- Auriane
Demain dans la Terre, on donne la voix à celles et ceux qui participent à imaginer et bâtir dès aujourd'hui l'avenir agricole et alimentaire de nos territoires. Bonjour à toutes et à tous, je suis Auriane, chargée de communication pour l'association Terre et Humanisme et je vais animer cette rencontre. Aujourd'hui, pour ce deuxième épisode de notre émission Demain dans la Terre, nous allons aborder le thème très large de la biodiversité. La biodiversité, un mot valise qu'on entend beaucoup ces derniers temps, un mot scientifique qui peut être impressionnant alors que finalement... ils parlent de tout ce qui nous entoure dans la nature. Mais pour aller plus loin, on accueille des intervenants qui vont nous aider à y voir plus clair sur cette notion. Avec Arnaud Vance, naturaliste amateur, membre bénévole paysan en nature et membre de l'association Payoli, et Odile Arnoux-Douffault, conseil d'administration de la FRAPNA. Bonjour à tous les deux !
- Odile
Bonjour !
- Auriane
Alors pour commencer, je vais vous demander de vous présenter succinctement pour nos auditeurs. Arnaud, peux-tu nous en dire plus ? plus sur ton rôle de naturaliste animateur et membre des bénévoles des différentes associations ?
- Arnaud
Oui, alors je ne suis pas du tout naturaliste professionnel pour le coup mais ça m'intéresse depuis tout petit la nature, les petites bêtes. J'ai notamment un papa qui est pour lui entomologiste professionnel donc ça m'a un peu nourri petit et du coup en me formant autour de thématiques de l'agroécologie, de l'écologie en général je me suis peut-être... petit à petit vraiment beaucoup intéressé aux insectes en général. Je suis plutôt sur ce taxon-là, notamment les coéloptères. Et donc j'interviens dans différentes assos de manière bénévole, notamment Paysans de Nature que j'ai découvert il y a quelques années pour avoir travaillé comme ouvrier agricole dans des exploitations avec des paysans de cette association-là, qui essayent d'accueillir, de préserver la biodiversité sur leurs fermes, à la fois via des bonnes pratiques et aussi des aménagements spécifiques. Et puis ici, sur le territoire des choix, j'ai rejoint il n'y a pas très longtemps l'association Paille-Olive. Du coup, qui est une association qui est un peu à la fois de préservation de l'éco-complexe de Paille-Olive, qui est vraiment un site à la fois géologique de biodiversité incroyable, très proche d'ici, en Sud-Ardèche, et qui intervient sur différentes actions scientifiques. Notamment, en ce moment, depuis quelques années maintenant, il y a un ABC, donc un inventaire intégral de la biodiversité de Paille-Olive. Et voilà, donc je participe avec beaucoup, beaucoup d'autres à petite échelle à cet inventaire.
- Auriane
Ok, trop bien. Merci Arnaud. Odile, la Frapna est un acteur clé de la préservation de l'environnement sur notre territoire, notamment Ardéchois. Quel est votre rôle et comment intervenez-vous sur les questions de la biodiversité ?
- Odile
Alors moi, donc c'était pas du tout ma profession parce que moi j'étais orthophoniste pendant 42 ans. Mais par contre, très jeune, j'ai toujours milité pour l'écologie. Et dans les années 70, j'ai fait le retour à la terre. J'avais des chèvres comme tous ceux qui ont fait le retour à la terre à cette époque-là. Et du coup, j'ai baigné dans la nature depuis toutes ces années, depuis 50 ans. Et j'ai d'abord été adhérente à la FRAPNA qui a été créée en 77. Et moi, j'étais adhérente en 92. Depuis, je suis au conseil d'administration. J'ai eu pas mal de responsabilités aussi au bureau. Et puis pendant pas mal d'années, j'étais spécialisée pour tenir des stands dans toutes les fêtes écologiques diverses et variées. Et donc la FRAPNA, c'est une association de protection de la nature évidemment et qui est affiliée à FNE. Donc la Fédération Nationale de l'Environnement au niveau national. Et sinon, on a une structure régionale qui se trouve à Lyon. Et sinon, personnellement, j'ai trois enfants qui ont plus de 40 ans. Marine, Ismaël et Johan, je dis leur nom parce qu'ils sont très impliqués dans le sud d'Ardèche et ils sont en plein d'actions de musique et puis surtout d'écologie justement. Et donc, moi, je me suis toujours beaucoup intéressée à la biodiversité. Et c'est vrai que je trouve que ça manque cruellement d'une pédagogie pour expliquer aux gens l'importance que ça a, y compris pour le climat. Bon, après, je pourrais détailler.
