Speaker #0Bienvenue, vous écoutez Départ en soi. Chaque mardi, je vous partage des clés et des expériences pour comprendre, éviter ou dépasser le burn-out, qu'il soit professionnel ou parental. Je suis Shanez, sophrologue et accompagnante du burn-out. Après avoir moi-même connu l'épuisement, j'ai appris à écouter mes besoins, à redéfinir mes priorités et à reconstruire un équilibre plus juste. Aujourd'hui, j'accompagne les parents, toutes celles et ceux qui se sentent dépassés. ainsi que les organisations vers un quotidien plus respirable. Si vous cherchez à éviter l'épuisement, à en sortir ou à retrouver de la place pour vous entre vie pro et vie perso, alors vous êtes au bon endroit. Vous êtes prêts ? Prenez une grande inspiration, relâchez les épaules et c'est parti pour l'épisode du jour. Bienvenue sur Départ en soi. Aujourd'hui, c'est un jour assez spécial, particulier pour moi, parce que c'est la première fois que je m'essaie à l'enregistrement filmé d'un épisode de podcast. Donc, bon, mon but du jour, c'est de me présenter, de présenter le podcast, ce que vous allez trouver à l'intérieur, tout ça pour que vous puissiez en savoir plus, et sur mon parcours, et sur le projet. Donc c'est parti ! On commence avec la question « Qui suis-je ? » Alors c'est une grande question, une question existentielle, on est d'accord, à laquelle on ne va pas répondre ici, et je pense qu'on ne peut même pas y répondre de façon figée sur une vie. Ce n'est pas le projet du jour. Le projet du jour, c'est que vous puissiez avoir les éléments de base sur moi, et que vous puissiez aussi comprendre ce qui m'a amenée à créer le podcast et avoir le projet de départ en soins. Alors les éléments de base, je m'appelle Chanèze, je suis trentenaire depuis peu, j'ai un petit garçon qui va avoir 3 ans à l'heure où je filme cette vidéo et je suis aussi mariée. J'habite tout proche de Genève au bord du lac Léman, voilà dans cette région. Au niveau de mon parcours, ce que je vous propose c'est de faire un retour en arrière quand on sort d'école. Voilà, quand on est jeune diplômé. Donc à cette époque-là, je suis jeune diplômé, je viens d'avoir mon master, j'intègre une grande entreprise avec un job valorisant. Enfin, tout ce qui est parfait sur le papier est très valorisant aux yeux de la société. Et donc je plonge comme ça dans la vie professionnelle. Au départ, pleine d'élan, pleine d'entrain, l'envie de faire plein de choses, et bien... l'envie d'apporter tout simplement ma pierre à l'édifice. Et jour après jour, je ressens une certaine routine et une perte de sens, avec des questions finalement assez existentielles, comme sur le sens de mon travail, sur l'utilité de ce que je fais en fait. Et en même temps, il y a une réalité économique, il faut payer les factures entre guillemets. Et donc je continue. Je continue avec le temps, plus ou moins en mode pilote automatique. En tout cas, ça devient de plus en plus avec les années. Et finalement, je décide de quitter l'emploi en question pour rebondir sur quelque chose de nouveau. Donc j'intègre un nouveau poste. Et en parallèle, j'ai mon projet d'enfant qui voit le jour. Ensuite, toute une grossesse et un accouchement. Je parlerai de ça dans un autre épisode qui sera dédié, parce que c'est vrai que c'est, comme vous vous en doutez, une période importante et riche de plein de choses. Je vous ferai un épisode à part entière. Et donc toute cette période-là s'écoule et mon congé maternité se termine. À ce moment-là, je suis très loin d'imaginer le nouveau niveau de jeu qui m'attend. En fait, je parle de niveau de jeu, à ce moment-là, ce n'est pas du tout marrant. Mais je parle de jeu parce qu'avant de partir en congé maternité, on est en sous-effectif, il y a des tensions au niveau des collègues, il y a déjà des optimisations de services qui se discutent. Et en fait, à la sortie de mon congé maternité, je retrouve tout ça, mais encore en plus