oui. Alors justement, en termes d'actions collectives et face à l'urgence, quel est le rôle du Pédoyer et de la mobilisation citoyenne et notamment de l'expertise terrain de la FRAPNA pour influencer ? les politiques territoriales ? Est-ce que tu peux m'en parler un petit peu ?
- Odile
C'est par la présence, on en parlait tout à l'heure, dans les commissions diverses et variées. Il y en a une vingtaine, alors.
- Auriane
De par les sites.
- Odile
Voilà, où la FRAPNA est très présente. Elle travaille beaucoup avec le département, avec le PNR, avec plein de partenaires. donc Et puis il a fait beaucoup de sensibilisation par des sorties.
- Auriane
Tu peux en parler un petit peu. Par exemple,
- Odile
sur la réserve des gras de nav, donc à nav, depuis 20 ans, il y a plein de sorties avec des jeux de pistes. Sur la richesse de la biodiversité, par exemple, en développant les cinq sens, manger des racines, sentir les... Les dix... les feuilles, le voir, goûter. Se reconnecter à la terre. Voilà, se reconnecter. Puis par l'imaginaire aussi, il y a un peu des interventions plutôt de culture globale. Par exemple, il y avait les loups païens. C'est un groupe de trois personnes qui ont agi pendant plusieurs années. Il y en a un qui était un ancien forestier, Vincent Le Bénaré, un ornithologue, Jean-Louis de Bénédictis, et puis une femme un peu naturaliste et en même temps qui racontait des contes, qui se déguisait avec des feuilles et qui agissait sur l'imaginaire. C'est une sorte de sensibilisation. Il y a eu beaucoup d'interventions dans les écoles aussi. Maintenant, il y en a moins.
- Auriane
Mais comment ces jeunes pour sensibiliser ?
- Odile
Malheureusement, maintenant, c'est les chasseurs qui font ça. Certaines écoles primaires, ils sont habilités pour ça. Et sinon, il y a beaucoup de sorties. Par exemple, sur les grades, la Blachère, il y a plusieurs naturalistes. qui éveillent à toute la richesse de la faune, de la flore et aussi du patrimoine. Et c'est vrai que les gens qui ne savent pas trop ce que c'est que la biodiversité, ils disent « Oh non, mais sur le plateau des Gras, il n'y a rien ! » Alors que c'est d'une richesse extraordinaire, et notamment aussi avec les troupeaux qui pâturent, il y a beaucoup de... de brebis, quelques chèvres, et puis aussi des vaches. Et ça a enrichi le sol, ça apporte plein de diversité.
- Auriane
Et rééduquer un peu aux gens à observer vraiment la nature, et comme vous dites, dire qu'il n'y a rien, alors qu'en fait, si on ouvre les yeux, on entend et on touche, on s'aperçoit que non, il y a de la vie en fait de partout. Petite question un peu croisée, selon tous les deux, pour répondre à chacun son tour. Quelle est la mesure ou l'action la plus urgente à mettre en place à l'échelle de l'Ardèche pour inverser la tendance de l'érosion de la biodiversité ? Odile, vous voulez commencer ? L'action la plus...
- Odile
Vaste question. Vaste question. Changer les pratiques pour beaucoup de choses. Par exemple, les vignerons, maintenant, ils veulent arroser avec la sécheresse. Du coup, ils font des forages, donc ça pompe l'eau. C'est pas incertain, vignerons. Alors que c'est possible de... faire en sorte qu'avec les couvertures du sol, le non-labour, plein de techniques, les vignes sont beaucoup plus résistantes et mettent leurs racines plus profondément. Il n'y a pas besoin de les arroser. Au niveau des jardins, mais là, c'est plutôt des potagers, des vergers. Il faut informer les gens qu'il y a des moyens naturels de lutte au lieu de prendre des produits phytosanitaires. Par exemple, à cause de la sécheresse, de la chaleur plutôt, de la canicule cet été, il y avait énormément de carpocaps. Donc c'est la pyrale de la pomme, on appelle ça la pyrale de la pomme ou de la poire. Et du coup, elles rentrent dans les fruits. C'est un papillon qui pond une larve et il y a la chrysalide qui se développe. Après, le verre, il sort, mais ça crée une pourriture à l'intérieur. Et pour lutter contre ces carpocaps, il suffit de mettre des nids de mésanges, favoriser les mésanges, les chauves-souris. Si possible aussi des poules au pied des arbres qui mangent les chrysalides de Carpocaps. Et puis mettre des cartons du lit. Il y a plein de techniques. Déjà pour les jardiniers, c'est favoriser les moyens naturels. Par exemple les coccinelles, ça s'est connu comme auxiliaire contre les pucerons. Il y a plein de choses. assez technique.
- Auriane
Laisser la nature prendre son droit.