- Auriane
Super. Merci à tous les deux. Le cadre est posé. Nous allons parler de la biodiversité, ce pilier fondamental de la résilience. Pour commencer, de quoi parle-t-on exactement ? On va faire un constat sur la biodiversité. Donc Odile, l'un des axes de résilience des greniers de l'abondance est de faire face à l'effort... fondrement de la biodiversité. Quelles sont les menaces pour vous les plus importantes que vous observez localement ? Et pourquoi est-ce une menace pour la santé humaine, pour l'environnement et pour les équilibres écosystémiques ?
- Odile
Alors moi je dirais que c'est beaucoup dû justement en lien avec l'agriculture. Je peux faire quand même une petite introduction. Depuis 50 ans, la Frapna se fait... beaucoup d'actions pour sauver l'environnement, si on peut dire. Et en fait, en même temps, c'est donc la biodiversité qui agit en interaction complète avec l'agriculture, enfin avec l'agroécologie. Et donc plus un milieu de biodiversité est robuste, varié, hétérogène... meilleur est le fonctionnement de l'agroécologie, et plus l'agriculture est biologique, en retour, plus la diversité est sauvegardée. Et c'est la philosophie d'ensemble de la FRAPNA, d'attention à la nature, qui contribue à ce que les agriculteurs se réconcilient avec le vivant. Notamment les agriculteurs productivistes, il faudrait qu'ils arrêtent de considérer la nature. les ressources de la nature, c'est-à-dire l'eau, l'air, la flore, les arbres, les végétaux, comme de la pure matière à exploiter, d'où le nom exploitant agricole. Comme c'est le cas depuis l'avènement de la modernité, depuis les années 50 à peu près. Par contre, depuis des millénaires, il y avait un attachement au-delà de l'humain aux éléments de la nature et ce qu'on appelait les paysans. mais pas les exploitants. Les agriculteurs doivent repenser leur rapport au monde et prendre en compte les vivants non humains en plus des humains. Le vivant peut devenir un allié, un collaborateur des agriculteurs.
- Auriane
Tout à fait. Arnaud, en tant que jardinier et naturaliste amateur, quelle est pour toi la définition de la biodiversité au-delà du simple comptage ? des espèces, notamment dans le contexte d'un jardin agroécologique comme ici à la Terre et l'humanisme, que l'on peut observer notamment au fil des années.
- Arnaud
Oui, c'est vrai que quand on parle de biodiversité, souvent on pense à une liste d'espèces, d'insectes, de plantes, etc. Mais la biodiversité, elle est active, c'est-à-dire qu'elle interagit avec l'environnement en permanence. C'est vraiment l'interaction de toutes les espèces qui fait la biodiversité, justement. Et souvent, en agroécologie, on dit que... Plus il y a à la fois d'espèces présentes et plus il y a d'interactions entre elles, plus l'écosystème du coup crée et est équilibré. Et si on retire une espèce par là, une espèce par ci, ou si les effectifs s'effondrent, à ce moment-là l'écosystème devient de plus en plus fragile et on peut avoir des soucis derrière. Donc vraiment pour moi la biodiversité c'est réfléchir à la bonne interaction entre tous les éléments d'un système vivant.
- Auriane
Et est-ce que tu, notamment sur les jardins pédagogiques de terre et humanisme, est-ce que tu as vu des premières conséquences concrètes sur le déclin de la biodiversité en termes de production agricole ou la vulnérabilité des cultures ?
- Arnaud
Moi, en tant que jardinier ici, là, enfin, ici, on a des super pratiques et on a des aménagements spécifiques. Justement, donc la biodiversité, pour nous, elle est revenue fortement dans nos jardins et on le voit tous les jours. C'est vraiment une explosion de vie, notamment au printemps. Après, ce que je vois moi en tant que naturaliste amateur, en faisant mes observations, mes photos, mes identifications, c'est qu'il y a de plus en plus d'espèces qu'on ne voyait pas avant qui remontent, notamment par rapport au changement climatique. Nous, on est en vallée du Rhône et cette vallée du Rhône, c'est un assez grand corridor écologique au final, qui emprunte un tas de migrateurs et autres. Et donc, on a de plus en plus d'espèces. vu que le climat méditerranéen remonte, remonte aussi avec. Donc c'est rigolo de voir un petit peu qu'il y a des nouvelles espèces. Alors ce n'est pas forcément des nouvelles espèces pour la France, mais c'est des nouvelles espèces qui arrivent sur le territoire. Et après il y a aussi plutôt des... des ravageurs potentiellement qui peuvent arriver, c'est-à-dire les nouvelles conditions climatiques font que l'écosystème est à la fois fragilisé pour tout un tas de raisons. Et donc on a des espèces qui avant n'auraient pas forcément pu s'installer et s'installent aujourd'hui, sauf qu'elles n'ont pas forcément d'auxiliaires, d'antagonistes pour réguler ces espèces-là. Et donc elles deviennent envahissantes, elles deviennent problématiques. qui essayent de rentrer dans les maisons parce que ce sont potentiellement des coxines asiatiques ou des punaises américaines, j'en passe, qui se sont ravées il n'y a pas si longtemps que ça sur nos territoires et qui ne sont pas habitués aux hivers, enfin au froid. Donc elles rentrent comme ça dans les maisons pour se mettre à l'abri. Donc ça c'est un des exemples qu'on voit facilement d'espèces exotiques et parfois certaines posent vraiment souci et prennent la place de la biodiversité locale.