intensifié. Sauf que moi, j'arrive avec une nouvelle réalité. les mamans qui m'écoutent, et peut-être même les papas, pourquoi pas, en tout cas les parents qui m'écoutent, vous savez certainement comme moi que quand on devient parent, on entre dans un nouveau monde, on a plein de bonnes choses qu'on vit, des choses magnifiques avec ce bébé évidemment, et en même temps on a aussi... Des tâches domestiques qui se multiplient, mais vraiment. Alors par 10, je ne sais pas, par 20, je ne sais pas, mais vraiment qui se multiplient. Alors en plus, pour le premier enfant, on découvre, alors on ne sait souvent pas comment s'y prendre. Entre le lot de couches, tous les repas, l'allaitement pour celle qui allaite. Enfin, c'est tout un quotidien qui est modifié et vraiment qui est, au niveau de la charge mentale, qui n'a rien à voir avec ce qu'on connaissait avant d'être parent. Je pense par exemple aux nuits hachées. Alors ça pour moi, ça a été vraiment quelque chose qui a explosé ma réalité. C'est-à-dire que je me réveillais peut-être un minimum de 4-5 fois par nuit et ça allait facilement à 10 fois en fait, entre 5 et 10 fois par nuit. Et ça, ce n'était pas du tout exceptionnel, c'était chaque nuit. Donc toute cette réalité-là, au niveau de la charge mentale, de la charge émotionnelle. En fait, ça nous amène vraiment avec tout un tas de ressources qui est très différent de ce qu'on a quand on n'a pas d'enfant, par exemple. En tout cas, avant de partir en congé maternité. Et donc, je reprends le travail avec ça, sauf qu'au travail, le capitalisme l'exige, tout s'est encore plus accéléré. C'est-à-dire que le sous-effectif que j'avais laissé en partant en congé maternité, est toujours là, continue de traîner. Les tensions entre collègues se sont intensifiées. On a encore plus le service à optimiser, des objectifs qui « bip » de partout. Et donc tout ça vient ajouter à ma charge mentale qui est déjà assez élevée avec les nuits entrecoupées. Et je commence à avoir des petits signes, des petits signes d'épuisement au départ. Au départ, je ne me rendais pas compte. En tout cas, j'avais du mal à accepter que c'était plus dur pour mon corps, ne serait-ce que mon corps. Alors, ça a commencé avec des extinctions de voix, des virus, quelque chose de basique. C'est pour ça qu'au départ, quand on a ça, on ne se rend pas forcément compte. Là, c'était vraiment en répétition et plus ça allait dans le temps, plus... Alors, j'ai pleuré une première fois un soir en rentrant parce qu'il y avait eu beaucoup au travail et il y avait encore à gérer à la maison. Ça a commencé, oui, avec ces pleurs, le soir, de plus en plus fréquent, de l'eczéma, que j'avais au départ un eczéma léger, et puis après qui s'est transformé en un eczéma quand même plus fort, qui a dérapé d'ailleurs sur d'un pétigo, chose que je ne connaissais pas du tout avant tout ça, avant tout cet épuisement. Et à un moment, c'est vrai que j'étais fatiguée, et je pensais traîner un rhume. Ce rhume-là m'a clouée au lit d'abord. Et puis après, j'ai eu des très fortes douleurs au niveau de la poitrine. Je ne tenais plus debout. Je ne pouvais plus du tout monter, ne serait-ce qu'une marge d'escalier. Et j'ai été hospitalisée, complètement épuisée, aussi bien physiquement que psychiquement. J'avais beaucoup de peine à me concentrer, à rassembler des idées, etc. Et donc en fait, à l'hôpital, on s'est rendu compte que c'était une pneumonie avec une grippe A. Donc j'ai eu un traitement pendant deux mois et demi pour me remettre sur patte, entre guillemets. Et puis je suis retournée au travail, alors pleine de culpabilité pendant cette période, de laisser mes collègues en sous-effectif, avec beaucoup de pression, etc. Et donc j'y suis retournée, peut-être un peu vite, peut-être pas, je ne sais pas. Mais en tout cas, j'y suis retournée un lundi. Et le lundi suivant, donc une semaine après, de nouveau, j'arrive au travail, je ne tenais plus du