- Arnaud
Arnaud, tu veux ? Comme action prioritaire, moi je pensais à l'eau. Audit parlait tout à l'heure d'hydrologie régénérative ou ce qu'on appelle aussi la gestion intégrée de la ressource en eau. Et en l'émission précédente, on avait accueilli le PTB du bassin versant de l'Ardèche. Donc justement, il parlait un peu des ORE ou en tout cas des paiements pour services environnementaux. qui ont commencé à mener ici avec des agriculteurs, une trentaine d'agriculteurs depuis quelques années. Et moi je dirais que la priorité ça serait de réfléchir à une meilleure gestion de l'eau sur le territoire, notamment en accompagnant des agriculteurs à avoir à la fois des meilleures pratiques et potentiellement aussi les aider dans certains aménagements d'infiltration et autres de l'eau. Et ça, ça se joue au niveau départemental, au niveau français. Donc c'est vraiment essayer de pousser le plus possible un plaidoyer pour que les politiques s'intéressent à ces questions et surtout s'y intéressent dans le bon sens. Alors que là, pour le moment, on est toujours à fond vers l'agro-industrie de plus en plus, toujours des usages massifs d'un tranc et autres. Et donc essayer d'inverser cette machinerie-là.
- Odile
Je vais rajouter, là, tu parlais des ORE. Donc, ça veut dire les obligations réelles à l'environnement. Et c'est un dispositif relativement récent, mais qui peut permettre de garder tout du foncier en obligation pour l'environnement, pour la biodiversité, et qui peut être mis dans une succession. pour les héritages, par exemple, sur les terres et tout ça. Et c'est un dispositif plus simple, évidemment, que les baux ruraux et aussi des commodos. Les commodos, c'est moins contraignant que les baux ruraux, mais c'est aussi une protection. Mais là, l'originalité de l'ORE, donc l'obligation réelle d'environnement, c'est qu'elle peut perdurer dans le temps.
- Arnaud
Ça dépasse l'aspect propriété. Si le propriétaire change une parcelle,
- Odile
Donc,
- Arnaud
ça se paie chez le notaire une fois. Je ne sais pas si c'est permanent ou je crois que c'est 99 ans. Je ne sais plus les termes exacts.
- Odile
C'est peut-être comme les baux amphithéotiques de 99 ans.
- Arnaud
Je crois que c'est ça. En tout cas,
- Odile
c'est un nouveau dispositif qui peut être très intéressant. On ne le connaît pas trop encore, mais il faut en parler.
- Arnaud
Ça peut permettre de protéger un arbre remarquable, par exemple un chien qui a 400-500 ans. Et on va être sûr qu'il ne soit pas coupé, entre guillemets, quand il y a un changement de propriétaire. Ça peut être quelque chose comme ça. Ça peut,
- Auriane
oui. Protégé, coûte que coûte. On va passer sur le mot de la fin. Pour conclure, je vais poser la question qui donne son nom à notre podcast, Demain dans la Terre. Quel est le principal message d'espoir que vous souhaitez transmettre à nos auditeurs concernant le rôle de la biodiversité ? Dans nos vies, on fait partie d'un écosystème global. Nous aussi, on fait partie d'un maillon de la chaîne de la construction, de la biodiversité. Pour vous, quel est le message d'espoir pour nos concitoyens ?
- Odile
Moi, je dirais que pour pouvoir sauver la biodiversité, il y a déjà une prise de conscience qu'il faut sauver l'alimentation bio, de plus en plus dans les cantines, dans les EHPAD, dans toutes les collectivités. Et du coup, pour sauver l'agriculture, parce qu'en fait, il n'y a que l'agroécologie qui pourra perdurer dans le temps. Autrement, là, elle va à sa perte, l'agriculture industrielle, puisqu'elle utilise de l'essence, du carburant qui réchauffe la planète. En fait, elle s'auto-alimente. Et c'est de pied en pied. Il n'y aura plus de sol. Et donc, il n'y a que l'agroécologie qui peut sauver l'alimentation. Et je pense que c'est beaucoup par l'alimentation qu'on peut faire prendre conscience aux gens de l'importance de la biodiversité et donc, par conséquent, de l'agroécologie.
- Auriane
Arnaud ?
- Arnaud
Message d'espoir. Quand on parle de biodiversité, on parle souvent d'effondrement de la biodiversité. donc Mais ce que je peux dire, c'est qu'il y a quand même une certaine résilience de beaucoup d'espèces. Et qu'avec des bonnes pratiques, même au jardin, des aménagements spécifiques, quand on lui laisse la place, à la fois dans l'espace, dans le temps, en fait, pour beaucoup, elle revient. Et ça, c'est super d'observer ça. C'est super positif d'observer ça. Donc, essayer d'être le plus observateur possible. Et puis, laisser la place, justement, à cette biodiversité, de revenir chez soi. et vous verrez alors... elle reviendra. Et ça, c'est chouette.
- Auriane
On peut à la fois produire en abondance et régénérer le vivant. Ce n'est pas contradictoire. Merci infiniment Odile et Arnaud pour cet échange riche et concret sur la biodiversité, pilier essentiel de notre résilience alimentaire. Comme on l'a bien compris, la biodiversité, ce n'est pas un luxe, mais c'est un socle de notre résilience alimentaire. Vous pouvez retrouver plus d'informations sur les actions de nos invités sur le site de la FRAPNA. et celui de l'éther et l'humanisme. Notre prochain épisode de Demain dans la Terre abordera la sobriété énergétique. Merci à toutes et à tous pour votre écoute et à très bientôt pour imaginer et bâtir ensemble l'avenir agricole et alimentaire dans notre territoire. Au revoir.