- Auriane
D'accord. Et c'est vrai qu'on parle souvent de la biodiversité du sol. parce que tout part de là, finalement. Et je me demandais quel est le point de départ de toutes les démarches agroécologiques face au changement climatique sur le sol. Odile, tu veux répondre ?
- Odile
Alors moi, dans ce cadre-là, je pourrais parler quand même des mesures agroenvironnementales. Alors je ne sais pas si je développe maintenant, mais en fait, à la Frapenal, depuis les années 90... La FRADNA était très active dans l'application des mesures agro-environnementales. C'était un moyen de pression pour inciter des agriculteurs au changement de pratique et à des solutions pour maintenir les zones humides, les tourbières, les mares. Du coup, plusieurs centaines d'hectares de zones humides ont été protégés. Il y a des études dont je pourrais détailler. Et par exemple, il y a eu des études sur 20 ans, voir l'évolution des prairies. Et ils ont mis les intervenants dans Alain Ladet, il y en a plusieurs, des salariés là, qui ont mis en évidence que les prairies qui ont été pâturées sont beaucoup plus riches et diversifiées. Donc c'est vrai, avec des zones témoins, c'est tout un protocole, donc c'est très intéressant. Et ça peut être appliqué par exemple sur les gratinaves, on peut voir que le pâturage est très positif. Voilà, et donc ce travail sur les mesures agro-environnementales, ça a beaucoup évolué selon les... Les périodes, je pourrais notamment, pendant 4 ans, de 1999 à 2003, il y a eu les contrats territoriaux d'exploitation, les CTE, qui ont bouleversé l'agriculture en Ardèche, qui ont donné vraiment une dynamique. Et il y avait 350 contrats qui étaient pilotés justement par un des salariés de la FAPNA, entre autres, avec la Chambre d'agriculture. Et malheureusement, ces terreurs ont été interrompues à cause de la politique. C'était l'arrivée de Chirac en 2002. Et après, ça a évolué. Maintenant, au niveau de l'Europe, on parle même de services écosystémiques, de paiements pour services environnementaux, les PSE, qui ne sont pas encore mis en œuvre, mais qui sont dans les tuyaux. Et le fait qu'il y ait eu ces inventaires, ça a permis que dès 1994, ça a permis la mise en place de MAE sur les zones humides. Les inventaires ont permis de définir des périmètres naturels à 2000. Et d'actualiser des NIEF, donc les zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Et aussi la prise en gestion de sites par le conservatoire des espaces naturels. Donc ça c'est... les inventaires ont permis tout ça.
- Auriane
Et oui, et donc toi notamment Arnaud, en termes d'inventaire justement sur les insectes, est-ce que tu peux peut-être nous parler un peu des pratiques pour soigner le sol, justement pour aider la biodiversité des insectes à... À revenir ?