tout debout. Donc je suis allée consulter et oui, en fait, en étant hospitalisée après, on s'est rendu compte qu'il y avait de nouveau une pneumonie, cette fois-ci une grippe B, dont je les collectionnais, une embolie pulmonaire et voilà. Et tout avant ça aussi, j'avais eu toute une phase d'asthme qui s'était réveillée. Enfin bon, voilà. J'étais de nouveau hospitalisée avec un traitement, etc. Et en fait, ça, ça a vraiment été un point de bascule, parce qu'à ce moment-là aussi, ma médecin généraliste m'a confirmé, en fait, une chose dont je me doutais, c'est que j'étais en burn-out. C'est-à-dire que tous les symptômes physiques que je viens de vous citer, en fait, c'est étroitement lié au burn-out, parce que pour la faire très courte, le burn-out, c'est un épuisement physique et psychique. pour les faire très courtes et sans entrer dans le détail. L'épuisement psychique était là aussi, donc là, ça a vraiment été un point de bascule pour moi. Je me suis dit, en fait, que je ne pouvais plus continuer comme ça, que mon corps allait de toute façon m'arrêter. Et d'ailleurs, même si j'ai eu un... un moment de pause suite à toute cette panoplie de péripéties, on va dire. Il y a aussi eu un temps derrière pour m'en remettre. C'est-à-dire que, comme je le disais avant, j'ai eu beaucoup de problèmes de peau à la suite de ça. J'ai aussi dû faire des perfusions parce que j'avais beaucoup de carences, dans le sens où le corps avait beaucoup creusé au niveau de l'énergie. Et donc, j'ai eu un temps pour me relever. au niveau physique pour me remettre d'aplomb et aussi au niveau psychique pour retrouver mes capacités. Donc voilà, il y a eu vraiment toute une période dans laquelle je me suis concentrée à me remettre en forme. Concentrée en tout cas à l'époque, il n'y avait plus grande concentration, mais pour moi ça a été vraiment un moment où j'ai compris qu'il était temps de faire quelque chose et que je n'allais pas pouvoir continuer comme ça. Donc pendant cette période, je me suis replongée dans la sophrologie, la sophrologie que j'avais découvert pendant ma grossesse en préparation mentale. J'ai fait tout un travail de construction, déconstruction au niveau des croyances, tout un travail sur moi parce que si j'étais arrivée à cet épuisement total, j'avais eu aussi ma part de responsabilité. C'est vrai que souvent on parle de l'entreprise, des... des injonctions de la société au niveau de la parentalité. Et c'est une part, une part de l'équation. Et je crois vraiment qu'une autre part de l'équation, c'est aussi ce qu'on fait, ce qu'on croit, etc. Une part plus personnelle, que j'ai décidé de travailler à ce moment-là. J'ai aussi eu toute une phase où j'ai eu un besoin de compréhension sur ce qui s'était passé. un besoin de compréhension assez factuel, assez scientifique sur qu'est-ce que le burn-out, comment on en arrive là. J'ai creusé beaucoup de choses et à un moment donné, quand j'en ai eu l'énergie, j'ai décidé de me former, donc de me former spécifiquement sur l'épuisement, l'épuisement parental et aujourd'hui je suis formée aussi à la sophrologie. De là, j'en ai aussi évidemment parlé autour de moi, et notamment, je pense à la crèche, aux mamans de la crèche. Alors c'est vrai qu'il y a certaines mamans qui arrivent très bien à jongler entre vie professionnelle et vie familiale, et d'autres mamans qui m'ont dit vraiment à demi-mot, voire parfois de façon un peu honteuse ou timide, que pour elles c'était très compliqué, qu'elles n'en pouvaient plus en fait. En analysant aussi avec peut-être ce prisme, en tout cas cette expérience, je me suis rendu compte qu'il y a des mamans qui arrivaient à la crèche complètement épuisées, avec une grosse honte, une peur aussi de ne pas être une bonne maman en fait. La maman à la hauteur, la maman qui est au top au travail, la maman qui est au top à la maison. Tout ça, en fait, ça vient de discussions que j'ai eues avec ses mamans, d'observations. Et surtout aussi, c'est quelque chose que j'ai vécu profondément. Et en fait, on en vient maintenant au pourquoi j'écris ce podcast. En fait, j'écris ce podcast pour ouvrir la parole autour de ce sujet. Ce sujet qui est l'épuisement. L'épuisement autour du professionnel et aussi autour du parental. Parfois les deux peuvent se cumuler et souvent on s'influence beaucoup. Mais en tout cas, pour ouvrir la parole là-dessus, ce que moi j'ai observé, c'est qu'il y a quand même un tabou sur le burn-out et encore plus sur le burn-out parental, parce qu'on touche à quelque chose peut-être qui est encore plus émotionnel et qui est même peut-être encore plus lié à ce qui touche notre identité. Je pense vraiment aux femmes et à l'identité de maman. qui est quand même très sensible. Et on n'a pas envie de se sentir en échec par rapport à ça. On n'a pas envie de se sentir à l'ouest ou paumé ou perdu ou ce genre de trucs. Et en fait, il y a un vrai tabou autour de ça. Et donc, c'est pour ça que j'ai créé ce podcast. Alors, pourquoi ce nom de podcast, Départ en Soi ? Départ en Soi, ça fait allusion à un retour qu'on peut faire en soi. quand on est en phase d'introspection. Et ça fait aussi allusion des parts en soi, donc aux différentes parts qu'on a toutes et toutes en soi. Je vais y arriver. Vous savez, c'est parts qui parfois sont d'accord, même si en général c'est quand même rare, et souvent ne sont pas d'accord dans une situation ou qui ont envie de choses différentes. qui se bagarrent un peu, plus ou moins, ces différents points intérieurs, vous savez, tout ce qui se raconte en nous, tout notre univers intérieur. Et Départ en soi, c'est aussi une invitation à revenir à cet univers, à s'y intéresser, en l'accueillant, en accueillant nos différents besoins, nos différentes émotions, nos différents discours intérieurs, ce qui se raconte, pour, à partir de tout ça, mieux se connaître. mieux se comprendre et ainsi mieux être en relation avec les autres. On parlera de l'équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. On parlera aussi de prévention de l'épuisement parental et aussi de l'épuisement professionnel. Si vous n'avez pas d'enfant ou que vous ne travaillez pas, ça vous parlera aussi, puisqu'en fait on parlera de toute façon de clés et de ce qu'il vous donne l'épuisement et de comment en sortir. Donc les épisodes concrètement, il y aura des épisodes introspectifs. Comme je le disais tout au départ, je suis formée à la sophrologie et je m'inspire aussi beaucoup de la communication non-violente. Et c'est un des exemples d'approche que je pourrais utiliser pour ces épisodes introspectifs qui auront pour but de revenir au corps, aux besoins, aux sensations, aux émotions, pour faire ce retour à soi et ce retour à l'équilibre. Il y aura aussi des épisodes thématiques pour partager des clés, des clés pour comprendre ce qui se joue dans l'épuisement, pour en sortir, l'éviter. Il y aura aussi, en tout cas j'envisage d'avoir des invités, alors ça pourrait être des parents, des professionnels, en fait simplement pour parler de l'épuisement professionnel et parental, les deux pouvant s'accumuler ou s'influencer, parler autour de ça et ouvrir... Ouvrir la parole, tout simplement. Lever les tabous qu'il pourrait y avoir autour de ça. Et tout ça, ça pourrait évoluer, évidemment, ou pas, en fonction de vos retours. Le format, ça sera à peu près une quinzaine de minutes. Et le but, c'est que vous puissiez écouter ces épisodes de façon à ce qu'ils s'adaptent à votre quotidien. Par exemple, pendant un trajet, une pause déjeuner, pendant... le ménage ou autre. Ça se passera tous les mardis. Et puis, si ce podcast vous parle, si ce podcast vous dit, si vous vous reconnaissez ou si vous reconnaissez un proche, ça me soutiendrait beaucoup que vous partagiez les épisodes. Et je vous dis à mardi prochain pour le prochain épisode qui sera sur le thème du burn-out parental.