- Arnaud
Oui, on peut parler de l'agroécologie au sens large. L'agroécologie c'est à la fois des pratiques agricoles mais aussi parfois des aménagements spécifiques. Mais comme le disait Odile, c'est vrai que l'inconvénient... Enfin l'inconvénient aujourd'hui de l'agroécologie du fait de la politique actuelle, que ce soit française ou européenne, est peu financée voire pas du tout. Donc on se retrouve avec des agriculteurs qui ne sont pas aidés pour avoir des bonnes pratiques. Mais après, l'agroécologie, disons au sens large, que ce soit au jardin ou en zone agricole. Tu parlais du sol tout à l'heure. En gros, moi je dirais la priorité c'est de soigner son sol. C'est-à-dire d'avoir un sol vivant, d'avoir un sol couvert, d'avoir un sol qu'on nourrit. Parce que pour avoir un sol vivant, il faut que les bactéries, champignons, etc., vers de terre et autres puissent être nourris avec de la matière organique. De l'azote soluble ou chimique de synthèse, on va plutôt être sur des engrais organiques. Ça va être notamment une couverture de sol la plus permanente possible, que ce soit avec des engrais verts ou avec des paillages. essayer de peu trahir son sol, voire pas du tout. On sait très bien que le travail du sol, surtout quand il est en grande profondeur, va avoir forcément un impact sur toute la vie du sol. Puis avec les changements climatiques qu'on a aujourd'hui, on a de plus en plus d'aléas climatiques, de plus en plus fréquents, de plus en plus forts. Là, si on prend les épisodes 7-0, nous on est habitués ici, mais ils vont à priori s'intensifier. Et sur des sols qui sont beaucoup travaillés... il y a peu de matière organique ou le vivant est peu présent, c'est des sols qui vont être beaucoup plus sujets à l'érosion, à créer aussi des inondations en aval. Donc on a tout intérêt à au maximum soigner son sol. Donc quelles que soient les pratiques qu'on a, que ce soit au jardin ou au champ, faire en sorte de réfléchir en termes de sol, quel impact je vais avoir sur mon sol, est-ce que je vais plutôt l'aggrader, l'améliorer, le régénérer ou à l'inverse, est-ce que l'action que je vais avoir va le dégrader ? et essayer de faire au mieux.
- Auriane
D'accord, dans tous les cas on est d'accord que le sol est la base même de la biodiversité avant de pouvoir développer toute autre pratique agricole ou même potagère si on peut parler.
- Arnaud
J'avais un chiffre en tête sur la... je crois que c'est Marc-André Célos qui parle de ça je ne connais pas le chiffre exact mais je crois qu'il dit qu'il y a 70% de la biodiversité en termes d'espèces est dans le sol et on connaît assez peu. En fait, c'est beaucoup de bactéries, de champignons, donc d'espèces microscopiques qu'on ne voit pas beaucoup. Mais a priori, c'est vraiment la réserve de biodiversité mondiale. Elle est surtout dans les sols au final.
- Auriane
Et ouais, ce qu'on ne voit pas finalement. Et on ne voit pas le pôle. Tout à fait. Et donc, pour parler un peu, comme tu disais, des premiers pas pratiques, On va revenir un peu, mais quels sont les premiers gestes à mettre en place rapidement pour accueillir ou protéger la biodiversité ? Rodile, tu veux ? Alors,
- Odile
la biodiversité, effectivement, c'est le sol, mais c'est aussi l'eau qui a créé de l'humus, de l'humidité. Et la FRAPNA, dans ce domaine, fait un travail très important depuis toujours. Il y a un salarié spécifique pour l'eau. Pour par exemple réguler, réglementer l'alimentation des retenues collinaires pour l'irrigation. Bon ça c'est donc par rapport aux agriculteurs. Et en même temps de préserver le débit minimum pour la vie aquatique dans les ruisseaux, pour que les poissons puissent créer leur frayé pour se reproduire, pour les larves. tout un travail énorme. Par exemple, sur la... sur la... la dorme... sur la... sur le Doubs, c'est au sud de Tournon, la salariée a mis en évidence qu'il y avait 940 retenues collinaires qui prenaient l'eau plus ou moins dans le bassin versant de... et les affluents. Et donc, de plus en plus, il y a une réglementation par rapport à ces retenues collinaires pour qu'elles prélèvent l'eau par le ruissellement de la pluie ou en dérivation des cours d'eau, mais que ça ne soit plus sur le cours d'eau lui-même ou sur la source ou sur les zones humides. Donc, il y a tout un travail là-dessus. En ce moment, même, il y a une étude d'impact. qui est faite sur le Doubs pour préserver l'eau, parce qu'il y avait presque plus d'eau dans la rivière. Et ça c'est pour le Doubs, mais aussi pour l'Ardèche, il y a eu tout un travail avec le PTB pour régulariser les prélèvements agricoles par pompage, même les forages, tout ça. Et donc la Frapenat prône la sobriété obligatoire pour les usages agricoles de l'eau. Et pour préserver justement la biodiversité aussi, pour des répiciles du milieu aquatique lui-même.
- Auriane
En ce moment, c'est un peu le nerf de la guerre. Oui, voilà. Bien sûr, c'est totalement d'actualité.
- Odile
Voilà.
- Auriane
Entre les mégabassines, les pompages abusifs.
- Odile
C'est un enjeu très important pour l'avenir.
- Auriane
Tout à fait. Arnaud, tu voudrais rebondir sur les pratiques un peu faciles pour les citoyens agriculteurs ?
- Arnaud
Je peux peut-être parler un peu de l'association Paysans de Nature. C'est un réseau national. Paysans de Nature, c'est une association qui regroupe à la fois des naturalistes et des paysans. Et souvent, c'est deux mondes qui se parlent assez peu, malheureusement. Que ce soit en agriculteur ou au naturaliste, on a plein de choses à apprendre l'un de l'autre. Et puis parfois il y a des naturalistes paysans ou des paysans naturalistes. Cette association Paysans Nature a souvent des groupes locaux. En Ardèche pour le moment, on essaye de faire démarrer avec d'autres cette dynamique-là, avec la LPO et beaucoup d'autres. Notamment, pas très loin d'ici en Drôme, il y a une association assez dynamique qui s'appelle Les Fermes Paysannes et Sauvages. Je crois qu'il y a quelques agriculteurs en Ardèche, parce que la Drôme n'est pas très loin. C'est une association, que ce soit les fermes paysannées sauvages ou paysans de nature. L'idée c'est d'installer des paysans qui ont des bonnes pratiques vis-à-vis de la biodiversité, de créer des ponts entre les naturalistes et les paysans, pour que les paysans connaissent la biodiversité présente sur leurs fermes, sur leurs champs, puissent la préserver si c'est possible. ou dans des cas spécifiques où il y a peu de biodiversité, comment faire en sorte qu'elles reviennent en travaillant sur des corridors écologiques, des trames vertes, faire des aménagements spécifiques, recréer des zones humides si besoin. Et surtout, ce que je trouve intéressant, c'est que ça met beaucoup aussi des paysans, des paysannes en lien. Et donc, il y a beaucoup d'échanges entre paysans et paysannes sur « moi j'ai telle problématique, comment toi tu as fait ? » « Ah oui, moi j'ai mis ça en place. » Chez moi, ça fonctionne bien et vraiment échanger entre pairs. Moi, je pense que c'est vraiment le... Quand on voit, quand on a vu de ses yeux dans une ferme que ça marche, là, on a vraiment envie de le remettre en place chez soi. Donc moi, je pense qu'on va créer du lien entre paysans et surtout leur apporter potentiellement des connaissances qui n'ont pas forcément sur les aspects biodiversité, naturaliste. Je pense que c'est très important. Donc voilà, essayer de créer des groupes locaux, je pense que c'est vraiment l'idéal. Et faire en sorte qu'il y ait des échanges le plus possible. Et on a la chance en Sud-Ardèche d'avoir beaucoup d'associations naturalistes. Que ce soit la Frapna, Paille-Olive, le Conservatoire sur les espaces naturels, Fiber Nature, Réserve de nature. Il y a énormément de naturalistes très compétents, même parfois qui sont des renommées internationales, mondiales, localement. Et donc on a un vivier très fort d'experts dans ces domaines-là. Et je pense qu'on a tout intérêt à rapprocher ces deux mondes pour que ça fasse des bonnes synergies pour l'avenir.
- Auriane
On est tout à fait d'accord, la collaboration, le travail d'équipe pour aller plus loin, c'est tout à fait vrai. Odile, tu voulais rebondir ?
- Odile
Par rapport à l'eau, c'est un peu indirect, mais nous on est très impliqués dans plein de choses. Et notamment par exemple par rapport au barrage des Collanges sur les Rieux. Là, la Frapenat fait partie d'un comité de suivi. qui est présidée par le SDEA, mais qui regroupe plusieurs associations, dont la Fédération de pêche, pour essayer de trouver des solutions sur tout le bassin versant de l'Airieux. Parce qu'après, il y a un an, il y a eu une vidange du barrage avec des milliers de poissons qui sont morts, et une pollution sur toute la vallée. Et donc là, c'est très complexe comme sujet. l'avenir de toute l'agriculture sur la vallée de l'Arieux, les arboriculteurs, les vignerons, tout ça. Et ça c'est le barrage des Collanges. Et puis sinon aussi on milite, enfin en ce moment on fait une action juridique par rapport à un projet de barrage sur le Duzon. C'est la commune de Pla qui se trouve au sud de Tournon. Parce que ce barrage il empêcherait la continuité écologique de la rivière. On fait beaucoup de travail sur l'eau en général, par rapport à l'agriculture et par rapport à la biodiversité.
- Auriane
D'accord, très bien, merci. C'est terminé pour cette première partie de notre émission, Demain dans la Terre, sur la biodiversité. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour la deuxième partie. Merci et à très bientôt.